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Fragments d’un dictionnaire amoureux : Roger Rudel

Roger Rudel dans “Le boucher”

Annonce de la mort de Roger Rudel en juillet dans l’excellent “Blog sur le doublage” qui lui rende un hommage et relate son parcours. C’est l’une des meilleures voix, immédiatement identifiable. De Kirk Douglas, Vittorio Gassman, Richard Widmark, Ross Martin (“Les mystères de l’Ouest”), etc… Avec humour, il participa en 1993 à “La classe américaine”, un “grand détournement”, réalisé par Michel Hazanavicius et Dominique Mézerette, où il met plusieurs vedettes d’Hollywood dans des situations incongrues. On l’a peu vu comme comédien ce qui est assez dommage. On retiendra son rôle de commissaire dans “Le boucher” de Claude Chabrol qui l’appréciait beaucoup. Il confia à François Guérif dans le livre “Conversations avec Claude Chabrol – Un jardin bien à moi” : “…Je l’avais déjà utilisé dans le premier Tigre, et il m’avait fait savoir qu’il aimerait bien tourner à nouveau avec moi. J’avais un peu l’impression d’avoir Kirk Douglas sur le plateau, ou Henri Fonda. Ce n’était pas désagréable”. On retiendra aussi pour le petit écran, son interprétation de l’inspecteur obstiné dans “L’abonné de la ligne U” – excellent feuilleton sorti en DVD chez “Koba films”, adapté de l’œuvre de Claude Aveline -. On le vit aussi en représentant de la « police de papa », agacé par les méthodes de Pierre Vaneck adepte de la police scientifique dans la série « Aux frontières du possible ». A partir de 1973, il devait surtout se consacrer à son activité de directeur artistique de la “Société Parisienne de Sonorisation” – SPS – qui participa à de nombreux doublages de films.

 

Roger Rudel dans “L’abonné de la ligne U”

 

Filmographie : 1945  Étrange destin (Louis Cuny) – 1947  Le silence de la mer (Jean-Pierre Melville) – 1953  Les révoltés du Lomanach (Richard Pottier) – 1959 Le pain des Jules(Jacques Séverac) -1960  À toute heure en toute saison (Roger Fellous&Charley Manson, CM) – La dragée haute (Jean Kerchner) – Fortunat (Alex Joffé) – 1962  Douce violence (Max Pécas) – Les bonnes causes (Christian -Jaque) – 1963  La corde au cou (Joseph Lisbona) – 1964  Le tigre aime la chair fraîche (Claude Chabrol) – 1965  Nick Carter et le trèfle rouge (Jean-Paul Savignac) – Du rififi à Paname (Denis de La Patellière) – 1966 Nathalie (AnneDastrée, CM) – …Jusqu’au soir ou la ligne du jour… (Tewfik Farès, CM) – Martin soldat (Michel Deville) – 1969  Le boucher (Claude Chabrol). Télévision (notamment) : 1962 Denis Asclépiade (Jean Pignol) – Le théâtre de la jeunesse : L’auberge de l’ange gardien (Marcel Cravenne) – 1963  Le sel de la mer (Jean Vernier) – Le théâtre de la jeunesse : Le général Dourakine (Yves-André Hubert) – 1964 L’abonné de la ligne U (Yannick Andréi, Série TV) -1965  Le théâtre de la jeunesse : Tarass Boulba (Alain Boudet) – Promenade en landau (Abder Isker) – 1966  Hommes de caractère : L’échantillon (Jean Kerchbron) -L’écharpe (Abder Isker) – 1967  En votre âme et conscience : L’affaire Francey (Claude Dagues) – Les enquêtes du commissaire Maigret : Cécile est morte (ClaudeBarma) – 1968  Le Regret de Pierre Guilhem (Jean de Nesle) – L’homme de l’ombre : Le condamné à mort (Guy Jorré) – 1970  Maurin des Maures (Claude Dagues, série TV) – Adieu Mauzac (Jean Kerchbron) – Le mouchard (Yvon Jouannet) – 1971 Arsène Lupin : L’arrestation d’ArsèneLupin (Jean-Pierre Decourt) –  Mon seul amour (Robert Guez, série TV) – Aux frontières du possible (Victor Vicas & Claude Boissol, saison 1) – Aubrac city (Jean Pignol, série TV) – 1973  Graine d’ortie (Yves Allégret, série TV). Voxographie (succincte): 1954  Du rififi chez les hommes (Jules Dassin, voix française de Carl Möhner) – 1960Le capitaine Fracasse (Pierre Gaspard-Huit, voix française de Riccardo Garrone)- 1961 Auguste (Pierre Chevalier) – 1964  Merveilleuse Angélique (BernardBorderie, voix française de Gino Marturano) – 1965  Le théâtre de la jeunesse :Tarras Boulba (Alain Boudet, récitant, TV) – 1967  L’homme à la Buick (GillesGrangier Grangier) – 1971  L’aventure, c’est l’aventure (Claude Lelouch) – 1977  Cinémania (Gérard Devillers, CM, voix du récitant) – 2003  La classe américaine – Le grand détournement (Michel Hazanavicius & Dominique Mezerette, TV).

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Michel Modo

Michel Modo dans le documentaire “La saga des gendarmes” (2005)

Annonce de la mort de Michel Modo, le 24 septembre dernier, date exacte confirmée par le site “Les gens du cinéma”, à l’âge de 71 ans.  Souvent en tandem avec Guy Grosso – voir l’hommage d’Yvan Foucart dans “Les gens du cinéma”. – Leur rencontre est évoquée par Grégory Alexandre dans “”Ciné Live” N°24 de mai 1999 : “…Il était une fois deux garçons, Guy Sarrazin, grand type originaire de Beauvais, et Michel Goi, petit bonhomme fraîchement débarqué de Carpentras. Fascinés depuis tout gosses par les planches, ils se rencontrèrent au Cours Simon et devinrent inséparables (…) Surnommés, hem… “Les deux connards” par le directeur du cours Simon, c’est à l’occasion de la revue de fin d’année, écrite par leurs soins, que Sarrazin et Goi trouvent, après avoir renoncé à Roux et Combaluzier, un nouveau nom de scène déjà plus agréable à l’oreille. Le show, présenté devant le Tout-Paris, est un triomphe, et nos deux compères se retrouvent bientôt embarqués par Robert Dhéry et sa troupe des Branquignols pour un spectacle intitulé “Pomme à l’anglaise”. Mais, condition sine qua non à leur entrée au sein des fous furieux de la scène théâtrale de l’époque ; conserver leurs pseudos grotesques. La coalition Grosso-Modo portera ses fruits immédiatement…” il était, avec Guy Grosso donc, l’un des partenaires préférés de Louis de Funès, qui le choisit pour jouer le Maréchal des Logis Berlicot, dans la “saga” des gendarmes. Il retrouvera de Funès avec son compère Grosso, pour “Le grand restaurant” (1966) en serveur délateur, “fayot” et obséquieux, et dans “L’avare” où il joue “La Merluche”. Ces dernières années, il témoignera longuement sur cette collaboration dans des documentaires TV et des bonus DVD. Dans “La grande vadrouille” il est un halluciné soldat allemand qui louche et de ce fait tire à la mitraillette absolument à côté. Ce rôle fut tellement mémorable, qu’il récidivera dans un ahurissant nanar franco-italien,  “La grosse pagaille” aux côtés de Francis Blanche et dans “On a retrouvé la septième compagnie” (1975), où il aura cette réplique culte qui restera dans la cour des écoles, “Restez groupir”. Il fait souvent cavalier seul, citons le facteur circonspect devant les questions de Jean-Claude Brialy dans “Carambolages” (1963). On le retrouve également souvent à la télévision, notamment dans des fictions américaines tournées en France – il semble avoir participé à un épisode de “Dallas”. Il est aussi Zanzi, le propriétaire du bar Zanzibar, lieu où Jacques Frantz, qui campe un policier, installe son bureau dans un village de la Drôme dans l’éphémère serie TV “Mélissol” (1999). On le revit dernièrement au cinéma en homme à tout faire dans “Bimboland” (1997) et en cafetier homosexuel, amour de jeunesse d’un fantôme dans “Poltergay” (2005). Il est aussi l’un des acteurs fétiches de Jean-Christophe Averty (“Les raisins verts”, “Si le coeur vous en dit”, “Au risque de vous plaire”, “Comix club”, “Grand Public”, “Passing show”, “La vie rêve de Vincent Scotto”, “Le péril bleu”,”Al Jolson”, etc…). Il avait également une importante activité dans le doublage – “Les Simpson” notamment. Auteur de sketches – plus d’une centaine avec Guy Grosso, mais aussi pour Jean-Pierre Foucault à la radio -de pièces, de scénarios et de chansons – “J’ai vu” pour Henri Salvador, dernièrement -, il avait un réel talent d’écriture. Il fut même gagman sur “Le corniaud” et “La grande vadrouille”. Vous pouvez retrouver plus d’informations sur lui sur le site “autour de Louis de Funès”

Filmographie : 1958  Le petit prof’ (Carlo Rim) – 1961  Tout l’or du monde (René Clair) – La belle américaine (Robert Dhéry & Pierre Tchernia) – 1962  Kriss Romani (Jean Schmidt) – 1963  Bébert et l’omnibus (Yves Robert) – Carambolages (Marcel Bluwal) – Bébert et l’omnibus (Yves Robert) – 1964  Et si c’était une sirène (Jean Schmidt, CM) – La cloche (Jean L’Hôte, CM) – 1964  Le gendarme de Saint-Tropez (Jean Girault) – Les gorilles (Jean Girault) –  Le corniaud (Gérard Oury) – 1965  La tête du client (Jacques Poitrenaud) – Pleins feux sur Stanislas (Jean-Charles Dudrumet) – Le gendarme à New York (Jean Girault) – 1966  Le grand restaurant (Jacques Besnard) – La grande vadrouille (Gérard Oury) – Un homme de trop (Costa-Gavras) – 1967  La feldmarescialla (La grosse pagaille) (Steno) – 1968  Le gendarme se marie (Jean Girault) – 1970  Le gendarme en balade (Jean Girault) – Le cri du cormoran le soir au-dessus des jonques (Michel Audiard) – 1973  L’histoire très bonne et très joyeuse de Colinot Trousse-Chemise (Nina Companeez) – 1974  Opération Lady Marlène (Robert Lamoureux) – 1975  On a retrouvé la 7ème compagnie (Robert Lamoureux) – 1977  Le mille-pattes fait des claquettes (Jean Girault) – Monsieur Marcel Marius / Arrête ton cinéma (Richard Guillon, inédit en salles) – 1978  Les bidasses au pensionnat (Michel Vocoret) – Liebesgrusse au der Lederhose 5. Teil : Die bruchpiloten vom königssee (Gunter Otto) – Le gendarme et les extra-terrestres (Jean Girault) – 1979  Nous maigrirons ensemble (Michel Vocoret) – L’avare (Jean Girault & Louis de Funès) – 1981  Pétrole ! Pétrole ! (Christian Gion) – Le jour se lève et les conneries commencent (Claude Mulot) – Les bidasses aux grandes manoeuvres (Raphaël Delpard) – Si ma gueule vous plaît (Michel Caputo) – 1982  Le gendarme et les gendarmettes (Jean Girault & Tony Aboyantz) – Le braconnier de Dieu (Jean-Pierre Darras) – 1983  Les planqués du régiment (Michel Caputo) – 1985  L’exécutrice (Michel Caputo) – 1989  La gloire de mon père (Yves Robert) – Le château de ma mère (Yves Robert) – 1992  Jour de fauche (Vincent Monnet, CM) – Pétain (Jean Marboeuf) – 1995  Quand je serai grand, mon père il sera policier (Vincent Monnet, CM) – 1996  Sa femme et moi (Olivier Pouteau, CM) – 1997  Bimboland (Ariel Zeïtoun) – 2004  Mauvais graine (Blanquet & Olive, CM) – 2005  Poltergay (Eric Lavaine). Voxographie succincte : 1975  La flûte à six Schtroumps (Peyo, Yvan Delporte & Eddy Lateste) – 1977  Les fabuleuses aventures du légendaire Baron de Münchausen (Jean Image) – 1993  Don Bluth’s thumbelina (Poucelina) (Don Bluth & Gary Goldman, animation, version française) – 2004  Mauvaise graine (Blanquet & Oliver, CM) – 2006  The Simpsons movie (Les Simpson – Le film) (David Silverman, animation, version française).

Télévision (notamment) : 1964  Le tapir amoureux (François Gir) – 1965  Ce fou de Platanov (François Gir) – 1966  La 99ème minute (François Gir) – Gerfaut (François Gir, série) – 1967  À Saint-Lazare (François Gir) – Le petit café (François Gir) – 1968  Des goûts et des couleurs (Jean-Christophe Averty, divertissement) – Hommage à Tristan Bernard (Odette Collet & Edmond Tyborowsky) -La tempête (François Gir) – Acerbes à Cannes (Jean-Christophe Averty, divertissement) – 1969  L’atelier Prévert-Derlon : Les menottes (Robert Bober, CM) – Poisons d’Avril (Jean-Christophe Averty) – Show Effroi (Jean-Christophe Averty, CM) – Fragson un roi du caf’conc (Jean-Christophe Averty) – Songe d’une nuit d’été (Jean-Christophe Avery) – 1970  Les six jours (Arlen Papazian) – Le petit vieux des Batignolle (Jean-Pierre Marchand) – Alice au pays des merveilles (Jean-Christophe Averty) – 1971  Au théâtre ce soir : Herminie (Pierre Sabbagh) – Ubu enchaîné (Jean-Christophe Averty) – Réveillon chez Maxim’s (Georges Folgoas) – 1972   JC’s Follies 1930 (Jean-Christophe Averty, divertissement) – 1973  Le vie rêvée de Vincent Scotto / Rien que des tubes ou la vie chantée de Vincent Scotto (Jean-Christophe Averty) – Les cinq dernières minutes : Un gros pépin dans le Chasselas (Claude-Jean Bonnardot) – Musidora (Jean-Christophe Averty) – 1974  Averty follies (Jean-Christophe Averty, divertissement) – Le vagabond (Claude-Jean Bonnardot, série) – 1975  Le péril bleu (Jean-Christophe Averty) – 1976  Les samedis de l’Histoire : La banqueroute de Law (Jean-François Delassus) – 1977  L’inspecteur mène l’enquête : Les adorateurs du cosmos (Jean-Pierre Barizien) – Commissaire Moulin : Cent mille soleils (Claude-Jean Bonnardot) – Impressions d’Afrique (Jean-Christophe Averty) – Lazare Carnot ou les jupons de la Révolution (Jean-François Delassus) – 1978  Au théâtre ce soir : Nuit folle (Pierre Sabbagh) – Pourquoi tuer pépé (Edmond Tiborowsky) – Au théâtre ce soir : Les coucous (Pierre Sabbagh, + pièce) – Smoking et carré blanc (Georges Folgoas, divertissement) – 1980  C’est pas Dieu possible (Edmond Tyborowsky) – 1982  L’honneur de Barberine (Edmond Tiborowsky) – 1986  Monte-Carlo (Id) (Anthony Page) – 1987  French in action : Leçon 2 (Pierre J. Capretz) – Les cinq dernières minutes : Claire obscure (Franck Apprederis) – 1988  Hemingway (Bernhard Sinkel) – 1989  A tale of two cities (Un comte de deux villes) (Philippe Monnier) – 1992  Bienvenue à Bellefontaine (Gérard Louvin) – Taxi girl (Jean-Dominique de la Rochefoucauld) – 1994/1997  Highlander (13 épisodes) – 1997  Le juste : Sonate pour Juliette (Franck Apprédéris) – 1998  Mélissol : Lynchage (Jean-Pierre Igoux) – Mélissol : Un braquage de trop (Jean-Pierre Igoux) – Mélissol : Le nettoyeur (Jean-Pierre Igoux) – 1999   Mélissol : Paranoïa (Jean-Pierre Igoux) – 2000  Relic hunter (Sydney Fox l’aventurière) : Love letter (Jean-Pierre Prévost) – 2001  L’impasse du cachalot (Élisabeth Rappeneau) – 2003  Lagardère (Henri Hellman) – 2004  Maigret et le clochard (Laurent Heynemann) – 2005  Plus belle la vie (plusieurs épisodes) – S.O.S. 18 : Chienne de vie (Bruno Garcia) –  2006  Beau masque (Peter Kassovitz) – 2007  Central nuit : Une affaire d’honneur (Olivier Barma) – Rendez-moi justice (Denys Granier-Deferre) – 2008  Ah ! C’était ça la vie (Franck Apprederis). Variétés : 1966/1971  Au risque de vous plaire (Jean-Christophe Averty) – 1967/1968  Passing show (Jean-Christophe Averty) – 1970/1971  Jazz Land (Jean-Christophe Averty) –  1971  Si le coeur vous en dit (Jean-Christophe Averty) – 1973  Comics club (Jean-Christophe Averty) – 1974  Toutankhamont (Jacques Pierre) – 1975  Ticket de rétro (Jean-Christophe Averty). Scénariste : 1967  Le petit baigneur (Robert Dhéry, dialogues) – 1972  Allô ! Juliette (Jacques Pierre, TV) – Trop jolies pour être honnêtes (Richard Balducci, dialogues) – 1973  La grande nouba (Christian Caza) – 1992  Taxi girl (Jean-Dominique de la Rochefoucauld) – 1999  Mélissol : La maison sans toit (Jean-Pierre Igoux, TV).

Mise à jour du 16/09/2009

Un grand merci à Cécile, pour ses captures d’écran.

En aparté : “Le coin du cinéphage” n’est pas en berne, mais souffre d’une crise de “tripalium” délirant – en fait une nouvelle réorientation professionnelle chronophage tendance père Ubu -. Vous n’êtes pas encore débarrassés de lui et un hommage sur Paul Newman attend d’être finalisé dans les brouillons, ainsi que ceux de Guillaume Depardieu et Roger Rudel. Mais je ne pourrai pas en traiter d’autres tel Alain Levent, Ken Ogata, Françoise Seigner ou Anita Page… On est également prié de ne point se servir dans ces notules, même si ce lieu est autoproclamé foutraque, ce n’est pas un libre-service  – suivez mon regard vers les sites pilleurs habituels -… Je n’hésiterai donc pas à contacter les organismes concernés s’il y a des abus. Je répondrai dès que possible à ceux qui m’ont contacté dans les commentaires ou par mail…

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Francis Lacassin

Photo : Olivier Dion

Le temps me manquant pour traiter des disparus récents – au grand dam d’un commentateur récent je présume, voir les commentaires sur Pierre Mirat – étant en train de répéter un remake de Kafka au bureau -, je choisis de rendre plus particulièrement hommage à Francis Lacassin. Gérard Lenne dans “La critique du cinéma en France” (Ramsay cinéma, 1997) disait à son sujet “…Combien de héros modernes qui ne nous seraient pas aussi familiers s’ils ne nous avaient été fraternellement et chaleureusement présentés par cet entremetteur infatigable et toujours sur la brèche”. Ce natif d’Alès, fit des études de droit, d’histoire du Moyen-âge, de psychopathologie, de psychologie de la vie sociale, et de médecine. S’il fit énormément pour le roman populaire – Fantômas, Maigret, Nestor Burma – et la bande dessinée, il a redonné ses lettres de noblesses aux films muets de divertissement. Il fit une rencontre déterminante avec le réalisateur Henri Fescourt. Dans l’un de ses ouvrages le formidable “Pour une contre-histoire du cinéma” (Institut Lumières, Actes Sud, 1994, première édition en 1972), il parlait de lui ainsi “…mais il continue d’inspirer l’étrange entreprise de réhabilitation que je me suis imposée : elle tient à la fois de l’enquête policière, de la fouille archéologique et du travail de fourmi“. Cet ouvrage nous permet de nous familiariser avec Louis Feuillade, Victorin Jasset, Musidora, Alice Guy, Joël Hamman – pionnier du western… français -, Gaston Modot – remarquable parcours dans le muet aussi pour ce grand acteur -, Robert Florey ou Yvette Andréyor. De la très riche liste de livres qu’il a signé on retiendra les récents “Louis Feuillade, maître des lions et des vampires” (Pierre Bordas et fils, 1995), “La légende de Tarzan” (2000) et “Alfred Machin de la jungle à l’écran” (2001) chez l’éditeur – hélas disparu – Dreamland, “A la recherche de Jean Daurand “(Association française de recherche sur l’histoire du cinéma, 2004) et ses “Mémoires” (Éditions du Rocher, 2006). Il avait participé à la célèbre Anthologie du cinéma français éditée par “L’avant scène”, Henri Fescourt – avec Claude Beylie, 1967, Alfred Machin, 1968, Musidora, 1970, et participa à de nombreuses revues voir sa page dans le site Calindex.  Pour le cinéma, il a réalisé des courts-métrages, “Prière pour Robinson” – coréalisé par Raymond Bellour – et “Mon ami Mandrin” (1960), “Satan, mon prochain” – coréalisé avec Raymond Bellour – (1961), “L’histoire de Jeanne” (1962), participer à la production de “Le cercle des passions” (Claude d’Anna, 1982) et “Partenaires” (Claude d’Anna, 1984) et fit une apparition dans le formidable “Je t’aime, je t’aime” (Alain Resnais, 1967). Il fut un scénariste inspiré pour “Judex” (1963), signé Georges Franju qui nous console que ce dernier ne pût jamais adapter “Fantômas”, pour la formidable série Tribunal de l’impossible – diffusée il y a quelques années sur CinéCinéma, qui mériterait une édition DVD – avec “Le voleur de cerveau” (Alain Boudet, 1968) et “Les rencontres du Trianon ou la dernière rose” (Roger Kane). Il adaptât également deux “Maigret” version Jean Richard “Maigret et le témoignage de l’enfant de chœur” (Michel Subiela, 1988) et “Tempêtes sur la Manche” (Édouard Logereau, 1989). Son éclectisme et sa fougue à défendre des œuvres souvent mésestimées vont nous faire cruellement défaut avec son départ. Bibliographie : “Le Monde” du 16.08.2008, article par Patrick Kéchichian.

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Pierre Mirat

Pierre Mirat dans “La ligne de démarcation”, épisode “Erre Toranea” diffusé en 1973

Annonce de la mort de Pierre Mirat, le 16 juillet dernier à l’âge de 84 ans par “Les gens du cinéma”. Evidemment on se souvient tous de la publicité pour les condiments de Gilbert Ducros – décédé l’an dernier – et son fameux “A quoi ça sert que Ducros y se décarcasse ?”, mais c’est un peu l’arbre qui cache la forêt pour le parcours de ce sympathique comédien. On retiendra le cafetier qui débouche une bonne bouteille de Bordeaux dans “Paris brûle-t-il ?” (1965) pour Anthony Perkins qui meurt sous une bombe devant lui. Il est un truculent épicier, marchand d’essence et de boissons au Sahara dans “Cent mille dollars au soleil” (1964). Mais on le retrouve surtout sur un mode comique. Malgré son infirmité, on le surnomme “Le sourdingue” il a toujours une oreille qui traîne. Ses fâcheuses habitudes vont permettre à Jean-Paul Belmondo de le manipuler afin de mettre des bâtons dans les roues à Lino Ventura. Il s’en suit une destruction homérique de son établissement, dépité il finira par conclure quand ces agresseurs disparaissent par le audiardesque “Vous n’êtes pas des amusants !”. Il est un prêtre résistant prêtant un vélo à Alain Doutey dans “Mais où est donc passée la septième compagnie” (1973). L’engin s’avérant sans frein, il lui conseille donc de prier dans les descentes ! On le retrouvait très souvent à la télévision, citons l’épisode de “La ligne de démarcation” (1973) – voir photo ci-dessus – où il compose un boulanger malin qui va berner les Allemands alors qu’il est passeur, habitant la ville d’Arnéguy se trouvant sur la fameuse ligne. On passera cependant gentiment sur son accent basque assez aproximatif. Cette rondeur, souvent dans des rôles d’habitants du Sud de la France ou de commerçants aimables était une des figures les plus plaisantes du cinéma français. De retour de vacances et devant disposer d’un nouvel emploi du temps, je ne pourrai pas évoquer les autres décès de cet été, mais je reviendrai sur la disparition de Francis Lacassin.  

Photo source bernard-luc.com

Filmographie établie initialement pour « Les gens du cinéma », étable avec Armel de Lorme : 1956  Comme un cheveu sur la soupe (Maurice Régamey) – 1957  Méfiez vous fillettes (Yves Allégret) – Miss Pigale (Maurice Cam) – À pied, à cheval et en voiture (Maurice Delbez) – Charmants garçons (Henri Decoin) – Ni vu, ni connu / L’affaire Blaireau (Yves Robert) – Le Gorille vous salue bien (Bernard Borderie) – Deuxième bureau contre inconnu (Jean Stelli) – 1958  La chatte (Henri Decoin) – La tête contre les murs (Georges Franju) – Les tripes au soleil (Claude Bernard-Aubert) – Messieurs les ronds de cuir (Henri Diamant-Berger) – 1959  125, rue Montmartre (Gilles Grangier) – Les canailles (Maurice Labro) – Heures chaudes (Louis Félix) – 1960  Le caïd (Bernard Borderie) – Les tortillards (Jean Bastia) – Fortunat (Alex Joffé) – Une aussi longue abscence (Henri Colpi) – Vacances en enfer (Jean kerchbron) – 1961  Cause toujours mon lapin (Guy Lefranc) – Un nommé La Rocca (Jean Becker) – Le Tracassin ou les plaisirs de la ville (Alex Joffé) – Cybèle ou les dimanches de Ville d’Avray (Serge Bourguignon) – Le triomphe de Michel Strogoff (Victor Tourjansky) – Les trois mousquetaires : Les ferrets de la reine (Bernard Borderie) – 1962  Du mouron pour les petits oiseaux (Marcel Carné) – Le temps des copains (Robert Guez) –  Le glaive et la balance (André Cayatte) – 1963  Peau de banane (Marcel Ophuls) –  Symphonie pour un massacre (Jacques Deray) – Cent mille dollars au soleil (Henri Verneuil) – La soupe aux poulets (Philippe Agostini) – La porteuse de pain (Maurice Cloche) – Behold a pale horse (Et vint le jour de la vengeance) (Fred Zinneman) – 1964  Thomas l’imposteur (Georges Franju) – Les combinards (Jean-Claude Roy) – 1965  Paris brûle-t’il ? (René Clément) – Un milliard dans un billard (Nicolas Gessner) –  1965  How to steal a million (Comment voler un million de dollars) (Wiliam Wyler) – L’homme à la Buick (Gilles Grangier) –  1968  Le tatoué (Denys de La Patellière) – 1969  Heureux qui comme Ulysse (Henri Colpi) – Et qu’ça saute ! (Guy Lefranc) –  Mektoub (Ali Ghalem) – La dame dans l’auto avec des lunettes et un fusil / The lady in the car with glasses and a gun (Anatole Litvak) – 1972  La femme en bleu (Michel Deville) – La belle affaire (Jacques Besnard) – 1973  Le amorose notti di Ali Baba (Rêves lubriques) (Luigi Lattini de Marchio) – Mais où est donc passée la septième compagnie (Robert Lamoureux) – Un amour de pluie (Jean-Claude Brialy) – 1974  Les suspects (Michel Wyn) – Impossible… pas Français (Robert Lamoureux) – 1977  Ne me touchez pas… (Vidéo : Arrête ton cinéma) de Richard Guillon (inédit en salles) – 1979  Le pull-over rouge (Michel Drach) – 1980  Une merveilleuse journée (Claude Vital) – Fais gaffe à Lagaffe (Paul Boujenah) –  Le village en folie / Un émir en Auvergne (Jean Lefait [Maxime Debest]) – Vacances déchaînées / Vacances insolites (Jean Lefait [Maxime Debest]) – 1981  Belles, blondes et bronzées (Max Pécas) – 1983  Les branchés de Saint-Tropez (Max Pécas) – 1988  Le dîner des bustes (Moïse Maatouk, CM) – 1996  Les petits pois (Bertrand Latouche, CM) – 1999  T’aime (Patrick Sébastien). Nota (Précisions d’Armel de Lorme) : Il ne figure pas dans Le guardian (Jean Marguenat, 1945), c’est une confusion avec l’acteur Pierre Murat, ni dans “Boulevard” (Julien Duvivier, 1960), erreur communément répandue, c’est un acteur qui lui ressemble qui joue le père de l’héroïne.

 

 

 

Voxographie succincte : 1981  Le secret des Sélénites (Jean Image, animation) – 1984  Astérix et la surprise (César de Gaëtan & Paul Brizzi, animation) – 1986  Astérix chez les Bretons (Pino Van Lamsweerde, animation).

 

 

 

 

 

 

Pierre Mirat dans “La ligne de démarcation”, épisode “Erre Toranea”

 

 

Télévision : (notamment) : 1960  Si le ciel s’en mêle (Jean-Christophe Averty) – Le garde-fou (Anré Leroux) – La grande Bretêche (Claude Barma) – Bastoche et Charles-Auguste (Bernard Hecht) – 1961  Marceau ou les enfants de la République (René Lucot) – Le temps des copains (Robert Guez) – 1962  L’inspecteur Leclerc enquête : Les gangsters (Yannick Andréi) & Preuve à L’appui (Pierre Badel) – 1963  La cage vide (Jacques Rutman) – 1964  L’abonné de la ligne U (Yannick Andréi) – 1965  La misère et la gloire (Henri Spade) – Foncouverte (Robert Guez) – Droit d’asile (René Lucot) – 1966  Cécilia, médecin de campagne (André Michel) – 1967  L’affaire Lourdes (Marcel Bluwal) – Marion Delorme (Jean Kerchbron) – Au théâtre ce soir : Auguste (Pierre Sabbagh) – 1969  Fortune (Henri Colpi) – Les oiseaux rares (Jean Dewever) – 1970  Némo (Jean Bacqué) – Maurin des Maures (Jean Canolles & Claude Dagues) – Original Dixieland Jazz Band (Jean-Christophe Averty) – 1971  Le voyageur des siècles : Le bonnetier de la rue Tripette (Jean Dréville) – Schulmeister, l’espion de l’Empereur : Les lys blancs (Jean-Pierre Decourt) – Au théâtre ce soir : Échec au meurtre (Pierre Sabbagh) – 1972  La tuile aux loups (Jacques Ertaud) – L’argent par les fenêtres (Philippe Joulia) – La vie et la passion de Dodin-Bouffant (Edmond Tyborowsky) – 1973  Les malheurs de la comtesse (Bernard Deflandre) – L’alphomega (Lazare Iglèsis) – La duchesse d’Avila (Philippe Ducrest) – La ligne de démarcation : Erre Torena (Jacques Ertaud) – Karatékas and Co : La nuit des parfaits (Edmond Tyborowky) – Drôle de graine (Henri Jouf) – 1974  Der klein docktor (Le petit docteur) : Die Notbremse (Wolfgang Becker) – Le charivari de Janjoie (Maurice Cloche) – Aufs Kreuz gelegt (Wolfgrand Petersen) – 1975  Le péril bleu (Jean-Christophe Averty) – Les Zingari (Robert Guez) – Au théâtre ce soir : Demandez Vicky (Pierre Sabbagh) – 1976  Les sangliers (Maurice Failevic) – 1977  Cinéma 16 : La Fortunette (Pierre Cavassilas) – Désiré Lafarge : Désiré Lafarge prend le train (Jean-Pierre Gallo) – Au théâtre ce soir : Monsieur Chasse (Pierre Sabbagh) – 1978  Pourquoi tuer le Pépé (Edmond Tyborowsky) – Les enquêtes du commissaire Maigret : Maigret et l’affaire Nahour (René Lucot) – 1980  Au théâtre ce soir : Peau de vache (Pierre Sabbagh) – La vie des autres : La part des ténèbres (Jean-Luc Moreau) – 1981  Novgorod (Armand Ridel) – Sans famille (Jacques Ertaud) – 1987  La calanque (Jean Canolle) – 1996  L’orange de Noël (Jean-Louis Lorenzi).

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Marisa Merlini

Annonce de la mort de Marisa Merlini, à l’âge de 84 ans le 17 juillet dernier. C’est une des figures les plus populaires du cinéma italien, née le 6 août 1923 à Rome. Son tempérament la prédisposait pour des comédies. Mariuccia Macaro, femme du très populaire comédien Erminio Macario remarque cette piquante brunette venant d’un milieu modeste.  Elle devient une incarnation habituelle pour les italiens de la Romaine. Elle débute en 1941, à 18 ans au théâtre “Teatro Valle” aux côtés de Wanda Osiris. On la retrouve très vite au cinéma notamment chez Marcello Pagliero qui l’engage pour un des films les plus méconnus du néoréalisme “La nuit porte conseil” en 1949. Le cinéma se l’arrache, elle est la partenaire de prédilection de Totò pour 7 films, et elle devient l’amie d’Anna Magnani. On la retrouve souvent dans des rôles de soubrettes ou de femmes volontaires qui essaient de s’en sortir seule. Elle connaît une forte popularité avec son rôle de sage-femme dans “Pain, amour et fantaisie” et sa suite “Pain, amour et jalousie”. Elle témoigne avec chaleur dans le DVD sorti en France du premier opus de cette célèbre trilogie dans “Pain amour et fantaisie, une incroyable histoire”. Elle raconte que Otello Martelli, le chef opérateur du fim avait dit “La voilà ! La sage-femme vient d’arriver !”, devant cette évidence, elle ne passa pas d’essais. Elle déclare aussi son admiration pour Vittorio de Sica, qui l’aimait beaucoup, il lui disait d’ailleurs dans les scènes de bicyclette : “Passe devant car tes fesses me bouleversent”. Dans “Les monstres” (1963), chef d’oeuvre de Dino Risi, elle est la femme d’Ugo Tognazzi, témoin spontané dans un procès, déconsidéré par un avocat brillant joué par Vittorio Gassman. Il faut la voir d’abord admirative de son mari puis complètement humiliée, elle ne se laisse pas voler la vedette par le redoutable tandem… Ettore Scola lui donne aussi un rôle de prostituée pittoresque dans “Drame de la jalousie”, Sergio Corbucci en fait de même dans le western culte “Le grand silence”.  Elle tourne en France, par le biais de la mode des années 60-70 des coproductions, on la retrouve ainsi en postière corse vêtue de noir dans l’amusant “Vendetta” – disponible chez René Château vidéo –, ravie de voir qu’Olivier Hussenot dépose de l’argent et en méridionale dans “Les bidasses s’en vont en guerre” avec les Charlots ainsi que son compatriote Paolo Stoppa. Elle participe aussi à la mode des comédies égrillardes et continue dans les films comiques italiens, qui ne se sont pas exportés en France ces dernières années. Une nature, immédiatement identifiable à rattacher à un certain âge d’or du cinéma italien. Bibliographie : Enrico Lancia & Roberto Poppi “dizionario del cinema italiano: Le attrici” (Gremese editore, 2003).

 

 

 

 

Filmographie : 1942  Stasera niente di nuovo (Ce soir, rien de nouveau) (Mario Mattoli) – 1946  Roma città libera (La nuit porte conseil) (Marcello Pagliero) – 1949  Marechiaro (Giorgio Ferroni) – L’ imperatore di Capri (L’empereur de Capri) (Luigi Comencini) – Se fossi deputato (Giorgio Simonelli) – Totò cerca casa (Totò cherche un appartement) (Steno & Mario Monicelli) – 1950  Amori e veleni (Les mousquetaires de la reine) (Giorgio C. Simonelli) – Lo Zappatore (Rate Furlan) – Vivere a sbafo (Giorgio Ferroni) – Totò cerca moglie (Totò cherche une épouse) (Carlo Ludovico Bragaglia) – 1951 Signori in carrozza ! (Rome-Paris-Rome) (Luigi Zampa) – Stasera sciopero (Mario Bonnard) – Napoleone (Carlo Borghesio) – Il capitano Nero (Le capitaine noir) (Alberto Pozzetti & Giorgio Ansoldi) – 1952  I due sergenti (Les deux sergents) (Carlo Alberto Chiesa) – L’eroe sono io ! (Carlo Ludovico Bragaglia) – Cani e gatti (Chiens et chats) (Leonardo De Mitri) – Gli eroi della domenica (Les héros du dimanche) (Mario Camerini) – Ergastolo (Luigi Capuano) – La famiglia Passaguai fa fortuna (Aldo Fabrizi) – Gli angeli del quartiere (Les anges du faubourg) (Carlo Borghesio) – Altri tempi (Heureuse époque) [sketch : “Il carrettino dei libri vecchi”] (Alessandro Blasetti) –  Il tallone di Achille (Mario Amendola & Ruggero Maccari) – Lasciamoli vivere (Aldo Rossi) – Io, Amleto (Giorgio Simonelli) – 1953  Infame accusa (Giuseppe Vari) – Er fattaccio (Riccardo Moschino) – Tormento d’ anime (Cesare Barlacchi) – Viva il Cinema ! (Giorgio Baldaccini & Enzo Trapini) – Finalmente libero ! (Mario Amendola & Ruggero Maccari) – Anna, perdonami ! (Tanio Boccia) – Sua altezza ha detto no ! (Mario Basaglia ) – Ti ho sempre amato ! (Marquée par le destin) (Mario Costa) – Pane, amore e fantasia (Pain, amour et fantaisie) (Luigi Comencini) – 1954  Di qua di là del piave [sketch “Il povero soldato”] (Guido Leoni) – La prigioniera di Amalfi (Giorgio Cristallini) – Due lacrime (Giuseppe Vari) – Pane, amore e gelosia (Pain, amour… et jalousie) (Luigi Comencini) – Viva la rivista ! (Enzo Trapani) – Gli amori di Manon Lescaut (Les amours de Manon Lescaut) (Mario Costa) – 1955  Le signorine dello 04 (Ces demoiselles du téléphone) (Gianni Franciolini) – La canzone del cuore (La voix du coeur) (Carlo Campogalliani) – Il bigamo (Le bigame) (Luciano Emmer) – Porta un bacione a Firenze (Camillo Mastrocinque) – Destinazione Piovarolo  (Domenico Paolella) –  Cortile / No soy culpable (L’enfant de la rue) (Antonio Petrucci) – 1956  Tempo di villeggiatura (Amours de vacances) (Antonio Racioppi) – 1957  Padri e figli (Pères et fils) (Mario Monicelli) – Il momento più bello (Le moment le plus beau) (Luciano Emmer) – Liane, die weisse sklavin / Liana la schiava bianca (Liane, l’esclave blanche) (Hermann Leitner) – Mariti in città (Maris en liberté) (Luigi Comencini) – Il medico e lo stregone (Le médecin et le sorcier) (Mario Monicelli ) – 1958  Dinanzi a noi il cielo (Roberto Savarese) – Io mammeta e tu (Carlo Ludovico Bragaglia) – Ladro lui, ladra lei (Luigi Zampa) – Vacanze a Ischia / Ferien auf der sonneninsel (Vacances à Ischia) (Mario Camerini) – Don Vesuvio / Il bacio del sole / Don Vesuvio und das haus der strolche (Siro Marcellini) – Auferstehung / Resurrezione (Résurrection) (Rolf Hansen) – 1959  Il mondo dei miracoli (Luigi Capuano) – Tutti innamorati (Giuseppe Orlandini) – La cento chilometri (Giulio Petroni) – Juke box, urli d’ amore (Pousse pas grand-père dans les orties) (Mauro Morassi) – Roulotte e roulette (Turi Vasile) – 1960  I piaceri dello scapolo (Giulio Petroni) – La garçonniere (Flagrant délit) (Giuseppe de Santis) – Il carro armato dell’ 8 Settembre (Le tank du 8 Septembre) (Gianni Puccini) – Ferragosto in bikini (Marino Girolami) – Il vigile (L’agent) (Luigi Zampa) – Fra’ Manisco cerca guai (Armando W. Tamburella) –  1961  Gli incensurati (Francesco Giaculli) – Le ambiziose (Les starlettes) (Tony Amendola) – Akiko (Luigi Filippo  d’Amico) – An einem Freitag um halb zwölf / Il mondo nella mia tasca (Vendredi, treize heures) (Alvin Rakoff) – Mariti a congresso (Luigi Filippo d’Amico) – Il giudizio universale (Le jugement dernier) (Vittorio de Sica) – Il mantenuto (Le souteneur) (Ugo Tognazzi) – Pesci d’oro e bikini d’argento (Carlo Veo) – La Vendetta (Jean Chérasse) – 1962  Colpo gobbo all’ Italiana (Lucio Fulci) – Le massaggiatrici (Les faux jetons) (Lucio Fulci) – Nerone ’71 (Filippo Walter Ratti) – Il mondo dei miracoli (Luigi Capuano) – 1963  I mostri (Les monstres) [sketch : ” Testimone volontario”] (Dino Risi) – Loca juventud / Questa pazza, pazza gioventù (Le petit gondolier) (Manuel Mur-Orti) – 1964  – La ragazza in prestito (Une femme disponible) (Alfredo Giannetti) – La ragazza meravigliosa / La chica del trébol (Sergio Grieco) – Les combinards (Jean-Claude-Claude Roy, Riccardo Pazzaglia & Juan Esterlich) – Crucero de verano (Luis Lucia) – Squillo (Mario Sabatini)Un amore (Une garce inconsciente) (Gianni Vernuccio) – 1965  Io, io, io… et gli altri (Moi, moi, moi et les autres) (Alessandro Blasetti) – 1966  Die hölle von Macao (Les corrompus) (Frank Winterstein & James Hill) – Toutes folles de lui (Norbert Carbonnaux) – 1967  Gli altri, gli altri e noi (Maurizio Arena) – Il grande silenzio (Le grand silence) (Sergio Corbucci) – 1968  Donne… botte e bersaglieri (Ruggero Deodato) – 1969  Lisa dagli occhi blu (Bruno Corbucci) – Dramma della gelosia (Drame de la jalousie) (Ettore Scola) – 1970  Nini Tirabuscio, la donna che invento la mossa (Nini Tirebouchon) (Marcello Fondato) – 1971  Mio padre Monsignore (Antonio Racioppi) – Non commettere atti impuri (Giulio Petroni) – 1972  Continuavano a chiamarli i due piloti più pazzi del mondo (Mariano Laurenti) –  1973  Il maschio ruspante (Antonio Racioppi) – 1974  Les bidasses s’ en vont en guerre (Claude Zidi) – L’ Albero dalle foglie rosa (Armando Nannuzzi) – A pugni nudi (Marcello Zeani) – 1975  Le dolci zie (Mario Imperoli) –  1976  Le Impiegate stradali – Batton Story (Mario Landi) – Oh, Serafina ! (Oh ! Serafina) (Alberto Lattuada) – Una bella governante di colore (Poupées sur canapé) (Luigi Russo) – Stangafa in famiglia / Sorella Brambilla (Franco Nucci) – 1977  La bidonata (Luciano Ercoli) – 1978  La mazzetta (Le pot de vin) (Sergio Corbucci) – 1980  L’ altra donna (Id) (Peter Del Monte) – La moglie in vacanza… l’ amante in città (Les zizis baladeurs) (Sergio Martino) – 1981  Mia moglie torna a scuola (Giuliano Carnimeo) – L’onorevole con l’amante sotto il letto (La prof d’éducation sexuelle) (Mariano Laurenti) – Cornetti alla crema (Sergio Martino) – Pierino contro tutti (Vidéo “Le con de la classe”) (Marino Girolami) – 1982  Gian Burrasca (Pier Francesco Pingitore) – 1983  Arrivano i miei (Nini Salerno) – Il tifoso, l’ arbitro e il calciatore [sketch : “L’aritro e il calciatore”] (Pier Francesco Pingitore) – Sfrattato cerca casa equo canone (Pier Francesco Pingitore) – 1984  Qualcosa di biondo (Aurora) (Maurizio Ponzi) – 1985  Impariamo ad amarci : Guida all’ educazione sessuale (Antonio d’Agostino, documentaire) – 1992  Mutande pazze (Roberto D’ Agostino) – Ricky e Barabba (Christian de Sica) – 1995  A dio piacendo (Filippo Altadonna) – 1997  Mi fai un favore (Giancarlo Scarchilli) – 1999  Pazzo d’ amore (Mariano Laurenti) – Vacanze sulla neve (Mariano Laurenti) – 2000  Teste di cocco (Ugo Fabrizio Giordani) – 2001  Reisei to jônetsu no aida / Calmi cuori appassionati (Isamu Nakae) –  2005  La seconda notte di nozze (Pupi Avati). Télévision (notamment) : 1972  Le inchieste del commissario Maigret : Il pazzo di Bergerac (Mario Landi) – 1975  Una citta’ in fondo alla strada (Mauro Severino) – 1982  Storia d’amore e d’ amicizia (Ennio De Concini) – 1984  Quei trentasei gradini (Ennio De Concini) – 1988  La ruelle au clair de lune (Édouard Molinaro) – 1989  Una casa a Roma (Bruno Cortini) – E se poi se ne vanno? (Giorgio Capitani) – Le Gorille : Le Gorille comptes ses abattis (Jean Delannoy) – 1990  Disperamente Giulia (Enrio Maria Salerno) – Pronto soccorso (Francesco Massaro) – Villa Arzilla (Gigi Proietti) – 1994  Italian restaurant (Giorgio Capitani) – 1996 Pazza famiglia  2′ serie (Enrico Montesano) – 2000  Le alli della vita (Stefano Reali) – Una donna per amico 2 (Rossella Izzo) – 2001  Le alli della vita 2 (Stefano Reali) – 2002  Una donna per amico  3′ (Alberto Manni & Marcantonio Graffeo) – 2004  Part Time (Angelo Longoni) – 2006  La buona battaglia – Don Pietro Pappagallo (Gianfranco Albano).

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Youssef Chahine

 Youssef Chahine par Olivier Roller

Annonce de la mort du grand cinéaste égyptien Youssef Chahine, on savait qu’il était dans le coma depuis juin dernier des suites d’une hémorragie cérébrale. Il donne l’un de ses premiers grands rôles à Omar Sharif, avec  “Le démon du désert”, où il incarne un bédouin révolutionnaire, dans “Ciel d’enfer” où il est un ingénieur agronome soucieux du sort des paysans et “Les eaux noires” où il est un jeune marin pris dans la tourmente d’une grève de dockers. Très vite il connaît une consécration internationale de par son côté pourfendeur des intégrismes et des travers de ses compatriotes. Il sera découvert de manière non chronologique en France, Georges Sadoul écrivait que c’était le meilleur cinéaste de sa génération. Jean-Marie Sabatier saluait deux de ses oeuvres “mineures” sorties en 1973, des films musicaux,”C’est toi mon amour” : “…Mais au delà des stéréotypes et des conventions du genre, on y décèle (outre une maîtrise technique assez rare dans le cynéma égypitien de 1956), un certain ton, un regard critique sur la société patriarcale, sur la séduction de l’argent, et un humour bien arabe principalement basé sur l’antithèse…” et “Le vendeur de bagues” : “…car c’est non seulement une comédie musicale du niveau des grands crus hollywoodiens, mais c’est aussi un spectacle de goût qui concilie avec sensiblité un genre occidental et une tradition arabe”. Dans “Gare centrale”, il interprète lui même un homme souffreteux ayant pour univers la gare du Caire, où il vivote en vendant des journaux. Pour son malheur il tombe amoureux d’une beauté locale. Au travers du constat de la misère en Egypte, il défend dans ce film les miséreux et les marginaux. Il continue dans la fresque historique “Saladin”, et son combat sur les chrétiens, “Un jour sur le Nil” dans le cadre de la construction du barrage d’Assouan, “La terre” narrant les problèmes de récoltants de cotons face à la sécheresse, il reste toujours très attaché à son pays. “Le moineau” est une évocation de la guerre des six jours et parle de la corruption de hauts fonctionnaires. Il se livre ensuite à un récit nostalgique de son enfance avec “Alexandrie, Pourquoi ?”. Sa forte personnalité – ses colères sur les tournages furent célèbres -, lui valurent quelques griefs de la part de critiques qui décrièrent son orgueil, nous valurent pourtant de grands films. Il n’hésitait pas à l’utiliser à l’écran comme dans “Alexandrie toujours et pourquoi”, où il se mettait en scène sans s’épargner et avec une bonne dose de dérision. Il renoue avec les grandes fresques avec “Adieu Bonaparte”, sur la campagne d’Egypte de Napoléon – campé par Patrice Chéreau –  avec Michel Piccoli en général s’attachant à de jeunes Egyptiens. Il donne son plus grand rôle à Dalida dans “le sixième jour”, poignant mélodrame, portrait d’une femme soumise dans les années 40, face à une épidémie de choléra. Il retrouvera ensuite Piccoli dans “L’émigré” se déroulant 3000 ans avant Jésus-Christ, film qui connu des problèmes de censure de par son regard corrosif sur la religion. « Le destin » est une évocation du poète Averroes. “L’autre” montre les différences de classe au travers du portrait d’une jeune journaliste venant d’un milieu modeste. “Silence… on tourne” est une critique jubilatoire du milieu du cinéma, au travers des caprices d’une cantatrice. Il reçoit en 1997 le prix du 50ème festival de Cannes pour l’ensemble de son œuvre. Il participe ensuite à des films à sketchs notamment avec “Chacun son cinéma” et dans “11,09,01”» ce dernier ayant connu quelques polémiques, car il surprit par la virulence de son propos. Sa faculté d’allier le cinéma populaire et le film social, la comédie musicale et un regard lucide sur ses contemporains, l’humanisme et la farce, en fit l’un des cinéastes les plus originaux. Son mordant et sa parfaite connaissance du français en font une figure familière pour les cinéphiles français. Christian Bosséno lui avait consacré un ouvrage en 1985, “Youssef Chahine l’alexandrin” (CinémAction N° 33).

 

Filmographie : Comme réalisateur, scénariste : 1950  Baba Amin – 1951  Ibn el Nil (Le fils du Nil) – 1952  Al-Muharrij al-kabir (Le grand bouffon) – Sayedat al-Qitar (La dame du train)  – 1953  Nissae bila regal (Femmes sans hommes) – 1954  Siraa Fil-Wadi (Ciel d’ enfer) – Shaytan al-Sahra (Le démon du désert) – 1956  Wadda’ tou houbbak (Adieu mon amour) – Sira fil-Mina (Les eaux noires) – Inta habibi (C’est toi mon amour) – 1957  Bab el hadid (Gare centrale) (+ interprétation) – 1958  Jamila / Jamila al-Jazairiyya – 1959  Hubb lel-abad (À toi pour toujours) – 1960  Bein edeik – 1961  Rajul fi hayati (Un homme dans ma vie) – Nida all’ushsaq (L’ appel des amants)1963  El Naser Salah el Dine (Saladin) (+ production) – 1964  Fagr Yom gedid (L’aube d’un jour nouveau) (+ interprétation) – An-Nil oual hayat (Un jour, le Nil) –  1965  Biya el-Khawatim (Le vendeur de bagues) – 1966  Rimal min Dhahab (Sables d’ or) – 1967 Eid al-Mairoun (CM) – 1968  Al ard (La terre) – 1970  Al-Ikhtiyar (Le choix) – Salwa (CM) – 1972  Al- Asfour (Le moineau) (+ production) – 1973  Al-Intilaq (CM) – 1975  Awdat al  ibn al dal (Le retour du fils prodigue) – 1977  Askndrie, lie ? (Alexandrie pourquoi ?) (+ production) – 1982  Hadduta Misriyya (La mémoire) (+ production) – 1984  Adieu Bonaparte / Weda’an Bonapart – 1986  Al-Yawm al-Sadis (Le sixième jour) (+ interprétation) – 1990  Iskanderija, kaman oue kaman (Alexandrie, encore et toujours) (+ interprétation) – 1991  El-Kahira menawara bi ahlaha (Le Caire raconté par Chahine) (CM) –  1994  Al-Mohager (L’ émigré) – 1995  Lumière et Compagnie (un sketch) – 1996  Al massir (Le destin) – 1997  Lumières sur un massacre : Ce n’ est qu’ un pas (CM) – 10 films contre 100 millions de mines (CM) – 1998  L’ autre – 2000  Skoot hansawwar (Silence… on tourne) – 2002  11’09″01 September 11 (Onze minutes, neuf secondes, une image), skech “Egypt” (CM) – 2003  Alexandrie… New York – 2006  Chacun son cinéma ou ce petit coup au coeur quand la lumière s’éteint et que le film commence, sketch “47 ans après” (CM) – 2007  Heya fawda (Chaos). Comme interprète seulement : 1985  Chéreau, l’ envers du théâtre (Arnaud Sélignac, documentaire) – Cinématon N° 133 (Gérard Courant, CM) – 1989  L’ après Octobre (Merzak Allouache, documentaire) – 2003  Épreuves d’ artistes (Gilles Jacob, documentaire) – 2004  Les mondes de Chahine (Anne Andreu, documentaire TV) – 2005  There is no direction (Sarah Bertrand, documentaire) – 2006  Humbert Balsan, producteur rebelle (Anne Andreu, documentaire TV) – Ouija (Khaled Youssef). Comme producteur seulement : 1977  Al-Saqqa mat (Salah Abou Seif) – 1979  Shafika we Metwali (Chafika et Metwal) (Aly Badrakhan) – 1988 Sarikat sayfeya (Vol d’ été) (Yousry Nasrallah).

Fragments d’un dictionnaire amoureux: Jean-Claude Bouillaud

Annonce de la mort de Jean-Claude Bouillaud à l’âge de 81 ans, vendredi dernier. Ce comédien de second plan, très apprécié de Jean-Claude Missiaen, Claude Sautet et Claude Chabrol excellait dans des emplois de français moyens. On le découvre au cinéma dans “Mister Freedom” (1968), tout habillé de rouge en soldat russe de “Moujik Man” campé par un truculent Philippe Noiret -. Il y est toujours prêt à en découdre et c’est l’une des rares fois où on le voit sans moustaches. Il est souvent sur un registre assez frustre, comme le père de Christian Clavier dans “Le Père Noël est une ordure”, ne cessant d’humilier son fils travesti un soir de réveillon. Ses personnages manquent parfois de discernement comme l’ami pilote de ligne d’Yves Montand, le croisant par hasard dans “Clair de femme”, trop confiant il ne voie pas le malaise de son ami qui s’enfonce dans ses mensonges. Chabrol lui offrira l’une de ses prestations des plus étonnantes, en père déboussolé revenant chercher les affaires de sa fille disparue Louise – Christine Paolini -, chez son employeur un chapelier intriguant – génial Michel Serrault -. Rustre, il regrette d’avoir laissé une de ses filles partir, ne comprenant pas que l’on puisse remettre en cause son autorité, et ne comprenant rien aux explications oiseuses de son inquiétant interlocuteur. Jean-Claude Bouillaud était l’un de ces comédiens nécessaires, apportant toujours une grande consistance à la moindre de ses apparitions, et montrant toujours une grande subtilité à ses personnages qu’ils soient antipathiques ou non. Annonce également de la mort de l’un des pionniers de la télévision ce 23 juin, Jean-Marie Coldefy à l’âge de 86 ans.

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Jean-Claude Bouillaud & Yves Montand dans “Clair de femmes”

Filmographie : 1968  Mister Freedom (William Klein) – 1972  Le bar de la fourche (Alain Levent) – 1974  Au-delà de la peur (Yannick Andréi) – 1978  Laisse-moi rêver / Drôles de diam’s (Robert Ménégoz) – Clair de femmes (Costa-Gavras) – 1979  L’entourloupe (Gérard Pirès) – Bobo la tête (Gilles Katz, inédit) – 1980  Un mauvais fils (Claude Sautet) – La boum (Claude Pinoteau) – Celles qu’on n’a pas eues (Pascal Thomas) – Le cheval d’Orgueil (Claude Chabrol) – La provinciale (Claude Goretta) – 1981  Le choix des armes (Alain Corneau) – Les hommes préfèrent les grosses (Jean-Marie Poiré) – Le professionel (Georges Lautner) – Têtes à claques (Francis Perrin) – Les fantômes du chapelier (Claude Chabrol) – 1982  Le Père Noël est une ordure (Jean-Marie Poiré) – Tir groupé (Jean-Claude Missian) – 1983  La java des ombres (Romain Goupil) – Garçon ! (Claude Sautet) – Ronde de nuit (Jean-Claude Missiaen) – Le joli coeur (Francis Perrin) – 1984  Pinot simple flic (Gérard Jugnot) – Tir à vue (Marc Angelo) – Les ripoux (Claude Zidi) – Le jumeau (Yves Robert) – Hors-la-loi (Robin Davis) – Poulet au vinaigre (Claude Chabrol) –  1985  La baston (Jean-Claude Missiaen) – Black mic-mac (Thomas Gilou) – 1986  A los cuatro vientos (José Antonio Zorrilla) – 1987  Charlie Dingo (Gilles Béhat) – Eskorpion (Ernesto Telleria) – 1988  Trois places pour le 26 (Jacques Demy) – 1989  Le vent de la Toussaint (Gilles Béhat) – 1990  Madame Bovary (Claude Chabrol) – 1991  Un coeur en hiver (Claude Sautet) – 1992  Justinien Trouvé ou le bâtard de Dieu (Christian Fechner) – 1992  Lettre pour L… (Romain Goupil) – 1994  Les misérables (Claude Lelouch). Télévision (notamment) : 1975  Marie-Antoinette (Guy-André Lefranc) – Une Suédoise à Paris (Patrick Saglio) – 1976  L’inspecteur mène l’enquête : La mort du bois de Boulogne (Marc Pavaux) – 1977  Les samedis de l’histoire : Rossel et la commune de Paris (Serge Moati) – Commissaire Moulin : Cent mille soleils (Claude-Jean Bonnardot) – Les rebelles (Le feu) (Pierre Badel) – 1978  Les procès témoins de leur temps : Le pain et le vin (Philippe Lefebvre) – Messieurs les jurés : L’affaire Montigny (André Michel) – Le temps de la République : Un soir d’hiver, place de la Concorde (Roger Pigaut) – Les enquêtes du commissaire Maigret : Maigret et le tueur (Marcel Cravenne) –  1979  Au théâtre ce soir : Si tout le monde en faisait autant (Pierre Sabbagh) – Miss fait une cure (Roger Pigaut) – Le mal bleu (Joseph Drimal) – La dame aux coquillages (Charles Paolini) – 1980  Les visiteurs (Michel Wyn) – Histoire de voyous : Le concierge revient de suite (Michel Wyn) – Les dossiers de l’écran : Le grand fossé (Yves Ciampi) – Caméra une première : Ils furent roi tout un matin (Régis Milcent) – La traque (Philippe Lefebvre) – 1981  Blanc, bleu, rouge (Yannick Andréi) – Le mythomane : Les jonquilles de la grande duchesse (Michel Wyn) – L’écumeur de Lille (Fernand Vincent) – La double vie de Théophraste Longuet (Yannick Andréi) – 1982  Les dossiers de l’écran : Les yeux pour pleurer (André Cayatte) – 1983  La chambre des dames (Yannick Andréi) – 1984  Un homme va être assassiné (Dolorès Grassian) – Vincente (Bernard Toublanc-Michel) – 1986  L’affaire Marie Besnard (Yves-André Hubert) – La dame des dunes (Joyce Buñuel) – 1987  L’heure Simenon : Un nouveau dans la ville (Fabrice Cazeneuve) – 1988  Les dossiers secrets de l’inspecteur Lavardin : L’escargot noir (Claude Chabrol) – Les cinq dernières minutes : Le fantôme de la Villette (Roger Pigaut) – Série Noire : Le manteau de Saint-Martin (Gilles Béhat) – La face de l’ogre (Bernard Giraudeau) – 1989  Haute tension : Retour à Malaveil (Jacques Ertaud) – Les enquêtes du commaissaire Maigret : L’auberge aux noyés (Jean-Paul Sassy) – 1990  Les bottes de sept lieues (Hervé Baslé) – 1991  Les hordes (Jean-Claude Missiaen) – Le dernier mot (Gilles Béhat) – 1993  Renseignements Généraux : Goupil voit rouge (Jean-Claude Missiaen) – Une image de trop (Jean-Claude Missiaen) – 1994  Les mercredis de la vie : Le garçon qui ne dormait pas (Michaël Perrotta) – La corruptrice (Bernard Stora) – 1995  Le parasite (Patrick Dewolf) – 1997  L’histoire du samedi : La mère de nos enfants (Jean-Louis Lorenzi) – 1998  La course de l’escargot (Jérôme Boivin) – L’inventaire (Caroline Huppert) – 1999  Mélissol : La maison sans toit (Jean-Pierre Igoux) – Crimes en série : Nature morte (Patrick Dewolf) – 2000  De toute urgence (Philippe Triboit) – 2003  Le don fait à Catchaires (William Gostesman) – 2004  Clochemerle (Daniel Losset).

Mise à jour du 18/07/2009

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Jean Delannoy

Annonce de la mort de Jean Delannoy le 18 juin dernier à l’âge de 100 ans. Après quelques co-réalisations, il devient metteur en scène à part entière avec l’exotique “Macao, enfer du jeu” (1939), plaisant film avec Sessue Hayakawa et Mireille Balin, mais qui connu quelques déboires sous la France occupée, Pierre Renoir retournant les scènes avec Erich Von Stroheim, jugé indésirable, les scènes de ce dernier furent rétablies dans la version que nous connaissons actuellement. Il signe ensuite sous l’occupation des mélodrames “Le diamant noir” (1940), avec Gaby Morlay, “Fièvres” (1942), avec Tino Rossi en voyou repenti devenu prêtre, une bonne adaptation du roman de Pierre Very “L’assassin a peur la nuit” (1942) avec Jules Berry – sorti il y a peu en DVD -. Il signe un film historique “Pontacarral colonel d’empire” – avec l’ineffable Pierre Blanchar -, devenu un symbole de la résistance, “…Nous l’avons réalisé à une époque où il était nécessaire de ressusciter le sentiment d’une certaine grandeur, celui de l’héroïsme et sur ce plan de la Résistance, à une époque particulièrement sombre. De la sorte, au nez et à la barbe de l’occupant, nous faisions un film d’actualité et de combat“. (1) Les historiens débatent pourtant sur ce fait : « On a fait souvent de Pontcarral, de Jean Delannoy, sorti en décembre 1942, un film de résistance explicite. Georges Sadoul dans le cinéma pendant la guerre, (…) n’a pas tort d’écrire que « le public français fut alors, bien plus que l’obscur romancier Albéric Cahuet, l’auteur de Pontacaral » : divers témoins ont raconté que le film était applaudi dans les salles, et Raymond Chirat se souvient que lors de la sortie du film à Lyon, dans l’hiver 42-43, des inscriptions apparurent sur les murs : « Pontcarral c’est Giraud” (…) Jean-Pierre Jeancolas – “15 ans d’années 30” (Stock cinéma, 1983). Suivent une belle illustration de l’œuvre de Cocteau “L’éternel retour” (1943), avec le couple mythique Jean Marais (…et son pull jacquart qu’il est tout autant) et Madeleine Sologne et les débuts à l’écran d’Yvonne de Bray, une très belle illustration de l’œuvre de Paul Féval, “Le bossu” (1944), toujours avec Blanchar. En 1946, il reçoit le grand prix du festival de Cannes, renaissant de ses centres en 1946, avec “La symphonie pastorale” d’après Gide avec Michèle Morgan en orpheline aveugle, avec pour partenaire Blanchar toujours et Jean Desailly. Il s’essaie ensuite au film onirique “Les jeux sont faits”, avec Marcello Pagliero et Micheline Presle, rare tentative à demi-réussie d’incursion dans le cinéma fantastique en France. Retour au film historique avec “Le secret de Mayerling” (1948) avec Jean Marais, qui retrouvera son metteur en scène la même année, en couple avec Michèle Morgan dans un nouveau mélo dans le cadre de l’aviation “Les yeux du souvenir”. Dans les années 50, il devient le symbole d’une certaine qualité française. On se souvient de la célèbre lettre “une certaine tendance du cinéma français” de François Truffaut dans “Les cahiers du cinéma” N° 31 en 1954, lire le texte en son intégralité dans jdelpias.club.fr  Le futur cinéaste prendra en exemple une adaptation de Jean Aurenche et Pierre Bost du “Journal d’un curé de campagne”, dans sa démonstration, ce qui est assez critiquable car il ne fut qu’un projet de Delannoy, qu’il qualifie de moralyste mystique – Robert Bresson devant faire ensuite le chef d’oeuvre que l’on sait -. Au contraire d’un Claude Autant-Lara, Delannoy n’avait gardé aucune acrimonie contre ces jeunes contestataires, il confiait encore il y a peu à Hubert Niogret dans le documentaire “Mémoires du cinéma français” – sorti en DVD en janvier dernier – trouver cette attitude tout à fait naturelle d’ “essayer de foutre en l’air ce qui viennent avant eux”. Avec le recul, on peut le trouver un peu injuste les jeunes hussards de la “Nouvelle vague”, mais il est vrai qu’il est au service des grandes stars françaises de Pierre Fresnay dans l’édifiant “Dieu a besoin des hommes”, “La route Napoléon” sur le petit monde déjà redoutable de la publicité, Madeleine Robinson et Franck Villard “Le garçon sauvage”  narrant les déboires d’un enfant malheureux –, Zizi Jeanmaire qui semble vouloir reprendre l’emploi d’Arletty dans “Guiguette” signé par Jeanson. Il entame aussi une fructueuse collaboration avec Jean Gabin : “…Ainsi, je pense être un des rares qui n’ait jamais confié à Jean Gabin deux fois le même genre de rôle”. On le retrouve ainsi dans le mélodramatique « La minute de vérité » en couple avec Michèle Morgan, “Chien perdu sans collier” – raillé par Truffaut -, où il est un juge – son jeu y est d’une grande sobriété –compréhensif envers l’enfance délinquante, avec l’une des meilleures adaptations des  “Maigret” à l’écran “Maigret tend un piège”» et dans décevant “Baron de l’écluse” où il est un baron désargenté.. Il participe à quelques films à sketches alors en vogue. A l’aise dans les reconstitutions historiques, il signe également une trop sage adaptation de “Notre Dame de Paris”, d’après Victor Hugo, avec pléthore de grands comédiens, mais son “Marie Antoinette” est très honorable offrant un de ses meilleurs rôles à l’inégale Michèle Morgan. “La princesse de Clèves” adaptation par Cocteau de Mme de Lafayette , malgré le charme de Marina Vlady, déçoit également malgré sa beauté formelle. Il participe même à une co-production avec l’Italie avec son évocation des amours de Pauline Bonaparte campée par Gina Lollobrigida. Les années 60-70 deviennent très impersonnelles pour lui, avec “Le rendez-vous” polar landa sauvé par une belle distribution – dont George Sanders -“Le majordome” où Paul Meurisse reprend un peu son personnage du Monocle, en truand très féru de droit et majordome d’un juge usé – Noël Roquevert -, et deux comédies policières “La peau de Torpédo” et “Pas folle la guêpe” d’après James Hadley Chase. On sauvera “Les amitiés particulières”, adaptation du roman de Roger Peyrefitte, dans un collège de jésuites dans les années 20, avec un Michel Bouquet formidable en abbé souffrant de son attirance pour les jeunes hommes. Il reviendra au cinéma en 1987, pour une trilogie hagiographique sur laquelle il est charitable de ne pas trop d’étendre “La passion de Bernadette” (1989) ne sorti jamais en salles et est parfois diffusé dans les chaînes câblées. Un excellent ouvrage de Claude Beylie était édité aux éditions Dujarric en 1987 – dans une belle collection très riche et qui rendait également hommage à Pierre Chenal et Jean Dréville, ouvrage hélas épuisé. Annonce également de la mort du grand créateur d’effets spéciaux, Stan Winston, mais je suis désolé de ne plus pouvoir suivre, car ce blog est de plus en plus R.I.P.olinisé, ce qui devient un tantinet lassant…

(1) “Confessions – Un siècle de cinéma français par ce qui l’ont fait” par Éric Leguèbe (Ifranc éditions, 1995).

Filmographie : Comme réalisateur : 1932  Franches lippées (CM, + montage) – 1933  Paris-Deauville (+ montage) – 1934  L’école des détectives (CM, + montage) – 1932  La moule (CM, + montage) – Une vocation irrésistible (CM) – 1937  Tamara la complaisante (co-réalisation avec Félix Gandera) – Ne tuez pas Dolly (CM, + régie) – 1938  Le paradis de Satan (co-réalisation avec Félix Gandera) – La Vénus de l’or (co-réalisation avec Charles Méré) – 1939  Macao, l’enfer du jeu – Le monde en action (documentaire inachevé) – 1940  Diamant noir (+ montage) – 1941  Fièvres (+ montage) – 1942  L’assassin a peur la nuit – Pontcarral, colonel d’Empire – 1943  L’éternel retour – 1944  Le bossu – 1945  La part de l’ombre (+ montage) – 1946  La symphonie pastorale – 1947  Les jeux sont faits – 1948  Aux yeux du souvenir – Le secret de Mayerling – 1950  Dieu a besoin des hommes – . 1951  Le garçon sauvage – 1952  Destinées, [sketch “Jeanne”] – La minute de vérité – 1953  La route Napoléon – Secrets d’alcôve, [sketch ” Le lit de la Pompadour”] – 1954  Obsession – 1955  Chiens perdus sans collier – Marie-Antoinette, reine de France – 1956  Notre-Dame de Paris – 1957  Maigret tend un piège – 1958  Guinguette – 1959  Le baron de l’écluse – Maigret et l’affaire Saint-Fiacre – 1960  La Française et l’amour, [sketch “L’adolescence”] – La princesse de Clèves – 1961  Le rendez-vous – 1962  Vénus Impériale – 1964  Les amitiés particulières – Le majordome – 1965  Le lit à deux places, [sketchs “Le berceau” & “La répétition”] – Les sultans – 1966 Le soleil des voyous – 1969  La peau de Torpédo – 1972  Pas folle la guêpe – 1976  Le jeune homme et le lion (TV) – 1978  Histoire du chevalier Des Grieux et Manon Lescaut (TV) – 1979  Les grandes conjurations : Le coup d’état du 2 décembre (TV) -1980  L’été indien – 1981  Frère Martin : La justice de Dieu & La justice du pape – 1983  Le crime de Pierre Lacaze (TV) – 1987  Tout est dans la fin (TV) – Bernadette – 1989  La passion de Bernadette – 1990  Le Gorille : Le Gorille compte ses abattis (TV) – 1994  Marie de Nazareth – Comme acteur : 1926  Casanova (Alexandre Volkoff) – 1927  Miss Helyett (Georges Monca & Maurice Kéboul) – 1928  La grande passion (André Hugon) – 1933  Casanova / Les amours de Casanova  (René Barbéris). Montage seulement : 1932  La belle marinière (Harry Lachmann) – Le fils improvisé (René Guissart) – Une étoile disparaît (Robert Villers) – 1933  Le père prématuré (René Guissart) – Mon chapeau (Jaquelux, CM) – 1934  Le roi des Champs-Elysées (Max Nosseck) – 1935  Michel Strogoff (Jacques de Baroncelli & Richard Eichberg) – Tovaritch (Jacques Deval, Jean Tarride, Germain Fried & Victor Trivas) – 1936  Nitchevo (Jacques de Baroncelli). Asssistant-réalisateur : Club de femmes (Jacques Deval) – 1937  Feu ! (Jacques de Baroncelli).


©   Le coin du cinéphage (reproduction strictement interdite, textes déposés)

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Cyd Charisse

 Cyd Charisse dans “Les sept cités d’Atlantis”

Annonce de la mort de Cyd Charisse, à l’âge de 86 ans. Peu de stars internationales ont eu sa beauté sculpturale et son charme. On est surpris de la grande sévérité de Bertrand Tavernier et Jean-Pierre Coursodon dans “30 ans de cinéma américain” “Elle n’a dansé qu’un seul été, celui de la comédie musicale new-look qui fut bien bref. Un travelling latéral qui suivait une glissade de Gene Kelly, fit soudain entrer dans le champ sa jambe tendue et les coeurs se mirent à battre tandis que la caméra remontait lentement le long d’un des plus beaux corps jamais vus sur l’écran. C’était “Singin’ in the Rain” où, fort heureusement pour nos illusions elle ne faisait que danser. Par la suite, il fallut déchanter : elle ne chantait pas et jouait médiocrement, se contentant de promener un visage glacial, pâle contretype de celui d’Ava Gardner”.  Tula Ellice Amarillo dite “Sid”, née au Texas. Un médecin conseille à cette fillette fluette de santé fragile de faire de la danse classique. Ses parents bijoutiers l’y encouragent, elle révèle dans cette activité une grande aisance. Elle épousera l’un de ses professeurs Nico Charisse. Elle débute sous le nom de Lily Norwood en 1943. Le producteur Arthur Freed, enthousiaste de ses performances sur le tournage de “Ziegfeld Follies”, lui signe un contrat de 17 ans. Son apparition dans “Chantons sous la pluie” était à couper le souffle. Dans “Tous en scène”, autre chef d’oeuvre du genre, on se régale de voir sa rivalité, en danseuse classique avec un danseur sur le retour joué par Fred Astaire. Dans “Brigadoon” – première comédie musicale en Cinémascope – dans les Highlands d’Écosse dont l’artifice est magnifié par Vincente Minelli, on comprend qu’un américain pragmatique veuille rester avec elle dans un monde imaginaire, n’apparaissant que tous les 100 ans. Elle est lumineuse dans le remake un peu terne de “Ninotchka”, “La belle de Moscou” par Rouben Mamoulian, qu’elle illumine de sa grâce face à Fred Astaire. Elle prouvera son talent dramatique dans “Traquenard” (1960), film noir de Nicholas Ray, où elle est une danseuse voulant remettre sur “le droit chemin” un Robert Taylor qui campe un avocat au service de caïds de Chicaco. Elle participe en 1962 avec Dean Martin, au dernier tournage de Marilyn Monroe, avec un remake du film “Mon épouse favorite” réalisé par Garson Kanin, qui raconte les avatars d’un veuf qui s’est remarié et qui retrouve sa femme qu’il croyait décédée. Le film restera inachevé dans les circonstances que l’on connaît. Vincente Minnelli l’emploie à nouveau dans “Quinze jours ailleurs”, portrait des vanités de la société du spectacle, où elle joue l’ex-femme d’un acteur star de Hollywood – Kirk Douglas -, qu’elle retrouve déchu sur un tournage à Rome. “Les septs cités d’Atlantis” – qui passe en ce moment sur la chaîne câblée Ciné FX – sera son dernier film. “On n’ose supposer que la présence de Cyd Charisse dans cette cité sous-marine soit un hommage à “Chantons sous la pluie”, mais au point où on en est” déplora François Chevassu dans “La saison cinématographique 1979”. Mais au final elle aura gardé son statut de mythe. Jean-Claude Missiaen lui avait consacré en 1979, un superbe livre “Cyd Charisse, du ballet classique à la comédie classique” – rareté désormais très recherchée – aux éditions Henri Veyrier.

Avec Gene Kelly dans “Chantons sous la pluie”

Filmographie : 1941  Rhumba serenade (CM) – Poème (CM) – I knew it would be this way (CM) – Did anyone call ? (CM) – 1942  Something to shout about (Gregory Ratoff) – This love of mine (CM) – Mission to Moscow (Michael Curtiz) – Magic of magniolas (CM) – 1943  Thousands cheer (Parade aux étoiles) (George Sidney) – 1944  Ziegfeld Follies (Id) [sketches : “Here’s to the ladies” (George Sidney) & “Beauty” (Vincente Minelli)] – 1945  The Harvey girls (Harvey Girls) (George Sidney) – 1946  Three wise fools (Edward Buzzell) – Till the clouds roll by (La pluie qui chante) (Richard Whorf) – 1947  Fiesta (Senorita Toréador) (Richard Thorpe) – The unfinished dance (La danse inachevée) (Henry Koster) – 1948  On an island with you (Dans une île avec vous) (Richard Thorpe) – Words and music (Ma vie est une chanson) (Norman Taurog) – The kissing bandit (Le brigand amoureux) (Norman Taurog) – 1949  Tension (John Berry) – East Side, West Side (Ville haute, ville basse) (Mervyn LeRoy) – 1951  Mark of renegade (Le signe des renégats / Le chevalier marqué) (Hugo Fregonese) – 1952  The wild North (Au pays de la peur) (Andrew Marton) – Sigin’ in the rain (Chantons sous la pluie) (Gene Kelly & Stanley Donen) – 1953  Sombrero (Id) (Norman Foster) – The band wagon (Tous en scène) (Vincente Minnelli) – Easy to love (Désir d’amour) (Charles Walters) – 1954  Deep in my heart (Au fond de mon coeur) (Stanley Donen) – Brigadoon (Id) (Vincente Minnelli) – 1955  Motion picture theatre celebration (CM)  – It’s always fair weather (Beau fixe sur New-York) (Stanley Donen & Gene Kelly) – 1956  Meet me in Las Vegas (Viva Las Vegas) (Roy Rowland) – 1957  Silk stockings (La belle de moscou) (Rouben Mamoulian) – 1958  Twilight for the gods (Crépuscule sur l’océan) (Joseph Pevney) – Party girl (Traquenard) (Nicholas Ray) – 1960  Les collants noirs / Un deux trois quatre (Terence Young) – 1961  Cinque ore in contanti / Five golden hours (Mario Zampi) – 1962  Something go to give (George Cukor, inachevé) – Two weeks in another town (Quinze jours) (Vincente Minnelli) – 1963  Assassinio  made  in  Italy / Il segreto del  vestito  rosso /  El segreto de Bill North  (Silvio Amadio) – 1966  The silencers (Matt Helm agent très spécial) (Phil Karlson) – Maroc 7 (Maroc, dossier N¨7) (Gerry O’Hara) – 1972  Film portrait (Jerome Hill, documentaire) – 1975  Won Ton Ton the dog  who saved Hollywood (Michael Winner) – 1978  Warlords of Atlantis (Les sept cités d’Atlantis) (Kevin Connor) – 1989  Visioni private (Antonio Bruschetta, Francesco Calogero & Donald Ranvaud) – 1994  That’s entertainment ! III (Bud Friedgen & Michael J. Sheridan) – Télévision (notamment) : 1979  The love boat (La croisière s’amuse) : Super Mom / I’ll see you again / April’s return – 1980  Professional date (Steven Hilliard Stern) – 1984  Sentimental journey (James Goldstone) –  (William Cosel) – Glitter (Gabrielle Beaumont) – Kim Friedman, Alan Rafkin & Robert Scheerer) – Sentimental journey – 2003  Satin and silk (Peter Fitzgerald, CM video) –  2008  Meutres à l’Empire State Building (William Karel, documentaire fiction). Nota : Elle est parfois créditée à tort dans la distribution de “The player” (Robert Altman, 1991).

Bibliographie : “Stars N°18” (Hiver 93); “Quinlan’s film stars” (Batsford, 2000).

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Henri Labussière

Henri Labussière dans “Les Malabars sont au parfum”

Annonce de la mort d’Henri Labussière, le 16 juin dernier à l’âge de 87 ans. C’était l’une des voix de notre enfance, il prêtait souvent sa voix pour des films d’animations, pour des personnages de patriarches ou de vieillards cacochymes. Ce comédien qui avait débuté dans la troupe de Jean-Pierre Grenier et Olivier Hussenot, avait peu de film de cinéma à son actif. On peut le déplorer car il était excellent par exemple dans la comédie d’espionnage  “Les malabars sont au parfum” (1965), en ministre de l’intérieur retord et autoritaire, qui avec son confrère ministre campé par Bernard Lavalette, manipulait un inventeur joué par Jean-Marc Thibault, en lui imposant le secret d’état. Yves Robert l’utilise à ses débuts, en paysan dans “La guerre des boutons” (1961), et dans “Les copains” (1964) où il est un cafetier loucheur, suffisamment naïf pour croire le tandem facétieux Philippe Noiret et Pierre Mondy qui se font passer pour des champions cyclistes. A lire Le blog dédié au doublage , blog désormais indispensable de “La gazette du doublage”.

Filmographie : 1961  Un cheval pour deux (Jean-Marc Thibault) – La guerre des boutons (Yves Robert) – 1964  Les copains (Yves Robert) – 1965  Les malabars sont au parfum (Guy Lefranc) – Le caïd de Champignol (Jean Bastia) – Le dimanche de la vie (Jean Herman) –  1966  Martin soldat (Michel Deville) – 1973  Une baleine qui avait mal aux dents (Jacques Bral) – 1976  L’amour en herbe (Roger Andrieux) – 1978  Les chiens (Alain Jessua) – 1984  Le jumeau (Yves Robert). Télévision : (notamment) : 1955  Knock ou le triomphe de la médecine (Marcel Cravenne) – 1956  Les gaietés de l’escadron (Pierre Badel) – 1962  Théâtre de la jeunesse : Gargantua (Pierre Badel) – Quand on est deux (Jacques-Gérard Cornu) – 1965  Bastos le hardi (Michel Ayats) – Les facéties du sapeur Camember (Pierre Boursaus) – Quatre pièces d’Avertschenko (Michel Ayats) – Les facéties du sapeur Camember (Pierre Boursaus, série TV) – 1966  Orion le tueur (Georges Folgoas) – Les sept de l’escalier quinze B (Georges Régnier) – La Tour Eiffel qui tue (Jean-Roger Cadet & Michel de Ré) – 1967  Au théâtre ce soir : Caviar et lentilles (Pierre Sabbagh) – Mon coeur dans les Highlands (Roger [Lazare] Iglésis) – Au théâtre ce soir : Les J 3 (Pierre Sabbagh) – Saturnin Belloir (Jacques-Gérard Cornu, série TV) – Les gueux au paradis (Jean Pignol) – 1968  L’Impératrice en vacances (Guy Labourasse) – Turcaret (Lazare Iglèsis) – 1970  Allô police : La pantoufle de jade (Daniel Le Comte) – 1971  Les nouvelles aventures de Vidocq : Les chevaliers de la nuit (Marcel Bluwal) – Le tambour du Bief (Jean Prat) – 1972  Au théâtre ce soir : Je viendrai comme un voleur (Pierre Sabbagh) – 1973  La forêt (Pierre Bureau, captation) – 1975  Le secret des dieux (Guy-André Lefranc) – Marie-Antoinette (Guy-André Lefranc) – 1976  Au théâtre ce soir : Les derniers outrages (Pierre Sabbagh) – Celui qui ne te ressemble pas (Georges Régnier) – Commissaire Moulin : Ricochets (Alain Dhénaut) – Trois de coeur (Roger Andrieux, Alain Périsson, Michel Picard & Jean-Pierre Richard) – 1977  Commissaire Moulin : Petite hantise (Robert Guez) – L’enlèvement du Régent – Le chevalier d’Harmental (Gérard Vergez) – Les folies d’Offenbach : La valse oubliée (Michel Boisrond) – 1979  L’oeil du sorcier (André Dhénaut) – Saint Colomban et moi (Hervé Baslé) – Les amours de la belle époque : Petite madame (René Lucot) – 1980  Les amours de la belle époque : Aimé de son concierge (Roland-Bernard) – Mathieu, Gaston, Peluche (Bernard-Roland) – L’enterrement de Monsieur Bouvet (Guy-André Lefranc) – 1981  L’inspecteur mène l’enquête : Sans issue (Luc Godevais) – Le boulanger de Suresnes (Jean-Jacques Goron) – Novgorod (Armand Ridel) – Histoire comptemporaine (Michel Boisrond) – Ce fut un beau voyage (Hervé Baslé) – 1982  Au théâtre ce soir : Le président Haudecoeur (Pierre Sabbagh) – Le voyageur imprudent (Pierre Tchernia) – Le procès de Shamgorod (Yves-André Hubert) – Paris-Saint-Lazare (Marco Pico) – Les enquêtes du commissaire Maigret : Maigret et les braves gens (Jean-Jacques Goron) – 1983  Mort d’un piéton (Pierre Billard) – 1984  Les timides aventures d’un laveur de carreaux (Jean Brard) – 1988  Espionne et tais-toi : 1989  Un citoyen sans importance (Guy Jorré) – 1990  Les cinq dernières minutes : Le miroir aux alouettes (Guy Jorré) – Marie Pervenche : L’étoile filante (Claude Boissol) – Héritage oblige : Comtesse Anna (Daniel Losset) – 1992  La femme de l’amant (Christopher Franck) – 1996  Forcément coupable (Marco Pico). Voxographie succincte : 1967 Astérix le gaulois (Albert Uderzo, René Goscinny & Raymond Leblanc, animation) – 1968  Astérix et Cléopâtre (René Goscinny, Alberto Uderzo & Lee Payant, animation) – 1976  La flûte à six schtroumpfs (Peyo & Yvan Delporte) – Les douze travaux d’Astérix (René Goscinny, Albert Uderzo & Pierre Watrin, animation) – 1977  La ballade des Dalton (René Goscinny, Morris, Henri Gruel & Pierre Watrin, animation) – 1978  Candy Candy (Id) (Yumiko Igarashi & Kyoko Mizuki, animation, série télévisée, version française) – 1983  Uchū Keiji Gyaban (X-Or) (Hattori Kazuyasu & Toshiaki Kobayashi, série télévisée version française) –  1985    Astérix et la surprise de César (Gaëtan Brizzi & Paul Brizzi) – 1986  Astérix chez les bretons (Pino Van Lamsweerde, animation) – 1989  Astérix et le coup du menhir (Philippe Grimond, animation) – 1990  Babar : The movie (Le triomphe de Babar) (Alan Bunce, animation, version française) – 1991/1992  Les aventures de Tintin (série télévisée, 39 épisodes) – 1998  A bug’s life (1001 pattes) (John Lasseter & Andrew Stanton, animation) –  The Rugrats movie (Les Razmoket, le film) (Igor Kovalyov & Norton Virgien, animation, version française) – 1999  Tarzan (Id) (Chris Buck & Kevin Lima, animation, version française) –  2000  The Emperor’s new groove (Kuzco, l’Empereur mégalo) (Mark Dindal, animation, version française).

Mise à jour du 5/08/2009