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TROUBLE

Dès les premiers plans, on devine que l’angoisse ne sera pas au rendez-vous et l’interprétation subtile de Benoît Magimel n’y change rien. Pourtant la Belgique est souvent particulièrement propice pour installer un climat fantastique, le metteur en scène réussit à installer une angoisse sourde, mais le film est plus un banal polar qu’un film fantastique.

Natacha Régnier rayonne dans un rôle absent mais on la préfère dans “Le silence” et que dire du rôle d’Olivier Gourmet : avoir un comédien pareil pour si peu ! C’est dommage, surtout en souvenir du premier film d’Harry Cleven – il jouait Dieu dans “Hélas pour moi” -,”Abracadabra”, c’est peut-être ici un moyen pour lui de faire un film plus personnel.

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Alberto Lattuada

 

Annonce de la mort d’Alberto Lattuada, grand metteur en scène du cinéma italien, marquant par son ironie grinçante. Il débute dans le sillon du néoréalisme, adapte plusieurs romans dont “le Manteau” d’après Gogol avec Renato Rascel, Machiavel, Pouchkine, etc… A l’image du film “I dolci inganni / Les adolescentes” en 1960, avait Catherine Spaak, il aimait à explorer les amours adolescentes, dévoilant ensuite Nastassja Kinski dans “Cosi come sei / La fille” en 1978, avec Marcello Mastroianni. Il avait fait un film assez désastreux en 1985 “Une épine dans le coeur” malgré la beauté mise à nue de Sophie Duez, qui avait gardé de ce film un mauvais souvenir. Cinémed nous informe qu’il était aussi président et co-fondateur de la Cinemathèque italienne.

 

On lui préfère le mordant “Venga a prendere il caffè da noi / Venez donc prendre le café chez nous” en 1970, farce inouïe où Ugo Tognazzi voulant profiter de l’argent d’un trio de “vieilles filles” (les formidables Angela Goodwin, Francesca Romana Coluzzi et Milena Vukotic), se retrouve impotent épuisé pour avoir voulu satisfaire sexuellement ce trio inédit. Un grand classique de la comédie italienne !

MY SUMMER OF LOVE

“My summer of love”, film du polonais Pawel Pawlikowki  – Transit Palace -est un pendant solaire au film d’Antony Cordier, “Douches froides”, sorti d’ailleurs le même jour.  Tout comme ce dernier, il définit justement la période de l’approche avec le monde adulte, des différences de classes sociales, de la manière d’évoluer à l’encontre d’un certain déterminisme. Le metteur en scène se sert de son passé de documentariste pour dresser le portrait de deux adolescentes, l’une orpheline en confrontation perpétuelle avec son frère – Paddy Considine déjà étonnant en père de famille dans “In America” de Jim Sheridan -, évangéliste fondamentaliste tardif et halluciné. Ill veut dresser une croix géante sur une des collines, anecdote inspirée d’un cas réel -.

Il est habile pour utiliser les talents des deux comédiennes dont Nathalie Press – qui sait dessiner, il a donc utilisé ce don pour la fresque murale ou imiter le démon de “l’exorciste” – et Emily Blunt. Les amours saphiques sont évoqués le plus simplement du monde. Les déconvenues des amours de vacances pouvant augurer à une tragédie, sont habilement montrés, de même l’évocation de la jeunesse où tout semble possible. Les clichés sont transcendés – le nain de jardin – pour montrer la contradiction de deux mondes et la soif d’une autre vie meilleure. Ce film sensuel et désabusé montre la promesse d’un cinéaste prometteur. Dans une Angleterre intemporelle il montre un sens de l’écriture, de la complexité des êtres et une dénonciation subtile des petites mesquineries d’une micro-société.

LE VENT DE LA VIOLENCE

The Wilby Conspiracy (Le vent de la violence), film de 1974 de Ralph Nelson, a une La vision sur l’Afrique du Sud proprement surprenante. Elle dénonce l’Apartheid bien sûr, mais sur le mode sarcastique alors que l’on attendait un digne film à message. Michael Caine est un ingénieur assez désinvolte, peu concerné par les problèmes politiques et préférant les mots croisés. Il est évidemment rattrapé par la dure réalité des événements, alors que sa maîtresse, une avocate tente de faire un plaidoyer. L’accusé, est un activiste bantou, joué par un Sidney Poitier, qui semble vouloir s’amuser des ses rôles “à message”. Il est libéré grâce à l’enthousiasme de la jeune avocate – la méconnue Prunella Gee -, mais le trio de sortie voulant fêter la libération n’est pas au bout de leurs peines.

Ils sont pris en chasse par un officiel sud-africain, le major Horn, particulièrement déplaisant, et raciste, campé formidablement par un Nicol Williamson en grande forme. Il est jubilatoire en militaire besogneux, par son cynisme, son approche sadique et sa clope vissée au bec . Le comédien est d’une redoutable efficacité, volant même souvent la vedette à ses prestigieux partenaires. Suit alors un sadique jeu du chat et de la souris. On comprend bien dans le style caustique, l’instinct de possession, des Afrikaners, finalement plus efficace que bien des discours, à l’image du personnage cynique de  Blane Van Niekirk, joué avec humour par Rutger Hauer. Mais même les minorités à l’image de l’Indien, Saeed Jaffrey, très drôle en dentiste maladroit et intéressé, en tandem avec une belle et mystérieuse assistante. Ce film montre que les mécanismes de l’héroïsme, ne proviennent pas toujours des grands sentiments. En dépit de quelques “transparences” absolument maladroites – scènes de voitures –, le ton du film est réjouissant et Michael Caine reste un des meilleurs acteurs mondiaux.

UN VRAI BONHEUR (LE FILM)

Coup de cœur, hier soir à l’avant-première du film “Un vrai bonheur”, premier film de Didier Caron, à l’UGC Cité-Ciné. Pour accompagner le réalisateur il y avait la chaleureuse équipe du film composée par Véronique Barrault, Stéphane Boutet, le “local de l’étape” et Valérie Baurens. Et il y avait pour les accompagner la ferveur coutumière du producteur Charles Gassot, toujours à l’écoute du public, parlant avec franchise des contraintes de l’époque, loin du marketing pouvant peser dans le cinéma. Il déplorait avoir entendu parlé, par exemple d’un mauvais coefficient province pour un acteur connu !-. Ce producteur est toujours à l’affût des nouveaux talents, était allé voir la pièce en août suite à un article de Paris Match. Il a résisté à remplacer les comédiens originaux de la pièce, par des noms ” bankabeules”, à l’exemple de la pièce “Un petit jeu sans conséquence”, pièce de Jean Dell et Gérald Sibleyras. Et c’est ici l’une des grandes forces du film, ils sont tous formidables.

Valérie Vogt, Valérie Baurens, Véronique Barrault & Marie-Hélène Lentini dans “Un vrai bonheur, le film” 

Par ordre alphabétique :

Valérie Baurens est une lumineuse Mathilde, rattrapée par des incertitudes le jour de son mariage, elle a une très belle scène où elle parle à sa robe de mariée, elle était de la distribution de la tournée province de la pièce. Véronique Barrault joue Cécile est une nature incroyable, – elle jouait l’infirmière dans “7 ans de mariage”, très sympathique et énergique, le cinéma va désormais se l’arracher. Son personnage est désabusé et direct. Stéphane Boutet joue François, aventurier au Gabon, et premier amoureux de la belle Mathilde, dont l’arrivée va causer le trouble, il remplace Didier Caron, qui avait créé ce rôle au théâtre. Denis Chérer joue Christophe, le mari et gynécologue rassurant de Mathilde, dépassé par une incertitude. Pierre-Jean Chérer joue Yvan, l’ami coureur de la famille, lâche et fuyant. C’est dans la vie le frère de Denis. Bernard Fructus, joue le traiteur méridional défendant toujours ses jeunes employés maladroits, ses répliques risquent de devenir culte. Maaike Jansen est extraordinaire en mère insatisfaite de Mathilde, elle se liquéfie littéralement de dépit, acariâtre et cassante, sa prestation est un régal. Françoise Lépine est France, maîtresse d’Yvan, et rêvant de mariage avec lui, habituée de rôles mordants, elle donne ici une belle sensibilité. Marie-Hélène Lentini – vue dans “La France d’en face” sur Canal+, est Yvonne, femme possessive et rude de Jean, Fred Nony – le cafetier dans la série “Boulevard du Palais” – joue Patrice, garagiste lourd de “beaufitude” et spécialiste des interventions qui se veulent drôle mais tombe à plat. Valérie Vogt est Valérie, l’épouse sensuelle de Patrice, mais qui s’est arrangé avec les contraintes de sa vie. Patrick Zard’ est Jean, l’époux résigné d’Yvonne, amoureux transi de Cécile, et qui se révèle l’un des personnages les plus touchants. N’oublions pas Eric Laugérias, une folie sous-utilisée hilarant dans le rôle de M Da Silva, et pardon pour les autres interprètes dont il est parfois difficile associer un nom à un visage. Et il y a l’amusant – et lourd – clin d’oeil de voir Gérard Louvin pathétique en curé – il était producteur de la pièce -, en partie doublé par Didier Caron, lui-même.

Il faut donc passer outre, l’appréhension d’un nouveau film surfant sur la mode des films de “Mariages”, la pièce datant de 1997, et d’une énième captation d’une pièce à succès. Il y a eu des répétitions pour casser le rythme rodé de la pièce, et Charles Gassot a eu l’idée lumineuse d’organiser une lecture – la 23ème version du scénario ! – par les comédiens, avec les partenaires financiers très indifférents et finalement convaincus. Car il y a ici un grand regard, une acuité. La maison bourgeoise est remplacée ici par une gare désaffectée emménagée en salle de réception – Lieux réels suite à une idée de Charles Gassot. Le tournage des scènes de repas a été chronologique, parfois jusqu’à 5 heures parfois, le tournage étant limité à 5 semaines en juillet, et il fallait lutter contre le froid, selon Véronique Barrault avec des doudounes. Et on passe ici du rire à l’émotion très rapidement, le “spleen” inhérent à ce genre de cérémonie est bien rendu. Et il y a l’écriture, très inspirée, et des éléments – le “12 juin”, le lavomatic -, qui vont rester dans les mémoires…  Je discutais ensuite avec Pierre Bénard, l’indispensable directeur de l’UGC, d’avoir eu un rire de cette qualité, la dérnière fois, sans pouvoir y répondre. Ils d’ailleurs couvrent certains dialogues, ce qui est bon signe. Ce film risquant d’avoir une couverture médiatique assez rudimentaire, empressons-nous donc, de nourrir un “bouche à oreille”  favorable.

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Robert Rollis

 

Si on devait distribuer le prix du comédien le plus sympathique du cinéma français, Robert Rollis pourrait aisément y prétendre. Il était un des enfants des “disparus de Saint-Agil”, l’un des plus aisément repérable. Il avait une gouaille dans sa voix. Il la prête régulièrement pour des dessins animés, comme celle de “Pouce-moussu” dans l’émission enfantine “Les quat’zamis”, animé par Fabrice, sur Antenne 2 à la fin des années 70. Dans “Les Tortillards” (Jean Bastia, 1960), il est un des membres la famille d’artistes dirigée par “L’illustre Beauminet” campé par un truculent Jean Richard. Il se présente à Roger Pierre, comme acteur de seconds rôles “spécialisé dans les têtes de turc”. Il est vrai qu’il est souvent le bon copain, à l’image de son personnage de Léon dans les deux opus de “Papa, maman…” de Jean-Paul Le Chanois, surnommé par Fernand Ledoux “Alibi”, il couvre les frasques de Robert Lamoureux, sorte de “Tanguy” avant l’heure, vivant encore chez ses parents. Robert Rollis et souvent goguenard, comme dans “Nous autres à Champignol” et “Le gendarme à Champignol”, il est irrésistible en farceur, toujours le sourire aux lèvres, et prompt à préparer une mauvaise blague contre Jean Richard. Il est également l’un des piliers des Branquignols, aux côtés de Robert Dhéry et Colette Brosset. Il est coiffeur dans “La belle américaine”, un supporter goguenard d'”Allez France !”, un marin fidèle au poste de l'”Increvable”, navire qui se dégrade à chaque inauguration au champagne par Louis de Funès dans “Le petit baigneur”, un breton cul-de-jatte dans “Vos gueules les mouettes !”…. Il devient très populaire grâce à son personnage de Jehan dans “Thierry La Fronde” dont l’intégrale est disponible en DVD. Il sauve bien des comédies franchouillardes par sa présence, souvent en vélo d’ailleurs, C’est un voleur de scènes. Le voir par exemple en pensionnaire d’une maison de retraite dans “Monique”, nous fait regretter sa sous-utilisation ces derniers temps. Il reste presque inchangé également dans “Les amateurs” sorti en janvier 2004, en père de l’atypique Jean-Jacques Vannier, vieux paysan devenu “bredin” suite à une farce de gamins escamoteurs d’échelle, et qui ne s’exprime que par cris. Martin Valente avait hésité de confier ce rôle à ce formidable acteur, ne le trouvant pas à la hauteur de son talent. Dans le même sillon,  il est “72 moissons” dans “Camping à la ferme”, de Jean-Pierre Sinapi. Il est l’ancêtre râleur du village, cultivant son champ, sans rien planter histoire de recevoir des subventions, revendique une sécheresse de cœur et meurt en laissant un gros magot dans une boîte à sucre. Le site des Gens du cinéma, pour lequel j’avais fait sa filmographie, nous donne la triste nouvelle de sa mort le 12 novembre 2007, à Paris, des suites d’un cancer foudroyant, à l’âge de 83 ans.

Robert Rollis & Aghmane Ibersiene dans “Camping à la ferme”

Filmographie : établie avec Armel de Lorme : 1937  La marseillaise (Jean Renoir)1938  Les disparus de Saint-Agil (Christian-Jaque) – Le roman de Werther (Max Ophuls) –  Carrefour (Kurt Bernhardt) – La fin du jour (Julien Duvivier) – 1939  L’enfer des anges (Christian-Jaque) – Notre-Dame de la Mouise (Robert Péguy) – 1941  Premier rendez-vous (Henri Decoin) – Péchés de jeunesse (Maurice Tourneur) – Caprices (Léo Joannon) – Annette et la dame blonde (Jean Dréville) – 1942  Les cadets de l’océan (Jean Dréville) – 1943  Le carrefour des enfants perdus (Léo Joannon) – Lucrèce (Léo Joannon) – 1945  Les démons de l’aube (Yves Allégret) – 1946  Amours, délices et orgues (André Berthomieu) – 1947  Blanc comme neige (André Berthomieu) – 1948  Les amants de Vérone (André Cayatte) – Le bal des pompiers (André Berthomieu) – Tous les deux (Louis Cuny) – 1949  On ne triche pas avec la vie (René Delacroix & Paul Vandenberghe) – La femme nue (André Berthomieu) – La petite chocolatière (André Berthomieu) – 1950  Justice est faite (André Cayatte) – Le roi des camelots (André Berthomieu) – Une fille à croquer / Le petit chaperon rouge (Raoul André ) – 1951  La maison dans la dune (Georges Lampin) – Jamais deux sans trois (André Berthomieu) – Chacun son tour (André Berthomieu) – La maison Bonnadieu (Carlo Rim) – Drôle de noce (Léo Joannon) – 1952    Belle mentalité (André Berthomieu) – Allô… je t’aime (André Berthomieu) – Adorables créatures (Christian-Jaque) – Les dents longues (Daniel Gélin) – 1953  Le portrait de son père (André Berthomieu) – Virgile (Carlo Rim) – L’oeil en coulisses (André Berthomieu) – L’incentevole nemica (Pattes de velours) (Claudio Gora) – Une vie de garçon (Jean Boyer) – Faites-moi confiance (Gilles Grangier) – Le village magique (Jean-Paul Le Chanois) – 1954  Les évadés (Jean-Paul Le Chanois) – Les deux font la paire (André Berthomieu)  – Papa, maman, la bonne et moi (Jean-Paul Le Chanois) – 1955  Le dossier noir (André Cayatte) –  La madelon (Jean Boyer) – Papa, maman, ma femme et moi (Jean-Paul Le Chanois) – Cette sacrée gamine (Michel Boisrond) – 1956    La vie est belle (Roger Pierre & Jean-Marc Thibault) – Nous autres à Champignol (Jean Bastia) – 1957  Trois jours à vivre (Gilles Grangier) – La garçonne (Jacqueline Audry) – L’étrange Monsieur Stève (Raymond Bailly) – L’amour est en jeu (Marc Allégret) – Le grand bluff (Patrice Dally) – 1958  En légitime défense (André Berthomieu) – Le miroir à deux faces (André Cayatte) – Suivez-moi jeune homme (Guy Lefranc) – Le grand chef (Henri Verneuil) – Le gendarme de Champignol (Jean Bastia) – L’increvable (Jean Boyer) – 1959  Die Gans von Sedan (Sans tambour ni trompette) (Helmut Kaütner) – 1960  Ravissante (Robert Lamoureux) – Les moutons de Panurge (Jean Girault) – La brune que voilà (Robert Lamoureux) – Les amours de Paris (Jacques Poitrenaud) – L’homme à femmes (Jacques-Gérard Cornu) – Ma femme est une panthère (Raymond Bailly) – La française et l’amour [épisode : La femme seule] (Jean-Paul Le Chanois) – Les tortillards (Jean Bastia) – La famille Fenouillard (Yves Robert) – Quai Notre-Dame (Jacques Berthier) – 1961  La belle Américaine (Robert Dhéry & Pierre Tchernia) – Tout l’or du monde (René Clair) – Le petit garçon de l’ascenseur (Pierre Granier-Deferre) – La guerre des boutons (Yves Robert) – 1962    Les veinards [épisode : Le gros lot] (Jack Pinoteau) – Les culottes rouges (Alex Joffé) – C’est pas moi, c’est l’autre (Jean Boyer) – Mélodie en sous-sol (Henri Verneuil) – Paris champagne (Pierre Armand) – Le glaive et la balance (André Cayatte) – Strip-tease (Jacques Poitrenaud) – 1963  L’honorable Stanislas, agent secret (Jean-Charles Dudrumet) – Laissez-tirer les tireurs (Guy Lefranc) 1964  Allez France ! (Robert Dhéry) – Week-end à Zuydcoote (Henri Verneuil) – What’s new Pussycat ? (Quoi de neuf, Pussycat ?) (Clive Donner) – 1965  La tête du client (Jacques Poitrenaud) – Le caïd de Champignol (Jean Bastia) – Les baratineurs (Francis Rigaud) – 1966  Le jardinier d’Argenteuil (Jean-Paul Le Chanois) – Trois enfants dans le désordre (Léo Joannon) – Monsieur le président directeur général (Jean Girault) – 1967  Le petit baigneur (Robert Dhéry) – 1968  Un drôle de colonel (Jean Girault) – Faites donc plaisir aux amis (Francis Rigaud) – La femme écarlate (Jean Valère) – 1969  La maison de campagne (Jean Girault) – Trois hommes sur un cheval (Marcel Moussy) – 1972  La raison du plus fou (François Reichenbach) – 1973  Les gaspards (Pierre Tchernia) – L’événement le plus important depuis que l’homme a marché sur la Lune (Jacques Demy) – Le concierge (Jean Girault) – 1974  Vos gueules les mouettes ! (Robert Dhéry) – Impossible… pas français ! (Robert Lamoureux) – 1975  On a retrouvé la 7ème compagnie (Robert Lamoureux) – Opération Lady Marlène (Robert Lamoureux) – 1976  Le jour de gloire (Jacques Besnard) – Dis bonjour à la dame (Michel Gérard) – 1977  Moi, fleur bleue ! (Eric Le Hung) – 1978  Général… nous voilà ! (Jacques Besnard) – Les fabuleuses aventures du baron de Münchhausen (Jean Image, dessin-animé, voix) – 1979  La gueule de l’autre (Pierre Tchernia) – 1980  Touch’ pas à mon biniou (Bernard Launois) – 1981  Le jour se lève… et les conneries commencent (Claude Mulot) – Te marre pas… c’est pour rire ! (Jacques Besnard) – 1982  Le braconnier de Dieu (Jean-Pierre Darras) – Le secret des Sélénistes (Jean Image, dessin animé, voix) – 1986  Nuit docile (Guy Gilles) – 1987  A notre regrettable époux (Serge Korber) – Bonjour l’angoisse (Pierre Tchernia) – 1999  Tout tout près (Fabrice Maruca, CM) – 2001  Monique (Valérie Guignabodet) – 2002  Les amateurs (Martin Valente) – 2004  Camping à la ferme (Jean-Pierre Sinapi).  Nota : Il ne semble pas participer aux films suivants, bien que parfois crédité : “Les Duraton” (André Bethomieu, 1955), “Signé Arsène Lupin” (Yves Robert, 1959).

 

 

 

 

 

Dans “Papa, maman, ma femme et moi”

Télévision : notamment : 1962  L’inspecteur Leclerc enquête : Face à face (Marcel Bluwal) – L’oiseau de bonheur (Georges Folgoas) –  1963/1966  Thierry La Fronde (Pierre Goutas & Robert Guez) – 1964  Médard et Barnabée (Raymond Bailly) – 1965  Le troisième témoin (Georges Folgoas, captation en direct) – Bob Morane (1 épisode) – La bonne planque (Louis Verlant) – Les saintes chéries : Ève de la maison de Compiègne (Jean Becker & Maurice Delbez) – 1967  Saturnin Belloir (Jacques-Gérard Cornu) – 1970  Au théâtre ce soir : Frédéric (Pierre Sabbagh) – Au théâtre ce soir : La brune que voilà (Pierre Sabbagh) -1971  Madame êtes-vous libre ? (Jean-Paul Le Chanois) – 1973  Au théâtre ce soir : La poulette aux oeufs d’or (Georges Folgoas) – Arsène Lupin : Le secret de l’aiguille (Jean-Pierre Desagnat) – Le vagabond (Claude-Jean Bonnardot) – Un curé de choc : Hold-up campagnard (Philippe Arnal) – 1975  Pilotes de courses (Robert Guez) – La vie de plaisance (Pierre Gautherin) – Les Zingari (Robert Guez) – 1976  Le milliardaire (Robert Guez) – 1977  Les folies d’Offenbach (Michel Boisrond) – Commissaire Moulin : Cent mille soleils (Claude-Jean Bonnardot) – Le passe-muraille (Pierre Tchernia) – 1980  Tout le monde m’appelle Pat (Robert Guez) – La vie des autres : L’intruse (Robert Guez) – Arsène Lupin joue et perd (Alexandre Astruc) – 1982  Des yeux pour pleurer (André Cayatte) – Toutes griffes dehors (Michel Boisrond) – 1983  Père Noël et fils (André Flédérick) – 1984  Péchés originaux : J’ai comme une musique dans la tête (Philippe Monnier) – 1986  Le tiroir secret (Édouard Molinaro, Nadine Trintignant, Michel Boisrond & Roger Guillioz) – 1991  Intrigues : Scoop (Emmanuel Fonlladosa) – Intrigues : Trou de mémoire (Dominique Giuliani) – 1992  Un beau petit miliard (Pierre Tchernia) – 1998  Dossiers disparus : Serge et Patrick – 2000  Avocats et associés : La preuve par le vide (Denis Amar) – 2005  Faites comme chez vous (Plusieurs réalisateurs).

Mise à jour du 16/11/2007

AU SUIVANT

Avant-première hier soir à l’UGC Cité Ciné Bordeaux, du premier long métrage “Au suivant !” en présence de sa réalisatrice Jeanne Biras, Alexandra Lamy et Clovis Cornillac. C’est le développement du court éponyme et épatant, réalisé en 2002, avec Isabelle Nanty et Patrick Ligardes. Il est rare de voir “un timing” efficace dans une première comédie, cette réussite est à saluer, la réalisatrice se réclame des films de Pierre Richard – elle trouve un pendant féminin d’ailleurs avec Alexandra Lamy -, Louis de Funès et l’âge d’or de la comédie américaine “screwball comedy” à l’image du “Avanti” de Billy Wilder. Elle a tiré ce film de sa propre expérience, où il faut une disponibilité constante. Son sens aigu de l’observation se révèle dans le film d’ailleurs, en privilégiant des acteurs méconnus en dehors de Marie-Christine Adam en mère énergique. Il y a beaucoup de révélations comme Juliette Roudet, une nature de comédie, son personnage secondant l’agence de casting.

Alexandra Lamy & Juliette Roudet dans “Au suivant !”

Le film narre les mésaventures d’une directrice de casting de pub à la recherche de l’âme soeur. Elle est aux prises avec les difficultés de son entreprise. Elle est prête à accueillir toute la misère du monde, et peut-être la victime toute désignée de quelques roublards. Le rythme haletant perdure durant tout le film sans relâchement, c’est assez rare pour le signaler, Alexandra Lamy promène une nervosité et une belle énergie, elle peut désormais prétendre à tenir le haut de l’affiche d’un film de cinéma.  Et il y a Clovis Cornillac, qui continue à aller où ne l’on attend pas, et qui peut prétendre au titre du meilleur comédien de sa génération. Son personnage virevolte, surprend, s’accroche. Il était intéressant d’interroger Clovis Cornillac, sur son travail.

Il voit le regain d’intérêt récent à son sujet avec lucidité. Il déplore que la promotion – règle du jeu qu’il admet – lui prend un temps de travail pour d’autres aventures, comme les courts-métrages par exemple. Il est attaché à sa famille – sa “Douce” et ses enfants, il ne peut plus répondre à toutes les sollicitations. Jeanne Biras a déclaré qu’il apportait beaucoup de choses au texte ” l’animal en plastique au sauna, “Mon nom est “Manche”. Il est un grand travailleur, préparant longtemps ses rôles, pouvant y penser en vous parlant. Son champ est très large de la comédie populaire : “Brice de Nice”, “Mensonges et trahisons…” -, du film de genre : “Maléfique”,  où il était saisissant, “A la petite semaine” – à voir absolument mardi prochain sur France 2″ -, ou le film “d’auteur” : “Vert paradis”, “Je t’aime, je t’adore”, “La femme de Gilles”. Un acteur exceptionnel !. La comédie est un genre difficile et c’est le moyen idéal de décrire nos préoccupations et nos aspirations. Elle acquiert ici une énergie communicative. Nous tenons donc ici la comédie de l’été !

DOUCHES FROIDES

“Douches froides” est un film dans la filiation de l’œuvre d’André  Téchiné (érotisation des corps adolescents et tourments à l’approche de l’âge adulte). Son réalisateur, Antony Cordier, venait de le présenter à la quinzaine des réalisateurs à Cannes, et  fait suite à un documentaire “Beau comme un camion” consacré à sa famille. Il vient d’un milieu social modeste, ce qui reste assez exceptionnel dans notre cinématographie. Le film révèle parfaitement les pressions qui pèsent sur un adolescent – scolarité, compétitions sportives, pour accéder à un meilleur statut social -. C’est Mikaël – Johan Libéreau, très juste -. dont les parents vivent dans la précarité. Le réalisateur a une certaine sensibilité pour traduire les premiers émois d’un adolescent, la description d’un milieu difficile obligé de rogner sur le moindre coût. 

Salomé Stévenin

Le milieu bourgeois, est vu par le regard de l’adolescent, où tout semble facile ou cynique – le personnage de Camille Japy -. Claire Nebout fait exister de suite son personnage oisif, et Aurélien Recoing en mécène protecteur cloué sur un fauteuil roulant reste assez énigmatique.  Ils sont les parents du jeune, Clément dégageant une certaine ambiguïté et qui va fasciner Mikaël. L’un des plus attachants personnages est celui de Vanessa – Salomé Stévenin, promis à un grand avenir -, qui ne se livre pas immédiatement et dont Mikaël tombe amoureux. Les tourments sentimentaux et la confrontation avec les compromissions des adultes, sont très bien rendus. Florence Thomassin est excellente en jeune mère de Mikaël, luttant avec dignité avec les difficultés du quotidien, et le problème d’alcools de son mari, campé par un Jean-Philippe Ecoffey généreux et fragile. Magalie Woch, en deux scènes, prouve après sa brillante prestation dans “Rois et Reine”, son grand talent quand elle évoque avec tendresse, l’étonnement de ses parents découvrant l’eau chaude courante – Les douches à l’eau froide permettant une économie certaine -. A noter également la prestation de la cinéaste Dominique Cabrera, amusante employée du planning familial.

Johan Libéreau & Jean-Philippe Ecoffey

Le film est réaliste, comme dans les petits détails de la couche de vêtements pour perdre du poids, la description des séances de judo, la lutte pour sortir d’un certain déterminisme, avec la peur du moment où tout peut basculer – la carte de la Chine confondue avec celles des États Unis, dans un examen – : “Mais on ne s’arrache pas à son milieu, on compose avec lui dans un rapport de dette retorse et infinie…” (Didier Péron, Libération 16/06/2005). L’amour semble une épreuve initiatique à l’image des courbatures de Vanessa après son expérience à trois. Même si l’on sent la difficulté qu’a le metteur en scène pour se séparer de ses personnages – quelques critiques dénoncent le montage du film, alors que c’est l’œuvre d’un ancien monteur –, son propos est louable. Il change par son parcours, de l’habituelle vision privilégiée de la société. Ce regard chaleureux et singulier est à suivre dans un cinéma français assez rétif pour décrire les milieux populaires autrement que dans une mouvance Pialat.

DEAR WENDY

Ce mercredi vient de sortir le nouveau film de Thomas Vinterberg, qu’on appréhendait après le réfrigérant “It’s about love”, faux film d’anticipation, qui semblait montrer les limites du cinéaste. “Festen” était pourtant un petit bijou, allant bien au-delà du cadre du Dogme, dont on se demande si c’était une invention de petits malins ou une véritable révolution cinématographique… Vinterberg apporte ici une empathie au scénario cadré de Lars Von Trier. L’utilisation de Jamie Bell, héros du film et qui fut Billy Eliott, est une bonne idée. Il amène beaucoup de sensibilité à son personnage d’orphelin, on pense au Lucas Belvaux des années 80. Son personnage ne trouve d’échappatoire pour échapper au déterminisme d’une petite ville minière qu’en formant un club de “Dandy” fasciné par les armes, avec les jeunes désœuvrés assez archétypaux du lieu.

La réussite de ce film, est de montrer la fascination que les armes peuvent apporter à des personnes en manquent de repères. Les armes sont personnalisées, semblent avoir une existence propre, pouvant trahir ou apporter un réconfort. Cette vision assez inédite , amène une réflexion assez salutaire, pour une œuvre qui ne se veut pas pamphlétaire. La musique des “Zombies” est parfaitement utilisée. Le village a peur d’une hypothétique attaque de gangs, et le danger arrive finalement de manière inattendue, venant d’une dérive du “tout sécuritaire”. Le film est un huis clos assez suffoquant, mais hésite un peu trop entre la dénonciation, le spectacle, en jouant avec certains clichés du western, n’évite pas la lourdeur et la symbolique du village pouvant évoquer les États Unis avec le personnage assez caricatural du shérif, joué de manière paternaliste et rusée par Bill Pullman.  Œuvre dispersée mais intéressante “Dear Wendy”, pêche peut-être par un excès d’ambition et un certain maniérisme, à l’image des visualisations des impacts de balles.

L’EXORCISTE III

 Evidemment depuis le succès planétaire du film de William Friedkin “L’exorciste”, nous avons droits à une multitude de produits dérivés, un récent lifting qui n’apporte rien, deux suites dont l’excellente de John Boorman – film à réévaluer, se démarquant de l’oeuvre originelle -, et la “prequel”, “L’exorciste au commencement”, commencé par Paul Schrader, version abandonnée au profit d’un retournage plus spectaculaire par Renny Harlin – on nous promet les deux versions dans un même DVD -. Le troisième opus de 1990 est réalisé par William Peter Blatty, lui-même auteur du livre originel, qui abandonne les pistes de John Boorman – trop décrié par les fans et par Blatty lui-même, mais encore une fois, son film est remarquable -, et la révélation du démon Pazuzu. Le film adapté de son roman “Legion”, fait suite à la première version, quinze après, en reprenant comme fil conducteur le personnage du Lieutenant William Kinderman, joué par Lee J Cobb, mais disparu en février 1976. C’est le vétéran George C. Scott, qui lui ressemble d’ailleurs qui prend la relève, et c’est on peut le dire le meilleur et le plus spectaculaire effet spécial du film. Il est un peu trop âgé pour le rôle, la nuance n’est pas trop son fort, mais il est remarquable cependant.

George C. Scott dans “L’exorciste IIII”

Le démon intrumentalise l’âme d’un sérial killer, pour revenir sur les lieux de Georgetown, Kinderman enquête sur des crimes rituels très élaborés, tout semble converger vers un hôpital à la section des “agîtés” ou vivent des catatoniques et des perpétuels “agités”. Les scènes fantastiques confinent assez souvent avec le grotesque – un Christ ouvrant les yeux -, et le climax final – non présent dans le livre précise un internaute sur IMDB – ne tient pas ses promesses. Mais Blatty arrive à installer une inquiétude, les scènes les plus réussies sont souvent des scènes de dialogues – très bons d’ailleurs -, tel les monologues du patient X – absolument remarquable Brad Dourif, bien utilisé pour une fois – ou les échanges de Kinderman avec son ami le Père Dyer – joué par le méconnu Ed Flanders, qui se suicidera en 1995 -. Il lui confit son désarroi d’avoir la carpe que doit préparer sa belle-mère dans sa baignoire ! Le film bénéficie d’une distribution honorable avec un retour inattendu du père Karras, Scott Wilson en médecin nerveux, l’inquiétante Viveca Lindfors en infirmière peu commode ou l’acteur fétiche de John Ford, Harry Carey Jr. en prêtre quelque peu malmené et même le débutant Samuel L Jackson en aveugle le temps d’un cauchemar. Déplorons par contre de ne retrouver le brillant comédien anglais Nicol Williamson, que dans un rôle de prêtre exorciste assez anecdotique. A ranger donc dans la catégorie honorable sans plus.