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Fragments d’un dictionnaire amoureux : Albert Médina

Albert Médina dans l’épisode « L’ère de la calomnie » de la série « Les brigades du Tigre »

 

 

Annonce de la mort d’Albert Médina – ou Albert de Médina à ses débuts – dans le site Les gens du cinéma, le 5 août dernier à l’âge de 89 ans. Il reste fortement associé au monde du doublage – voir le brillant hommage, comme à l’accoutumée du Blog sur le doublage -, sa voix nous est très familière notamment dans des personnages hispaniques ou du Sud. Au cinéma, comme acteur son rôle le plus connu reste celui d’un programmateur d’une émission politique à la radio qui demande des comptes à Roger Pierre sur le motif réel de sa suppression – la raison est en fait de satisfaire la demande d’un ministre -. Prêt à en découdre avec son supérieur, il se voit manipulé et retourné par lui suite à de vagues promesses. On le retrouve souvent à la télévision, dans des rôles truculents, en ermite vindicatif dans « L’ermite », un épisode de « Thibaud ou les croisades » ou en rédacteur chef d’un journal peu scrupuleux et avide de scandale dans « L’ère de la calomnie », un épisode des « Brigades du Tigre ». On retrouvera des révélations stupéfiantes faites à son sujet sur le site « idee-jour » dans l’article Albert de Médina, le comédien que François Mitterrand, Marguerite Duras et Edgar Morin ont voulu assassiner.  Une petite pensée également pour la disparition du cinéaste John Hugues qui nous reste cher au coeur des années 80.

Albert Médina dans « Mon oncle d’Amérique »

Filmographie : 1948  D’homme à hommes (Christian-Jaque) – 1953  Si Versailles m’était conté… (Sacha Guitry) – 1955  Si Paris nous était conté (Sacha Guitry) – Les Duraton (André Berthomieu) –  Les carottes sont cuites (Robert Vernay) – 1956  Alerte au deuxième bureau (Jean Stelli) –  Fernand cow-boy (Guy Lefranc) – Quelle sacrée soirée (Robert Vernay) –  Les lumières du soir (Robert Vernay) – Mon curé chez les pauvres (Henri Diamant-Berger) –  1957  La garçonne (Jacqueline Audry) – Charmants garçons (Henri Decoin) –  Le septième ciel (Raymond Bernard) – Pot-Bouille (Julien Duvivier) – Maigret tend un piège (Jean Delannoy) – Échec au porteur (Gilles Grangier) –  1958  En légitime défense (André Berthomieu) –  Pourquoi viens-tu si tard ? (Henri Decoin) –  Faibles femmes (Michel Boisrond) –  1959  La chatte sort ses griffes (Henri Decoin) –  Nathalie, agent secret (Henri Decoin) –  1960  Au cœur de la ville (Pierre Gautherin) – Ça va être ta fête (Pierre Montazel) – 1964  Requiem pour un caïd (Maurice Cloche) – 1968  Jeff (Jean Herman) – 1974  Impossible… pas français (Robert Lamoureux) – 1975  Opération Lady Marlène (Robert Lamoureux) – 1976  Le coeur froid (Henry Helman) – 1977  Nazis dans le métro (Michel de Vidas, inédit) – 1979  Mon oncle d’Amérique (Alain Resnais). Voxographie succincte : 1957  Monsieur et madame Untel (Jean Kerchron, TV) – 1961  Tintin et le mystère de la toison d’or (Jean-Jacques Vierne, doublage) – 1971  Red sun (Soleil rouge) (Terence Young, doublage version française) – 1975  La flûte à six schtroumpfs (Pierre Culliford, Yvan Delporte & Peyo) – 1979  Le roi et l’oiseau (Paul Grimault, animation). Télévision (notamment) : 1950  Au bon coin (Jean Kerchron) – 1956  Inspecteur Grey (Jean Kerchron) – En votre âme et conscience : L’affaire Landru (Jean Prat) – 1958  Monsieur de Pourceaugnac (Jean Kerchron) – La fille de la pluie (Jean Prat) – 1959  En votre âme et conscience : L’affaire Steinhel (Jean Prat) – Le nouveau journal des voyages : Savorgnan de Brazza (Jean Kerchbron) – En votre âme et conscience : L’affaire Danval (Claude Barma) – Le mouchoir rouge (Jean Prat) – 1960  En votre âme et conscience : La chambre 32 (Claude Barma) – La servante du passeur (Jean Kerchbron) – 1961  Flore et Blancheflore (Jean Prat) – 1962  Les cinq dernières minutes : La tzigane et la dactylo (Pierre Nivollet) – La mort à la une (Pierre Nivollet) – 1963  Le troisième concerto (Marcel Cravenne) – 1964  La cruche cassée (Jean Kerchbron) – 1965  L’apollon de Bellac (Gilbert Pineau) – Mon royaume pour un lapin (Jacques Villa) – Frédéric le guardian (Jacques Villa) – 1968  Koenigsmark (Jean Kerchbron) – 1969  Thibaud ou les croisaes : L’ermite (Henri Colpi) – 1970  Tango (Jean Kerchbron) – 1971  La visite de la vieille dame (Alberto Cavalcanti) – 1972  Les chemins de pierre (Joseph Drimal) – 1974  La mouche bleue (Jean-Paul Sassy) – La cloche tibétaine (Michel Wyn & Serge Friedman) – 1975  Les malfaisants (Jean Kerchbron) – L’homme d’Amsterdam : Enquête sur une idole (Victor Vicas & John Van de Rest) – Messieurs les jurés : L’affaire Lambert (André Michel) – 1976  Bonjour Paris (Joseph Drimal) – 1977  Les brigades du Tigre : L’ère de la calomnie (Victor Vicas) – Bonsoir chef (Pierre Goutas) – Les folies d’Offenbach (Michel Boisrond) – 1979  L’étrange Monsieur Duvallier : Casse-Cash (Victor Vicas) – Histoires de voyous : Des immortelles pour Mademoiselle (Paul Siegrist) – Pour tout l’or du Transvaal (Claude Boissol) – Opération trafics : Procédure exceptionnelle & La bataille d’or (Christian-Jaque) – 1980  Au théâtre ce soir : Ne quittez pas ! (Pierre Sabbagh) – Les incorrigibles (Abder Isker) – Le taciturne (Jacques Floran) – 1981  Commissaire Moulin : La bavure (Claude Grinberg) – 1982  Au théâtre ce soir : La foire aux sentiments (Pierre Sabbagh) – 1984  Le château (Jean Kerchbron).   

Fragments d’un dictionnaire amoureux : André Badin

André Badin dans « La folle de Maigret »

Annonce de la mort d’André Badin, le 23 janvier dernier à l’âge de 77 ans. Il suit les cours de Charles Dullin et Yves Furet et devient l’assistant d’André Thamin. C’est typiquement le comédien, qui tirait immédiatement son épingle du jeu. Il était demandé pour illustrer parfois un seul gag, tel dans le « kulte » « le plumard en folie » en employé d’un magasin de meubles, perplexe face au duo des frères Préboist en déménageurs fatigués ou dans « Impossible… pas français ! » où en petit pompiste, il s’éponge avec un billet de banque pour avoir vu une valise pleine d’argent dans la voiture du personnage interprété par Robert Lamoureux. Il est rare qu’on lui demande d’évoluer au-delà d’un seul plan, d’où son utilisation massive dans nombre de publicités, sa fabuleuse présence faisant mouche à coup sûr. Il y a souvent une constance, celle de ses rôles d’obsédés sexuels, tel dans « Une souris chez les hommes », où veilleur de nuit dans un grand magasin, il caresse libidineusement les mannequins féminins. Mais ses rôles reposent souvent sur sa petite taille (1m58), il est ainsi le directeur de la station-service – il y est d’ailleurs crédité sous le nom de Monsieur Badin, hommage à Georges Courteline -, raillé comme « grand  » directeur par son employé Philippe Dumat, humilié. Il est souvent victime tel le boucher souffre-douleur de Bernard Blier dans « Un idiot à Paris », et s’il court pour éviter une contravention, c’est pour se retrouver embobiné par un Darry Cowl survolté et déguisé en agent dans « Les livreurs ». Il est dommage qu’un Claude Chabrol ne l’ait pas mieux utilisé que pour deux silhouettes muettes, un policier acolyte de Daniel Boulanger dans « L’œil du malin » (1961) et un gardien de square qui joue à la balle avec un enfant dans « Landru » (1962). On le retrouvera avec émotion en oncle de La Baule,  que visite Daniel Prévost dans le mésestimé « Le soleil au-dessus des nuages ». On lui gardera une affection particulière, car il a nous a toujours tiré un sourire dans bien des comédies franchouillardes.

 

 

 

Filmographie, en collaboration avec Armel de Lorme, établie initialement pour Les gens du cinéma : 1959  Nathalie, agent secret (Henri Decoin) – À rebrousse poil (Pierre Armand) – 1960  La famille Fenouillard (Yves Robert) – Saint-Tropez Blues (Marcel Moussy) – 1961  Les livreurs (Jean Girault) – Léon Morin, prêtre (Jean-Pierre Melville, rôle coupé au montage) – Auguste (Pierre Chevalier) – La belle américaine (Robert Dhéry) – Horace 62 (André Versini) – Le monte-charge (Marcel Bluwal) – L’œil du malin (Claude Chabrol) – 1962  Pourquoi Paris ? (Denys de La Patellière) – Les bricoleurs (Jean Girault) – Arsène Lupin contre Arsène Lupin (Édouard Molinaro) – Strip-tease (Jacques Poitrenaud) – L’abominable homme des douanes (Marc Allégret) – Clémentine Chérie (Pierre Chevalier) – Landru (Claude Chabrol) – Les saintes nitouches (Pierre Montazel) – 1963  Carambolages (Marcel Bluwal) – L’assassin connait la musique… (Pierre Chenal) – Blague dans le coin (Maurice Labro) – Le magot de Joséfa (Claude Autant-Lara) – 1964  Une souris chez les hommes / Un drôle de caïd (Jacques Poitrenaud) – Les gorilles (Jean Girault) – Fantômas (André Hunebelle) – Déclic et des claques (Philippe Clair) – Le vampire de Düsseldorf (Robert Hossein) – Les combinards (Jean-Claude Roy) – Play Time (Jacques Tati) – 1965  La tête du client (Jacques Poitrenaud) – Le caïd de Champignol (Jean Bastia) – 1966  Le petit cheval de bois (Richard Balducci, CM) – Du mou dans la gâchette (Louis Grospierre) – Un idiot à Paris (Serge Korber) – L’homme qui trahit la maffia (Charles Gérard) – Le grand restaurant (Jacques Besnard) – Trois enfants dans le désordre (Léo Joannon) – 1967  L’homme qui valait des milliards (Michel Boisrond) – Caroline Chérie (Denys de la Patellière) – La petite vertu (Serge Korber) – Le grand bidule (Raoul André) – Ces messieurs de la famille (Raoul André) – 1968  La femme écarlate (Jean Valère) – Sous le signe du taureau (Gilles Grangier, crédit au générique seulement, rôle coupé au montage ?) – 1969  Et qu’ça saute ! (Guy Lefranc) – La honte de la famille (Richard Balducci) – Aux frais de la princesse (Roland Quignon) – L’homme orchestre (Serge Korber) – 1970  Élise ou la vraie vie (Michel Drach) – Le distrait (Pierre Richard) – Macédoine (Jacques Scandelari) – Les jambes en l’air / César Grandblaise (Jean Dewever) – 1971  La grande maffia… (Philippe Clair) – 1972  Na !… (Jacques Martin) – 1973  Le grand bazar (Claude Zidi) – Le plumard en folie (Jacques Lem [Lemoine]) – L’histoire très bonne et très joyeuse de Colinot Trousse-Chemise (Nina Companeez) – 1974  Les quatre Charlots mousquetaires (André Hunebelle) – Impossible… pas français ! (Robert Lamoureux) – 1975  Opération Lady Marlène (Robert Lamoureux) – Bons baisers de Hong-Kong (Yvan Chiffre) – 1976  Le trouble fesses (Raoul Foulon) – 1977  La zizanie (Claude Zidi) – 1978  Le gendarme et les extra-terrestres (Jean Girault) – 1979  Les joyeuses colonies de vacances (Michel Gérard) – 1981  San Antonio ne pense qu’à ça (Joël Séria) – Cargo (Serge Dubor) – 1983  Un homme à ma taille (Annette Carducci) – Le tombeau des musiciens (Patrick Jeudy, CM) – 1985  Le roi blanc (Dominique Ladoge, CM) – 1986  Le retour de Kyoto (Luc Bongrand, CM) – Remous (Benjamin Jules-Rosette, inédit en salles) – 1987  L’habitude de monsieur J. (Olivier Queysanne, CM) – 1988  Anna – der film (Frank Strecker) – Une journée (Intolérances) (Hervé Lièvre, CM) – 1989  Le messie (Edwige Busson & Gilles Alvarez, CM) – Carrousel (Georges Andreeff, CM) –  1990  En voiture ! (Patrick Rufo, CM) – 1992  Le collecteur (Ronan  Fournier-Christol, CM) – 1994  Le montreur de boxe / Lucky Punch (Dominique Ladoge) – 1995  Loin du front [sketch : « Douaumont repris ! »] (Vladimir Léon) – L’histoire du petit homme bizarre (Éric Le Roch, CM) – 2000  Le soleil au dessus des nuages (Éric Le Roch). Nota : André Badin est crédité à tort dans Nathalie (Christian-Jaque, 1957) , « Les lavandières du Portugal » (Pierre Gaspard-Huit, 1957) – « Les petits matins » (Jacqueline Audry, 1961) – dans « L’histoire du Cinéma Français »; le rôle du « satyre » est tenu par Pierre Repp, dans le sketch avec Lino Ventura -, « Le gendarme à Saint-Tropez » (Jean Girault,  1964) , « À nous quatre, cardinal » (André Hunebelle, 1974) – le générique est commun avec « Les quatre Charlots mousquetaires » -. 

 

 André Badin dans « Les bricoleurs »

 Télévision : (notamment) : 1959  Les maris de Léontine (André Leroux) – 1965  Thierry la Fronde : Moi, le roi  (Robert Guez) – 1969  Allô Police : Le déjeuner de Suresnes (Michel Strugar) – Les oiseaux rares (Jean Dewever) – Laure (Mosché Mizrahi, série TV) – Songe d’une nuit d’été (Jean-Christophe Averty) – 1970  Original Dixieland Jass band (Jean-Christophe Averty, série TV) – La brigade des maléfices : Voir Venise et mourir (Claude Guillemot) – Alice au pays des merveilles (Jean-Christophe Averty) – 1971  Arsène Lupin : L’arrestation d’Arsène Lupin (Jean-Pierre Decourt) – Al Jolson (Jean-Christophe Averty) – Ubu enchaîné (Jean-Christophe Averty) – 1972  Avec le cœur (Rémy Grumbach, variétés) – 1973  Les malheurs de la comtesse (Bernard Deflandre) – La vie rêvée de Vincent Scotto (Jean-Christophe Averty) – Musidora (Jean-Christophe Averty) – 1975  Messieurs les jurés : L’affaire Lambert (André Michel) – Les enquêtes du commissaire Maigret : La folle de Maigret (Claude Boissol) – 1976  Adios (André Michel) – 1977  Impressions d’Afrique (Jean-Christophe Averty) – 1979  Le crime des innoncents (Roger Dallier) – Il y a plusieurs locataires à l’adresse indiquée (François Chatel) – Azouk (Jean-Christophe Averty) – 1980  Julien Fontanes, magistrat : Une femme résolue (Bernard Toublanc-Michel) – Fantômas : L’étreinte du diable (Juan Luis Buñuel) – Des vertes et des pas mures (Maurice Delbez) – C’est pas Dieu possible (Edmond Tyborowsky) – Opération trafics : La sainte famille (Christian-Jaque) – 1981  Nana (Maurice Cazeneuve)  – Médecins de nuit : Amalgine (Gilles Legrand) – Les avocats du diable (André Cayatte) – Gaston Lapouge (Franck Appréderis) – Ursule Mirouët (Marcel Cravenne) – 1982  L’adieu aux as (Jean-Louis Lignerat) – L’amour s’invente (Didier Decoin) – Le sage de Sauvenat (Jean Pignol) – 1984  Emportez-la avec vous (Jean Sagols) – Disparitions : Double fond (Yves Elléna) – 1985  Comment devenir une mère juive en dix leçons (Jeannette Hubert, captation) – 1988  Un château au soleil (Robert Mazoyer) – 1989  Le Masque : En scène pour la mort (Pascal Goethals) – L’agence : Les médecines du prince (Jean Sagols) –  1990  Le grand dîner (Gérard Pullicino, divertissement) – 1991  Cas de divorce : Cremer contre Cremer – 1996  Tendre piège (Serge Moati) – 1999  H : Une histoire de démission (Williams Crépin).

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Pierre Mirat

Pierre Mirat dans « La ligne de démarcation », épisode « Erre Toranea » diffusé en 1973

Annonce de la mort de Pierre Mirat, le 16 juillet dernier à l’âge de 84 ans par « Les gens du cinéma ». Evidemment on se souvient tous de la publicité pour les condiments de Gilbert Ducros – décédé l’an dernier – et son fameux « A quoi ça sert que Ducros y se décarcasse ? », mais c’est un peu l’arbre qui cache la forêt pour le parcours de ce sympathique comédien. On retiendra le cafetier qui débouche une bonne bouteille de Bordeaux dans « Paris brûle-t-il ? » (1965) pour Anthony Perkins qui meurt sous une bombe devant lui. Il est un truculent épicier, marchand d’essence et de boissons au Sahara dans « Cent mille dollars au soleil » (1964). Mais on le retrouve surtout sur un mode comique. Malgré son infirmité, on le surnomme « Le sourdingue » il a toujours une oreille qui traîne. Ses fâcheuses habitudes vont permettre à Jean-Paul Belmondo de le manipuler afin de mettre des bâtons dans les roues à Lino Ventura. Il s’en suit une destruction homérique de son établissement, dépité il finira par conclure quand ces agresseurs disparaissent par le audiardesque « Vous n’êtes pas des amusants ! ». Il est un prêtre résistant prêtant un vélo à Alain Doutey dans « Mais où est donc passée la septième compagnie » (1973). L’engin s’avérant sans frein, il lui conseille donc de prier dans les descentes ! On le retrouvait très souvent à la télévision, citons l’épisode de « La ligne de démarcation » (1973) – voir photo ci-dessus – où il compose un boulanger malin qui va berner les Allemands alors qu’il est passeur, habitant la ville d’Arnéguy se trouvant sur la fameuse ligne. On passera cependant gentiment sur son accent basque assez aproximatif. Cette rondeur, souvent dans des rôles d’habitants du Sud de la France ou de commerçants aimables était une des figures les plus plaisantes du cinéma français. De retour de vacances et devant disposer d’un nouvel emploi du temps, je ne pourrai pas évoquer les autres décès de cet été, mais je reviendrai sur la disparition de Francis Lacassin.  

Photo source bernard-luc.com

Filmographie établie initialement pour « Les gens du cinéma », étable avec Armel de Lorme : 1956  Comme un cheveu sur la soupe (Maurice Régamey) – 1957  Méfiez vous fillettes (Yves Allégret) – Miss Pigale (Maurice Cam) – À pied, à cheval et en voiture (Maurice Delbez) – Charmants garçons (Henri Decoin) – Ni vu, ni connu / L’affaire Blaireau (Yves Robert) – Le Gorille vous salue bien (Bernard Borderie) – Deuxième bureau contre inconnu (Jean Stelli) – 1958  La chatte (Henri Decoin) – La tête contre les murs (Georges Franju) – Les tripes au soleil (Claude Bernard-Aubert) – Messieurs les ronds de cuir (Henri Diamant-Berger) – 1959  125, rue Montmartre (Gilles Grangier) – Les canailles (Maurice Labro) – Heures chaudes (Louis Félix) – 1960  Le caïd (Bernard Borderie) – Les tortillards (Jean Bastia) – Fortunat (Alex Joffé) – Une aussi longue abscence (Henri Colpi) – Vacances en enfer (Jean kerchbron) – 1961  Cause toujours mon lapin (Guy Lefranc) – Un nommé La Rocca (Jean Becker) – Le Tracassin ou les plaisirs de la ville (Alex Joffé) – Cybèle ou les dimanches de Ville d’Avray (Serge Bourguignon) – Le triomphe de Michel Strogoff (Victor Tourjansky) – Les trois mousquetaires : Les ferrets de la reine (Bernard Borderie) – 1962  Du mouron pour les petits oiseaux (Marcel Carné) – Le temps des copains (Robert Guez) –  Le glaive et la balance (André Cayatte) – 1963  Peau de banane (Marcel Ophuls) –  Symphonie pour un massacre (Jacques Deray) – Cent mille dollars au soleil (Henri Verneuil) – La soupe aux poulets (Philippe Agostini) – La porteuse de pain (Maurice Cloche) – Behold a pale horse (Et vint le jour de la vengeance) (Fred Zinneman) – 1964  Thomas l’imposteur (Georges Franju) – Les combinards (Jean-Claude Roy) – 1965  Paris brûle-t’il ? (René Clément) – Un milliard dans un billard (Nicolas Gessner) –  1965  How to steal a million (Comment voler un million de dollars) (Wiliam Wyler) – L’homme à la Buick (Gilles Grangier) –  1968  Le tatoué (Denys de La Patellière) – 1969  Heureux qui comme Ulysse (Henri Colpi) – Et qu’ça saute ! (Guy Lefranc) –  Mektoub (Ali Ghalem) – La dame dans l’auto avec des lunettes et un fusil / The lady in the car with glasses and a gun (Anatole Litvak) – 1972  La femme en bleu (Michel Deville) – La belle affaire (Jacques Besnard) – 1973  Le amorose notti di Ali Baba (Rêves lubriques) (Luigi Lattini de Marchio) – Mais où est donc passée la septième compagnie (Robert Lamoureux) – Un amour de pluie (Jean-Claude Brialy) – 1974  Les suspects (Michel Wyn) – Impossible… pas Français (Robert Lamoureux) – 1977  Ne me touchez pas… (Vidéo : Arrête ton cinéma) de Richard Guillon (inédit en salles) – 1979  Le pull-over rouge (Michel Drach) – 1980  Une merveilleuse journée (Claude Vital) – Fais gaffe à Lagaffe (Paul Boujenah) –  Le village en folie / Un émir en Auvergne (Jean Lefait [Maxime Debest]) – Vacances déchaînées / Vacances insolites (Jean Lefait [Maxime Debest]) – 1981  Belles, blondes et bronzées (Max Pécas) – 1983  Les branchés de Saint-Tropez (Max Pécas) – 1988  Le dîner des bustes (Moïse Maatouk, CM) – 1996  Les petits pois (Bertrand Latouche, CM) – 1999  T’aime (Patrick Sébastien). Nota (Précisions d’Armel de Lorme) : Il ne figure pas dans Le guardian (Jean Marguenat, 1945), c’est une confusion avec l’acteur Pierre Murat, ni dans « Boulevard » (Julien Duvivier, 1960), erreur communément répandue, c’est un acteur qui lui ressemble qui joue le père de l’héroïne.

 

 

 

Voxographie succincte : 1981  Le secret des Sélénites (Jean Image, animation) – 1984  Astérix et la surprise (César de Gaëtan & Paul Brizzi, animation) – 1986  Astérix chez les Bretons (Pino Van Lamsweerde, animation).

 

 

 

 

 

 

Pierre Mirat dans « La ligne de démarcation », épisode « Erre Toranea »

 

 

Télévision : (notamment) : 1960  Si le ciel s’en mêle (Jean-Christophe Averty) – Le garde-fou (Anré Leroux) – La grande Bretêche (Claude Barma) – Bastoche et Charles-Auguste (Bernard Hecht) – 1961  Marceau ou les enfants de la République (René Lucot) – Le temps des copains (Robert Guez) – 1962  L’inspecteur Leclerc enquête : Les gangsters (Yannick Andréi) & Preuve à L’appui (Pierre Badel) – 1963  La cage vide (Jacques Rutman) – 1964  L’abonné de la ligne U (Yannick Andréi) – 1965  La misère et la gloire (Henri Spade) – Foncouverte (Robert Guez) – Droit d’asile (René Lucot) – 1966  Cécilia, médecin de campagne (André Michel) – 1967  L’affaire Lourdes (Marcel Bluwal) – Marion Delorme (Jean Kerchbron) – Au théâtre ce soir : Auguste (Pierre Sabbagh) – 1969  Fortune (Henri Colpi) – Les oiseaux rares (Jean Dewever) – 1970  Némo (Jean Bacqué) – Maurin des Maures (Jean Canolles & Claude Dagues) – Original Dixieland Jazz Band (Jean-Christophe Averty) – 1971  Le voyageur des siècles : Le bonnetier de la rue Tripette (Jean Dréville) – Schulmeister, l’espion de l’Empereur : Les lys blancs (Jean-Pierre Decourt) – Au théâtre ce soir : Échec au meurtre (Pierre Sabbagh) – 1972  La tuile aux loups (Jacques Ertaud) – L’argent par les fenêtres (Philippe Joulia) – La vie et la passion de Dodin-Bouffant (Edmond Tyborowsky) – 1973  Les malheurs de la comtesse (Bernard Deflandre) – L’alphomega (Lazare Iglèsis) – La duchesse d’Avila (Philippe Ducrest) – La ligne de démarcation : Erre Torena (Jacques Ertaud) – Karatékas and Co : La nuit des parfaits (Edmond Tyborowky) – Drôle de graine (Henri Jouf) – 1974  Der klein docktor (Le petit docteur) : Die Notbremse (Wolfgang Becker) – Le charivari de Janjoie (Maurice Cloche) – Aufs Kreuz gelegt (Wolfgrand Petersen) – 1975  Le péril bleu (Jean-Christophe Averty) – Les Zingari (Robert Guez) – Au théâtre ce soir : Demandez Vicky (Pierre Sabbagh) – 1976  Les sangliers (Maurice Failevic) – 1977  Cinéma 16 : La Fortunette (Pierre Cavassilas) – Désiré Lafarge : Désiré Lafarge prend le train (Jean-Pierre Gallo) – Au théâtre ce soir : Monsieur Chasse (Pierre Sabbagh) – 1978  Pourquoi tuer le Pépé (Edmond Tyborowsky) – Les enquêtes du commissaire Maigret : Maigret et l’affaire Nahour (René Lucot) – 1980  Au théâtre ce soir : Peau de vache (Pierre Sabbagh) – La vie des autres : La part des ténèbres (Jean-Luc Moreau) – 1981  Novgorod (Armand Ridel) – Sans famille (Jacques Ertaud) – 1987  La calanque (Jean Canolle) – 1996  L’orange de Noël (Jean-Louis Lorenzi).

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Gilles Gaston-Dreyfus

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Le spectateur lui sera toujours redevable, la moindre de ses apparitions anime l’ensemble et nous amène dans un univers déjanté. Dans « Hellphone », il est irrésistible en proviseur « cartoonesque », amateur de poissons rouges, trônant dans un bureau, infatué de lui même pour finir par être malmené par la puberté de Jean-Baptiste Maunier dont un téléphone portable satanique est tombé amoureux – Christophe Lambert et son porte-clefs criant à tout bout de champ « I love you » dans le film homonyme de Marco Ferreri, peut aller se rhabiller… -. En œnologue surlignant sa compétence, hallucinant de roublardise, il arrive même à réveiller Russel Crowe dans le pachydermique « Une bonne année » en suscitant la méfiance, et dans « Incontrôlable » il est un médecin ayant gravi depuis longtemps la plus haute échelle de la folie, laissant Michael Youn sidéré d’avoir son corps qui parle avec la voix de Med Hondo.

Je vous propose simplement de lui porter un culte, l’acteur qui nous sauve de l’ennui  pour nous amener directement dans la jubilation.

Cela fait un petit moment qu’il nous est familier, on se souvient de ses mémorables scènes d’engueulades avec Catherine Frot dans « Escalier C », amusant Robin Renucci par leurs éternelles disputes. Yves Boisset en fait un moment l’un de ses acteurs fétiches.

C’est avec Édouard Baer qu’il connaît un regain de popularité, notamment avec le cultissime « Centre de visionnage » de l’émission « Nulle part ailleurs » sur Canal plus dans le but de contribuer à son amélioration dans la mesure où il y aurait lieu de le faire » (sic ! ) de 1997 à 1999. Il fallait le voir en éternel rouspéteur, il incarne le sentencieux Me Morissard, qui a même droit à sa phrase culte : « Je suis une merde ! ». A l’aise dans l’univers Baerien, il nous livre toujours de véritables morceaux d’anthologies, en collaborateur fatigué dans « La Bostella » et en narrateur lunaire et envahissant dans « Akoibon ».

Il participe aussi à la série de Nicolas & Bruno « Cogip 2000 », version pré- « Bureau », il figure aussi dans l’originale émission « L’œil du cyclone », toujours pour Canal + et perturbe même sérieusement la campagne électorale 2007 – qui n’arrête pas de nous faire rire jaune d’ailleurs -, dans des détournements pour le site de Karl Zéro. Multicarte, il a une carrière prestigieuse au théâtre, avec les plus grands metteurs en scène, comme Jorge Lavelli, André Engel, Roger Planchon ou Bernard Murat. Il fut aussi le directeur de la compagnie théâtrale du « Chapeau ».

Il vient véritablement du moule cassé des « excentriques du cinéma français » chers à Raymond Chirat et Olivier Barrot, on l’aurait vu volontiers animer de sa folie quelques films des années 30 à 60. Le délire chez lui n’est jamais loin, et le rencontrer c’est une entrée directe dans l’insolite, comme son personnage de l’inconnu du cimetière dans « Je pense à vous ». Il est le convoyeur toujours en train de faire des quêtes et répondant au doux sobriquet de « Butagaz » dans « Le convoyeur » et le bon copain s’amusant de sa libido dans « Monique ».

On le retrouve aussi en président haineux sous perfusion qui ne s’exprime que par « borborygmes », et en fantôme homosexuel, trompant son éternel ennui en repassant sans cesse, tous les vêtements qu’il trouve.

On ne lui aura finalement pas souvent demandé d’être dans une tonalité « normale » à l’instar du père qui retrouve le goût de vivre dans « La maison de Nina » et du prof soucieux d’équitation dans « Danse avec lui », que l’on devine sensible et pudique, ne montrant pas sa joie de retrouver le personnage joué par Mathilde Seigner après des années d’absences.

Comme souvent pour les comédiens, c’est Bertrand Tavernier qui l’utilise avec le plus de subtilité, en lui offrant le rôle d’Yves Fontaine, dans « Holy Lola ». Il est un père adoptif rigoriste, maladroit et buté, s’évertuant à faire répéter l’alphabet à sa fille adoptive, braquant toute la petite communauté des Français cherchant à adopter au Cambodge. Trop probe finalement, il ne va pas comprendre une société de compromission qui le dépasse, et derrière une attitude sur la défensive, il n’arrive pourtant pas à cacher sa trop grande humanité. Dans « Cherche fiancé tous frais payé », il vole allégrement, avec Isabelle Gélinas, la vedette du couple Alexandra Lamy-Bruno Salomone. Dans le rôle du mari trop idéal pour ne pas cacher quelques failles, il excelle quand ses excès de boissons révèlent chez lui des penchants homosexuels. Dans « Cortex », il est un malade qui perd sa mémoire, mais qui reste avisé d’une situation trouble malgré son handicap. Dans «  »Hello Goodbye » », il est un médecin vivant en Israël et amateur de taxidermie, qui promet un peu trop rapidement un poste de gynécologue à notre Gégé Depardieu national un peu chloroformé. Il compose un « Beria » saisissant en deux scènes dans « Une exécution ordinaire ». Dans l’une, il se renseigne auprès d’un médecin prisonnier politique de l’état de santé de Staline, et dans l’autre, assez drolatique, il visionne avec ce dernier un film de John Wayne, avec une traduction simultanée décalée.

Au final, son apparence tranquille cache toujours quelques secrets bien gardés, comme le voisin de Kad Merad, qui semble très contrarié qu’il ait une inclinaison pour Christiana Reali dans « Le grand méchant loup », ou le père de famille qui a peur de ne pas y arriver dans « Tirez, la langue mademoiselle ». Il est toujours à l’aise dans le délire, en centurion ivrogne dans la quatrième mouture d’Astérix, ou le retraité qui termine « façon puzzle » dans « 9 mois ferme ».

Quoi qu’il en soit, nous avons beaucoup à attendre de ce fabuleux comédien, capable de toujours nous expédier dans de hautes sphères délirantes.

Gilles Gaston-Dreyfus

Gilles Gaston-Dreyfus dans « Bad timing »

Filmographie : 1983  La fiancée qui venait du froid (Charles Némès) – 1984  Escalier C (Jean-Charles Tacchella) – 1986  Lévy et Goliath (Gérard Oury) – Edwige et l’amour (Cécile Decugis, CM) – Le moustachu (Dominique Chaussois) – 1987  Bernadette (Jean Delannoy) – La travestie (Yves Boisset) – 1988  Les cigognes n’en font qu’à leur tête (Didier Kaminka) – Radio corbeau (Yves Boisset) – L’étudiante (Claude Pinoteau) – Vampitreries (Éric Delatour, CM) – Envoyez les violons (Roger Andrieux) – Le dénommé (Jean-Claude Dague) – 1989  Chanson à ma mère (Deva-Sugeeta Fribourg, CM) – 1990  Déminage (Pierre-Oscar Levy, CM) – La double vie de Véronique ( Krzystof Kieslowski) – La tribu (Yves Boisset) – 1991  La gamine (Hervé Palud) – Les improductifs (Pierre Isoard, CM) – Mauvais garçon (Jacques Bral) – 1992  La fille de l’air (Maroun Bagdadi) – Décroche, Pénélope ! (Sylvie Flepp & Didier Fontan, CM) – 1993  Neuf mois (Patrick Braoudé) – 1994  Interview (Benoît Di Sabatino, CM) – 1995  (Sic) (Matthieu Poirot-Delpech, CM) – Sept ans et  demi de réflexion (Sylvie Flepp, CM) – 1997  La vieille barrière (Lyèce  Boukhitine) – Qui va Pino va sano (Fabrice Roger-Lacan, CM) – 1998  Moi j’ai pas la télé (Raphaël Meltz & Pauline Bauer, CM) – Les frères Sœur (Frédéric Jardin) – 1999  Sur un air d’autoroute (Thierry Boscheron) – La Bostella (Édouard Baer) – 2000 Cy-belle (Grégory Baubeau, CM) – Laissez passer (Bertrand Tavernier) – Un oiseau dans le plafond (Cécile Macherel, CM) – 2002  Pauvre de moi (Olivier Gorce, CM) –  L’esprit du jeu (Philippe Dorison, CM) – Bois ta suze (Thibault Staib, CM) – Monique (Valérie Guignabodet) – 2003  Le convoyeur (Nicolas Boukhrief) – Mariages ! (Valérie Guignabodet) – Holy Lola (Bertrand Tavernier) –  2004  Akoibon (Édouard Baer) – Sanctus (Alain Boegner, CM) – La maison de Nina (Richard Dembo) – 2005  Incontrôlable (Raffy Shart) – Roucoulements sourds et inquiets (Jean-Christophe Thormann, CM) – Enfermés dehors (Albert Dupontel) – Poltergay (Éric Lavaine) – 2006  Je pense à vous (Pascal Bonitzer) – A good year (Une grande année) (Ridley Scott) – Danse avec lui (Valérie Guignabodet) – Hellphone (James Huth) – Mr. Bean’s holiday (Les vacances de Mr. Bean) (Steve Bendelack) – 2007  Cherche fiancé tous frais payés (Aline Issermann) – Cortex (Nicolas Boukhrief) – Les dents de la nuit (Vincent Lobelle & Stephen Cafiero) – Hello Goodbye (Graham Guit) – Les vieux sont nerveux (Thierry Boscheron) – 2008  Sale timing (Olivier Barma, CM) – 2009  Une exécution ordinaire (Marc Dugain) – Gardiens de l’ordre (Nicolas Boukhrief) – Divorces (Valérie Guignabodet) – Un mystérieux mystère (Céline Macherel, CM, + scénario) – Machination (Arnaud Demanche, CM) – 2010  Station Pir (Gilbert Glogowski, CM) – 2011  Astérix et Obélix : Au service de sa majesté (Laurent Tirard) – 2012  Le grand méchant loup (Nicolas & Bruno) – Tire ta langue, mademoiselle (Axelle Robert) – Neuf mois ferme (Albert Dupontel) – Parenthèse (Bernard Tanguy, CM). Voxographie : 2009  Logorama (H5 , Hervé de Crécy , François Alaux & Ludovic Houplain, CM, animation).

Télévision : 1984  Deux filles sur un banc (Alain Ferrari)-– 1986  À nous les beaux dimanches (Robert Mazoyer) – La dame des dunes (Joyce Buñuel) – 1987  Marie Pervenche : La dernière patrouille (Claude Boissol) – 1988  L’éloignement (Yves-André Hubert) – La belle anglaise : S’il vous plaît chauffeur – Palace (Jean-Michel Ribes) – 1989  Le retour d’Arsène Lupin : La robe de diamants (Nicolas Ribowski) – A tale of two cities (Un comte de deux villes) (Philippe Monnier) – 1990  Haute tension : Meutre en douces (Patrick Dromgoole) – Notre Imogène (Sylvain Madigan) – 1991  Navarro : Mort clinique (Gérard Marx) – Strangers dans la nuit (Sylvain Madigan) – C’est quoi ce petit boulot (Michel Berny) – Aldo tous risques : Mascarade (Michel Lang) – 1992  Aldo tous risques : La guigne (Michel Lang) – 1993  L’affaire Seznec (Yves Boisset) – Charlemagne (Id) (Clive Donner) – Ascension express (Nicolas Ribowski) – 1994  Couchettes express (Luc Béraud) – 1995  Le juge est une femme : Dérive mortelle (Claude Grinberg) – 1996  Le galopin (Serge Korber) – Maigret a peur (Claude Goretta) – 1997  Une femme en blanc (Aline Issermann) – Navarro : Le parfum du danger (Nicolas Ribowski) – Un et un font six : Crise de confiance (Franck Appréderis) – Un et un fonx six : Ca passe ou ça casse (Franck Appréderis) – 1998  Une grosse bouchée d’amour (Michaëlla Watteaux) – Venise est une femme (Jean-Pierre Vergne) – 2000  Marc Eliot : Ces flics qu’on dit sauvage (Patrick Jamain) – 2001  Thérèse et Léon (Claude Goretta) – La mort est rousse (Christian Faure) – 2002  La kiné : Double drame (Aline Issermann) – 2003  Cogip 2000) (Nicolas & Bruno) – Louis Page : Un enfant en danger (Chantal Picault) – 2006  Sartre, l’âge des passions (Claude Goretta) – 2008  Central nuit : Comme des soeurs (Olivier Barma) – 2009  L’éloignement (Emmanuel Murat, captation en direct) – 2010  Les Bleus : premiers pas dans la police (Chambre avec vue) (Olivier Barma) – 2012  Trafics (Olivier Barma & Laure Diaz, série) – Fais pas ci, fais pas ça (Saison 5) (Gabriel Julien-Laferrière) – 2013  Kaboul Kitchen (Frédéric Berthe & Frédéric Belekjdian).

Dernière mise à jour du 12/10/2013

 

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Dominique Zardi

 Dominique Zardi dans "Les misérables" (Robert Hossein, 1982)

Dominique Zardi dans « Les misérables » (Robert Hossein, 1982)

« Au pays du cinéma, il possède la double nationalité. Tantôt chabrolien, tantôt mockyste. Il incarne dans les deux troupes la francité dans toute son horreur. Son crâne rasé et son allure de catcheur le renforcent dans le rôle du méchant d’opérette. Inutile de préciser que les deux grands cinéastes de l’anti-France ne  résistent jamais au plaisir de charger son personnage au maximum ». Telle était la définition de Dominique Zardi par Hervé Le Roux et Alain Philippon dans leurs « Fragments d’un dictionnaire amoureux » – dont j’ai repris le titre de manière éhontée pour faire cette rubrique -, dans « Les Cahiers du cinéma » N°408″ (Mai 1988). On peut dire de lui qu’il est connu, mais pas vraiment reconnu, car tout le monde connaît son visage, roux avec calvitie, désormais chauve et sa silhouette trapue. J’avais évoqué ses débuts, voir la fiche de ce blog consacrée à son ami Henri Attal, mais il est intéressant de s’occuper de son parcours « cavalier seul ». Il est difficile de l’éviter quand on suit le cinéma français, il prétend avoir arrêter de comptabiliser ses films à partir du N° 500.  On se demande d’ailleurs, si ce grand prolifique, n’avait pas le don de l’ubiquité, d’autant plus que volontiers bagarreur, il était à ses débuts, selon Claude Chabrol… interdit de séjour ! Sa filmographie est un véritable casse-tête, même s’il est vrai que son CV officiel reste très précieux pour les recherches, mais il est difficile de prétendre avec lui à l’exhaustivité d’autant plus qu’il avait déclaré à l’émission « Le club » sur « CinéClassic » en 1998, avoir fait une trentaine de film de dos ! – (1) d’où une tentative d’une seconde filmographie « dorsale » donc difficilement vérifiable -. Dans cette émission, il nous embrouille encore plus en parlant d’une participation au film « Malaria » de Jean Gourguet en 1942, – le sieur étant né en 1930, il avait donc 12 ans ! – face à Sessue Hayakawa, avec un débutant nommé… Jean-Pierre Mocky. Mais si on se met à penser qu’il affabule, il est vrai qu’il a souvent raison, on le voit finalement partout en passager du métro dans « Pickpockett » (1959) de Robert Bresson, qu’en voyageur dans une gare derrière Paul Newman, dans « Paris Blues » (1961), en badaud à deux reprises dans un décor de rue avec Brigitte Bardot dans « La vérité » (1960), un spectateur dans un cabaret dans « Strip-tease » (1962), etc… Il a toujours un art assez remarquable de se mettre en avant, même dans une scène de groupe. Au petit jeu de rajouter sur sa fiche IMDB des films oubliés de son CV, je n’avais trouvé après nombre de visionnages, que « Les yeux de l’amour » (Denys de la Patellière), où il suit Danielle Darrieux dans une gare – décidément ! -, ou dans « Les bonnes causes » (Christian-Jaque, 1962), en participant d’une audience au tribunal. Dans cette quête métaphysique d’optimiser sa filmographie, sans tomber dans l’extrême du dispositif barbare élaboré pour que Malcolm McDowell dans « Orange mécanique », pour qu’il garde les yeux ouverts, on finit par s’interdire de cligner de l’œil à la vision des films français de des années cinquante à 70, de peine de le manquer. Né à Belleville-près-Paris, selon sa formule, ses copains de classe lui disant « Ah ! t’es pas de Paris ! », il raconte que son parrain était le célèbre « Pierrot le fou ». Ironie du sort, il tournera dans le film homonyme de Jean-Luc Godard – qui n’a pas grand chose à voir, il est vrai avec le truand notoire -, avec le rôle titre Jean-Paul Belmondo qui fut le parrain de sa fille. L’homme multiplie « les casquettes » et est un auteur complet, conférencier passionné – pour l’avoir rencontre en avril 2004, il est très disert sur sa carrière, il m’avait évoqué le tournage de « Touristes, oh yes ! », de Jean-Pierre Mocky – toujours inédit -, où il me racontait la difficulté des comédiens de parler tous… hollandais, durant tout le film, pour une sorte d’hommage à Jacques Tati -. Il est d’ailleursamusant dans ce film disponible en DVD en guide sourd. Il faut l’entendre comme souvent dans les émissions de TV, ou les bonus DVD se présenter comme – exhausteur de goût -, voir l’anecdote de la gousse d’ail dans sa fiche « Wikipédia » qui répertorie de plus ses rôles. Il est également écrivain, « Le génie du judaïsme » (1971), « Dublin des étoiles  » (1972), « Le monde des truands » (Éditions Tatamis, 2008), etc…, quelques-uns uns de ses livres, dont certain serait dit-on controversé sont disponibles aux éditions « Dualpha », « Tendre ghetto, si le Marais m’était conté » (2003), « Les immortels de la boxe » (2003),  « Le génie du judaïsme » (2004, réédition de son livre de 1971), « L’Algérie des mirages » (2006). Passionné par la boxe il dirigea pendant vingt-huit ans la revue « Euro Boxes show », référence pour les amoureux de ce noble art. Il aussi acteur compositeur de chansons pour Claude Chabrol : – « La tabatière » dans « La femme infidèle », « Isabel » dans « La rupture », « Le petit chien » dans « Docteur Popaul », ect… »Capri petite île » virera même au culte dans « Le boucher » -,  Pierre Granier-Deferre –  « Le petit yoyo » dans « Noyade interdite » – , ou Jean-Pierre Mocky : – « O Manon » dans « La bête de miséricorde » -.

 

 

Dominique Zardi dans « Fleur d’oseille »

 

L’acteur est souvent cantonné dans les rôles de bagnards  – il se paiera le luxe de l’être dans plusieurs adaptations des « Misérables » d’après Victor Hugo chez Marcel Bluwal (1972), Robert Hossein (1982) et l’ineffable Josée Dayan (2000), dans cet emploi,  il paniquera dans une scène de déminage dans « Un nommé la Rocca » de Jacques Becker. On le retrouve très souvent dans des rôles d’affreux, tel l’admirateur odieux de Brigitte Bardot dans « Vie privée » (1961) de Louis Malle, ou le satyre harcelant Marlène Jobert dans « Le dernier domicile connu » (1968). Il déclarait à « Travelling Avant N°10 » : « On m’a donné les pires rôles dans le cinéma français : J’ai joué des psychopathes, des tordus, des tarés, des violeurs d’enfants, des assassins, des pourris, des tueurs aux abattoirs, j’ai fait des choses ignobles, j’ai tué des chiens, des cochons, des poules, des petites filles, des vieillards, j’ai fait des choses abominables… Jamais personne ne m’en a tenu rigueur… ». Mais il est aussi à l’aise dans la farce, en braconnier roublard dans « Le gendarme en balade », l’auto-stoppeur remuant, énervant Eddie Constantine, dans « Les femmes d’abord » (1963), le nageur idiot malmené par Johnny Hallyday dans le cornichonesque « Les poneyttes » (1967),  le notaire trop obséquieux pour être vraiment honnête dans « O.K. Patron » (1973) ou dernièrement le papy séquestré par un François Levantal d’anthologie dans « L’amour aux trousses » (2004). Il a même droit à sa réplique culte chez Michel Audiard dans « Faut pas prendre les enfants du bon dieu pour des canards sauvages » : Blier : « J‘ai bon caractère mais j’ai le glaive vengeur et le bras séculier. L’aigle va fondre sur la vieille buse », Zardi : « C’est pas une métaphore, c’est une périphrase », un comparse : « Ah, fais pas chier ! »,  Zardi : « Ca c’est une métaphore ! ». Il fait finalement de belle rencontre notamment avec Jean-Pierre Melville, Claude Sautet –  pour 4 films -, Luc Moullet – voir son jubilatoire rôle de propriétaire combinard d’une salle de cinéma dans « Les sièges d’Alcatraz » (1988) .Maurice Ronet qui le citera avec chaleur dans son autobiographie, lui donnera l’un de ses meilleurs rôles dans « Bartleby » (1976), où avec Maurice Biraud, il forme un duo réjouissant d’huissiers mesquins. Trois metteurs en scènes en font l’un de leurs acteurs fétiches Pierre Granier-Deferre – 17 films et un téléfilm – qu’il qualifie de « demoiselle d’autrefois » ! en raison de ses bonnes manières, l’utilise souvent avec inventivité, on se souvient du clochard fou face à Yves Montand dans « Le fils » (1972), notamment. Claude Chabrol – 26 films et trois téléfilms -, l’emploi également très souvent, jusqu’à son rôle de gardien du musée dans « Au cœur du mensonge » en 1998. Il le sort très souvent de ses emplois habituels tel l’inspecteur soucieux dans « Que la bête meure » (1969), ou le chefaillon de la poste dans « Poulet au vinaigre » (1964). Il lui fera même jouer un sympathique marchand de ballons, que Stéphane Audran droguée par Jean-Pierre Cassel, finit par prendre pour Dieu, dans un délire psychédélique, dans l’étonnant « La rupture » (1970). Jean-Pierre Mocky – 39 films et deux courts-métrages – lui restera fidèle jusqu’à ces dernières années, il est l’un des supporters les plus virulents d’ « A mort l’arbitre ». Mais il lui donne souvent ces derniers temps des rôles de notables comme dans « Vidange », ou d’importants personnages comme dans « Tout est calme » et l’humanise parfois comme l’ouvrier au chômage qui tente de se suicider en se jetant dans la mer dans « Robin des mers ». On le retrouve dans les derniers films de Mocky, ne dédaignant pas jouer des rôles troubles, comme l’odieux pédophile voyeur dans « Les ballets écarlates ». Saluons ce comédien atypique, parfois virulent, délaissé selon sa formule par les « boutiques » de « Georges Cravenne » – Les Césars – et Bernard Pivot, l’un des comédiens les plus singuliers du cinéma français. Il convient de visiter son site officiel, d’où sont tirées les photos qui illustrent cette note. En juin 2007, paraît enfin son livre de souvenirs de cinéma « Le comédien fétiche du cinéma » – qui semblait faire peur aux éditeurs par son ton polémiste – aux éditions Dualpha. Le livre est réédité, légèrement remanié aux éditions Alphée – Jean-Paul Bertrand. On retrouve son mordant dans cet ouvrage riche en anecdotes et dévoilant quelques facettes de la personnalité de son compère Henri Attal. 

Bibliographie : « L’autre journal N°7 » décembre 1990.

« Travelling Avant » N°10 

 

Dominique Zardi dans le rôle de « Dieu » ! dans « La rupture » 

Filmographie : 1958  Christine (Pierre Gaspard-Huit) – La femme et le pantin (Julien Duvivier) – Pourquoi viens-tu si tard ? (Henri Decoin) – Maxime (Henri Verneuil) – Croquemitoufle / La femme des autres (Claude Barma) – 1959  Pickpocket (Robert Bresson) – Les bonnes femmes (Claude Chabrol) – Le trou (Jacques Becker) – Le dialogue des Carmélite (Philippe Agostini & R.L. Bruckberger) – Austerlitz (Abel Gance) – Tête folle (Robert Vernay) – À rebrousse-poil (Pierre Armand) – Les yeux de l’amour (Denys de la Patellière) – 1960  La vérité (Henri-Georges Clouzot) – Crack in the mirror (Drame dans un miroir) (Richard Fleischer) – Goodbye again (Aimez-vous Brahms ?) (Anatole Litvak) – Les godelureaux (Claude Chabrol) – Une femme est une femme (Jean-Luc Godard) – Vive Henri IV, vive l’amour (Claude Autant-Lara) – Saint-Tropez Blues (Marcel Moussy) – Comment qu’elle est (Bernard Borderie) – 1961  Les trois mousquetaires : Les ferrets de la reine (Bernard Borderie) – Un nommé La Rocca (Jean Becker) – Ophélia (Claude Chabrol) – Un cheval pour deux (Jean-Marc Thibault) – Gigot (Gigot, le clochard de Belleville) (Gene Kelly) – Les Parisiennes [épisode : « Sophie »] (Marc Allégret) – Les petits matins (Jacqueline Audry) – Vie privée (Louis Malle) – 1962  Un chien dans un jeu de quille (Fabien Collin) – The longest day (Le jour le plus long) (Ken Annakin, Andrew Marton, Gerd Oswald, Bernhard Wicki & Darryl Zanuck) – Les ennemis (Édouard Molinaro) – Le monte-charge (Marcel Bluwal) – L’assassin est dans l’annuaire (Léo Joannon) – Paris Blues (Id) (Martin Ritt) – 1962  Arsène Lupin contre Arsène Lupin (Édouard Molinaro) – Dossier 1413 (Alfred Rode) – Les femmes d’abord (Raoul André) – L’empire de la nuit (Pierre Grimblat) – Landru (Claude Chabrol) – Le vice et la vertu (Roger Vadim) – Les vierges (Jean-Pierre Mocky) – L’aîné des Ferchaux (Jean-Pierre Melville) – Le doulos (Jean-Pierre Melville) – Les grands chemins (Christian Marquand) – Les bonnes causes (Christian-Jaque) – Strip-tease (Jacques Poitrenaud) – 1963  Un drôle de paroissien (Jean-Pierre Mocky) – À toi de faire, mignonne (Bernard Borderie) – Blague dans le coin (Maurice Labro) – Peau de banane (Marcel Ophuls) – Château de Suède (Roger Vadim) – Le bon roi Dagobert (Pierre Chevalier) – Méfiez-vous Mesdames (André Hunebelle) – Coup de bambou (Jean Boyer) – La bande à Bobo (Tony Saytor) – Les plus belles escroqueries du monde [épisode « L’homme qui vendit la Tour Eiffel »] (Claude Chabrol) – La ronde (Roger Vadim) – Faites sauter la banque (Jean Girault) – Le journal d’une femme de chambre (Luis Buñuel) – Des frissons partout (Raoul André) – L’assassin connaît la musique… (Pierre Chenal) – La mort d’un tueur (Robert Hossein) – 1964  Le Tigre aime la chair fraîche (Claude Chabrol) – La chasse à l’homme (Édouard Molinaro) – Échappement libre (Jean Becker) – Week-end à Zuydcoote (Henri Verneuil) – Requiem pour un caïd (Maurice Cloche) – Fantômas (André Hunebelle) – Nick Carter va tout casser (Henri Decoin) – La grande frousse ou la cité de l’indicible peur (Jean-Pierre Mocky) – Jaloux comme un tigre (Darry Cowl) – Cent briques et des tuiles (Pierre Grimblat) – Le vampire de Düsseldorf (Robert Hossein) – Le majordome (Jean Delannoy) – Comartiment tueurs (Costa-Gavras) – Ces dames d’en mêlent (Raoul André) – Fifi la Plume (Albert Lamorisse) – 1965  Pierrot le fou (Jean-Luc Godard) – Hotel Paradiso (Paradiso, hôtel du libre-échange (Peter Glenville) – La grosse caisse (Alex Joffé) – Pleins feux sur Stanislas (Jean-Charles Dudrumet) – Furia à Bahia pour O.S.S. 117 (André Hunebelle) – Le gendarme à New York (Jean Girault) – Fantômas se déchaîne (André Hunebelle) – La métamorphose des cloportes (Pierre Granier-Deferre) – Angélique et le Roy (Bernard Borderie) – La bourse et la vie (Jean-Pierre Mocky) – Masculin, féminin (Jean-Luc Godard) – Paris au mois d’Août (Pierre Granier-Deferre) -1966  La curée (Roger Vadim) – La ligne de démarcation (Claude Chabrol) – Brigade anti-gangs (Bernard Borderie) –  Monsieur le Président-Directeur Général (Jean Girault) – L’attentat (Jean-François Davy, inédit en salles) – Le scandale (Claude Chabrol) – Les compagnons de la marguerite (Jean-Pierre Mocky) – Le soleil des voyous (Jean Delannoy) – Fantômas contre Scotland Yard (André Hunebelle) –  Un idiot à Paris (Serge Korber) – Roger-la-Honte (Riccardo Freda) – 1967  Fleur d’oseille (Georges Lautner) – Le grand dadais (Pierre Granier-Deferre) – Les risques du métier (André Cayatte) – Les Poneyttes (Joël Le Moigne) – Les grandes vacances (Jean Girault, rôle coupé au montage ?) – Les biches (Claude Chabrol) – La petite vertu (Serge Korber) – Caroline Chérie (Denys de la Patellière) – Le pacha (Georges Lautner) – 1968  Faut pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvage (Michel Audiard) – Ho ! (Robert Enrico) – Le gendarme se marie (Jean Girault) – Sous le signe de Monte-Cristo (André Hunebelle) – Faites donc plaisir aux amis (Francis Rigaud) – Le cerveau (Gérard Oury) – La femme infidèle (Claude Chabrol) – L’amour (Richard Balducci) – L’amour c’est gai, l’amour c’est triste (Jean-Daniel Pollet) – 1969  Que la bête meure (Claude Chabrol) – Une veuve en or (Michel Audiard) – Delphine (Éric Le Hung) – Solo (Jean-Pierre Mocky) – L’étalon (Jean-Pierre Mocky) – Elle boit pas, elle fume pas, elle drague pas… mais elle cause (Michel Audiard) – La horse (Pierre Granier-Deferre) – Les choses de la vie (Claude Sautet) – Dernier domicile connu (José Giovanni) – La promesse de l’aube / Promise at dawn (Jules Dassin) – Qu’est-ce qui fait courir les crocodiles ? (Jacques Poitrenaud) – 1970  La rupture (Claude Chabrol) – Sortie de secours (Roger Kahane) – Les novices (Guy Casaril) – Ils (Jean-Daniel Simon) – Comme larrons en foire (Edmond Freess, CM) – Le gendarme en balade (Jean Girault) –Le cinéma de papa (Claude Berri) – Juste avant la nuit (Claude Chabrol) – L’albatros (Jean-Pierre Mocky) – Le cri du cormoran, le soir, au-dessus des jonques (Michel Audiard) –Max et les ferrailleurs (Claude Sautet) – On  est toujours trop bon avec les femmes (Michel Boisrond) – L’explosion (Marc Simenon) – 1971  La grande maffia (Philippe Clair) – Jo (Jean Girault) – Chut ! (Jean-Pierre Mocky) – L’odeur des fauves (Richard Balducci) – Les galets d’Étretat (Sergio Gobbi) – Une larme dans l’océan (Henri Glaeser) – 1972  Docteur Popaul (Claude Chabrol) – Elle cause plus… elle flingue (Michel Audiard) – Trop jolies pour être honnêtes (Richard Balducci) – La scoumoune (José Giovanni) – Le fils (Pierre Granier-Deferre) – Don Juan 73 ou Si Don Juan était une femme (Roger Vadim) – Le complot (René Gainville) – 1973  Les aventures de Rabbi Jacob (Gérard Oury) – Par ici la monnaie (Richard Balducci) – Deux hommes dans la ville (José Giovanni) – O.K. Patron (Claude Vital) – Nada (Claude Chabrol) – La race des seigneurs (Pierre Granier-Deferre) – Les quatre Charlots mousquetaires ! (André Hunebelle) – 1974  Les innoncents aux mains salles (Claude Chabrol) – Un linceul n’a pas de poches (Jean-Pierre Mocky) – La cage (Pierre Granier-Deferre) – 1975  L’ibis rouge (Jean-Pierre Mocky) – Adieu poulet (Pierre Granier-Deferre) – Andréa (Henri Glaeser) – L’intrépide (Jean Girault) – Folies bourgeoises (Claude Chabrol) – 1976  Mado (Claude Sautet) – Dracula, père et fils (Édouard Molinaro) – Le roi des bricoleurs (Jean-Pierre Mocky) – Bartleby (Maurice Ronet, téléfilm diffusé en salles) – Le pensionnat et ses intimités (Catherine Balogh [= René Gainville]) – 1977  L’homme pressé (Édouard Molinaro) – Violette Nozière (Claude Chabrol) – Comment se faire réformer (Philippe Clair) – 1978  Les réformés se portent bien (Philippe Clair) – Le témoin (Jean-Pierre Mocky) – 1979  Le piège à cons (Jean-Pierre Mocky) – Le toubib (Pierre Granier-Deferre) – Le mors aux dents (Laurent Heynemann) – L’associé (René Gainville) – Mais qu’est-ce que j’ai fait au bon Dieu pour avoir une femme qui boit dans les cafés avec les hommes ? (Jan Saint-Hamon) – 1980  Un mauvais fils (Claude Sautet) – 1981  Une étrange affaire (Pierre Granier-Deferre) – Pour la peau d’un flic (Alain Delon) – Tais-toi quand tu parles ! (Philippe Clair) – L’Étoile du Nord (Pierre Granier-Deferre) – Les misérables (Robert Hossein, + version TV) – Litan, la cité des spectres verts (Jean-Pierre Mocky) – 1982  Y a-t-il un français dans la salle ? (Jean-Pierre Mocky) – N’oublie pas ton père au vestiaire… (Richard Balducci) – Plus beau que moi, tu meurs (Philippe Clair) – 1983  L’ami de Vincent (Pierre Granier-Deferre) – On l’appelle catastrophe (Richard Balducci) – Retenez-moi… ou je fais un malheur ! (Michel Gérard) – À mort l’arbitre ! (Jean-Pierre Mocky) – Le sang des autres (Claude Chabrol, + version TV) – 1984  Par où t’es rentré… on t’a pas vu sortir (Philippe Clair) – Y a pas le feu (Richard Balducci) – Poulet au vinaigre (Claude Chabrol) – 1985  Banana’s boulevard (Richard Balducci) – Le pactole (Jean-Pierre Mocky) – 1986  Masques (Claude Chabrol) – Cours privé (Pierre Granier-Deferre) – Le miraculé (Jean-Pierre Mocky) –1987  Noyade interdite (Pierre Granier-Deferre) – Le cri du hibou (Claude Chabrol) – Agent trouble (Jean-Pierre Mocky) – Les saisons du plaisir (Jean-Pierre Mocky) – La comédie du travail (Luc Moullet) – 1988  Une nuit à l’assemblée nationale (Jean-Pierre Mocky) – Le dénommé (Jean-Claude Dague) – Divine enfant (Jean-Pierre Mocky) – 1989  Les sièges de l’Alcazar (Luc Moullet, MM) – Jours tranquilles à Clichy (Claude Chabrol) – L’autrichienne (Pierre Granier-Deferre) – 1990  Madame Bovary (Claude Chabrol) – Delicatessen (Jean-Pierre Jeunet & Marc Caro) – 1991  Mocky story (Jean-Pierre Mocky, inédit) – Le huitième jour ou les pieds gelés (Roland Platte, CM) – La voix (Pierre Granier-Deferre) – Ville à vendre (Jean-Pierre Mocky) – 1992  Bonsoir (Jean-Pierre Mocky) – 1993  Le petit garçon (Pierre Granier-Deferre) – 1994  Noir comme le souvenir (Jean-Pierre Mocky) – 1996  Jour de pêche (Brice Ansel, CM) – 1996  Alliance cherche doigt (Jean-Pierre Mocky) – 1997  Robin des mers (Jean-Pierre Mocky) – 1998  Au cœur du mensonge (Claude Chabrol) – Vidange (Jean-Pierre Mocky) – 1999  Tout est calme (Jean-Pierre Mocky) – 2000 Vidocq (Pitof) – 2001  Les araignées de la nuit (Jean-Pierre Mocky) – La bête de miséricorde (Jean-Pierre Mocky) – 2002  Le furet (Jean-Pierre Mocky) – 2004  L’amour aux trousses (Philippe Chauveron) – Touristes ? oh yes ! (Jean-Pierre Mocky) – Les ballets écarlates (Jean-Pierre Mocky) – Grabuge !  (Jean-Pierre Mocky) – 2005  Le bénévole (Jean-Pierre Mocky) – 2006  Le deal (Jean-Pierre Mocky) – 2007 13 French Street (Jean-Pierre Mocky).

 

 

Dominique Zardi, Ingrid Bergman et Henri Attal… de dos dans « Aimez-vous Brahms? »

(1) Filmographie « dorsale » : 1945  La ferme du pendu (Jean Dréville) – 1946  La revanche de Roger La Honte (André Cayatte) – 1947  Carré de valets (André Berthomieu) – Le bateau à soupe (Maurice Gleize) – 1953  Les trois mousquetaires (André Hunebelle) – Maternité clandestine (Jean Gourguet) – 1954  La fille perdue (Jean Gourguet) – 1958  Cette nuit-là (Maurice Cazeneuve, figuration non confirmée) – La chatte (Henri Decoin, figuration non confirmée) – Le bossu (André Hunebelle, figuration non confirmée) – 1961  La belle américaine (Robert Dhéry, source sa fiche Wikipédia) – 1962  Charade (Id) (Stanley Donen, figuration non confirmée) – 1963   Carambolages (Marcel Bluwal) – 1965  Paris brûle-t’il ? (René Clément, figuration non confirmée) – 1966  Tendre voyou (Jean Becker, figuration non confirmée) – 1967  Jerk à Istambul (Francis Rigaud) – J’ai tué Raspoutine (Robert Hossein, figuration non confirmée) – 1970  Le boucher (Claude Chabrol, chanson seulement, « Capri petite île ») – Topaz (Alfred Hitchcock, rôle coupé au montage) – 1971  La décade prodigieuse (Claude Chabrol, chanson seulement « Pour moi mon chagrin ») – 1973  Le mâle du siècle (Claude Berri, rôle coupé au montage ?) – 1982  Surprise party (Roger Vadim , rôle coupé au montage ?) – La baraka (notifié « Aimé Prado » dans sa filmographie officielle) (Jean Valère) – 1988  La couleur du vent (Pierre Granier-Deferre) – 1989   Il gèle en enfer (Jean-Pierre Mocky, rôle coupé au montage ?).

Nota : crédité au générique, avec Henri Attal,  de « À nous quatre, Cardinal ! » (André Hunebelle, 1973), ils n’apparaissent pas dans ce second volet des « Quatre Charlots mousquetaires ».

 

 

 

Dominique Zardi dans « Myster Mocky présente : De quoi mourir de rire »

Télévision(notamment) : 1953  Amédée et les hommes en rang (Jean-Claude Carrère, sous réserves) – 1963  Le scieur de longs (Marcel Bluwal) – 1964  L’abonné de la ligne U (Yannick Andréi) – 1965  La famille Green (Abder Isker) – Docteur Grunel (Éric Le Hung) – Frédéric le guardian (Jacques R. Villa) – 1966  Antony (Jean Kerchbron) – La trompette de la Bérésina (Jean-Paul Carrère) – 1967 L’amateur / S.O.S. Fernand : Le coup de fil – Docteur Gundel (Éric Le Hung) – Pichi-Poï ou la parole donnée (François Billetdoux) – Vidocq :  L’auberge de la mère tranquille (Marcel Bluwal) – Malican père et fils : (épisode ?) –  Max le débonnaire : Le point d’honneur (Jacques Deray) – Jean de la Tour Miracle (Jean-Paul Carrère) – Lagardère : Les noces du bossu (Jean-Pierre Decourt) (1) – 1968  La boniface (Pierre Cardinal) – 1969  L’invité du dimanche : Claude Chabrol (Roger Kahane) – 1971  Les coups (Jacques Lefebvre) – Madame êtes vous libre ? (Jean-Paul Le Chanois) – 1972  Les misérables (Marcel Bluwal) – 1973  La ligne de démarcation : Guillaume (Jacques Ertaud) – Les nouvelles aventures de Vidocq : Les deux colonels (Victor Vicas) – 1974  Histoires insolites : Une invitation à la chasse (Claude Chabrol) – Les brigades du tigre : Ce siècle avait sept ans (Victor Vicas) – 1975  Jo Gaillard : Cargaison dangereuse (Christian-Jaque) –  Adieu Amédée (Jean-Paul Carrère) – 1976  Les brigades du tigre : L’homme à la casquette (Victor Vicas) – 1977  Emmenez-moi au Ritz (Pierre Grimblat) – Richelieu (Jean-Pierre Decourt) – Les enquêtes du commissaire Maigret : Au rendez-vous des Terre-Neuvas (Jean-Paul Sassy) – 1978  Claudine s’en va (Édouard Molinaro) – Il était un musicien : Monsieur Litz (Claude Chabrol) – 1979  Histoires insolites : Une dernière fois Catherine (Pierre Grimblat) – Le journal (Philippe Lefebvre) – Staline-Trotsky : Le pouvoir et la révolution (Yves Ciampi) – Fantômas : L’échafaud magique (Claude Chabrol) – 1980  Les enquêtes du commissaire Maigret : L’affaire Saint-Fiacre (Jean-Paul Sassy, + chanson du film) – Les dossiers de l’écran : Le grand fossé (Yves Ciampi) – Jean Jaurès : vie et mort d’un socialiste (Ange Casta) – Arsène Lupin joue et perd (Alexandre Astruc) – 1981  Anthelme Collet ou le brigand gentilhomme (Jean-Paul Carrère) – Histoires extraordinaires : Le scarabée d’or (Maurice Ronet) – L’atterrissage (Éric Le Hung) – 1982  Démobilisation générale (Hervé Bromberger) – 1983  Médecins de nuit : Jo Formose (Stéphane Bertin) – La veuve veuve rouge (Édouard Molinaro) – Thérèse Humbert (Marcel Bluwal) – 1984  L’âge vermeil (Roger Kahane) – 1985  Music Hall (Marcel Bluwal) – 1986  Maguy : Aux armes mitoyens (Ariane Ardiani, CM) – 1988  Marc et Sophie : Agents très spéciaux (Georges Bensoussan, CM) – Tourbillons (Josée Dayan, mini-série) – À corps et à cris (Josée Dayan) – 1989  Les deux frères (Roger Kahane) – La goutte d’or (Marcel Bluwal) – 1991  Le gang des tractions : Le dernier round (Josée Dayan) – Myster Mocky : La méthode Barnol (Jean-Pierre Mocky, CM) (diffusé en 2007 par « 13ème rue » dans la collection « Mister Mocky présente… d’après les nouvelles d’Alfred Hitchcock) – 1992  Aldo tout risque : Direct au cœur (Claude Vital) – Tout ou presque (Claude Vital) – 1994  Tribunal : Terrain glissant (George Bensoussan, CM) – 1995  La rivière espérance (Josée Dayan) – La dernière fête (Pierre Granier-Deferre) – 1996  La nouvelle tribu (Roger Vadim) – 2000  Les misérables (Josée Dayan) – 2002  Michel Audiard et le mystère du triangle des Bermudes (François-Régis Jeanne & Stéphane Roux, documentaire DVD) – 2006  Mocky circus (Emmanuel Barnault, documentaire) – 2008  Myster Mocky présente : Dans le lac (Jean-Pierre Mocky, CM) – Myster Mocky présente : Témoins de choix (Jean-Pierre  Mocky, CM) – 2009  Myster Mocky présente : De quoi mourir de rire (Jean-Pierre Mocky, CM).

(1) il n’apparaît pas dans la version cinéma de la série, présenté en 1968, en deux parties sous le titre « Les aventures de Lagardère »

Mise à jour du 14/10/2009

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Henri Attal

Henri Attal et Jean-Pierre Mocky dans « Le glandeur »

Cet éternel abonné aux rôles de tueurs et de bagnards – à l’image de « L’affreux » dans « Elle cause plus… elle flingue » de Michel Audiard en 1972, sorte de rôle étalon de sa carrière – est un grand oublié des dictionnaires. Second couteau par excellence et figure singulière du cinéma français, il semble impossible de dresser sa filmographie exhaustive. Brun, ténébreux, le sourcil épais, trucider son prochain semble pour lui une seconde nature. Il est souvent en tandem avec Dominique Zardi : « …Attal, je l’ai rencontré par hasard dans un studio. Je le connaissais vaguement de vue, et je me suis aperçu très vite que tout le monde disait Attal et Zardi, Attal et Zardi! Alors que je n’ai rien en commun avec lui. J’étais petit, blond, timide, réservé, avec une nature assez profonde et entière, et lui c’est un personnage très flou, très pittoresque, c’est un elfe, un mec qui n’existe pas. A 60 ans, il n’a toujours pas de domicile, c’est un homme très étrange! On a constitué sans s’en rendre compte un couple atypique. On était tellement différents, opposés, « in conflitto » comme disent les Italiens, en conflit, parce que Attal, dans les films est bohème, « voleur », fou et faux… exactement ce que je ne suis pas ! En France on ne sait pas travailler avec des gens atypiques ! Enfin pas encore ! Peut-être que de nouveaux cinéastes le verront avec des visions plus grandes ! » Travelling avant N°10–1997). On les retrouve souvent à la limite de la figuration : dans une bagarre face à Fernandel dans « L’assassin est dans l’annuaire » (1961), spectateurs à la boxe dans « Les petits matins » (1961) et même en smoking (un contre-emploi!), allant au concert et croisant Ingrid Bergman et Yves Montand dans « Goodbye again (Aimez-vous Brahms) » (1961). Quand on les voit en apaches, roder autour de petites filles dans « Paradiso, hôtel du libre échange » (1965), on en frémit d’avance. Dans des rôles plus conséquents, Attal et Zardi sont hommes de main de Fantômas dans la trilogie d’André Hunebelle. Tué dans le premier épisode, Attal « ressuscite » dans le suivant !, pour devenir un Écossais édenté et idiot dans « Fantômas contre Scotland Yard » (André Hubelle, 1966). Ils sont tueurs à la solde de Robert Hossein dans « Le vice et la vertu » (Roger Vadim, 1962), tueurs – again !- dans « Mort d’un tueur » (Robert Hossein, 1963), truands terrorisants un troupeau de vaches dans « La horse » (Pierre Granier-Deferre, 1969) ou habitués des castings à la recherche d’un rôle dans « Le cinéma de Papa » (Claude Berri, 1970). Mais ils sont souvent amusants, même en sbires anglais (!) d’Edward Meeks dans « Pleins feux sur Stanislas » (Jean-Charles Dudrumet, 1965). Il faut les voir dans cette parodie de films d’espionnages, batailler avec Billy Kearns et Clément Harari, ils ont pour seule réplique un « Yes sir ! », clin d’oeil sans doute à la réplique de Robert Dalban dans « Les tontons flingueurs ».

Avec Dominique Zardi dans « Les plus grandes escroqueries du monde »

Ils étaient assez violents au début de leur carrière à l’image d’un mémorable témoignage dans « Cinéma Cinémas » en 1990 où ils racontent avoir jeté à l’eau la caméra de l’équipe de tournage du film « Saint-Tropez Blues » (1960) suite à une promesse non tenue d’y participer. Les témoignages par téléphone de Jean Becker, Claude de Givray, Claude Chabrol et Jean-Pierre Mocky, y sont riches d’anecdotes. Résultat : ils sont dans le film dans des rôles de marins bagarreurs ! Claude Chabrol les prend en sympathie en 1959, pour « Les bonnes femmes ». : « Ils cassaient la gueule à ceux qui ne voulaient pas les engager. Je les avais prévenus dès le départ. Je voulais bien les engager, et le fait que leurs noms commencent par A et Z m’amusait. Mais je leur avais dit « Il ne faut pas me menacer, parce que le jour où vous me faites chier, je vous envoie foutre. Si vous voulez qu’on se bagarre, on le fera, mais je ne suis pas du tout sûr que vous allez y gagner, parce que je suis vicieux comme le diable, vous aussi, et ça risque de mal se terminer ». Avec moi, ils ont toujours été très convenables. Je les aime bien. » – Conversation avec Claude Chabrol, un jardin bien à moi (François Guérif, Editions Denoël, 1999). Il leur offre leurs meilleurs rôles comme celui de Robègue pour Attal et de Riais pour Zardi (jeu de mot avec Alain Robbe-Grillet) dans “Les Biches” (1967), un tandem pédant (« Je montre deux emmerdeurs…, deux faux artistes qui font de la peinture bidon et de la musique à l’aide de trois tam-tams, d’un piston à coulisse et d’une machine à écrire. En un mot l’art qui emmerde tout le monde… » – Claude Chabrol dans « Claude Chabrol par Guy Braucourt » (Editions Seghers, 1971). Toujours chez Chabrol, ils sont gardes : « Ophélia » (1961), gendarmes :  « Landru » (1962), vigiles de la Tour Eiffel aux prises avec Francis Blanche qui se croit propriétaire des lieux suite à une escroquerie : « Les plus grandes escroqueries du monde : L’homme qui vendit la Tour Eiffel » (1963), tueurs dans un aéroport : « Le tigre se parfume à la dynamite » (1964), agresseurs de Maurice Ronet : « Le scandale » (1966), etc…. Il est à noter qu’Attal trouve souvent chez Chabrol – qui m’avait témoigné son estime envers lui – l’occasion d’essayer d’autres emplois, tel un « pilier de comptoir » halluciné, dans « Une femme infidèle » (1968), amusant Michel Bouquet par son comportement, l’officier de police précautionneux face à François Périer dans « Juste avant la nuit » (1970), la vieille sourde (sic) dans “Docteur Popaul” (1972), personnification inattendue du « destin », le policier qui essaie en vain de raisonner Michel Aumont dans ses pulsions sadiques dans « Nada » (1973), spectateur passionné du procès de « Violette Nozière » (1977), ou encore l’huissier courtois (nommé Me Hareng ! » dans « Madame Bovary » (1991). 

Ils intègrent le « Mocky Circus » (selon la formule d’Éric Le Roy), Attal est un policier blâmant Zardi, voyeur espionnant un couple d’amoureux caché sous une voiture dans « Les vierges » (1962). Jean-Pierre Mocky les utilise souvent depuis, ensemble ou séparés, tel pour Henri Attal, le passager d’un train, manquant de se faire voler son panier à chat par Jean Poiret dans “La bourse et la vie” (1965).

Henri Attal & Dominique Zardi – en arrière plan – dans « Topaz – L’étau »

Ils tournent un temps avec Jean-Luc Godard, en faux aveugles dans “Une femme est une femme” (1960), ne reconnaissant pas Jean-Paul Belmondo, pourtant ancien ami indicateur puis déclarant « avec ses lunettes noires, on n’y voit rien du tout! », pompistes agressés violemment (pour une fois !) par le tandem Anna Karina-Belmondo dans “Pierrot le fou” (1965) et en consommateurs de café égrillards dans “Masculin Féminin” (1965), lisant un texte érotique à haute voix (effet décalé obligatoire). Attal et Zardi manquent même d’obtenir le rôle titre des Carabiniers, projet annulé suite à une brouille avec le producteur Georges de Beauregard. Ils participent même au film d’Alfred Hitchcock, « Topaz (L’étau) » en 1969, en tueurs au stade « Charlety », mais la scène est coupée au montage final. On retrouve Attal, cavalier seul, en apache, montrant à d’autres truands comment se comporter dans le grand monde, lors de l’enterrement d’Arsène Lupin (mais en tenant le goupillon à l’envers, il perturbe avec drôlerie la cérémonie), dans « Arsène Lupin contre Arsène Lupin »  (1962), en ouvrier harangué par les nazis dans “Le vampire de Düsseldorf” (1964), inspecteur à la morgue dans « Galia » (1965)… Dans les années 70-80, il est un onaniste dans « Sex-Shop » (1972), un truand priant à genoux (avec ses codétenus Henri Virlojeux et Carlo Nell) … pour la réussite d’un cambriolage dans “Trop jolies pour être honnêtes” (1972), un concierge suspicieux dans “Gross Paris” (1973), un gardien de prison qui joue nerveusement aux cartes dans « Bartleby » (1976), un huissier au tribunal dans « L’autrichienne » (1989) ou encore un quidam se désolant, dans un hôpital, que l’on vienne agoniser sur son paillasson dans « Trois hommes à abattre » (1980). Enfin, il figure souvent dans les films de Claude Zidi tel le terroriste à la couscoussière, dans « Les sous-doués » (1979) ou le personnage à la gâchette facile de « Dédé La Mitraille » que provoque délibérément Philippe Noiret,  pour créer un carnage dans “Les Ripoux” (1984).



Avec Stéphane Audran & Dominique Zardi dans « Les biches »

Plus récemment, on le retrouve en figurant dans le film de Bertrand Tavernier “Laissez-passer” (2001), et chez Claude Chabrol, en vendeur de rue insistant pour offrir un sandwich grec à Michel Serrault dans “Rien ne va plus” (1997) et en beau-père impotent que visite Nathalie Baye dans « La fleur du mal » (2002). Chez Jean-Pierre Mocky, il est un ouvrier algérien dévoué dans « Le roi des bricoleurs » (1976), chômeur proposant un verre à Jacqueline Maillan – qu’elle refuse en lui déclarant un ironique « Il est charmant ! » – dans “Ville à vendre” (1991), un amateur du vin Iroulégui dans « Alliance cherche doit » (1997), un mystérieux « pestiféré », comparse de Noël Godin dans « Tout est calme » (1999), ou un badaud complètement fou, coiffé d’un journal, qui surveille des ouvriers – il pense qu’en les regardant, il les motive ! – dans « Le glandeur » (1999). Le sbire de Don Salvatore – campé savoureusement par un Michael Lonsdale « Wellesien » – dans “Le Furet” (2003) est sa dernière composition. Visiblement fatigué, le bras gauche dans le plâtre, il fait preuve d’une belle énergie face aux facéties téléphoniques de Jacques Villeret. Ces dernières années il vivait à Berck-sur-Mer (Pas-de-Calais), grâce à la comédienne Marie-France Boyer, qui lui avait trouvé un logement. Il meurt dans le dénuement et une grande discrétion, dans des conditions dramatiques, laissant son grand ami Dominique Zardi triste devant le silence sur ce fidèle serviteur du cinéma français. Pour avoir rentré souvent son nom sur le site IMDB afin de compléter sa filmographie, gageons que nous retrouverons encore d’autres rôles non répertoriés de Henri Attal, petite manière pour nous de continuer de rendre hommage à ce fidèle serviteur du cinéma français mort le 24 juillet 2003 des suites d’une violente crise d’asthme.

Avec Perrette Pradier & Dominique Zardi dans « Furia à Bahia pour OSS 117 »

Filmographie : 1958  Asphalte (Hervé Bromberger) – 1959  Les bonnes femmes (Claude Chabrol) – 1960  Les godelureaux (Claude Chabrol) – Goodbye Again (Aimez-vous Brahms ?) (Anatole Litvak) – Une femme est une femme (Jean-Luc Godard) – Saint Tropez Blues (Marcel Moussy) – 1961  L’assassin est dans l’annuaire (Léo Joannon) – Les parisiennes [épisode «Sophie »] (Marc Allégret) – Les petits matins (Jacqueline Audry) – Auguste (Pierre Chevalier) – Le monte-charge (Marcel Bluwal)Ophélia (Claude Chabrol) -1962  Vivre sa vie (Jean-Luc Godard) – Le vice et la vertu (Roger Vadim) – Mélodie en sous-sol (Henri Verneuil) – Landru (Claude Chabrol) – Arsène Lupin contre Arsène Lupin (Édouard Molinaro) – Les vierges (Jean-Pierre Mocky) – 1963  O.S.S. 117 se déchaîne (André Hunebelle) – Méfiez-vous Mesdames ! (André Hunebelle) – Faites sauter la banque (Jean Girault) – Les plus belles escroqueries du monde [épisode « L’homme qui vendit La Tour Eiffel »] (Claude Chabrol) – L’assassin connaît la musique… (Pierre Chenal) – La mort d’un tueur (Robert Hossein) – Hardi Pardaillan (Bernard Borderie) – Du grabuge chez les veuves (Jacques Poitrenaud) – Château en Suède (Roger Vadim) – 1964  Échappement libre (Jean Becker) – Fantômas (André Hunebelle) – Le tigre aime la chair fraîche (Claude Chabrol) – Les gorilles (Jean Girault) – Le vampire de Düsseldorf (Robert Hossein) – La chasse à l’homme (Jean Girault) – 1965  Furia à Bahia pour OSS 117 (André Hunebelle) – Paris au mois d’Août (Pierre Granier-Deferre) – Galia (Georges Lautner) – Marie-Chantal contre le docteur Kha (Claude Chabrol) – Pleins feux sur Stanislas (Jean-Charles Dudrumet) – Fantômas se déchaîne (André Hunebelle) – Masculin Féminin (Claude Chabrol) – La bourse et la vie (Jean-Pierre Mocky) – Hotel Paradiso (Paradiso, hôtel du libre-échange) (Peter Glenville) – 1966  La ligne de démarcation (Claude Chabrol) – Roger la Honte (Riccardo Freda) – Le scandale (Claude Chabrol) – Fantômas contre Scotland Yard (André Hunebelle) – Brigade anti-gangs (Bernard Borderie) – 1967  Mise à sac (Alain Cavalier) – Les biches (Claude Chabrol) – Les grandes vacances (Jean Girault) – Le pacha (Georges Lautner) – 1968  La femme infidèle (Claude Chabrol) – Le cerveau (Gérard Oury) – 1969  Une veuve en or (Michel Audiard) – Horse, La (Pierre Granier-Deferre) – Borsalino (Édouard Molinaro) – Topaz (L’étau)  (Alfred Hitchcock, rôle coupé au montage) – 1970  Le cinéma de papa (Claude Berri) – Le gendarme en balade (Jean Girault) – Juste avant la nuit (Claude Chabrol) – 1971  Jo (Jean Girault) – La grande maffia… (Philippe Clair) – 1972  Sex-Shop (Claude Berri) – Docteur Popaul (Claude Chabrol) – Elle cause plus…, elle flingue (Michel Audiard) – Don Juan ou si Don Juan était une femme (Roger Vadim) – Trop jolies pour être honnêtes (Richard Balducci) – Moi y’en a vouloir des sous (Jean Yanne) – 1973  Ursule et Grelu (Serge Korber) – Le train (Pierre Granier-Deferre) – Nada (Claude Chabrol) – Gross Paris (Gilles Grangier) – Les quatre Charlots mousquetaires (André Hunebelle) – 1974  Borsalino & Co (Jacques Deray) – Une partie de plaisir (Claude Chabrol) – Les innocents aux mains sales (Claude Chabrol) – 1975  La course à l’échalote (Claude Zidi) – Adieu, poulet (Pierre Granier-Deferre) – Folies bourgeoises (Claude Chabrol) – 1976  Le corps de mon ennemi (Henri Verneuil) – Bartleby (Maurice Ronet, téléfilm diffusé en salles) – Le gang (Jacques Deray) – Le roi des bricoleurs (Jean-Pierre Mocky) – 1977  L’homme pressé (Édouard Molinaro) – Le point de mire (Jean-Claude Tramont) – L’animal (Claude Zidi) – Et vive la liberté! (Serge Korber) – Comment se faire réformer (Philippe Clair) – La zizanie (Claude Zidi) – Violette Nozière (Claude Chabrol) – 1978  Le témoin (Jean-Pierre Mocky) – Les réformés se portent bien (Philippe Clair) – Plein les poches pour pas un rond… (Daniel Daert) – Once in Paris (Frank D. Gilroy) – La carapate (Gérard Oury) – Je vous ferai aimer la vie (Serge Korber) – Flic ou voyou (Georges Lautner) – 1979  Le piège à cons (Jean-Pierre Mocky) – Le toubib (Pierre Granier-Deferre) – 1980  Trois hommes à abattre (Jacques Deray) – Le coup de parapluie (Gérard Oury) – Cherchez l’erreur (Serge Korber) – Les sous-doués (Claude Zidi) – Pour la peau d’un flic (Alain Delon) – 1981  Litan, la cité des spectres verts (Jean-Pierre Mocky) – 1982  Les misérables (Robert Hossein) – Pour 100 briques t’as plus rien… (Édouard Molinaro) – 1983  Le marginal (Jacques Deray) – À mort l’arbitre (Jean-Pierre Mocky, rôle coupé au montage final) – 1984  Les ripoux (Claude Zidi) – Le vengeance du serpent à plumes (Gérard Oury) – Par où t’es rentré ? on t’as pas vu sortir (Philippe Clair) – Poulet au vinaigre (Claude Chabrol) – 1986  Masques (Claude Chabrol) – Le solitaire (Jacques Deray) – 1987  Le cri du hibou (Claude Chabrol) – 1988  Une affaire de femmes (Claude Chabrol) – 1989  L’autrichienne (Pierre Granier-Deferre) – Jours tranquilles à Clichy (Claude Chabrol) – 1990  Madame Bovary (Claude Chabrol) – 1991  La totale! (Claude Chabrol) – Betty (Claude Chabrol) – Ville à vendre (Jean-Pierre Mocky)1992  L’inconnu dans la maison (Claude Chabrol) – Bonsoir (Jean-Pierre Mocky) – 1996  Alliance cherche doigt (Jean-Pierre Mocky) – 1997  Rien ne va plus (Claude Chabrol) –  Vidange (Jean-Pierre Mocky) – 1998  Tout est calme (Jean-Pierre Mocky) -1999  La candide Madame Duff (Jean-Pierre Mocky) – Le glandeur (Jean-Pierre Mocky) – 2000  Laissez-passer (Bertrand Tavernier) – 2002  La fleur du mal (Claude Chabrol) – Le furet (Jean-Pierre Mocky). Télévision : (notamment) : 1967  Lagardère (Jean-Pierre Decourt) – 1974  Histoires insolites : Une invitation à la chasse (Claude Chabrol) – 1975  Jo Gaillard : Cargaison dangereuse (Christian-Jaque) – 1977  Emmenez-moi au Ritz (Pierre Grimblat) – Les enquêtes du commissaire Maigret : Au rendez-vous des Terre-Neuvas (Jean-Paul Sassy) – 1978  Claudine à l’école (Édouard Molinaro) – 1979  Le roi qui vient du sud (Marcel Camus, série TV) – 1980  Les dossiers de l’écran : Le grand fossé (Yves Ciampi) – Arsène Lupin joue et perd (Alexandre Astruc) – Fantômas : l’échafaud magique (Claude Chabrol) – 1981  Le système du docteur Goudron et du professeur Plume (Claude Chabrol) – 1991  Le gang des tractions : Saint-Germain (Josée Dayan) – 1996  La nouvelle tribu (Roger Vadim).

Remerciements à Claude Chabrol, Dominique Zardi et à l’équipe de « secondscouteaux.com ». (Mise à jour du 11/02/2011). Nota (private joke) : attention aux « suceurs de roues », pillant allègrement le travail des autres, ils sont priés de ne pas recopier bêtement cette note, surtout quand je me trompe de film ! On saluera donc la réactivité pour rectifier l’erreur suite à cette petite remarque !

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Charles Millot

Charles Millot dans « L’affaire Crazy Capoo »

Il était le « bon docteur » dans le « Kulte » « Les Barbouzes » (Georges Lautner, 1964), où il faisait jeu égal, en espion russe, avec Francis Blanche, Lino Ventura et Bernard Blier. Il tenait déjà un peu ce rôle dans « Arsène Lupin contre Arsène Lupin » (Édouard Molinaro, 1962), où il était un « docteur » allemand, homme de main de Michel Vitold, et qui flanqué d’Henri Lambert et Jacques Herlin, préparait des trésors de « raffinement » pour torturer Jean-Claude Brialy. Il est aussi le témoin du meurtre d’une prostituée dans « La nuit des généraux » (Terence Young, 1966). Terrorisé, il hésite à se confier à Omar Sharif, ayant identifié le pantalon d’un uniforme d’officier nazi. Il tenait souvent des rôles d’Allemands (souvent chez Terence Young) ou de Russes (il était en fait Yougoslave), il était très à l’aise dans la comédie, comme dans un épisode des « Saintes Chéries » en rigoureux réceptionniste allemand malmené par le couple des « Lagarde » – rôle repris dans « Vas-y-maman » (Nicole de Buron, 1978) -. Il est idéal pour figurer une certaine ambiance « guerre froide », dans la saison 1 des « Chevaliers du ciel » (François Villiers, 1967), en mystérieux comploteur, il veut bien que José Luis de Villalonga l’aide dans de sombres desseins, mais il ne supporte pourtant pas qu’on le réveille à 5 heures du matin… On ne le retrouvait trop hélas que dans de très petits rôles comme dans « Mort d’un pourri » (Georges Lautner, 1977), en acolyte de Xavier Depraz, où sa présence bien que muette inquiète vivement. Il faut déplorer – refrain connu – la grande discrétion sur sa mort en 2003. Bibliographie : Yvan Foucart:  »Dictionnaire des comédiens français disparus » (Mormoiron, Éditions cinéma, 2008).

Filmographie : 1956  O.S.S. 117 n’est pas mort (Jean Sacha) – 1958  Rapt au deuxième bureau (Jean Stelli) – 1959  La ligne de mire (Jean-Daniel Pollet) – 1960  Der Teufel spielte Balaleika (Les révoltés du bagne) (Leopold Lahola) – 1961  Les ennemis (Édouard Molinaro) – 1962  Arsène Lupin contre Arsène Lupin (Édouard Molinaro) – L’œil du monocle (Georges Lautner) – Le gentleman d’Epson (Gilles Grangier) – 1963  Une ravissante idiote (Édouard Molinaro) – The train (Le train) – 1964  Les barbouzes (Georges Lautner) – Requiem pour un caïd (Maurice Cloche) – Passeport diplomatique agent K 8 (Robert Vernay) – Compartiments tueurs (Costa-Gavras) – 1965  Un monde nouveau / Un mondo nuovo (Vittorio de Sica) – La religieuse (Jacques Rivette) – The Poppy is also a flower (Opération Opium) (Terence Young) – 1966  Trans-Europ-Express (Alain Robbe-Grillet) – Le solitaire passe à l’attaque (Ralph Habib) – The night of the Generals  (La nuit des généraux) (Anatole Litvak) – Triple cross (La fantastique histoire vraie d’Eddie Chapman) (Terence Young) – Peau d’espion (Édouard Molinaro) – Bang Bang (Serge Piollet) –  1967  Mayerling (Terence Young) – 1969  La nuit bulgare (Michel Mitrani) – La promesse de l’aube / Promise at dawn (Jules Dassin) – La battaglia della Neretva (La bataille de la Neretva) (Veljko Bulajic) –  1970  Waterloo (Id) (Sergei Bondarchuk) – Mourir d’aimer (André Cayatte) – 1971  U gori raste zelen bor (Antun Vrdoljak) – 1972  Le serpent (Henri Verneuil) – 1973  L’affaire Crazy Capo (Patrick Jamain) – 1974  The destructors (Marseille contrat) (Robert Parrish) – Le futur aux trousses (Dolorès Grassian) – French Connection II (Id) (John Frankenheimer) – 1975  Seljacka buna 1573 (Vatroslav Mimica) – Sarajevski atentat (Attentat à Sarajevo) (Veljko Bulajic) – Le jeu avec le feu (Alain Robbe-Grillet) – 1977  Mort d’un pourri (Georges Lautner) – 1978  Le dernier amant romantique (Just Jaeckin) – Vas-y maman ! (Nicole de Buron) – La petite fille en velours bleu (Alan Bridges)  – L’adolescente (Jeanne Moreau) – 1979  Covjek koga treba ubiti (Un homme à détruire) (Veljko Bulajic) – Bloodline (Liés par le sang) (Terence Young) – 1980  Tajna Nikole Tesle (Krsto Papic) – 1981  L’ombre rouge (Jean-Louis Comolli) – Visoki napon (Haute tension) (Veljko Bulajic) – Veliki transport (Le grand transport) (Veljko Bulajic) – Banovic Strahinja (Le faucon) (Vatroslav Mimica) – 1983  Balles perdues (Jean-Louis Comolli) – 1984  Ujed andjela (Lordan Zafransvic) – 1985  Lien de parenté (Willy Rameau) – Obecana zemlja (La terre promise) (Veljko Bulajic) – 1986  Unbearable lightness of being (L’insoutenable légèreté de l’être) (Philip Kaufman) – 1987  Le cri du hibou (Claude Chabrol) – 1988  Una botta di vita (Titre TV : Les deux fanfarons) (Enrico Oldoini) – 1989  Eye of the widow (L’oeil de la veuve) (Andrew W. McLaglen) – Donator (Veljko Bulajic) – 1992  Tito i ja (Tito et moi) (Goran Markovic) – 1993  Priez pour nous (Jean-Pierre Vergne).

Charles Millot dans « Chapeau melon et bottes de cuir »

 Télévision (notamment) : 1957  Énigmes de l’histoire : Le chevalier d’Éon (Stellio Lorenzi) – Les enfants de la nuit (Jean Prat) – 1958  La part du feu (Jean Vernier) – 1961  L’exécution (Maurice Cazeneuve) – 1962  Rue du Havre (Jean-Jacques Vierne) – 1966  Illusions perdues (Maurice Cazeneuve, série TV) – 1967  Max le débonnaire : Un bon petit jules (Gilles Grangier) – Les chevaliers du ciel (saison 1, François Villiers) – 1968  Les saintes chéries : Ève et le voyage d’affaire (Jean Becker) – Les atomistes (Léonard Keigel) – 1971  Arsène Lupin : Arsène Lupin contre Herlock Sholmes (Jean-Pierre Decourt) – OSS 117 tue le taon (André Leroux) – 1972  Au théâtre ce soir : Détective story (Pierre Sabbagh) – 1973  L’espion dormant (Agnès Delarive) – Petite flamme dans la tourmente (Michel Wyn) – La nuit des lilas (Jérôme Habans, MM) – 1974  À vous de jouer Milord (Christian-Jaque) – 1975  Les brigades du Tigre : La main noire (Victor Vicas) – Les Rosenberg ne doivent pas mourir (Stellio Lorenzi) – Au théâtre ce soir : Demandez Vicky (Pierre Sabbagh) – 1977  The New Avengers (Chapeau melon et bottes de cuir) : K Is for Kill (Le long sommeil) (Jean-Marie Coulais) – 1978  Émile Zola ou la conscience humaine : Cannibales (Stellio Lorenzi) – Meurtre sur la personne de la mer (Michel Subiela) – 1980  Caméra une première : Le Labyrinthe de verre (Maté Rabinovsky) – 1981  Tovartich (Jeannette Hubert, captation) – 1985  Le regard dans le miroir (Jean Chapot) – 1986  Sins (Douglas Hickox) – 1987  La course à la bombe (Jean-François Delassus & Allan Eastman) – Napoleon and Josephine : A love story (Napoléon et Joséphine) (Richard T. Heffron) – 1988  La mort mystérieuse de Nina Chéreau (Dennis Berry) – The great escape II : The untold story (La grande évasion 2 : L’histoire enfin révélée) (Jud Taylor & Paul Wendkos) – 1989  The Saint : The Blue Dulac (Dennis Berry) – 1992  Counterskrike (Force de frappe) : La belle dame monique (Dennis Berry) – Warburg : A man of influence (Warburg, le banquier des princes) (Moshé Mizrahi).

Mise à jour du 19/07/2009