Skip to main content

Fragment d’un dictionnaire amoureux : Martine de Breteuil

Martine de Breteuil dans “La tête du client”

 

Annonce de la mort de Martine de Breteuil, le 13 novembre dernier à Paris, par le site des Gensducinéma. C’est grâce aux précieuses archives de Jean-Jacques Jouve, créateur de la “Biographie du spectacle” et de la regrettée “Lettres des comédiens”, qui à la fin des années 80 étaient une mine d’information. Il a un blog très original Labijouterie du spectacle, il y relate notamment le dernier spectacle de Robert Hossein. Grâce à l’une de ses fiches, je peux donc faire une ébauche d’hommage à celle qui devait être la doyenne du cinéma français. Née le 23 mars 1908 à Kharkov en Russie, elle étudie à la danse en France dans l’école Irène Popart. C’est sous le nom de Moussia, quelle débute dans des revues et des comédies musicales. Elle débute très vite au cinéma, participant même dans les années 30 à des courts-métrages sportifs. Elle joue au théâtre dans des pièce sde Molière et de Musset. Pendant 10 ans, elle est la directrice du théâtre de la Potinière (1948), et dirigea depuis 1973 les comédiens de l'”Orangerie”. Elle fut même auteur, metteur en scène et interprète de “Revenez amour,revenez “Théâtre Choiseul-Cheuvreuse”, et de “À la rencontre de Marcel Proust”, dont elle est auteur également et quelle met en scène pour le “Théâtre des déchargeurs” en 1998. Elle avait produit pour Radio France, une série poétique “Votre jardin secret”, qui lui a valu la “Rose d’Or des auditeurs”. Au cinéma, on l’a vue dans des films musicaux, dans les années 30, puis entame une seconde carrière dans des rôles de dames âgées, participant à des films étrangers comme dans l’inédit “A star for two” – titre français envisagé “Une étoile pour deux”, où avec d’autres acteurs français (Jean-Pierre Amont, Maurice Garrel, JacquesMarin, Maurice Jacquemont, Pierre Gérald, Dominique Marcas; Robert Le Béal,etc…), elle joue avec Anthony Quinn et Lauren Bacall en pensionnaire d’une maison de retraite. On retiendra aussi son rôle d’employée fofolle de Michel Serrault qui est chapelier dans “La tête du client”. Elle a pour habitude d’employée une trop grande franchise peu adaptée à son poste de vendeuse. On la vit souvent à la télévision, notamment en comtesse mélomane émue par un spectacle donné par Jean Franval dans “Sans famille”, adaptation de Jacques Ertaud de l’oeuvre d’Hector Malot. On la retrouve régulièrement sur le grand écran, et elle participe même à une publicité pour le comte Satellis essentiel pour la “Caisse d’Épargne”. C’était une artiste complète, sportive et “multicarte”. Un grand remerciement à Jean-Jacques Jouve et à sa “Biographie du spectacle”, dont l’érudition nous manque beaucoup et pour ces informations sur une méconnue du cinéma français.

 

Martine de Breteuil dans “Sans famille”

Filmographie, établie avec Jean-Jacques Jouve : 1930Les papillons de nuit (Maurice Keroul, CM) –  Elle veut faire du cinéma (Henry Wulschleger, CM) – 1931  Il est charmant (Louis Mercanton) – Blanc comme neige (Francis A. Elias, Camille Lemoine & Jean Choux) –       1932 Pax (Francis A.Elias&Camille Lemoine) -La pouponnière (Jean Boyer) – Monsieur Albert (Karl Anton) – 1933  Byrrh-Cass gagnant (Pierre Weill, CM) – Un soir de réveillon (Karl Anton) – 1934  Le suis-je ? (Produit par René Sacquin, CM) –  1942  La grande Marnière (Jean de Marguenat ) – 1947  L’aigle à deux têtes (Jean Cocteau) – 1949  Les nouveaux maîtres (Paul Nivoix) – 1952 Rires de Paris (Henry Lepage) – 1955  Les carnets du major Thompson (Preston Sturges) – 1957  Police judiciaire (Maurice De Canonge) – 1963  Carambolages (Marcel Bluwal) – La porteuse de pain (Maurice Cloche) – Une ravissante idiote (Édouard Molinaro) – 1964  Le gendarme de Saint-Tropez (Jean Girault) – Yoyo (Pierre Étaix) – 1965  Le journal d’une femme en blanc (Claude Autant-Lara) – La tête du client (Jacques Poitrenaud) – 1967  Des garçons et des filles (Étienne Périer) –1969  La philosophie dans le boudoir (Jacques Scandelari) – Le bal du comte d’Orgel (Marc Allégret) – 1976  Nuit d’or (Serge Moati) – 1979  Comment passer son permis de conduire (Roger Derouillat) – 1981  La passante du Sans-Souci (Jacques Rouffio) – 1989  A star for two / Une étoile pour deux (Jim Kaufman, inédit) – 1990  L’amore necessario (L’amour nécessaire) (Fabio Carpi) – 1995  Coup de vice (Patrick Levy) – 1999  Épouse-moi (Harriet Marin). Télévision (notamment) : 1962  Le commandant X vous parle : Le dossier Morel (Jean-Paul Carrère) – Rue du Havre (Jean-Jacques Vierne) – 1963  Les nuits de la colère (Albert Riera) – Les raisins verts [Épisode 6] (Jean-Christophe Averty) – 1964  La belle Arabelle (André Leroux) – Les hommes (Albert Riéra) – 1965  Faux-jour (Albert Riera) – L’histoire pittoresque : La maison de la reine (Jean Pignol) – La fin d’une liaison – 1967  Les fiancés de Romainville (Albert Riera) -Le sourire de la Joconde (Albert Riera) – 1968  La prunelle (Edmond Tyborowsky, série) – L’instinct du bonheur (Edmond Tyborowski) – 1969  Jeanne de Piennes (Albert Riera) – 1970  Le récital (Claude Defrance) – 1971  La fin d’une liaison (Edmond Tyborowski) – 1972  Deux coeurs simples (Edmond Tyborowski) – L’homme qui revient de loin (Michel Wyn, série) – 1974  Le pain noir (Serge Moati, Série) – 1975  Salavin (André Michel) – Cinéma 16 : Esquisse d’une femme sans dessus-dessous (Alain Boudet) – 1977  Les samedis de l’histoire : Rossel et la commune de Paris (Serge Moati) – 1978  Le temps d’une république : Marthe, 19 ans en 18 (Roger Kahane) – Ciné roman (Serge Moati) – 1980  Mont-Oriol (Serge Moati) – Sans famille : Les loups blancs (Jacques Ertaud) – 1981  Nana (Maurice Cazeneuve, série)  – 1983  Un adolescent d’autrefois (André Michel) – 1984  Série noire : J’ai bien l’honneur (Jacques Rouffio) – 1991  Aldo tous risques : Mascarade (Michel Lang). Théâtrographie (établie par Jean-Jacques Jouve) : 1947  Il ne faut jurer de rien (Théâtre Club de Breteuil) – La voiture versée (Théâtre Club de Breteuil) – 1948  Les verts galants (Théâtre de la Potinière) – 1949  Le maître nageur (Théâtre de la Potinière) – 1950  Mon mari du Vésinet (Théâtre de la Potinière) – La vamp (Théâtre de la Potinière) – Ce trésor (Théâtre de la Potinière) – L’amour truqué (Théâtre de la Potinière) – 1953  Nuit blanche (Théâtre de la Potinière) – La maîtresse d’Eugène (Théâtre de la Potinière) – 1954  Je viendrai comme un voleur (Théâtre de la Potinière) – 1974  Les dames de poésier (Hôtel Hérouet) – La maîtresse (Hôtel Hérouet) – 1977  La glace à trois faces; L’amant; Le prix Martin; Lewis et Alice (Café théâtre Le Coonétable) – 1983  Un amour (Théâtre de l’Épicerie) – 1994  Le grand écart (Théâtre de la Collection) – Le jardin secret d’Alice (Comme auteur, metteur en scène et interprète) (Théâtre de Collection) – 1996  Renvenez, amour, revenez (Théâtre Choiseul-Chevreuse, auteur, metteur en scène et interprète) – 1998  À la rencontre de Marcel Proust (écrit et mise en scène par elle-même) (Théâtre des Déchargeurs).

Bibliographie :

– “Catalogue des courts-métrages français de fiction 1929-1950”, par Raymond Chirat & Jean-Claude Romer (Éditions mémoire de cinéma).

– “Annuaire biographique du cinéma” (Édition 1962-1963).

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Eleonora Rossi Drago

Annonce de la mort par le site “Les gens du cinéma” de l’actrice italienne Eleonora Rossi Drago, à l’âge de 82 ans, des suites d’une hémorragie cérébrale. Elle fut Miss Italie en 1947, à l’instar de Lucia Bosè avec laquelle on la comparait parfois. Elle se lance avec plus ou moins de bonheur dans une carrière d’actrice, avant de connaître une consécration au théâtre, avec un rôle dans “Oncle Vanya” de Tchékhov, sous la direction de Luchino Visconti, en 1956, aux côtés des fidèles du maître, Marcello Mastroianni, Rina Morelli et Paolo Stoppa. Son plus beau rôle au cinéma semble rester celui de “Été violent” (1958) de Valerio Zurlini, sorte de variation du diable au corps de Raymond Radiguet . Dans l’Italie fasciste de l’été 1943, un jeune homme tombe sur le charme d’une mère d’une petite fille âgée de 30 ans, veuve d’un officier de marine. Cette idylle naissante va être contrariée par le contexte difficile de l’époque et la différence de classe. Elle était d’une grande sensualité dans l’un des meilleurs films de Zurlini, un très grand cinéaste dont on commence désormais à ressentir l’importance. Elle avait également tourné pour Michelangelo Antonioni, “Femmes entre elles”, où elle est Clélia, créatrice d’une maison de couture à Turin, Pietro Germi dans “Meurtre à l’italienne”, où elle est une femme enfant, et Roberto Rossellini, avec “Ame noire”, où elle incarne la femme de Vittorio Gassman, supportant mal les frasques passées de son mari. Elle tournait souvent en France, notamment dans “L’esclave” d’Yves Ciampi, où elle incarnait une femme impuissante face aux problèmes de drogue du personnage incarné par Daniel Gélin.  Elle tourne ensuite surtout des films de séries B, à l’instar du “Dépravé”, curieuse adaptation semble-t-il du Dorian Gray d’Oscal Wilde, avec Helmut Berger en vedette. On peut se demander pourquoi cette comédienne n’a pas fait une carrière plus remarquable. Dépressive, elle avait abandonné le cinéma, au début des années 70, après avoir tenté de ce suicider. Elle épousa un industriel en 1973.

Avec Jean-Louis Trintignant dans “Été violent”

Filmographie : 1948  I pirati di Capri (Le pirate de Capri) (Giuseppe Maria Scotese & Edgar G. Ulmer) – 1949  Due sorelle amano (Jacopo Comin) –  Altura / Rocce insanguinate (Mario Sequi) – 1950  Persiane chiuse (Volets clos) (Luigi Comencini) – 1951  Verginità (Virginité) (Leonardo De Mitri) – Ultima sentazza (Son dernier verdict) (Mario Bonnard) –  Sensualità (Sensualité) (Clemente Fracassi) – 1952  Tre storie proibite [3ème épisode] (Histoires interdites) (Augusto Genina) – I sette dell’orsa maggiore (Panique à Gilbratar / Belgique : Sept de la grande ourse) (Duilio Coletti) – La fiammata (Amour et Jalousie) (Alessandro Blasetti) – La tratta delle bianche (La traite des blanches) (Luigi Comencini) – 1953  L’esclave (Yves Ciampi) – Vestire gli ignudi (Vêtir ceux qui sont nus) (Marcello Pagliero) – Destinées [épisode  « Elisabeth »] (Marcello Pagliero) – 1953  L’affaire Maurizius (Julien Duvivier) – 1954  Napoléon (Sacha Guitry, rôle coupé au montage final) – 1955  Le amiche (Femmes entre elles) (Michelangelo Antonioni) – Donne sole (Vittorio Sala) – Il prezzo della gloria (Bataille devant Tobrouk / Belgique : Le prix de la gloire) (Antonio Musu) – 1956  Suor Letizia / Il  più grande amore (Quand les anges ne volent plus / La dernière tentation) (Mario Camerini ) – Kean, genio e sregolatezza (Kean) (Vittorio Gassman) – 1957  Tous peuvent me tuer (Henri Decoin) – La Tour, prend garde ! (Georges Lampin) – 1958  La strada lunga un anno / Cesta dupa godinu dana (La longue route d’une année) (Giuseppe De Santis) – Le fric (Maurice Cloche) – 1959  Dagli apennini alle Ande (La traversée fantastique) (Folco Quilici) – Vacanze d’inverno (Brèves amours / Belgique : Vacances d’hiver) (Camillo Mastrocinque) – Un maledetto imbroglio / Dedetto imbroglio (Meurtre a l’italienne) (Pietro Germi) – L’estate violente (Été violent) (Valerio Zurlini) – L’impiegato (Gianni Puccini) – Sotto dieci bandiere (Sous dix drapeaux) ( Duilio Coletti) – 1960 David e Golia / David and Goliath (David et Goliath) (Richard Pottier & Ferdinando Baldi) – Schlussakkord / Final de una lucha (Accord final) (Wolfgang Liebeneiner) – Die rote hand (La main rouge) (Kurt Meisel) – La garçonnière (Flagrant délit) (Giuseppe de Santis) – 1961  Caccia all’uomo (Chasse à la drogue) (Riccardo Freda) – Tiro al piccione (Le commando traqué) (Giuliano Montaldo) – Anima nera (Âme noire) (Roberto Rossellini) – 1962  Rosmunda e Alboino / Sword of the conqueror (Le glaive du conquérant) (Carlo Campogalliani) – L’amour à vingt ans [épisode « Rome »] (Renzo Rossellini) – Il giorno più corto (Sergio Corbucci) – I Dongiovanni della Costa Azzura (Paradis de Femmes / Paradis des hommes) (Vittorio Sala) – Der teppich des grauens / Il terrore di notte (Espions sur la Tamise / Le tapis des épouvantes / Espions contre services secrets) (Harald Reinl) – 1963  Das todesauge von  Ceylon / Tempesta su Ceylon (Tempête  sur  Ceylan) (Giovanni Roccardi  & Gerd Oswald) – Hipnosis / Ipnosi / Nur tote zeugen schweigen (Le tueur à la rose rouge) (Eugenio Martín) – I treno del sabato (Vittorio Sala) – Amore facile (Gianni Puccini) – El diablo también ilora / Il delitto di Anna Sandoval (José Antonio Nieves Conde) – 1964  Il disco volante (Tinto Brass) – Se permette parliamo di donne (Parlons femmes) (Ettore Scola) – L’idea fissa [épisode « L’ultima carta »] (Mino Guerrini) – Assassinio made in Italy / Il segreto del vestito rosso (Assassinat à Rome) (Silvio Amadio) – 1965  Onkel Toms hütte (La case de l’oncle Tom) (Géza von Radványi) – El último sábado (Pedro Balañá) – Io uccido, tu uccidi [épisode « Il plenilunio »] (Un doigt sur la gâchette) (Gianni Puccini) – Su e giu [épisode « Il colpo del leone » (Mino Guerrini) – The bible… in the beginning (La bible) (John Huston) – 1966  Mano di velluto (Ettore Fecchi) – 1967  L’età del malessere (Giuliano Biagetti) – 1969  Camille 2000 (Camille) (Radley Metzger) – Gli Angeli del 2000 (Hanil Ranieri) – 1970  Il  dio chiamato  Dorian (Le dépravé / Dorian Gray) (Massimo Dallamano) – Nelle pieghe della carne (Libido / Dans les replis de la chair) (Sergio Bergonzelli). Télévision (notamment) : 1958  Padri e filgli (Guglielmo Morandi) – 1964  La cittadella (Anton Giulio Majano) – 1969  D’Artagnan (Claude Barma).

Bibliographie : “Dizionario del cinema italiano – Le attrici”, par Enrico Lancia & Roberto Poppi (Gremese Editore, 2002)

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Serge Rousseau

Photo SACD

Annonce de la mort le 3 novembre dernier de Serge Rousseau, des suites d’un cancer à l’âge de 77 ans. Il était le mari de Marie Dubois. Les amoureux des films de François Truffaut, se souviendront de l’inconnu dans “Baisers volés” (1968), dont l’apparition constitue un petit mystère dans le film, qui connaît son dénouement dans une très jolie scène avec Claude Jade et Jean-Pierre Léaud. On le vit un peu comme acteur pour des clins d’oeils, le plus souvent comme chez Truffaut (“La mariée était en noir” (1967) – il est le marié assassiné de Jeanne Moreau -, “Domicile conjugal” (1970), “La chambre verte” (1977). Il tourne aussi notamment pour François Leterrier (“Les mauvais coups” (1960), Georges Franju – “Thomas L’imposteur” (1964), Costa-Gavras – il est le contrôleur du train où se fait tuer Pascale Roberts dans “Compartiment tueurs” (1964) – , René Clément (Paris brûle-t-il, 1965), Pascal Thomas (“Les zozos” (1972), Claude Chabrol “La cérémonie” (1995), Ivan Calberac “Le réceptionniste” (1997, court-métrage), etc… Il témoigne également dans le documentaire de Marc Esposito sur “Patrick Dewaere” en 1992. On le connaissait depuis, comme créateur d’Artmédia, fameuse agence crée avec Gérard Lebovici et Michèle Méritz, il fut l’agent des plus célèbres stars françaises, avec de la quitter en 1992, pour créer Cinéart. Il avait écrit un livre sur les comédiens “Comédiens du rêve à la réalité”. Nos pensées vont à Marie Dubois et à sa famille. A lire le très bel hommage de Serge Toubiana dans son blog, à son sujet, et sa fiche sur le site de la SACD. Mort également de Ray Park acteur culturiste qui fut “Hercule” et “Maciste” dans le cinéma italien des soixante.

Fragements d’un dictionnaire amoureux : Robert Etcheverry

Robert Etcheverry dans “Le chevalier tempête”

Annonce de la mort la mort de Robert Etcheverry, le 21 novembre dernier, à Paris, à l’âge de 70 ans. Il faisait partie de ce type de comédiens solides comme Sylvain Joubert, très populaires au cinéma, dans des séries historiques. Ceux qui sont basques comme moi, se souviendront de sa silhouette osseuse et de son personnage dans “Gorri le diable” feuilleton de Jacques Celhay, Roland-Marie Arla et Jean Faurez, où il campait un contrebandier du  XIX ème siècle entre la France et l’Espagne. Son personnage sera accusé à tort de meutre. C’est en 1967, qu’il connaît une grande popularité avec le feuilleton “Le chevalier tempête”, dans le rôle de François Recci, qui avec son fidèle Guillot – Jacques Balutin – lutte contre l’Espagne en 1630 : “…Robert Etcheverry s’y révélait excellent cavalier et bon bretteur et prouvait qu’il était capable de jouer d’autres personnages que les jeunes premiers romantiques dans lesquels la télévsion l’avait cantonné jusqu’alors. Le rôle du fougueux et bondissant Chevalier Tempête lui permit d’ailleurs d’entamer une carrière de héros de feuilletons historiques…” (Jacques Baudou & Jean-Jacques Schleret, “Les feuilletons histoiriques à la télévision française”, Huitième art, 1992). Sur deux saisons, il campe Salvador dans l’adaptation d’un feuilleton en deux époques d’Alexandre Dumas, en 1973 et 1975. Le cinéma ne l’aura que très peu employé, souvent dans des rôles de militaires dignes et à grande prestance. Addenda du 21/04/2008 : Il n’était pas le cousin du discret Michel Etcheverry – sociétaire de la Comédie Française, que l’on voyait souvent au cinéma dans les années 50-60, dans des rôles d’hommes austères -, comme le précise sa petite fille dans les commentaires.

Dans “Arpad, le tzigane”

Filmographie : : 1961  La fille du torrent (Hans Herwig) – 1964  La corde au cou / La loutre (Joseph Lisbona) – 1971  La révélation (Alain Lavalle) – 1975  Arpad – Zwei Teufelskerle räumen auf (Alfredo Medori) – 1979  La légion saute sur Kolwezi (Raoul Coutard) – 1982  L’honneur d’un capitaine (Pierre Schoendoerffer) – S.A.S à San Salvador (Raoul Coutard) – 1986  Châteauroux district (Philippe Charigot) – 1989  Au cœur de la nuit (Patrick Sagnelonge, CM). Télévision (notamment) : 1961  Le rouge et le noir (Pierre Cardinal) – 1962  Font-aux-cabres (Jean Kerchbron) – 1963  L’inspecteur Leclerc enquête : La chasse (Claude Barma) – Caterina (Gérard Herzog) – 1964  Pierrot des alouettes (Henri Spade) – 1965  La vie de bohème : Le miroir à trois faces (Maurice Cazeneuve) – Droit d’asile (René Lucot) – 1966  La mouette (Gilbert Pineau) – 1967  Le Golem (Jean Kerchbron) – Le chevalier tempête (Yannick Andréi) – 1968  Provinces : Flamenca – Languedoc (Abder Isker) – Gorri le diable (Pierre Neurisse & Jean Goulmain) – La librairie du soleil (Edmond Tyborowski) – 1969  Agence intérim : Dompteur – La veuve rusée (Jean Bertho) – 1970  Isabelle (Jean-Paul Roux) – Reportages sur un squelette ou masques et bergamasques (Michel Mitrani) – 1972  Les fossés de Vincennes (Pierre Cardinal) – Les évasions célèbres : Le comte de La Valette (Jean-Pierre Decourt) – Poly en Espagne (Claude Boissol) – Portrait : Pouchkine (Jean-Paul Roux) – 1973  Arpad le tzigane (Guy Saguez, Christian-Jacque & Frank Guthke) – Les Mohicans de Paris (Gilles Grangier) – 1974  Le deuil sied à Électre (Maurice Cazeneuve) – 1975  Salvator ou les Mohicans de Paris (Bernard Borderie) – 1977  Fachoda (Roger Kahane) – 1979  Charles Clément, canut de Lyon (Roger Kahane) – 1980  L’aéropostale, courrier du ciel (Gilles Grangier) – 1981  La vie des autres : Christophe (Gilles Legrand) – 1984  Les ferrailleurs des Lilas (Jean-Paul Sassy) – Messieurs les jurés : L’affaire Montagnac André Michel) – Irène et Fred (Roger Kahane) – 1986  Julien Fontanes, magistrat : Jamais rien à Coudoeuvre (Roger Kahane) – 1988  La chaîne (Claude Faraldo) – 1989  Commissaire Moulin : Corvée de bois (Paul Planchon).

Nota : IMDB crédite 1975  Arpad – Zwei Teufelskerle räumen auf (Alfredo Medori), est-ce un épisode de la série “Arpad”, sorti en salles en Allemagne ?

Mise à jour du 07/07/2009

 

 

Annonce également de la mort d’un monument du cinéma espagnol, l’acteur Fernando Fernán Gómez.

Fragements d’un dictionnaire amoureux : Pierre Granier-Deferre

Annonce de la mort de Pierre Granier-Deferre, le 16 novembre 2007, à l’âge de 80 ans. Des problèmes de santé l’empêchent de devenir journaliste, il étudie donc à l’IDHEC. Il devient un assistant-réalisateur prisé de “Sans laisser d’adresse” (1950) à “Un taxi pour Tobrouk” (1961). Il participe à la réalisation du premier film de  Frédéric Dard, un film sur la résistance,  “Une gueule comme la mienne” (1959), pour lequel il apporte son expérience. Dard confiait à François Guérif : “Les règles de la profession cinématographique étaient très strictes. Moi, je ne connaissais rien aux angles et aux objectifs. Alors on m’a trouvé un assistant de qualité, Pierre Granier-Deferre. Je donnais l’idée et Granier la réalisait” (TéléCinéVidéo, février 1984, cité dans Ciné Micellanées, Payot, 2007). Il fait cavalier seul, en  1961, comme réalisateur à part entière, avec “Le petit garçon de l’ascenseur”, histoire d’un très jeune liftier travaillant dans un palace de la côte d’azur et “Les aventures de Salavin”, adaptation du roman de Georges Duhamel, avec Maurice Biraud. Suit  “La métamorphose des cloportes” (1965), film noir d’après le roman d’Alphonse Boudard, avec une brillante distribution. Il bride les dialogues de Michel Audiard, qui gardera quelques dialogues pour d’autres films.  Il adapte ensuite René Fallet pour “Paris au mois d’Août”, mettant en vedette Charles Aznavour. Il y rencontre la comédienne Susan Hampshire qui joue le rôle d’une cover-girl anglaise, qu’il épousera ensuite.  Il adapte Bertrand Poirot-Delpech, pour “Le grand dadais”, où Jacques Perrin, jeune homme plein d’avenir, voit soudain son destin basculer. Souvent décrié par la critique, qui lui reproche de perpétuer une certaine « Qualité France », il travaille souvent pour des monstres sacrés. A voir ses films on peut penser qu’il est largement mésestimé, il est à l’aise dans des histoires minimalistes, ou psychologiques. Il confie à Éric Leguèbe,  En général, je choisis d’évoquer l’histoire de héros négatifs, ou du moins ne se trouvant pas dans le sens de l’ascension. Ce genre de sujet est celui qui me convient, où je me sens le plus à l’aise. Je préfère raconter des personnages, qu’une histoire…” (“Confessions – Un siècle de cinéma français par ceux qui l’on fait” – Ifrane éditions, 1995). Il dirige Jean Gabin dans « La horse » (1969), polar rural où le comédien joue un patriarche adepte de l’auto-justice. (1) Il trouve au travers de l’adaptation des œuvres de Georges Simenon, l’occasion de s’exprimer avec le plus de justesse, avec “Le chat” (1970), donnant deux rôles magnifiques à Simone Signoret et Jean Gabin, formant un vieux couple qui se délite. Claude Gauteur regrettait cependant que l’œuvre initiale soit édulcorée pour être mise au service des deux vedettes. Il retrouvera l’atmosphère simenonienne à trois autres reprises. Simone Signoret devient “la veuve Couderc” (1972), fermière désoeuvrée succombant au charme d’un étranger de passage joué par Alain Delon. Il illustre l’exode des Français fuyant les troupes allemandes avec “Le train” (1973), avec le magnifique couple formé par Jean-Louis Trintignant et Romy Schneider puis suit “L’étoile du nord” d’après “Le locataire”, donnant l’un de ses meilleurs rôles à Philippe Noiret jouant un aventurier hébergé dans une pension de famille dirigée par Simone Signoret (2). “Le fils” (1972), écrit par Henri Graziani, est un bon polar, évoquant le retour d’un caïd – Yves Montand probant -, revenant dans sa Corse natale pour retrouver sa mère mourante – Germaine Delbat -. “La race des seigneurs”, est plus décevant, montrant un Alain Delon assez peu convaincant dans les méandres de la politique succombant aux charmes d’une cover girl – Sydne Rome -. “La cage” (1975) est par contre l’un de ses films les plus originaux, c’est un huis clos assez étouffant montrant Ingrid Thulin séquestrant son ex-mari campé par Linon Ventura, dans le sous-sol de sa maison. “Adieu poulet”, bien que très critiqué à sa sortie et jugé réactionnaire, est porté par l’excellent duo Patrick Dewaere / Lino Ventura, jouant des policiers dans une ville de Rouen aux prises avec un système de corruption généralisé. “Une femme à sa fenêtre” (1976), tiré de l’œuvre de Drieu La Rochelle, évoquant la femme – Romy Schneider – d’un ambassadeur à Athènes – Philippe Noiret -, qui recueille un opposant communiste en plein coup d’état du régime fasciste du général Méxetas, manque assez de souffle. “Le toubib” (1979), est une curiosité, c’est un film d’anticipation militariste, épousant la personnalité d’Alain Delon. C’est en 1981, que Pierre Granier-Deferre signe son meilleur film, une adaptation à nouveau. L’univers de Jean-Marc Roberts et son roman “Affaires étrangères”, lui permet de donner l’un de ses meilleurs rôles à Michel Piccoli, éblouissant en publicitaire manipulant Gérard Lanvin, en quête d’un père, pour l’asservir à son bon vouloir. La suite dans les années 80, est plus décevante, du dépressif “L’ami de Vincent” (1983), “L’homme aux yeux d’argent” (1985) évoqué ici, au conventionnel « Noyade interdite » (1987). Mais “Cours privé” (1986) donne l’occasion d’utiliser le charme d’Élizabeth Bourgine, séduisante enseignante dont l’arrivée pertube la quiétude un lycée privé, et de donner l’un de ses meilleurs rôles à l’excellent Michel Aumont. Il retrouve cette comédienne dans “La couleur du vent” (1988), où elle joue une éditrice tombant sous le charme d’un roman. “L’autrichienne” tourné en 1989, est une évocation réaliste des derniers jours de Marie-Antoinette – Ute Lemper -, écrit par Alain Decaux et André Castelot. “Archipel” (1991), cherche à retrouver le trouble de “Cours privé” dans un collège anglais, avec Melville Poupaud et Michel Piccoli, pour un résultat plutôt décevant. “La voix” (1992), malgré Nathalie Baye et Sami Frey est un film assez bavard et “Le petit garçon” (1993) est une adaptation assez académique de l’œuvre de Philippe Labro. Le réalisateur se tourne alors vers la télévision, où il dirige Bruno Cremer pour 4 Maigret, et participe à l’écriture d’autres téléfilms de la série. L’homme semblait discret, pour l’avoir vu dans l’émission “Le club”, sur CinéClassic. Il aimait à sonder les noirceurs de l’âme humaine et arrivait très souvent à dessiner une émotion contenue, montrant les noirceurs de l’âme humaine. Reste qu’il fut l’un des meilleurs passeurs de l’œuvre de Georges Simenon et ne méritait pas certaines critiques assez furibardes à son sujet (3).

 

 

(1) Le film est diffusé par France 3 en hommage, mardi 20 novembre, en seconde partie de soirée. (2) La dernière scène du film fut dirigée par Bertrand Tavernier, remplaçant le cinéaste malade. (3) Citons René Prédal dans “Cinéma 80 N°262” : “…Il semble malheureusement prisonnier d’un système de production qui n’admet que la débilité “Le toubib” ou le discours fascisant : ainsi dans “Adieu Poulet”, tous les politiciens sont corrompus mais on trouve par contre des flics honnêtes et valeureux !…” ou encore “…Granier-Deferre s’est-il laissé aller à la facilité du statut de “yes man” bien payé et par conséquent peu sourcilleux sur l’odeur de la marchandise qu’il a pour fonction d’envelopper ?”.

 

 

 

 

 

Filmographie : Comme réalisateur : 1953  La fête énchantée (CM) – 1958  Mensonge (CM) – 1961  Le petit garçon de l’ascenseur – 1962  Les aventures de Salavin / La confession de minuit – 1965  La métamorphose des cloportes – Paris au mois d’Août – 1967  Le grand dadais – 1969  La horse – 1970  Le chat – 1971  La veuve couderc – 1972  Le fils – 1973  Le train – La race des “seigneurs” – 1974  La cage – 1975  Adieu poulet – 1976  Une femme à sa fenêtre  – 1979  Histoires insolites : Tu comprends ça, soldat ! (TV) – Le toubib – 1981  L’étrange affaire – L’étoile du nord – 1983  L’ami de Vincent – 1985  L’homme aux yeux d’argent – 1986  Cours privé – 1987  Noyade interdite – 1988  La couleur du vent – 1989  L’autrichienne – 1991  Archipel – 1992  La voix – 1993  Le petit garçon – Maigret et la vente à la bougie (TV) – La dernière fête (TV) – 1997  Maigret et l’enfant de chœur (TV) – 2001  Maigret et la fenêtre ouverte (TV). Assistant-réalisateur : 1950  Sans laisser d’adresse (Jean-Paul Le Chanois) – Terreur en Oklahoma (Paul Paviot & André Heinrich, CM) – Le roi des camelots (André Berthomieu) – 1951  La nuit est mon royaume (Georges Lacombe) – Chacun son tour (André Berthomieu) – Agence matrimoniale (Jean-Paul Le Chanois) – 1952  Allô… je t’aime (André Berthomieu) – Elle et moi (Guy Lefranc) – Belle mentalité (André Berthomieu) – 1953  L’oeil en coulisses (André Berthomieu) – Le portrait de son père (André Berthomieu) – Le village magique (Jean-Paul Le Chanois) – 1954  L’air de Paris (Marcel Carné) – Papa, maman, la bonne et moi (Jean-Paul Le Chanois) – Les évadés (Jean-Paul Le Chanois) – 1956  Crime et châtiment (Georges Lampin) – Le cas du docteur Laurent (Jean-Paul Le Chanois) – 1957  À pied, à ceval et en voiture (Maurice Delbez) – 1958  En légitime défense (André Berthomieu) – Et ta soeur ? (Maurice Delbez) – Les grandes familles (Denys de la Patellière) – Le fauve est lâché (Maurice Labro) – 1959 Rue des prairies (Denys de la Patellière) – Les yeux de l’amour (Denys de la Patellière) – 1960  Un taxi pour Tobrouk (Denys de la Patellière) – L’ours (Edmond Séchan) – Pierrot la tendresse (François Villiers). Conseiller technique : 1959  Une gueule comme la mienne (Frédéric Dard).

 

 

 

 

 

Bibliographie : Filmographie : Stéphane Roux “Dictionnaire des réalisateurs franais” (Dualpha Éditions, 2002).

 

©   Le coin du cinéphage (reproduction strictement interdite, textes déposés)

 

MORT DE DELBERT MANN

Annonce de la mort du cinéaste américain Delbert Mann, des suites d’une pneumonie à l’hôpital de Los Angeles. Il connaît une consécration avec “Marty”, pour lequel il reçoit l’oscar du meilleur réalisateur. Le rôle titre révèle un Ernest Borgnigne, inattendu en garçon boucher au physique ingrat qui finit par trouver l’amour en rencontrant une jeune institutrice. Il avait déjà en 1953, adapté cette œuvre de Paddy Chayersky, pour la télévision, avec Rod Steiger. Suivent plusieurs adaptations d’œuvres théâtrales, “Désirs sous les ormes” (1958) , d’après d’Eugene O’Neill avec Sophia Loren et Anthony Perkins, “Tables séparées”, mélodrame adapté d’après Terence Ratigan, à la distribution brillante, Rita Hayworth, Deborah Kerr, Burt Lancaster et David Niven, “Au milieu de la nuit”, d’après Paddy Chayefsky, avec Kim Novak et Frederic March.. Il signe régulièrement des comédies avec notamment “Un pyjama pour deux”, avec Rock Hudson et Doris Day, dans le cadre des milieux de la publicité, “Un soupçon de vison” où Cary Grant est un séducteur éconduit par Doris Day, “Un si gentil petit gang”, composés de domestiques cabrioleurs aidant une vieille dame ruinée, ou “La junge aux diamants”, comédie d’aventure avec James Garner. Tony Curtis devient pour lui “Le héros d’Iwo Jiwa”, un indien qui s’engage dans la bataille du Pacifique, auprès des troupes américaines, lors de la seconde guerre mondiale et Rock Hudson un colonel d’aviation chargé de mettre bon ordre dans une base militaire dans « Le téléphone rouge ». En 1982, il signe pour les productions Disney, l’histoire d’un dissident de l’Allemagne de l’Est, joué par John Hurt, qui cherche à s’évader en dirigeable. Ces dernières années, il se consacrait surtout à la télévision, comme avec une nouvelle adaptation d’  “À l’ouest rien de nouveau”, dénonçant les affres de la guerre de 1914-1918 dans les tranchées et qui semble jouir d’une certaine réputation, et avoir été diffusé en salles en Europe ou “Les derniers jours de Patton”, où Georges C. Scott reprend le rôle titre qui lui avait valu l’oscar. Il fut le président de la prestigieuse “Directors Guild of America” de 1967 à 1971. Il épousa Ann Caroline Mann en 1941, et il lui restera fidèle jusqu’à sa mort en 2001. Même s’il fut souvent décrié par la critique, il restera comme l’un des honnêtes artisans d’Hollywood.

Delbert Mann & Doris Day

Filmographie : 1955  Marty (Id) – 1957 The bachelor party (La nuit des maris) – 1958 Separate tables (Tables séparées) – Desire under the ells (Désirs sous les ormes) – 1959  Middle of the night (Au milieu de la nuit) – 1960  The dark at the top of the stairs (Ombre sur notre amour) – 1961  The outsider (Le héros d’Iwo-Jima) – Lover come back (Un pyjama pour deux) – 1962  That touch of mink (Un soupçon de vison / La belle et le milliardaire) – 1963  A gathering of Eagles (Le téléphone rouge) – 1964  Dear heart – Quick before it mels (Vite avant que ça fonde) – 1966  Mister Buddwing (Énigme à quatre inconnues) – 1967  Fitzwilly (Un si gentil petit gang) – 1968  The pink jungle (La jungle aux diamants) – 1970  Jane Eyre (Id) – 1971  Kidnapped – 1973  Interval – 1977  Tell me my name – Home to stay – 1978  Love’s dark ride – 1981  Night crossing (La nuit de l’évasion) – 1983 Brontë. Télévision : (notamment) : 1953  Paddy – 1979  All quiet on the western front (À l’ouest rien de nouveau) – 1980  To find my son – 1981  All the way home – 1982  The member of the wedding  -1983  The gift of love : A Christmas story – 1984  Love leads the way : A true story – 1985  A death in California – 1986  The last days of Patton (Les derniers jours de Patton) – The Ted Kennedy Jr. Story – 1988  April morning- 1991  Ironclads – 1992  Against her will : An incident in Baltimore – 1994  Incident in a Small town – Lily in winter.

A déplorer un mois de novembre particulièrement meurtrier pour le cinéma, avec la mort de Fernando Baldi, réalisateur très original italien – on lui doit des western à l’italienne, comme “Texas addio” (1966), avec Franco Nero et “Le justicier aveugle” (1971), avec Ringo Starr, et même un autre en relief “Western” (1982), avec Victoria Abril, de Laraine Day, héroïne du “Correspondant 17” d’Alfred Hitchcock, le romancier Norman Mailer qui s’est essayé à la réalisation avec “Les vrais durs ne dansent pas” avec Ryan O’Neal, Isabella Rosselini et le vétéran Lawrence Tierney. Les gens du cinéma annonce aussi la mort de Robert Rollis des suites d’un cancer foudroyant, ce 12 Novembre, pour lequel j’avais fait un hommage ici même dans la rubrique Fragments d’un dictionnaire amoureux.

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Deborah Kerr

 

Annonce de la mort de Deborah Kerr le 16 octobre dernier dans le Suffolk – Est de l’Angleterre -, elle souffrait de la maladie de Parkinson. Cette comédienne d’une grande distinction, est née à Helensburg, en Ecosse, le 30 septembre 1921. Elle s’inscrit en 1937 à la Sadler’s Wells Ballet, comme danseuse. Elle joue ensuite de petits rôles sur la scène. Michael Powell avait aimé cette comédienne à ses début en Angleterre, mais il s’était marié avec une autre Femme Frankie. Il évoque avec émotion sa rupture avec elle, dans son livre “Million dollar movie” : “Une moitié de moi-même, une partie de Deborah, avait été écorchée, débitée, comme une viande sanglante mise à l’étal du marché hollywoodien…”.  Il devait la retrouver pour le “Colonel Blimp” (1943), où elle joue trois rôles différents, elle remplaça Wendy Hiller alors enceinte, et le superbe “Narcisse noir”, en 1946, où elle incarnait une religieuse vivant dans une communauté dans les contreforts de l’Himalaya. La Metro Goldwyn-Mayer l’engage en 1947, pour des rôles de Ladies, le plus souvent. Elle fit un parcours exemplaires, mais si elle fut nommée pour l’Oscar de la meilleure actrice à six reprises – “Edward, mon fils”, “Tant qu’il y aura des hommes”, “Le roi et moi”, “Dieu seul le sait”, “Tables séparées”, et “Horizons sans frontière”, elle ne le reçu jamais. La noblesse de son port naturel la prédispose à jouer dans des films historiques de prestiges. Elle tourne avec Fred Zinneman où elle a une scène torride au bord d’une plage avec Burt Lancaster, Vincente Minnelli dans “Thé et sympathie” (1956) , dans le rôle d’une femme mariée séduite par un jeune homme, Otto Preminger dans “Bonjour tristesse” (1957), adaptation de l’œuvre de Françoise Sagan, où elle séduit David Niven, au grand désarroi de la fille de ce dernier jouée par Jean Seberg. Elle rayonne face à Cary Grant, dans “Elle et lui” (1957), mélo radieux dans le décors de l’Empire State Building, remake abouti de Leo MacCarey de son propre film joué en 1938 avec Irene Dunne et Charles Boyer de 1938. Son interprétation sensible de gouvernante dans le magnifique “Les innocents” (1961) de Jack Clayton, participe à la réussite du film adapté de l’œuvre d’Henry James.  John Huston fit voler son image en éclats, avec le jubilatoire “Dieu seul le sait” (1957), où elle joue une nonne échouée dans une île du Pacifique, avec un séduisant marin cabochard – génial Robert Mitchum -, jouant à la déstabiliser en blasphémant. Elle retrouve Huston dans “La nuit de l’Iguane” 1964), en femme dans l’errance, dans l’un des meilleurs moments de l’inégal “Casino royale” (1967), en jouant aux côtés de David Niven en incarnant une espionne écossaise portée sur la boisson, entourée de superbes créatures. Dans l’un des meilleurs films d’Elia Kazan, “L’arrangement” (1969), elle est éblouissante en femme meurtrie ne comprenant pas le comportement de son mari après un accident – Kirk Douglas dans l’un de ses plus grands rôles -, et qui tente de sauver son couple, avant de le faire hospitaliser dans un hôpital psychiatrique, ne supportant plus l’idée d’un bonheur perdu. Elle s’éloigne ensuite des plateaux, pour ne revenir que dans les années 80, le plus souvent dans des téléfilms. Elle était l’épouse de l’écrivain Peter Viertel depuis 1960, et vivait surtout en Suisse. Un parcours exemplaire, pour cette comédienne charmante, jouant avec une image sophistiquée, pour mieux laisser poindre l’émotion.

Bibliographie : “Stars” N°2 (Grand Angle absl, 1988); “30 ans de cinéma britannique” de Raymond Lefevre & Roland Lacourbe (Éditions Cinéma 76).

Filmographie : 1940  Contraband / Blackout (Espionne à bord) (Michael Powell, rôle coupé au montage) – 1941 Major Barbara (Id) (Gabriel Pascal, Harold French & David Lean) – Love on the dole (Belgique : Les naufragés de la vie) (John Baxter) – Penn of Pennsylvania (Lance Comfort) – Hatter’s castle (Le chapelier et son château) (Lance Comfort)- 1942  The day will dawn / USA : The avengers (La revanche ou Riposte à Narvik) (Harold French) –  1943  The live and death of colonel Blimp / The adventures of Colonel  Blimp(Colonel  Blimp) (Michael Powell & Emeric Pressburger) – 1945  Perfect strangers / Vacation from marriage (Entracte au mariage) (Alexander Korda) – 1946  I see a dark stranger (L’étrange aventurière / En Belgique : Le carnet  secret) (Frank Launder) – The black narcissus (Le narcisse noir / Belgique : Ames en détresse) (Michael Powell & Emeric Pressburger) – 1947  The hucksters (Marchands d’illusions) (Jack Conway) – If winter comes (Quand vient l’hiver) (Victor Saville) – 1949  Edward, my son (Edward, mon fils) (George Cukor)Please believe me (J’ai trois amours) (Norman Taurog) – 1950  King Salomon’s mines (Les mines du roi Salomon) (Andrew Marton & Compton Bennett) – 1951  Quo Vadis ? (Id) (Mervyn LeRoy) – Thunder in the East (Tonnerre sur le temple) (Charles Vidor) – 1952  Dream wife (La femme rêvée) (Sidney Sheldon) – The prisoner of Zenda (Le prisonnier de Zenda) (Richard Thorpe) –  1953  Young Bess (La reine vierge) (George Sidney) – Julius Caesar (Jules César) (Joseph L. Mankiewicz) – 1954  From here to eternity (Tant qu’il y aura des hommes) (Fred Zinnemann) – The end of the affair (Vivre un grand amour) (Edward Dmytryk) – 1955  The pround and profane (Un magnifique salaud) (George Seaton) – 1956  The King and I (Le roi et moi) (Walter Lang) – Tea and sympathy (Thé et sympathie) (Vincente Minnelli) – 1957  Kiss them for me (Une sacrée bordée / Embrasse-la pour moi) (Stanley Donen, voix seulement) – An affair to remember (Elle et lui) (Leo McCarey) – Heaven knows, Mr. Allison (Dieu seul le sait /  En Belgique : Heaven kows, Mr. Allison) (John Huston) – 1958  Bonjour tristesse (Id) (Otto Preminger) – Separate tables (Tables séparées) (Daniel Mann) – The journey (Le voyage) (Anatole Litvak) – 1959  Count your blessings (J’ai épousé un français) (Jean Negulesco) – Beloved infidel (Un matin comme les autres) (Henry King) – 1960  The sundowners (Horizons sans frontières) (Fred Zinnemann) – The grass is greener (Ailleurs l’herbe est plus verte) (Stanley Donen) – 1961  The naked edge (La lame nue) (Michael Anderson) – The innocents (Les innocents) (Jack Clayton) – 1962  The chalk garden (Mystère sur la falaise) (Ronald Neame) – 1963  The night of the Iguana (La nuit de l’iguane) (John Huston) – On the trail of the iguana (Ross Lowell, CM, documentaire) – 1965  Marriage on the rocks (Les inséparables / Comment marier sa femme) (Jack Donohue) – Eye of the devil / Thirteen (Le mystère des 13 / L’œil du malin) (Jack Lee Thompson) – 1966  Casino Royale (Id) (Séquences réalisées par John Huston) – 1967  Prudence and the pill (Prudence et la pilule) (Ronald Neame & Fielder Cook) – 1969  The gypsy moths(Les parachutistes arrivent) (John Frankenheimer) – The arrangement (L’arrangement) (Elia Kazan) – 1984   The Assam garden (Mary McMurray) – 1991  Preminger: Anatomy of a filmmaker (Valerie A. Robins, documentaire).  Télévision (notamment) : 1982  BB2 Playhouse : A song of Twilight (Cedric Messina) – Witness for Prosecution (Témoin à charge) (Alan Gibson) – 1984  A woman of substance (Don Sharp) – 1985  Reunion at Fairborough (Rendez-vous à Fairborough) (Herbert Wise) – 1986  Hold the dream (Accroche-toi à ton rêve) (Don Sharp).

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Raymond Pellegrin

Annonce de la mort à Garons dans le Gard de Raymond Pellegrin, le 14 octobre dernier à l’âge de 82 ans. Ce comédien à grande prestance avait une voix fortement reconnaissable, il doubla Jean Marais dans la série des “Fantômas”, pour André Hunebelle, n’ayant plus grand chose à voir avec l’œuvre initiale de Souvestre et Allain. Mais son timbre de voix, et son ironie distinguée faisait de son interprétation un personnage à part entière, venant au secours d’un personnage un tantinet inexistant. Mais il serait assez réducteur de ne voir que cette facette de son talent, et ne pas oublier qu’il était l’une des plus grandes vedettes du cinéma français dans les années 50. Il rencontre Marcel Pagnol qui en fait l’un de ses interprètes fétiches, au théâtre pour une reprise de “Topaze” en 1945 et une création “Judas” en 1955. Il lui donne le rôle de l’instituteur séduisant Jacqueline Pagnol, et raisonnant avec justesse face aux problèmes des villageois dans le mésestimé “Manon des sources” (1952). Il se partageait avec Daniel Gélin, le rôle de “Napoléon” (1954) dans le fillm de Sacha Guitry.  Gélin personnifiant Bonaparte qui sacrifie sa longue chevelure laisse à sa place à Pellegrin qui se retrouve avec autorité “Napoléonisé”, idée déjà utilisée dans “Le fabuleux de Désirée Clary” – Guitry succédant à Jean-Louis Barrault -. Il reprendra ce rôle en exil à Saint-Hélène dans l’excellente “Caméra explore le temps” – œuvre disponible en DVD chez L.C.J. éditions –, relatant l’exil de l’Empereur à Saint-Hélène face à l’admirable Michel Bouquet figurant Hudson Lowe, son geôlier, et dans le médiocre “Vénus impériale” face à Gina Lollobrigida en 1962. ll était excellent en médecin cynique aux prises avec des gangsters dans “La bonne tisane” (Hervé Bromberger, 1958), réussissant à séduire Estella Blain jouant une jeune interne de nuit, tout en étant parfaitement odieux et appréciant les blagues de carabins. On le retrouve souvent dans rôles de commissaires ou de malfrats, il est même un bédouin dans le beau film de Nicholas Ray “Amère victoire” (1957). Il est impressionnant en truand marseillais dans le “Deuxième souffle” (Jean-Pierre Melville, 1966), qui “cafouille dans les cigarettes”, selon une réplique de l’inspecteur Blot joué par Paul Meurisse. Pour la petite histoire, à la question de Rui Nogueira dans “Le cinéma selon Jean-Pierre Melville” (Édition Seghers, 1973), “Pourquoi avoir mis des gravures de Napoléon dans le bureau de Paul Ricci – son personnage – ?”, Melville répond “Parce qu’il a joué Napoléon dans le film de Sacha Guitry. Dans le temps, j’avais fait toute une série de photographies de Pellegrin habillé en Napoléon, car j’envisageais de tourner avec lui dans le rôle de Bonaparte, “La mort du duc d’Enghien”. Sacha est venu ; et Pellegrin a eu le rôle grâce à mes photos…”. D’autres cinéastes comme Yves Boisset “Le saut de l’ange” (1971 , Pierre Grasset, “Quand la ville dort” (1975) et Daniel Duval, “Le bar du téléphone” (1980), utiliseront sa présence pour de solides polars, perpétuant cette tradition. Il a aussi beaucoup tourné en Italie, les rôles s’amenuisant de plus en plus en France, il  participe à des “poliziotteschi” dans la grande traditions des polars urbains et violents dans les années 70. citons “La peur règne sur la ville” (1976) où il figure un redoutable caïd qui s’évade de prison avec sa bande et  – “L’onorata famiglie”, (1973). Fernando Di Leo, réalisateur de “Salut les pourris”, l’évoquait dans un entretien avec Claude Ledû en 1988, dans un numéro de “Mad Movies”, repris dans le hors-série “L’âge d’or du cinéma italien” : “…Entre lui et moi, il y avait évidemment l’ombre de [Jean-Pierre] Melville. Mais Pellegrin est un professionnel. Attentif à tout et surtout peu enclin à la patience. Il adore travailler en Italie parce que tout va vite et sur “Salut les pourris”, ça allait très vite. C’est ma méthode. Cette vitesse me permet de gagner de l’authenticité. Avec quelqu’un comme Pellegrin, il n’y a pas 50 prises à faire : il est immédiatement bon. Dans ce plan au tout début du film, il est seul face à la caméra pendant que ses hommes liquident des complices à l’intérieur du hangar. Il fume, il n’a pratiquement rien à faire. Et pourtant, en un instant, il fait passer l’incertitude, le dégoût, la lassitude, le cynisme”. Dans les années 90, il participe à une série en Italie avec Bud Spencer “Big man”. En France, il avait un rôle récurrent de policier, le commissaire Rocca, mais la série n’avait pas eu le succès d’un “Navarro”. On le revit une dernière fois dans “Notes sur le rire” – tourné en 1999, mais diffusé qu’en 2002 sur France 3 -, hommage à l’œuvre de Marcel Pagnol, il est un proviseur à la retraite aux côtés deThomas Jouannet en jeune instituteur anticonformiste. La boucle est bouclée, il devait rendre hommage à Pagnol il y a peu, avec chaleur dans le documentaire “Pagnol et compagnie”. Sa seconde femme – la première était Dora Doll – la comédienne Giselle Pascale, est morte en février dernier et dont il fut le partenaire dans “Le feu sur la peau” (1954), “Marchande d’illusions” (1954), “Ca n’arrive qu’aux vivants” (1958), “Un cas de conscience” 1968) et “La mort des capucines” (1971) (TV). Leur fille Pascale est également comédienne. A lire le bel hommage d’Yvan Foucart pour le site des Gens du cinéma.  

 

 

 

 

 

Raymond Pellegrin et Giselle Pascal, le 8 septembre 1955 à Paris

Filmographie : 1941  Six petites filles en blanc (Yvan Noé) – 1945  Marie la Misère (Jacques de Baroncelli) – Naïs (Raymond Leboursier et Marcel Pagnol) – Jéricho (Henri Calef) – 1946  La femme en rouge (Louis Cuny) – 1947  Le diamant de cent sous (Jacques Daniel-Norman) – Un flic (Maurice de Canonge) – 1950  Le clochard milliardaire (Léopold Gomez) – Coupable ? (Yvan Noé) – 1951  Le banquet des fraudeurs (Henri Storck) – Trois femmes, [épisode : “Mouche”] (André Michel) – Le bouquet de Saint Jean (inachevé) – 1952  Le témoin de minuit (Dimitri Kirsanoff) – Nous sommes tous des assassins (André Cayatte) – Manon des sources (Marcel Pagnol.) – Le fruit défendu (Henri Verneuil) – 1953  Les compagnes de la nuit (Ralph Habib) – Le grand jeu (Robert Siodmak) – La rage au corps (Ralph Habib) – 1954  Les intrigantes (Henri Decoin) – La Romana (La belle romaine) (Luigi Zampa) – Le feu dans la peau (Marcel Blistène) – Marchandes d’illusions (Raoul André) – Napoléon (Sacha Guitry) – Les impures (Pierre Chevalier) – 1955  Les Le crâneur (Dimitri Kirsanoff) – Chantage (Guy Lefranc) – La lumière d’en face (Georges Lacombe) – 1956  La loi des rues (Ralph Habib) – Le feu aux poudres (Henri Decoin) –  Jusqu’au dernier (Pierre Billon) – Vacances explosives (Christian Stengel) –  1957  Bitter Victory (Amère victoire) – La bonne tisane (Hervé Bromberger) – Mimi Pinson (Robert Darène) – 1958  Ça n’arrive qu’aux vivants (Tony Saytor) – Secret professionnel (Raoul André) – 1959  El casco blanco (Casque blanc) (Pedro Balaña, Pedro Bonvehi & Tony Saytor) – 1960  Chien de pique (Yves Allégret) – L’Imprevisto (L’imprévu) (Alberto Lattuada) – 1961  A view from the Bridge (Vu du pont) (Sidney Lumet) – Horace 62 (André Versini) – Carillons sans joie (Charles Brabant) – 1962  Venere imperiale (Vénus impériale) (Jean Delannoy) – Les mystères de Paris (André Hunebelle) – 1963  La bonne soupe, (Robert Thomas) – Behold a pale Horse (Et vint le jour de la vengeance) (Fred Zinnemann) –  1964  Fantômas (André Hunebelle, voix de Fantômas) – 1964  Un soir à Tibériade (Hervé Bromberger) -Fantômas se déchaîne, (André Hunebelle, voix de Fantômas) – 1965  Furia à Bahia pour OSS 117 (André Hunebelle) – 1966  Maigret a Pigalle (Maigret à Pigalle) – Le deuxième souffle (Jean-Pierre Melville) – Brigade anti-gangs (Bernard Borderie) – Fantômas contre Scotland Yard (André Hunebelle, voix de Fantômas) – 1967  L’homme qui valait des milliards (Michel Boisrond) – 1968  Sous le signe de Monte-Cristo, d’André Hunebelle) – Quanto costa morire (Les colts brillent au soleil) (Sergio Merolle) – 1969  Un caso di conscienza / Un cas de conscience, de Gianni Grimaldi) – Beatrice Cenci  (Liens d’amour et de sang) (Lucio Fulci) – 1971  Le saut de l’ange (Yves Boisset) – L’odeur des fauves (Richard Balducci) – La part des lions (Jean Larriaga) – Les intrus (Sergio Gobbi) – Abuso di potere  (Abus de pouvoir) (Camillo Bazzoni) – 1972  Camorra  (Les tueurs à gages) (Pasquale Squitieri) – Le solitaire, d’Alain Brunet) – Un officier de police sans importance (Jean Larriaga) – Crescete e multiplicatevi (Giulio Petroni) – Le complot (René Gainville) – 1973  L’onorata famiglia – Uccidere è cosa nostra (Tonino Ricci) – I guappi (Lucia et les gouapes) (Pasquale Squitieri) – L’ambizioso (Belgique : Mourir à Naples) (Pasquale Squitieri) – Il poliziotto è marcio (Salut les pourris) (Fernando Di Leo) – Piedone lo sbirro (L’inspecteur Flatfoot) (Steno) – 1974  Jackpot, (Terence Young, inachevé) Viaggia ragazza, viaggia hai la musica (Pasquale Squitieri) – Die Antwort kennt mir der Wind (Seul le vent connaît la réponse) (Alfred Vohrer) – Change (Bernd Fischerauer) – 1975  L’uomo della strada fa giustizia (Humbert Humphrey [Umberto Lenzi]) –  Scandalo (Salvatore Samperi) – Quelli della calibro 38 (Section de choc) (Massimo Dallamano) –  Quand la ville s’éveille (Pierre Grasset) – Der Köder / Zerschossene traüme / L’appât (Peter Patzak) – 1976   Paura in città  (La peur règne sur la ville / Tireur d’élite) (Giuseppe Rosati) – Italia a mano armata (Flics en jean / Opération jaguar) (Marino Girolami) – 1977  Puttana galera ! (Gianfranco Piccioli) – Antonio Gramsci : I giorni del carcere (Lino Del Fra) – 1978  Porci con la P. 38 (Gianfranco Pagani) – Le rose et le blanc, de Robert Pansard-Besson) – 1980  Le bar du téléphone (Claude Barrois) Les uns et les autres (Claude Lelouch) (+ version TV) – 1982  Plus beau que moi, tu meurs (Philippe Clair) – Porca vacca ! (Marche au pas) (Pasquale Festa Campanile) –  1983  Ronde de nuit (Jean-Claude Missiaen) – Viva la vie ! (Claude Lelouch) –  Louisiane (Philippe de Broca) (+ version TV) – 1985  Jubiabá (Bahia de tous les saints) (Nelson Pereira dos Santos) (+ version TV) – 1988  Don Bosco (Leandro Castellani). 

 

 

 

 

Dans le “Napoléon” de Sacha Guitry (source forum d’Allociné)

 

 

 

 

  

 

Télévision : 1961  La caméra explore le temps : Le drame de Saint-Hélène (Guy Lessertisseur) – 1963  Madame Sans Gêne (Claude Barma) – 1965  Le train bleu s’arrête 13 fois : Dijon : Premier courrier (Mike Roussel) – 1966  L’écharpe (Abder Isker) – 1970  Les salauds vont en enfer (Abder Isker) – Un jardin sur la mer (Abder Isker) – 1971  La mort des capucines (Agnès Delarive) – La promessa (Alberto Negrin) – 1978  Messieurs les ronds de cuir (Daniel Ceccaldi) – Mais ne te promène pas toute nue (Jeannette Hubert) – 1979  On purge bébé (Jeannette Hubert) – Histoires de voyous : L’élégant (Gilles Grangier) – La promessa (Alberto Negrin) – 1980  Docteur Teyran (Jean Chapot) – 1981  La malle de Hambourg (Jean-Roger Cadet) – Madame Sans-Gêne (Aber Isker, captation) – Commissaire Moulin : La bavure (Claude Grinberg) – 1982  Le truqueur (Ader Isker) – Le fou du désert (Jean-Paul Trébouel) – Western di cose nostre (Pino Passalacqua) – 1983  Cinéma 16 : Venise attendra (Daniel Martineau) – 1984  I racconti del mareschiallo (Giovanni Soldati) – La bavure (Nicolas Ribowski) – Châteauvallon (Paul Planchon, Serge Friedman) – Souvenirs d’un amnésique (Philippe Laïk) –  1985  La camora (Steno) – 1986  Naso di cane ((Atillio Veraldi) – Nel gorgo del peccato (Andrea et Antonio Frazzi) – 1987  L’ombra nera del Vesuvio (Steno) – La garçonne (Étienne Périer) – 1988  Jeanne d’Arc, le pouvoir de l’innocence (Pierre Badel) – Il professore – Fanciulla che ride (Steno) – Il professore – 395000 dollar l’oncia (Steno) – Adorable Julia (Yves-André Hubert) – Der Liebwächter (Adolf Winkelmann) – Euréka (Frantz Peter Wirth) – 1989  Il professore – Polizza droga (Steno) – Il professere – Diva (Steno) –Il professore – Boomerang (Steno) –  Le triplé gagnant : Le crime de Neuilly (Claude Barrois) – Le triplé gagnant : Le dernier rendez-vous du président (Claude Grinberg) – 1990  Le triplé gagnant : Le manoir des veuves (Charles Bitsch) – Le triplé gagnant : Assassin s’il vous plaît ? (Bernard Villiot) – Les enquêtes du commissaire Maigret : Maigret à New York (Stéphane Bertin) – 1991  Le triplé gagnant : Fado pour une jeune fille (Bruno Gantillon) – Le triplé gagnant : L’affaire d’Hauterive (Bernard Villiot) – 1992  Le triplé gagnant : La mort du petit chat (Boramy Tioulong) – Le triplé gagnant : Le grand chêne (Jean-Pierre Prévost) – 1993  Rocca : Les dératiseurs (Bernard Dumont) – Rocca : Retour de flammes (Paul Planchon) – 1994  Rocca : Mortels rendez-vous (Paul Planchon) – 1995  Rocca : Coup de cœur (Paul Planchon) – 1999  Notes sur le rire (Daniel Losset) – 2005  Pagnol et compagnie (Alain Ferrari, documentaire). 

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Jacques Martin

Annonce de la mort de Jacques Martin, le 14 septembre dernier, à Biarritz. Évidemment il est important de rendre hommage à cet homme cultivé, qui pariait sur l’intelligence du spectateur, respect totalement perdu de vue – Patrick Le Lay est passé par là -. Il débute à la télévision en 1961 avec « Dimanche en France » sur Télé Strasbourg. Il avait bousculé avec Jean Yanne, la télévision du début des années 60, notamment avec “Un égale 3” en 1964. Le sketch désormais célèbre de Napoléon transformé en champion cycliste, qu’ils jouaient avec Paul Mercey et Lawrence Riesner, sonna le glas de cette émission. Cette même année il escalade la façade de “Radio Luxembourg”. En 1969, il co-anime avec Danièle Gilbert – qu’il surnomme la “Grande Duduche” -, “Midi-Magazine”. En 1975, il connaît un énorme succès public sur TF1 avec “Le petit rapporteur”, resté culte depuis. En 1977, il passe de TF1 à France 2, anime “Bon dimanche” jusqu’en 1978, présente “L’école des fans” – si souvent parodiée -, “Thé dansant”,  “Si j’ai bonne mémoire” (1983), “Le monde est à vous” (1987), etc… L’arrêt assez brutal de “Sous vos applaudissements” en 1998, suite à ses problèmes de santé – il fut remplacé par Jean-Claude Brialy -, semble l’avoir fortement meurtri. Ce surdoué dans la drôlerie, capable d’écrire une chanson sur un coin de table “Et vlan, passe-moi l’éponge”,  d’interpréter des opérettes, variait les plaisirs et était un découvreur de talents (Pierre Bonte, Piem, Virginie Lemoine, Laurent Gerra et même Julien Courbet). Louons Laurent Ruquier, de lui avoir rendu hommage, à l’instar de l’annonce de la mort d’Anne-Marie Carrière, dans une télévision rapidement et ingrate. Le cinéma emploie parfois son tempérament comme acteur. Il figure l’animateur de radio trottoir dans “L’amour avec des si” (Claude Lelouch, 1963) – il le retrouvera l’année suivante avec “La femme spectacle” -, le compagnon de beuverie bavard de Jean-Claude Brialy dans “Comment épouser un premier ministre” (Michel Boisrond, 1964), un chanteur lyrique dans “Qui êtes-vous Polly Maggoo ?” (William Klein, 1965), un garde mobile constamment assommé dans “Monsieur le Président-directeur-général” (Jean Girault, 1966), un vendeur dans “Érotissimo” (Gérard Pirès, 1968), l’ami de Claude Berri qui le convainc de transformer sa libraire en sex-shop dans “Sex-shop” (Claude Berri, 1972), et un patron de boîte de nuit qui emploie Romy Schneider dans “La passante du sans-souci” (Jacques Rouffio, 1981). Il trouve même un rôle de premier plan dans le téléfilm “Le rescapé de Tikeroa” (Jean L’Hôte, 1981), où il est un gendarme français qui veut faire preuve d’autorité dans un archipel de Tahiti en 1939, au début de la seconde guerre mondiale. Il joue même son propre rôle dans “Les cinq dernières minutes”, épisode « Les feux de la rampe” (Daniel Losset, 1995), dans un épisode ou le commissaire Massard – Pierre Santini – enquête sur l’assassinat d’une danseuse lors d’un enregistrement de l’émission du dimanche au Théâtre de l’Empire. Mais la vraie curiosité de son parcours cinématographique, reste son seul film comme réalisateur “Na !” qu’il écrit, interprète et met en musique. C’est grâce à Christophe Bier que j’ai vu cet incunable, paru en VHS chez “Film à film”, resté invisible de nombreuses années à la télévision, d’ailleurs. Il mérite que l’on s’y arrête un peu, ironie du sort j’avais crée une ébauche de fiche du film sur “Wikipédia” après l’avoir fait sur IMDB avant l’annonce de sa mort. Le film réalisé en 1972, n’avait pas fait recettes, Jacques Martin déclarait parfois devoir continuer à faire de la télévision pour payer ses dettes. Le film contemporain de “Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil” de son ami Jean Yanne, fait preuve du même mauvais esprit, même s’il est moins mordant, narre les mésaventures de personnes âgées en révolte contre la Sécurité Sociale.

Affiche de “Na !” source “Les gens du cinéma”

MORT DE LOIS MAXWELL

Annonce de la mort le 29 septembre dernier de  Loïs Maxwell, à  Fremantle en Australie, où elle vivait avec sa fille, des suites d’un cancer, à l’âge de 88 ans. Cette comédienne née au Canada, a connu un renom international en campant le personnage de l’œuvre de Ian Fleming en jouant la secrétaire de “M” – souvent incarné par Bernard Lee -. Elle avait postulé dans ce rôle suite à des problèmes de santé de son mari. Elle écornait un peu l’archétype de la secrétaire austère, elle se livrait à un petit jeu de séduction verbal avec les James Bond successifs, Sean Connery, George Lazenby et Roger Moore. La popularité de ce rôle, à l’instar de Desmond Llewelyn, l’enferme dans ce rôle. Inévitablement, elle se retrouve à reprendre cet emploi dans des parodies. Dans l’ineffable “Opération frère cadet”, elle est face à l’ectoplasmique Neil Connery, propre frère de Sean Connery. C’est un film à voir absolument, même en VF, et où l’on retrouve ses partenaires “jamesbondiens” d’infortunes, Daniela Bianchi, Bernard Lee et Adolfo Celi. Elle se retrouve même face aux Charlots dans “Bons baisers de Hong Kong”, film plus divertissant cependant, traînant dans le sillage de Bernard Lee. Le rôle de la célèbre miss, fut repris dernièrement par Samantha… Bond !, succédant à Pamela Salem (“Jamais plus jamais”) et Caroline Bliss  (“Tuer n’est pas jouer”, “Permis de tuer”), sans oublier Barbara Bouchet, le temps d’une parodie dans “Casino Royale” (1967). En dehors de ce rôle, elle a reçu le golden-globe de la meilleure révélation pour “That Hagen girl” en 1947. Elle avait débuté très tôt, enfant, elle avait même participé à un émission radiophonique enfantine au Canada, sous le pseudonyme de Robin Wells, en cachette de ses parents. Elle s’engage en 1942 avec les comédiens de l’armée canadienne. Partant au Royaume-Uni, elle entre dans la prestigieuse Royal Academy of Dramatic Art, aidée par Lady Mountbatten . Pour la petite histoire elle y croise Roger Moore, qu’elle retrouvera dans “Vivre et laisser mourir”, elle deviendra d’ailleurs une amie fidèle. Elle a également tourné dans un rôle d’infirmière dans le “Lolita” de Kubrick. Elle avait tenté aussi sa chance en Italie pour quelques films à la fin des années 40. On la retrouve une dernière fois, aux côtés de Jeremy Irons dans un film d’autodéfense, le médiocre “Vengeance secrète”. Un parcours de vie assez étonnant finalement, caché derrière un rôle emblématique.


Filmographie : 1946  A Matter of Life and Death (Une question de vie et de mort) (Michael Powell & Emeric Pressburger) – Spring song (En Belgique : “La chanson du printemps”) (Montgomery Tully) – 1947  That Hagen Girl (Peter Godfrey) –  1948  The Decision of Christopher Blake (La décision de Christopher Blake) (Peter Godfrey) –  The Dark Past (La fin d’un tueur) (Rudolph Mate) – Corridor of Mirrors (L’étrange corridor) (Terence Young) – The Big Punch (En Belgique : “La main de fer”) (Sherry Shourds) –  1949  Kazan (Will Jason) – The Crime Doctor’s Diary (Seymour Friedman) – Amori e veleni (Les mousquetaires de la reine) (Giorgio Simonelli) – 1950 Domani è troppo tardi / Demain, il sera trop tard (Léonide Moguy) – 1951  Lebbra bianca (La cité des stupéfiants) (Enzo Trappani) – 1952  Il filo d’erba (Vittorio Vassatti) – The Woman’s Angle (En Belgique : “L’amant inconnu”) (Leslie Arliss) – Women of Twilight (Les filles de la pénombre) (Gordon Parry) – Scotland Yard Inspector / Lady in the fog (Sam Newfield) – 1953  Aida (Clemente Fracasi) – Man in Hiding / Mantrap (Terence Fisher) – 1954  La grande speranza / The Great Hope (Tonnerre sous l’Atlantique) (Duilio Coletti) – 1955  Passport to Treason (L’ennemi invisible) (Robert S. Baker) – 1956  Time Without Pity (Temps sans pitié) (Joseph Losey) – Satellite in the Sky (Les premiers passagers du satellite / En Belgique “Satellites dans le ciel”) (Paul Dickson) – The High Terrace (Henry Cass) – 1957  Kill Me Tomorrow (Meurtre sur un air de rock) (Terence Fisher & Francis Searle) – 1959  Face of Fire (John Brahm) – 1960  The Unstoppable Man (Terry Bishop) – 1962  Lolita (Id) (Stanley Kubrick) – Dr.No (James Bond contre Dr. No) (Terence Young) – 1963  The Haunting (La maison du diable) (Robert Wise) –  From Russia with Love (Bons baisers de Russie) (Terence Young) – Come Fly With Me (Les filles de l’air) (Henry Levin) –  1964  Goldfinger (Id) (Guy Hamilton) – 1965  Thunderball (Opération Tonnerre) (Terence Young) – 1967  You only live twice (On ne vit que deux fois) (Lewis Gilbert) – OK Connery ! / Operation Kid Brother (Opération frére cadet) (Alberto de Martino) –  1969  On Her Majesty’s Secret Service (Au service secret de sa majesté) (Peter Hunt) –  1970  The Adventurers (Les mâles / Les derniers aventuriers) (Lewis Gilbert) – 1971  Endless Night (La nuit qui ne finit pas) (Sidney Gilliat) – Diamonds Are Forever (Les diamants sont éternels) (Guy Hamilton) – 1973  Live and Let Die (Vivre et laisser mourir) (Guy Hamilton) – 1974  The Man with the Golden Gun (L’homme au pistolet d’or) (Guy Hamilton) – 1975  Bons baisers de Hong Kong (Yvan Chiffre) – 1976  Ragtime Summer / Age of Innocence (Allan Bridges ) – 1977  The Spy Who Loved Me (L’espion qui m’aimait) (Lewis Gilbert) – 1979  Moonraker (id) (Lewis Gilbert) –  Lost and Found (L’amour sur béquilles) (Melvin Frank) – 1980  Mr. Patman (Id) (John Guillermin) – 1981  For Your Eyes Only (Rien que pour vos yeux) (John Glen) – 1983  Octopussy (Id) (John Glen) – 1984  A View to Kill (Dangereusement vôtre) (John Glen) – 1985  The blue man / Eternal evil (George Mihalka) – 1988  Martha, Ruth & Edie (Norman Bailey & Deepa Mehta) – 2001  The Fourth Angel (Vengeance secrète) (John Irvine).