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Hommage à Roger Darton par Christophe Bier

Roger Darton

Roger Darton dans « Les gardiennes du pénitencier »

Christophe Bier, à la très riche actualité, avec la sortie de ses deux volumes en collaboration de Jimmy Pantera d’Orgasmo (on y reviendra), et la présentation de son documentaire « Eurociné 33 Champs-Elysées » (suite logique de son ouvrage « Cinéma culte Européen : Eurociné », hélas épuisé) à la Cinémathèque le 22 mars 2013, salué dans le dernier numéro de Chronic’art, nous fait l’amitié de rendre hommage à Roger Darton.

DARTON, FANTAISISTE BELGE DANS LES MEANDRES D’EUROCINE

Cage dorée

Roger Darton dans « Des filles dans une cage dorée »

 

 

 

 

 

 

 

 

Roger Darton, fantaisiste, chanteur et comédien, homme de spectacle et directeur d’un Centre de variétés depuis 1977 dans sa ville natale de Liège, pour lequel il écrivait des opérettes, était une figure sympathique et appréciée de Liège. Il s’en est allé le 24 novembre 2012 dans l’indifférence des sites nécrologiques. La presse locale en revanche s’en était fait le vif écho puisque la ville de Liège s’apprêtait en janvier à fêter les 60 ans de carrière de ce citoyen d’honneur.

Pour ma part, je l’avais rencontré le mardi 12 juin 2012, chez lui, au 23 rue de l’Etuve, dans un appartement rempli de souvenirs, sur le bord de cheminée duquel trônait son buste, souriant. J’étais venu le filmer avec mon chef op’ Yannick Delhaye pour un documentaire consacré à Eurociné, la maison de production pour laquelle il avait le plus joué. C’était un témoin auquel je tenais beaucoup, dont j’avais toujours apprécié l’aura un peu dépressive qu’il offrait aux personnages de ces films-là. Il avait accepté de bon cœur, « pour ce brave Marius [Lesoeur] », le fondateur d’Eurociné. Darton – sur les affiches de music-hall il était souvent crédité « Darton » – avait insisté pour nous inviter à déjeuner. L’entretien fut mis en boîte ensuite. Il était très soucieux, comme beaucoup d’artistes heureux de leur carrière, de ne pas ironiser sur Eurociné, qui se prête pourtant si facilement à la dérision. De bons souvenirs donc, l’évocation des jolies filles qui peuplaient les bandes fauchées d’Eurociné, son entente remarquable avec Monica Swinn.

Né Joseph-Roger Gobiet le 25 juin 1927 à Liège, le fantaisiste avait découvert sa vocation à 14 ans, en travaillant comme chasseur au grand café Britannique, séduit par l’orchestre jouant pour les officiers allemands et les nantis qui s’engraissaient par le marché noir. Il prit alors des cours de chant, décrocha un premier contrat à 16 ans et choisit son nom de scène . En 1948, il fugua à la conquête de Paris et chantait aux entractes des cinémas de quartier de Puteaux ou d’Asnières, silhouette fragile mais voix de baryton entonnant, parfois sans micro, des goualantes réalistes. De retour en Belgique, il intégra une troupe, imitant Stan Laurel dans des sketches, chantant des opérettes en wallon, se produisant dans des revues comme Sois belge et tais-toi aux côtés de Sim et dînant avec Marlène Dietrich à la Saucisse Joyeuse de Liège, rue des Bouchers. C’était un grand copain de Brel, qui l’engagea en 1971 dans Franz. Dans les années 60/70, Darton retrouva Paris et enregistra quelques disques chez Decca, firme dans laquelle il travailla beaucoup. De tout cela, et de bien d’autres choses, Darton parle dans un livre de souvenirs : Pince-moi je rêve ! mis en forme par Jean Jour, aux éditions Dricot, à Liège. Précieux ouvrage, pas prétentieux pour un sou, enrichi d’un abondant cahier photos de 48 pages. Une plaquette plus modeste, Une route semée d’étoiles, qu’il avait éditée lui-même en 2004 pour ses 60 ans de carrière, rendait hommage à toutes les stars qu’il avait croisées.

Roger Darton dans "Elsa Fräulein SS"

Roger Darton dans « Elsa Fräulein SS »

 

 

 

 

 

 

 

Sa carrière fut entièrement vouée au music-hall. Je me souviens des deux énormes scrapbooks que Darton nous montra, remplis de coupures de presse, d’annonces de spectacles, dans les villes d’eau et les casinos de France, en Wallonie, en Europe, tours de chant innombrables. Il ne restait que peu de place pour le cinéma. Il y eut une expérience belge dès 1955, l’obscure pochade Et que ça saute, mais il faudra attendre les Seventies et son installation à Paris pour étoffer sa filmographie. Le voici enrôlé dans trois films de l’extravagant Jean Louis Van Belle : Dédé la tendresse, un polar avec Dalio resté jusqu’à présent inédit, Un tueur, un flic, ainsi soit-il… (ou La Balançoire à minouches avec des inserts hard), dans lequel il jouait l’avocat de Jean Servais, politicard véreux qui magouillait dans un trafic de drogue, et Bastos… ma sœur préfère le colt 45 (ou La Guerre des espions), comédie loufoque qui utilisait des phylactères, multipliait les jeux de mots et les gags les plus absurdes. Dans ce dernier titre, Félix Marten, Zanini et des espions internationaux achevaient leur course dans une station de ski à Avoriaz où officiait Philippe Castelli. Nanarland, le « site des mauvais films sympathiques » n’en est toujours pas revenu, rendant, sans connaître son nom, un hommage mérité à Darton, dans le rôle de deux jumeaux, dont l’un se déguisait en officier allemand : « qu’il roule des yeux, écrit le dénommé Zord de nanarland, en imitant un accent allemand de bazar (qu’il n’a d’ailleurs pas dans toutes les scènes), récite des odes à la grandeur d’une race saine ou sautille comme un dément sous prétexte que « l’instinct, c’est capital », la palette de son jeu se décline comme une sorte de mélange entre le syndrome de la Tourette et la danse de Saint-Guy. Dommage que son identité nous soit inconnue, car il transforme n’importe quelle scène dans laquelle il apparaît en une espèce de happening post-dadaïste qu’on imaginerait très bien dans un festival de théâtre de rue (…) » L’ironie est cruelle mais cela vaut mieux que mépris ou indifférence.

Dans « Les orgies de Golden Saloon »

 

 

 

 

 

 

 

 

Et enfin, Darton devint un familier d’Eurociné. Tout commença par les westerns érotico-parodiques de Gilbert Roussel. Ce fut d’abord Les Aventures galantes de Zorro, remontage d’un vieux Zorro espagnol de 1962, rafistolé par un tournage de quelques jours à Paris et Bruxelles. L’hybridation laissait songeur, malgré un Zorro masqué dans les deux métrages. Darton subissait l’épreuve des champs-contrechamps, en capitaine Pédro, convoqué dans le bureau du gouverneur du film espagnol, écoutant ses ordres proférés hors-champ, derrière un miteux mur de décor, ou chevauchant le capot d’une 2CV en faisant semblant de cavaler à cheval. Plus drôles furent Les Orgies du Golden Saloon, digérant lui aussi des morceaux entiers de La Griffe du Coyote, un Mario Caiano de 1963, par une post-synchro stupéfiante. Darton s’amusait en Sabata, habillé en noir, patron dudit saloon, forçant à la prostitution des filles kidnappées. Un autre héros masqué, Richard le Noir, entre une chevauchée dans les bois et une bataille de pâte à crêpes, faisait le ménage dans l’intrigue. Darton, avec l’orchestre de Daniel White, poussait la chansonnette du générique. « Il fallait bien faire bouillir la marmite » concédait-il dans son livre, jouant ensuite une folle tordue dans Hommes de joie pour femmes vicieuses. Arriva en 1976 le diptyque ferroviaire nazi : Train spécial pour Hitler et Elsa Fraulein SS. Darton faisait surtout, dans le second, un officier nazi ravagé de tics faciaux, dans un prologue qui n’avait aucune vocation comique ! C’était ça, le charme des productions Eurociné, dans lesquelles les acteurs un tant soit peu aguerris expérimentaient en douce. J’avais interrogé Darton au sujet de ce tic ; il m’avait expliqué qu’il avait vu un officier allemand affublé de la sorte. Pour lui, cela n’avait rien de grotesque ! « Tous ces petits films, écrit-il, ne nous enrichissaient certes pas, mais on s’amusait. On était même grugés parfois, car on nous cachait certains rushes qu’on employait pour d’autres films, profitant de notre naïveté dans un travail totalement décousu par la force du découpage d’un scénario dont on ne connaissait pas nécessairement tout. Je fus berné de la sorte dans La Cage dorée : lors d’une prise de vue, on me demanda de changer de costume entre deux scènes. Je n’en voyais pas l’utilité. Simple pourtant ; on tournait deux films en même temps ! Les cachets, eux, n’étaient évidemment pas doublés. » Cette anecdote croustillante, typique d’Eurociné, fort heureusement pour mon documentaire, il nous l’avait ressorti spontanément devant la caméra. Cela l’avait visiblement marqué ! Il faisait allusion à une journée à Soisy, dans la propriété de la famille Lesoeur. En même temps que Des filles dans une cage dorée, qui connut de multiples titres dont un incroyable Surboums pornos (musclé d’inserts hard), Marius Lesoeur tournait des scènes de Paris porno (avec Darton en prof d’érotologie). Soisy-sur-Ecole, Darton y est allé plusieurs fois, notamment pour des plans en extérieurs censés corser une Marque de Zorro, a priori jamais sorti. Monica Swinn, en zorrette, se souvient parfaitement de Darton : « Il se retrouvait à Soisy, perdu dans des raccords improbables en officier nordiste, avec des nostalgies de music-hall. Chaque fois qu’il bougeait, les épaulettes de son uniforme se détachaient. Il était malheureux. ». Mais le plus sidérant film-patchwork est ce fameux Des filles dans une cage dorée, accumulant des stock-shots entiers de Pigalle carrefour des illusions, avec des plans d’Une vierge pour Saint-Tropez et Hommes de joie pour femmes vicieuses, pour une sombre histoire, avec Jess Franco en cameo. Ce cadavre exquis, piétinant la narration, distille une ambiance déprimante dans des décors minimalistes, sans aucune tension. Darton était idéal, les yeux tombant, anti-héros désabusé, M. Winter, pitoyable proxénète fuyant l’air vicié de Hong Kong pour se laisser arrêter à Paris, à cause d’un microfilm dont on ne saura jamais rien. Il passait tout le film à mâchouiller des caramels et à en proposer aux autres protagonistes. C’était une idée de Franco, venu épauler Marius Lesoeur, un peu dépassé par son tournage. Darton nous avait confié que tout ce tournage était fort confus. Jess Franco exploita bien ce côté nonchalant de Darton, dans deux films tournés sur la côte d’Azur en 1975. Complice de Lina Romay dans Prison de femmes, qui fut classé X pour violence, il éliminait sans pitié « des individus qui ne méritaient que cela ». Quelques mois après, Darton était un gouverneur tourmenté par le voyeurisme dans le très bon Frauengefängnis, un WIP éprouvant peuplé de prisonnières torturées par des personnages visqueux, dominé par Monica Swinn, directrice de prison sadique et lesbienne, en monocle et en short ultra court. Cette bande érotique de bonne facture n’était pas un film Eurociné mais une production du zurichois Erwin C. Dietrich. Cependant, des pans entiers de Frauengefängnis seront plus tard cannibalisés par Eurociné pour le très stupéfiant Les Gardiennes du pénitencier, autre rafistolage sidérant, tant bien que mal troussé par Alain Deruelle auquel Marius Lesoeur montrait des petits bouts du film de Franco, lui affirmant qu’il était inachevé. Darton avait été réquisitionné pour de nouvelles séquences, tournées à Soisy, dans le salon du rez-de-chaussée du pavillon familial et au premier étage dont une partie avait été transformée en prison. Désormais, dans cette nouvelle histoire dont Darton était le seul acteur commun aux deux métrages (celui de Franco et celui de Deruelle, vous suivez encore ?), le comédien n’était plus gouverneur mais un ex-nazi traqué par un groupe israélien ! Tout logiquement, il s’effondrait à  la quatre-vingtième minute dans le jardin du pavillon de Soisy, exécuté par le chasseur de nazi, joué par le chef opérateur du film, Raymond Heil.

Le cinéma n’avait été qu’une étrange parenthèse dans la carrière de Darton, qui renoua avec Eurociné pour quelques séquences du Panther Squad de Pierre Chevalier, en 1984. Son activité dans la chanson l’avait aussi privé de quelques rôles dans des coproductions franco-belges qu’il avait été contraint de refuser, comme Les Granges brûlée. Une photo intrigue dans son livre de souvenirs : lui de dos derrière Louis Velle, sur le tournage de L’Intrépide de Jean Girault. Figure-t-il dans le film ? C’est à vérifier. Il y a encore une apparition muette, silhouette lointaine dans un plan volé du festival de Cannes, intégré au montage d’un porno de Claude Pierson, Pénétrations sauvages (1982) : de quoi cela peut-il bien provenir : d’un film inachevé de Van Belle, qui travailla un peu pour Pierson, de Darton filmé à son insu dans un plan documentaire, mystère ?

Roger Darton n’aura pas eu l’occasion de se voir dans ce documentaire sur Eurociné et de savoir qu’il fut apprécié à la Cinémathèque ce 22 mars 2013, où il fut projeté en avant-première, suivi de Des filles dans une cage dorée ! Une soirée mémorable au cours de laquelle quelques spectateurs néophytes furent confrontés à l’un des titres les plus extrêmes de la firme des Lesoeur.

© Christophe Bier – Texte et photos.

Roger Darton dans "La marque de Zorro"

Roger Darton dans « La marque de Zorro »

 

 

 

 

 

 

Filmographie : (établie par Christophe Bier) : 1955 : ET QU’ÇA SAUTE, de Marc Maillaraky. – 1971 : FRANZ, de Jacques Brel. – 1972 : LES AVENTURES GALANTES DE ZORRO, de William Russel [= Gilbert Roussel]. LA GUERRE DES ESPIONS / BASTOS… MA SŒUR PRÉFÈRE LE COLT 45, de Henri Boyer [= Jean-Louis Van Belle]. – DÉDÉ LA TENDRESSE, de Jean-Louis Van Belle. – 1973 : LES ORGIES DU GOLDEN SALOON / LES FILLES DU GOLDEN SALOON, de Gilbert Roussel. UN TUEUR, UN FLIC, AINSI SOIT-IL / LA BALANÇOIRE À MINOUCHES, de Jean-Louis Van Belle. – 1974 : HOMMES DE JOIE POUR FEMMES VICIEUSES, de Chantal Calvanti [= Pierre Chevalier]. – 1975 : FRAUENGEFÄNGNIS, de Jess Franco. PRISON DE FEMMES / FEMMES EN CAGE, de Rick Deconninck [= Jess Franco]. PARIS PORNO, de Jack Regis [= Marius Lesoeur]. LA MARQUE DE ZORRO, de James Gartner [= Marius Lesoeur] [remontage érotique de Zorro le vengeur de Ricardo Blasco ; Darton apparaît uniquement dans les nouvelles séquences]. SURBOUMS PORNOS / DES FILLES DANS UNE CAGE DORÉE / UNE CAGE DORÉE / RAZZIA SUR LE PLAISIR, d’A.M.F. Frank [= Marius Lesoeur]. – 1976 : TRAIN SPÉCIAL POUR HITLER / TRAIN SPÉCIAL POUR SS, de James Gartner [= Alain Payet]. ELSA FRAULEIN SS, de Mark Stern [= Patrice Rhomm]. – 1977 : LES GARDIENNES DU PÉNITENCIER, d’Allan W. Steeve [= Alain Deruelle]. – 1984 : PANTHER SQUAD / COMMANDO PANTHÈRE, de Peter Knight [= Pierre Chevalier]. – 2012 : EUROCINE 33 CHAMPS-ELYSEES, documentaire de Christophe Bier (diffusion prévue à la rentrée 2013 sur Ciné +).

Hommage à Jean-Claude Bercq par Yvan Foucart

C’est au retour de la guerre de Corée après un engagement d’un an  que, vaquant de petit boulot en petit boulot, il décide de s’orienter vers des cours d’art dramatique.

Grand, beau garçon, sympathique, une prestance et dégageant de réelles aptitudes théâtrales, il s’en sort très bien, ce qui lui permet de partir plus d’une fois en tournée nanti d’un répertoire loin d’être négligeable tel Phèdre de « Racine » ou « Antigone » d’Anouilh ou encore « L’annonce faite à Marie » de Claudel dont Danièle Delorme est l’héroïne.

Certes, ce solide Lorrain ne brilla guère aux frontons du septième art et cela nonobstant trente films dont quelques-uns produits par des compagnies américaines. C’est profondément regrettable.

Ses premiers films sont signés Mocky et sans doute se souvient-on de « Snobs! », de son rôle d’explorateur des solitudes polaires souffre-douleur de jeunes femmes sarcastiques, mais aussi du « Deuxième souffle » de Melville qui en fait l’inspecteur adjoint du commissaire tenu par Paul Meurisse;  du héros de « Judoka, agent secret » dirigé par Pierre Zimmer, par ailleurs son partenaire du précédent film et qui signe ici son ultime réalisation. Viennent aussi « Triple cross » en officier allemand aux côtés de Gert Froebe qui l’appréciait beaucoup; de même qu’Omar Sharif pour le « Mayerling « de Terence Young lequel lui prête les habits de Miguel de Bragance, le prétendant au trône du Portugal; « Lost command / Les centurions » en officier baroudeur entièrement dévoué à son colonel basque, en l’occurrence Anthony Quinn, autre partenaire qu’il estimait beaucoup que ce fut  devant ou hors de la caméra, et enfin « Le Mans » dont le succès commercial fut malheureusement limité.

Il avait aussi éprouvé beaucoup de plaisir à tourner les quelques séquences de « L’enfer » aux côtés de Romy Schneider, le film inachevé de Clouzot.

Sans doute, comme tant d’autres amis, dut-il aussi trouver inexplicable de figurer parmi les innocentes victimes des implacables ciseaux de montage. Combien de scènes furent sacrifiées alors que certaines se seraient pourtant avérées nécessaires.  Comment éclairer d’une attention meilleure nos producteurs…

Jean-Claude méritait beaucoup mieux. Las et écœuré par la pauvre orientation d’un cinéma en crise  dans lequel il ne se reconnaissait plus, il quitta l’écran au milieu des années 70.

Appuyé par le diplôme qu’il avait obtenu à sa sortie des Arts et Métiers, il revint vers ce qui fut son orientation première, c’est-à-dire l’architecture. Sa passion était vouée à la restauration des fermettes tout en s’appliquant aussi en tant que maître d’œuvre pour des maisons scandinaves qui connurent une certaine vogue.

Il prend sa retraite à 63 ans, ayant gardé son engouement pour les sites bucoliques et les petits villages, entre autres ceux de la Sarthe, il se retire définitivement avec son épouse et son fils sur un plateau du sud-est embaumé par le lavandin.

Il décède le 12 décembre 2008 dans sa 79ème année et, selon ses dernières volontés, ses cendres furent dispersées dans le Hallingdal, une campagne norvégienne qu’il aimait tant.

Claude, devenu Jean-Claude aux génériques, certes un grand dur, mais aussi un grand sentimental…

@  Yvan Foucart  –   (Dictionnaire des comédiens français disparus).

 

 

 

 

 

Filmographie

  • 1960  Un couple (Jean-Pierre Mocky)
  • 1961  Snobs ! (Jean-Pierre Mocky)
  • 1962  Les vierges (Jean-Pierre Mocky)
  • 1963  The train / Le train (John Frankenheimer)
  • 1964  Behold a Pale Horse / Et vint le jour de la vengeance (Fred Zinneman)
  •           L’enfer (Henri-Georges Clouzot, inachevé)
  •           L’arme à gauche (Claude Sautet)
  • 1965  Du rififi à Paname (Denys de La Patellière)
  •           Rapture / La fleur de l’âge (John Guillermin)
  •           Up from the beach / Le jour d’après (Robert Parrish)
  •           Lost Command / Les centurions (Mark Robson)
  • 1966  Le deuxième souffle (Jean-Pierre Melville)
  •           Le Judoka, agent secret (Pierre Zimmer)
  •           Triple Cross / La fantastique histoire vraie d’Eddie Chapman (Terence Young)
  • 1967  Capitaine Singrid (Jean Leduc)
  •           Le bal des voyous (Jean-Claude Dague)
  •           Mayerling (Terence Young)
  • 1968  Stuntman / Le cascadeur (Marcello Baldi)
  •           Hallucinations sadiques (Roy Kormon)
  • 1969  Al Afyun wal asa / L’opium et le bâton (Ahmed Rachedi)
  • 1971  Le Mans (Lee H.Katzin)
  • 1972  Décembre (Mohammed Lakdar-Hamina)
  • 1973  Putovanje (Vesna Ljubic, CM)
  •           Hit ! (Sidney J. Furie)
  •           Grandeur nature (Luis Garcia Berlanger)
  • 1974  Femmes vicieuses (Georges Cachoux)
  •           Le sexe à la barre… (Georges Cachoux)

Télévision

  • 1967  Le monde parallèle : Action Homo (Yves Ciampi)
  • 1968  Le comte Yoster a bien l’honneur / Marmor und Diamanten (Imo Moszkowicz)
  • 1972  Pont dormant (Fernand Marzelle, série)
  • 1973  La regrettable absence de Terry Monaghan (Pierre Vialet, MM)
  • 1974  Etranger, d’où viens-tu ? (Bernard Toublanc-Michel, série)
  •           Aufs Kreuz gelegt (Wolfgang Petersen)
  • 1975  Le pèlerinage (Henri Colpi, série)

Hommage à Serge Davri par Yvan Foucart

Serge Regourd, disait de lui dans son indispensable « Acteurs de caractères – Les « méconnus » du cinéma français » (Éditions Gremese) paru cette année dans son portrait pages 87-88 :

« [Serge] Davri est certainement le plus extravagant, le plus loufoque, et le plus méconnu de tous les acteurs de caractère ayant laissé une trace dans l’histoire du cinéma français malgré le petit nombre de films tournés ».

Yvan Foucart nous fait l’amitié de nous confier l’un des ses portraits inédits de son « Dictionnaire des comédiens disparus ». Davri est décédé en début d’année dans la plus parfaite discrétion. Un chaleureux merci à Yvan pour ce bel hommage. On retrouvera également son hommage à Maurice Nasil sur l’Encinémathèque.

Hommage à Serge Davri par Yvan Foucart

Sa vie est un vrai roman… non loin de celle d’un Falstaff. Ce personnage, pour certains, bizarre, original, voire misanthrope, si ce n’est atrabilaire,  nous a quitté cette année dans une indifférence quasi totale, ignoré des médias.

D’origine géorgienne, pupille de la nation, Davri vit le jour à la maternité de l’Assistance publique du quartier Croulebarbe à Paris d’un père qui le reconnaîtra un peu plus tard. Joseph, le père émigré dont il hérita quelques traits, combattit pour la France et se plaisait à dire qu’il avait été élevé en compagnie d’un autre Joseph, Vissarionovitch Djougachvili, lequel devint beaucoup plus célèbre sous le nom écourté de Staline (!).

Serge, très jeune, avec Jacques Fabbri comme condisciple, suivit les cours d’art dramatique dispensés au Vieux-Colombier qu’il délaissa très vite, avouant ne pas « trop aimer » le théâtre. Il bifurqua vers le music-hall et le chant, chanteur de charme à ses débuts (eh oui !), il fut en tournée avec Edith Piaf et sortit quelques 45 tours chez « Vogue ». Il étonna aussi pour ses imitations à la perfection du phrasé bien particulier de Saturnin Fabre, de même qu’en créateur d’attractions, notamment en casseur d’assiettes ! Il passa sur les scènes parisiennes de l’Alhambra, dans pratiquement tous les cabarets de Pigalle et de Montparnasse, tels « L’Amiral » aux côtés de Roger Pierre et Jean-Marc Thibault, « Tonton », « L’ange bleu », « Le Paradis latin », « Aux trois baudets » auprès de Jean Yanne, de même qu’à « L’Alcazar » qu’il quitta après un désaccord avec Dick Price, le chorégraphe et directeur qui venait de succéder à Jean-Marie Rivière, le  fondateur.

On le vit aussi à l’Alcazar de Marseille et fit partie de plusieurs tournées en Belgique (« L’Ancienne Belgique »), en Allemagne, à Tanger, jusqu’à Las Vegas, etc. Ce n’est qu’à 39 ans qu’il débuta vraiment au cinéma avec « La môme aux boutons » dont la vedette ne fut autre que Lucette Raillat, la créatrice de la chanson (1954). Une vingtaine de films suivirent dont « Tirez sur le pianiste » de François Truffaut qui signait là sa première réalisation. Serge incarnait le gérant de bistrot qu’Aznavour, vengeur sans pitié, n’hésita pas à abattre. Deux ans après, le même réalisateur, mais cette fois uniquement pour le scénario, confia la mise en scène à Claude de Givray lequel rappela Serge pour vêtir l’uniforme du colonel Chamerlot, celui-là même qui n’aimait pas les planqués de « Tire au flanc ». Entretemps, Jean Dewever, l’ancien assistant de Jacques Becker, le dirigea dans son premier long métrage « Les honneurs de la guerre », une évocation de la fin de l’occupation allemande dans les marais poitevins, un très beau film, hélas mal accueilli et maudit par la censure « galonnée » de l’époque.

Bien que pressenti, Truffaut (toujours lui !), écarté par les pontes de la Nouvelle Vague, en l’occurrence par Rohmer, producteur du film, cèda la mise en scène à J-L. Godard lequel enrôla Serge comme carrossier automobile au caractère plutôt rugueux surtout vis-à-vis de Johanna Shimkus, pour son sketch « Montparnasse – Levallois » du collectif 16 mm « Paris vu par… « .

José Giovanni, quant à lui, en fait un receleur liégeois au sobriquet bien approprié de « balafré » pour son « Un aller simple » avant qu’il aille rejoindre les malfrats marseillais de « Borsalino and co » et de s’égarer par la suite dans des « Sexuellement vôtre » ou « Le rallye des joyeuses », immense programme qui n’eut aucune chance aux Césars.

Début 1980, on perd sa trace professionnelle, mais non son mariage avec Colette, une jolie blonde, ancienne danseuse, sa cadette de treize ans, avec laquelle il se retira dans un petit village de la Creuse, non loin de Guéret. Ils reviendront en banlieue parisienne, se sépareront, et Serge, seul, complètement isolé, un peu plus bourru, la tête un peu défaillante y décédera en absence de ressources. En dehors du mariage, il reconnut un fils, Bruno, décédé au début des années 90 avec lequel il ne s’attendait guère.

Sa vie est un vrai roman, avons-nous dit. C’est peu dire de cet excellent comédien, provocateur à tout bout de champ, fabulateur avec délectation, cabot dans toute sa splendeur, roi du burlesque, unique dans ses pirouettes d’Arlequin… aujourd’hui déjà oublié, reposant  au nouveau cimetière si proche de son HLM.

© Yvan Foucart (Dictionnaire des comédiens français disparus)                                                                                                      

Dans "Tirez sur le pianiste"

Dans « Tirez sur le pianiste »

Filmographie

  • 1956 Le cas du docteur Laurent (Jean-Paul Le Chanois)
  • 1958
    • La môme aux boutons (Georges Lautner)
    • Rapt au deuxième bureau (Jean Stelli)
    • Minute Papillon (Jean Lefevre)
  • 1959
    • Tirez sur le pianiste (Claude de Givray et François Truffaut)
    • La dragée haute (Jean Kerchner)
  • 1960
    • Les honneurs de la guerre (Jean Dewever)
    • Dans l’eau qui fait des bulles (Maurice Delbez)
  • 1961
    • Tire au flanc (Claude de Givray et François Truffaut)
    • Les livreurs (Jean Girault)
  • 1962 Une grosse tête (Claude de Givray)
  • 1964
    • Requiem pour un caïd (Maurice Cloche)
    • Les Gorilles (Jean Girault)
    • Les Pieds Nickelés (Jean –Claude Chambron)
  • 1965 Paris vu par… sketch « Montparnasse et Levallois, court métrage (Jean-Luc Godard)
  • 1969 La honte de la famille (Richard Balducci)
  • 1970
    • Doucement les basses (Jacques Deray)
    • Un aller simple (José Giovanni)
  • 1971 La grande maffia (Philippe Clair)
  • 1974
    • Borsalino and co (Jacques Deray)
    • Le rallye des joyeuses (Serge Korber)
    • Sexuellement vôtre (Max Pécas)

Télévision

  • 1967  Salle 8 (Jean Dewever, série)
  • 1969 Les oiseaux rares (Jean Dewever, série)
  • 1971 Yvette (Jean-Pierre Marchand)
  • 1974 Le cas Adam et Eve (Serge Witta)
  • 1977 Cinéma 16 : L’amuseur (Bruno Gantillon)
  • 1980 Médecins de nuit : Légitime défense (Bruno Gantillon)

Hommage à Henri Guegan par Christine Guegan

Photo : © Collection Christine Guegan, droits réservés

Il serait intéressant de faire l’éloge des cascadeurs, un réseau social bien connu nous permet de rendre hommage, grâce à sa fille Christine, à Henri Guegan disparu l’an dernier.

Sa disparition fut ignorée des médias mais rendons grâce à Jean-Claude Fischer et à son site Cinéfiches (3615 Cinoche sur le minitel) de nous l’avoir signalé, information qui ne peut que réjouir nos amis historiens. Christine Guégan, nous annonce également le décès à l’âge de 87 ans en septembre dernier d’Antoine Baud, membre comme son père de l’équipe de Claude Carliez. Henri Guégan nous est familier aussi comme comédien, il est vrai qu’il en impose souvent comme dans son rôle d’athlète dans un cabaret « Dossier 1413 » jouant les gros bras pour défendre une danseuse du haut de ses 85 kilos, et  neutralisant Jean Danet qui l’attaque avec une rapidité stupéfiante. Sa filmographie est difficile à établir, il apparaît parfois sous le nom de Philippe Guegan, merci donc à sa famille pour ses précieuses informations. Il y aurait matière à rendre hommage à d’autres membres de l’équipe de Claude Carliez, comme Gil Delamare, François Nadal, Odile Astié, Jacques Brécourt, Jean Minisini, Lionel Vitrant, Guy Fox, Marcel Gallon, Jack Jourdain, Rico Lopez, Gérard Moisan, Eric Vasberg, etc… Si vous avez des idées à ce sujet ou de suggestions, n’hésitez pas à nous les communiquer. A noter que Philippe Guegan, a pris la suite de son père.

Hommage de Christine Guegan : C’est à l’adolescence que mon père commença à faire de la boxe, c’est son instituteur qui voyant ses aptitudes physique le dirigea vers ce sport. Il fut d’abord boxeur amateur puis semi-professionnel et devint meilleur espoir poids moyen.

Suite à une rencontre il se dirigea vers le music hall dans un numéro de portée à trois sous le nom des Cravels et arrêta la boxe au début des années 50. Avec ce numéro ils voyagèrent en Europe et surtout en Allemagne ou ils se produisaient devant les soldats Américains.

Un jour un ami lui proposa de travailler dans le cinéma  comme cascadeur et c’est comme cela qu’il commença dans les années 50 à tourner soit comme comédien dans de petits rôles soit comme cascadeur.

Viendra la rencontre avec Claude Carliez sur «  Le miracle des loups » et il deviendra  un élément majeur de son équipe pendant plusieurs années.

Il doubla beaucoup des grands acteurs emblématiques de cette époque tels que Jean Gabin dans « Les misérables », Bourvil dans « Le corniaud » (la chute de la falaise), « Le cerveau » (dans la DS coupée et c’est sa silhouette que l’on aperçoit à l’arrivée du France à New York) et participa à un grand nombres de films de capes et d’épée.

Il travailla souvent avec Jean Marais à qui il montrait  et réglait les cascades avant qu’il ne les fasse lui-même.

Il travailla  avec Louis de Funès dans les grandes vacances et les gendarmes, Eddy Constantine, Lino Ventura, et beaucoup d’autres.

Il faillit se noyer en 1964 sur  » Allez France »  film de Pierre Tchernia et Robert Dhéry  en tombant dans un port du Havre enfermé dans une 2CV et resta coincé suffisamment  longtemps pour battre le record d’apnée.

Sur « Thierry la fronde » il n’était pas rare de l’apercevoir dans la même scène  en soldat anglais et le plan d’après en soldat français. Pour paraître plus nombreux à l’image la mise en scène  leur demandait  de sortir du champ d’un coté de contourner la caméra et de rentrer de l’autre coté, ce qui  permettait de donner l’impression d’être un autre personnage.

Sur « Les trois mousquetaires », il sauta d’une tour de 25 mètres de haut pour doubler Gérard Barray et impressionna  bon nombre des gens présents dont Jean Carmet, mes frères Philippe et Pascal alors âgés de 6 et 10 ans assistaient à cette cascade. Vus d’en haut  les cartons sur lesquels il devait se réceptionner  paraissait grand comme une boite d’allumettes  et Jean Carmet nous a racontait qu’il avait eu très peur ce jour là que la cascade se passe mal devant mes deux frères.

Il participait au film « Le saint prend l’affût » et était présent  quand se produisit l’accident qui couta la vie à Gil Delamare.

Dans un des dernier film dans lequel il tourna « Le fou du roi »  réalisé par Yvan Chiffre, ancien lui aussi  de l’équipe de Claude Carliez il  eut le plaisir de travailler avec ses fils Philippe et Pascal  Guegan, sa grande fierté, eux même cascadeurs  à qui il a transmis sa passion et de retrouver ses anciens copains Rico Lopez, Guy Delorme, Yvan Chiffre et Bernard Celeron.

Il fait une petite apparition dans la série « Guillaume Tell » dans les années 80 dont les cascades sont réglées par son fils Philippe Guegan.

Photo : © Collection Christine Guegan, droits réservés

Filmographie

1955  Gueule d’ange (Marcel Blistène) – Gas-Oil (Gilles Grangier) – 1956  Fernand cow-boy (Guy Lefranc) – Action immédiate (Maurice Labro) – 1957  Les misérables (Jean-Paul Le Chanois) – À la Jamaïque (André Berthomieu) – Mademoiselle et son gang (Jean Boyer) – Le temps des œufs durs (Norbert Carbonnaux) – The Vikings (Les vikings) (Richard Fleischer, cascadeur) – 1958  Les tricheurs (Marcel Carné) – Et ta soeur ? (Maurice Delbez) – The reluctant debutante (Qu’est-ce que maman comprend à l’amour ?) (Vincente Minnelli) – Le fauve est lâché (Maurice Labro) – Oh ! que mambo (John Berry) – 1959  Le testament du docteur Cordelier (Jean Renoir) – Le Baron de l’écluse (Jean Delannoy) – Ce soir on tue (Yvan Govar) – 1960  Dossier 1413 (Alfred Rode) – 1961  Le capitaine Fracasse (Pierre Gaspard-Huit) – Le miracle des loups (André Hunebelle) – Cartouche (Philippe de Broca) – Callaghan remet ça (Willy Rosier) – Les trois mousquetaires (Bernard Borderie, doublure de Gérard Barray) – Seul contre tous (Jean Bacqué, sous le nom de Philippe Guegan) – 1962  Le diable et les dix commandements [Skech « Tu ne déroberas point »] (Julien Duvivier) – : Les mystères de Paris (André Hunebelle) – 1963  La tulipe noire (Christian-Jaque) – 1963  L’honorable Stanislas, agent secret (Jean-Charles Dudrumet) – OSS 117 se déchaîne (André Hunebelle) – Banco à Bangkok pour OSS 117 (André Hunebelle) – Blague dans le coin (Maurice Labro) – 1964  Coplan agent secret FX 18 (Maurice Cloche) – Ein sarg aus Hong-Kong (Du grisbi pour Hong-Kong) (Manfred R. Köhler) – Fantômas (André Hunebelle) – Le corniaud (Gérard Oury, doublure de Bourvil) – Le majordome (Jean Delannoy) – 1965  Hotel Paradiso (Paradiso, hôtel du libre échange) (Peter Glenville) – 1966  Objectif 500 millions (Pierre Schoendoerffer) – Roger la Honte (Riccardo Freda) – Le Saint prend l’affût (Christian-Jaque) – Sept hommes et une garce (Bernard Borderie) – Trois enfants dans le désordre (Léo Joannon) – 1967  Les grandes vacances (Jean Girault) – 1967  deux billets pour Mexico (Christian-Jaque) – Le fou du labo 4 (Jacques Besnard) – 1968  Faites donc plaisir aux amis (Francis Rigaud) – Le gendarme se marie (Jean Girault) – Le cerveau (Gérard Oury, doublure de Bourvil) – 1969  Mon oncle Benjamin (Édouard Molinaro) – 1970  Le cinéma de papa (Claude Berri) – Le gendarme en balade (Jean Girault) – Ich schlafe mit meinem Mörder (Je couche avec mon assassin / L’amour, la mort et le diable) (Wolfgang Becker) – 1971  Jo (Jean Girault) – 1972  Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil (Jean Yanne) – 1973  Moi y’en a vouloir des sous (Jean Yanne) – 1974  La kermesse érotique (Jean Le Vitte [Raoul André]) – Célestine… bonne à tout faire (Clifford Brown [Jesús Franco], sous le nom de Philippe Guégan) – 1976  Furies sexuelles / Les Marie-Madeleine (Alain Payet) – 1977  Prends-moi partout (Stratos Markidis) – Blue Rita / Le cabaret des filles perverses (Clifford Brown [Jesús Franco]) – Lola 77 (Lola 2000 – Petites femmes pour hôtels particuliers) (Paolo Moffa) – 1978  To symblegma (Prends-moi partout) (Stratos Markidis) – 1983  Le fou du roi (Yvan Chiffre) – 1984  Vivre pour survivre (Jean-Marie Pallardy) – 1989  TV Buster (John Hudson, CM, diffusé également dans le long-métrage « Adrénaline ») .

Télévision (notamment)

1963/1966  Thierry La Fronde (Robert Guez & Joseph Drimal) – 1966  Les corsaires / Corsaires et flibustiers (Claude Barma & Claude Boissol, série) – La tour de Nesle (Jean-Marie Coldefy) – 1967  S.O.S. Fernand : Le coup de fil (Jacques Pinoteau) – 1968  Vive la vie (Joseph Drimal, série, saison 2) – Thibaud ou les croisades : Étienne (Joseph Drimal) – 1972  Le demoiselle d’Avignon (Michel Wyn, série) – Les chemins de Pierre (Joseph Drimal, série) – Les évasions célèbres : Le duc de Beaufort (Christian-Jaque) – 1974  Arsène Lupin : Le coffre de Madame Imbert (Jean-Pierre Desagnant) – Schulmeister l’espion de l’empereur : La dame de Vienne (Jean-Pierre Decourt) – 1975  Jack (Serge Hanin, série) – Saint-Just ou la force des choses : La victoire (Pierre Cardinal) – Saint-Just ou la force des choses : La mort (Pierre Cardinal) – 1977  Richelieu ou Le Cardinal de velours (Jean-Pierre Decourt) – 1979  Pierrot mon ami (François Leterrier) – 1985  Guillaume Tell (un épisode).

Remerciements à Christophe Bier et à la famille Guegan.

Tony Taffin par Yvan Foucart

Yvan Foucart nous offre un nouvel hommage inédit de son « Dictionnaire des comédiens disparus » avec Tony Taffin. On retrouvera également d’autres hommages à Madeleine Robinson et Philippe Lemaire  dans le site de l’Encinémathèque

HOMMAGE à TONY TAFFIN  par Yvan FOUCART

Trop de décès passent inaperçus et nous ne pouvons que les regretter. C’est ce qui amène certains sites d’annoncer et de propager d’invraisemblables erreurs. C’est ainsi que nous apprîmes très étonnés que Claude Lehmann et Laure Paillette étaient respectivement l’un, le doyen et l’autre, la doyenne du cinéma français alors que leurs disparitions remontent à 35 ans et plus.

Prudemment, avant qu’on le désigne comme nouveau doyen, rendons aujourd’hui hommage à Tony Taffin qui nous quitta il y a… 17 ans.

Pierre Taffin, pour le monde artistique Tony Taffin, naît au domicile de ses parents à Paris le 19 mai 1917, tout proche de l’hôpital de la Salpêtrière. Le papa, dont il hérite le prénom est dentiste et la maman femme au foyer.

En 1946, il entre à la Comédie Française et la quitte trois ans plus tard après avoir été un superbe Horace dans la tragédie du même nom signée Corneille. Cette même année, il succombe au charme de Lise Delamare, future sociétaire honoraire, avec laquelle il convolera et divorcera huit ans plus tard. A défaut du théâtre où ils furent peu partenaires, c’est le grand écran qui les réunira avec « Un certain monsieur » dirigé par Yves Ciampi.

Tony Taffin fut veuf en secondes noces d’avec Françoise Grassin, une artiste peintre passionnée de théâtre pour lequel elle avait d’ailleurs signé certains décors. Laurent Terzieff, ami du couple, fut témoin à leur mariage. Son veuvage fut de courte durée car il rejoignit son épouse deux mois plus tard.

Homme des planches avant tout, que ce soit à la maison de Molière, au palais des Papes d’Avignon ou au Théâtre de l’Oeuvre à Paris, Tony Taffin avait un actif cinématographique assez restreint. Il commença avec le célèbre « Monsieur Vincent » de Maurice Cloche, lequel lui confia un rôle plutôt effacé.

On le vit par la suite, entre autres, en mondain cynique pour « Le  feu follet »; en prisonnier abattu sur le quai de gare sous les yeux de Leslie Caron (sa sœur) et d’Orson Welles (le consul de Suède) venus implorer sa libération dans le mémorable « Paris brûle-t-il ? »; en gangster, patron de Belmondo dans « Ho »; en menuisier corse pour « Le fils »; en véreux magouillant dans de sombres affaires chinoises pour « Le jardin des supplices »; en président jugeant une spéculation crapuleuse d’achats massifs dans « Le sucre », belle adaptation du roman de Georges Conchon, etc.

Sa présence à la petite lucarne fut tout aussi étique, on se souviendra surtout de son interprétation du roi Artus dans le « Lancelot du lac » de Claude Santelli.

Son dernier rendez-vous avec le théâtre fut pour « Lear » de William Shakespeare au TNP de Villeurbanne. Patrice Chéreau en fit le partenaire de François Simon, fils de Michel, dans le rôle éponyme, lui aussi passionné des planches.

Addenda du 3/08/2012 : Nous vous remercions de l’intérêt porté à notre site dont la fonction première n’est pas de dresser un relevé des lieux et dates de décédés (ni de vivants), mais de rendre un hommage en particulier aux seconds rôles injustement oubliés,  cela par le biais d’une biographie la plus vraie possible (d’où recherches parfois fastidieuses) et d’une filmographie la plus complète possible. Cela nous semble bien plus primordial que de lancer des cocoricos… par ailleurs quelquefois erronés que nous laissons volontiers à d’autres. Bien sûr, vous avez dû le remarquer, il nous arrive de préciser certaines dates lorsque nous en jugeons l’opportunité. Il n’y a pas d’automatisme. Nos recherches sont destinées aux visiteurs qui nous font confiance et non à ces sites qui ne cessent de nous copier oubliant de faire référence de leurs sources. Sachez que Laure Paillette est décédée en 1968 et Tony Taffin en 1995.

@   Yvan Foucart    (Dictionnaire des comédiens français disparus)

Filmographie

1947  Monsieur Vincent (Maurice Cloche) – 1949 Un certain monsieur (Yves Ciampi) – 1963 Le feu follet (Louis Malle) – 1966 Paris brûle-t-il ? (René Clément) -1968 Ho ! (Robert Enrico) –  1973  Le fils (Pierre Granier-Deferre) – 1974 Le troisième cri (Igaal Niddam) – 1975 Maîtresse (Barbet Schroeder) – 1976 Le jardin des supplices (Christian Gion) – 1978 Le sucre (Jacques Rouffio).

Télévision

1952 Le profanateur (René Lucot) – 1958  En votre âme et conscience : Un combat singulier ou l’affaire Beauvallon (Jean Prat) – 1965 Infarctus (Claude-Jean Bonnardot) – 1966 La roulette russe (Ange Casta) – 1967  Malican père et fils : La mort de Phèdre (François Moreuil) – 1970 Lancelot du lac (Claude Santelli) – 1972 Les dossiers de Maitre Robineau : Les cagnards (Jean-Marie Coldefy) – Les  dernières volontés de Richard Lagrange (Roger Burckhardt) – 1973 Les cent livres : La divine comédie (Michel Treguer) – Hilda Muramer (Jacques Trébouta) – 1975  Messieurs les jurés : L’affaire Taillette (Michel Genoux).

Jacqueline Laurent par Yvan Foucart

Jacqueline Laurent – Photo source Christian Grenier (L’Encinémathèque)

Yvan Foucart nous fait l’amitié de nous présenter l’un des hommages inédits de son « Dictionnaire des comédiens disparus » avec Jacqueline Laurent. On retrouvera également son hommage à Isabelle Corey, disparue en début d’année sur le site de l’Encinémathèque

Hommage à Jacqueline LAURENT

elle nous quitta il y aura bientôt deux ans

Dix films à son actif, mais l’on se souviendra uniquement du « Jour se lève » de Marcel Carné, dans lequel elle incarna la jolie fleuriste dont Jean Gabin, l’ouvrier sableur, tombe amoureux.

Il ne fut pas le seul. Il y eut aussi Jacques Prévert…

Elle naît à Brienne-le-Château, la cité napoléonienne de l’Aube. Le papa y est professeur et compositeur de musique à ses moments perdus, et la maman institutrice.

La guerre terminée, la famille gagne la capitale et s’installe non loin du parc de Montsouris. Elle y rencontre Sylvain Itkine, son aîné de dix ans, comédien bien connu mais qui le sera encore davantage grâce à « La grande illusion » de Jean Renoir, et de façon plus dramatique et discrète, torturé et fusillé en août 1944 par les bourreaux au service de la Gestapo de Klaus Barbie.

Jacqueline n’a pas encore dix-sept ans, mais elle est amoureuse et conséquemment ils se marient à la mairie du XIVme arrondissement, ayant comme témoin Suzanne Saillard, une artiste dramatique. Toutefois, leur union sera de courte durée.

Durant cette même année de 1935, son père, ami du réalisateur André Hugon, convainc celui-ci d’engager sa fille dotée d’une bien jolie voix pour son « Gaspard de Besse » dont la tête d’affiche s’avère être celle de l’imposant Raimu. Jacqueline s’en sort très bien au point que Hugon la rappelle plus tard pour un autre tournage aux côtés d’Harry Baur.

C’est, entre ces deux films qu’elle rencontre Jacques Prévert au quartier déjà mythique de Saint-Germain-des-Prés, le plus souvent au café qui fera beaucoup parler de lui, le  « Flore ».  Quatre années de passions partagées réuniront ces deux amants.

En 1938, sollicitée par les bureaux parisiens de la MGM, elle signe un contrat d’un an en attendant mieux et se retrouve sur les plateaux hollywoodiens pour un film dont Mickey Rooney est la grande vedette, mais aussi insupportable, avouera-t-elle.

Paris lui manque, Prévert aussi, à tel point qu’il viendra la rejoindre pour quelques semaines.

Ayant supplié Louis B. Mayer, celui-ci lui offre étonnement sa liberté, ce qui lui permet de rejoindre Marcel Carné et surtout Prévert auteur des dialogues du « Jour se lève » et qui ne fut pas étranger à l’obtention du rôle tant convoité de la jeune et jolie fleuriste.

Trois films suivront, certes d’honnête facture, mais sans plus. Puis, avec son nouvel amour, elle passera les Apennins et tournera trois films mièvres aux studios de la Cinecittà.  Et là, s’arrête la carrière artistique de Jacqueline Janin dite Laurent.

Son retour en France s’accompagnera de deux mariages. Espérons qu’ils furent heureux, car elle ne se cacha jamais d’avoir été – quelques fois – frivole, loin s’en faut.

Elle se retira dans les Alpes-Maritimes et décéda à 91 ans.

A noter que « Le jour se lève » connut une version américaine par la RKO (« The long night »), dans laquelle Henry Fonda et Barbara Bel Geddes reprirent les rôles de Gabin et de Jacqueline.

@  Yvan Foucart    (Dictionnaire des comédiens français disparus)

Avec Harry Baur dans « Sarati, le terrible »  (source « Toutlecine.com »)

Filmographie : 1935 Gaspard de Besse (André Hugon) – 1937 Sarati, le terrible (André Hugon) – 1938 Judge Hardy’s children / Les enfants du juge Hardy (George B. Seitz,) – 1939 Le jour se lève (Marcel Carné) – 1940 Un chapeau de paille d’Italie (Maurice Cammage) – 1941 Les deux timides (Yves Allégret) – 1942 L’homme qui joue avec le feu (Jean de Limur) – 1943 Addio, amore ! / Dernier amour (Gianni Franciolini) – 1945 L’abito nero da sposa (Luigi Zampa), Le vie del peccato / Le chemin du péché (Giorgio Pastina) – 1964 Le coup de grâce (Jean Cayrol et Claude Durand). Nota : on lui attribue parfois à tort des titres de la filmographie de son homonyme, dont on retrouvera les détails dans l’indispensable « Dictionnaire des films français pornographiques & érotiques », paru sous la direction de Christophe Bier.

Yves Arcanel par Yvan Foucart

Yvan Foucart nous fait l’amitié de nous montrer l’un des portraits inédits de son Dictionnaire des comédiens français disparus, qu’il en soit remercié.

HOMMAGE à YVES ARCANEL  par Yvan FOUCART

Fils d’un papa militaire et issu d’une fratrie de sept frères et sœurs, Yves effectue ses études au Prytanée national sarthois de La Flèche, puis poursuit sa scolarité chez les Jésuites à Sarlat.

Il s’engage volontaire en Indochine alors en guerre. Il y restera près de deux ans.

Nonobstant le sérieux de ces parcours, Yves est surtout attiré par le théâtre, celui des beaux textes, et ce n’est donc pas étonnant qu’il s’inscrive aux cours de  l’incontournable René Simon où il se fera un ami en la personne de Jean-Pierre Bernard, lui aussi fervent des planches. En 1956, Bernard  passé à la Guilde, une Compagnie « amateurs » fondée par Guy Retoré dans le dix-neuvième arrondissement, et le convainc de l’y rejoindre.  Yves ne se fait pas prier et participe à la distribution de « La vie et la mort du Roi Jean » de Shakespeare, pièce qui remportera le Prix des jeunes compagnies.

Cette Compagnie deviendra un peu plus tard le célèbre  T.E.P. (Théâtre de l’Est Parisien), toujours sous la direction intelligente de Guy Retoré.

Yves doit à la maman de son meilleur ami, une femme non dénuée d’esprit voire même très philosophe, d’adopter un pseudonyme plus « mélodieux ». C’est à ce moment que Arcanel éclot et débute simultanément à la radio, au théâtre et au cinéma.

Sur les ondes, oui, car sa voix est remarquablement radiophonique et qu’elle convient parfaitement aux belles lectures.

Il en va de même pour le théâtre, le vrai, celui qu’il apprécie et non l’autre à la connotation « boulevard ». Pas nécessairement limité aux classiques, mais à la diversité des rôles, aux textes forts qui réclament un travail d’exigence, l’essentiel étant d’être guidé par une motivation profonde et durable.

De ses débuts, il garde un souvenir inoubliable avec « Un otage » dû à l’auteur irlandais Brendan Behan que le Théâtre de France crée en février 1962 dans une mise en scène de Georges Wilson, lequel est aussi son partenaire, de même que Madeleine Renaud, Pierre Blanchar et une éblouissante Arletty qui, sans se forcer, plus que parfaite, s’empare du rôle de la tôlière.  A citer aussi « Le rhinocéros » d’Ionesco créée dans sa version française au même théâtre dans une mise en scène de Jean-Louis Barrault (1960).

Comédien probe, intelligent, entier, il convient de citer sa participation à « La visite de la vieille dame » de Friedrich Dürrenmatt (Th. Marigny 1957); à « Ouragan sur le Caine » d’après le best seller d’Herman Wouk (Théâtre en rond, 1957) et pour une captation plus tard pour « Au théâtre, ce soir » de Pierre Sabbagh (1973) avec Jean Mercure et Raymond Loyer; avec la Compagnie Renaud-Barrault pour les grandes tournées internationales, notamment au Japon et en Amérique du Sud; « Le retour » de Pinter avec cette belle affiche comprenant Pierre Brasseur, Claude Rich et Emmanuelle Riva (Théâtre de Paris, 1966), « Incident à Vichy » d’Arthur Miller » (en tournée, 1972); de « Hamlet » de Shakespeare (Théâtre de France-Odéon, 1962) à « Richard II » autre tragédie historique du même auteur (Théâtre-Maison de la Culture de Caen). … un double bonheur puisqu’il marque aussi sa rencontre avec Christiane, qui deviendra son épouse.

Quant au cinéma, ce sont surtout des titres avec beaucoup de talents confirmés tels Jean Gabin, Lino Ventura, Bourvil, Louis de Funès, Bernard Blier… mais pour lui – hélas – des rôles obstinément secondaires. On le vit maintes fois en inspecteur de police, entre autre dans « Le grand restaurant » en adjoint du commissaire divisionnaire (Blier), qui poste émetteur à la main téléguide un de Funès désemparé porteur d’une rançon de 200 millions de francs !

Il fut également présent dans de nombreuses dramatiques, surtout à la grande époque des mythiques studios des Buttes Chaumont, notamment sous la direction d’Alain Boudet qu’il estimait beaucoup, entre autre pour « Le théâtre de la jeunesse » où il rejoignit  Christian Barbier en « Tarass Boulba » (1965). Mais il y eut aussi Stellio Lorenzi, Marcel Bluwal, Claude Barma, Claude Loursais. On l’apprécia auprès de  Marc Cassot dans « La complainte de Jérusalem » de Jean-Paul Carrère (1970); de Charles Vanel pour « Les Thibault » (1972); de Jacques Morel pour plusieurs « Julien Fontanes, magistrat » (1980-88)  et d’autant de « Cinq dernières minutes » (1970-86) version Jacques Debary.

Yves nous quitta au début du printemps 2009 vaincu par le cancer. Il repose au cimetière du Montparnasse à Paris, tout proche de son domicile.

@   Yvan Foucart    (Dictionnaire des comédiens français disparus) et nos remerciements à  Madame Christiane Arcanel pour son extrême gentillesse.

Filmographie : 1957  Le désert de Pigalle (Léo Joannon) – Le dos au mur (Edouard Molinaro) – 1958  Cette nuit-là (Maurice Cazeneuve) – Le fauve est lâché (Maurice Labro) – Une balle dans le canon (Michel Deville et Charles Gérard) – 1959  La verte moisson (François Villiers) – 1960  Le président (Henri Verneuil) – 1961  Le puits aux trois vérités (François Villiers) – 1962  Ballade pour un voyou (Jean-Claude Bonnardot) – 1963  Les tontons flingueurs (Georges Lautner) – Coplan prend des risques (Maurice Labro) – 1965  La grosse caisse (Alex Joffé) – Quand passent les faisans (Edouard Molinaro) – Un milliard dans un billard (Nicolas Gessner) – 1966  Trois enfants dans le désordre (Léo Joannon) – Le grand restaurant (Jacques Besnard) – 1967   Le pacha (Georges Lautner) – 1968  Sous le signe du taureau (Gilles Grangier) –  1970   Justine de Sade (Claude Pierson) – Le cercle rouge (Jean-Pierre Melville) – 1972   Le tueur (Denis de La Patellière) – 1976  Donnez-nous notre amour quotidien (Andrée Marchand [Claude Pierson]) – 1980  Ces malades qui nous gouvernent (documentaire de Claude Vajda, voix) –  Deprisa, deprisa / Vivre vite (Carlos Saura).

Télévision (notamment) : 1959  La cruche cassée (Bernard Hecht) – 1961 Un bon petit diable (Jean-Paul Carrère) – Le théâtre de la jeunesse : Doubrowsy (Alain Boudet) – 1962 Le plus grand théâtre du monde : Rien que la vérité (Claude Loursais) – Quatre-vingt treize (Alain Boudet) – 1963  Un bourgeois de Calais (Alain Boudet) – Le troisième concerto (Marcel Cravenne) – 1964  Bayard (Claude Pierson) – Le théâtre de la jeunesse : Méliès, magicien de Montreuil-sous-Bois (Jean-Christophe Averty) – 1965 Le théâtre de la jeunesse : Tarass Boulba (Alain Boudet) – Dom Juan ou Le festin de pierre (Marcel Bluwal) – 1966 La grande peur dans la montagne (Pierre Cardinal) – 1967   Souffle de minuit (André Fey) – 1968  Les enquêtes du commissaire Maigret : Le chien jaune (Claude Barma) – 1969 Fortune (Henri Colpi) – S.O.S. fréquence 17 : M.O.C. ou objet volant non identifié (Jean Dréville) – 1970  Les cinq dernières minutes : Une balle de trop (Raymond Pontarlier) – La complainte de Jérusalem (Jean-Paul Carrère) – 1971  Mon seul amour (Robert Guez) – Un mystère par jour ou les dossiers du professeur Morgan : Meurtre à l’américaine (Guy Jorré) – 1972  Les Thibault (Alain Boudet) – 1973 La pomme oubliée (Jean-Paul Carrère) – Au bout du rouleau (Claude-Jean Bonnardot) – Au théâtre ce soir : Ouragan sur le Caine (Georges Folgoas) – 1974 Un mystère par jour ou les dossiers du professeur Morgan : Surpris par la mort (Jean-Paul Carrère) – La cité crucifiée (Jean-Paul Roux) – La mort d’un enfant (Jean-Louis Muller) – Donnez-nous notre amour quotidien / La déchirure – 1975  L’attentat de Damiens (Pierre Cavassilas) – Marie-Antoinette (Guy-André Lefranc) – 1976  Messieurs les jurés : L’affaire Jasseron (André Michel) – Ozraceni (Gérard Poteau) – 1977  Cinéma 16 : La fortunette (Pierre Cavassilas) – 1978  La corde au cou (Marcel Moussy) – La filière (Guy-André Lefranc) – Amours sous la révolution : André Chénier (Jean-Paul Carrère) – 1979  Azouk (Jean-Christophe Averty) – 1980  La vie des autres : Le scandale (Jean-Pierre Desagnat) – Messieurs les jurés : L’affaire Vico (Jean-Marie Coldefy) – Les dossiers éclatés : Le querellé ou la nécessité d’être comme tout le monde (Alain Boudet) – 1984  L’inspecteur mène l’enquête : Sans issue (Luc Godevais et Jean-Paul Roux) – 1981  L’ange noir (Roland-Bernard) – Ubu cocu ou l’archéoptéryx (Jean-Christophe Averty) – Les amours des années grises : Joli cœur (Gérard Espinasse) – 1982 Les amours des années grises : Histoire d’un bonheur (Marion Sarraut) – 1983  La princesse insensible (Michel Ocelot) – 1984  Julien Fontanes, magistrat : La pêche au vif (Guy-André Lefranc) – 1986  Julien Fontanes, magistrat : Retour de bâton (Guy-André Lefranc) – 1987  Les cinq dernières minutes : La peau du rôle (Guy Jorré) – Le chevalier de Pardaillan (Josée Dayan) – 1989  Julien Fontanes, magistrat : Les portes s’ouvrent (Guy-André Lefranc).

Agnès Laurent par Yvan Foucart

 

Agnès Laurent dans « Mademoiselle Strip-tease »

 

Triste destin que celui de cette jolie Lyonnaise que fut Agnès Laurent récemment décédée, à Grenoble ce 16 février 2010.

 

Ses études secondaires terminées, elle débute comme sténo-dactylo chez Pigier, puis travaille deux mois au Ministère de la guerre comme secrétaire tout en s’appliquant sur la sculpture et en lorgnant vers les scènes de théâtre.

 

Nantie d’un mot de recommandation d’un journaliste lyonnais pour le producteur de films René Thévenet, lui aussi originaire de la capitale des Gaules, celui-ci la fait inscrire chez l’agent artistique Jacques Allain. Tous deux  l’amènent à fréquenter les cours d’art dramatique d’Eve Francis et de Charles Dullin.

 

C’est sous le pseudonyme d’Agnès Laurent qu’elle débute par la petite porte en acceptant un rôle mineur dans Axelle et son clochard, un court métrage produit par Thévenet. Il n’empêche, Luis Buñuel qui se prépare à tourner La mort en ce jardin au Mexique avait prévu Michèle Girardon, autre Lyonnaise, pour le rôle de la fille sourde et muette de Charles Vanel avant de reporter son choix sur Agnès. Le père de Michèle ayant refusé que sa fille parte aussi loin, revient très vite sur sa décision et le film se fait finalement sans Agnès.

 

Certes chagrinée, on ne le serait à moins, elle se contente d’apparaître parmi les Mannequins de Paris qui tourbillonnent avec la grâce souhaitée par André Hunebelle, ainsi que dans Les collégiennes du même réalisateur.

 

Tout évolue dès l’année suivante. Maurice Cloche lui accorde sa confiance ainsi que le premier rôle féminin auprès de Georges Marchal, sémillant agent d’Interpol au sein de son Marchands de filles. En demoiselle bien sage, la voilà amenée à  se dévêtir pour les besoins de Mademoiselle Strip-tease que produit René Thévenet. Elle enchaîne ensuite avec Un amour de poche, la première réalisation de Pierre Kast, où rivale de Geneviève Page, elle interprète l’élève virginale et follement éprise de son beau professeur qu’incarne Jean Marais.

 

Le 21 décembre de cette même année, elle noue avec le théâtre, celui des « Nouveautés » à Paris pour Auguste une comédie de Raymond Castans dont Jean Wall assume la mise en scène. Fernand Raynaud, Guy Tréjan, Paul Préboist et Pierre Mirat l’entourent pour son rôle de jeune starlette à la recherche de notoriété en simulant un suicide… ce qui nous fait immanquablement penser à une certaine  Martine Carol. 

 

Simultanément, René Thévenet, en parrain décidemment fidèle, l’engage pour Péché de jeunesse,  où nous la retrouvons en orpheline de l’Assistance travaillant comme vendeuse dans une pâtisserie. Une peinture dénonçant les mesquineries d’une petite ville de province avec une mère castratrice (Madeleine Robinson) paralysant un fils pusillanime (Gil Vidal) mais soupirant éperdu et tenace de la petite vendeuse… enceinte. Un film aujourd’hui bien oublié qui fut cependant agréablement accueilli et qui par ailleurs obtint un prix au référendum de Vichy.

Fin des années cinquante, une déferlante s’abat sur le cinéma français. C’est ce que Françoise Giroud appellera la « Nouvelle Vague ». Elle se veut être le renouveau du cinéma hexagonal, des réalisateurs et des comédiens. Et Agnès en sera, comme tant d’autres, une injuste victime.

 

Elle se tourne vers d’autres cieux et s’engouffre dans des productions espagnoles, anglaises et italiennes dont les titres n’évoquent plus rien.

 

Fin octobre 1958, les faits divers de quelques journaux nous apprennent, au retour d’une tournée, l’accident dont elle est victime avec le conducteur du véhicule, un chanteur-compositeur très connu. Souffrant de plusieurs blessures, elle est transportée à l’Hôtel-Dieu de Paris. L’un et l’autre en garderont des séquelles. Après un an d’hospitalisation, le chanteur poursuivra sa carrière tant bien que mal malgré des problèmes physiques toujours présents. Quant à Agnès, elle doit son dernier sursaut à Michel Boisrond qui l’appelle pour son sketch des Amours célèbres, où elle assiste spectatrice aux  dévolus concupiscents du roi Louis XIV / Philippe Noiret et du duc de Lauzun / Jean-Paul Belmondo pour la belle Madame de Monaco / Dany Robin.

 

Encore deux ou trois films peu glorieux, et puis plus rien.

 

La « Nouvelle Vague » a fait son œuvre, on entendra plus parler de la ravissante et prometteuse Agnès Laurent qui, après d’autres déboires davantage douloureux, s’exilera définitivement de Paris.

C’est d’ailleurs sous son vrai patronyme que l’on apprendra son décès.

 

@   Yvan Foucart    (Dictionnaire des comédiens français disparus)

Filmographie : 1956  Axelle et son clochard (court métrage, Pierre Foucaud) – Bonjour Monsieur La Bruyère (court métrage, Jacques Doniol-Valcroze) – Mannequins de Paris (André Hunebelle) – Les collégiennes (André Hunebelle) – 1957 Marchands de filles (Maurice Cloche) – Mademoiselle Strip-tease (Pierre Foucaud) – Un amour de poche (Pierre Kast) – 1958  Péché de jeunesse (Louis Duchesne) – Die grünen teufel von Monte Cassino / Les diables verts de Monte Cassino (Harald Reinl)  – 1959  Un mundo para mi / Tentations (José Antonio De La Loma) – 1960  A french Mistress (Roy Boulting) – Altas variedades / Cibles vivantes (Francisco Rovira Beleta) – La notte del grande assalto / Dans les griffes des Borgia (Giuseppe Maria Scotese) – 1961  Les amours célèbres, sketch « Lauzun » (Michel Boisrond) – Mary had a little… / Marie avait un petit agneau (Edward Buzzell). Divers : 1964  Dictionary of sex (Radley Metzger, anthologie, utilisation d’images d’archives). Nota : Elle n’apparaît pas dans « Nina » (Jean Boyer, 1958), c’est une confusion avec Agnès Laury et ni dans « A. Constant » (Christine Laurent, 1976), est une comédienne homonyme, merci à Armel de Lorme pour ces précisions.

 

En aparté : À lire également l’hommage qu’a consacré Yvan à Marie-Christine Barrault, sur l’excellent site « L’encinémathèque ».

Georges Wilson par Yvan Foucart

Georges Wilson dans « L’apprenti-salaud »

 

 

Il fut le fidèle disciple de Jean Vilar dont il assuma de main de maître l’héritage intellectuel et les destinées du Théâtre National Populaire de Paris et d’Avignon.

Né dans la banlieue nord-est de Paris, il perdit à 13 ans son père pianiste. Juliette, sa maman l’éleva seule.
Il voulu suivre les traces paternelles, mais y renonça rapidement pour s’inscrire aux cours dispensés par Pierre Renoir à l’ENSATT, l’incontournable école d’art dramatique de la rue Blanche. Durant plus de deux ans, il fera partie de la compagnie Grenier-Hussenot.

En 1952, Jean Vilar l’engagea au TNP comme comédien, puis à sa succession en 1963. Georges  remplit cette double fonction jusqu’en 1972, année où il dut l’abandonner au profit de Jack Lang,  futur ministre, qui lui succéda… brièvement.
De 1978 à 1995, il assuma la direction artistique du Théâtre de l’Oeuvre.

Comment établir la biographie théâtrale d’un tel monument dès lors qu’il a connu toutes les sensibilités du répertoire, lui l’égal d’un Jouvet, Dullin, Vilar ou Barrault ?

Bien sûr, nous ne pouvons être que très réducteurs, aussi nous nous contenterons de citer quelques-unes de ses étapes : bien évidemment L’école des femmes de Molière, son maître; Les enfants du soleil, une pièce aujourd’hui encore méconnue de Gorki mais qui fut sa première mise en scène en Avignon défendue superbement par Emmanuelle Riva, Judith Magre et Catherine Sellers; Maître Puntila et son valet de Brecht; Marie Tudor de Victor Hugo; Antigone d’Anouilh; Un otage de l’Irlandais Brendan Behan; En attendant Godot de Samuel Beckett, etc.

Sa dernière pièce, prémonitoire, testamentaire même, sera celle de l’Autrichien Thomas Bernhard, Simplement compliqué, il y incarnait un vieil acteur hypocondriaque et cabot en déclin.

Si le cinéma est pour lui accessoire, il nous laissa cependant quelques très belles compositions :  celle de l’aumônier du Dialogue des Carmélites, du clochard amnésique d’Une aussi longue absence, du recteur du collège refusant la démission de son professeur de géographie dans La gifle;  du commissaire de Max et les ferrailleurs, supérieur d’un inspecteur frustré en quête de flagrants délits; du bâtonnier défenseur d’un officier faussement accusé d’actes répréhensibles durant la guerre d’Algérie pour L’honneur d’un capitaine; de l’affable comte propriétaire du Château de ma mère de Marcel Pagnol.

Il fit aussi partie du Jour le plus long, la grande fresque de la 20th Century Fox, pour laquelle il campa le maire de Sainte Mère Eglise, lieu ô combien légendaire, première commune libérée en France grâce au parachutage américain de la 82nd. En 1988, il réalisa son unique mise en scène avec La vouivre, d’après le roman de Marcel Aymé, légende campagnarde d’une fée des marais dans laquelle il dirigea son fils Lambert ainsi que Suzanne Flon, Jean Carmet et son fidèle Jacques Dufilho avec qui il aimait travailler. Il tourna aussi quelques films en Italie dont certains ne franchirent pas la chaîne des Apennins.

De Georges Wilson, on retiendra sa stature qu’il avait imposante, massive, son visage buriné, ses yeux malicieux, et surtout cette maîtrise des textes toute de rigueur et d’humilité.

En 2001, cette grande voix du théâtre reçut un Molière du meilleur comédien dans un second rôle pour La chatte sur un toit brûlant de Tennessee Williams. Récompense certes méritée, mais pour le moins tardive.

Il décéda dans l’après-midi du 3 février 2010 au Centre Hospitalier de Rambouillet (et non pas Paris erronément cité). Nul doute qu’il ait rejoint son père ce directeur de conscience que fut Jean Vilar. Nul doute, qu’au passage, il se soit arrêté auprès de son partenaire et complice Jacques Dufilho et qu’ensemble ils aient évoqué leurs rôles, si complémentaires et si généreusement défendus, dans L’escalier, du dramaturge Charles Dyer.

@   Yvan Foucart    (Dictionnaire des comédiens français disparus)

 

Pierre Vaneck par Yvan Foucart

 

 

  

Il naît au Vietnam où Alphonse, son père d’origine belge, flamande pour être précis, est officier dans la Légion étrangère. Lorsque la famille regagne l’Europe, elle se fixe à Anvers. Cependant, c’est à Paris que Pierre commence des études de médecine qu’il abandonne d’ailleurs très vite car le Conservatoire d’art dramatique l’attire bien davantage. Il n’y fera qu’un bref séjour.

Il débute dans la Compagnie Grenier-Hussenot. Peu après, le cinéma le sollicite pour un rôle encore modeste dans le Huis clos de Jean-Paul Sartre. Au même générique, il côtoie Isabelle Pia, elle aussi débutante. La consécration tant pour Pierre que pour sa partenaire arrive avec Marianne de ma jeunesse une coproduction franco-allemande de Julien Duvivier qui n’est pas sans rappeler le Grand Meaulnes d’Alain Fournier. Pierre remplace Horst Buchholz pour la version française en interprétant avec beaucoup de justesse le jeune et romantique collégien amoureux d’une douce et irréelle châtelaine (Marianne Hold). Avec Pardonnez nos offenses, il enchaîne tout autre chose, Robert Hossein en fait un chef de bande d’adolescents se livrant à la contrebande. Vient Thérèse Etienne de Denys de La Patellière qui le dirige en fils de fermier suisse amoureux de sa jeune belle-mère qu’incarne si joliment Françoise Arnoul.

Une filmographie riche d’une cinquantaine de titres. A citer, La morte saison des amours de Pierre Kast, son réalisateur préféré, pas seulement pour le film, ni pour Françoise Arnoul qu’il retrouve avec plaisir en tant qu’épouse, ni pour son rôle de l’écrivain en panne d’inspiration se réfugiant  dans l’alcool, mais bien davantage pour sa rencontre avec Sophie, fille de Jacques Becker, ici assistante du réalisateur. Rencontre qui se conclura par un mariage. Et puis, il y a ce monument de Paris brûle-t-il ?, sa brillante interprétation du résistant qui convainc l’Etat major américain, et sans difficultés le Général Leclerc de foncer sur la capitale encore occupée (à noter ses prestigieux partenaires Kirk Douglas, Glenn Ford, Robert Stack, Charles Boyer); La légion saute sur Kolwezi en colonel français chargé de libérer les Européens pris en otage par des rebelles katangais.

Jean Becker, son beau-frère, le dirige dans son dernier film, Deux jours à tuer, où il campe le père meurtri, taiseux, proche de la colère, d’Albert Dupontel.

D’aucuns lui reprochèrent un entêtement injustifié là où ce n’était que rigueur et respect vis-à-vis de ses rôles. C’est ainsi qu’il refusa, entre autres, (et sans doute le regretta-t-il par la suite) Les amants de Louis Malle et La vérité de Clouzot.

Au théâtre, dont il appréciait les beaux textes, mêmes les plus difficiles, la critique unanime et enthousiaste le consacra très vite comme étant le nouveau Gérard Philipe. Comparaison certes flatteuse, mais qui ne lui fit pas perdre la tête car pour lui, il n’y avait, il n’y a, qu’un seul et irremplaçable Gérard Philipe.

Dans ce monde qui était vraiment le sien sans qu’il n’ait cherché la gloire, il fut notamment dirigé par Jean-Louis Barrault, Jean Vilar, Georges Wilson (qui ne lui survivra que quatre jours) et Albert Camus, les meilleurs professeurs qui soient, si proches de ses exigences.  De sa théâtrographie,  quelques titres pris au hasard : Sud, la première pièce de l’écrivain Julien Green qui souleva bien des diatribes pour son sujet traitant de l’homosexualité ; L’ennemi, du même auteur qui subira les mêmes critiques ; L’éventail de Lady Windermere d’Oscar Wilde; La guerre de Troie n’aura pas lieu de Jean Giraudoux; Le long voyage vers la nuit d’Eugène O’Neill auprès de Gaby Morlay dont ce fut la dernière contribution importante sur les planches; La paix du dimanche, l’oeuvre prémonitoire de John Osborne où il accompagne Brigitte Auber, une comédienne aujourd’hui injustement oubliée; Les possédés, une adaptation de la pièce de Dostoïevski par Albert Camus qui assume aussi la mise en scène; L’Aiglon d’Edmond Rostand pour lequel il fut certainement l’un des plus crédibles duc de Reichstadt ; Hamlet de Shakespeare, après le Théâtre de Chaillot, pour d’inoubliables et merveilleuses représentations dans la cour du Palais des papes d’Avignon grâce à des comédiens transcendés et à la mise en scène intelligente de Georges Wilson; Le secret d’Henry Bernstein qui vit l’Académie des Molières le récompenser en le sacrant bizarrement meilleur comédien dans un second rôle (on se demande toujours où se trouve le mystérieux distinguo ?); Copenhague de Michael Frayn avec Niels Arestrup et la regrettée Maïa Simon ; Art de Yasmina Reza, l’histoire d’une amitié de trois hommes volant en éclats, avec Pierre Arditi et Fabrice Luchini; etc.

Beaucoup de télévision aussi et notamment les sagas estivales de Jean Sagols : Orages d’été, Les coeurs brûlés et Les grandes marées sur TF1; Garonne de Claude d’Anna sur FR2, etc.

Loin des futilités du show business, avant tout amoureux de la nature, de la campagne, dès qu’il le pouvait il descendait près de Murs dans le Lubéron où il avait acheté et remis en état un mas et une bergerie. C’était son havre de paix, son paradis, sa respiration, sa résurgence.

De Pierre Vaneck, nous ne pouvons oublier sa carrière exceptionnelle particulièrement riche et récompensée par maints succès, sa présence fascinante, sa belle voix profonde et magnétique… son charme.

Ce que sa petite fille Aurélie et son petit-fils Thibault, depuis peu dans la profession, et qui ont repris  le nom de leur grand-père, auront à défendre.
Avec amour, sans nul doute.

@   Yvan Foucart    (Dictionnaire des comédiens français disparus)