Skip to main content

LE TIGRE ET LA NEIGE

D’abord compatissons un peu, pour ceux qui vont découvrir le film en version française. Au vue de la bande annonce, ça devrait tenir du supplice, le talent du doubleur n’est pas en cause, Roberto Benigni, à l’instar d’un Woody Allen ou d’un Jerry Lewis, étant difficilement doublable. Le film commence par une séquence onirique, hommage évident au film de Federico Fellini “La voce della luna”. Attilio di Giovanni épouse, dans un rêve, la femme de sa vie – Nicoletta Braschi, sa propre femme dans la vraie vie -.On y retrouve avec des images d’archives Marguerite Yourcenar, José Luis Borges, Eugenio Montale et Giuseppe Ungaretti. Ces images proviennent du rêve récurrent du personnage d’Attilio, il est amusant de retrouver Tom Waits – pour lequel je suis un inconditionnel -, son partenaire de “Down by Law”, en pianiste, il est décidément apprécié par le cinéma italien, puisqu’une de ses chansons ouvre “Une fois que tu es né”. Il finit par retrouver “la femme de ses rêves”, littéralement, en la personne d’une journaliste qui enquête sur Fouad, un poète irakien de passage à Rome  – Jean Reno, impressionnant de subtilité, en homme lucide, dévoré par l’amertume, et  décontenancé par l’énergie du désespoir de son ami Attilio -.  La belle Vittoria, suit le poète Fouad, et st victime d’un attentant. Atteinte d’un œdème cérébral, ses jours sont en danger, nous sommes en 2003, en pleine guerre. Contre toute attente, Attilio, éternel étourdi, qui ne sait jamais où il a garé sa voiture, décide coûte que coûte de la sauver. Il va déployer des trésors d’ingéniosités pour accéder à un Bagdad en guerre, alors qu’il n’est jamais à l’aise avec les petits événements du quotidien. Si le Roberto Benigni surjoue de manière balourde, sur les chaînes françaises en période de promotion, il est ici formidable, le film vaut beaucoup mieux que cette représentation instrumentalisée.

Roberto Benigni & Jean Reno

Après le décevant “Pinocchio”,  supportant mal la comparaison avec la version signée Luigi Comencini, Roberto Benignini, retrouve la veine, avec son co-scénariste Vincezo Cerami, de “La vie est belle”, qu’il faut voir comme une fable sur la guerre. Avec une sorte de naïveté, il arrive à trouver le côté poétique des atrocités avec générosité. Si sa représentation stylisée de l’holocauste, m’avait personnellement dérangé, on finit ici par baisser les armes, devant les trésors d’énergie qu’il déploie. La représentation onirique de la guerre a certes des limites, mais elle finit ici par nous convenir. Dans cette nouvelle variation d’Orphée allant rechercher Eurydice aux enfers, Attilio un poète lunaire et reconnu et père de deux jeunes filles, va traverser un Bagdad en guerre, étant porté par une inconscience causée par un amour absolu. Ludion, agité, il virevolte constamment, trouve le petit décalage comique des situations tragiques – ce que fait Gérard Jugnot, comme réalisateur, chez nous -. L’actualité est ici un prétexte, il semble visiblement en manque de jouer, il se fait désormais trop rare, hormis ses propres films. Incontestablement son génie comique fonctionne, il est apprécié en France, depuis son rôle étonnant de professeur iconoclaste dans “Pipicacadodo”, joli film de Marco Ferreri. Sous influence, Fellinienne, et baigné par la belle musique de Nicola Piovani et Tom Waits, le film trouve son rythme, et sa cohérence. Il y a des trouvailles très amusantes, et quelques scènes d’anthologies, comme la scène du champ de mine. Roberto Benigni, arrive à contourner certains écueils et maladresses, par une énergie redoutable et un humanisme communicatif. Au final de ce film burlesque, maladroit – le cliché du collier – mais sincère, les réserves finissent par s’évaporer ! C’est une histoire d’amour fou, dans la lignée d’un “Peter Ibbeston”, ce qui n’est pas désagréable. Reste que l’on aimerait voir Roberto Benigni plutôt dans d’autres univers que le sien.

LE RETOUR DE LA HUITIÈME MERVEILLE DU MONDE

C’est la trêve des confiseurs, la tentation est grande de la respecter, surtout qu’elle est raccord avec l’optique de robinet d’eau tiède consensuel de ce blog. Tant pis le pisse-froid est de sortie ! Si on pouvait attendre légitimement beaucoup de ce remake du “King Kong” original d’Ernest B. Schoedsack et Merian C. Cooper – j’ai beaucoup apprécié la trilogie du “Seigneur des anneaux” -, il faut bien le dire que l’on en ressort, mi-abruti, mi-déçu. La huitième merveille du monde  – je vous épargne les jeux de mots habituels – fait penser ici à une vieille dame, outrageusement ripolinisée, ayant subit un liftinge – francisation à la Queneau, en passant -, lui donnant un drôle de petit air momifié. Mais on retrouve les signes de fatigue, dans un visage inexpressif, sans âge véritable, elle met beaucoup plus de temps à se déplacer. 188 minutes, pour ce grand amour contrarié, et désensualisé en passant, c’est beaucoup ! On retrouve bien le personnage du metteur en scène mégalomane, Carl Denham, sorte de Werner Herzog avant l’heure, du style “il peut y avoir des morts”, si c’est pour établir une œuvre. Jack Black,  y ajoute beaucoup d’humour, il est étonnant dans le style chaînon manquant entre Orson Welles et … Sébastien Cauet. Ann Darrow est joué par la lumineuse Naomi Watts, digne de figurer chez les grandes “screaming girl”, elle amène une sensibilité face un pathos un peu trop outrancier. Face à elle, King Kong est décidément trop humain. Bardé de cicatrices et usé par les épreuves et la solitude, il faut le voir faire du patinage sur glace comme Marlon Brando dans “Premiers pas dans la mafia” !

Naomi Watts

Les autres personnages sont des créations du scénariste intellectuel, qui s’avère être un héros (Adrien Brophy, qui n’en rajoute pas trop pour une fois). Les personnages sont des stéréotypes des films d’aventures d’avant –guerre, même si cette caractérisation est assez plaisante, elle en devient lassante (Le bellâtre – Kyle Chandler -, le mousse recueilli – Jamie Bell, très bon -, le marin baroudeur à la clope au bec, le capitaine sombre du navire – Thomas Kretschmann qui retrouve son partenaire du “Pianiste”, le sieur Brophy en l’occurrence -. On a l’impression ici d’un immense recyclage, des films de zombies, “Jurassic Park”. Si Peter Jackson explore d’autres pistes – “Au cœur des ténèbres” de Joseph Conrad -, c’est pour mieux l’abandonner. Il nous livre ici son savoir-faire, indéniable, mais sans supplément d’âmes. C’est une amère déception, on aurait aimé retrouver l’esprit iconoclaste des premiers Peter Jackson, que l’on peut retrouver parfois avec les “diplodos” transformés en auto-tamponneuses ou quand le metteur en scène déclare que Fay Wray – créatrice du rôle d’Ann Darrow – n’est pas libre comme actrice car elle tourne avec… Cooper ! Il y a trop de tout ici, bestioles, guimauve…, et on a l’impression parfois que les acteurs jouent sur un fond bleu, et certaines incrustations sont carrément visibles, ce qui est gênant. La dépression, était déjà décrite en direct dans la toute première version – Fay Wray volant une pomme -, on ne retrouve ici rien de plus constructif, Peter Jackson, se paye même le luxe d’une ellipse de taille, le transport de King Kong de “Skull Island” à New-York ! C’est donc de la monnaie de singe (désolé, ce n’est pas pire que le “putain Kong” de “Libération”, à trop vouloir jouer à l’esbroufe mégalomaniaque.  Le divertissement est au rendez-vous, mais sans plus. Je vous conseille le DVD du film de 1933, qui comprend aussi la suite “Le fils de Kong”,  et des bonus où l’on retrouve Joe Dante et Ray Harryhausen, un temps où la bête n’était pas réduite à être VRP pour voiture, ou le support de pléthore de produits dérivés, film qui reste un diamant noir inégalé.

UNE FOIS QUE TU ES NÉ

La critique attendait au tournant, ce film de Marco Tullio Giordana, seul film italien en compétition officielle au festival de Cannes 2005. On le sait, elle aime bien démolir, ce qu’elle a adulé, ici pour “Nos meilleures années” (2002), traversée fleuve très réussie de l’histoire de l’Italie. Le réalisateur renoue avec la tradition du néo-réalisme italien, en prenant pour base un livre de Maria Pace Ottieri. Il dresse un portrait de l’Italie contemporaine, et de l’immigration, dans un pays où traditionnellement on émigrait plutôt. Je pose un SPOILER, ici, si comme moi, vous voulez avoir le plaisir de voir le film, vierge de toutes informations. Le film retrace l’histoire de Sandro – Matteo Gadola, très juste -, âgé de 12 ans, fils d’un industriel, intelligent,  qui a toutes les chances pour démarrer dans la vie. Un été, il part en croisière sur un navire de plaisance, avec son père, Bruno – Alessio Boni, déjà vu dans “Nos meilleurs années”, en papa-copain -, et son ami propriétaire du bateau. Une nuit, il tombe malencontreusement à l’eau, il pense qu’il va mourir, mais est finalement sauvé grâce à un bateau d’immigrés 17 ans, et il est rapidement pris sous la protection de Radu, un jeune roumain en exil, accompagné de sa très jeune sœur…

Matteo Gadola 

Le film parle habilement de survie, pour Sandro, dans un élément qu’il n’était pas préparé à affronter, et dans cette épreuve, il va se retrouver face à la détresse d’une humanité d’infortunés abandonnés à un sort tragique. Sandro, va se trouver des capacités insoupçonnées, loin de son confort bourgeois. Le cinéaste évite le pathos, pour trouver la manière juste, de faire confronter deux univers, l’un aisé, l’autre, composé de ceux qui doivent fuir clandestinement de leur pays, et composer face à la roublardises de deux passeurs profiteurs, et l’intransigeance d’une administration peu compatissante.  Le cinéaste ne joue pas avec les rouages d’un scénario manipulateur, il nous donne des informations susceptibles de nous laisser entrevoir la vérité derrière l’apparence. Si on peut noter quelques maladresses, dont les scènes d’exposition un peu trop longues, Marco Tullio Giordana, montre bien les affres de l’adolescence, et la dure route pour arriver à la maturité. Si ce n’est le décalage de retrouver la musique de Georges Delerue,  “La peau douce”, nous ramenant à un curieux décalage, et quelques maladresses de scénario, le film reste probant, sans angélisme. La distribution de comédiens peu connus chez nous, à part Adriana Asti, en responsable d’adoption, est très juste, saluons la jeune Ester Hazan, très poignante dans le rôle de la soeur de Radu. Évitant tout didactisme, même si un peu lénifiant, il fait l’effort de parler de son époque, ce qui manque cruellement au cinéma français en ce moment. Le cinéma italien a tellement frappé nos mémoires cinéphiles, que l’on est toujours heureux d’avoir de ces nouvelles.

TOUT EST ILLUMINÉ

Nouvel héros à porter des lunettes, beaucoup plus discret – 10 salles seulement en France, 2 séances uniquement à l’UGC Bordeaux -, pour un film “Everything is illuminated” qui risque de passer comme un météore. C’est le premier film du comédien Liev Schreiber – qui a la même date de naissance que mézigue, ce qui, je vous le concède n’a strictement aucun intérêt -. Il est adapté du roman d’éponyme de Jonathan Safran Foer – qui fait un cameo dans le film -, que l’on décrit foisonnant. On découvre le personnage de Jonathan, joué par Elija Wood avec sensibilité, qui continue à vouloir casser après “Sin City”, son image frodonisée – allusion à la trilogie de Peter Jackson, et non à l’ineffable Jean-Michel, bien sûr -. Jonathan, a la manie de collectionner les objets retraçant le parcours de la vie de ses proches, qu’il met consciencieusement dans des sachets en plastique et qu’il accroche sur un mur. A la mort de sa grand-mère, il s’aperçoit qu’il n’a sur son grand-père juif ukrainien, qu’un ambre contenant un insecte et une photo de lui avec une inconnue. Le jeune homme au le regard bleu démesuré par de grosses lunettes, est végétarien et phobique. Il décide pourtant de partir en Ukraine, retrouver la femme de la photo, qui a aidé son grand-père à fuir le nazisme.

Elijah Wood & Eugene Hutz

Là-bas, un homme qui organise des trajets pour exploiter dit-il des juifs riches voulant retrouver leurs racines. Il laisse son fils Alex, baigné dans la culture américaine et se prenant des baffes en permanence, organiser l’expédition. Volontiers disert, il fait son éducation en expliquant que la pratique “69” doit son nom à la célèbre année érotique, il délaisse ses petites habitudes pour organiser le parcours ! Flanqué de son grand-père comme chauffeur, un homme fatigué et faux aveugle, et de sa chienne, complètement folle – joué par deux jumelles “Mickey” and “Mouse” -, nommée Sammy Davis jr. jr. en hommage au célèbre acteur. La rencontre avec Jonathan nous donne un beau choc des cultures,  le grand-père – Boris Leskin, marquant – d’un antisémitisme latent volontiers mutique, Alex – Eugene Hutz, une révélation – volubile réinventant l’Anglais et Jonathan, traversant des paysages à perte de vues. Le temps aidant et les différences de mentalités digérées, le quatuor se rapproche… Le regard chaleureux du réalisateur, concilie devoir de mémoire et loufoquerie, dans une ambiance visiblement influencée par l’univers de Kusturica. Il dresse en passant le marasme d’une Ukraine en crise, en nous montrant les combines obligatoires pour survivre, ou un panneau rouillé rappelant les dangers du nucléaire. Ce road-movie initiatique, est un drôle de beau voyage dans la mémoire – “Tout est illuminé par le passé”, est une des dernières phrases d’Alex – . Liev Schreiber a trouvé un ton brillant dès son premier film, et il livre en l’occurrence un bien beau film.

HARRY POTTER ET LA COUPE DE FEU

Difficile de passer à côté de ce film, vu le grand nombre de copies disponibles. Curieuse impression de prendre un train en marche avec ce quatrième opus des aventures d’ “Harry Potter and the Goblet of fire”, et sa fameuse coupe de feu. Je n’avais pas les précédents opus, pour cause de VF unique, pour les 2 premiers épisodes. Un couple de quadragénaire, à côté de mois, essayait de reconnaître les personnages d’après les romans, d’où une impression persistante, de louper quelque chose. Le roman foisonnant de J. K. Rowling, est donc repris version digest “darknessisé”, par un anglais cette fois Mike Newell, après quelques comédies réussies, d’où un côté d’effroi un peu “Hammerien” pas désagréable, et une atmosphère de collège anglais rajoutant de l’intérêt. Harry Potter est joué avec sobriété par Daniel Radcliffe, anti-héros aux lunettes incassables – il devrait faire breveter le concept, ses binocles résistant à tout -. Il subit toutes sortes d’épreuves et d’humiliations initiatiques. Les fêtes de fin d’année à “L’ école Poudlard”, sont marquées par le “tournoi des trois sorciers”, Harry Potter, est mystérieusement inscrit alors qu’il n’a pas l’âge requis. Le film remplit sa mission de divertissement, même si certaines scènes peuvent nous sembler nébuleuses. La pléthore d’effets spéciaux et la débauche de moyens aide à passer assez honorablement les 157 minutes, ce qui n’est pas une mince performance, pour les non initiés.

Les écueils sont ici nombreux, les premiers émois amoureux des jeunes héros, sont beaucoup moins subtils que chez Sam Raimi et son “Spiderman”, et les comédiens semblent désormais trop âgés pour les rôles, mais on peut comprendre l’attachement du public à les retrouver. L’histoire étant visiblement centralisée sur le personnage principal, ceux secondaires sont assez schématiques. D’où intérêt d’avoir comme ici la fine fleur des grands excentriques anglais, permettant par reconnaissance de faire exister immédiatement leurs personnages. On retrouve l’excellent Alan Rickman, en pince-sans-rire, Severus Snape, distribuant allégrement des baffes aux élèves bavards, Michael Gambon digne successeur de Richard Harris, en Albus Dumbledore, sorte de variation du Merlin l’enchanteur, Maggie Smith amusée Minerva McGonagall, Robbie Coltrane en Rubeus Hagrid énamouré, Miranda Richardson en journaliste pipelette, Ralph Fiennes impressionnant dans le court rôle de Lord Voldemort et Timothy Spall dans le rôle de son valet servile. Le mieux pourvu en rôle reste Brenda Gleeson, amusant professeur “Fol-Œil”, burlesque et disloqué. François Truffaut appelait le cinéma “L’art des contraintes” et dans ce cadre Mike Newell, ne s’en sort pas si mal.

Alan Rickman

LE MONTE-CHARGE

On doit à Marcel Bluwal, quelques riches heures de la télévision française. Subissant un ostracisme assez franchouillard, il n’a réalisé au cinéma que trois films “Le monte-charge” (1961), le cultissime “Carambolages” (1963) et “Le plus beau pays du monde” (1998), trois réussites, les deux premiers étant produits par Alain Poiré. “Le monte-charge” sorti en mai 1962, est un solide polar psychologique adapté du roman de Frédéric Dard. Une nuit de Noël, à Asnières, en banlieue parisienne, Robert Herbin – Robert Hossein, dans son registre habituel “taciturnus” -, interdit de séjour après une peine de prison, revient dans la maison de sa mère, morte durant sa détention. Il erre pendant que la population s’active pour les préparatifs du réveillon. Il est s’installe seul dans un restaurant, avant d’être intrigué par une mère de famille, seule avec sa petite fille de 5 ans. Une intimité s’installe entre eux, il les accompagne au cinéma, ne résistant pas à la prendre la mère par l’épaule. La jeune femme se nomme Marthe Dravat, c’est Léa Massari, ravissante, intrigante, et pas très farouche. Il l’accompagne jusque chez elle, un atelier de reliures. Pour accéder à l’appartement il faut prendre un monte-charge. Le mari est absent, Marthe déclare qu’il la trompe régulièrement, elle couche sa fille et met un peu de musique… Arrêtons ici la narration, l’intrigue étant très prenante et bien ficelée.

Marcel Bluwal analyse deux solitudes, à travers le retour de Robert, déboussolé. Il cherche de nouveaux repères, essayant de retrouver une émotion d’enfance en s’achetant une petite décoration de Noël. Le jeu très prenant de Léa Massari, qui venait de connaître un succès international avec “L’aventura” de Michelangelo Antonioni, et celui nerveux de Robert Hossein, rajoute à l’intérêt du film. Arrive aussi un troisième personnage, un concessionnaire automobile, hâbleur, nommé Adolphe Hery, joué par l’admirable Maurice Biraud, entre sympathie et roublardise. C’est une excellente composition pour ce formidable comédien dans un personnage rencontré de manière inattendue, lors d’un “Minuit chrétien” d’une messe catholiquet. On retrouve également l’indispensable Robert Dalban, ami de Robert Hossein et du producteur Alain Poiré, en commissaire bon enfant. L’histoire se déroule avec suspense, dans l’unité de temps d’une nuit de Noël, propice au spleen et à la mélancolie. Le regard est chaleureux pour le petit monde d’une banlieue bien française, on s’amuse à reconnaître une multitude de seconds rôles Charles Lavialle et Étienne Bierry en patrons de bistrot, Georges Géret et André Weber, en consommateurs belliqueux, Maurice Garrel en gardien de la paix s’attendrissant sur des décorations de Noël, Bernard Musson en passant, et même Henri Attal en spectateur de cinéma. Le film figure dans la filmographie officielle de Dominique Zardi, qui n’était jamais trop loin de son compère Attal, mais je ne l’ai pas reconnu ici. Soulignons la belle musique du talentueux et prolifique Georges Delerue, aidant à créer une atmosphère. Ce film qui concilie l’intrigue, en filmant avec humanité une banlieue triste des années 60, et la psychologie des personnages, donne au final une oeuvre singulière.

GENTILLE

Ravissement avec ce troisième film de Sophie Fillières, après “Grande petite” (1993) dont je n’ai pas gardé un très grand souvenir, et surtout “Aïe” (2000), d’une ironie décalée mordante avec sa sœur, Hélène, excellente comédienne. Emmanuelle Devos, joue avec humour et en n’hésitant pas à se lancer dans des scènes inconfortables, le personnage de “Fontaine Leglou”, nom qui l’a prédestiné à avoir un décalage sur le monde. Près de Beaubourg, elle s’arrête net devant un homme – Nicolas Briançon -, en le sommant de cesser de la suivre, ce dernier ne pensant qu’à son rendez-vous pour lequel il est en retard… Le ton est donné, singulier, avec un sens aigu de l’observation du quotidien et sa poésie parfois absurde.  Fontaine est une anesthésiste dans un hôpital psychiatrique grand luxe, elle vit avec harmonie, avec un dénommé Michel Strogoff !,  géologue aventurier, athlète de triathlon et spécialiste de la tectonique des plaques. Ce dernier aimerait la demander en mariage, mais rien n’est simple avec eux deux. Cette comédie névrotique, analyse des personnages maladroits,  de Fontaine culottée, avançant quoi qu’il arrive, de Michel – Bruno Todeschini dans le registre brun éthéré sensible – et Philippe un médecin gastro-entérologue borderline, soigné en clinique et tombant rapidement amoureux de Fontaine – Lambert Wilson, qui continue à jouer avec son image dans un rôle défait et  inquiet –  Sophie Fillières a un regard acide sur le monde, jouant avec une poésie constante des codes de digicodes, les chiffres au-dessous de verres Duralex, ramenant à Philippe a des souvenirs d’enfance, des banalités qui sont autant de repères pour ces personnages déboussolés.

Emmanuelle Devos

On passe ici à la crudité de certaines situations, à une sensibilité exacerbée, avec une qualité d’écriture assez rare dans notre cinéma national. La réalisatrice analyse notre langage, lapsus ou la musicalité des mots, et la difficulté de s’exprimer, d’où certains malentendus, les mots que l’on prononce n’ayant pas forcément le même sens pour son interlocuteur. On s’arrange ici avec ses névroses, on compose à l’instinct, et le public rit, se reconnaissant parfois en ses personnages. Une galerie d’acteurs accompagne le trio de comédiens, de trois échappés de l’univers d’Arnaud Desplechin : Magali Worth, l’inoubliable “Chinoise” de “Rois et reines”, passant cette fois dans le camp du corps médical, Michel Vuillermoz, en quidam dans un quiproquo frisant avec l’absurde et le toujours étonnant  Gilles Cohen, en médecin collègue de Fontaine, familier mais rancunier, de Michael Lonsdale et Bulle Ogier en parents de Michel, maniant la loufoquerie avec dextérité, le trop rare Éric Elmosnino en personnification inattendue du destin – le Jean Vilar des “Portes de la nuit” a désormais un sérieux concurrent -, Julie-Anne Roth en infirmière curieuse, Nicolas Vaude, en patient cinglé mais avec désinvolture, et Miglen Mirtchev en caricaturiste amusé. Laissez-vous embarquer dans l’univers subtil de Sophie Fillières, et de sa fantaisie inventive, loin de certaines comédies formatées omniprésentes ces derniers temps.

LÉON

Diffusion de “Léon”, film de 1994 sur TPS de Luc Besson, version intégrale, version 1996, concept à la mode dans les années 90, avant l’ère des Bonus DVD. Plus qu’une version “director’s cut”, ces 136 minutes, ne sont qu’un coup marketing, et on déplore finalement de ne pas voir la première version. N’ayant jamais vu ce film, ça permet ainsi d’appréhender la totalité des films de Luc Besson, à la veille de découvrir “Angel-A”, dont le marketing du secret devient franchement pénible, le réalisateur trouvant le moyen tout de même d’envahir les médias – il faut l’avoir vu dans l’émission “On ne peut pas plaire à tout le monde”, sauter comme un cabri, enthousiaste après avoir vu son film, et toiser de haut l’écrivain Bernard Werber, qui réalise un premier film, lui jetant un “c’est un métier” à la figure. On reste perplexe quand on le retrouve 45ème sur le top des 250 films les mieux notés sur IMDB ! Comme d’habitude schématismes et invraisemblances sont au rendez-vous. Ici, Léon – Jean Reno, qui trouve ici une sorte de passeport pour Hollywood -, est un “nettoyeur” solitaire et déraciné, vivant à New York, qui va recueillir malgré lui, Mathilda – Natalie Portman, éblouissante – âgée de 12 ans, rescapée d’un sanglant règlement de compte. Un policier corrompu a massacré sa famille, son père, sa belle-mère, sa demi-sœur et son frère pour un banal problème de drogue. La jeune fille, n’est traumatisée que par la mort de son petit frère, ne s’entendant pas avec cette famille tuyau de poile, ce qui est assez gênant.

Jean Reno & Natalie Portman

Grosses ficelles, violence graphique, et un peu d’humour – la vieille dame de la fusillade -, notre roublard Besson, recycle comme à l’accoutumé une histoire hyper convenue, il développe simplement le personnage du nettoyeur, déjà joué par Jean Reno dans “Nikita”, l’humour noir du personnage en moins. Il ne se contente de reprendre ici le personnage du “Samouraï”, joué par Alain Delon chez Jean-Pierre Melville, gardant l’idée du tueur mutique, et remplaçant les canaris par une plante verte (Bel effort, Luc, bel effort !). Il suffit ensuite de lui jeter dans les pattes, une jeune fille délurée, en mal d’amour, inversion du très beau “Gloria” de John Cassavetes et jeter un petit trouble nabokovien, et ça fait la farce ! Mais force est de constater que ça fonctionne, ne serait-ce que par les comédiens. Gary Oldman, cinglé halluciné, tendance chargeurs réunis, est étonnant, dans un rôle d’ailleurs plus grotesque qu’effrayant, et Dany Aiello renouvelle avec humanité, son personnage archétypal de “Padrino”. On s’amuse à reconnaître un Samy Naceri cagoulé et même l’apparition subliminale d’un Jean-Hugues Anglade, derrière une porte. La force du film c’est l’interprétation du duo Jean Reno et Natalie Portman – on ne peut que saluer le réalisateur pour avoir vu le talent de la jeune comédienne, et le potentiel de Jean Reno – Si c’est indéniablement l’un des meilleurs films de son auteur, bien inscrit dans ses limites, on a du mal à comprendre, l’engouement qu’il a auprès des spectateurs. Un fragment du dossier de presse du film “Angel-A” est déjà disponible sur  Pathé suisse ! Attendons de voir, la bande-annonce au noir et blanc publicitaire, nous laissant une appréhension…

LE CACTUS

Vu hier “Le cactus”, sortie mercredi. Décidément, à l’instar des “cordonniers les plus mal chaussés”, après Florence Quentin, en cette fin d’année, les films des scénaristes souffrent de leurs scénarios… Ici c’est simple, c’est “La chèvre” de Francis Veber (1981) + “Hommes, femmes, mode d’emploi” (1996) de Claude Lelouch. Rajoutons “Le grand fanfaron” (1975), l’un des sommets du film cornichon de Philippe Clair, avec Michel Galabru, Claude Melki et Micheline Dax, pour le côté nanar en Inde… Les scénaristes avouent avoir fait 21 version du scénario !, permettez-moi de rester perplexe. Le tandem Michael Munz et Gérard Bitton, dont les scénarios sont reconnus – Valérie Lemercier ne tarissait pas d’éloge envers eux, lors de sa “promo” -, et “Ah, si j’étais riche” était une réussite portée par l’humanité de Jean-Pierre Darroussin. La comédie repose ici sur l’éternelle confrontation de deux protagonistes, copains depuis l’enfance, l’hypocondriaque casse-pieds, fragile mais pour mieux rebondir – Pascal Elbé dans le rôle de Sami-, et le meilleur copain, solide, blindé, rancunier, se donnant pour son travail, et évidemment se prenant les pieds dans le tapis – Clovis Cornillac dans le rôle de Patrick Machado, digne successeur d’un Gérard Depardieu première manière -. Le principe “Pignonisant” est respecté à la lettre, c’est ici une nouvelle déclinaison de l’œuvre de Francis Veber, mais force est de constater, que le duo Elbé-Cornillac, fonctionne parfaitement.

Clovis Cornillac, un comédien tellement bon, qu’il vole la vedette à un singe !

Mais l’histoire se disperse, manque de rythme, le voyage en Inde est assez touristique, mais on a du mal à croire à leur pérégrinations. Les réalisateurs avaient ici matière à faire une critique de nos travers contemporains, ils n’utilisent que la mécanique du gag. Pour finir l’amalgame d’une médecine traditionnelle impuissante – curieux d’ailleurs que Michel Cymes dont on entend la voix, se prête à cette farce -, contre des soins ancestraux en Inde, et même assez malsaine. Très conventionnel, le film reste pourtant divertissant, si Jean-Pierre Darroussin ne fait que passer, et quelques seconds rôles flirtent avec la caricature, les médecins – Christian Charmetant et Éric Seigne – ou les producteurs TV – Jacky Nercessian et Élise Larnicol -, Pierre Richard compose un personnage efficace, même si peu présent – son “No soussaï” devrait faire son bonhomme de chemin et Alice Taglioni est touchante et séduisante. Ce film est l’occasion de confirmer le talent du tandem Elbé-Cornillac, qui ont une gamme de jeu très étendue, ils confirment qu’ils sont capables de passer du film d’auteur au divertissement avec dextérité. Il faut bien le dire, ils sauvent ici le film. À noter sur vos tablettes la diffusion de “Gris Blanc” sur Arte, vendredi soir, téléfilm de Karim Dridi, avec Clovis Cornillac en vedette.

FRAGMENTS D’UN DICTIONNAIRE AMOUREUX : JO PRESTIA

Jo Prestia

Dans l’épisode événement de la série “Commissaire Moulin”, “Kidnapping”, notre Johnny national est  “guest-star”. Jean-Philippe Smet est un monument national, incontournable, toujours dans l’actualité, “pipolisé”, les plumes célèbres se battent pour lui écrire des textes. C’est devenu une institution, il a même ses produits dérivés ou accessoires de mode, c’est selon, comme sa femme Laeticia… Dernier avatar, son intérêt à faire “l’acteur” qui lui a valu le prix Jean Gabin 2002, consacré habituellement à une jeune révélation (sic !) pour “L’homme du train”. Reste que Johnny comédien n’est jamais très probant, dans la comédie “Quartier V.I.P.” ou même un sketch d’une émission de Pascal Légitimus “L’homme qui voulait passer à la télé” où il est carrément absent. En partance pour railler l’ensemble de ce “Heat” du pauvre, du genre ouarf, il y a même Patrick Balkany, maire de Levallois-Perret, de sinistre mémoire, des zooms à la Jésus Franco, etc…, qu’est ce qu’il reste au final, il y a une “shooting star”… : Jo Prestia ! Et il vole toutes les scènes aux autres, dans un rôle qu’on ne lui connaît que trop, un truand ingérable, violent et violeur, déclenchant le grand courroux de notre Johnny national. Dans une ferme, tenue par sa mère corse, il manque de violer la fille du commissaire Moulin, séquestrée de force. Pour au moins sa cinquième collaboration dans cette série (au moins) avec Yves Rénier, on le cantonne encore dans un rôle de brute épaisse, monolithique et inquiétant. Et pourtant il arrive à tirer son épingle du jeu, installer un personnage. Difficile de croire que le sieur Smet serait capable de le rosser, on pouffe, il y a de l’abus…, de toute manière il est désintégré et n’impressionne même pas la pellicule face à Jo Prestia.

 

Il a marqué les esprits en jouant le violeur de Monica Bellucci, sympathiquement nommé le “Ténia”. On se souviendra longtemps de lui dans ce tunnel rouge, comme personnifiant l’effroi à l’état pur. Gaspar Noé lui avait confié ce rôle pour l’avoir vu dans ce personnage du “Petit voleur” contraignant Nicolas Duvauchelle à lui faire une fellation, il était déjà impressionnant. Ce sportif émérite et au palmarès brillant, voir lien Muaythaitv, est découvert par Érick Zonca dans le rôle de Frédo, un copain videur taciturne. Il joue souvent des malfrats en tous genres, tel l’homme de main du “cantique de la racaille”. Mais il peut faire preuve d’humanité. On le retrouve souvent dans des rôles d’amis sûrs, celui de Thierry Frémont dans “Livraison à domicile”, où il le convainc de remonter sur le ring, dans “Agents secrets” il est l’ami du personnage joué par Vincent Cassel ou dans “Ze film” où il est un employé d’EDF qui s’improvise éclairagiste de film en employant l’éclairage public.  Dans ce registre il trouve un de ses meilleurs rôles dans “Fureur” de Karim Dridi, où il aide le personnage de Samuel Le Bihan. Dans “13 tzameti” (2005) de Gela Babluani, il est un marginal vaguement truand, tentant de reprendre de l’argent à un ami qu’il avait aidé en lui payant un avocat, mais qui ne peut honorer ses dettes. Même si le personnage de Jo Prestia, nommé Pierre Bléreau  (sic) !, sait bien comment employer des méthodes radicales, il préfère se confier, déplorant être proche de la clochardisation, et promener un corps cassé sans avoir d’espoir. Un joli personnage qui prouve bien la gamme étendue du comédien. Toujours disponible pour de jeunes cinéastes pour des courts-métrages, et à l’aise pour imposer un personnage par sa seule présence (“36, quai des orfèvres”, “Les rivières pourpres”) il poursuit son petit bonhomme de chemin… Il convainc également en routier gréviste traduisant en italien à un petit groupe en colère les propos de Patrick Timsit dans “Par suite d’un arrêt de travail”. Il s’amuse visiblement avec son emploi habituel d’homme de main dans “Le mac” où il est sommé par José Garcia de se taire. Il compose avec Arsène Mosca un tandem réjouissant de gros bras. Il confirme également qu’il est l’un des rares comédiens français à être à l’aise dans des films de genre, tel “La horde”. Il faut le voir en dealer bagarreur soucieux de ne pas tâcher son costard quand il se bat avec des zombies. Comme le déclare avec justesse Yannick Dahan dans Brazil  N°26, “…Il est certain que faire une scène où Jo Prestia se bat contre deux zombies résonnera plus chez des gens qui le connaissent déjà…”. Retour au rôle de gros bras dans “Coursier”, mais ce rôle apparaît plus complexe qu’il n’y paraît. Jo Prestia, c’est à la fois quelqu’un avec lequel on aimerait boire un verre mais à qui on rechignerait à demander l’heure. Assurément une des plus remarquables révélations de ces dernières années. Reste à savoir si la frilosité des cinéastes ne risque pas de lui coûter les grands rôles qu’il mérite. Allez amis cinéastes, encore un effort. On peut lire avec intérêt un entretien dans Le temps détruit tout, consacré à Gaspar Noé.

 

Filmographie : 1994  Frères (Olivier Dahan) – Coup double (Bruno Delahaye, CM) – Raï (Thomas Gilou) – 1996  Hey Joe (Franck Coquelet, CM) – Salut cousin ! (Merzak Allouache) – 1997  Louise (Take 2) (Siegfried) – Cantique de la racaille (Vincent Ravalec) – La vie rêvée des anges (Érick Zonca) – 1998  Chili con carne (Thomas Gilou) – Le petit voleur (Érick Zonca) – 1999  Les déclassés  (Tony Baillargeat) – Les pierres qui tombent du ciel (Isabelle Ponnet, CM) – Le timide (Fabien Michel, CM) – Ligne 208 (Bernard Dumont) – Total western (Éric Rochant) – Cinéma (Xavier Gojo, CM) – 2000  Les morsures de l’aube (Antoine De Caunes) – Pas d’histoires ! [épisode « Petits riens] (Xavier Durringer, CM) – Grégoire Moulin contre l’humanité (Artus De Penguern) – Requiem (Hervé Renoh) – 2001 Yamakasi les samouraïs des temps modernes (Ariel Zeïtoun) – Femme fatale (Brian De Palma) – Irréversible (Gaspar Noé ) – 2002  Le labyrinthe (Pierre Courrège, CM) – Fureur  (Karim Dridi) – Livraison à domicile (Bruno Delahaye) – Lovely Rita, sainte patronne des cas désespérés (Stéphane Clavier) – 2003  Les rivières pourpres 2 : Les anges de l’apocalypse (Olivier Dahan) – Grande école (Robert Salis) – Vendetta (Richard Aujard, CM) – Agents secrets (Frédéric Schoendoerffer) – Calvaire (Fabrice Du Welz) – 2004  36 quai des Orfèvres (Olivier Marchal) – Ze film (Guy Jacques) – 2005  J’ai vu tuer Ben Barka (Serge Le Péron) – Dernier cri (Grégory Morin, CM) – 13 tzameti (Gela Babluani) – Incontrôlable (Raffi Shart) – Ennemis publics (Karim Abbou et Kader Ayd, inédit) – Le sixième homme (Julien Lacombe & Pascal Sid, CM) – 2006  Vent mauvais (Stéphane Allagnon) – Madame Irma (Didier Bourdon) – 2007  Par suite d’un arrêt de travail… (Frédéric Andréi) – La fille de Monaco (Anne Fontaine) – Plus loin encore (Stéphane Derderian, CM) – 2008  Babylone (Simon Saulnier, CM) – La horde (Yannick Dahan & Benjamin Rocher) – Le baltringue (Cyril Sebas) – La blonde aux seins nus (Manuel Pradal) – 2009  Baby boom (Tony Lorenzi, CM) – Le mac (Pascal Bourdiaux) – Coursier (Hervé Renoh) – L’étranger (Franck Llopis) – 2011  En pays cannibale (Alexandre Villeret & Aymeric de Heurtaumont). Comme réalisateur : 2008  Faux frères (CM).

Télévision : (notamment) 1995  Commissaire Moulin : Cité interdite (Yves Rénier) – 1999  Les duettistes : une dose mortelle (Alain Tasma) – 2001  Navarro : Marchand d’hommes (Patrick Jamain) – 2002  Commissaire Moulin : Les moineaux (Klaus Biedermann) – 2003  Aventure et associés (Adventure Inc.) : The price of the Oracle (Dennis Berry) – Quai N°1 : 24h Gare du Nord (Patrick Jamain) – Commissaire Moulin : Commando quatre pattes (Gilles Béhat) – 2004  Commissaire Moulin : Les lois de Murphy (Yves Rénier) – 2005  Commissaire Moulin : Kidnapping (Yves Rénier) – Léa Parker : Combats clandestins – Joseph (Marc Angélo) – Commissaire Moulin : Sous pression (José Pinheiro) – 2006  S.O.S. 18 : Sur les chapeaux de roue (Bruno Garcia) – 2007  Greco : Contact (Philippe Setbon) – 2008  Avocats & associés : Guacamole (Bruno Garcia) – R.I.S. Police scientifique : Tirs croisés (Klaus Biedermann) – Pas de secrets entre nous (plusieurs épisodes) – 2009  Clara Brunetti : Piste noire (Didier Delaître).

Théâtre  : Footeur de merde, de Grégoire Audebert / Celui qui dit a fait, de Philippe Pillon 

Mise à jour du 14/03/2011