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LE COIN DU NANAR : MILLIONNAIRES D’UN JOUR

Affiche provenant de Les gens du cinéma

“Millionnaires d’un jour” (André Hunebelle, 1949), est un film à sketches, bien avant la mode des années 60 (J’avais complété le générique pour IMDB). Un journaliste lunaire, joué par Bernard Lajarrige, transforme la vie de plusieurs personnes, en publiant de faux résultats de la loterie nationale, aveuglé par son amour d’une jeune journaliste. Le film vaut surtout par ses interprètes. Outre les vedettes Gaby Morlay, Pierre Brasseur ou Ginette Leclerc, on retrouve une belle galerie ” d’excentriques ” selon l’expression de Raymond Chirat & Olivier Barrot. De Pierre Larquey facétieux doyen des Français, faisant tourner en bourrique André Gabriello, maire voulant profiter de l’opportunité de sa longévité pour lancer une station thermale (idée reprise par René Clair pour tout l’or du monde), Yves Deniaud en truculent clochard, Madeleine Barbulée en infirmière vieille fille mais dévouée, André Valmy en truand fataliste, Jacques Baumer, en président du tribunal dépassé par les évènements ou Paul Demange en collègue encombrant.  La grande surprise reste la prestation de Louis de Funès en avocat, qui reste coi (une première et une dernière), son client (Lajarrige) assurant sa défense tout seul…

LE COIN DU NANAR : LA SITUATION EST GRAVE MAIS… PAS DÉSESPÉRÉE

Affiche du film provenant de Les gens du cinéma

Et l’on s’attend à un nanar d’anthologie, une captation d’une pièce de Pierre Germont digne d'”Au théâtre ce soir” (nostalge, nostalge), des dialogues de Jean Amadou ! une musique de Guy Mardel !! (“N’avoue jamais, jamais, jamais…). Jacques Besnard s’evertue à aérer la pièce (les vitrines de Noël des Galeries Lafayette), une motarde-cascadeuse-doublure diminue de moitié à l’entrée du château pour laisser place à Maria Pacôme.

La situation est vaudevillesque (un affairiste, une veuve (enfin plus ou moins), un ministre, un malfaiteur… et les inévitables placards. Le réalisateur découpe la peloche à la hache, sans inventivité. Reste les acteurs, il y a Michel Serrault, qui d’un sérieux papal pousse les cris hystériques de “Zaza Napoli”, il fait preuve de brio, laissant à des coudées derrières ses petits camarades (Maria Pacôme et Jean Lefebvre). Restent quelques seconds rôles, un “excentrique” Henri Guisol, dans le rôle du papy, Cécile Vassort en soubrette émotive (elle était plus touchante dans les films de Charles Matton), Jean Puyberneau en valet goguenard, le petit fantasme de notre adolescence (enfin pour ma pomme) Catherine Serre en secrétaire nunuche, Henri Czarniak en malfrat (une trogne), Gabriel Cattand en pseudo fantôme et en prime Daniel Prévost, allumé en inspecteur d’une police arrosante qu’il ne vaut mieux pas croiser dans un bois. Ca lambine pas mal, on décroche souvent, mais on a toujours plaisir à retrouver ces zigues, c’est souvent moins le cas dans nos comédies comptemporaines… Et Michel Serrault faisait “ses gammes”, laissant deviner l’explosion de son talent dans les années à venir. A lui seul, il vaut le déplacement…

UN DANS TES REVES PEUT UN EN CACHER UN AUTRE

Les a priori ont la peau lourde. Étant trentenaire finissant, je ne devais pas être le coeur de cible de “Dans tes rêves”, le film de Denys Thybaud. Je l’ai vu cependant le film en avant-première le 24 mars dernier.

C’est un film très plaisant, évitant certains clichés que l’on pouvait presumer à la vision de la bande-annonce. Il y a une bonne réflexion à l’image du photographe qui demande à Ixe de faire “Yo” et ce dernier reste digne et de la chanson “Je suis le singe, vous êtes le zoo”.

Il y a un effour louable sur la distribution, de Sérigne M’Baye (Disiz) et sa bande, Alex Descas et Béatrice Dalle transfuges de Claire Denis, Vincent Elbaz qui joue de son image comme le faisait un Vittorio Gassman, Simon Abkarian déléctable, en gros bras se lissant les moustaches avec un couteau, Firmine Richard en mère dépassée, Jean-Pierre Cassel en caïd vieillissant…

Sérigne M’Baye alias Disiz La Peste a une présence, une gravité, une sensibilité. Venu présenté, avec Denis Thybaud, Edouard Montoute et Adrien Saint-Joré (ce dernier avait presque plus de fans que les trois autres réunis), avait une attention pour tout le monde, une écoute, une disponibilité, un sacré capital de symphatie…

Quand on voit Édouard Montoute en promotion – l’ayant vu déjà sur “Nos amis les flics” -, ce qui frappe le plus c’est son côté boute-en-train, jouant constamment avec le public… il est drôle et efficace, et commence à fendiller l’armure de son image de macho rigolard dans son personnage de manager-coiffeur.

Et il y a la sublime Sara Martins – là je dois confesser un sérieux béguin pour elle depuis l’avant-première de “Les amateurs” – .  C’était un bonheur de l’écouter parler sur “Limelight” de Chaplin ou de sa rencontre avec Michel Bouquet, son talent ne devrait pas se résumer à des rôles aussi brefs. Heureusement, elle semble s’épanouir au théâtre.

Mentionnons aussi Tony Mpoudja qui casse la barraque dans le rôle de “Gun” (c’est un rôle de composition, ce comédien découvert dans “La squale” n’est pas un rappeur). Malgré les maladresses et les effets clipesques, ce film reste plaisant. Ne boudons pas notre plaisir !

A lire une analyse intéressante sur  : Allôciné rappelant la genése du film, corroborée par les intervenants lors de cette avant-première, le scénario originel d’Oxmo Puccino ayant été confié à Denys Thibaud, car la contreverse est certaine.

Blandine Lenoir, Nanou Garcia et Lila Redouane

Il y a un autre “Dans des rêves”, c’est un court tourné en 2003, et diffusé actuellement sur le câble (CinéCinéma Auteurs). En 17 minute, réalisé par Blandine Lenoir, et avec un budget beaucoup moins conséquent que le long homonyme. Ce court narre la pause de trois employées d’un restaurant.

L’une Monette (formidable Nanou Garcia) voit le bon côté des choses, éternelle optimiste, remontant le moral de ses deux collègues (Blandine Lenoir et Lila Redouane), qui agacées restent plus perplexe, en attendant l’arrivée du mari de Nanou (Frédéric Pierreux), homme taiseux et discret. Cet exercice de style ciselé est un pur moment de bonheur. La caméra légère a privilégié le jeux des comédiens. Souhaitons, vivement à Blandine Lenoir un long-métrage.

Le lien du jour :

Vous avez du mal avec le causer moche de ce blog, voyez : Dicomoche

Bernard Blier offrait un bouquet de fleur à sa mère le jour de son propre anniversaire, bon anniversaire à Arnaud et Rémi et leurs parents Philippe (grand cinéphile devant l’Éternel) et Véronique…

LE DVD QUI REND INTELLIGENT

Serge Daney (1944-1992)

C’était un critique de cinéma certes intransigeant mais passionnant, initiateur de la revue “Trafic”.

“L’intérêt du travail critique de Serge Daney, dont l’influence en France a été déterminante, est d’avoir réussi à lier le cinéma au monde comptemporain grâce aux métaphores qui peuplent son écriture : chaque film sous sa plume, pouvait éclairer une manière de penser la réalité politique, médiatique, philosophique, quotidienne de notre temps…”
“La critique de cinéma en France” (Ramsay cinéma, 1997).

J’avais un souvenir très marquant de “Serge Daney, itinéraire d’un cinéfils”, lors de sa diffusion sur feu FR3-Océaniques en 1992. Il était interrogé par Régis Debray, qui avait eu l’intelligence de s’effacer devant la parole donnée. J’ai eu la surprise combien sa parole m’a durablement marqué à l’époque (Il y avait également à cette époque, des entretiens avec Noël Simsolo sur France Culture). Une manière d’analyser sa cinéphilie (l’absence du père remplacée par les pères cinéastes ?).

Cette émission existe désormais en DVD aux Éditions Montparnasse. Lien : Éditions Montparnasse

 

C’est passionnant, Serge Daney, fait oeuvre de passeur (selon sa propre formule), sentant sa mort très proche. Il est émacié, des lunettes mangent son visage, mais très vite on oublie son état de santé pour écouter sa voix. Son regard sur son parcours de cinéphile est juste, sa parole ne se voulant pas élitiste. Sa lucidité, ses analyses sur la nouvelle vague, la “qualité France”, sa visite aux pionniers hollywoodiens, ses critiques dans “Les cahiers du cinéma” et “Libération”, la télévision – l’amorce de la “télé réalité” que l’on nommait alors “reality show” – , est éblouissante. Il est seul présent à l’image, on suit sa parole sans décrocher un seul instant, Son regard sur notre monde comptemporain nous manque… Un DVD à voir absolument…

Parmi les livres écrits par Serge Daney, pour approcher son oeuvre, on peut débuter par le ludique “Devant la recrudescence des vols de sacs à main” (1991) et le recueil de ses articles “La maison cinéma et le monde” (Éditions P.O.L. Trafic, 2001) deux volumes parus pour l’instant.

Article dans Libération :

Ça reste à voir
La voix Daney, par Olivier Séguret, mercredi 27/04/2005


 

Le cinéma est un miroir qui reflète autant qu’il donne à réfléchir. Penser le cinéma, produire de la réflexion à sa périphérie, publier à son propos des études critiques, des monographies, des albums savants, tout cela fait depuis longtemps partie d’une certaine tradition intellectuelle française qui va de soi. Depuis au moins André Bazin, le cinéma a gagné bon nombre de ses quartiers de noblesse dans cet hommage que les élites intellectuelles lui ont rendu par le simple fait d’y reconnaître un objet de réflexion valable. Une telle tradition a nécessairement produit le pire et le meilleur, mais la critique contemporaine est sans doute la plus mal placée pour arbitrer ce match : en aurions-nous les moyens, il faudrait encore rester neutres… En revanche, ce que l’on peut facilement observer, c’est la tendance, la forme, pour ne pas dire l’emballage, par lesquels la réflexion sur le cinéma se développe ces temps-ci. Résumé possible des événements : le cinéma est une machine à philosopher. Ce que l’on voit se dessiner clairement dans l’actualité éditoriale des derniers mois, c’est une sorte de conjuration philosophique prenant d’assaut les forteresses du cinéma. Parmi les assiégeants les plus frappants, on distingue deux camps. L’un affiche des résolutions amicales : un numéro spécial de la revue Critique, justement baptisé «Cinéphilosophie», avec des textes parfois stimulants de Badiou, Bullot, Laugier, et un fort bel entretien avec Jacques Rancière. L’autre bombarde férocement, mais philosophiquement, une «trouvaille de foire» responsable du nihilisme mondial : c’est le désormais fameux pamphlet de Stéphane Zagdanski, la Mort dans l’oeil (Libération du 13 janvier). Entre ces deux pôles, les revues ad hoc (Simulacres, Cinéma, Trafic, Cinergon…) maintiennent elles aussi le rythme d’une cogitation soutenue, où la cinéphilie est le relais de réflexions qui, naturellement, la débordent. Le cinéma ayant lui-même vocation et prétention à parler de tout, à être un miroir complet du monde, il est normal qu’il puisse servir en retour de tremplin conceptuel vers l’infini des problématiques humaines. On pourra notamment trouver un bon exemple d’extrapolation philo-poétique avec le texte de Jean-Baptiste Thoret publié dans le numéro que les Cahiers de l’Herne consacrent à Baudrillard : «Seventies Reloaded», théorisation astucieuse autour de l’idée de remake. Parallèle à cette foison littéraire, la sortie DVD des entretiens donnés par Serge Daney dans Itinéraires d’un Ciné-Fils (1) ne peut être tout à fait un hasard : beaucoup des gens qui font profession de philosopher et d’écrire autour du cinéma ont appris à penser le cinéma en lisant ou en écoutant Daney. Et, plus de dix ans après sa disparition, il reste encore le dernier grand nom en date pour ce qui est de l’influence critique et cinéphile. Mais quel écho en perçoit-on ? L’écart entre la pensée d’un Daney et celle des théoriciens actuels ne tient pas dans la teneur des idées proposées. C’est l’écart qui sépare une voix d’un discours. La plume de Daney, comme sa pensée, c’était avant tout une voix. La réflexion ciné contemporaine elle, académique ou pas, n’échappe qu’exceptionnellement à l’ordre du discours. Autodidacte, Daney n’a d’ailleurs jamais prétendu à une vérité universitaire ni scientifique de la critique. Il n’a pas de remplaçant, mais son legs est à la disposition de tous : une voix nous parle plus près et plus longtemps qu’une idée.

(1) Editions Montparnasse (avec un prologue inédit : la Carte du monde est une promesse), 25 €.

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Pierre Trabaud

 

Affiche provenenant de Les gens du cinéma

 

L’excellent site “La gazette du doublage” annonce l’hommage à Pierre Trabaud, la SACD et le Cinéma des cinéaste à Paris organisent la projection de son film “Le Voleur de feuilles” le 18 avril prochain. C’est l’occasion pour évoquer sa disparition le 26 février dernier.

Il avait réalisé un film “Le voleur de feuilles” lorgnant sur un certain “réalisme poétique” et donnant des rôles à ses potes du doublage…et son meilleur rôle à Jean-Pierre Castaldi, provincial qui venait de tuer sa femme (temps lointain où ce comédien ne tentait pas de voler le statut de “honte de la famille” à son fils Benjamin en pataugeant dans la gadoue TF1). Je l’avais vu dans les années 80, il me reste un souvenir d’un film attachant. On le voyait surtout dans les années 50, chez Jacques Becker et Léo Joannon – le cornichonesque “Défroqué” -, notamment, il était l’instituteur de la “guerre des boutons”. Bertrand Tavernier l’avait utilisé également tel le père de Francis (François Cluzet) dans “Autour de minuit” (1985) et le profiteur de “La vie et rien d’autre” (1988). Une anecdote aide à comprendre son absence sur les écrans ces dernières années, dans la série “Julien Fontanes”, l’épisode “La dernière haie”, Pierre Trabaud à la suite d’un différend avec TF1, a refusé que son nom figure au générique. (“Meutres en séries, par Jacques Baudou et Jean-Jacques Schleret,  Éditions 8ème art, 1990). Bibliographie : “Le dictionnaire des cmédiens français disparus” par Yvan Foucart, “Pierre Trabaud, comédien et homme-orchestre du doublage”, par Thomas Sotinel (Le Monde du 05.03.2005).

A lire également un forum sur les doublages de Pierre Trabaud : La gazette du doublage. Un site lui est consacré “Pierrot et ses amis” où il est possible de commander le DVD de “Le voleur de feuilles”.

Filmographie : 1943  Lucrèce (Léo Joannon) – 1945  Le jugement dernier (René Chanas) – 1946  Antoine et Antoinette (Jacques Becker) – Ouvert pour cause d’inventaire (d’Alain Resnais, film amateur) – 1947  La fleur de l’âge (Marcel Carné, inachevé) – 1948  Manon (Henri-Georges Clouzot) – 1949  Lady Paname (Henri Jeanson) – Rendez-vous de juillet (Jacques Becker) – 1950  Sans laisser d’adresse (Jean-Paul Le Chanois) – 1952  Horizons sans fin (Jean Dréville) – Horizon (CM) – 1953  Le défroqué (Léo Joannon) – 1954  Les chiffonniers d’Emmaüs (Robert Darène) – Le petit nuage / La chasse au nuage / Le nuage atomique (Antoine Allard, Armand Bachelier & Charles Dekeukeleire) – 1955  Les indiscrètes (Raoul André) – 1956  Ah ! quelle équipe (Roland Quignon) – 1957  Le désert de Pigalle (Léo Joannon) – La finestra sul Luna Park (Tu es mon fils) (Luigi Comencini) – 1958  Ce soir on tue / Y en a marre / Le gars d’Anvers (Yvan Govar) – 1959  Normandie-Niemen (Jean Dréville & Damir Viatich Berejnykh) – 1961  La guerre des boutons (Yves Robert) – 1983  Le voleur de feuilles (+, scénario et réalisation) – 1985  Round midnight (Autour de minuit) (Bertrand Tavernier) – 1988  La vie et rien d’autre, de Bertrand Tavernier). Voxographie succincte : 1948  Alice in wonderland (Alice au pays des merveilles) (Lou Bunin, Dallas Bower & Marc Maurette) – 1964  Le gendarme de Saint-Tropez (Jean Girault, doublage) – 1967  Astérix le gaulois, dessin animé (René Goscinny, Albert Uderzo & Raymond Leblanc, animation) – 1968  Astérix et Cléopâtre( René Goscinny & Albert Uderzo, animation) – 1970  Lucky Luke (René Goscinny & Morris) – 1975  Tarzoon, la honte de la jungle (Picha & Boris Szulzinger) – 1977  La ballade des Dalton (René Goscinny, Morris, Henri Gruel & Pierre Watrin) – 1983  Lucky Luke, les Dalton en cavale (Les Dalton en cavale) (Joseph Barbera, William Hanna, Morris & Ray Patterson, animation). Télévision (notamment) : 1951  Jeanne avec vous (Claude Vermorel) – 1954  Le square des miracles (Jean-Jacques Vierne) – 1956  Sixième étage (Marcel Bluwal) -1964  Les oranges (Bernard-Roland) – 1966  Le parce (Bernard-Roland) – 1968  Polizeifunk ruft (Les cavaliers de la route) : Fahrerflucht im Morgengrauen / Délit de fuite (Paul Paviot & Hermann Leitner) – Un homme, un cheval (Jean-Pierre Marchand) – 1970  En attendant (Christiane Lénier) – 1972  Légion (Philippe Joulia) – 1973  La trêve (Philippe Joulia) – 1975  Amigo (Philippe Joulia) – Le tour du monde en 80 jours (Pierre Nivollet) – 1978  La filière (Guy-André Lefranc) – Le coup monté (Jean Cosmos) – 1979  Les yeux bleus (François Dupont-Midy) – 1981  Julien Fontanes : La dernière haie (François Dupont-Midy) – 2005  Carnet de naufrage (Claudine Bourbigot & Elisabeth Feytit, documentaire).

Mise à jour le 15/02/2011

Le lien du jour : La gazette du doublage est un site fourmillant d’infos, consacré aux comédiens du doublage. Il faut saluer la qualité rare des intervenants sur le forum.

MON PETIT DOIGT M’A DIT…

Excellente surprise que de découvrir ce film ce mardi soir en avant-première à Bordeaux. Pascal Thomas a trouvé une équivalence ludique dans la province française pour restituer l’atmosphère anglaise – Au contraire d’un Alain Resnais se servant du studio pour “Smoking-No Smoking” -… Loin des clichés “tasses de thé”. Saluons également la musique de Reinhardt Wagner. C’était plaisant d’entendre Pascal Thomas narrer la rencontre avec la fille Agatha Christie – à l’époque du film “Celles qu’on n’a pas eues” -, il obtient les droits après une soirée arrosée, chagrinant les “hommes en noir” chargés des droits des adaptations et préférant les réserver à Hollywood ! Il vaut mieux ne rien déflorer du film.

Disons qu’avec ces dialogues ciselés, sa distribution étonnante (des habitués : Catherine Frot, Maurice Risch en peintre inquiet, André Thorent en curé poivrot, Anne Le Ny déguisée en fée Carabosse…) et les autres (beaucoup de surprises, tel Pierre Lescure, dans le rôle inattendu du “commissaire”, il a été choisi grâce à son timbre de voix).

Valérie Kaprisky, Catherine Frot et André Thorent

– Geneviève Bujold apporte la dimension fantastique du film, aidée par nos souvenirs de cinéphiles chez Brian de Palma ou David Cronenberg. Elle s’isolait fréquemment du reste de l’équipe.

– Laurent Terzieff, surnommé par Prudence “Le Gréco” amène une inquiétante présence.

– Sarah Biasini joue la fille des Beresford. Son arrivée inopinée avec son suisse de mari et ses deux jumeaux, poussera Prudence a faire son enquête (moment désopilant).

– Bernard Verley joue un général accorte et omniprésent.

– Alexandra Stewart est une sculptrice extra-lucide énergique.

– La trop rare Françoise Seigner est la tante acariâtre.

– Valérie Kaprisky joue une vieille fille inquiétante. Pour la petite histoire, elle venait de se casser le bras.

Catherine Frot & André Dussollier

C’est la force de Pascal Thomas d’intégrer diverses personnalités à son univers (souvent des amateurs). IL laisse s’installer l’insolite avec des références actuelles (la canicule, les portables) et c’est jubilatoire. L’insolite d’ailleurs continuait après le film, un fan faisant signer un autographe à Pascal Thomas sur un chéquier !

André Dussollier a magnifiquement parlé de son travail. Suite à une de mes question, lors du débat d’après film, il a évoquait son travail dans le téléfilm de qualité non formaté, “Suzie Berton” et revient sur l’anecdote du film de François Truffaut, “Une belle fille comme moi” où il continuait à répéter ses scènes déjà tournées. Il y a toujours chez lui une exigence, un travail sur sa voix et les situations, c’est un des plus grands acteurs français. Ce film est un beau rendez-vous, réalisé au pied levé suite à l’abandon de TF1 pour un projet avec Vincent Lindon.

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Blanchette Brunoy

Blanchette Brunoy dans “Les cadets de Gascogne”, source Bernard-Luc.com 

C’est une triste nouvelle que celle de la mort de Blanchette Brunoy. C’était une comédienne rare, d’une grande discrétion et touchante, souvent dans des rôles d’ingénues ou d’épouses aimantes. Elle avait beaucoup de très bons films à son actif – “La bête humaine”, “Goupi mains rouges” – et elle faisait tourner les têtes de Daniel Gélin et Jean Carmet dans “Roulez jeunesse” (1992).

Dans l’excellent livre “Le cinéma des années quarante par ceux qui l’on fait” de Christian Gilles (L’Harmattan, 2000), elle déclarait : “J’ai eu la grande chance de connaître les joies de ce métier sans en avoir les inconvénients, c’est-à dire que j’ai évité la trop grosse notoriété qui fait tourner les têtes”…

Filmographie : 1936  La peau d’un autre (René Pujol) – Un mauvais garçon (Jean Boyer) – Le voleur de femmes (Abel Gance) – Vous n’avez rien à déclarer ? (Léo Joannon) – 1937  La chaste Suzanne (André Berthomieu) – Claudine à l’école (Serge de Poligny) – 1938  Altitude 3200 (Jean-Benoît Lévy & Marie Epstein) – La bête humaine (Jean Renoir) – Jeannette Bourgogne (Jean Gourguet) – 1939  Cavalcade d’amour (Raymond Bernard) – La famille Duraton (Christian Stengel) – Quartier Latin (Pierre Colombier, Christian Chamborant & Alexandre Esway) – L’empreinte du dieu (Léonide Moguy) – 1940  Elles étaient douze femmes (Georges Lacombe) – 24 heures de perm’ (Maurice Cloche) – 1941  Le briseur de chaînes / Mamouret (Jacques Daniel-Norman) – Dernière aventure (Robert Péguy) – Vie privée (Walter Kapps) – 1942  Les cadets de l’océan (Jean Dréville) – Le camion blanc (Léo Joannon) – Le grand combat (Bernard-Roland) – Goupi Mains-Rouges (Jacques Becker) – 1943  Ceux du rivage (Jacques Séverac) – Le voyageur sans bagages (Jean Anouilh) – Au bonheur des dames (André Cayatte) – 1945  Rabiolot (Jacques Daroy) – L’invité de la onzième heure (Maurice Cloche) – Solita de Cordoue (Willy Rozier) – 1946  Le café du cadran (Jean Gehret) – La taverne du poisson couronné (René Chanas) – L’ogresse (film inachevé) – L’Altra (ymphonie humaine) (Carlo Ludovico Bragaglia) – 1947  Le mannequin assassiné (Pierre de Hérain) – 1948  Les drames du Bois de Boulogne (Jacques Loew, CM) – Les souvenirs ne sont pas à vendre (Robert Hennion) – La maternelle (Henri Diamant-Berger) – 1949  Vedettes en liberté (Jacques Guillon, CM) – L’homme aux mains d’argile (Léon Mathot) – La Marie du port (Marcel Carné) – Vient de paraître (Jacques Houssin) – 1950  Traité de bave et d’éternité (Isidore Isou) – Désordre (Jacques Baratier, CM) – 1951  Le passage de Vénus (Maurice Gleize) – Une enfant dans la tourmente (Jean Gourguet) – Si ça vous chante (Jacques Loew) – 1952  Coiffeur pour dames (Jean Boyer) – Le secret d’une mère (Jean Gourguet) – 1953  Le petit Jacques (Robert Bibal) – Tourments (Jacques Daniel-Norman) – La rafle est pour ce soir [sketch “Le papa de Simon”] (Maurice Dekobra) – 1954  Opération Tonnerre (Gérard Sandoz) – 1956  Omloop van middernacht (Le circuit de minuit) (Yvan Govar) – 1959  La mère et l’enfant (Jacques Demy, CM, voix de la récitante) – Le baron de l’écluse (Jean Delannoy) – 1960  Il suffit d’aimer (Robert Darène) – 1962  Les veinards [sketch : “Le gros lot”] (Jack Pinoteau) – 1963  La vie conjugale (André Cayatte) – Bébert et l’omnibus (Yves Robert) – La bonne soupe (Robert Thomas) – 1964  L’enfer (Henri-Georges Clouzot, inachevé) – 1984  L’amour en douce (Édouard Molinaro) – 1992  Roulez jeunesse ! (Jacques Fansten) – 1994  Les cent et une nuit (Agnès Varda, scènes coupées au montage) – 1997 …Comme elle respire (Pierre Salvadori). Télévision (notamment) :  1961  La farce du château (François Gir) – 1978  Les Eygletière (René Lucot, série) – 1979  Les filles d’Adam (Éric Le Hung) – 1980  La vie des autres : Le bec de l’aigle (Pierre Nicolas) – Les amours des années folles : Les solitaires de Myols (Stéphane Bertin) – 1981  Marceloup (Roger Pigaut, série) – 1982  Toutes griffes dehors (Michel Boisrond, série) – 1984  Les amours des années cinquante : Ton pays sera le mien (Stéphane Bertin) – 1986  Le petit docteur : Une femme a crié (Éruc Le Hung) – 1987  La voglia di vincere (Vittorio Sindoni, série) – 1989  Tantie (Patrick Gandrey-Réty, série) – Un comédien dans un jeu de quilles (Hervé Baslé) – 1990  Scoop :  Le stagiaire (Jacques Rouffio) – 1991  Julie Lescaut : Pilote (Caroline Huppert) – 1992  Julie Lescaut : Police des viols (Caroline Huppert) – Julie Lescaut : Harcèlements (Caroline Huppert) – Julie Lescaut : Trafics (Josée Dayan) – Julie Lescaut : Ville haute, ville basse (Caroline Huppert) – La corruptrice (Bernard Stora).

©   Le coin du cinéphage (reproduction strictement interdite, textes déposés)

AKOIBON OU FAIS PAS TON CLAUDEL !

Dans “Édouard est marrant” formidable court-métrage de Riton Liebman – L’enfant précoce du film de Bertrand Blier “Préparez vos mouchoirs !” -, Maxime (Riton Liebman) est agacé par sa femme (Maryne Canto) qui trouve Édouard Baer irrésisitible. Il finira par le rencontrer et en plus par le trouver sympathique. Avant-première donc, de son nouveau film “Akoibon” à l’UGC Cité-Ciné à Bordeaux, ce jeudi 7 mai en présence d’Édouard Baer, Nader Boussandel et le local de l’étape Patrick Robine (il est né à Villenave d’Ornon en Gironde). Le film est un monde en lui-même, Nader, un jeune débrouillard arrive à la Villa Mektoub, sur une île de la Méditerranée. Pour sauver son ami Christophe, des griffes d’une personnalité maffieuse (magistrale Jeanne Moreau), il devra lui livrer Chris Barnes, légendaire roi des nuits de la jet set. A la manière de “La Bostella” l’univers d’Édouard Baer est singulier mêlant mélancolie et décalage, dans un cadre écrasé de soleil. Pour ce film co-écrit avec Fabrice Roger-Lacan, on pense souvent à Luis Buñuel dans la cohérence dans les mises en abîme – Le camp militaire à proximité de l’hôtel rappelle les manoeuvres du “Charme discret de la bourgeoisie” -. La narration est mise en pièce à la manière d’un Bertrand Blier, avec en toile de fond le jeu des apparences… Le mélange de la troupe d’Édouard Baer et d’interprètes d’autres horizons fonctionne parfaitement.

Édouard Baer

La troupe :  l’émission estivale “Le grand plongeoir” présenté sur France 2, a été un bon laboratoire pour découvrir de nouveaux talents, Édouard Baer nous confiait ne pas en être satisfait, il aurait souhaité qu’elle passe en direct : – Nader Boussandel : Baer le présente comme un croisement de Bébel et de la banlieue. C’est le fil rouge de l’histoire, et il est à la hauteur des ses prestigieux interprètes. Pour l’anecdote, Édouard Baer racontait que Jean Rochefort aimait à le déstabiliser, son trouble est d’ailleurs utilisé dans le film. Un talent très prometteur… – Patrick Robine, il est le marin pêcheur, à pilosité variable et livreur de doigts !, lors de cet avant-première il a régalé le public en faisant à froid son numéro d’imitations de la nature – “Je ne fais que les lacs connus…” -. Il s’est également couché à même le sol, se servant d’une veste comme d’une couverture. Un univers singulier. – Gilles Gaston-Dreyfus  est le récitant encombrant d’un film, sentencieux, il semble gêner tout le monde… – Atmen Kélif amène un personnage poétique et lunaire, surgissant de nulle part et lavant tout ce qui est a sa portée. – Le fidèle Francis Van Litsenborgh, joue de la raideur de sa nuque en hôte du “Mektoub”, singe Esther Williams et se retrouve même dans le lit de Chris Barnes ! – François Rollin joue l’amoureux transi de Marie Denarnaud, la filmant sans relâche et promenant un spleen désinvolte. – Christophe Meynet, l’habituel compère de Nader Boussandel, joue le bon copain gouailleur de Nader.

Jean Rochefort et Jeanne Moreau (source Gemini Films)

Les autres :

– Jean Rochefort est impérial en amalgame d’Eddie Barclay et de Jean-Marie Rivière. Édouard Baer saluait son souhait de se renouveler et de s’investir dans de nouveaux univers. Il maîtrisait et respectait le texte, même s’il répondait au metteur en scène parfois « Fais pas ton Claudel ! ». Autre anecdote : Toute l’équipe de tournage habitait sur le lieu de l’hôtel, formant une petite communauté. Jean Rochefort se faisait livrer du poisson par un certain Jean Alési (qui est l’homonyme du pilote et figure, au générique final comme l’a fait remarqué un spectateur observateur. Par élégance, Édouard Baer a donné sa chambre à Jeanne Moreau, sans lui dire qu’il manquait de places. Il pensait dormir sur un canapé, mais il a dû finir à l’hôtel pour ne déranger personne. La classe personnifiée… De ce fait, Jean Rochefort a demandé un verrou, en déclarant “Je suis toujours désirable…”. La rencontre inédite Rochefort-Moreau étonne, cette dernière mêle autorité et poésie. – Ne cherchez pas qui peut succéder à Louis de Funès, c’est Josée Dayan actrice. On retrouve Georges Moustaki, capable de créer un lien très fort entre deux personnages sur un forum sur la chanson française… On vous recommande le T-shirt ! – Marie Denarnaud rayonne par son charme et impressionne dans sa scène sur l’ennui avec François Rollin. – Chiara Mastroianni surprend en étant à l’aise dans le loufoque, à l’exemple de sa conversation gênée avec Nader et l’attitude ambiguë avec son Rochefort de père. – Pierre-Louis Lasnier et Léa Drucker détonnent en vacanciers désabusés. – Samir Guesmi est formidable dans l’absurdité jouant entre le factice et le réel. – Benoît Poelvoorde change de registre en mari de Chiara Mastroianni, il a une belle scène parlant du charme d’ Édouard Baer en se plaignant de n’intéresser personne,  et multiplier les fausses sorties. C’est bien une des problèmatiques du film, l’inégalité de l’aura et des talents, entre les gens. Lors du débat après le film, Édouard Baer dissert, fait preuve de brio, l’intelligence fuse. Je fais donc mon intéressant, de manière assez pathétique, en le comparant à Sami Frey (C’est humainement impossible qu’une des femmes que vous aimez ne vous en parle pas), et parle de la diffulté d’être médiocre quand il y a des personnages comme lui. Il répond évidemment brillamment, en vantant l’avantage d’être lui (mais se dévaluant tout de même) et faisant l’éloge de l’aigreur en citant un dialogue du “Bison”. La discussion reprend au hall de l’UGC, il nous parle de l’accueil glacial d’ “À boire”, de ses angoisses sur la sortie de “La Bostella”. Brillant, désespérément brillant, je finis par lui parler du fameux article de “Libération” de Paul Vecchiali.. Il me signe sur un calepin avec humour “mon concurrent” malgré ma pitoyable prestation.

Riton Liebman avait raison, Édouard est marrant…

Le lien du jour : http://www.clubdesmonstres.com/ Club des monstres est un site canadien proposant un panorama sur le cinéma fantastique

LE COIN DU NANAR : DOUBLE ZÉRO

“Double zéro” est  l’habituel type de projet qui ne repose que sur le tempérament de deux comédiens sympathiques, Il bénificie  d’un budget démesuré, et une suite inégale de sketches, Il est triste de voir certains de nos seconds rôles gâchés dans cette grosse machinerie de Gérard Pires, – surtout si l’on est nostalgique d’ “Érotissimo”, ou d’ “Elle court, elle court, la banlieue” -, La présence d’Édouard Baer détonne un peu. C’est presque un remake du film d’Yvan Chiffre “Bons baiser de Hong Kong”, mais à l’origine c’est un projet de Thomas Langmann qui a racheté les droits du film de John Landis “Spy like us” – “Drôles d’espions” avec Chevy Chase et Dan Aykroyd. en 1985.

Abbott & Costello meet James Bond

François Chattot y fait une formidable composition de baroudeur, Bernard Bloch en militaire impassible, Christophe Odent en général inquiétant, Lionel Abelanski en “Q” du pauvre, François Berland en père excentrique du “mâle”  n’ont pas grands choses à ce mettre sous la dent. On peut reconnaître le temps d’une image presque subliminale le formidable acteur-cascadeur Lionel Vitrant, de dos ! dans la scène de “voulez-vous coucher avec moi…”, et il y a le sous-exploité Didier Flamand, qui semble s’ennuyer ferme. Ce type de comédie n’est hélas pas,  un feu de paille.

Retour sur François Berland,  que l’on confond souvent avec François Berléand en raison de sa presque homonymie :

Il est huissier barbu au bal dans “La galette du roi”, le maire qui marie Ghad Elmaleh et Alain Chabat dans “Chouchou”, le barman écoutant les états d’âmes de José Garcia dans “Rires et châtiment”, médecin dans “Je préfère qu’on reste amis”, etc….. Un talent sûr et une voix connue (pub, récitants de documentaires, “Les guignols de l’info”, “Monsieur Manatane”, “Le maillon faible”. Un talent sûr dont les films se retrouvent dans bien des filmos de François Berléand, venant de re copieurs fatigués, malgré les corrections que j’avais faites sur IMDB…

François Berland m’avait donné très aimablement son CV et état civil par fax, pour que je puisse créer sa fiche sur “Les gens du cinéma” : Les gens du cinéma.

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Jacques Poitrenaud

Photo source Christian Grenier

Le site www.lesgensducinema.com annoncent la mort de Jacques Poitrenaud, ce 4 avril 2005. André Siscot propose une superbe gallerie d’affiches à l’exemple de celle suivante de “La tête du client” : C’est une carrière honorable… Me viennent à l’esprit la rencontre Michel Simon-Serge Gainsbourg dans le sympathique “Ce sacré grand-père” (1967), avec la chanson culte de Gainsbourg “…se casser le cul sur l’herbe tendre”; “Une souris chez les hommes” parodie de polar avec Louis de Funès et Maurice Biraud; La belle troupe (qui pousse la chansonnette dans le générique final) de “La tête du client” (1965) (Poiret, Serrault, Blanche, Sophie Desmarets…), la rencontre Dany Carrel et Danièle Darrieux dans “Du grabuge chez les veuves” (1963), “Strip-tease” une atmosphère très “Faubourg-Saint-Germain des Près” avec une étonnante Nico et “Carré de dame pour un as” avec un François Maistre en grand méchant et Roger Hanin, en barbouze décontracté. Que de bons souvenirs… Il avait réalisé “Le canard en fer blanc” (1967) qui connaît une certaine réputation, et “Mendiants et orgueilleux” (1971) adapté de l’oeuvre d’Albert Cossery. On peut aisément anticiper sur l’absence d’hommage sur ce type d’honorable artisan du cinéma français…

Filmographie : Comme réalisateur : 1960  La revenante (CM) – Les portes claquent (co-réalisation avec Michel Fermaud) – Les amours de Paris – 1961  Les Parisiennes [sketch : “Ella”] – 1962  Strip-tease – 1963  L’inconnue de Hong Kong – Du grabuge chez les veuves – 1964  Une souris chez les hommes / Un drôle de caïd – 1965  La tête du client – 1966  Carré de dames pour un as – Le canard en fer-blanc – 1967  Ce sacré grand-père – 1969  Qu’est-ce qui fait courir les crocodiles ? – 1968  Féria à Séville (CM) – 1971  Mendiants et orgueilleux –

 

Pour info : Le monde

Nécrologie

Jacques Poitrenaud, réalisateur

LE MONDE | 06.04.05 | 14h55  •  Mis à jour le 06.04.05 | 14h55

Jacques Poitrenaud, réalisateur, est mort le 2 avril à l’âge de 83 ans.

  

Article paru dans l’édition du 07.04.05

Né en 1922 à Lille, Jacques Poitrenaud avait été l’assistant de Roger Vadim et Michel Boisrond, puis monteur, scénariste, producteur (de Viva la muerte d’Arrabal) et auteur d’une quinzaine de films de divertissement, de Les portes claquent (1960) à Mendiants et orgueilleux (1971), tiré du roman de son ami Albert Cossery, en passant par Strip-tease (avec Dany Saval, 1962), L’Inconnue de Hongkong (avec Dalida, 1963), Du grabuge chez les veuves (Danielle Darrieux, Dany Carrel, 1963), Une souris chez les hommes (Dany Saval, Dany Carrel, 1964), La Tête du client (Sophie Desmarets, 1965), Le Canard en fer blanc (Roger Hanin, 1966), Ce sacré grand-père (Marie Dubois, Michel Simon, Serge Gainsbourg, 1967), Qu’est-ce qui fait courir les crocodiles (Michel Serrault, Francis Blanche, 1969). Créateur du Ciné Halles, Jacques Poitrenaud décida en 1973 de se mettre au service des films français dans le cadre d’une section parallèle du Festival de Cannes : Perspectives du cinéma français fut pendant vingt ans la vitrine nationale de la Quinzaine des réalisateurs. En 1976, il rejoint l’équipe d’Unifrance Film et organise des Semaines du cinéma français à l’étranger. En 1978, il devient responsable à Cannes de la section Un certain regard. Membre fondateur de l’Association des réalisateurs producteurs, initiateur des Rencontres de Beaune en 1991, il anima également les Mercredis du Mac-Mahon, et Les Amoureux du cinéma.

LIBERATION

Jacques Poitrenaud, un certain regard s’éteint
Le réalisateur, infatigable propagandiste du cinéma français, est mort samedi à 83 ans.
Par Gérard LEFORT jeudi 07 avril 2005

Ça n’est pas gai que Jacques Poitrenaud soit mort le 2 avril à 83 ans. Les vieux habitués du Festival de Cannes se souviennent à coup sûr de sa mine joviale d’infatigable propagandiste du cinéma français. C’est lui en effet qui, en 1973, crée Perspectives du cinéma français, sous-section de la sélection parallèle la Quinzaine des réalisateurs, destinée à exposer le meilleur de la production française de l’année. Toujours à Cannes, après un intermède de deux ans au sein d’Unifrance, chargé de la promotion du cinéma français à l’étranger, il revient en 1978 pour diriger la section Un certain regard qui, au fil du temps, va s’affirmer comme une sélection officielle bis.  Toujours sur la brèche du cinéma français, on lui doit aussi d’être un cofondateur de la très active Association des réalisateurs producteurs (ARP) et des non moins essentielles Rencontres de Beaune qui, chaque année depuis 1991, offrent aux professionnels une pause de réflexion nécessaire. Mais on peut se souvenir autrement de Jacques Poitrenaud avec tout autant de profit. Au long des années 60, il fut réalisateur de quelques très joyeuses plaisanteries dont les titres sont déjà tout un programme : les Portes claquent (1960), d’après un énorme succès du théâtre de boulevard, avec mesdemoiselles Catherine Deneuve et Françoise Dorléac ; Strip-tease avec la piquante Danny Saval dans le rôle de Dodo Voluptuous, et Jean Tissier, tout un poème dans le rôle habituel du vieux coquin ; les Parisiennes (1961), film à sketches où figurent, entre autres, Johnny Hallyday et Kathe Deneuve (1962) ; l’Inconnue de Hong Kong (1963) avec Dalida (non ?) et Serge Gainsbourg (si !) ; Du grabuge chez les veuves (1963) avec Danielle Darrieux et rien à voir avec Du rififi chez les hommes (quoique…) ; Carré de dames pour un as (1964) ; Qu’est-ce qui fait courir les crocodiles ? (1969). Et surtout, en 1965, ce sommet : la Tête du client, avec tout le monde. Poiret, Serrault, Francis Blanche, Darry Cowl, Jean Richard et Sophie Desmarets, romancière foutraque dont le jeu consiste à répéter en aparté face à la caméra : «Exciting !»  Des chefs-d’oeuvre ? Cette hypothèse aurait sans doute fait sourire Poitrenaud. Des films de Noël sans façons mais avec juste ce qu’il faut de folie furieuse ? Plus certainement. 

http://www.liberation.fr/page.php?Article=287845

Le lien du jour : http://www.tvtome.com/

TVTOME Riche base de données sur la TV américaine, on pourrait rêver à un équivalent français, heureusement on peut rajouter des donnés sur IMDB.