Skip to main content

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Dino Risi

Annonce de la mort de Dino Risi, Cet étudiant en  médecine fit ses débuts comme créateurs chez “Les calligraphes” dans les années 40. Après la réalisation de films documentaires et de courts-métrages, il se lance dans la réalisation. En France, sa reconnaissance fut assez tardive, beaucoup de films sortirent ne sortirent pas par ordre chronologique. On continue d’ailleurs à le découvrir, certains films ne connurent une édition DVD que très récente comme “Il giovedi” ou “Il vedovo” – on retrouve un entretien très émouvant en français avec lui dans ce dernier, tourné en janvier 2008 – . Raymond Lefèvre le cernait à la perfection dans la revue Cinéma 74, N°190-191 : …plus que l’amertume d’un “fanfaron” au style brillant, ou que par l’impertinence d’un film comme “La femme du prêtre”, nous le connaissons surtout par la maîtrise qu’il a su apporter au film à sketches, ce genre si difficile. Depuis “Les monstres” jusqu’au récent “Sexe fou”, il nous donne une étonnante galerie de portraits misant chaque fois sur une situation ou un gag qui transcende toute notion de bon ou de mauvais goût. C’est dire que ce jusqu’au-boutiste des bizarreries psychologique ou sexuelles ne fait pas toujours l’unanimité. Son humour ne connaît aucune retenue, les conventions de la bienséance sombrent dans les excès de la perversité cocasse. Et Dino Risi, avec le plus grand des sérieux et le plus ironique des sourires, affirme que toute normalité est une maladie. Avec un tel a priori, tout devient alors possible”. Il connaît une popularité avec “Pauvre mais beaux” mettant en scène deux jeunes romains désœuvrés séduit par la même femme. Il était l’un des meilleurs éléments de l’âge d’or de la comédie italienne, son sens de la farce lui permettant d’aller loin dans la dénonciation des institutions italiennes comme dans “Au nom du peuple italien”, où il oppose un Vittorio Gassman au sommet de son art en industriel véreux face à Ugo Tognazzi qui personnifie un juge intègre. Il était volontiers vachard, il ne manque pas par d’exemple d’égratigner Michelangelo Antonioni dans “Le fanfaron”. Il n’a pas son pareil pour mettre en valeur les 4 mousquetaires de la comédie Vittorio Gassman, Nino Manfredi, Alberto Sordi et Ugo Tognazzi, en utilisant au maximum leurs aptitudes à la composition. Le film à sketch lui permet de portraiturer ces contemporains avec une rare acidité comme dans le chef d’œuvre du genre “Les monstres”, festival Ugo Tognazzi et Vittorio Gassman à l’aise dans tous les registres.  Il a signé ainsi d’authentiques chefs d’oeuvres comme “Une vie difficile” – cliquez sur le lien -, une biographie caustique d’une Italie qui essaie de surmonter les difficultés tout en défiant les nantis, à l’instar d’un Alberto Sordi crachant sur des voitures de luxe un soir de grande cuite. Il donna même de grands rôles à des comédiens français comme Jean-Louis Trintignant en jeune timoré dans “Le fanfaron” – choisi parce que sa silhouette était la même qu’un figurant tournant dans un Rome désert, le film devant être joué par Jacques Perrin. Coluche trouve avec lui son meilleur rôle – mais il semble s’être désintéressé du film après une coupure suite à une maladie du comédien Beppe Grillo – dans “Le fou de guerre”. En chirurgien fou exerçant dans un désert Lybie en 1940, il montre sa vulnérabilité derrière une fascination morbide pour la guerre. Finalement plus on aime un cinéaste – et c’est ici mon cas – plus il me semble difficile de l’évoquer. A recommander chaudement le livre qui lui est consacré, “Dino Risi, maître de la comédie italienne”,  par Valerio Caprara (Gremese international, 1996), pour la version française. On retrouve son humour, il relate ses films avec une singulière franchise, comme avec les difficultés du tournage de “Rapt à l’italienne” avec un Oliver Reed en constant état d’ébriété. Dino Risi était un des seigneurs du cinéma mondial. on y retrouve aussi des “mini maximes”, comme “Je suis un raté réussi” ou “C’est après la mort qu’on saura si on valait quelque chose”.

 

 

 

 

Filmographie : 1946  I bersaglieri della Signora (CM) – Barboni (CM) – Verso la vita (CM) – 1947  Pesctorella (CM) – Strade di Napoli (CM) – Tigullio minore (CM) – Cortili (CM) – 1948  Costumi e bellezze d’Italia (CM) – Cuore rivelatore (CM) – La fabbrica del Duomo (CM) – Segantini – Il pittore della montagna (CM) – 1848 (documentaire) – Il grido della città (documentaire) – 1949  La città dei traffici (CM) – Caccia in brughiera (CM) – La montagna di Luce (CM) – Vince il sistema (CM) – Terra Ladina (CM) – Il siero della verità (CM) – Sedita spiritica (CM) – 1950  L’isola bianca (CM) – Il grido della città (CM) – Buio in sala (CM) – Fuga in città (CM) – 1952  Vacanze col gangster – 1953  Viale della speranza (Le chemin de l’espérance) – Amore in città (L’amour à la ville) (sketch : [“Paradiso per 4 ore” / “Quatre heures de Paradis”] – 1955  Il segno di Vernere (Le signe de Vénus) – Pane, amore, e… (Pain, amour, ainsi soit-il) –  1956  Poveri ma belli (Pauvres mais beaux) – 1957  La nonna Sabella (L’imossible Isabelle) – Bella ma povere (Ma soeur et moi) – 1958  Venezia, la luna e tu (Venise, la lune et toi…) – 1959  Il vedovo (Titre DVD : Id – Le veuf) – Il mattatore (L’homme aux cents visages) – 1960  Un amore a Roma (L’inassouvie) – 1961  A porte chiuse – Una vita difficile (Une vie difficile) – 1962  La marcia su Roma (La marche sur Rome) – Il sorpasso (Le fantaron) – 1963  Il successo (co-réalisation, film commencé par Mauro Morassi) – I mostri (Les monstres) – Il giovedi (Titre DVD : Id) – 1964  Il gaucho – Le bambole (Les poupées), [sketch : “La telefonat”] – 1965  I complessi (Les complexés), [sketch “Una giornata decisiva”] – L’ombrellone (Play boy party) – 1966  I nostri mariti, sketch : “[Il marito di Attilia”] – Operazione San Gennaro (Opération San Gennaro) – 1967   Il tigre (L’homme à la Ferrari) – Il profeta – 1968  Straziami ma di baci saziami (Fais-moi mal mais couvre-moi de baisers) – 1969  Vedo nudo (Une poule, un train et quelques monstres) – Il giovane normale – 1970  La moglie del perte (La femme du prêtre) – 1971  Noi donne siamo fatte cosi (Moi, la femme) – In nome del popolo italiano (Au nom du peuple italien) – 1972  12 dicembre (co-réalisation, film collectif) – 1973  Mordi e fuggi (Rapt à l’Italienne) – Sessomato (Sexe fou) – 1974  Profumo di donne (Parfum de femme) – 1975  Telefoni bianchi (La carrière d’une femme de chambre) – 1976  Anima persa (Âmes perdues) – 1977  La stanza del vescovo (La chambre de l’évêque) – Il nuovi mostri (Les nouveaux monstres), [sketches : “Con i salut idegl iamici”, “Tantum ergo”, “Pornodiva”, “Mammina Mammona” &  “Senza Parol”] – 1978  Primo amore (Dernier amour) – 1979  Caro papà (Cher papa) – 1980  Sono fotogenico (Je suis photogénique) – Les séducteurs / Sunday lovers / I seduttori della Domenica, [sketch : “Armando’s notebook” / “Rome”] – 1981  Fantasma d’amore (Fantôme d’amour) – 1982  Sesso e violentieri (Les derniers monstres) – 1983  …e la vita continua (Et la vie continue) (TV) – 1984  Le bon roi Dagobert  / Dagobert – Scemo di guerra (Le fou de guerre) – 1986   Il commissario lo Gatto (co-réalisation avec Claudio Risi) – Carla. Quattre storie di donne (TV) – 1988  Teresa – Il vizio di vivere (TV) – La ciocciara (TV) – 1989  Vita coi figli (TV) – Tolgo il disturbo (Valse d’amour) – 1991  Missione d’amore (La voie de l’amour) (TV) – 1996  Giovani e belli – Esercizi di stile, [sketch : “Myriam”] – 2002  Le ragazze di Miss Italia (TV). Comme scénariste ; 1951  Anna (Alberto Lattuada) – Totò e i re di Roma (Steno & Mario Monicelli) – 1952  Gli eroi della domenica (Les héros du dimanche) (Mario Camerini) – 1956  Montecarlo (Une histoire à Monte Carlo) (Samuel Taylor) –   1957  Anna di Brooklyn (Anna de Brooklyn) (Vittorio De Sica, Reginald Denham & Carlo Lastricatti) – 1992  Scent of a woman (Le temps d’un week-end) (Martin Brest, remake de “Parfum de femmes”). Comme assistant-réalisateur :  1941  Piccolo mondo antico (Le mariage de minuit) (Mario Soldati) – 1942  Giacomo l’idealista (Alberto Lattuada) – Divers : 1990  Il muro di gomma (Marco Risi, voix seulement).   

 

©   Le coin du cinéphage (reproduction strictement interdite, textes déposés)

Fragments d’un dictionaire amoureux : Mel Ferrer

Annonce de la mort de Mel Ferrer, le 2 juin dernier à Carpinteria en Californie à l’âge de 90 ans. Il semble assez réducteur de ne retenir de lui son mariage avec Audrey Hepburn de 1954 à 1968, car il a une filmographie impressionnante comme acteur de Jean Renoir à Umberto Lenzi. Ce littéraire, étudiant à Princeton, avec eu un prix littéraire pour son livre pour enfant “Tito’s Hats”. Il se lance sans trop de succès dans l’édition, avant de monter en scène à Broadway comme danseur. Il participa à la fondation de la compagnie théâtrale “Jolla playhouse”. Il débute à Hollywood dans “Frontières invisibles”, où il joue un médecin d’origine noir sans le paraître, dont l’engagement sera refusé à la découverte de ses véritables racines. Sa carrière est honorable, même si certains cinéphiles le trouvent falot, il marque plusieurs de ses compositions, tel le vil marquis de “Scaramouche”, avec un duel d’anthologie avec Stewart Granger, ou le dernier survivant rival d’Harry Bellafonte dans “Le monde, la chair et le diable”, qui affirme “sa suprématie blanche”, pour s’approprier Inger Stevens, car ils sont les trois seuls survivants sur la terre après un cataclysme nucléaire. Il participe aussi bien à des comédies musicales en marionnettiste dans “Lili”, à des reconstitutions historiques comme “Guerre et paix” et “La chute de l’empire romain”, en passant par le film historique comme dans le plaisant remake “Les mains d’Orlac”, en pianiste dont on a greffé des mains d’assassins. Fritz Lang lui donnera l’un de ses rôles les plus mémorables dans “L’ange des maudits” en tireur célèbre, face à Marlene Dietrich qui joue sa maîtresse. Il tournera des années 80 à 90 dans le cinéma de série B italien ou espagnol, très accueillant pour les comédiens américains un peu en bout de course. Mais Rainer Werner Fassbinder qui choisissait souvent des stars internationales, le dirige dans “Lili Marleen”, en avocat aidant les réfugiés juifs dans la seconde guerre mondiale. Sa connaissance du français lui permit de jouer dans plusieurs films chez nous, on le retrouve ainsi en voisin d’Ingrid Bergman, adepte de “la paresse universelle pour les pauvres comme pour les riches” dans “Elena et les hommes” pour Jean Renoir. Sa carrière comme réalisateur ne semble pas bénéficier d’une grande interprétation comme dans “Vertes demeures” où il dirigeait sa femme “Audrey Hepburn : citons Guy Allombert dans “La saison cinématographique 1960”, “...Comme Audrey Hepburn a un très joli minois, Mel Ferrer s’es appliqué à “faire de la poésie”, dans une forêt aussi extraordinaire que verdâtre, où folâtrent faons et papillons, et qui essaie en vain de nous faire croire quelle est la forêt d’Ondine et du Grand Meaulnes” (…) “L’ensemble, platement mis en scène, souvent mal joué (Lee J. Cobb est effroyable), se supporte très difficilement, au milieu de couleurs fadement verdâtres et dans des flots de musique qui est parfois signée Villa-Lobos”. Laissons-lui le bénéfice du doute. Pour plus d’infos vous pouvez visiter Mel Ferrer fan site.

Filmographie : Comme acteur : 1947  The fugitive (Dieu est mort) (John Ford) (+ assistant réalisateur) – 1949  Lost boundaries (Frontières oubliées / Frontières invisibles) (Alfred L. Werker) – 1950  Born to be bad (Id / Lit de roses) (Nicholas Ray) –  1951  The braves bulls (Corrida de la peur) (Robert Rossen) –  1952  Rancho Notorious (L’ange des maudits) (Fritz Lang) – Scaramouche (Id) (George Sidney) – Lili (Id) (Charles Walters) – 1953   Saadia (Id) (Albert Lewin) – 1954 Knights of the round table (Les chevaliers de la table ronde) (Richard Thorpe) – 1955 Proibito (Du sang dans le soleil) (Mario Monicelli) – Fledermaus’55 (Oh… Rosalinda !) (Emeric Pressburger & Michael Powell) – 1956  War and peace (Guerre et paix) (King Vidor) – Elena et les hommes (Jean Renoir) –  1957 The vintage (Les vendanges) (Jeffrey Hayden) – The sun also rises (Le soleil se lève aussi) (Henry King) –  1958 Fräulein (Tonnerre sur Berlin) ( Henry Koster) – 1958  The world, the flesh and the devil (Le monde, la chair et le diable) (Ronald MacDougall) –  1960 Les mains d’Orlac / The hands of Orlac (Edmond T. Gréville) – L’homme à femmes (Jacques-Gérard Cornu) – Et mourir de plaisir (Roger Vadim) – 1961  I lancieri neri / Charge of the Black Lancers (Les lanciers noirs) (Giacomo Gentilomo) –  Blood and roses – The longest day (Le jour le plus long)) (Bernhard Wicki, Ken Annakin, Andrew Marton & Gerd Oswald) – 1962  Legge di guerra (La loi de la guerre) (Bruno Paolinelli) – Le diable et les dix commandements, [sketch “Luxurieux point ne seras”] (Julien Duvivier) – The fall of the roman empire (La chute de l’empire romain) (Anthony Mann) – 1963  Paris when it sizzles (Deux têtes folles) (Richard Quine) – 1964  Sex in the single girl (Une vierge sur canapé) (Richard Quine) – El Greco (Le Greco) (Luciano Salce, + production) – El señor de la Salle (Luis César Amadori, + production) – 1971 Time for loving (Christopher Miles, + production) – 1973  La chica del molino rojo / Una partita a tre (Eugenio Martín) – 1974  L’antecristo / The antichrist / The tempter (L’Antéchrist / Le baiser de Satan) (Alberto de Martino) – Brannigan (Id) (Douglas Hickox) – 1975  La polizia accusa : Il servizio segreto uccide (La ville accuse) (Sergio Martino) – Hi-riders (Riders) (Greydon Clark) –  Das netz (Le filet) (Manfred Purzer) – Morte sospetta di una minorenne / Milano, morte sospetta di una minorenne (Sergio Martino) – 1976 Il corsaro nero / The black pirate (Le corsaire noir) (Sergio Sollima) – Eaten alive / Death trap (Le crocodile de la mort) (Tobe Hooper) – 1977   L’avvocato della mala (Alberto Marras) – Il gabbiani volano basso (Giorgio Cristallini) – 1978  La ragazza dal pigiama giallo (Flavio Mogherini) – The Amazing Captain Nemo (Le retour du capitaine Nemo) (Alex March, téléfilm distribué en salles en France) -The norseman (Vidéo : Thorvald le viking) (Charles B. Pierce) – Zwischengleis (Wolfgang Staudte) – The fifth floor (Howard Avedis) – L’immoralità (Massimo Pirri) – Stridulum / Il visitatore (Le visiteur maléfique) (Giulio Paradise) – L’isola degli uomini pesce / Screamers (Le continent des hommes poissons) (Sergio Martino, prologue de la version américaine de 1982 seulement) – 1979  Guyana, el crimen del siglo / Guyana: Crime of the century (La secte de l’enfer) (René Cardona Jr) – Il fiume del grande caimano / Alligators (Alligator) (Sergio Martino) – Eaten alive by the cannibals / Emerald jungle / Mangiati vivi dai cannibali (La secte des cannibales) (Umberto Lenzi) – 1980  La invasion de los zombies atomicos / Incubo sulla città contaminata (L’avion de l’apocalypse) (Umberto Lenzi) – Buitres sobre la ciudad / Avvolti sulla città (Gianni Siragusa) –  Lili Marleen (Id) (Rainer Werner Fassbinder) – 1981 Mille milliards de dollars (Henri Verneuil) – Die jäger / Deadly game (Károly Makk) – 1984  Un tenero tramonto (Raimondo Del Balzo) – 1989  Eye of the widow (L’oeil de la veuve) (Andrew V. McLaglen). Télévision (notamment) : 1958  Mayerling – 1978  Sharon : Portrait of a mistress – 1979  Top of the hill – 1980  The memory of Eva Ryker – Fugitive family – – 1982  One shoe makes it murder – 1984  Lesson of love – 1985  Seduce (Dans les griffes de la soie) (Jerrold Freedman) – 1986  Peter the Great (Pierre le Grand) (Marvin Chomsky & Lawrence Schiller) – Outrage ! (Au-dessus de la loi) (Walter Grauman) – 1988  Wild Jack – 1989  Christine Cromwell : Things that go bump in the Night – 1995  Catherine the great (Catherine la Grande) (Marvin J. Chomsky & John Goldsmith). Comme réalisateur : 1945  The girl of the Limberlost – 1950  The secret fury (Fureur secrète) – Vendetta (co-réalisateur avec Max Ophuls & Preston Sturges) – 1951  The racket (John Cromwell, réalisation non créditée de quelques scènes) – 1958  Green Mansions (Vertes demeures) – 1964  The farmer’s daughter (TV) – 1965  Cabriola / Every day is a holiday (+ sujet, scénario et producteur exécutif) – 1984 Falcon Crest : Power play (TV). Production seulement : 1967  Wait until dark (Seule dans la nuit) (Terence Young) – 1971 The night visitor / Salem come to supper (Le visiteur) (Laslo Benedek) – Embassy / Target: Embassy (Baraka à Beyrouth) (Gordon Hessler) – 1972  I want her dead (W) (Richard Quine). Comme répétiteur des dialogues : 1944  Louisiana hayride (Charles Barton) – They live in fear (Josef Bern) –  Sergeant Mike (Henry Levin) –  Together again (Coups de foudre) (Charles Vidor) – Meet Miss Bobby Socks (Glenn Tryon) – 1945  Let’s go steady (Del Lord) – Ten cents a dance / Dancing ladies (Will Jason) – Boston Blackie’s rendezvous / Blachie’s rendezvous (Arthur Dreifuss) – A thousand and one nights / 1001 nights (Aladin et la lampe merveilleuse) (Alfred E. Green).

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Bruno Balp

Annonce de la mort le 31 mai dernier de Bruno Balp par Les gens du cinéma, information venue de son ami le comédien Michel Duplaix. Il participe aux cours de Charles Dullin de 1947 à 1949, et devient membre du prestigieux TNP avec Jean Vilar pendant 10 ans. Il avait eu un parcours théâtral brillant comme comédien, du boulevard aux pièces contemporaines, en passant par des numéros au cabaret, jusqu’en 2005 avec “Jonas” d’Elie-Georges Berreby. Son CV est impressionnant, il est dirigé par Roger Blin, Georges Wilson, Raymond Gérôme, Pierre Frank, Jacques Sereys ou Giorgio Strehler. Il avait mis en scène en 2007, la pièce de théâtre d’Anne Fabien “L’auteure”. Au cinéma et à la télévision, il devient une figure indispensable pour figurer les hommes du peuples, comme artisan, bistrotier ou gardien de la paix. On l’imagine aisément associé à un décors parisien disparu, nostalgique et révolu. De par sa bonhomie et sa rondeur, il campait souvent des personnages modestes, comme le personnage de Chasseneuil dans “Les cinq dernières minutes” première manière. On le retrouve face à Raymond Souplex, par exemple dans l’épisode “Des fleurs pour l’inspecteur”, fêtant goulûment la promotion de ce dernier comme commissaire, et s’étonnant la tête baissée de ne pas se faire enguirlander par son tempérament habituel. On le retrouve ainsi en gendarme dans “Les compagnons de la marguerite” (1966), complètement déboussolé par le courroux de R.J. Chauffard, campant un commissaire, suite à sa mésaventure de se retrouver marié malgré lui. Il faut le voir en cafetier dans “Les galettes de Pont-Aven” (1975) participer à l’enivrement de Jean-Pierre Marielle qui est l’objet de la moquerie générale, avant d’essayer de le maîtriser – il est beaucoup plus petit – quand ce dernier veut jouer du coup de poing avec André Lacombe. Il devient une figure famillière et attachante, on est donc surpris de le voir faire preuve d’une certaine hardiesse dans “Une vraie jeune fille”, en père ambigu de Charlotte Alexandra. Sa connaissance de la langue anglaise, lui avait permis de jouer à Philadelphie et à New York le rôle titre de la pièce “Herr Karl” (source Théâtreonline) et de participer à quelques tournages anglo-saxons en France. Artiste complet, il était également une grande figure du doublage voir le blog dédié au doublage de Objectif cinéma. On pouvait lire dans l'”Annuaire biographique du cinéma et de la télévision 1962-1963″ (Contact-Éditions), qu’il avait été déporté à Dachau. La source Blog de shoah nous apporte des précisions. Il avait un site officiel consultable ici. Annonce aussi ces derniers jours de la mort du cinéaste Joseph Pevney.

Filmographie : 1946  Le silence est d’or (René Clair) – 1953  L’harmonica à travers les âges (CM) – Raspoutine (Georges Combret) – 1954  French cancan (Jean Renoir) – 1956  Le sang à la tête (Gilles Grangier) – La roue (André Haguet) – Paris, Palace Hôtel (Henri Verneuil) – Reproduction interdite (Gilles Grangier) – Que les hommes sont bêtes (Roger Richebé) – Fric-frac en dentelles (Guillaume Radot) – 1957  Quand la femme s’en mêle (Yves Allégret) – Montparnasse 19 (Jacques Becker) – Vive les vacances ! (Jean-Marc Thibault) – 1958  Cette nuit-là (Maurice Cazeneuve) – Le miroir à deux faces (André Cayatte) – 1958  Madame et son auto (Robert Vernay) – Une balle dans le canon (Charles Gérard & Michel Deville) – Le petit prof (Carlo Rim) – Archimède le clochard (Gilles Grangier) – 1959  Un témoin dans la ville (Édouard Molinaro) – Maigret et l’affaire Saint-Fiacre (Jean Delannoy) – Le baron de l’écluse (Jean Delannoy) – 1960  La famille Fenouillard (Yves Robert) – Les vieux de la vieille (Gilles Grangier) – Le caïd (Bernard Borderie) – 1961  Le rendez-vous de minuit (Roger Leenhardt) – La belle américaine (Robert Dhéry) – Le crime ne paie pas, [sketch “L’affaire Hugues”] (Gérard Oury) – 1962  Ballade pour un voyou (Claude-Jean Bonnardot) – 1966  Les compagnons de la marguerite (Jean-Pierre Mocky) – Le jardiner d’Argenteuil (Jean-Paul Le Chanois) – 1969  Claude et Greta (Max Pécas) – 1972  Les bas d’Agnès (Jacques Gurfinliel, CM) – La scoumoune (José Giovanni) – Les volets clos (Jean-Claude Brialy) – 1974  La moutarde me monte au nez (Claude Zidi) – Borsalino & Co (Jacques Deray) – Que la fête commence (Bertrand Tavernier) – Opération Lady Marlène (Robert Lamoureux) – 1975  Les galettes de Pont-Aven (Joël Séria) – Docteur Françoise Gailland (Jean-Louis Bertuccelli) – Une vraie jeune fille (Catherine Breillat) – 1976  Le pays bleu (Jean-Charles Tacchella) – Bartleby (Maurice Ronet, téléfilm diffusé en salles) – 1978  Freddy (Robert Thomas) – La carapate (Gérard Oury) – Les démons de midi (Christian Paureilhe) – 1979  Retour en force (Jean-Marie Poiré) – Sacrés gendarmes (Bernard Launois) – 1980  San Antonio ne pense qu’à ça (Joël Séria) – 1981  Un crime d’amour (Guy Gilles) – Orage (Gérard Grenier, CM) – Ingenjör Andrées luftfärd (Le vol de l’aigle) (Jan Troell) – 1982  Une pierre dans la bouche (Jean-Louis Leconte) – 1985  Le gaffeur (Serge Pénard) – 1986  Twist again à Moscou (Jean-Marie Poiré) – 1991  La souris du Père Noël (Vincent Monluc, CM d’animation, voix seulement) – 1994  Jeux de mains (Pascal Lahmani, CM) – 2000  An Leabhar (Robert Quinn, CM).

Télévision (notamment) : 1957  Mister Bartleby / Bartleby, l’illustre écrivain (Claude Barma) – Le tour du monde par deux enfants (William Magnin, série TV) – 1959  La nuit de Tom Brown (Claude Barma) – Le jeu des chagrins (Pierre Viallet) – En votre âme et conscience : L’affaire Danval (Claude Barma) – Jean le Maufranc (Philippe Ducrest) – 1960  Cyrano de Bergerac (Claude Barma) – 1962  Les cinq dernières minutes : La tzigane et la dactylo (Pierre Nivollet) – Mesdemoiselles Armande (René Lucot) – Pauline et le jeu (François Gir) – Les cinq dernières minutes : C’était écrit (Claude Loursais) – Le joueur (François Gir) – Elle s’abaisse pour vaincre (Étienne Fuselier) – Monsieur “Il” (Ange Casta) – Le chevalier de Maison-Rouge (Claude Barma) – 1964  La passerelle de l’Artémise (Anne-Marie Ullmann) – L’abonné de la ligne U (Yannick Andréi) – Les cinq dernières minutes : Quand le vin est tiré (Claude Loursais) – 1965  Les cinq dernières minutes : Des fleurs pour l’inspecteur (Claude Loursais) – 1967  Vidocq : Le crime de la mule noire (Claude Loursais) – Vidocq : La baraque aux 36 étoiles (Claude Loursais) – Les habits noirs (René Lucot) – 1969  Allô police : Le déjeuner de Suresnes (Michel Strugar) – Un homme à terre (Louis Grospierre) – Fortune (Henri Colpi) – Le trésor des Hollandais (Philippe Agostini) – 1970  Nemo (Jean Bacqué) – Tête d’horloge (Jean-Paul Sassy) – La mort de Danton (Claude Barma) – 1971  Aux frontières du possible : Le dossier des mutations (Victor Vicas) – 1972  Mauprat (Jacques Trébouta) – Les rois maudits : La reine étranglée (Claude Barma) – 1973  L’enfant de l’automne (Jean-Jacques Goron) – Poker d’as (Hubert Cornfield) – 1974  Les bâtisseurs d’empire (Jaime Jaimes) – Un curé de choc : Le nouveau curé (Philippe Arnal) – Malaventure : Monsieur seul (Joseph Drimal) – La logeuse (Luc Godevais) – 1975  Les renards (Philippe Joulia) – Erreurs judiciaires : Course contre la montre (Jean Laviron) – 1976  L’inspecteur mène l’enquête : L’anniversaire de Céline (Marc Pavaux) – 1976  Au théâtre ce soir : Am-Stram-Gram (Pierre Sabbagh) – Mini-chroniques (Jean-Marie Coldefy) – 1977  Désiré Lafarge : Désiré Lafarge prend le train (Jean-Pierre Gallo) – Messieurs les jurés : L’affaire Lieutort (André Michel) – 1978  Brigade de mineurs : L’enfant du pays (Jean Chapot) – Les brigades du tigre : Les demoiselles du Vésinet (Victor Vicas) – Les enquêtes du commissaire Maigret : Maigret et le tueur (Marcel Cravenne) – 1979  Histoires de voyous : Les marloupins (Michel Berny) – Une fille seule (René Lucot) – Les dossiers éclatés : Mort non naturelle d’un enfant naturel (Roger Kahane) – L’étrande Monsieur Duvallier : Tire-Lire (Victor Vicas) – Joséphine ou la comédie des ambitions (Robert Mazoyer) – Le tour du monde en 80 jours (André Flédérick, captation) – Au théâtre ce soir : Beau-fils et fils (Pierre Sabbagh) – Les amours de la belle époque : Petite madame (René Lucot) – L’âge bête (Jacques Ertaud) – 1980  Jean Jaurès : vie et mort d’un socialiste (Ange Casta) – Arsène Lupin joue et perd (Alexandre Astruc) -1981  Le roman du samedi : L’agent secret (Marcel Camus) – Samantha (Victor Vicas) – Le boulanger de Suresnes (Jean-Jacques Goron) – La vie des autres : L’ascension de Catherine Sarrazin (Jean-Pierre Prévost) – Fini de rire, fillette (Edmond Tiborowsky) – 1982  Julien Fontanes, magistrat : Une fine lame (François Dupont-Midy) – Le pouvoir de l’inertie (Jean-François Delassus) – L’enlèvement de Ben Bella (Pierre Lefranc) – Le secret des Andrônes (Sam Itzkovitch) – Siegfried (Georges Pommier) – 1983  Médecins de nuit : Quingaoshu (Emmanuel Fonlladosa) – 1984  Einstein (Lazare Iglèsis) – 1985  Histoires vécues : L’honneur des Canlorbe (Jean Kerchbron) – 1986  Julien Fontanes, magistrat : Un dossier facile (Patty Villiers) – 1987  Race for the bomb (La course à la bombe) (Jean-François Delassus & Allan Eastman) – 1988  Un château au soleil (Robert Mazoyer) – 1990  La nuit africaine (Gérard Guillaume) – Haute tension : Fatale obsession (Catherine Corsini) – 1991  Un beau petit milliard (Pierre Tchernia) – Imogène : 3615 bisé marine (Jean-Daniel Verhaeghe) – 1993  Une journée au Luxembourg (Jean Baronnet) – Tribunal : L’irréparable (Bernard Dumont, CM).

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Sydney Pollack

Annonce de la mort de Sydney Pollack, dans la nuit de lundi à mardi, à Los Angeles, des suites d’un cancer à l’âge de 73 ans. Sur ses méthodes de travail notamment pour le scénario et sur son parcours de réalisateur, l’analyse de référence reste celle de Jean-Pierre Coursodon et Bertrand Tavernier dans l’indispensable “50 ans de cinéma américain”. Il débute au comme réalisateur au cinéma avec “Trente minutes de sursis” en 1965, avec Sydney Poitier en étudiant bénévole dans un centre d’aide aux désespérés, qui tente de sauver en ligne une suicidaire interprétée par Anne Bancroft. Il débute ensuite une collaboration fructueuse de films avec Robert Redford, de 7 films. Dans “Propriété interdite” (1966), il interprète un homme chargé de licencier des ouvriers d’une société de chemins de films, en pleine crise économique dans les années 30. Il tombera amoureux de la jeune Alva – Natalie Wood éblouissante -, la fille des propriétaires de l’hôtel où il réside. Il tourne ensuite avec Burt Lancaster dans “Chasseur de scalp” où il l’utilise en trappeur, et dans “Un château en enfer”, où il campe un officier américain durant la seconde guerre mondiale investissant un château des Ardennes dans une ambiance presque fantastique. Il signe une belle adaptation du roman d’Horace Mc Coy avec “On achève bien les chevaux”, montrant la tragique exploitation de la dépression aux Etats-Unis avec un marathon de danse, avec Michael Sarrazin et Jane Fonda. Dans “Jeremiah Johnson” (1972), préfiguration du récent “Into the wild” de Sean Penn, Redford, qui participe également au scénario, joue le rôle titre d’un homme vivant en 1850, choisissant de s’isoler en essayant de survivre dans les hostiles Montagnes Rocheuses. C’est un film d’une grande beauté formelle et une belle réflexion sur un citadin voulant fuir la barbarie des hommes, se retrouvant face à une nature tout aussi rude. “Nos plus belles années” est l’adaptation d’un roman à succès d’Arthur Laurents, mettant en scène la romance de Redford et Barbara Streisand, et racontant leur couple de 1937 à 1950, mais “La chasse aux sorcières” anti-communiste à Hollywood est aussi évoquée. “Les trois jours du Condor”, toujours avec Redford, est une formidable réussite, un thriller et une ode au “quatrième pouvoir” qu’est le journalisme, avec un formidable Max Von Sydow. Il offre l’un des derniers grands rôles de Robert Mitchum dans “Yakuza”, en enquêteur nippophile. Al Pacino est formidable dans “Bobby Deerfield”, mélodrame trop sous-estimé en pilote automobile tombant amoureux d’une leucémique jouée par Marthe Keller. Paul Newman est également formidable dans “Absence de malice”, en fils de truand injustement soupçonné et “Tootsie” malgré une improbable composition de Dustin Hoffman reste un film qui a beaucoup de charme. Si certaines de ses oeuvres déçoivent – “Le cavalier électrique”, “Sabrina” – pâle remake du film de Billy Wilder, “La firme” -, avec la mort de Sydney Pollack, c’est tout un âge d’or du cinéma américain qui part avec lui. Une œuvre foisonnante et lyrique, souvent d’un romanesque flamboyant – “Out of Africa”, “Havana” – ce dernier étant à réévaluer -. Sur “L’interprète” voir l’humeur du moment ici. Mais il n’omet pas de donner un constat social des Etats-Unis – il avait abandonné en raison de sa maladie, la réalisation du téléfilm “Recount” sur la polémique en 2002, du recomtage de voix en Floride à l’éléction présidentielle américaine -, ou en faisant un documentaire plus intimiste sur l’architecte Frank Gehry. Il était excellent comme acteur également, dans “Maris et femmes” de Woody Allen, où marié à Judy Davis il annonce son intention de divorcer à un couple d’amis campé par Allen lui-même et Mia Farrow, cette annonce changera la donne pour les deux couples. Il remplace Harvey Keitel comme acteur sur le tournage de “Eyes wide shut”, où il excelle dans un rôle particulièrement ambigu. Un tournage difficile avec ce perfectionniste de Kubrick, Pollack raconte dans le documentaire “A life in picture”, avoir passé trois semaines dans une salle de billard pour une seule scène. On l’avait revu l’an dernier en dirigeant d’un grand cabinet d’avocats dans”Michael Clayton”. Michèle Leon a signé un excellent livre à son sujet “Sydney Pollack” (Éditions Pygmalion / Gérard Watelet, 1991), où le réalisateur s’exprime sur ses films, comportant un témoignage du très discret Robert Redford sur leur amitié commune. Annonce également de la mort de Christine Fersen qui était la doyenne de la Comédie Française.

Filmographie : Comme réalisateur : 1961  Cain’s Hundred : King of the mountain (TV) – 1962  The Alfred Hitchcock hour : The black curtain (TV) – 1962/1963  Ben Casey (10 épisodes) – 1963  The Alfred Hitchcock hour : Diagnosis danger (TV) – The fugitive : Man on a String (TV) – The defenders : kill or be killed (TV) – 1964  Slattery’s people : What became ot the white tortilla ? (TV) – 1965  The slender thread (Trente minutes de sursis) – 1966  This propriety is condemned (Propriété interdite) – 1967  The scalphunter (Les chasseurs de scalps) – The swimmer (Frank Perry) [réalisation d’une scène avec Janice Rule] –  1968  Castle keep (Un château en enfer) – 1969  They shoot horses don’t they ? (On achève bien les chevaux) – 1972  Jeremiah Johnson (Id) – The way we were (Nos plus belles années) – 1974  The Yakuza (Yakuza) (+ production) – 1975  Three days of the condor (Les trois jours du condor) – 1976  Bobby Deerfield (Id) (+ production) – 1978  The electric horseman (Le cavalier électrique) – 1981  Absence of malice (Absence de malice) (+ production) – 1982  Tootsie (Id) (+ production) – 1985  Out of Africa (Out of Africa, souvenirs d’Afrique) – 1990  Havana (Id) (+ production) – 1993  The firm (La firme) (+ production) – 1995  Sabrina (Id) (+ production) – 1999  Random hearts  (L’ombre d’un soupçon) (+ production) – 2000/2005  Sketches of Frank Gehry (Esquisses de Frank Gehry) (documentaire, + directeur de la photographie) – 2004  The interpreter (L’interprète) (+ producteur exécutif) – Comme acteur : (notamment) 1959  Playhouse 90 : From whom the bells tolls (John Frankenheimer, TV) – Brenner : Family man (TV) – 1960  Alfred Hitchcock presents (Alfred Hitchcock présente) : The countest for Aaron Gold ((Norman LLoyd, TV) – The twillight zone : The trouble with Templeton (Buzz Kulik, TV) – 1962  War hunt (La guerre est aussi une chasse) (Denis Sanders) – 1969  The moviemakers (Jay Anson, CM documentaire) – 1972  The saga of Jeremiah Johnson (Elliot Geisinger, CM documentaire) – 1978  The electric horseman (Le cavalier électrique) (+ réalisation) – 1982  Tootsie (Id) (+ réalisation) – 1991  The player (Id) (Robert Altman) – 1992  Husbands and wives (Maris et femmes) (Woody Allen) – Death becomes her (La mort vous va si bien) (Robert Zemeckis) – 1997  A civil action (Préjudice) (Steven Zaillian) – 1998  Eyes wide shut (Id) (Stanley Kubrick) – 1999  Random hearts (L’ombre d’un soupçon) (+ réalisation) – 2000 Lost Angeles (Eckhart Schnidt, documentaire) – Stanley Kubrick : A life in pictures (Stanley Kubrick, une vie en images) (Jan Harlan, documentaire) – The majestic (Id) (Frank Darbont, voix seulement) – 2001 Changing lanes (Dérapages incontrôlés) (Roger Michell) – 2002  Charlie : The life and art of Charles Chaplin (Richard Schickel, voix du récitant) – 2003  A decade under the influence (Une décennie sous influence) (Ted Demme  Richard LaGravenese, documentaire) – 2004  The last mogul : Life and times of Lew Wasserman (Barry Avrich, documentaire) – The interpreter (L’interprète) (+ réalisateur) – 2005  The needs of Kim Stanley (Dani Minnick, documentaire) – Cineastas contra magnates / Cineastes en accio (Carlos Benpar, documentaire) – Fauteuils d’Orchestre (Danièle Thompson) – 2006  Michael Clayton (Id) (Tony Gilroy) – Boffo ! Tinseltown’s bombs and blockbusters (Bill Couturié, documentaire) – 2007  The Sopranos : Stage 5 (Alan Taylor, TV) – Comme producteur ou producteur exécutif seulement : 1980  On the road again / Honeysuckle Rose (Show bus) (Jerry Schatzberg) – 1983  Songwriter (Alan Rudolph) – 1984  Sanford Meisner : The american theatre’s best kept secret (Nick Doob, documentaire) – 1987  Bright lights, big city (Les feux de la nuit) (James Bridges) – 1989  The fabulous Baker Boys (Susie et les Baker Boys) (Steve Kloves) – Presumed innocent (Présumé innocent) (Alan J. Pakula) – 1990  White palace (La fièvre d’aimer) (Luis Mandoki) – King Ralph (Ralph super king) (David S. Ward) – Dead again (Id) (Kenneth Branagh) – 1991  Leaving normal (Edward Zwick) – 1993  Searching for Bobby Fischer (À la recherche de Bobby Fischer) (Steven Zaillian) – Flesh and Bone (Id) (Steve Kloves) – 1994  Sense and sensibility (Raison et sentiments) (Ang Lee) – 1997  Sliding doors (Pile & face) (Peter Howitt) – 1999  The talented Mr. Ripley (Le talentueux Mr. Ripley) (Anthony Minghella) – Up at the villa (Il suffit d’une nuit) (Philip Haas) – 2000  Blow dry (Coup de peigne) (Paddy Breathnach) – Birthday girl (Nadia) (Jez Butterworth) – 2001  Iris (Richard Eyre) – 2002  The quiet american  (Un américain bien tranquille) (Phillip Noyce) – Heaven (Id) (Tom Tykwer) – Cold Mountain (Retour à Cod Mountain) (Anthony Minghella) –  2003  In the name of love (Shannon O’Rouke, documentaire) – 2004  Forty shades of Blue (Ira Sachs) – 2005  Breaking and entering (Par effraction) (Anthony Minghella) – 2006  Catch a fire (Au nom de la liberté) (Phillip Noyce) – Michael Clayton (Id) (Tony Gilroy) – 2007  Made of honor (Le témoin amoureux) (Paul Weiland) – Leatherheads (Jeux de dupes) (George Clooney) – The n° 1 ladies detective agency (Anthony Minghella) – 2008  Recount (Jay Roach, TV) – Margaret (Kenneth Lonergan) – The reader (Stephen Daltry) – Divers : 1961  The young savages (Le temps du châtiment) (John Frankenheimer, dialogues) – 1985  Nine 1/2 weeks (9 semaines 1/2) (Adrian Lyne, consultant technique).

©   Le coin du cinéphage (reproduction strictement interdite, textes déposés)

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Clément Harari

 

Annonce de la mort de Clément Harari le 16 mai dernier, à Sèvres où il habitait, par les gens du cinéma, faite par sa petite fille Morgan. Max Biro avait publié pour le site Altermonde-sans-frontières.com, la passionnante et foisonnante histoire de sa vie “Le roman biographique de Clément Harari” en 17 parties. Il définissait bien son utilisation au cinéma : “…Il se jura de ne plus être sage, il eut raison. De ce jour, il fit les films avec Constantine, et au bout de chacun trouvait autre chose. Il n’est pas un rôle de petite fripouille, huissier, trafiquant juif, usurier ou diable, notaire ou scorpion d’outre-mer que l’on ne pensa à lui, cantonné dans le mal…”. Il est vrai qu’il excelle dans les méchants, il vole même la vedette face à l’impressionnante galerie d’affreux dans “Les espions” (1957) d’Henri-Georges Clouzot, film à revisiter malgré la phrase assassine d’Henri Jeanson faite à son auteur “Clouzot a fait Kafka dans sa culotte”. Voir roder Clément Harari est déjà pour le spectateur objet d’inquiétude. Le cinéma français peu imaginatif face aux fortes personnalités le cantonne dans des rôles d’hommes de main ou de malfrats. Il est ainsi un honnête commerçant dans “Échec au porteur” (1957), qui est en fait un redoutable trafiquant entouré des inquiétants Gert Froebe et Reggie Nalder. Il est rare de le voir dans un autre emploi, notons cependant l’installateur de juke-box dans “Une aussi longue absence” (Henri Colpi, 1960) désorienté face à Alida Valli. Ses personnages sont souvent envahissants. Il est irrésistible en manager d’une troupe de danseuses dans “Cargaison blanche”. Il faut le voir déplorer dans un cabaret qu’elles ne suscitent pas l’intérêt du public présent. Il sera impitoyablement envoyé à la porte par son “écurie” quand il voudra entrer dans leur loge. Dans “Charade” (Stanley Donen, 1962), il est un touriste allemand, paisiblement attablé à la terrasse du café. Audrey Hepburn en pleine filature du personnage incarné par Cary Grant, s’installe auprès de lui pour mieux se dissimuler. Hélas pour elle, car Harari devient particulièrement collant, lui lançant des “Fraulein” énamourés pensant que la belle a succombé à son charme. Il n’aura jamais manqué, en réaction contre son emploi dans des personnages déplaisants, d’autodérision, son regard bleu trahissant une malice. On le voit même en femme (!) dans “Compartiment tueurs”, pocharde hallucinée dans un café, et en fou qui se voit en sosie d’Einstein dans l’ahurissant “Tais-toi quand tu parles”. Il joue même l’amant que l’on devine être célèbre de Jane Birkin dans “La moutarde me monte au nez”… totalement de dos ! Il est formidable en savant fou pour Georges Franju dans la série télévisée “L’homme sans visage” (1973) sur un scénario avisé de Jacques Champreux, et dans “Les nuits rouges” montage différent de la précédente version et qui fut diffusée en salles. Claude Beylie le saluait ainsi dans la revue “Écran 75” N°32 : “…Le personnage du docteur Dutreuil, par exemple, superbement incarné par Clément Harari, est une charge inénarrable de tous les médecins fous de l’écran, de “Galigari” à Phibes”, jusqu’au Pierre Brasseur dans “Les yeux sans visage”, il roule des yeux exorbités comme aux plus beaux jours du Grand-Guignol”. Les mânes de Frédérick Lemaître ont dû rougir d’aise”. Il est à l’aise dans l’humour noir tel son rôle de parrain inquiétant dans “Vous ne l’emporterez pas au paradis”. La démesure lui sied toujours. Il est un “très méchant” échappé d’un cartoon dans “Valparaiso, Valparaiso” (Pascal Aubier, 1970). Du trio de bourreaux qu’il forme avec Hans Meyer et Rufus, torturant un imperturbable Alain Cuny, il est assurément le plus dangereux, jouant de l’arme blanche à grand renfort de rires sardoniques, dans un grand moment de burlesque. Dans “Tous le monde peut se tromper” (1982), il est un joaillier très sympathique, philosophe et prévenant pour son employée jouée par Fanny Cottençon, le scénario sera pourtant cruel avec son personnage. Il est hallucinant dans “La note bleue” (1990) où il est un démon païen et muse de la création pour le couple George Sand – Frédéric Chopin. Il entre à son aise dans l’univers survolté d’Andrzej Zulawski et montre ses capacités burlesques. Il trouve peut être son plus beau rôle en rabbin dans “Train de vie” (1997), très beau film de Radu Mihaileanu, variante de “La vie est belle” de Roberto Benigni, mais une folie salvatrice et une subtilité en plus. Le théâtre lui a donné plus de satisfactions que le cinéma – dans des mises en scène de Robert Hossein, André Engel ou Marcel Maréchal -. Il était également metteur en scène de théâtre. Nos pensées vont à sa famille. 

 

 

Dans “Maigret et la fenêtre ouverte”

 

 

Filmographie établie avec Christophe Bier et Armel de Lorme, initialement établie pour “Les gens du cinéma” : 1941  La terre du Nil (André Vigneau) – 1950  Nous n’irons plus au bois (Claude Sautet) –  1952  It happened in Paris (C’est arrivé à Paris) (Henri Lavorel & John Berry) – 1954  Ca va barder (John Berry) – 1956  Notre dame de Paris (Jean Delannoy, rôle coupé au montage ?) – Les louves (Luis Saslavsky) – Que les hommes sont bêtes (Roger Richebé) – L’homme et l’enfant (Raoul André, rôle coupé au montage ?) – La traversée de Paris (Claude Autant-Lara) – Mon curé chez les pauvres (Henri Diamant-Berger) – 1957  Les espions (Henri-Georges Clouzot) – Marchands de filles (Maurice Cloche) – Tamango (John Berry) – Cargaison blanche (Georges Lacombe) –  Me and the colonel (Moi et le colonel) (Peter Glenville) – Échec au porteur (Gilles Grangier) – 1958  Arrêtez le massacre (André Hunebelle) – En cas de malheur (Claude Autant-Lara) – 1959  La nuit des espions (Robert Hossein) – Le saint mène la danse (Jacques Nahum) – Fanny (Id) (Joshua Logan) (rôle coupé au montage ?)  – Une aussi longue absence (Henri Colpi) – La fête espagnole (Jean-Jacques Vierne) – 1961 Cause toujours mon lapin (Guy Lefranc) – Le couteau dans la plaie / Five Miles to Midnight (Anatole Litvak) – 1961/62  The longest day (Le jour le plus long) (scènes sous la direction de Darryl F. Zanuck) –  1962  Le diable et les dix commandements [épisode  “Homicide point ne seras”] (Julien Duvivier) – Le scorpion (Serge Hanin) – Champagne flight (Lewin) (sous réserves) – Les bricoleurs (Jean Girault) –  Charade (Id) (Stanley Donen) – 1963  Des frissons partout (Raoul André) – Le train (John Frankenheimer, rôle coupé au montage ?) –  Les aventures de Salavin / La confession de minuit (Pierre Granier-Deferre) – 1964  Sursis pour un espion (Jean Maley) – Les gorilles (Jean Girault) – Passeport diplomatique, agent k 8 (Robert Vernay) – Compartiment tueurs (Costa-Gavras) – 1965         Le spie uccidono a Beirut (Les espions meurent à Beyrouth) (Nino Loy & Luciano Martino) – Pleins feux sur Stanislas (Jean-Charles Dudrumet) – Monkeys, go home ! (Andrew Mac Laglen) – 1966  Roger La Honte (Ricardo Freda) – Triple cross (La fantastique histoire vraie d’Eddie Chapman) (Terence Young) – Sette volte donna (Sept fois femmes) (Vittorio de Sica) – 1968  La belle cérébrale (Peter Foldes,  voix seulement) – Faites donc plaisir aux amis (Francis Rigaud) – 1970  Valparaiso, Valparaiso (Pascal Aubier) – Macédoine (Jacques Scandélari) –  1973  Nuits rouges (Georges Franju) – Défense de savoir (Nadine Trintignant) – 1974  La moutarde me monte au nez (Claude Zidi) – Vous ne l’emporterez pas au paradis (François Dupont-Midy) – 1976  March or die (Il était une fois la légion) (Dick Richards) – 1978  Ils sont grands ces petits (Joël Santoni) – La petite fille en velours bleu (Alan Bridges) – Once in Paris (Frank D Gilroy) – Les égouts du paradis (José Giovanni) – 1979            Gros câlin (Jean-Pierre Rawson) –  The fiendish plot of Dr. Fu Manchu (Le complot diabolique du Dr. Fu Manchu) (Piers Haggard) –  1980  Inspecteur La Bavure (Claude Zidi) – Docteur Jekyll et les femmes (Walerian Borowczyk) – 1981  Ingenjör Andrées luftfärd (Le vol de l’aigle) (Jan Troell) – Tais toi quand tu parles ! (Philippe Clair) – 1982  La déchirure (Whaim Dia Mokhouri) – Tout le monde peut se tromper (Jean Couturier) – 1983  La garce (Christine Pascal) – 1987  Saxo (Ariel Zeïtoun) – 1988  Radio corbeau (Yves Boisset) – 1989  J’aurais jamais dû croiser son regard (Jean-Michel Longval) – Milena (Véra Belmont) – 1990  La note bleue (Andrzej Zulawski) – Isabelle Eberhardt (Ian Pringle) – 1991  Les clés du paradis (Philippe de Broca) – 1996  Un amour de sorcière (René Manzor) – 1997        Train de vie (Radu Mihaileanu) –  2003     L’heure dite (TomHarari, CM) –Le grand rôle (Steve Suissa). Nota : Clément Harari a participé à ses débuts à plusieurs films égyptiens non identifiés.

Télévision : (notamment) 1955  L’ombre du cardinal (Stellio Lorenzi) – 1956  Entre chien et loup (Claude Barma) – Le révizor (Marcel Bluwal) – 1958  La fille de la pluie (Jean Prat) – 1959  Le juge de Malte (Bernard Hecht) – 1960  L’histoire dépasse la fiction : Lorenzino de Médicis (Jean Kerchbron) – Le fils du cirque (Bernard Hecht & Brigitte Muel) – 1961  Le petit ramoneur (Gérard Pignol) – Flore et Blancheflore (Jean Prat) – 1962  L’inspecteur Leclerc enquête : La trahison de Leclerc (Marcel Bluwal) – 1963  Commandant X : Le dossier Pierre Angelet (Jean-Paul Carrère) –  Le chemin de Damas (Yves-André Hubert) –  Monsieur Laplanche (Bertrand Dunoyer) – 1964  Le théâtre de la jeunesse : Le matelot de nulle part (Marcel Cravenne) –  Les beaux yeux d’Agatha (Pierre Cardinal) – Alerte à Orly (Jacques Renzo-Villa) – 1965  Ce fou de Platanov (François Gir) – David Copperfield (Marcel Cravenne) – Théâtre de la jeunesse : Une certaine jeune fille : Marie Curie (Claude Santelli) – Les facéties du sapeur camember (Pierre Boursaus) – 1966  Théâtre de la jeunesse (L’homme qui a perdu son ombre) (Marcel Cravenne) – Le parfum de la dame en noir (Yves Boisset) – 1967  Huckleberry Finn (Marcel Cravenne) –  La prunelle (Edmond Tyborowski) – La valse de Monsieur Bontemps (André Teisseire) – Antoine et Cléôpatre (Jean Prat) – 1968  Graf Yoster gibt sich die Ehre (Le comte Yoster a bien l’honneur) : Fiat Justicia (Michael Braun) – Les grandes espérances (Marcel Cravenne) –  1969  Que ferait donc Faber ? (Dolorès Grassian) – Allô police : La petite planète (Pierre Goutas) – Thibaud ou les croisades : Les pèlerins (Henri Colpi) – 1972  Mauprat (Jacques Trébouta) – La malle de Hambourg (Bernard Hecht) – 1973  L’Alphomega (Lazare Iglèsis) – L’homme sans visage (Georges Franju, série TV) -1975  Les Rosenberg ne doivent pas mourir (Stellio Lorenzi) – 1976  Commissaire Moulin : La surprise du chef (Jacques Trébouta) – Lulu (Marcel Bluwal) – Pas d’orchidée pour Miss Blandisch (Robert Hossein, captation) – 1979   Les dossiers éclatés : Mort non naturelle d’un enfant naturel (Roger Kahane) – 1980  Mont-Oriol (Serge Moati) – 1983  Par ordre du Roi : Madame Tiquet (Michel Mitrani) –  Merci Sylvestre : Du caviar dans le ketchup (Serge Korber) – Louisiane (Philippe de Broca) (version TV seulement) – 1984  Disparitions : Double fond (Yves Ellena) – 1986  Le maestro (Serge Korber) – Monte Carlo (Anthony Page) – 1988  Palace (Jean-Michel Ribes) – 1989  L’or du diable (Jean-Louis Fournier) – Les cinq dernières minutes : Ah ! mon beau château (Roger Pigaut) – Une fille d’Ève (Alexandre Astruc) –  1990  La goutte d’or (Marcel Bluwal) – La nuit des fantômes (Jean-Daniel Verhaeghe) – 1991  Le gang des tractions : Station liberté (François Rossini) – Blood and dust (Les croisades) (Jim Goddard) – L’affaire Seznec (Yves Boisset) – 1994  Highlander : Prodigal son (Dennis Berry) – 2000  Maigret : Maigret et la fenêtre ouverte (Pierre Granier-Deferre).

Remerciements : à Jean-Jacques Jouve

Mise à jour du 22/07/2009

Fragments d’un dictionnaire amoureux : John Phillip Law

John Phillip Law dans une photo de studio pour la Columbia en 1971

Annonce de la mort de John Phillip Law, à l’âge de 70 ans des suites d’un cancer. Ce fils d’un shérif et de l’actrice, Phyllis Sallee, étudie auprès d’Elia Kazan au début des années 60, et très vite sa haute stature et sa blondeur sont utilisées au cinéma, il est un russe membre de l’équipage d’un sous-marin dans la comédie “Les russes arrivent…”. C’est grâce à l’Europe qu’il connaîtra une consécration dans des films de séries et adaptations de bande-dessinées. Il évite le ridicule par son charisme – ce qui n’est pas une mince performance – dès son apparition emplumée en  ange aveugle dans l’étonnant “Barbarella”, devenu culte par nostalgie de par son décorum très “sixties”. Il est choisi par Vadim, sur les conseils de Jane Fonda, qui jouait sa cousine dans “Que vienne la nuit”, en lutte contre le Klu Klux Klan. Il est aussi un tireur vengeur initié par Lee Van Cleef qui participa à l’assassinat de son père, dans un des meilleurs westerns européens dans “La mort était au rendez-vous”. Sa prestation assez expressionniste dans “Diabolik” pour Mario Bava, tiré d’une B.D. culte des soeurs Giussani, participe au résultat jouissif de l’ensemble. Il est idéal pour camper un gentleman cambrioleur, et le couple qu’il forme avec Marisa Mell fonctionne parfaitement, quand ils font tourner en “bourrique” un officier de police joué Michel Piccoli.  Il tourne en 1967 dans “Le Sergent” avec Rod Steiger et Ludmila Mikaël, sujet jugé plus sérieux, traitant de l’homosexualité à l’armée, mais Guy Allombert est sévère sur son jeu dans “La saison cinématographique 1969” : “…John Phillip Law, fade, sans éclat, sans volonté ne soutient pas la comparaison [en comparaison du jeu de Rod Steiger qui joue Callan] et ne justifie jamais qu’un homme comme Callan l’ai remarqué”. Pour Roger Corman, il est un baron, pilote allemand obstiné de la première guerre mondiale dans “Le baron rouge” (1971). En 1973, en compagnie de la belle Caroline Munro, il est “Sinbad” dans “Le voyage fantastique de Sinbad”, film qui bénéficie du grand talent de Ray Harryhaussen, maître des effets spéciaux. Jean-Marie Sabatier n’est pas tendre non plus dans la “Saison cinématographique 1976” : “…John Phillip Law donne une interprétation bien pâle de l’intrépide capitaine Sinbad”. En 1975, il retrouvera un autre personnage adapté d’une B.D., “Docteur Justice”, d’Ollivier et Marcello, réalisé par le vétéran Christian-Jaque, où il arrive à animer un film assez terne en médecin justicier spécialiste en arts-martiaux. Suivent dans les années 80, de nombreuses incursions dans des films de séries B., voire Z. Vient le temps des hommages – il est l’invité de “L’étrange festival” en 2003 -, Roman Coppola l’utilise comme citation du “Barbarella” de Vadim dans “C.Q”. Il figure même dans un court-métrage expérimental français – impossible d’en trouver le titre pour l’instant, si quelqu’un pouvait m’aider…-, variantes autour des scènes de voitures du “Diabolik”, en hommage à Mario Bava. Il méritait vraiment mieux que certaines critiques acerbes à son sujet, ces films étant souvent cultes. A lire son portrait dans l’indispensable “Nanarland” .

avec Marisa Mell dans “Danger Diabolik”, provenant de son site officiel

Filmographie : 1950  The magnificent yankee (John Sturges) – 1951  Show Boat (George Sidney) – 1961  Smog (Franco Rossi) – 1963  Alta infidelità (Haute infidélité) [Sketch : “Scandaloso”] (Franco Rossi) – 1964  Tre notti d’amore [sketch : “Fatebenefratelli”] (Luigi Comencini) – 1966  The Russians are coming, the Russians are coming (Les russes arrivent) (Norman Jewison) – Hurry Sundown (Que vienne la nuit) (Otto Preminger) – 1967  L’harem (Le harem) (Marco Ferreri) – Da uomo a uomo (La mort était au rendez-vous) (Giulio Petroni) – Barbarella (Roger Vadim) – Diabolik / Danger : Diabolik (Danger Diabolik) (Mario Bava) – 1968  Skidoo (Otto Preminger) – The sergeant (Le sergent) (John Flynn) – 1969  Certo, certissimo, anzi… probabile (Marcello Fondato) – 1970  The Hawaiians / Master of the island (Le maître des îles) (Tom Gries) – 1971  The last movie (Id) (Dennis Hopper) – Strogoff (Michel Strogoff) (Eriprando Visconti) – Von Richthofen and Brown / The Red Baron (La baron rouge) (Roger Corman) – The love machine (Id) (Jack Haley jr.) – 1973  Polvere di stelle (Titre TV : Poussière d’étoiles) (Alberto Sordi) – The golden voyage of Sinbab (Le voyage fantastique de Sinbab) (Gordon Hessler) – Open Season / Los Cazadores (Vidéo : La chasse sanglante) (Peter Collinson) – 1975  The spiral staircase (La nuit de la peur) (Peter Collinson) – Docteur Justice (Christian-Jaque) – 1976  Tigers don’t cry (Un risque à courir) (Peter Collinson) – The Cassandra crossing (Le pont de Cassandra) (George Pan Cosmatos) –Tu dios y mi infierno / Your God my hell (Rafael Romero Marchent) – 1977  L’occhio dietro la parete (Vidéo : Voyeur pervers) (Giuliano Petrelli) – 1978  Der schimmelreider (Aldred Weidenmann) – 1979  Un’ombra nell’ombra (Vidéo : Les vierges damnées) (Pier Carpi) – 1979  The Z men (Attack force Z) (Tim Burstall & Jing Ao Hsing) –  1981  Tarzan the ape man (Tarzan l’homme singe) (John Derek) – 1982  Tin man (John G. Thomas) – 1984  American commandos / Hitman (Le commando du triangle d’or) (Bobby A. Suarez) – L.A. Bad / Rainy day friends (Vidéo : Rémission pour un voyou) (Gary Kent) – 1985  Night train of terror (Vidéo : Train express pour l’enfer) (John Carr, Philip Marshak, Tom McGowan, Gregg C. Tallas & Jay Schlossberg-Cohen) – 1986  Moon in scorpio (Gary Graver) – Johann Strauss – Der könig ohne krone (Johann Strauss, le roi sans couronne) (Franz Antel) – 1987  Stricker (Enzo G. Castellari) – Colpo di stato (Fabrizio De Angelis) – Space mutiny (David Winters & Neal Sundstrom) – Blood Delirium / Delirio di sangue (Sergio Bergonzelli) – 1988  Thunder III (Fabrizio de Angelis) – A case of honor (Vidéo : American heroes 1) (Eddie Romero) – Nerds of a feather (Gary Graver) – 1989  Cold heat (Ulli Lommel) – Alienator (Fred Olen Ray) – 1990  The guest / L’ospite (Alberto Marras) – 1991  Il giorno del porco (Sergio Pacelli) – 1992  Marilyn alive and behind bars (John Carr) – Shining blood (Stash Klossowski) – 1993  Angel eyes (Gary Graver) – 1994  Brennendes herz (Peter Patzak) – 1996  Hindsight (John T. Bone) – 1998  Bad guys (Bryan Genesse) – Wanted (Harald Sicheritz) – 1999  Vic / Final act (Sage Stallone) – 2000  Citizens of perpretual indulgence (Alex Monty Canawati) – CQ (Id) (Roman Coppola) – 2002  Curse of the forty-niner (John Carl Buechler) –  2004  I tre volti del terrore (Sergio Stivaletti) – L’apocalisse delle scimmie (Romano Scavolini) – 2005  Chinaman’s chance (Aki Aleong) – 2006  Ray of sunshine (Norbert Meisel). Télévision (notamment) : 1977  Love boat – 1978  The devil’s bed (Helmut Pfandler) – 1979  The best place to be (David Miller) – 1984  La signora in giallo – Danger : Keine zeit zum sterben / No time to die (Vidéo : La forêt explosive) (Helmut Ashley) – 1985  Una grande storia d’amore (Duccio Tessari) – 1989  Quatro piccole donne (Gianfranco Albano) – 1990  Le Gorille : Le Gorille sans cravate (Peter Patzak) – 1994  Intrighi internazionali (Fernando Cicero) – 1996  My ghost dog / My magic dog (John Putch) – 1999  Working with dinosaurs (Louis Heaton, documentaire).   

Bibliographie : “Attori stranieri del nostro cinema” d’Enrico Lancia & Fabio Melelli (Gremese editore, 2006), “Quinlan’s film stars” de David Quinlan (Bastford, 2000).

DVDRAMA, UN SITE PAS TRES CLASSE

 

Comme souvent je m’apprêtais à compléter un ancien portrait, de la rubrique “Fragments d’un dictionnaire amoureux” , consacré à François Berléand. Je pensais ainsi faire des ajout sur celui, qui a eu depuis la dernière mise à jour, une très riche actualité – théâtre, télévision pour Claude Chabrol, films, théâtre en direct à la télévision, réédition en poche . Mais je découvre par hasard la rubrique “classe, pas classe”  – cliquez sur le lien -consacrée à François Berléand disponible du Site “Dvdrama” qui s’autoproclame : “premier quotidien du DVD, du cinéma et des séries”.

En lisant ce portrait signé par… 5 ou 6 personnes Alex Masson, Stanislas Bernard, Nicolas Houguet, Pitou WH et Gilles Botineau, Je constate qu’il y a beaucoup de similitudes avec le portrait que j’avais fait sur mon blog, citations, films méconnus “ôte-toi de mon soleil”, quelques phrases à peine remaniées “Ma petite entreprise”  : exemples « C’est un acteur tellement bon que quoi qu’on écrive, il y a forcément un rôle pour lui…», citation reprise agrémentée d’autres – j’en citais la source “Studio” ; “Ôte-toi de mon soleil” : “où il profite d’une totale liberté de jeu pour expérimenter des techniques différentes, et même de participer au piano à la musique du film. En visualisant le grand nombre de rushes, il étudie la manière de progresser” devient pour DVDramort :”Pourquoi pas pour Berléand d’expérimenter plusieurs techniques de jeu, ou de composer en partie la musique du film”; Ma petite entreprise : “Pour Pierre Jolivet, il devient un réjouissant assureur escroc dans “Ma petite entreprise”, taraudé par ses origines slaves incapable de voir l’amour que lui porte le personnage de Catherine Mouchet”  devient : “Berléand est un réjouissant assureur (et escroc, donc), taraudé par ses origines slaves, incapable de voir l’amour que lui porte le personnage de Catherine Mouchet”; “H.S.”: “en truand usé dans un climat qui se veut “Tarantinesque” dans “HS” (2000)” devient “…et dont les références tarantinesques”; “Edy” : “Il déclare volontiers que ce film reste son préféré” – il me l’avait confié et j’étais sur le tournage – devientBerléand lui-même considère ce film comme son meilleur”; “L’homme idéal” : “Quelle que soit l’importance de la durée de ses rôles, il arrive toujours à faire exister un personnage, tel celui, muet, du dîneur victime d’un quiproquo dans “L’homme idéal” devient “celui interprété par notre ami Berléand, qui ne souffle mot dans cette scène ; il mange, simplement”, etc… 

Il y avait eu une première version de ce texte pour “Les gens du cinéma”Pourquoi “se casser le cul sur l’herbe tendre”, comme chantaient en chœur Serge Gainsbourg et Michel Simon dans “Ce sacré grand-père”, quand on peut trouver tout rôti chez les autres ou matière à fournir un canevas. Je trouve ce type d’agissement hautement regrettable, d’autant plus que j’agis dans un but non lucratif, ce qui n’est pas le cas de ce site marchand, dont les membres reçoivent des DVD  par service de presse, ce qui n’est pas mon cas. Un blog étant peu exposé par rapport à ce site, et se veut partageur – même si on trouve ce texte en page 2 de Google -. Il devient donc très facile de se servir ici ou là. Ce n’est pas la première fois, ayant même vu un extrait d’un texte sur Henri Attal publié ! Mais au moins certains font un effort de réécrire un tantinet. Pour le fragment d’un dictionnaire amoureux, je bénéficiais de conversations inédites avec François Berléand, le connaissant un peu, et continuant à le voir, comme en avril dernier au théâtre dans “Batailles”. Il reste d’ailleurs toujours aussi abordable, malgré sa grande notoriété et un emploi du temps dément – tout en jouant au théâtre, il tournait à Marseille “Le transporteur 3 ” et répétait “Tailleur pour dames” pour France 2. Le retrouver est toujours un bonheur, Il a même pris la peine de me présenter à Jean-Pierre Marielle – l’une de mes idoles – et Agathe Natanson, présents ce-soir là, malgré une journée chargée.

Si ce type de comportement devient légion, il est parfois difficile de retrouver les sources exactes, comme ici. On peut imaginer que de bâcler ainsi en pillant ici ou là n’est pas une attitude très professionnelle. Si j’ai laissé trois commentaires, et bénéfice du doute suite au pont “viaduc” dernier, attendu une réponse de leur part à l’adresse mail de la rédaction du site, le tout est resté bien évidemment lettre morte. Petit rappel de la législation sur le droit d’auteur même sur le web : “…Ainsi tous les éléments présents sur Internet (images, vidéos, extraits sonores, textes) sont soumis de facto au droit d’auteur, même si leur accès est libre et gratuit et qu’aucune mention ne précise qu’ils sont protégés ! “. On peut reprendre des éléments à condition de citer l’auteur initial”. Source “webmaster.hub”

Addenda du 19/06/2008, voir le forum de DevilDead, DVDrama semble coutumier du fait… A noter également les agissements d’un contributeur de Wikipédia “Scoubidou75”, véritable sérial plagieur pour le cinéma français reprenant beaucoup de textes d’Yvan Foucart – et accessoirement mézigue pour Marie-Pierre Casey. Mais heureusement on peut contacter les modérateurs de ce site avec facilité et réactivité. Addenda du 2/12/2009, Novembre 2009, DVDRama disparaît et devient excessif.com, le texte reste mais plus de commentaires, c’est donc la méthode karcher. Mais bon le temps est au recyclage, on peut d’ailleurs féliciter à cet effet quelques sites “carmardophiles” et “CinéCopistes” qui font leur marché chez à peu près tout le monde. Visiblement ce n’est pas la probité qui vont les étouffer et pour avoir rencontré certains, on ne peut qu’être admiratif d’une roublardise visiblement hissée au niveau des beaux arts.

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Bernard Musson

Parmi les prolifiques du cinéma français, il y a un comédien qui a une place particulière, c’est Bernard Musson. Il est assez vain de tenter de faire son portrait après celui excellent fait par Etienne Colson dans “La lettre des comédiens”, mais je tente tout de même. Ce portrait formidablement rédigé était important, car ce comédien était oublié des dictionnaires, dans la foulée Jean Tulard s’en sert pour le faire figurer dans son dictionnaire. Colson rapportait un extrait du livre de Frédéric Dard, “Les oreilles et la queue” (1984), où il parlait du comédien, on peut le retrouver dans les mémoires du comédien consultables, initiative intéressante sur le web, avis aux éditeurs… . Dès le début des années 50, on le remarque, même s’il est souvent l’un des éternels non crédités des génériques. De par sa prestance et son côté incisif, il transforme la moindre de ses figurations en véritable rôle. Il est vrai qu’il a une tête de plus que tout le monde, on ne voit que lui par exemple dans “Les dents longues”, quand il figure en journaliste fumeur. On trouve toujours un film à rajouter à sa filmographie, au détour d’une diffusion du câble, on le découvre ainsi en unique client d’un magasin d’électroménager d’un petit village dans “C’est arrivé à 36 chandelles”, que l’on imagine presque installé à demeure. Sa voix est aussi très familière, il n’est pas rare de l’entendre au cours d’un doublage de film. Le premier réflexe est de le chercher parmi les domestiques, les valets, les laquais, les majordomes ou les concierges d’hôtel. Il est souvent l’huissier présentant le petit monde des élites à la cantonade, on le voit ainsi à Matignon dans “Chacal” version Zinnemann ou dans une cérémonie huppée dans “Comment épouser un premier ministre”. On n’en finit plus de le répertorier dans ce type d’emploi, sa voix aide à le reconnaître quand il le portier d’un casino que visite Jean Gabin, caché dans la pénombre ! Il est souvent zélé comme dans “Les bonnes causes” (1962), où il figure le domestique d’un homme assassiné. Ne dormant que d’un oeil, il se lève bien entendu au moindre bruit suspect, perçoit ainsi des secrets d’alcôves compromettants, et livre allégrement ses informations à la police. On le retrouve aussi en réceptionniste d’un hôtel, face à Cary Grant dans “Charade” (1962), où découvrant des impacts de balles, il imagine son interlocuteur en voyeur. Tout en bouchant les trous, il lui conseille de se servir plutôt du traditionnel trou de serrure. Dans ce film, il dort très peu également, affalé sur un fauteuil mais aux aguets il finira par découvrir un cadavre dans un ascenseur. Il est souvent dans le contrôle, comme dans l’un des sketches “Le repas gastronomique” dans “Les veinards” où il est un maître d’hôtel qui régente, avec Jean-Henri Chambois, une séance gastronomique et photographique, face à un France Blanche complètement dépassé, tout en vérifiant constamment son nœud pap’. Mais loin de n’être qu’un serviteur obséquieux, il est parfois mordant et sardonique, comme dans “Les lions sont lâchés” (1961), où il est au service de sa patronne jouée par Danielle Darrieux, tout en s’amusant visiblement de ses excentricités. Henri Verneuil en fait l’un de ses acteurs fétiches, lui donnant des rôles mémorables comme celui de Pommier dans “La vache et le prisonnier” (1959), en prisonnier hâbleur et frustre – il faut le voir manger de la soupe -. Son personnage est très réjouissant, se définissant comme connaisseur en femmes … et en vaches, la vérité sera tout autre… Citons le aussi, au début de “Mélodie en sous-sol” (1962) en passager banlieusard d’un train, regrettant ses vacances et faisant un redoutable raccourci du Parthénon aux constructions modernes dans la langue d’Audiard. On le voit aussi camper des affreux de tous poils, dans “Les misérables” version Le Chanois (1957), il est Bamatabois, un jeune oisif, constamment à faire la fête, et poussant le sadisme jusqu’à glisser de la neige dans le dos de la pauvre Fantine – Danièle Delorme -, provoquant ainsi un désordre public, Javert, le représentant de l’ordre – magistral Bernard Blier – punira de ce fait la malheureuse. Le Chanois l’engagera souvent, on se souviendra de son personnage d’huissier tatillon et sentencieux dans “Papa, maman, ma femme et moi” (1955), visitant Fernand Ledoux dans sa maison en construction, et l’obligeant à couper sa maison en deux pour respecter des lois absurdes. Curiosité il jouait un autre personnage dans le précédent opus “Papa, maman, la bonne et moi” (1954), en spectateur venu en critique et finalement conquis par Gaby Morlay lors d’une représentation théâtrale. S’il représente l’autorité, c’est souvent sur son mode le plus abject et le plus tatillon, le patron de Jean-Louis Trintignant dans “Le 17ème ciel” (1965), déplorant ses retards, ou le chef du personnel sourcilleux dans “Je sais rien, mais je dirai tout” (1973). Mais il est parfois hospitalier, comme son personnage de ministre qui fait visiter Paris au pas de course, à Sami Frey qui campe un prince d’opérette dans “Qui êtes vous Polly Maggoo ?” (1965). Il a toujours un petit côté borné, il est un agent de circulation qui provoque la colère de Michel Simon dans “L’impossible M Pipelet” car il ignore les piétons, un officier de police désabusé qui pense que de surveiller une gare ne sert à rien dans “Les nuits de Montmartre”, un inspecteur franchement déplaisant dans “Max et les ferrailleurs” (1970)… Il compose un commissaire d’anthologie dans “Le temps des oeufs durs” (1957), constamment sur “les dents” quand il traque des trafiquants de faux billets. Il a de plus, des idées particulières : “Le soupçon est l’ennemi de la police” déclare-t-il pour se débarrasser de fâcheux. La plupart de ses personnages de notables sont détestables, capables d’ourdir des plans machiavéliques comme dans l’un des épisodes de “Vidocq”, première saison. Qu’il soit diminué et totalement impotent, ça ne l’empêche pas de dévoiler libidineux, comme dans “La révolte des enfants” (1990). La comédie se l’accapare, notamment Christian Gion, qui lui confie des rôles plus longs qu’à l’accoutumée. Il est ainsi l’associé bègue souffre-douleur de Jean-Pierre Marielle dans “Pétrole, pétrole”.

Bernard Musson dans “Papa, les petits bâteaux”

On peut déplorer que les cinéastes ne soient pas plus imaginatifs à son égard, Nelly Kaplan sut utiliser avec brio ses aptitudes à la loufoquerie. En effet dans “Papa, les petits bâteaux” (1971), il est hilarant en truand corse, beau-frère de Pierre Mondy, toujours prompt à se servir d’une arme à feu. Ainsi artiste de cirque, il sait aussi utiliser le couteau, et va nous régaler d’un saut de la mort particulièrement absurde, laissant son personnage dans une position assez ridicule et à moitié nu dans les bras de Sheila White. On se souviendra aussi particulièrement du médecin survolté d’un des épisodes de “L’ami Maupassant” : “L’enfant” où il se délecte à faire un diagnostic particulièrement brutal. Il participe aussi aux œuvres de Jean Rollin, et même à quelques comédies érotiques cultes des années 70. Mais sa plus belle rencontre est celle faite avec Luis Buñuel, qui utilise aux mieux son excentricité. Il est un sacristain particulièrement inquiétant dans “Le journal d’une femme de chambre” (1963), des hurlements de chiens saluant, ses visites nocturnes. Lecteur de “L’action française”, militant d’extrême droite, il ourdit des manifestations antisémites avec Georges Géret. Il est un redoutable maître de cérémonie dans “Belle de jour” (1966), où il est à nouveau un majordome caché derrière des lunettes noires. Il prépare Catherine Deneuve pour un mystérieux rituel mortuaire pour son maître un duc nécrophile – Georges Marchal -. Devant le fiasco final, il finira par la flanquer dehors avec une rudesse incroyable. Dans “La voie lactée” (1968), il est un aubergiste peu accueillant, qui jette le trouble dans l’esprit de François Maistre, magistral en curé fou, en utilisant la métaphore du “lièvre dans le pâté” pour expliquer les subtilités de la “transsubstantiation” à un Claude Cerval déboussolé. Dans “Le charme discret de la bourgeoisie” (1972), en maître d’hôtel d’un salon de thé, on lui doit une scène particulièrement absurde. Il annonce avec un sérieux papal à Bulle Ogier, Delphine Seyrig et Stéphane Audran, qu’il n’a ni thé, ni café à leur proposer suite à une affluence imprévue. Avec Marcel Pérès, Guy Montagné et Paul Le Person, il forme un quatuor atypique de moines dans “Le fantôme de la liberté” (1974). Ils sont coincés par la pluie dans une auberge tenue par Paul Frankeur. Ils s’avéreront de redoutables joueurs de cartes, en jouant des scapulaires et des médailles. Musson apporte toujours un décalage quand il parle à Milena Vukotic du stress de son époque ou discute de la versatilité de la notion de la sainteté au sein de l’église catholique. Il finira avec ses compagnons par prendre la poudre d’escampette devant les délires sado-masochistes de Michael Lonsdale. On le retrouve une dernière fois chez Buñuel dans “Cet obscur objet du désir” (1977), en policier qui s’annonce par un mielleux “N’ayez pas peur, nous sommes des amis”, à Angela Molina et sa mère, pour mieux annoncer un avis d’expulsion… Il fut un passeur remarquable dans “L’irrationnel récréatif” – selon une expression de Raymond Lefèvre -, de ce grand réalisateur. Des metteurs en scène sauront se souvenir de cette association fructueuse pour l’employer autrement, comme Radovan Tadic et Jean-Charles Fitoussi. On le retrouve régulièrement  jusque dans les années 90, comme dans le rôle d’un employé de la morgue face à Carole Bouquet dans “Lucie Aubrac” (1996). Il faut saluer ce comédien, qui a su à la moindre de ses apparitions faire exister un personnage, et on a toujours autant de plaisir à rajouter un titre dans sa filmographie dans des bases de données comme IMDB. Voir également le site L’aide-mémoire apportant de nouveaux titres dans sa déjà très riche filmographie. Il faut aussi saluer un parcours théâtral remarquable de “À chacun selon sa faim” en 1950 à “Bérénice” (2001) dans une mise en scène de Lambert Wilson. Un comédien indispensable qui fait la richesse du cinéma français et participe à son foisonnement. 

 

Filmographie établie avec Christophe Bier, Armel de Lorme et l’équipe de “La lettre des comédiens” (initialement établie pour “Les gens du cinéma”) :  1951  Nez de cuir (Yves Allégret) – Le costaud des Batignolles (Guy Lacourt) – Jeux interdits (René Clément) – Le vrai coupable (Pierre Thevenard) – Un grand patron (Yves Ciampi) – Agence matrimoniale (Jean-Paul Le Chanois) – 1952  Nous sommes tous des assassins (André Cayatte) – Les belles de nuit (René Clair) – Un caprice de Caroline Chérie (Jean Devaivre) – C’est arrivé à Paris (Henri Lavorel & John Berry) – L’île des femmes nues (Henri Lepage) – Les dents longues (Daniel Gélin) – Un caprice de Caroline Chérie (Jean Devaivre) – Lucrèce Borgia (Christian-Jaque) – 1953  L’esclave (Yves Ciampi) – Virgile (Carlo Rim) – Les trois mousquetaires (André Hunebelle) – La belle de Cadix (Raymond Bernard) – Le guérisseur (Yves Ciampi) – Le grand jeu (Robert Siodmak) – Mam’zelle Nitouche (Yves Allégret) – L’affaire Maurizius (Yves Allégret) – Les trois mousquetaires (André Hunebelle) – Le comte de Monte-Cristo (Robert Vernay) – Le témoin de minuit (Dimitri Kirsanoff) – Les hommes ne pensent qu’à ça (Yves Robert) – 1954  Ah ! les belles bacchantes (Jean Loubignac) – Escalier de service (Carlo Rim) – Les évadés (Jean-Paul Le Chanois) – Le fils de Caroline Chérie (Jean Devaivre) – Marchandes d’illusions (Raoul André) – Pas de souris dans le Bizness (Henri Lepage) – Série noire (Pierre Foucaud) – Papa, maman, la bonne et moi (Jean-Paul Le Chanois) – Huis-clos (Jacqueline Audry, sous réserves) – 1955  Lola Montès (Max Ophuls) – L’impossible M. Pipelet (André Hunebelle) – Chantage (Guy Lefranc) – Mémoires d’un flic (Pierre Foucaud) – Bonjour sourire (Claude Sautet) – Marguerite de la nuit (Claude Autant-Lara) – Marie-Antoinette, reine de France (Jean Delannoy) – Papa, maman, la bonne et moi (Jean-Paul Le Chanois) – Pas de pitié pour les caves (Henri Lepage) – Les nuits de Montmartre (Pierre Franchi) – Soupçons (Pierre Billon) – Gueule d’ange (Marcel Blistène) – 1956  Bonjour Paris, bonjour l’Amour (Ralph Baum) – C’est une fille de Paname (Henri Lepage) – Courte tête (Norbert Caronnaux) – L’homme à l’imperméable (Julien Duvivier) – Paris Palace hôtel (Henri Verneuil) – Pitié pour les vamps (Jean Josipovici) – Le septième commandement (Raymond Bernard) – Les truands (Carlo Rim) – La vie est belle (Roger Pierre & Jean-Marc Thibault) – Love in the afernoon (Ariane) (Billy Wilder) – Comme un cheveu sur la soupe (Maurice Régamey) – Que les hommes sont bêtes (Roger Richebé) – 1957  À pied, à cheval et en voiture (Maurice Delbez) – Clara et les méchants (Raoul André) – Le dos au mur (Édouard Molinaro) – Les misérables (Jean-Paul Le Chanois) – Le septième ciel (Raymond Bernard) – Sois belle et tais-toi (Marc Allégret) – Le souffle du désir (Henri Lepage) – Le temps des œufs durs (Norbert Carbonnaux) – C’est arrivé à 36 chandelles (Henri Diamant-Berger) – 1958  Archimède le clochard (Gilles Grangier) – Houla-Houla (Robert Darène) – Maxime (Henri Verneuil) – Le gendarme de Champignol (Jean Bastia) – Oh ! que Mambo (John Berry) – Taxi, roulotte et corrida (André Hunebelle) – Les vignes du seigneur (Jean Boyer) – Minute papillon (Jean Lefebvre) – Gigi (Id) (Vincente Minelli) – Messieurs les ronds de cuir (Hervé Diamant-Berger) – 1959  La marraine de Charley (Pierre Chevalier) – Pantalaskas (Paul Paviot, sous réserves) – Meurtre en 45 tours (Étienne Périer) – Par-dessus le mur (Jean-Paul Le Chanois) – Rue des prairies (Denys de la Patellière) – La vache et le prisonnier (Henri Verneuil) – Le Baron de l’Écluse (Jean Delannoy) – 1960  L’affaire d’une nuit (Henri Verneuil) – Le Capitan (André Hunebelle) – Les amours de Paris (Jacques Poitrenaud) – La française et l’amour [épisode “L’adultère”] (Henri Verneuil) – L’imprevisto (L’imprévu) (Alberto Lattuada) – Le mouton (Pierre Chevalier) – Le passage du Rhin (André Cayatte) – Le président (Henri Verneuil) – Au cœur de la ville (Pierre Gautherin) – 1961  Le miracle des loups (André Hunebelle) – Le monte-charge (Marcel Bluwal) – Five Miles to Midnight (Le couteau dans la plaie) (Anatole Litvak) – Amours célèbres [épisode “Agnès Bernauer”] (Michel Boisrond) – Les lions sont lâchés (Henri Verneuil) – Tout l’or du monde (René Clair) – Le comte de Monte-Cristo (Claude Autant-Lara) – 1962  Les bonnes causes (Christian-Jaque) – Comment réussir en amour (Michel Boisrond) – Le glaive et la balance (André Cayatte) – Mélodie en sous-sol (Henri Verneuil) – Les mystères de Paris (André Hunebelle) – Les veinards [épisode “Le repas gastronomique”] (Jean Girault) – Pourquoi Paris ? (Denys de la Patellière) – Charade (Id) (Stanley Donen) – 1963 Cherchez l’idole (Michel Boisrond) – Des frissons partout (Raoul André) – Le journal d’une femme de chambre (Luis Buñuel) –  La porteuse de pain (Maurice Cloche) – 1964  Les amitiés particulières (Jean Delannoy) – L’horoscope (Christian Duvaleix, CM) – Premier avril (Christian Duvaleix, CM) – Comment épouser une premier ministre (Michel Boisrond) – Fantômas (André Hunebelle) – Moi et les hommes de quarante ans (Bernard Borderie) – Une souris chez les hommes (Jack Poitrenaud) – Un monsieur de compagnie (Philippe de Broca) – Week-end à Zuydcoote (Henri Verneuil) – Up from the beach (Le jour d’après) (Robert Parrish) – 1965  Le caïd de Champignol (Jean Bastia) – Paris au mois d’Août (Pierre Granier-Deferre) – La seconde vérité (Christian-Jaque) – Un milliard dans un billard (Nicolas Gessner) – Le dix-septième ciel (Serge Korber) – Les bons vivants [épisode “Le procès”] (Gilles Grangier) – Qui êtes-vous Polly Maggoo ? (William Klein) – 1966  Belle de jour (Luis Buñuel) – Brigade anti-gangs (Bernard Borderie) – Le jardinier d’Argenteuil (Jean-Paul Le Chanois) – Le soleil des voyous (Jean-Delannoy) – Une femme en blanc se révolte (Claude Autant-Lara) – 1968  Faites donc plaisir aux amis (Francis Rigaud) – Sous le signe de Monte-Cristo (André Hunebelle) – La voix lactée (Luis Buñuel) – 1969  Les caprices de Marie (Philippe de Broca) – Le clan des Siciliens (Henri Verneuil) – Dernier domicile connu (José Giovanni) – Une veuve en or (Michel Audiard) – La peau de Torpédo (Jean Delannoy) – La vampire nue (Jean Rollin) – 1970  Le cri du cormoran le soir au-dessus des jonques (Michel Audiard) – Macédoine (Jacques Scandélari) – Max et les ferrailleurs (Claude Sautet) – Mourir d’aimer (André Cayatte) – On est toujours trop bon avec les femmes (Michel Boisrond) – Peau d’âne (Jacques Demy) – 1971  Papa, les petits bateaux (Nelly Kaplan) – La part des lions (Jean Larriaga) – 1972  Elle cause plus, elle flingue (Michel Audiard) – Le charme discret de la bourgeoisie (Luis Buñuel) – L’insolent (Jean-Claude Roy) – Les voraces (Sergio Gobbi) – The day of the Jackal (Chacal) (Fred Zinnemann) – Les anges (Jean Desvilles) – 1973  Le magnifique (Philippe de Broca) – La dernière bourrée à Paris (Raoul André) – La merveilleuse visite (Marcel Carné) – Les quatre Charlots mousquEtaires (André Hunebelle) – Deux hommes dans la ville (José Giovanni) – Je sais rien mais je dirai tout (Pierre Richard) – Les gaspards (Pierre Tchernia) – O.K. patron (Claude Vital) – 1974  Le fantôme de la liberté (Luis Buñuel) – Impossible… pas français (Robert Lamoureux) – Le rallye des joyeuses (Serge Korber) – Comme un pot de fraises (Jean Aurel) – La vie sentimentale de Walter Petit / Jeunes filles perverses / Hard love (Serge Korber) – La sein glin glin / Les nuits chaudes de Justine / Pour être heureux vivons couchés (Patrick Aubin [Jean-Claude Roy]) – L’amour pas comme les autres / Les enhambées (Jeanne Varoni [Jeanne Chaix]) – La donneuse (Jean-Marie Pallardy) – 1975  Les amours difficiles / La grande perversion (Raphaël Delpard) / Cuisses en chaleurs / Vous l’avez dans le dos (Patrick Aubin [Jean-Claude Roy]) – C’est dur pour tout le monde (Christian Gion) – L’essayeuse (Serge Korber) – Opération Lady Marlène (Robert Lamoureux) – L’incorrigible (Philppe de Broca) –Catherine et compagnie (Michel Boisrond) – Silence… on tourne (Roger Coggio) – 1976  Le chasseur de chez Maxim’s (Claude Vital) – 1977  Cet obscur objet du désir (Luis Buñuel) – Le maestro (Claude Vital) – 1978  Le pion (Christian Gion) – Le temps des vacances (Claude Vital) – On Two Two, 122, rue de Provence (Christian Gion) – Grandison (Joachim Kurz, inédit en France) – 1979  Monique et Julie, deux collégiennes en partouze (Alain Payet) – Retour en force (Jean-Marie Poiré) – Le gagnant (Christian Gion) – 1980  Cherchez l’erreur (Serge Korber) – Le journal érotique d’une Thaïlandaise (Boris Bradley [Jean-Marie Pallardy]) – 1981  Belles, blondes et bronzées (Max Pécas) – Pétrole, pétrole (Christian Gion) – Jamais avant le mariage (Daniel Ceccaldi) – 1982  Ça va faire mal (Jean-François Davy) – Éducation anglaise (Jean-Claude Roy) – Les diplômés du dernier rang (Christian Gion) – Rebelote (Jacques Richard) – 1983  Y-a-t-il un pirate sur l’antenne ? / Titre vidéo : Superflic se déchaîne(Jean-Claude Roy) – Le fou du roi (Yvan Chiffre) –  1984  Neuville, ma belle (Mae Kelly [collectif de plusieurs réalisateurs]) –  Vive le fric (Raphaël Delpard, inédit sauf province) – 1985  Pirates (Id) (Roman Polanski) – Dressage (titre TV : Éducation perverse) (Pierre B. Reinhard) – 1986  Bitumes (François Velle, CM) – 1988  L’invité surprise (Georges Lautner) – Erreur de jeunesse (Radovan Tadic) – 1989  Prisonnier de guerre (François Loubeau, CM) – 1990  La révolte des enfants (Gérard Poitou-Weber) – 1991  Sup’ de fric (Christian Gion) – 588 rue du Paradis (Henri Verneuil, + version TV) – Le fond de l’air est frais (Thierry Boscheron, CM) – 1996  Lucie Aubrac (Claude Berri) – Comme des rois (François Velle) – 2000 La fiancée de Dracula (Jean Rollin) – 2001  Les jours où je n’existe pas (Jean-Charles Fitoussi) – 2003  Pellis (Yann Gozlan, CM) – 2005  O Botânico no Alentejo (Le botaniste) (Francis Manceau). Nota : Bien que crédité dans À nous quatre, Cardinal !, d’André Hunebelle, il n’apparaît pas dans ce second volet des “Quatre Charlots mousquetaires”. Il est parfois crédité par erreur dans dans “Justice est faite” (André Cayatte, 1950),  “Gervaise” (René Clément, 1955) – le rôle du scribe -, “En cas de malheur” (Claude Autant-Lara, 1957) – rôle de l’agent bousculé – et dans “Le petit prof” (Carlo Rim, 1958) –  rôle du croque mort -. Voxographie (notamment) : 1959  Le confident de ces dames (Jean Boyer) – 1965  Paris brûle-t-il ? (René Clément) – 1966  Paris au temps des ceristes : La commune (Jean Desvilles & Jacques Darribehaude, CM, voix du récitant) – Tintin et le temple du soleil (Eddie Lateste, animation, voix) .

Télévision : (notamment) : 1956  En votre âme et consciense : La mort de monsieur de Marcellange (Claude Barma) – 1957  Énigmes de l’histoires : La double mort du tsar Alexandre 1er (Stellio Lorenzi) – Aimer rire et chanter : Johann Strauss (Marcel Bluwal) – Quadrille de diamants (Claude Barma) – 1958  Châteaux en Espagne (François Gir) – Le tour de France par deux enfants : Perdus (William Magnin) – Les cinq dernières minutes : Tableau de chasse (Claude Loursais) – 1959  Le bois sacré (André Leroux) – Les maris de Léontine (André Leroux) – 1960  Week-end surpise (André Leroux) – Bastoche et Charles-Auguste (Bernard Hecht) – Le théâtre de la jeunesse : Le prince et le pauvre (Marcel Cravenne) – Rouge (André Leroux) – 1961  La caméra explore le temps : L’énigme de Saint-Leu (Stellio Lorenzi) – Revue (André Leroux) – 1962  Les caprices de Marianne (Claude Loursais) – Leclerc enquête / L’inspecteur Leclerc enquête : Le saut périlleux (André Michel) – Les célibataires (Jean Prat) – Le gendre de Monsieur Poirier (André Leroux) – Le plus grand théâtre du monde : Rien que la vérité (Claude Loursais) – 1964  Le théâtre de la jeunesse : Méliès, le magicien de Montreuil (Jean-Christophe Averty) – Un homme en or (André Leroux) – Félix (Christian Duvaleix) –  L’abonné de la ligne U (Yannick Andréi) – 1965  Ubu roi (Jean-Christophe Averty) – Mademoiselle de la Ferté (Gilbert Pineau) – Les cinq dernières minutes : Le bonheur à tout prix (Claude Loursais) – Embrassons-nous, Folleville ! (Éric Le Hung) – 1966  Il faut que je tue monsieur Rumann (Guy Casaril) – Rouletabille chez les Bohémiens (Robert Mazoyer) – Comment ne pas épouser un milliardaire (Roger [Lazare] Iglèsis) – Les cinq dernières minutes : La rose de fer (Jean-Pierre Marchand) – 1967  La marseillaise de Rude (Alain Boudet) – Interrogatoire : Terrain vague (Guy Laforêt) – Vidocq : Le crime de la mule noire (Claude Loursais) – 1968  Les grandes espérances (Marcel Cravenne) – Joanny Leniot (Jean Bescont) – Province : La coupe (île de France) (Robert Mazoyer) – Au théâtre ce soir : La toile d’araignée (Pierre Sabbagh) – Au théâtre ce soir : Baby Hamilton (Pierre Sabbagh) – 1969  D’Artagan : Les ferrets (Claude Barma) – Trois étoiles : Arbois :  Le poulet au vin jaune (Maurice Régamey) – 1970  Les saintes chéries : Ève cherche du travail (Jean Becker & Nicole de Buron) – Les aventures d’Alice au pays des merveilles (Jean-Christophe Averty) – Lancelot du Lac (Claude Santelli) – La main de singe (Roger [Lazare] Iglèsis) – Les nouvelles aventures de Vidocq : La caisse de fer (Marcel Bluwal) – 1971  Al Johnson (Jean-Christophe Averty) – Madame, êtes-vous libre ? (Jean-Paul Le Chanois, série) – Al Jolson (Jean-Christophe Averty) – Au théâtre ce soir : Arsenic et vieilles dentelles (Pierre Sabbagh) – Au théâtre ce soir : Herminie (Pierre Sabbagh) – Pas moral pour deux sous (Jean Archimbaud) – Ubu enchanté (Jean-Christophe Averty) – François Gaillard ou la vie des autres : René (Jacques Ertaud) – 1972  Figaro-ci, Figaro-là (Hervé Bromberger) – Kitsch-Kitsch (Janine Guyon) – 1973  Les malheurs de la comtesse (Bernard Deflandre) –  Les grands musiciens : La vie et l’oeuvre de Georges Bizet (Jean-Paul Sassy) – Joseph Balsamo (André Hunebelle) – Molière pour rire et pour pleurer ; Les feux de l’enfer (Marcel Camus) – L’éducation sentimentale (Marcel Cravenne, mini-série) – La dernière carte (Marcel Camus) – Musidora (Jean-Christophe Averty) – La paroi (Jean-Paul Le Chanois) – 1974  On tue pour moins que cela (Philippe Galardi, inédit) – Au théâtre ce soir : Le chien des Baskerville (Georges Folgoas) – La dernière carte (Marcel Cravenne) – Les cinq dernières minutes : Si ce n’est toi (Claude Loursais) – Graf Yoster gibt sich die Ehre :  Der Papageienkäfig (Le comte Yoster a bien l’honneur : La cage aux perroquets) (Jean Herman [Jean Vautrin]) – La voleuse de Londres (Marcel Cravenne) – Les faucheurs de Marguerite (Marcel Camus) – 1975  Au théâtre ce soir : Dix minutes d’alibi (Pierre Sabbagh) – Paul Gauguin (Roger Pigaut) – Les cinq dernières minutes : Le coup de pouce (Claude Loursais) – Le théâtre de Tristan Bernard : L’anglais tel que l’on parle (Georges Folgoas) – Le secret des dieux (Guy-André Lefranc) – Le mystère Frontenac (Maurice Frydland) – Marie-Antoinette (Guy-André Lefranc) – Erreurs judiciaires : La cuillère dans l’arsenic (Jean Laviron) – Härte 10 (La reine des diamants) : Martin (Gordon Flemyng)  – 1976  Au théâtre ce soir : Seul le poisson rouge est au courant (Pierre Sabbagh) – Les brigades du tigre : Don de Scotland-Yard (Victor Vicas) – Douze légionnaires : Delta du Tonkin : Adjudant Pierre Duffel (Bernard Borderie) – 1977 Emmenez-moi au Ritz (Pierre Grimblat) – Les folies d’Offenbach : Le train des cabots (Michel Boisrond) – La filière (Guy-André Lefranc) – 1978  Émile Zola ou la conscience humaine (Stellio Lorenzi) – Voltaire (Marcel Camus) – Histoire du chevalier Des Grieux et de Manon Lescaut (Jean Delannoy) – Les héritiers : Photos de famille (Juan Luis Buñuel) – 1979  Avoir été (Roland-Bernard) – Comme chien et chat (Roland-Bernard) – L’âge bête (Jacques Ertaud) – Le moustique (Maurice Frydland) – Au théâtre ce soir : La route des Indes (Pierre Sabbagh) – 1980  Les faucheurs de marguerites (Marcel Camus, mini-série) – La mort en sautoir (Pierre Goutas) – Les liaisons dangereuses (Claude Barma) – Nana (Maurice Cazeneuve, mini-série) – 1981  Au théâtre ce soir : Comédie pour un meutre (Pierre Sabbagh) – Au théâtre ce soir : Une sacrée famille (Pierre Sabbagh) – Ubu cocu ou l’archeopteryx (Jean-Christophe Averty) – Le voyage du Hollandais (Charles Brabant) – Bekenntnisse des Hochstaplers Felix Krull (Les confessions du chevalier d’industrie Felix Krull) (Bernhard Sinkel) – Jupiter 81 (Maurice Frydland) – 1982  Paris-Saint-Lazare (Marco Pico, mini-série) – Les dossiers de l’écran : Le pouvoir d’inertie (Jean-François Delassus) – Papa poule : Le Papa poule moins un (Roger Kahane) – Les dossiers de l’écran : Jupiter 81 (Maurice Frydland) – Démobilisation générale (Hervé Bromberger) – Merci Sylvestre (L’homme de ménage) (Serge Korber) – 1983  Les cinq dernières minutes : Meutre sans pourboire (Jean Chapot) – Médecins de nuit : Le bizutage (Gérard Clément) – Les amours des années folles : Féeries bourgeoises (Agnès Delarive, mini-série) – Emmenez-moi au théâtre : Orphée (Claude Santelli) – Il cane de Jérusalem (Les chiens de Jérusalem) (Fabio Carpi) –  1984  Jacques le fataliste et son maître (Claude Santelli) – Le tueur triste (Nicolas Gessner) – Les amours des années 50 : Passez muscade (Agnès Delarive, mini-série) – 1985  La politique est un métier (Maurice Frydland) – L’année terrible (Claude Santelli) – L’ami Maupassant : L’enfant (Claude Santelli) – L’affaire Marie Besnard (Yves-André Hubert) – L’homme au képi noir : Les bois d’enfer (Serge Korber, mini-série) – Jeu, set et match (Michel Wyn, mini-série) – 1987  Une occasion en or : Les mémés sanglantes (Bruno Gantillon) – Les enquêtes du commissaire Maigret : Les enquêtes du “Majestic” (Maurice Frydland) – 1988  L’ami Giono : Ennemonde (Claude Santelli) – Hemingway (Bernard Sinkel) – Les cinq dernières minutes : Pour qui sonne le jazz (Gérard Gozlan) – Les nuits révolutionnaires : Les deux n’en font qu’une (Charles Brabant) – Le Gorille compte ses abattis (Jean Delannoy) – 1990  Marc et Sophie : Divine Diva (Georges Bensoussan, CM) – Les héroïnes de Colette : Duo (Claude Santelli) – Héritage oblige : Erika mon amour (Maurice Frydland) – 1991  Quiproquos ! (Claude Vital) – Maxime et Wanda : Les belles ordures (Claude Vital) – 1992  Tout ou presque (Claude Vital, mini-série) – Aldo tous risques : Direct au cœur (Claude Vital) – 1993  Maguy : Les papilles font de la résistance (Francis Pernet, CM) – 1994  Les caprices de Marianne (Jean-Daniel Verhaeghe, captation) –  1995  L’allée du Roi (Nina Companeez) – La comète (Claude Santelli) – 1996  Les allumettes suédoises (Jacques Ertaud) – 1999 Louis la brocante : Louis et les amoureux du manège (Maurice Frydland) – 2001 La grande brasserie (Dominique Baron). Divers : “Vivement lundi” ; Sketches de Karl Zéro (“Le vrai journal”), etc…. Bibliographie : “Les fictions françaises à la télévision” de Jean-Marc Doniak (Dixit-SACD, 1998).

Remerciements : à Jean-Jacques Jouve et Alain Plège.

Bibliographie : “La lettre des Comédiens” N°20 Mai-Juin 1999 : “Le métier de Bernard Musson” par Étienne Colson (+ filmo) 

IMDB’S BLUES

 1 an et demi, après une précédente missive de ce blog sur IMDB, voir ici : rubrique Carnet trouvé chez une fourmi, l’un des membres de la famille des formicidés d’IMDB, commence sérieusement à avoir sérieusement assez des échanges avec ce site. En fin d’année dernière, je me suis aperçu que plusieurs de mes mises à jours restaient inédites – des téléfilms “Opération turquoise”, “La boîte à images” -. Bon ils vous répondent que certains titres ne figurent pas dans la rubrique “higher priority” (sic), mais tout de même, plusieurs mois après… Il fallait revenir sur la rubrique “updates” puis relancer les fiches restées lettres mortes. Ma connerie ayant tout de même des limites (quoique… ) – , je renonce désormais à faire un travail de ressemelage quotidien. D’abord il y a les films, je fais des petites expériences d’en compléter certains et d’en oublier d’autres, une jeune mise à jour d’une fiche de film “Deux jours à tuer” (!) – et encore avec quelques fautes corrigées depuis -. Les “pros” semblent s’en ficher complètement, ou bien quelques échanges hagards dissuasifs, ont eu raison de plusieurs collaborateurs habituels du site – sauf le plus bête : Mézigue ! -. Résultat, depuis le début de l’année je visite les dossier de presse sur le web – facilement trouvables, -et fiables car un site comme “allociné”, les recopie parfois n’importe comment -. De plus les crédits dans ces supports sont réduits à une dizaine de nom – excepté pour ces films comme “Cash” et “48 heures par jour”, aux génériques bien fournis -. Pour le coup et de mémoire, je rajoute quelques seconds rôles – Fred Personne, Jenny Clève et Christophe Rossignon dans “Bienvenue chez les Ch’tis”, Clément Michu, Moussa Maaskri, Jean-Paul Zehnacker, Tony Gaultier dans “MR73”, etc…- Il y a des oublis, mêms chez les Américains comme les excellents Guillaume Gallienne et Scali Delpeyrat oubliés du générique du morne “Benjamin Gates et le livre des secrets”. Bon, ce sont ceux que je connais bien, et bien évidemment plusieurs autres se retrouvent à la trappe, en attendant une diffusion TV ou DVD devant un générique qui risque d’être illisible – Astérix aux jeux Olympiques un modèle d’illisibilité même au cinéma ! – Evidemment j’ai une fois par an, le plaisir de revisualiser mes trouvailles dans “L’annuel du cinéma”, qui continue à repomper IMDB. J’aime aussi à visiter les CV en ligne via agencesartistiques.com, un Daniel Isoppo se retrouve bien placé ainsi dans des films récents. D’autres sites vont recopier la base, ce comédien par exemple, ne risque de pas trop comprendre cet engouement à son sujet. Mais cet exercice à aussi des limites, Bernard Bloch se retrouve ainsi bien placé dans la fiche du ” Nouveau protocole”, alors qu’il est coupé au montage ! La mise à jour devient donc un exercice assez étonnant, avec pléthore de mails automatiques depuis le début de l’année seulement, pour mettre vos ajouts en doute. Bon par exemple, je crée un téléfilm de Marcel Bluwal, “Mitzi” de 1978, d’après Arthur Schnitzler, avec Danièle Lebrun, Françoise Giret, Robert Murzeau et un débutant Pascal Greggory. Envoi d’un mail d’IMDB Helpdesk, réponse ils veulent un lien internet avec un site ou un festival pour valider la fiche. Mais sur ce téléfilm, comment souvent pour la télévision, il n’y a rien, nada, que couic sur le web… Allez expliquer que l’info est complètement inédite, d’où l’intérêt de la rajouter. Bon gueulez un bon coup, et vous aurez une réponse d’une certaine Katie, tout miel tout sucre, expliquant les subtilités nouvelles. Ils finissent par mettre la fiche tout de même. Pareil pour le beau documentaire de René Vautier “Afrique 50”, diffusé sur CinéCinéma classic, tragiquement absent de la base alors, il faut insister de plus belle… Mais ce n’est pas très constructif, voire la fois où j’avais crée un téléfilm “complot d’amateurs” avec Jean-François Stévenin, co-production franco-belge, diffusé sur La Une, RTBF. Ils trouvent que la fiche manque d’informations signifiantes… alors qu’elle est déjà en ligne !  En fait, il suffit de la relancer derrière, un autre moins sourcilleux la valide derrière et hop. Yvan Foucart me signale une erreur, IMDb a fusionné deux films à l’aveugle, mettant en scène le personnage du commissaire Muller, campé par Raymond Souplex, manière d’exploiter au ciné le succès des “Cinq dernières minutes”. Le premier “Chaque minute compte” (1959), avec Georges Rollin, Véra Valmont, Denise Carven, Robert Berri, avec lequel « La saison cinématographique 1960 n’est pas tendre : ” …Il faut bien se résigner à voir revenir à cycle régulier ces films inutiles et ennuyeux”, le second “Alibi pour un meutre” (1960), avec Alan Scott, Yves Vincent, Georges de Caunes, Véra Valmont, Robert Berri et le génial Jean Tissier, est décrié aussi par “La saison 62…” : “…ce film n’a été tourné – et avec quelle rapidité – que pour bénéficier de la popularité du commissaire Bourrel, celui de la T.V.”.  J’avise donc nos amis d’IMDB de l’existence de ces deux films. Et là, la croix et la bannière, évidemment citer “La saison” support papier ne les convainc pas, il est vrai que j’étais mal habitué, ils me prenaient toutes mes infos de suite… Il faut que j’envoie un lien avec le site de la BIFI pour les convaincre. La bonne volonté a ses limites, et il est vrai que beaucoup d’internautes sont confiants avec le site – l’erreur des deux films est recopiée partout, notamment par Wikipédia, il est vrai il y a même un logiciel qui permet de mettre en page la fiche d’une personnalité sur le site, directement en ligne – sans les réalisateurs pour les acteurs bien sûr -. Et donc certaines fiches restent sur le carreau “Mademoiselle Christine” de Raoul Ruiz, la nouvelle série de “France 3” “Adresse inconnue”, etc…. Si saisir des infos, ne me dérange pas, batailler contre les moulins à vents, un tantinet tout de même. Soient les collaborateurs ne sont plus les mêmes, soient les critères de vérification sont plus ardus. Mais alors pourquoi ils laissent des projets de films, avec le statu “completed”, loin d’être tourné comme des films à sortir “Aux armes, etc…”, “La bombe humaine”, je finis par trouver une parade rajouter “unconfirmed” à côté des noms. Certes IMDB, innove, la naissance d’une rubrique personnage, et encore il y a beaucoup de manques – évidemment, si un français, ne leur dit pas, il ne vont pas savoir que Porphyre est la variante de Porfiry dans Les adaptations de “Crime et châtiment”, et que La Fayette, ne se résume pas seulement à la dénomination à Marquis de la Fayette. Donc il y toujours plus à faire, d’autant plus que je rentre aussi les titres français et les dates de sorties de “Saison” – ce qui est un peu idiots car ces informations figurent dans l’excellent cite “Encyclociné” et même d’autres inédites en support papier-. Le piège est de faire comme moi, 5 minutes par ici, 10 minutes par là, dans une journée c’est peu. Mais au final, ça représente une masse de travail assez conséquente, même si mon ordinateur me régale d’ “erreurs fatales”, et que je suis plutôt d’humeur badine en ce moment, et que j’ai plutôt envie de roucoulades. Certes, je suis le premier à bénéficier des infos que je mets sur cette base – un épisode de “Preuves à l’appui”,  dans la filmo TV de Jacques Morel, oubliée du très exhaustif livre de Jean-Marc Doniak sur la télévision française, car il passait en fin d’après-midi sur la 3ème chaîne en 1978 -. Mais basta, tout de même, avec la nouvelle politique 2008 de ce site glouton. Le festival de Cannes arrive et c’est assez contraignant de tout vouloir compléter – m’étant “fadé” plusieurs festivals de TV comme Luchon -, et d’être constamment vigilant. Bon, en plus ça devenait pathologique, alors… Je vais donc freiner sérieusement mes contributions – “Mitterrand à Vichy” et “Tailleur pour dames” seront mes dernières interventions-  en création du moins, je viens de rentrer une trentaine de noms pour “48 heures par jour -. Il sera amusant de vérifier si “La maison Tellier” et “Sarah Bernhardt, une étoile en plein jour”, figureront sur la base. Je rentrerai cependant des épisodes de séries TV, – comme un internaute désormais, mais qui ne le fait que pour TF1 ! -.  Reste qu’hélas en agissant de la sorte, je risque d’avoir un peu plus de temps pour ce blog, …hélas pour vous qui ne méritiez pas autant de platitudes.

MINUIT, LE SOIR : ATTENTION CHEF D’OEUVRE

La diffusion intégrale de la série canadienne “Minuit, le soir” (2005-2007), sur CinéCinéma Culte le 29 et 30 mars dernier, permettait sûrement à quelques inconscient comme moi de faire une salutaire séance de rattrapage. La série passait il y a quelques mois, tous les samedis soir à raison de 3 épisodes. Elle compte 3 saisons, soit 38 épisodes de 23 minutes. Le propriétaire d’un bar de Montréal,  “Le Manhattan” – Benoît Girard – décide de prendre sa retraite et de vendre son affaire à une jeune femme Fanny, elle-même fille d’un immigré italien qui en possédait plusieurs. Trois “doormens”, videurs assez frustres, sont les figures du lieux… Marc Forest, ancien bourlingueur, poissard, impulsif et au “cœur d’artichaut” – Claude Legault très charismatique -, Louis Bergeron, trentenaire comme Marc, – Louis Champagne faussement débonnaire -, naïf et corpulent, travaillant chez les “cols bleus” – la voirie – le jour, et le doyen Gaétan Langlois, un quinquagénaire toujours prompt à vouloir aider les autres – formidable Julien Poulin, remarquable de justesse, conférant grande humanité à son personnage, sans doute le plus touchant -. Le trio est soudé et a une grande complicité. Ils partagent un langage codé commun – utilisation du prénom “Jo” pour définir un état d’âme -, et ils se serrent entre eux dans “une boule d’amour” en cas de coup dur.  Fanny trouve les trois copains assez peu présentables pour son établissement, qu’elle voudrait transformer en endroit branché, “Le S.A.S.”, où les habitants de Montréal pourraient décompresser. Mais le trio évincé, ayant perdu un équilibre, voire un refuge, dans un monde difficile, vont persister à rester dans le lieu. Quel bonheur cette œuvre magnifique vierge de toutes informations – évitez de visiter le web avant de la voir, le site Canoé notamment -. Le scénario est signé par Pierre-Yves Bernard et Claude Legault lui même. Il fourmille d’idées, comme le kit baptême pour animaux, une utilisation incongrue du costume de Batman. Il y a un gag d’anthologie, quand Marc passe ses nerfs, sur la poche en plastique, difficile à saisir quand on veut se servir des fruits et légumes dans un étal de supermarché. Cette oeuvre trouve matière à se renouveler constamment, sans jamais se répéter durant ses trois saisons. Montréal est montré de manière réaliste, de manière rude aussi parfois, mais toujours avec humour – une pancarte précisant dans un parc que le lieu est resté inachevé parque qu’un élu est parti avec l’argent qui devait servir pour les travaux ! –. Elle utilise aussi formidablement l’onirisme, et la mise en scène valorise le monde intérieur des personnages. Voir le personnage de Fanny, surveillé par elle-même déclinée de l’enfant à l’adolescente, montrant les freins que l’on a dans son existence.

Louis Champagne, Claude Legault & Julien Poulin dans “Minuit, le soir”

Les personnages sont très attachants, ce qui pourrait surprendre quand on des idées reçues sur le petit monde des videurs, on peut en tirer une leçon salutaire. Pour ma part, je me suis trouvé rapidement happé par la série, me précipitant pour visionner tous les épisodes, – mon appareil enregistreur n’a pas trop résisté -. Cela ne m’est arrivé que pour “Six feet under” et “Sur écoute”, visionnés en DVD, un épisode en appelant un autre, on devient vite “accro”. Les autres personnages autour du trio, sont tous formidables. Fanny cache une sensibilité à fleur de peau derrière l’image d’une femme d’affaires dynamique. Ses lapsus à répétition et ses gaffes, démontrent qu’elle est loin de l’image de la femme froide qu’elle aimerait se donner. Autour des 4 principaux, tous les autres existent de Brigitte – Julie LeBreton – une call-girl qui tente de décrocher de son “métier” – à Agnès, une serveuse qui a un “grain” dans la tête – Marie-Eve Beaulieu -, en passant par le psychologue des toilettes (sic) – grande trouvaille – diplômé de Buenos Aires, joué par Igor Ovadis très convaincant, sans oublier Nino, le frère encombrant de Fanny – singulier Danny Gilmore – . Les méchants sont aussi à hauteur humaine. C’est un peu l’illustration du “tout le monde a ses raisons”» de Jean Renoir dans “La règle du jeu”, comme le maffieux qui deale pour l’éducation de son fils. Il y a aussi un personnage central, Yan – excellent Stéphane Gagnon, on le déteste d’emblée -, rival de Marc, fat et déplaisant à souhait, qui finit cependant par obtenir une certaine empathie de notre part. Télérama nous annonce la diffusion prochaine de cette série sur France 2… en version doublée ! Évidemment sur la chaîne des Eve Ruggieri, Jean-Luc Delarue et autre Christophe Hondelatte, on ne va pas tout de même pas faire confiance à l’intelligence du spectateur. A l’heure du triomphe des “Bienvenue chez les Ch’tis”, c’est un comble, ou comme dit Martin Winkler si justement dans son blog : « pire qu’un crime : une faute, un contresens absolu… Une hérésie pareille était très prévisible dans notre pôvrinet service public qui crie à l’événement quand il adapte Guy de Maupassant. Les films sont d’une grande qualité certes, mais c’était la norme il y a 20 ans avec celles de Claude Santelli… Si vous voyez un jour une édition DVD, et ou une diffusion TV, précipitez-vous, vous ne le regretterez pas.