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LE COIN DU NANAR : PARIS BRULE-T-IL ?

Paris brûle-t-il ? (René Clément, 1965) – Is Paris Burning ?- en VO, revu la même semaine que le digne documentaire « Les survivants » de Patrick Rotman, diffusé sur France 3 le lundi 18 avril 2005, continue à me poser problème.

Il serait idiot de comparer ces deux oeuvres, le documentaire étant très digne sur la libération des camps, mais il peut faire comprendre le malaise que l’on peut avoir ensuite, à la vision du film de René Clément. La force du témoignage d’un côté, la faiblesse de la reconstitution de l’autre.

Ce film officiel, est un défilé de stars, avec l’ironie mordante d’un Sacha Guitry, en moins… Le choix du réalisateur de « La bataille du rail », film rigoureux et presque documentaire, pouvait sembler légitime, mais René Clément se perd dans cette grosse machine.

Le casting « all-star » dessert formidablement le film, à l’image d’Alain Delon, dans le rôle de Jacques Chaban-Delmas. Tout le monde vient y faire son petit tour, et Jean-Paul Belmondo dans le rôle d’Yvon Morandat semble même se demander ce qu’il fait là. L’anecdote est privilégiée et l’histoire réécrite (Les problèmes du colonel Rol – campé sobrement par Bruno Cremer – avec le reste de la résistance). Dans un hors série de Ciné-Revue, on voyait même une photo de Romy Schneider, tournant dans ce film, son rôle doit être coupé au montage final, de même de Michael Lonsdale souvent annoncé dans le rôle de Debu-Bridel… voir distribution complète sur IMDB.

On peut sauver à la rigueur Pierre Vaneck dans le rôle de Cocteau-Gallois et Claude Rich dans le double rôle de Leclerc, et d’un commandant bondissant. Le choix de Suzy Delair, que l’on voit bien en Parisienne à l’arrestation de Von Choltitz- contrairement à ce qu’affirme Raymond Chirat dans son dictionnaire, dont le générique est d’ailleurs repris dans le site de la BIFI – est assez regrettable, compte tenu de ses débuts à la Continental et ses ambiguïtés avec le régime nazi à l’époque.

Les comédiens sont tous doublés en français (Gert Fröbe par Claude Bertrand, Orson Welles par Georges Aminel et Rudy Lenoir -inévitable dans son rôle d’officier SS, en dehors des films d’Alain Payet et Jean-Pierre Mocky- par Robert Dalban !. On se souvient que dans « Le jour le plus long » il n’y avait pas ce doublage intempestif, qui nuit à la crédibilité du film. Voir également La gazette du doublage.

De plus l’utilisation des archives réelles, insérées dans le film (choisies par Frédéric Rossif), ne fait que renforcer le côté factice du film, le noir et blanc ne légitime en rien l’épopée de l’affaire mais surligne les clichés. Le film est assez plaisant à voir, on peut s’amuser à reconnaître quelques débutants – dont Patrick Dewaere, en étudiant exécuté de manière presque subliminale -. Mais le tout est assez vain, même si René Clément n’est pas entièrement responsable : « … En dépit des heurts répétés et souvent violents qu’il eut avec le producteur tout au long des prises de vues »… Clément refusa de jouer le jeu chercha à faire son film… » René Clément par André Farwagi (Éditions Seghers, 1967).

MORT DE MARIA SCHELL

Annonce hier de la mort de Maria Schell, son sourire – quoique souvent raillé – était inimitable. René Clément avait eu l’intelligence de ne pas la doubler dans « Gervaise », où elle se battait avec Suzy Delair. Elle avait une tristesse dans son regard, mais avec de la malice, comme dans son rôle de mère de Marthe Keller, dans « Le diable par la queue » (Philippe de Broca, 1968). Elle avait obtenu le prix de la meilleure interprétation féminine à Cannes.

A lire le portrait de Philippe Pelletier dans Les gens du cinéma

Articles :

Nécrologie par Jean-Luc Douin

Maria Schell, actrice autrichienne, de Guitry à Visconti

LE MONDE | 27.04.05 | 14h20  •  Mis à jour le 27.04.05 | 14h49

Article paru dans l’édition du 28.04.05

L’actrice autrichienne Maria Schell est morte, mardi 26 avril, dans le sud de l’Autriche. Elle était âgée de 79 ans.

Née Margarete Schell-Noë le 15 janvier 1926 à Vienne, d’un père écrivain et d’une mère actrice, Maria Schell avait quitté son pays d’origine en 1938 pour venir s’installer en Suisse avec ses parents et son frère cadet Maximilian, qui, comme elle, fera carrière dans le cinéma, comme comédien puis réalisateur. Maria Schell débute dès son arrivée en Suisse, revient à Vienne en 1949, puis s’installe en Angleterre car elle a signé un contrat avec Alexandre Korda.

Sacha Guitry est le premier à la faire tourner en France : elle est l’archiduchesse dans Napoléon (1954). Cette même année, elle obtient le prix d’interprétation à Cannes pour son rôle dans Le Dernier Pont de son compatriote Helmut Kautner, où elle interprète une femme médecin de l’armée allemande kidnappée par des partisans yougoslaves.

Après Les Rats de Robert Siodmak (1955), Gervaise de René Clément (1955), Nuits blanches de Luchino Visconti (1957), Hollywood l’appelle. Elle y tourne Les Frères Karamazov de Richard Brooks (1958), La Colline des potences de Delmer Daves (1960), La Ruée vers l’Ouest d’Anthony Mann (1960). Alexandre Astruc lui offre son plus grand rôle : celui de l’héroïne d’Une vie (1958), d’après Guy de Maupassant.

Maria Schell est alors l’incarnation de la jeune fille blonde et pure au sourire désarmant, dotée d’une pointe d’accent. Mais c’est son regard, surtout, qui subjugue, et Jean-Luc Godard, dans les Cahiers du cinéma, évoque à propos de ce film « les yeux de Maria Schell bleu Ramuz » .

Sa carrière internationale continue par L’assassin connaît la musique de Pierre Chenal (1963), Le Diable par la queue de Philippe de Broca (1968), Dans la poussière du soleil de Richard Balducci (1971), Dossier Odessa de Ronald Neame (1974), Le Voyage des damnés de Stuart Rosenberg (1976), Folies bourgeoises de Claude Chabrol (1976), Gigolo de David Hemmings (1978), Superman de Richard Donner (1978), La Passante du Sans-Souci de Jacques Rouffio (1981).

Parallèlement, Maria Schell joue au théâtre, entre autres dans Le Retour de la vieille dame de Friedrich Dürrenmatt. On disait Maria Schell totalement démunie depuis des années, malade. Son frère Maximilian lui avait consacré une biographie télévisée avant de mourir lui-même en 2000.

 Maria Schell dans « Gervaise »

LE FIGARO par Dominique Borde 28/04/2005

Maria Schell, l’actrice de théâtre et de cinéma autrichienne, vient de disparaître à l’âge 79 ans. Née Margharete Schell-Noe en 1926 à Vienne d’un père écrivain et d’une mère actrice, elle quitte l’Autriche au moment de l’Anschluss pour s’installer en Suisse. C’est là, en 1942, qu’elle fait ses débuts au cinéma après être apparue au théâtre dans Faust et Romeo et Juliette. Six ans plus tard, elle commence une carrière internationale. Avec un physique de gretchen saine et naïve, elle respire la santé, l’enthousiasme mais inspire plus l’émotion, voire la compassion que le désir.

Est-ce ses grands yeux bleus limpides qui semblent toujours s’étonner ? Ou ce visage plein et carré à la bouche à peine trop grande, au nez légèrement épaté ? D’emblée, elle exprime moins la beauté bouleversante que la candeur, moins la séduction que l’ingénuité. C’est ce qui la vouera aux rôles dramatiques. Souffrante, éplorée, véhémente, victime désignée des destins torturés, elle est le contraire d’une femme fatale, mais plutôt une héroïne qui trébuche sur la fatalité. En 1954, elle obtient un prix au Festival de Cannes pour son rôle dans Le Dernier Pont de son compatriote Helmut Kaütner. En France, elle traverse au milieu d’autres vedettes, le Napoléon de Guitry pour incarner, bien sûr, l’Autrichienne Marie-Louise face à Raymond Pellegrin. Mais c’est surtout Gervaise de René Clément inspiré de L’Assommoir de Zola qui la fait connaître en France.

Pauvresse pathétique, épouse humiliée sacrifiant sa vie, son amant Lantier et son bonheur au couvreur alcoolique Coupeau, elle est le symbole féminin des malédictions et des inégalités sociales. Ce rôle, où elle refuse de faire doubler sa voix, lui vaut la célébrité et un prix d’interprétation à Venise en 1956. Devenue après Lil Dagover, Brigitte Helm, Marlene Dietrich, et avant Romy Schneider, l’actrice germanique la plus célèbre du cinéma, elle apparaît aussi dans Une vie d’Alexandre Astruc inspiré de Maupassant. Mais elle délaisse les égéries littéraires françaises quand elle est engagée par la MGM après joué dans Nuits blanches de Visconti. Elle rejoint alors Hollywood pour se jeter dans les bras de Yul Brynner dans Les Frères Karamazov, ou de Gary Cooper pour La Colline des potences. En 1959, elle accepte même de vieillir de soixante ans en deux heures pour accompagner Glenn Ford dans le western La Ruée vers l’Ouest.

Mais, à l’approche de la quarantaine, l’ingénue blessée doit se reconvertir. La gretchen émue est mûre pour jouer les walkyries. Une reconversion difficile au cinéma. Elle revient donc en Allemagne et il faudra attendre 1968 pour la revoir dans un film français. C’est la délicieuse comédie de Philippe de Broca, Le Diable par la queue. Quadragénaire pétulante et sensuelle, elle succombe au charme canaille du truand Yves Montand au fond d’un château en ruine entre Madeleine Renaud, Rochefort, Marielle et sa compatriote débutante Marthe Keller. Est-ce un signe ? La belle éplorée est devenu une femme plantureuse et coquine. L’oeil est moins larmoyant qu’allumeur, l’attitude enfin provocante. Mais il est trop tard pour que la métamorphose engendre une nouvelle carrière de vedette.

On la revoit encore dans des productions comme Le Dossier Odessa aux côtés de son frère cadet Maximilien, ou Le Voyage des damnés. Elle fait aussi une petite incursion dans le monde de Chabrol pour Les Folies bourgeoises avant de jouer les guest-stars dans Superman. La soixantaine venue, elle se fixe en Allemagne pour se partager entre le théâtre (La Visite de la vieille dame de Dürrenmatt), quelques participations au cinéma et surtout la télévision où elle tourne de nombreux téléfilms (Samson et Dalilah, Le Dernier Mot, Maria des eaux vives…). En France sa dernière apparition sera dans La Passante du sans-souci de Jacques Rouffio où elle rencontre très symboliquement l’actrice allemande qui lui a succédé, Romy Schneider.

«Schell qu’on aime», comme on la surnommait facilement, mais qu’on aimait surtout voir traverser drames et mélodrames pour porter tout le poids du malheur du monde, aura comme tant d’autres incarné un moment du cinéma et une image de la féminité. Une manière d’antivamp pour se rapprocher et refléter des femmes plus ordinaires comme magnifiées ou sacralisées par le destin. Et plus loin aussi une image déchirée de l’Allemagne où les jolies gretchens avaient plus envie de pleurer et d’apitoyer que de séduire.

Maria Schell

LIBÉRATION

Maria Schell, d’«Une vie» à trépas, par Didier Péron, jeudi 28 avril 2005
L’actrice autrichienne est morte mardi à 79 ans.

L’actrice Maria Schell est morte mardi à l’âge de 79 ans, dans le sud de l’Autriche. Elle était née à Vienne en 1926, dans une famille d’écrivains et d’acteurs qui fuiront le régime nazi en 1938 pour s’installer en Suisse. C’est là qu’elle débute au cinéma, en 1942, dans Steitbruch de Sigfrit Steiner. Mais elle ne connaît la reconnaissance qu’après-guerre, grâce au film le Dernier Pont (1954) de Helmut Kautner, où elle interprète une jeune infirmière allemande enlevée pendant l’été 1943 par des partisans yougoslaves, afin qu’elle soigne leurs blessés. Elle reçoit un prix à Cannes, qui lui ouvre les portes du cinéma international.

Pathos. Maria Schell est alors dirigée pendant une dizaine d’années par quelques-uns des cinéastes les plus en vue aussi bien en Europe qu’à Hollywood : Sacha Guitry (Napoléon), Luchino Visconti (Nuits blanches avec Marcello Mastroianni), René Clément (Gervaise, prix d’interprétation à Venise), Robert Siodmack (les Rats), Delmer Daves (la Colline des potences, au côté de Gary Cooper), Antony Mann (la Ruée vers l’Ouest), etc.

Blonde, les yeux clairs, elle excelle dans le registre de la femme vaillante mais laminée par le destin ou la brutalité des hommes : Mère Courage d’après Zola dans Gervaise, ou encore femme trompée dans Une vie d’Alexandre Astruc d’après Maupassant. Sa notoriété est alors à son comble avec un jeu volontiers paroxystique, ultrasensible, travaillant sur les états limites du mélo et du pathos.

A l’orée des années 60, avec le déclin du système des studios aux Etats-Unis et un renouvellement sauvage du personnel cinématographique français, sous les assauts de la nouvelle vague, sa carrière connaît un net ralentissement. Elle atterrit dans les productions espagnoles série Z de Jesus Franco (99 mujeres ou Il trono di fuoco), décroche un second rôle dans un mauvais Chabrol (Folies bourgeoises), cachetonne dans de nombreux téléfilms allemands et figure au générique de la superproduction Superman de Richard Donner où elle explose avec la planète Kripton dès la première demi-heure ­ en même temps que Marlon Brando. Elle donne la réplique à David Bowie dans Just a Gigolo de David Hemmings et croise son alter ego Romy Schneider dans la Passante du Sans-Souci de Jacques Rouffio.

Recluse. En 2002, son frère, Maximilian Schell, lui consacre un étrange documentaire, My Sister Maria, qui la montre recluse dans la propriété familiale nichée dans la campagne autrichienne. Maria Schell y apparaît diminuée, souffrant de troubles maniaco-dépressifs, passant ses journées au lit à regarder la télévision. La star semble enfermée dans ses souvenirs de gloire, à la manière de la Gloria Swanson de Boulevard du crépuscule.

FRAGMENTS D’UN DICTIONNAIRE AMOUREUX : JACQUES BONNAFFÉ

Jacques Bonnaffé

Retour en force pour l’excellent Jacques Bonnaffé, en deux films « Crustacés & coquillages » et « Le fil à la patte », on se pose la question pourquoi le cinéma l’avait-il perdu de vue.

Crustacés et coquillages

La réussite de « Crustacés & coquillages » est d’autant plus méritoire, que ce film fait suite à un projet très avancé de conte pour enfant pour Olivier Ducastel & Jacques Martineau, abandonné faute de financement. Rencontrés lors d’une avant-première, ils nous expliqué avoir eu énormément de difficultés à monter un film plus léger, malgré l’aval de Valéria Bruni-Tedeschi et Gilbert Melki. Ce projet fut plus difficile à monter que « Jeanne et le garçon formidable », alors que l’on pouvait penser le contraire.

Il y a réellement un problème dans le cinéma d’auteur français actuellement, au vu des nombreux témoignages à ce sujet. La maison, personnage central du film, a été trouvé au dernier moment, grâce à la patience d’un couple âgé, réfugié dans un hôtel et désarçonnés de perdre ainsi leurs habitudes. De même que la chorégraphie décriée finale bien qu’efficace, est basée sur la célèbre chanson de Brigitte Bardot « Coquillages & Crustacés », mais faute d’avoir les droits au final, une parodie a dû être adoptée.

Avec Valeria Bruni Tedeschi dans « Crustacés & coquillages »

Compte tenu d’un budget très mince, il faut saluer le talent de Ducastel & Martineau, qui ont trouvé la manière de faire valser conventions et convenances dans cette comédie très réjouissante. Il faut saluer la distribution, de Gilbert Melki, étonnant dans son trouble, Valérie Bruni-Tedeschi, de rayonnante , en femme libre, Jean-Marc Barr joue toujours à casser son image, et le trio Sabrina Seveycou-Romain Torres-Édouard Collin est très à l’aise dans le tempo de la comédie.

Et puis il y a Jacques Bonnaffé, drolatique, ludion et amant insatiable de Valérie Bruni Tedeschi, il joue avec le cadre, grisé par le risque, il nous donne l’occasion d’un grand moment de comédie. Il rappele la prestation du « satyre » campé par Jean-Jacques Brunius dans « La partie de campagne » (Jean Renoir, 1936)…

Un fil à la patte

Jacques Bonnaffé semble avoir saisi le rythme et le style de Michel Deville, salué unanimement par la critique, il virevolte à nouveau dans son personnage de notaire gaffeur à l’haleine chargé, hormis le gimmick du portable (idée qui tombe un peu à plat), il brille dans ce film. Les comédiens me semble inspirés (Dominique Blanc, Charles Berling, Julie Depardieu, Tom Novembre et Mathieu Demy – qui semble échappé de l’âge d’or du slapstick américain -, surtout) et on retrouve un joli moment d’érotisme entre Emmanuelle Béart et Sara Forestier, dans une scène où Michel Deville retrouve le charme du « Voyage en douce ».

L’adaptation du film est plaisante, mais au final le film déçoit un peu, on est hélas ici plus près de « La divine poursuite » que de « La maladie de Sachs » ou « Un monde presque paisible ». Par moment la mise en scène millimétrée de Michel Deville, semble étouffer un peu le rire, c’est un peu dommage, même si l’on s’amuse beaucoup.

Avec Emmanuelle Béart, Tom Novembre & Charles Berling, dans « Un fil à la patte »

J’ai gardé un excellent souvenir d’une rencontre avec Jacques Bonnaffé, venu presenté en avant-première le film de Jacques Rivette « Va savoir ». C’est un des comédiens qui parle le mieux de son métier, avec lucidité, des différences du travail avec deux maîtres Rivette et Godard. Dans l’anthologique duel – à la vodka – en équilibre sur un fi, avec Sergio Castellitto, Jacques Bonnaffé faisait déjà un beau retour au cinéma – pour la petite histoire, ils avaient bu un peu de vodka au départ pour s’aider dans la situation.

Jacques Bonnaffé a gardé un bon souvenir de Jean-Luc Godard, sa rencontre lui a permis de se dégriser du succès – piège infernal pour un jeune acteur – Il témoignait des premiers jours de tournage avec Isabelle Adjani, qui n’a pas – ni son « staff » – supporté de tourner à l’économie et sans maquillage, elle est d’ailleurs remplacée par Maruschka Detmers.

Bonnaffé, a toujours le plaisir de jouer et des mots, fidèle à son spectacle sur les gens du Nord  : « Cafougnette ». Olivier Ducastel disait qu’il joue toujours dans les maisons de retraites, parcourant les villes, à la rencontre des spectateurs. Il n’hésite pas à jouer des petits rôles, et ces deux derniers films semblent l’amorce d’un grand retour. En mai nous le retrouveront dans « Lemming » de Dominique Moll. Lucide et ludique, son amour du texte, et une quarantaine dynamique, on devrait le retrouver souvent et c’est tant mieux.

Sur un petit carnet, il m’avait signé « là où est le péril, là grandit ce qui sauve… (si je peux m’y tenir) ». 

Liens : La gazette du cinéma : entretien avec Jacques Bonnaffé & Cafougnette (Portrait + CV).

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Jacques Seiler

Jacques Seiler dans « Merci la vie »

Il est mort un premier avril 2004. Seiler, à la manière d’autres comédiens morts récemment, tel Jean Saudray (« La terreur de la SFP » selon une formule de Christophe Bier), mort en 2002, Henri Lambert (2003), ou Gérard Darrieu (2004),  a contribué aux riches heures de l’ORTF.  Ce fils de coiffeur,  (voir son état civil dans le site Les gens du cinéma  obtient une reconnaissance par son brillant parcours théâtral. Il débute dans des cabarets tels le mythique « Rose rouge », célèbre cabaret de la rue de Rennes,  grâce à Yves Robert, où selon un témoignage des « frères Jacques », « les artistes se changeaient dans les toilettes ».  Il rentre au TNP, période Jean Vilar, puis rencontre des grands metteurs en scène comme Roger Blin ou Patrice Chéreau. En 1970, il fonde sa propre troupe théâtrale « Théâtre aujourd’hui ». Il privilégie les grands textes contemporains, qu’il met en scène : à noter sa fidélité et son aisance avec l’univers de Roland Dubillard,  (« After Show », « L’eau en poudre », « La maison d’os », etc…), ou de Robert Pinget, notamment. Il fut aussi novateur en adaptant en 1980 « Les exercices de style » de Raymond Queneau, sur les planches avec Danièle Lebrun et Jacques Boudet, dont il nous reste une captation télévisée de Marcel Bluwal. Il reçoit le prix « Dominique » pour cette mise en scène. Il fut une figure emblématique des feuilletons TV,  où son crâne rasé (pour cause de pêche sous-marine, selon Jean-Louis Perrier (« Le monde » du 06/05/04)) fait merveille, mais le cantonne souvent dans des rôles inquiétants. Son rôle le plus connu reste celui d’Henri Desfossés en 1966, face à un formidable Bernard Noël dans le feuilleton « Vidocq » de Marcel Bluwal  (que l’on peut qualifier de chef d’œuvre). Il y est un ancien bagnard, compagnon d’infortune de Vidocq, qu’il aide face à la traque de Flambard (magistral Alain Mottet). Il retrouve ce rôle dans la seconde et troisième saison de Vidocq en 1971 et 1973 : « Les nouvelles aventures de Vidocq », avec Claude Brasseur, Marc Dudicourt, Danièle Lebrun, où son personnage devient une sorte d’imbécile heureux sympathique, voire émotif, il chancelle en voyant Micha Bayard, employée d’une morgue. Avec Pierre Pernet (déjà présent dans la première saison, son personnage de « l’acrobate » réssuscitant pour l’occasion), Alain Mac Moy et l’acteur allemand (pour cause de co-production), Walther Buschhoff, ils composent la police secrète de Vidocq, au grand dam d’un Marc Dudicourt drôlatique et dépassé de se retrouver sous les ordres de celui qu’il avait pourchassé. Jacques Seiler amène une folie amusée à son rôle, il faut le voir simuler la folie en immitant un chien, la cravate derrière l’oreille pour figurer de grandes oreilles, face à un André Thorent épouvanté dans un des épisodes. Il fut également un inquiétant « maître d’école » dans le feuilleton franco-allemand « Les mystères de Paris » (André Michel, 1980). Pour le cinéma il demeure malheureusement sous-utilisé, il est souvent le souffre-douleur des « Charlots » dans « Les bidasses en folie », « Les fous du stade » et « Le grand bazar »  chez Claude Zidi. Peu de contre-emplois, à noter celui du couturier, nommé Isidore Ducasse ! (rôle souvent attribué à Harry-Max dans quelques dictionnaires) , virevoltant et maniéré dans le culte « Qui êtes-vous Polly Maggoo ? » ou prêcheur des rues dans « Érotissimo » (Gérard Pirès, 1968). Il mélange autorité et perplexité dans le rôle du général Dejean dans l’épisode de « La caméra explore le temps : La conspiration du général Malet » (Jean-Pierre Marchand, 1963), disponible en DVD.  Il y juge le général Malet (joué par un magistral François Maistre), qui avait organisé un coup d’état depuis sa cellule, en l’absence de Napoléon. Dans le même registre il préside, à cheval, le « Jugement de Dieu », entre Jean Marais et Guy Delorme, dans « Le miracle des loups » (André Hubebelle, 1961). On le retrouve le plus souvent en bagnard, homme de main de grands truands comme dans « Les gorilles » (Jean Girault, 1964), valet, celui des mousquetaires dans « Les trois mousquetaires » (André Hunebelle, 1961), employé, tel le barman goguenard face à Pierre Mondy (L’épisode « Le yacht » du film « Les veinards » (Jack Pinoteau, 1962). Après une participation à un film d’Alain Robbe-Grillet, en 1974, il délaisse le grand écran durant les années 70-80, y revenant ses dernières années. On le retrouve, en inspecteur rigolard, en tandem avec Jean Rougerie face à une Catherine Jacob dans une situation des plus inconfortable dans « Merci la vie » (Bertrand Blier, 1990) – il accuse de meurtre Michel Blanc, alors que sa femme lui répond et est bien vivante -, en détective gaffeur (et pas très discret) dans « On peut toujours rêver » (Pierre Richard, 1990), en passeur des enfers nommé évidemment Caron dans « J’aimerais pas crever un dimanche », et en directeur de prison quelque peu malmené, dans « Requiem » (Hervé Renoch, 2000), son dernier rôle au cinéma.

 Bibliographie : « Le monde » et dépêche de  « Celle-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom » du 06/04/04; « Le dictionnaire des comédiens français disparus – Nouvelle éditon » par Yvan Foucart (2008).  Remerciements à Christophe Bier.

Jacques Seiler dans « La conspiration du général Malet »

Précision d’Armel de Lorme : sur certains films de 1957, il figure au générique ou dans les « corpo » comme Jean-François Seiler, nom qu’il utilisait également au théâtre à ses débuts.

Filmographie :  établie avec Christophe Bier & Armel de Lorme : 1957  À pied, à cheval et en voiture (Maurice Delbez) – Ces dames préfèrent le mambo (Bernard Borderie) – Le Gorille vous salue bien (Bernard Borderie) – Le septième ciel (Raymond Bernard) – Sois belle et tais-toi (Marc Allégret). 1958  À pied, à cheval et en Spoutnik ! (Jean Dréville) – Des femmes disparaissent (Édouard Molinaro) – La tête contre les murs (Georges Franju) – 1959  Sergent X. (Bernard Borderie). 1960 : Le Caïd (Bernard Borderie). Comment qu’ elle est… (Bernard Borderie) – 1961  La dénonciation (Jacques Doniol-Valcroze) – Le miracle des loups (André Hunebelle) –  Les trois Mousquetaires – Les Ferrets de la Reine (Bernard Borderie) – Les trois Mousquetaires – La vengeance de Milady (Bernard Borderie) – 1962 Les Bricoleurs (Jean Girault) – Le chevalier de Pardaillan (Bernard Borderie) – Mathias Sandorf (Georges Lampin) – Les mystères de Paris (André Hunebelle). Les veinards [épisode « Le yacht »] (Jean Girault). Le vice et la vertu (Roger Vadim) – 1963  À toi de faire… mignonne (Bernard Borderie) – Gibraltar (Pierre Gaspard-Huit). 1964 : Les gorilles (Jean Girault). Le majordome (Jean Delannoy). 1965  Les miettes (Philippe Condroyer, CM). Qui êtes-vous, Polly Maggoo ? (William Klein). 1966  Chappaqua (Conrad Rooks) – La nuit des généraux/The Night of the Generals (Anatole Litvak) – 1968  Les encerclés (Christian Gion) – Érotissimo (Gérard Pirès) – Sous le signe de Monte-Cristo (André Hunebelle) – 1969  La rose écorchée (Claude Mulot) – 1971  Les bidasses en folie (Claude Zidi) – L’oeuf (Jean Herman) – 1972  Les fous du stade (Claude Zidi) – 1973  Quatre Charlots mousquetaires (André Hunebelle) – À nous quatre, Cardinal ! (André Hunebelle) – Le grand bazar (Claude Zidi) – 1974  Les bidasses s’en vont-en guerre (Claude Zidi). Le Jeu avec le feu (Alain Robbe-Grillet). 1990  Merci la vie (Bertrand Blier) – On peut toujours rêver (Pierre Richard) – 1992  Le sourire d’Athanase (Catherine Beuve-Mery, CM) – 1993  Hey Stranger (Peter Woditsch) – 1995  Les nuits de Vaccares (Bernard George, CM) – 1998 : J’aimerais pas crever un dimanche (Didier Le Pêcheur) – 2000  Requiem (Hervé Renoh). Télévision (notamment) : 1959  En votre âme et conscience : Le secret de Charles Rousseau (Jean Prat) – 1960  Les trois soeurs (Jean Prat) – 1961  Egmont (Jean-Paul Carrère) – Le théâtre de la jeunesse : Un bon petit diable (Jean-Paul Carrière, 2ème partie) – 1962  Le théâtre de la jeunesse : Oliver Twist (Jean-Paul Carrère, 1ère partie) – Escale obligatoire (Jean Prat) – 1963  La caméra explore le temps : La conspiration du général Malet (Jean-Pierre Marchand) – Les cinq dernières minutes : L’eau qui dort (Claude Loursais) – 1964  Rocambole : La belle jardinière (Jean-Pierre Decourt, saison 3) – Le théâtre de la jeunesse : Le matelot de nulle part (Marcel Cravenne) – L’espérance / La torture par l’espérance (Pierre Badel) – Détenu (Michel Mitrani) – L’enlèvement d’Antoine Bigut (Jacques Doniol-Valcroze) – La route (Pierre Cardinal, série) –  1965  Le barrage (Robert Valey) – 1967  Vidocq (Marcel Bluwal & Claude Loursais, série TV) – La guerre de Troie n’aura pas lieu (Raymond Rouleau) – 1968  Le théâtre de la jeunesse : Les mésaventures de Jean-Paul Choppart (Yves-André Hubert, 1ère et seconde partie) – 1969  Les vésicules de la fortune (Maurice Dugowson, CM) – Café du square (Louis Daquin, série TV) – Judith (Robert Maurice) – 1970  Vive la vie (Joseph Drimal, saison 3) – 1971  Les nouvelles aventures de Vidocq (Marcel Bluwal, série, saison 1) – La lucarne magique : Féérie contemporaine (Pierre Desfonds, divertissement) – Les bottes de sept lieues (François Martin) – 1972  Les cent livres des hommes : L’exode (Serge Moati) – Une femme qui a le coeur trop petit (Alain Dhénaut) – L’oreille absolue (Philippe Condroyer) – 1973  Les nouvelles aventures de Vidocq (Marcel Bluwal, série, saison 2) – 1974  Les femmes aussi ont perdu la guerre (Roger Kahane) – Malicroix (François Gir) – 1976  Beau fixe sur Pithiviers (Pierre Desfonds, divertissement) – 1978  Lulu (Marcel Bluwal) – 1980  Les mystères de Paris (André Michel, série) – 1982  Les joies de la famille Pinelli (Jean L’Hôte) – Exercice de style (Marcel Bluwal, captation) – 1985  Le petit théâtre d’Antenne 2 : Elle (Lazare Iglésis) – Le petit théâtre d’Antenne 2 : L’écrivain souterrain (Lazare Iglèsis) – Music Hall (Marcel Bluwal) – 1987 Les mémées sanglantes (Lazare Iglésis) – Série noire : Noces de plomb (Pierre Grimblat) – 1993  Inspecteur Médeuze : Poulet fermier (Philippe Triboit) – 1993  Nestor Burma : Un croque-mort nommé Nestor (Maurice Frydland) – 1999  Balzac (Josée Dayan) – 2004  Dire Dubillard (Alain Dhenaut). Bibliographie : « Les fictions française à la télévision » de Jean-Marc Doniak (Dixit-SACD, 1998).

Mise à jour du 18/07/2011

Commentaires ancien support

filmographie jacques seiler

Je viens de voir un film d’Edouard Molinaro,de 1959, intitulé « des femmes disparaissent ». Bien qu’il ne figure pas au générique je pense y avoir reconnu Jacques Seiler dans un petit rôle de policier qui échange quelques répliques avec Philippe Clay à environ un quart de la fin.Pouvez-vous confirmer mon impression ? Ce film ne figure pas dans la filmographie que vous proposez.

Posté par philippe dechamp, 19 décembre 2006 à 21:10

Vous avez raison, j’avais vu ce film sur le câble, et Jacques Seiler joue le rôle du policier qui s’occupe de l’arrestation de Philippe Clay. Merci de votre remarque, je mets cette information dans sa filmo.

Posté par Coinducinéphage, 20 décembre 2006 à 07:55

merci

merci de nous faire retrouver cet acteur j’avais 11 ans lors de la série 3

Posté par theodora, 25 novembre 2008 à 21:30

message

merci jacques seiler comme beaucoup je tombe des nu sur la disparition de ce grand comédien jm souvient des vidocq et des bidasses qui mon permis de le conaitre merci encore nestor 44ans

Posté par nestor, 16 janvier 2009 à 19:38

BON DIEU, MAIS C’EST BIEN SUR

J’ai la chance d’avoir un collègue passionné de l’âge d’or des séries TV, et qui vient de me passer le 13ème DVD  – deux disques pour 3 films, et hélas pas d’autre bonus qu’un texte commentaire – des « Cinq dernières minutes » de Claude Loursais  première version. Bizarrement ces DVD sont difficiles à trouver, mais on peut les retrouver en consultant le site d’LCJ ÉDITIONS ou passer par France Loisirs. A noter l’éditions de ces volumes ne respectent pas la chronologie.

La célèbre réplique « Bon sang, mais c’est bien sûr ! » est en fait « Bon Dieu, mais c’est bien sûr ! ». On prend un grand plaisir à visionner ces oeuvres. L’ancrage sur le réel (sur ce DVD, les mariniers « Poison d’eau douce », l’impression d’un journal « Un sang d’encre » , donne presque une radiographie de la société et des mentalités des années 50-70. Une mine pour les sociologues.. Pour plus de détails, il faut lire le formidable livre de Jacques Baudou & Jean-Jacques Schleret « Meutres en séries, les séries policières de la télévision françaises » (Éditions 8ème art – 1990) qui mériterait une ré-édition.

Jean Daurand & Raymond Souplex

Cette série doit beaucoup à la connivence entre Raymond Souplex (souvent râleur, et choisi pour sa mémoire prodigieuse, les épisodes étant en direct) et Jean Daurand, dont on apprend dans le livre de Baudou & Schleret, qu’il a repris son rôle de Dupuy dans la série plus réaliste « La brigade des mineurs » 1977-1979, sur Antenne 2. Dupuy est hélas absent des derniers épisodes des années 70.

On s’amuse bien sûr, à voir les plantages, tel les interventions laborieuses des candidats – intervenant en direct -, et les hésitations des comédiens devant rejouer certaines scènes, – il n’est pas rare d’entendre comme ici,  les indications du metteur en scène soufflant à Bourrel de renvoyer Dupuy -. Certes le rythme est loin d’être haletant, surtout en comparaison avec nos séries actuelles, mais le pittoresque, une certaine nostalgie et le jeu de l’énigme, amusent bougrement. Raymond Souplex y est d’ailleurs remarquable (malgré une « moumoute » à géométrie variable), de même que Jean Daurand, raisonneur et humain.

Raymond Souplex

Il est amusant de voir dans cette série, souvent les mêmes acteurs, passant allègrement de statut de victime à celui d’assassin dans un épisode suivant. Dans l’épisode « Sang d’encre » on retrouve même le familier Yvon Sarray, tenir deux rôles un médecin et un livreur du bougnat (Jean Clarieux).

Vous pouvez retrouver la liste des acteurs de cette série, que je complète régulièrement via IMDB. Ce qui forme un sacré casting grâce aux génériques des 13 DVD que j’ai presque visionné en intégralité. A noter par exemple la présence de Marcel Bozzuffi et Marie Dubois – alors Claudine Huzé -, dans l’épisode « Poison d’eau douce », oubliés de la jaquette du DVD, par l’éditeur qui manque un peu du sens du commerce.

Il faut évoquer également Pierre Collet, qui sur ce DVD, n’apparaît que dans l’épisode « Poison d’eau douce » (1959). On le retrouve ensuite, régulièrement au début des années 70, il est le planton, plus enclin à parler de ses week-ends en voitures, que de tenir compagnie à quelques suspects agités.

Léonce Corne

Pour en finir sur ce 13ème volume, on retrouve dans deux épisodes l’acteur Léonce Corne. Dans « Poison d’eau douce » il est un vieux marinier grincheux, père de Marie Dubois et dans « Un sang d’encre », un typographe sourdingue.

C’est un parcours assez tragique : « …Léonce Corne, soupçonné d’être juif doit prouver qu’il est aryen, mais, malgré cette démarche, les Allemands lui impsent d’interpréter une série de sketches sous peine de lui retirer sa carte de travail, ils vont jusqu’à lui proposer de travailler en Angleterre au service de l’espionnage allemand ». (Jean-Pierre Bertin-Maghit, Le cinéma français sous l’occupation, Éditions Perrin).

De nombreux cinéastes après guerre, ne semblent pas lui avoir tenu rigueur de cette participation forcée aux pires films de propagande nazis comme « Forces occultes ».

5X2

Le dernier film de François Ozon, est remarquable dans la tonalité de « Sous le sable ». Le premier plan, où un avocat joué, par Jean-Pol Brissart, rend la lecture de la procédure du divorce presque musicale, des personnages de Gilles et Marion, donne le ton du film. C’est un constat lucide sur la vie d’un couple.

La construction du film est astucieuse, (à la manière de « Memento » et de quelques films de genres actuels), et l’empathie avec les personnages est grande. Il faut saluer la performance de Valeria Bruni Tedeschi et de Stéphane Freiss, réussissant à rendre tangible l’intimité de leur couple (notion assez rare à l’écran, finalement). François Ozon a stoppé volontairement le tournage, pour qu’ils fassent un travail physique pour jouer leurs rencontres plus jeunes, et ce à la dernière phase du tournage.

Le quotidien est rendu avec brio, on ne décroche à aucun moment du film. Stéphane Freiss (voir par exemple la scène de « la voiture » où il est touchant malgré la situation et Valeria Bruni Tedeschi (radieuse comme jamais) nous livrent une performance très fine et subtile, sous le regard sans jugement de François Ozon. Le film laisse des zones d’ombres et la responsabilité de l’échec du couple est partagée. Françoise Fabian et Michael Lonsdale, dans le rôle des parents de Marion, sont brillant dans le « couple miroir » (selon une expression d’Ozon), qui dure malgré tout, Antoine Chappey et Géraldine Pailhas, sont formidables de justesse.

Valeria Bruni Tedeschi & Stéphane Freiss : Le point de non retour

C’est une fine performance pour ces quatre comédiens qui n’ont pas la durée du film pour défendre leurs personnages. Charlotte Rampling définissait François Ozon selon une expression anglaise, comme « vieille âme » (old soul), ses personnages existent et nous ressemblent, le film est moins noir que prévu, et même assez romantique, un aboutissement de plus dans l’œuvre de François Ozon.

Venu présenté ce film dans une avant-première à l’UGC Cité Ciné Bordeaux – avec François Ozon et Valeria Bruni Tedeschi – Stéphane Freiss, disait très justement qu’il est important de tourner avec un grand metteur en scène mais dans un grand film. Il a fait preuve de lucidité et de réflexion sur son travail d’acteur et sur son succès très rapide. Pour la petite histoire, il a tourné « Le grand rôle » de Steve Suissa entre le début et la fin du tournage de « 5 x 2 », ce qui a permis aux deux comédiens principaux de se préparer pour « jouer » leurs jeunesses… Le film de Steve Suissa n’a malheureusement pas travaillé, mais Stéphane Freiss a trouvé là deux grands rôles.

Le site du jour : François Ozon, site officiel

ZIG-ZAG STORY

Patrick Schulmann est mort dans un accident de voiture le 19 mars 2002 dans la plus grande discrétion. C’est dommage car il y avait là un véritable auteur, à des années lumières des comédies franchouillardes des années 70/80.  » Zig Zag Story  » (Le titre  » Et la tendresse bordel ! 2  » n’est qu’une simple escroquerie), est peut-être le petit cousin de l’  » Affaire est dans le sac  » des frères Prévert (1932).

Schulmann y fait preuve de malice, d’irrévérence contre les institutions et innove en citant Jean-Pierre Mocky, Tex Avery, ou Buñuel (scène où le ministre joué par Michel Bertay tire sur des ouvriers trop bruyants). Fabrice Luchini est déjà étonnant en obsédé sexuel – voir sa manière de dire qu’il n’a aucune dignité -, Christian François est sympathique, et nombre de seconds rôles figurent dans ce film : Philippe Khorsand en commissaire désabusé (dont les pensées apparaissent dans des  » bulles  » comme un personnage de BD), Dominique Hulin – futur ogre dans  » Le petit poucet  » – en ravisseur pris de remords ou l’attachant Ronny Coutteure dont le personnage a la particularité de ne pas impressionner la pellicule, etc… Le film se révèle finalement assez noir, les personnages étant finalement repliés sur eux-mêmes, le ton absurde du film nous l’avait fait oublier. Le talent de Patrick Schulmann est à réévaluer, son univers est unique et  » nonsensique « .

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Charles Millot

Charles Millot dans « L’affaire Crazy Capoo »

Il était le « bon docteur » dans le « Kulte » « Les Barbouzes » (Georges Lautner, 1964), où il faisait jeu égal, en espion russe, avec Francis Blanche, Lino Ventura et Bernard Blier. Il tenait déjà un peu ce rôle dans « Arsène Lupin contre Arsène Lupin » (Édouard Molinaro, 1962), où il était un « docteur » allemand, homme de main de Michel Vitold, et qui flanqué d’Henri Lambert et Jacques Herlin, préparait des trésors de « raffinement » pour torturer Jean-Claude Brialy. Il est aussi le témoin du meurtre d’une prostituée dans « La nuit des généraux » (Terence Young, 1966). Terrorisé, il hésite à se confier à Omar Sharif, ayant identifié le pantalon d’un uniforme d’officier nazi. Il tenait souvent des rôles d’Allemands (souvent chez Terence Young) ou de Russes (il était en fait Yougoslave), il était très à l’aise dans la comédie, comme dans un épisode des « Saintes Chéries » en rigoureux réceptionniste allemand malmené par le couple des « Lagarde » – rôle repris dans « Vas-y-maman » (Nicole de Buron, 1978) -. Il est idéal pour figurer une certaine ambiance « guerre froide », dans la saison 1 des « Chevaliers du ciel » (François Villiers, 1967), en mystérieux comploteur, il veut bien que José Luis de Villalonga l’aide dans de sombres desseins, mais il ne supporte pourtant pas qu’on le réveille à 5 heures du matin… On ne le retrouvait trop hélas que dans de très petits rôles comme dans « Mort d’un pourri » (Georges Lautner, 1977), en acolyte de Xavier Depraz, où sa présence bien que muette inquiète vivement. Il faut déplorer – refrain connu – la grande discrétion sur sa mort en 2003. Bibliographie : Yvan Foucart:  »Dictionnaire des comédiens français disparus » (Mormoiron, Éditions cinéma, 2008).

Filmographie : 1956  O.S.S. 117 n’est pas mort (Jean Sacha) – 1958  Rapt au deuxième bureau (Jean Stelli) – 1959  La ligne de mire (Jean-Daniel Pollet) – 1960  Der Teufel spielte Balaleika (Les révoltés du bagne) (Leopold Lahola) – 1961  Les ennemis (Édouard Molinaro) – 1962  Arsène Lupin contre Arsène Lupin (Édouard Molinaro) – L’œil du monocle (Georges Lautner) – Le gentleman d’Epson (Gilles Grangier) – 1963  Une ravissante idiote (Édouard Molinaro) – The train (Le train) – 1964  Les barbouzes (Georges Lautner) – Requiem pour un caïd (Maurice Cloche) – Passeport diplomatique agent K 8 (Robert Vernay) – Compartiments tueurs (Costa-Gavras) – 1965  Un monde nouveau / Un mondo nuovo (Vittorio de Sica) – La religieuse (Jacques Rivette) – The Poppy is also a flower (Opération Opium) (Terence Young) – 1966  Trans-Europ-Express (Alain Robbe-Grillet) – Le solitaire passe à l’attaque (Ralph Habib) – The night of the Generals  (La nuit des généraux) (Anatole Litvak) – Triple cross (La fantastique histoire vraie d’Eddie Chapman) (Terence Young) – Peau d’espion (Édouard Molinaro) – Bang Bang (Serge Piollet) –  1967  Mayerling (Terence Young) – 1969  La nuit bulgare (Michel Mitrani) – La promesse de l’aube / Promise at dawn (Jules Dassin) – La battaglia della Neretva (La bataille de la Neretva) (Veljko Bulajic) –  1970  Waterloo (Id) (Sergei Bondarchuk) – Mourir d’aimer (André Cayatte) – 1971  U gori raste zelen bor (Antun Vrdoljak) – 1972  Le serpent (Henri Verneuil) – 1973  L’affaire Crazy Capo (Patrick Jamain) – 1974  The destructors (Marseille contrat) (Robert Parrish) – Le futur aux trousses (Dolorès Grassian) – French Connection II (Id) (John Frankenheimer) – 1975  Seljacka buna 1573 (Vatroslav Mimica) – Sarajevski atentat (Attentat à Sarajevo) (Veljko Bulajic) – Le jeu avec le feu (Alain Robbe-Grillet) – 1977  Mort d’un pourri (Georges Lautner) – 1978  Le dernier amant romantique (Just Jaeckin) – Vas-y maman ! (Nicole de Buron) – La petite fille en velours bleu (Alan Bridges)  – L’adolescente (Jeanne Moreau) – 1979  Covjek koga treba ubiti (Un homme à détruire) (Veljko Bulajic) – Bloodline (Liés par le sang) (Terence Young) – 1980  Tajna Nikole Tesle (Krsto Papic) – 1981  L’ombre rouge (Jean-Louis Comolli) – Visoki napon (Haute tension) (Veljko Bulajic) – Veliki transport (Le grand transport) (Veljko Bulajic) – Banovic Strahinja (Le faucon) (Vatroslav Mimica) – 1983  Balles perdues (Jean-Louis Comolli) – 1984  Ujed andjela (Lordan Zafransvic) – 1985  Lien de parenté (Willy Rameau) – Obecana zemlja (La terre promise) (Veljko Bulajic) – 1986  Unbearable lightness of being (L’insoutenable légèreté de l’être) (Philip Kaufman) – 1987  Le cri du hibou (Claude Chabrol) – 1988  Una botta di vita (Titre TV : Les deux fanfarons) (Enrico Oldoini) – 1989  Eye of the widow (L’oeil de la veuve) (Andrew W. McLaglen) – Donator (Veljko Bulajic) – 1992  Tito i ja (Tito et moi) (Goran Markovic) – 1993  Priez pour nous (Jean-Pierre Vergne).

Charles Millot dans « Chapeau melon et bottes de cuir »

 Télévision (notamment) : 1957  Énigmes de l’histoire : Le chevalier d’Éon (Stellio Lorenzi) – Les enfants de la nuit (Jean Prat) – 1958  La part du feu (Jean Vernier) – 1961  L’exécution (Maurice Cazeneuve) – 1962  Rue du Havre (Jean-Jacques Vierne) – 1966  Illusions perdues (Maurice Cazeneuve, série TV) – 1967  Max le débonnaire : Un bon petit jules (Gilles Grangier) – Les chevaliers du ciel (saison 1, François Villiers) – 1968  Les saintes chéries : Ève et le voyage d’affaire (Jean Becker) – Les atomistes (Léonard Keigel) – 1971  Arsène Lupin : Arsène Lupin contre Herlock Sholmes (Jean-Pierre Decourt) – OSS 117 tue le taon (André Leroux) – 1972  Au théâtre ce soir : Détective story (Pierre Sabbagh) – 1973  L’espion dormant (Agnès Delarive) – Petite flamme dans la tourmente (Michel Wyn) – La nuit des lilas (Jérôme Habans, MM) – 1974  À vous de jouer Milord (Christian-Jaque) – 1975  Les brigades du Tigre : La main noire (Victor Vicas) – Les Rosenberg ne doivent pas mourir (Stellio Lorenzi) – Au théâtre ce soir : Demandez Vicky (Pierre Sabbagh) – 1977  The New Avengers (Chapeau melon et bottes de cuir) : K Is for Kill (Le long sommeil) (Jean-Marie Coulais) – 1978  Émile Zola ou la conscience humaine : Cannibales (Stellio Lorenzi) – Meurtre sur la personne de la mer (Michel Subiela) – 1980  Caméra une première : Le Labyrinthe de verre (Maté Rabinovsky) – 1981  Tovartich (Jeannette Hubert, captation) – 1985  Le regard dans le miroir (Jean Chapot) – 1986  Sins (Douglas Hickox) – 1987  La course à la bombe (Jean-François Delassus & Allan Eastman) – Napoleon and Josephine : A love story (Napoléon et Joséphine) (Richard T. Heffron) – 1988  La mort mystérieuse de Nina Chéreau (Dennis Berry) – The great escape II : The untold story (La grande évasion 2 : L’histoire enfin révélée) (Jud Taylor & Paul Wendkos) – 1989  The Saint : The Blue Dulac (Dennis Berry) – 1992  Counterskrike (Force de frappe) : La belle dame monique (Dennis Berry) – Warburg : A man of influence (Warburg, le banquier des princes) (Moshé Mizrahi).

Mise à jour du 19/07/2009

IMPRESSIONS DE TOURNAGE : BON VOYAGE

L’annonce de la diffusion de « Bon voyage » sur France 2, ce dimanche 17 avril me ramène trois ans en arrière… C’était à Bordeaux, lieu propice aux tournages que débutait le septième film (en 35 ans !), de Jean-Paul Rappeneau, « Bon voyage ».

Réputé pour son perfectionnisme on lui doit « La vie de château » (1966), « Les mariés de l’an II » (1970), « Le sauvage » (1975), « Tout feu, tout flamme » (1981), « Cyrano de Bergerac » (1990) et « Le hussard sur le toit » (1995).

Pour avoir rencontré, un jour, l’ingénieur du son Pierre Gamet – au CV prestigieux, il a tourné avec Resnais, Truffaut, Pialat, Corneau, etc… -,  ainsi que son assistant le très simpathique Bernard Chaumeil, j’ai pu être témoin du début de ce tournage.

L’histoire en Mai 1940, un homme (Grégori Dérangère, excellent dans « La chambre des officiers » et « Mille Millièmes », alors que de nombreux réfugiés se retrouvent à Bordeaux, devra choisir son amour entre une actrice en fuite pour avoir assassiné son amant, et une étudiante résistante (Virginie Ledoyen), au cœur de l’aventure de la « bataille de l’eau lourde » .

Peter Coyotte, en dignitaire américain, Gérard Depardieu, en ministre, Yvan Attal en combinard, Michel Vuillermoz et Edith Scob, complétent la distribution.

Isabelle Adjani

L’histoire bien que dramatique prend une tournure de comédie, comme souvent chez Rappeneau. Homme massif, précis, il dirige son monde avec maestria, malgré les difficultés d’un tournage au cœur de Bordeaux (Le jardin public, l’Opéra), et un temps peu clément, le son direct étant privilégié. Mais François Truffaut définissait le cinéma comme l’art des contraintes. La reconstitution de l ‘ambiance inquiète et la précipitation générale est surprenante – Le moindre détail, sans doute invisible à l’écran est étudié, un fromager de poche, par exemple -, le dialogue est digne d’une partition musicale.

Isabelle Adjani est forcément sublime – son personnage est inspiré de l’actrice Mireille Balin, partenaire de Jean Gabin dans « Gueule d’amour » -. Elle se montrait détentue , évitant par contre le regard du public. Croiser son regard au détour d’un travelling, vous donne une drôle d’émotion – Bien qu’ayant raté le seul jour de tournage de Gérard Depardieu -seule  une de mes collègues avait vu son « nez » au détour d’un immeuble, il tournait dans son quartier -,  j’ai vu une Virginie Ledoyen radieuse, Peter Coyote d’une disponibilité rare et Grégori Dérangère (le James Stewart français selon Rappeneau) devait trouver avec ce rôle confirmation de son talent. Yvan Attal, discret venait observer le travail de Jean-Paul Rappeneau, les jours où il ne travaillait pas. Il excelle dans son rôle de débrouillard face à l’adversité.

Le moindre second rôle est formidable, tel Patrick De Guillebon (le mari de Judith Godrèche dans « L’auberge espagnole », il était assez nerveux avant les prises, Michel Vuillermoz, ludion, pouvant apporter à Jean-Paul Rappeneau, son univers ou le « local de l’étape » Daniel Villattes de Langon, 70 ans, qui avec humour déclare « quand on a besoin d’un vieux schnock, on fait appel à moi ».

Il y aurait beaucoup à dire mon souvenir sur ce petit morceau de tournage, du brio des techniciens à l’amabilité des cascadeurs, Olivier Vitrant, Patrick Médioni, Gilles Conseil, Michel Carliez, Michel Julienne. Il faudrait faire un site ou un livre sur ces prolifiques discrets… Les figurants avaient une docilité et une patience d’ange. Sauf un, suffisant, terne et obscur, déclarant avoir critiqué devant lui, le formidable Michel Boujenah, sur le tournage d’un épisode de « Mathieu Corot ». L’aigreur aide à dire des conneries (Ce que je peux aisément reprendre à mon compte).

J’avais pu discuter un peu avec Jean-Paul Rappeneau, sa manière d’être encore insatisfait de ces anciens films et comprenant Claude Sautet remontant encore ces films à la fin de sa vie.

La comédie ses lettres de noblesse grâce à des gens comme Jean-Paul Rappeneau, qui garde une humilité sur son œuvre, et si le rire est définit souvent comme malséant. Ce fut une des belles surprises de 2003.

L’acuité du regard de Jean-Paul Rappeneau vers un ciel grisâtre, reste pour moi un formidable souvenir.

LES MAUVAIS JOUEURS

Avant-première le jeudi 14 avril, à l’UGC Bordeaux, en présence de Frédéric Balekdjian, Simon Abkarian et Lin Dan Phan.

C’est toujours une satisfaction, de découvrir l’univers marquant d’un cinéaste, dès les premiers plans d’un film. Le film débute sur une arnaque au bonneteau dans le quartier du Sentier. Simon Abkarian impressionne par sa manière d’occuper le terrain, de s’imposer, de ne pas laisser souffler le spectateur. Le décors est planté, deux communautés coexistent (les Arméniens et les Chinois) avec difficultés.

Teng Fei Xiang & Pascal Elbé

Frédéric Balekdjian a utilisé habilement les règles du film noir, dans les décors de son enfance. Il montre le destin précaire de Yavé Krikorian (Pascal Elbé, personnage touchant et borderline), qui prend sous son aile, le jeune frère de celle qu’il aime (Lin Dan Phan), qui le délaisse pour un autre. Il tente de survivre aux difficultés de la boutique de son père – inattendu et impressionnant Richard Taxi – , par des petites combines avec ses deux comparses le hâbleur et violent Shahak (Simon Abkarian) et son frère Toros (Isaac Sharry).

Ce film âpre, énergique est une réussite, la manière de concilier la vie d’un quartier. On est bluffé par les plans tournés en plein Paris, cette façon de faire exister les arrières plans, d’autant plus méritoire lorsqu’on pense aux contraintes de tourner dans Paris – entre les demandes d’autorisations de tournage et les prostituées de la rue Saint-Denis qui ne souhaite pas figurer dans un plan -. C’est un film à l’énérgie porté par ses comédiens, et de beaux personnages complexes, et le choix de la distribution. L’émotion est souvent là, comme le dernier regard de Gérard (Richard Taxi) sur sa boutique vide, plan inspiré de la propre expérience du réalisateur. Il a eu l’intelligence d’aller au delà de l’image marquée par le « Petit théâtre de Bouvard », pour épaissir sa silhouette et donner une ressemblance avec son propre père.

Pascal Elbé joue avec ironie, et conviction un personnage en souffrance, et perdu. Isaac Sharry joue de sa sympathie naturelle et sa drôlerie – Le numéro rare de « Stranger » -, pour donner plus d’ambiguïté à son personnage, et le jeune Teng Fei Xiang, choisi par casting, passe de l’innocence à la violence avec facilité.

Simon Abkarian

Simon Abkarian, marque durablement son personnage, en l’humanisant Il prouve qu’il est à l’aise dans tous les registres, de l’extorisation (avec Klapisch) à l’intériorisation (avec Deville). Rencontré suite au film, il fait preuve de chaleur, nous confiant son exigence. Très chaleureux et modeste, il devrait rejoindre la famille de Robert Guédiguian. Il parle magnifiquement et avec lucidité de son métier. De beaux rôles l’attendent… Grâce à son amabilité, j’ai pu créer une fiche pour Les gens du cinéma

Lin Dan Phan, surdouée du cinéma, se lève pour vous parler – trouvant inconvenent de rester assise quand quelqu’un s’adresse à elle -. On est touché immédiatement par sa grâce et son côté surdoué. Elle marque de sa gravité et de son charisme, son rôle de femme blessée. Pour la petite histoire, elle a tourné « Les mauvais joueurs » avant le beau film de Jacques Audiard « De battre son coeur s’est arrêté », où elle rayonne également. Sur ce film elle nous parle de ses années d’aprentissage du piano, de son amusement à jouer quelqu’un qui ne parle pas le français. Elle évoque également sa rencontre avec Lomama Boseki « Man to man » révélée comme par Régis Wargnier – son premier rôle fût dans « Indochine » -.

Frédéric Balekdjian, parle avec humilité de son travail, de son travail dans un quartier où il a grandit, sa tenacité face aux difficultés de financements et de tournage. Vivement la suite…