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Fragments d’un dictionnaire amoureux : Jean-Paul Roussillon

Annonce de la mort de Jean-Paul Roussillon, le 31 juillet dernier à Auxerre, des suites d’un cancer du poumon, à l’âge 78 ans. Ce grand comédien et metteur en scène de théâtre, voir le blog d’Armelle Helliot fit son entrée à la Comédie Française en 1950. Il y devint sociétaire en 1960, puis sociétaire honoraire en 1982. Il eu pourtant, ces dernières années de beaux rôles au cinéma. On ne le retrouve que très peu au cinéma durant les années 50 à 70, mais il est déjà remarquable en apprenti cuistot, subissant la mauvaise humeur bourrue d’un Jean Gabin dans « Voici venu le temps des assassins ». Il était alors filiforme, n’oublions pas qu’il avait joué Poil de carotte au théâtre. Parallèlement au théâtre, on le retrouve souvent dans des captations que propose la Comédie Française, en 1953. C’est en 1979 que Jean-Daniel Verhaeghe le choisit pour la dramatique « Le feu dans l’eau ». Il y incarne un homme esseulé habitant le marais poitevin qui recueille un adolescent échappé de l’assistance publique, joué par son fils Baptiste Roussillon. Dans les années 80, il devient une valeur sûre du cinéma, Jacques Valot le décrit avec son talent habituel dans « Stars deuxième » : « Le dos courbé, il traverse d’un pas lourd certains films en grommelant quelques jurons au passage. La lippe méprisante, l’œil arrogant et la mine méfiante, Jean-Paul Roussillon endosse à merveille la carapace du vieil homme mal embouché… ». S’en suit une galerie de personnages souvent frustres ou antipathiques… Il est ainsi éleveur de truites, père incompris par sa fille jouée par Isabelle Huppert dans « La truite » (1982), et un paysan cruel dans « Hors-la-loi » (1984). On le cantonne alors dans des rôles de bons copains de personnages misanthropes tel celui de Claude Chabrol dans « Alouette, je te plumerai ». Dans ce type d’emploi, il fait souvent face à Michel Serrault, citons le concierge confident dans « On ne meurt que deux fois », l’ami de Paul Léautaud qui trouve qu’il collectionne les emmerdeuses dans « Comédie d’été », et le voisin fier de sa nouvelle voiture dans « Une hirondelle a fait le printemps ». Ses personnages s’humanisent ces dernières années, même s’ils gardent souvent un petit côté renfrogné. Il est un agriculteur rustre, communiquant mal avec son fils – excellent Eric Elmosnino – dans le téléfilm « Une preuve d’amour » (diffusé en 2003), mais se laissant amadouer par le charme d’Anouk Grimberg. Il est le paysan atrabilaire, plutôt distant avec sa belle-fille – Mathilde Seigner – qui recueille une famille juive dans « Zone libre » (2004). Arnaud Desplechin l’engage à 3 reprises. Il est ainsi le père de Mathieu Amalric dans « Rois et reines », il faut le voir se débarrasser d’agresseurs dans son épicerie, de manière particulièrement musclée, loin de l’image bonhomme qu’on lui donne régulièrement. Il est prodigieux en mari de Catherine Deneuve dans « Un conte de Noël », le couple qui pouvait paraître assez improbable « sur le papier » est parfaitement crédible à l’écran, il y a une magnifique évidence à les voir ensemble. Ce rôle protecteur et aimant lui vaut le César du meilleur second rôle en 2009. On pourra garder une tendresse particulière pour son rôle titre dans « Mischka », grand-père taiseux oublié sur une aire d’autoroute par sa famille. Dans ce film libre de Jean-François Stévenin, il promène une grâce dans une belle retenue de jeu, tout en irradiant l’écran. Ce grand comédien bien que malade jouait encore en début d’année « La cerisaie » sous la direction d’Alain Françon. Dans des personnages jouissant de la vie ou manifestant une certaine mauvaise humeur, il aura toujours réussi à leurs donner une empreinte unique.

Avec Jean-François Stévenin dans « Mischka »

Filmographie, initialement établie pour le site Les « Gens du cinéma » : 1953  La chair et le diable (Jean Jasipovici) – 195  Voici le temps des assassins (Julien Duvivier) – 1956  L’amour descend du ciel (Maurice Cam) – 1957  Der Fuchs von Paris (Mission diabolique) (Paul May) – 1959  Le mariage de Figaro (Jean Meyer) – La millième fenêtre (Robert Ménégoz) – 1964  Week-end à Zuydcoote (Henri Verneuil) – 1981  Une affaire d’hommes (Nicolas Ribowski) – 1982  La truite (Joseph Losey) – 1983  La guerre des demoiselles (Jacques Nichet, inédit en salles, mais diffusion TV) – 1964  Hors-la-loi (Robin Davis) – Monsieur de Pourceaugnac (Michel Mitrani) – Elsa, Elsa ! (Didier Haudepin) – 1985  On meurt que deux fois (Jacques Deray) – Les clowns de Dieu (Jean Schmidt) – Mon beau-frère a tué ma soeur (Jacques Rouffio) – 1986  États d’âmes (Jacques Fansten) – Twist again à Moscou (Jean-Marie Poiré) – Hôtel de France (Patrice Chéreau) – 1987  Maladie d’amour (Jacques Deray) – Alouette, je te plumerai (Pierre Zucca) – 1988  Baxter (Jérôme Boivin) – La fille du magicien (Claudine Bories) – 1989  Comédie d’amour (Jean-Pierre Rawson) – Le brasier (Éric Barbier) – Plein fer (Josée Dayan) – 1990  Le secret de Sarah Tombelaine (Daniel Lacambre) – Déminage (Pierre Oscar Levy, CM) – 1991  Cherokee (Pascal Ortega) – 1992  Tableau d’honneur (Charles Némès) – La fille de l’air (Maroun Bagdadi) – 1993  La fille de d’Artagnan (Bertrand Tavernier) – 1994  Oui (Pascal Pérennès, MM) – Les truffes (Bernard Nauer) – 1995  Le libraire de l’ambigu (Joachim Lombard, CM) – 1997  On connaît la chanson (Alain Resnais) – 1998  Le plus beau pays du monde (Marcel Bluwal) – 2000  Une hirondelle a fait le printemps (Christian Carion) – 2001  Mischka (Jean-François Stévenin) – 2002  L’idole (Samantha Lang) – En jouant « Dans la compagnie des hommes » (Arnaud Desplechin) – 2003  Rois et reine (Arnaud Desplechin) – 2006  Zone libre (Christophe Malavoy) – 2007  Un conte de Noël (Arnaud Desplechin). Voxographie : 1996  Drancy avenir (Arnaud des Pallières) – 2003  L’île de Black Mor (Jean-François Laguionie, animation).

Jean-Paul Roussillon dans « Voici le temps des assassins »

Télévision : (notamment) : 1957 Comédie-Française : La bonne mère (Philippe Ducrest, captation) – 1960  Comédie-Française : La méprise (Yves-André Hubert, captation) – L’histoire dépasse la fiction : Pierre de Giac qui vendit son âme au diable (Jean Kerchbron) – 1962  Parades (Philippe Ducrest) – Cent ans d’amour : La navette et divorçons (Maurice Château) – 1964  La mégère apprivoisée (Pierre Badel) – 1965 – Comédie-Française : Le legs (Jean-Paul Sassy, captation) – 1966  Les sept de l’escalier 15 (Georges Régnier) – 1967  Comédie-Française : Amphitryon (Jean Pignol, captation) – 1968  Comédie Française : Le chien du jardinier (Edmond Tyborowski) – Au théâtre ce soir : Feu la mère de Madame (Pierre Sabbagh) – 1970  Au théâtre ce soir : Un fil à la patte (Pierre Sabbagh) – 1972  La lumière noire (Pierre Viallet) – Comédie-Française : Le prince travesti ou l’illustre aventurier (François Chatel, captation) – Comédie Française : Georges Dandin (Jean Dewever, captation) – 1973  Une fille bien gardée (Jean Pignol, captation) – Comédie-Française : La troupe du roy (Claude Barma) – L’avare (René Lucot, captation) – 1975  Le médecin malgré lui (Alain Quercy, captation) – 1976 – Comédie-Française : La commère (Nat Lilenstein, captation) – 1979  Caméra une première : Le feu dans l’eau (Jean-Daniel Verhaeghe) – 1980  Comédie-Française : Les trois sœurs (Jean-Marie Coldefy, captation) – 1982  Comédie-Française : La double inconstance (Jean-Roger Cadet, captation) – La Locandiera d’Yves-André Hubert (captation) – 1983  L’étrange château du docteur Lerne (Jean-Daniel Verhaeghe) – 1984  L’âge vermeil (Roger Kahane) – 1985  Série noire : Meutres pour mémoire (Laurent Heynemann) – Le génie du faux (Stéphane Kurc) – La maison piège (Michel Favart) – 1986  Julien Fontanes, magistrat : Jamais rien à Coudeuvres (Roger Kahane) – Les enquêtes du commissaire Maigret : Un échec de Maigret (Gilles Katz) – 1987  Cinéma 16 : Le loufiat (Michel Boisrond) – 1988  L’argent (Jacques Rouffio) – M’as-tu vu ? : La rencontre (Éric Le Hung) – 1989  Quartier nègre (Pierre Koralnik, diffusion en 1995) – Les grandes familles (Édouard Molinaro) – 1991  L’huissier (Pierre Tchernia) – Marie la louve (Daniel Wronecki) – Mes coquins (Jean-Daniel Verhaeghe) – 1992  Nestor Burma : Fièvre au marais (Henri Helman) – Le haut de forme (Renaud Saint-Pierre, captation) – 1994  Ferbac et le festin de miséricorde (Christian Faure) – Germaine et Benjamin (Jacques Doillon) – Novacek : Un château en Bohème (Andrzej Kostenko) – Novacek : Souvenirs d’Anvers (Marc Lobet) – Novacek : La star de Babelsberg (Peter Goedel) – Novacek : Le croisé de l’ordre (Marco Pico) – 1995  Novacek : Cargo infernal (Fernando Silva e Silva) – Novacek : Guérilla (Patrick Catalifo) – Maigret : Maigret a peur (Claude Goretta) – 1997  À chacun son tour (Jean-Jacques Kahn) – 1998  Petits nuages d’été (Olivier Langlois) – 2000  Un cœur oublié (Philippe Monnier) – 2002  Une preuve d’amour (Bernard Stora) – 2007  Louis la brocante : Louis n’en dort plus (Bruno Gantillon) – 2009  La cerisaie (Vincent Bataillon, captation).

Remerciements : à Alain Plège
Bibliographie : Jacques Valot et Gilles Grandmaire « Stars Deuxième » Édition Edilig 1989 (+ filmo)
 

 

 

 

TROMBINOSCOPE : LE MAJORDOME

Tentative d’une nouvelle rubrique, grâce aux conseils de Thierry de Cinéclap et aux vertus de Power DVD, de créer un « bestiaire » du cinéma français, manière de rendre aussi hommage aux éternels non-crédités des génériques, et de le compléter au fur et à mesure. Candidat N°1 : Les comédiens du film « Le majordome » de Jean Delannoy (1965), où Paul Meurisse reprend un peu son personnage du « Monocle ». Vous pouvez m’aider à identifier certains participants à ce film – notifiés X – si vous le souhaitez. Merci à Cécile pour son aide précieuse et sa patience. Remerciements à Armel de Lorme pour l’identification d’Antoine Marin et Antoine Baud, à Christophe Bier pour celle de Rico Lopez et à Daniel Fresnais pour Jacky Blanchot. To  be continued…

Pour plus de commodités, une partie de cette page est transférée sur mon autre blog « L’ABC du cinéma français »

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Marcel Gassouk, Jacky Blanchot, X

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Paul Meurisse

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X

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Paul Meurisse et Béatrice Delange

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Fernand Berset

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Albert-Michel

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Florence Blot

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X et Guy Delorme

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Lionel Vitrant, X, X

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Geneviève Page

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Marcel Charvey

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X et Geneviève Page

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Marcel Charvey, Bourvil, Geneviève Page et Paul Meurisse

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Paul Meurisse