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LE TEMPS DES PORTE-PLUMES

 Avant-première à l’UGC Cité-Ciné Bordeaux du film “Le temps des porte-plumes”, en présence de son réalisateur Daniel Duval, et de Jean-Paul Rouve. Le film commence par une sorte de passage de relais, entre Daniel Duval, qui tient le rôle du psychologue, lui-même et le personnage de Pippo, fortement inspiré du parcours du metteur en scène, joué par Raphaël Katz, qui pour l’anecdote âgé de 9 ans, a souhaité refaire ses essais étant malade la première fois. Le cinéaste – qui n’a plus fait de film comme réalisateur depuis l’honnête polar “Effraction” (1983), l’un des rares rôles de méchants de Jacques Villeret – a depuis 20 ans, essayé de tourner ce projet, d’après sa propre enfance. Il nous déclarait avoir eu peu de trouver de l’amertume en voulant la reconstituer, mais il était surpris d’avoir trouvé finalement de la grâce. C’est donc un projet cher aux yeux du cinéaste, qui l’avait abandonné plusieurs fois – il devait être interprété par Jean Carmet, puis Philippe Léotard, dans le rôle de Gustave -, ne se sentant pas près à affronter son enfance. Il avait enfin trouvé l’énergie de monter ce projet, avec Miou-Miou –son interprète de “La dérobade”, et Jacques Villeret, mais ce dernier meurt trois mois avant le début du tournage -. Daniel Duval décide de rajeunir les personnages de la famille d’accueil, en utilisant Jean-Paul Rouve, dans le rôle de Gustave,-  à la présence goguenarde ce soir là et très probant dans un rôle plein de sensibilité – et Anne Brochet, dans le rôle de Cécile, prodigieuse en femme meurtrie, qui n’arrive pas de par les aléas de la vie à s’abandonner à son instinct maternel, c’est une actrice rare, et remarquable.

Nous sommes dans l’été 1954, le jeune Pippo, recueilli dans un centre dirigé par Martine Ferrière, a des parents difficiles et alcooliques. Un couple de paysans, Gustave et Cécile l’adopte, mais l’enfant est difficile, même s’il ne demande qu’à être aimé. Pippo a un cœur d’or – il s’occupe de la marginale locale, tombée à moitié folle à la mort de son mari – Annie Girardot, formidable de sensibilité -, s’attache à un commis agricole – Lorànt Deutsch, très crédible en soldat revenant de la guerre d’Indochine, et ne trouvant pas sa place -, et souffre du racisme de part ses origines italiennes. Parmi les interprètes on retrouve Max Morel, habitué des films de Daniel Duval et le grand Philippe Khorsand, très surprenant en curé sourcilleux.  Malgré l’autorité austère de son professeur – Denis Podalydès, tentant de garder la face malgré les turpitudes de Pippo, absolument irrésistible -, la cruauté de la vie, la froideur de Cécile, Pippo finira par trouver son envol – au sens propre, comme au sens figuré, dans une très belle scène. A l’instar de “L’ombre des châteaux”, beau film de Daniel Duval de 1976, avec Philippe Léotard et Albert Dray, on retrouve son univers de Daniel Duval, que certain de ses rôles ne laissaient pas entrevoir – « Le bar du téléphone » par exemple assez emblématique. Avec beaucoup d’émotion et de retenue, Daniel Duval a parlé chaleureusement de son film, avec une pudeur dissimulée derrière quelque raclement de gorge  gênés. Le film est simplement magnifique, subtil, on ne sent pas le poids de la reconstitution – les scènes de moissons sont d’une grande justesse -, et il a beaucoup de très belles séquences, que je vous laisse découvrir pour ne pas vous gâcher le plaisir. Le réalisateur évite tout pathos ou effets larmoyants, fait preuve d’humour – Denis Podalydès et ses boulettes de papier -, retrouve l’émotion dans des silences significatifs, il a d’ailleurs souvent sacrifié les dialogues de son scénario, pour retrouver une authenticité dans les regards et le jeu des comédiens. Le film est baigné par la belle musique de Vladimir Cosma, qui a malheureusement réutilisé un thème déjà entendu, dans un film d’Yves Robert, que je n’ai pas réussi à identifier. Il est d’ailleurs coutumiers du fait – il utilise d’ailleurs une musique de bal populaire entendue dans “Ville à vendre” de Jean-Pierre Mocky -, s’il a beaucoup de talent, on peut pourtant trouver ces “déflagrations” assez méprisables pour le public. Très probant, ce film est dores et déjà une des belles surprises de cette année.

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Darry Cowl

Darry Cowl dans “Le temps des oeufs durs”

Eh la Camarde, tu ne pouvais pas nous le laisser encore un peu, non il a fallu que tu nous le prennes lui aussi. Bon, ça devrait avoir du bon, son génie va être enfin reconnu… Oui, car il avait du génie, dans le sens non galvaudé du mot. C’était une de mes idoles, non pas parce qu’il était basque comme mézigue, mais parce qu’il apporté du génie dans sa vie, même dans les pires nanars, il n’était pas très regardant, tenaillé par son démon du jeu : “…Moins je tourne, plus les gosses me reconnaissent dans la rue. Qu’est-ce qu’ils ont repassé comme merdes à la télé ? J’ai fait 111 films. Dès que j’avais plus un rond je téléphonais au casino, à Monte-Carlo, à André Bernheim et ça partait aussi sec dans la nuit. J’ai signé au moins 40 films sans les lire, je vous jure, à ce point-là c’en est rigolo…” disait-il au “Cahiers du cinéma” N°408, numéro spécial acteurs. La première image qui m’est venu à son sujet, c’est un témoignage de Safy Nebbou pour l’émission “Télé matin” où Darry Cowl était l’invité principal. Les deux hommes étaient dans le TGV, en vue d’une avant-première. Les paysages défilent, Darry fixe son esprit sur un troupeau de vaches paisibles avant de déclarer : “Il en manque une !”. Très apprécié ces dernières années par les metteurs en scène, il avait souvent brillé ces derniers temps, chez Jean-Pierre Mocky qui l’avait utilisé sans son bégaiement, en homosexuel nostalgique, “Les saisons du plaisir” (1987) et en inquiétant homme politique à moumoute, “Une nuit à l’assemblée nationale” (1988) ou en pharmacien-suiveur “Ville à vendre” (1991). Mocky a ouvert la voie à d’autres rôles, tel le bouquiniste résumant d’une manière unique les “Misérables” de Victor Hugo, devant un Jean-Paul Belmondo pantois, “Les misérables” (Claude Lelouch, 1994),  le patron d’Augustin, écrasé par la solitude, “Augustin, roi du Kung-Fu” (Anne Fontaine, 1998), le pensionnaire d’une maison de retraite rivalisant d’ingéniosité pour cacher l’absence de Claude Rich, “Le cou de la girafe” (Safy Nebbou, 2003), jusqu’à la concierge chantante (!), reprise d’un rôle créé par Pauline Carton, dans “Pas sur la bouche” (Alain Resnais, 2003), qui lui vaut le César du meilleur second rôle.

Il est vrai que dans sa carrière édifiante, il y avait peu de place aux contre-emplois, tel le taxidermiste bourrant les corps d’indiens de papiers journaux dans “Touche pas à la femme blanche” (Marco Ferreri, 1973). Sacha Guitry très prompt à reconnaître le talent des jeunes comédiens (Louis de Funès, Jean Poiret, Michel Serrault), l’avait même laissé improvisé contre son texte, son rôle de témoin bargeot et iconoclaste dans “Assassins et voleurs” (1956). L’amateur de nanar se régale à son souvenir, à l’image de son inoubliable rôle dans “Le triporteur” (Jack Pinoteau, 1957) où il improvise avec Pierre Mondy une réplique “Petit canaillou” qui marquera les esprits d’une manière indélébile, et de sa suite “Robinson et le triporteur” (Pinoteau, 1959), deux films avec sa compagne d’alors, Béatrice Altariba. Il était excellent en tandem avec Francis Blanche, dans “Les gorilles” (Jean Girault, 1964) ou l’improbable “Abominable homme des douanes” (Marc Allégret, 1962). Citons aussi le jeune père dépassé dans “Les moutons de Panurge” (Jean Girault 1960), le gardien du musée Balzac “En effeuillant la marguerite” (Marc Allégret, 1956), le charmant “Le petit prof” (Carlo Rim, 1958), où il était un jeune professeur aux idées révolutionnaires, l’héritier lunaire d’un truand redoutable campé par Yves Deniaud dans “Ce joli monde” (Carlo Rim toujours, 1957), le guichetier goguenard dans “La bourse et la vie” (Jean-Pierre Mocky, 1965), ou le clochard dans “Archimède le clochard” (Gilles Grangier, 1958)… où il volait la vedette à Jean Gabin ! Il était aussi un pianiste émérite – il fallait le voir camper “Rouget de l’Isle” dans le cornichonesque “Liberté, égalité, choucroute” (Jean Yanne 1984), il avait aussi réalisé un film comme metteur en scène : “Jaloux comme un tigre” (1964), présenté lors d’un hommage récent à la Cinémathèque. Le site Encinémathèque venait de lui consacrer un dossier. Même s’il avait 80 ans, non vraiment, Mme la Camarde (je mets une majuscule, on ne sais jamais), je ne te salue pas.

 

  

DR

Filmographie : 1955  Quatre jours à Paris (André Berthomieu) – Ces sacrées vacances (Robert Vernay) – Bonjour sourire (Claude Sautet) – Paris Canaille (Pierre Gaspard-Huit) – Cette sacrée gamine (Michel Boisrond) – Les Duraton (André Berthomieu) – 1956  En effeuillant la marguerite (Marc Allégret) – La joyeuse prison (André Berthomieu) – Paris Palace Hôtel (Henri Verneuil) – Courte tête (Norbert Carbonnaux) – Assassins et voleurs (Sacha Guitry) – L’amour descend du ciel (Maurice Cam) – À la Jamaïque (André Berthomieu) – Fric-frac en dentelles (Guillaume Radot) – Cinq millions comptant (André Berthomieu) – 1957  L’ami de la famille (Jack Pinoteau) – Les trois font la paire (Sacha Guitry) – Ce joli monde (Carlo Tim) – Totò, Vittorio e la dottoressa (Dites 33) (Camillo Mastrocinque) – Fumée blonde (Robert Vernay) – Les lavandières du Portugal (Pierre Gaspard-Huit) – À pied, à cheval et en voiture (Maurice Delbez) – Le naïf aux quarante enfants (Philippe Agostini) – Le triporteur (Jack Pinoteau) – Le temps des oeufs durs (Norbert Carbonnaux) – L’école des cocottes (Jacqueline Audry) – Sois belle et tais-toi (Marc Allégret) – 1958  Chéri, fais-moi peur (Jack Pinoteau) – Le petit prof (Carlo Rim) – À pied, à cheval et en spoutnik (Jean Dréville) – Archimède le clochard (Gilles Grangier) – L’increvable (Jean Boyer) – 1959  Vous n’avez rien à déclarer ? (Clément Duhour) – Les affreux (Marc Allégret) – Robinson et le triporteur (Jack Pinoteau) – Bouche cousure (Jean Boyer) – 1960  La Française et l’amour [sketch : “L’enfance”] (Henri Decoin) – Les pique-assiettes (Jean Girault) – Un Martien à Paris (Jean-Pierre Daninos) – Les fortiches (Georges Combret) – Les amours de Paris (Jacques Poitrenaud) – Les moutons de Panurge (Jean Girault) – 1961  Les livreurs (Jean Girault) – Les lions sont lâchés (Henri Verneuil) – Les petits matins (Jacqueline Aubry) – Les Parisiennes [Sketch : “Ella”] (Jacques Poitrenaud) – 1962  L’abominable homme des douanes (Marc Allégret) – Les veinards [Sketch : “Une nuit avec la vedette”] (Philippe de Broca) – Les bricoleurs (Jean Girault) – Les saintes nitouches (Pierre Montazel) – Strip tease (Jacques Poitrenaud) – 1963  Le bon roi Dagobert (Pierre Chevalier) – Des pissenlits par la racine (Georges Lautner) – 1964  Les gros bras (Francis Rigaud) – Jaloux comme un tigre (Darry Cowl, + scénario et musique) – La bonne occase (Michel Drach) – Déclic et des claques (Philippe Clair) – Les gorilles (Jean Girault) – I magnifici brutos del west (Les terreurs de l’Ouest) (Marino Girola) – Les combinards (Jean-Claude Roy) – 1965  Les tribulations d’un Chinois en Chine (Philippe de Broca) – Les bons vivants [Sketch : “Le procès”] (Gilles Grangier) – La tête du client (Jacques Poitrenaud) – Le lit à deux places [Sketch : La répétition”] (Jean Delannoy, + dialogue) – Les baratineurs (Francis Rigaud) – La bourse et la vie (Jean-Pierre Mocky) – Les malabars sont au parfum (Guy Lefranc) – 1967  Le grand bidule (Raoul André, + musique) – Ces messieurs de la famille (Raoul André, + musique) – 1968  Salut Berthe (Guy Lefranc) – 1969  Le bourgeois gentil mec (Raoul André, + musique) – Poussez-pas grand-père dans les cactus (Jean-Claude Dagye) – Ces messieurs de la gâchette (Raoul André, + musique) – 1972  Elle cause plus, elle flingue (Michel Audiard) – 1973  Touche pas la femme blanche (Marco Ferreri) – Ah ! Si mon moine voulait… / L’héptaméron (Claude Pierson) – La gueule de l’emploi (Jacques Rouland) – 1974  Y’a un os dans la moulinette (Raoul André) – C’est jeune et ça sait tout (Claude Mulot) – Trop, c’est trop (Didier Kaminka) – 1976  Le jour de gloire (Jacques Besnard, + musique) – 1977  Arrête ton char, bidasse (Michel Gérard, + musique) – 1978  Général, nous voilà ! (Jacques Besnard) – 1979  Les borsalini (Michel Nerval) – 1980 Voulez-vous un bébé Nobel ? (Robert Pouret) – Les surdoués de la première compagnie (Michel Gérard) – 1981  Le bahut va craquer (Michel Nerval) – T’es folle ou quoi ? (Michel Gérard) – 1982  Pour cent briques , t’as plus rien (Édouard Molinaro) – On s’en fout, nous on s’aime (Michel Gérard) – Deux heures moins le quart avant Jésus-Christ (Jean Yanne) – Qu’est-ce qui fait craquer les filles ? (Michel Vocoret) – Ça va pas être triste (Pierre Sisser) – Mon curé chez les Thaïlandaises (Robert Thomas) – 1984  Le téléphone sonne toujours deux fois (Jean-Pierre Vergne) – Liberté, égalité, choucroute (Jean Yanne) – 1985  Suivez mon regard (Jean Curtelin) – 1987  Les saisons du plaisir (Jean-Pierre Mocky) – 1988  Une nuit à l’Assemblée nationale (Jean-Pierre Mocky) – 1991 Ville à vendre (Jean-Pierre Mocky) – 1994 Les misérables (Claude Lelouch) –  1995 Ma femme me quitte (Didier Kaminka) – 1997  Droit dans le mur (Pierre Richard) – 1998  Augustin, roi du kung-fu (Anne Fontaine) – 2000  Scénarios sur la drogue [Sketch : “La purée”] (Sébastien Dhrey & Simon Lelouch, CM, + diffusion TV) – 2001  Ah ! Si j’étais riche (Michel Munz & Gérard Bitton) – Les marins perdus (Claire Devers) – Le nouveau Jean-Claude (Didier Tronchet) – 2003  Le cou de la girafe (Safy Nebbou) – Pas sur la bouche (Alain Resnais) – 2004  Jessie (Henri Garcin, CM) – Les Dalton (Philippe Haïm) – 2005  La vie privée (Zina Modiano & Mehdi Ben Attia) – L’homme qui rêvait d’un enfant (Delphine Gleize). Musique seulement : 1947  Le duel au pistolet (Jean Bardou, CM) – Le concierge (Jean Girault). Télévision (notamment) : 1955 Christophe C (Jean-Paul Carrère) – 1956  Les gaietés de l’escadron (Pierre Badel) – 1967  Au théâtre ce soir : Docteur Glass (Pierre Sabbgh) – 1971  Au théâtre ce soir : Cash-Cash (Pierre Sabbagh) –  1980  Chouette, chat, chien… show (Pierre Samyn, variétés) –   1983  Cinéma 16 : Microbidon (André Halimi) – Liebe läßt alle Blumen blühen (L’attrapeur) (Marco Serafini) – 1984  Bal de nuit – 1988  Palace (Jean-Michel Ribes, rôle coupé au montage de la version DVD) – 1989  Deux hommes dans une valise (Philippe Ducrest, captation) – Vingt p’tites tours : Champion de billard (+ réalisation, CM) – 1990  Le triplé gagnant : Assassin, s’il vous plaît ? (Bernard Villiot) – 1991  Le gorille : Le gorille et le barbu (Jean-Claude Sussfeld) – 1992  La mémoire (André Delacroix) – 1997  Marceeel (Agnès Delarive) – 2000 La surprise (Jean-Philippe Viaud) – 2001  Jalousie (Marco Pauly) – Les P’tits Gars Ladouceur (Luc Béraud) – 2002  Double flair (Denis Malleval) – 2003  Rien ne va plus (Michel Sibra) – 2004  Bien agités ! (Patrick Chesnais).

Mise à jour du 18/02/2010

MAROCK

 Avant-première le 2 février 2005 du film “Marock” premier film de la réalisatrice Laïla Marrakchi, en sa présence et celles de Razika Simozrag, Morjana El Alaoui et Rachid Behaissan, une équipe très dynamique et sympathique. Ce film qui a suscité quelques polémiques au Maroc, voir lien avec Yabiladi, qui nous semblent incompréhensible à l’issue du film. Les  artistes vétérans marocains qui furent choqué par la vision de la réalisatrice, au festival du film national de Tanger, qui par honnêteté à décrit ce qu’elle a connu du Maroc en 1997, du point de vue de sa classe, “la jeunesse dorée”, et insouciante, à l’avenir tout tracé. Influencée par “La fureur de vivre” de Nicholas Ray, elle retrace l’année du bac de Rita, une jolie musulmane – Morjana El Aloui, qui capte aisément la lumière et que la caméra aime visiblement – , 17 ans et de ses deux amies. Elle tombe amoureuse de Youri – Mathieu Boujenah -, qui appartient à la communauté juive de Casablanca, d’où un début d’histoire d’amour dans la grande tradition Roméo + Juliette, évoquée avec beaucoup de sensibilité. Loin d’être provocante, cette évocation reste chaste, à l’image d’un baiser tendre entre les deux personnages. Les excès inhérents à cette génération (drogue et alcool) devrait expliquer les polémiques dont ce film fait objet chez les artistes confirmés au Maroc.

Fatym Layachi, Morjana El Alaoui & Razika Simozrag

La réalisatrice en parlant de son expérience et de ses années d’études – elle vient d’une famille aisée -, tente sans fioriture de jouer contre les clichés, de parler d’une histoire d’amour universelle en retrouvant ses souvenirs. Le film est moins désinvolte que l’on pourrait le croire, elle décrit par petites touches un pays qu’elle aime, rappelant par petites touches un Maroc moins privilégié, comme le vieil homme priant dans un parking entre deux voitures, où ces hommes jouant aux dames avec des capsules en plastiques. Déterminée, Laïla Marrakchi a répété plusieurs mois avec ces jeunes interprètes – tous probants -. Elle passe facilement de l’émotion aux rires, soulignons particulièrement la scène de réconciliation entre Rita et son frère Mao – Assaad Bouab, apportant une complexité à son personnage -, de manière presque chorégraphique. Ce film est un souffle d’air frais, sans prétention, porté par l’enthousiasme de ses interprètes. C’est une proposition, certes partiale et d’un certain point de vue, mais le film ne méritait pas toutes ces polémiques. Les Marocains de Bordeaux, retrouvaient pour beaucoup leurs souvenirs, et la beauté des lieux, il n’y a d’ailleurs eu aucune polémique ce soir là. La réalisatrice, femme du cinéaste Alexandre Aja, ne prétend d’ailleurs pas à dépeindre la totalité du Maroc. Un talent à encourager donc, sortie mercredi prochain.

LE COIN DU NANAR : BANDIDAS

 Monsieur Besson,  la mode est à la pseudo-lettre pour un destinataire qui ne la recevra évidemment pas, du genre faussement intime. J’étais parti pour l’insulte genre  “A bas Luc Besson”, à la vision de votre dernière bessonade “Bandidas”, grâce au “Dictionnaire des injures” de Robert Édouard édité chez Tchou en 1970 et trouvé chez un bouquiniste. A bas signifie selon lui  : “Se lance sur le passage de quelqu’un qui n’a pas les pieds sur terre (qui est dans les nuages, ou dans la lune), pour l’inciter à reprendre contact avec le monde réel. Parfois, pour exprimer le désir – ou annoncer le projet qu’on a formé – de faire descendre un individu quelconque du piédestal où il est abusivement hisser… ou à qui l’on reproche, plus encore que d’être allé trop loin, d’en être revenu…” . Bon le début ça ne colle pas trop, vous avez les pieds sur la terre, mais la seconde partie est probante. Mais les insultes ne sont pas très constructives, et d’abord quand on va voir un film écrit par Luc Besson – je sais ça fait toujours rire -, il ne faut que s’en prendre à soi, on ne va pas se régaler quand on va voir un “speed rabbit movie”. Car j’ai changé de comportement depuis que je suis “ugécétifié”,  encarté quoi, je délaisse les films d’auteurs diffusés à l’UTOPIA uniquement, pour aller voir des divertissements sans âmes tel ce “Bandidas” bas de gamme. Je me dis pourquoi pas, c’est en V.O. dans l’UGC local, les deux comédiennes sont plaisantes, il y a Steve Zahn excentrique patenté, et même Sam Shepard, dans l’increvable cliché du mentor. Pour ce dernier, ce film est la seule ombre au tableau d’une filmographie exigeante, on dirait un des films tournés par son personnage d’Howard dans le film de Wim Wenders, “Don’t come knocking”. Le film est cornichon à souhait, même pas bandant, même pas plaisant. Penelope Cruz vous commande un projet pour qu’elle puisse tourner avec Salma Hayek. Ni une, ni deux, la machine à dupliquer les films déjà existants, est en marche, l’équation est simple “Les pétroleuses”,  film désinvolte, mais charmant de Christian-Jacque, avec le duo sensuel Claudia Cardinale – sublimissime – et Brigitte Bardot, + “Viva Maria” (1965) de Louis Malle avec Bardot toujours et Jeanne Moreau, à défaut d’être original. Donc on retrouve Sara – Salma Hayek -, fille d’un riche banquier et Maria fille d’un pauvre peone – Penelope Cruz -, aux prises avec un des méchants les plus pitoyables de ces dernières années, “Tyler Jackson” – joué par Dwight Yoakam zombiesque à souhait -.

Hayek + Cruz : Europacorp… fixe

Au final entre deux gags lamentables – le hoquet de Sara, répété à l’envi… -, l’esthétique publicitaire – et pour cause vous avez péché deux publicitaires norvégiens Joachim Roenning & Espen Sandberg, on dirait un canular -, des animaux crétins-malins à la Morris – on finit par regretter les “Dalton” de Philippe Haïm, c’est dire…-, on subit la musique poussive d’Éric Serra. Pourtant il y a des moyens, une belle photo de Thierry Arbogast mais que l’on préfère au service d’un Jean-Paul Rappeneau, des décors reconnus de l’État de Durango, si souvent utilisés. On ressort de ce film avec une triste impression de gâchis. Monsieur Besson, donc, non content de planquer votre cynisme derrière une roublardise, de celui qui n’a pas cédé aux sirènes hollywoodiennes, et est resté simple circulant à Paris en moto. Tout chez vous est calcul, entre les déclinaisons “Nikitesques”, service minimum du film européen louchant sur l’International, vous faites même des petits comme Roselyne Bosch et son pathétique “Animals”, la prétention en plus, les effets d’annonce et la stratégie du secret. Tout est assez vain chez vous, de l’apologie du suicide du “Grand bleu” – quand on attend un enfant de Rosanne Arquette céder à l’abîme c’est d’une noirceur inouïe -, à l’improbable cliché du tueur solitaire. Comme je suis un peu couillon  – d’ailleurs je suis resté chez 20six après migration, pensant naïvement qu’il va y avoir quelques progrès, c’est dire si j’ai ma dose d’imbécillité… -, j’attends de vous une prise de conscience, un changement de cap dans votre fumisterie généralisée, que vous aidiez quelques metteurs en scènes, et non d’utiliser certains talents qui font bien dans le CV – j’ai entendu le témoignage de Jean-Paul Rouve sur le film “Bunker paradise”, distribué sans conviction par “Europacorp” -. Vous dites travailler pour le public, dont je fais parti, mais on vous soupçonne de participer à la restauration de votre château, et cessez votre chantage affectif et  puéril sur votre présumé abandon comme cinéaste après menace de largage de créatures Minimoys. Je suis assez naïf, mais un auteur qui avait pour acteur fétiche Jean Bouise, ne peut pas être foncièrement mauvais.

BROTHERS

 Membre de l’équipe de cinéastes gravitant autour de Lars Von Trier, Susanne Bier suit ici les voies du dogme, avec le bonheur d’un cousinage avec le beau “Festen” de Thomas Vinterberg, auquel on pense beaucoup en retrouvant son protagoniste principal : Ulrich Thomsen. La réalisatrice qui a déjà filmé “Open Hearts” respectant les contraintes du “dogme”, gimmick efficace Vontrierien, cite d’ailleurs ce grand film, avec quelques scènes ironiques de repas, dont une où une petite fille règle ses comptes avec son père. Même si ce film danois n’égale pas la réussite du précédent, le film a une acuité de regard indéniable. Le postulat de départ est le suivant, Michael – Ulrich Thomsen donc – va chercher son frère Jannik de prison – Nikolaj Lie Kaas -. Tout oppose les deux frères qui s’aiment énormément, Michael est le fils préféré de son père, a une épouse sublime – Connie Nielsen, vue il y a peu en femme fatale dans “Faux amis” d’Harold Ramis -, deux filles adorables, un métier solide de militaire, une maison de rêve, Jannik, lui est asocial, a raté lamentablement un braquage de banque, boit beaucoup et est anti-conformiste. Le retour du fils prodigue ne fait pas plaisir à son père, un taiseux patenté, mais Jannik tente de s’intégrer. Michael part lui en mission pour l’ONU en Afghanistan…

Connie Nielsen & Ulrich Thomsen

Sans vouloir déflorer l’histoire, le postulat de départ va être malmené sérieusement. Dans un climat faussement rassurant d’un pavillon familial, un évènement redéfinit les liens, certains étant rapidement effilochés, d’autres se solidifiant. Le scénario d’Anders Thomas Jensen, est brillant et non dénué d’humour, à l’image de la mère de Jannik qui lui prépare un canard, croyant par on ne sait quel quiproquo, que c’est le plat préféré de son cadet.  Les deux frères ont du caractère qu’ils vont utiliser parfois de manière surprenante pour des questions de survie. Comme “Festen” les apparences vont valdinguer, laissant poindre la détresse ou même la folie. Avec beaucoup de pudeur, malgré quelques maniérismes de mises en scènes, comme l’inévitable caméra portée séquelle du dogme – ce film ne respectant pas toutes les contraintes, ne peut donc pas y appartenir – assume ici les névroses de ses personnages. Les acteurs sont solides, la musique est envoûtante. On retrouve de réelles qualités, une aptitude à décrire l’intimité comme une agressivité étonnante. Susanne Bier a réussi à faire un film à l’atmosphère prenante de bout en bout.

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Thierry Fortineau

  

Annonce de la mort prématurée de Thierry Fortineau, des suites d’un cancer. Ce comédien à la carrière théâtre exemplaire, voir les articles suivants, a eu quelques beaux rôles au cinéma, du gendre trop idéal pour être honnête de Michel Serrault dans “Bonjour l’angoisse” (Pierre Tchernia, 1987) au grand bourgeois, brillant dans les soirées mondaines où le cynisme triomphe dans “Gabrielle” (Patrice Chéreau, 2004). François Dupeyron lui a donné un de ses meilleurs rôles dans le très beau “Un cœur qui bat” (1990), film à redécouvrir, où il est un brocanteur qui tombe amoureux d’une femme mariée – Dominique Faysse -, où il se montre sensible et attachant. Il était un des principaux protagonistes du mésestimé “Le brasier” (1990), où il montrait une solidité face au travail harassant de la mine et de “L’homme de sa vie” (1991), en libraire au chômage et misanthrope qui retrouve l’amour avec Maria de Medeiros. On se souvient du prisonnier évadé grâce à la détermination de sa femme – jouée par Béatrice Dalle – de “La fille de l’air” (Maroun Bagdadi, 1992), histoire véritable de Michel Vaujour. Il arrivait à tirer toujours son épingle du jeu, même dans des films assez académiques comme “Comédie d’été” (Daniel Vigne, 1988), ou “L’homme de ma vie” (Jean-Charles Tacchella, 1991). Il se faisait rare sur les écrans ces derniers temps pour se consacré au théâtre, mais il avait été un Maurice Papon très probant dans “Nuit noire, 17 octobre 1961” (Alain Tasma, 2004), à la base un téléfilm sur Canal + mais qui a connu une sortie en salles. Il laisse le souvenir d’un acteur remarquable et discret.

Thierry Fortineau à la cérémonie des Molières en 2003 (Sipa)

Filmographie : 1987  Bonjour l’angoisse (Pierre Tchernia) – Doux amer (Franck Apprederis) – 1988  Vent de galerne 1783 (Bernard Favre) – Un tour de manège (Pierre Pradinas) – Comédie d’été (Daniel Vigne) – 1989  Rendez-vous au tas de sable (Didier Grousset) – Le brasier (Éric Barbier) – 1990  Un cœur qui bat (François Dupeyron) – 1991  Le trou de la corneille (François Hanss, CM) – L’homme de ma vie (Jean-Charles Tacchella) – 1992  La fille de l’air (Maroun Bagdadi) – 1993  Photo (Ivan Maussion, CM) – 2004  Nuit noire, 17 octobre 1961 (Alain Tasma, téléfilm distribué en salles) – Gabrielle (Patrice Chéreau). Télévision (notamment) : 1976  Les mystères de Loudun (Gérard Vergez) –  1981  Mon meilleur Noël : Rien qu’une petite fille (Jean-Pierre Marchand) – 1982  Malesherbes, avocat du roi (Yves-André Hubert) – 1986  Cinéma 16 : Le cadeau de Sébastien (Franck Apprederis) – 1988  L’argent (Jacques Rouffio, série TV) – Haute tension : Histoires d’ombres (Denys Granier-Deferre) – 1989  Femmes de papier (Suzanne Schiffman) – Condorcet (Michel Soutter, série TV) – 1990  L’ami Giono : Ennemonde (Claude Santelli) – Cinéma 16 : Un destin cannibale (Roger Guillot) -1992  Fenêtre sur femme (Don Kent) – 1993  Jules Ferry (Jacques Rouffio) – La porte du ciel (Denys Granier-Deferre) – 1994  La grande collection : Le feu follet (Gérard Vergez) – 1996  Les amants de la rivière rouge (Yves Boisset) – 1997  Frères et flics (Bruno Gantillon, série TV) – 1998  Le prince des imposteurs (Jean-Pierre Prévost) – Un hiver dans la tourmente (Bernard Favre) – 2000  Entre l’arbre et l’écorce (Bruno Gantillon) –  2001  L’instit : Carnet de voyage : Madagascar (Jérôme Laperrousaz) – 2002  Tous les chagrins se ressemblent (Luc Béraud) – 2004  Maigret : Maigret et la demoiselle de compagnie (Franck Apprederis).

NOUVELLE CUISINE

 “Dumplings / Nouvelle cuisine” est un film saisissant et une variation inventive du  mythe de la comtesse Bathory, se nourrissant du sang des vierges pour garder la jeunesse éternelle. C’est la première incursion du cinéaste Fruit Chan dans le cinéma fantastique. Ce film est le prolongement d’un des  sketches “3 extrêmes”, le cinéaste souhaitant développer le personnage de Mei, et en faire un long métrage. Le climat social et la description de la société coréenne déliquescent est ici remarquable – c’est la marque de fabrique du metteur en scène, habitué à dépeindre dit-on la société de son temps. Adapté d’une nouvelle de Lilian Lee, le film met en scène la belle Mei, sorte de sorcière moderne, sans âge et très sensuelle et transfuge de la Chine communiste – exceptionnelle Ling Bai, tricarde à Hongkong par son anticonformisme, elle ici inquiétante, séductrice et désinvolte -, et de Ching Lee – Miriam Yeung Chin Wah, retrouvant l’expressivité d’une actrice de cinéma muet – une ancienne comédienne de sitcom, devenue oisive après un riche mariage avec un homme qui la trompe – Tony Leung Ka Fai, “L’amant” chez Jean-Jacques Annaud, désormais grisonnant -, et qui a peur des premiers signes de vieillissements de sa beauté froide.

Ling Bai / Bai Ling

Mei est très connue pour préparer dans un quartier populaire, de mystérieux petits raviolis vapeur – des dumplings-, dont la chaire rose assez ragoûtante semble avoir des vertus rajeunissantes. Elle fait de mystérieux va et vient pour en trouver la matière première. Ching, délaissée, se laisse tenter sur la foi d’un bouche à oreille encourageant. Le film se voit à deux niveaux, le premier un film d’effroi absolument maîtrisé passant de l’appétit au dégoût, la belle Mei, outre ses talents de cuisinière, étant médecin dans une vie antérieure n’hésite pas à se proposer faiseuse d’anges. La prouesse est de faire monter l’angoisse aussi bien dans des scènes neutres où les grands ensembles s’avèrent tout aussi inquiétants qu’une somptueuse demeure en ravalement, que dans des scènes gore, saisissantes, où l’on se retrouve au bord de la nausée. Baigné d’humour noir – à recommander une scène d’amour avec une jambe dans le plâtre -, le film bafoue allégrement la bienséance. Le second niveau est une critique acerbe de l’individualisme, de la politique de l’enfant unique – garçon de préférence -. L’admirable photographie de Christopher Doyle magnifie de climat délétère, de la dictature des apparences, l’ancienne actrice étant prête à tout pour retrouver sa séduction entière de son ancienne série, où sa jeunesse éclate ressort avec les interminables rediffusions. Quitte à y laisser son âme, pour briller dans une société de dupes, elle ne se pose pas trop de questions, et finit par être vampirisée par Mei. Le film mérite de se laisser désarçonner –  essayer d’imaginer la tête d’une spectatrice, qui se plaignait d’avoir mal digéré à son mari, à l’issue du film – , le choc est rude, mais il est difficile de trouver un univers aussi fort ces derniers temps.

FAUTEUILS D’ORCHESTRE

 Avant-première à l’UGC-Cité Bordeaux, le mardi 31 janvier 2006, de “Fauteuils d’orchestre”, le troisième film comme réalisatrice de Danièle Thompson, en sa présence – très empressée pour cause de dîner avec les notables du crû à l’issue du film -, Christopher Thompson, Dani et Claude Brasseur – grande joie, il n’était pas annoncé -. Le film s’ouvre et se ferme sur la voix de Suzanne Flon, une grand-mère gâteau un peu radoteuse, bel hommage que lui rend la réalisatrice, elle ouvre et ferme ainsi le bal, le film lui est dédié. Elle campe donc l’aïeule de Jessica, habitant Mâcon –  Cécile de France, définitivement irrésistible -, dont elle partage l’amour des lieux luxueux. Elle lui conseille de travailler dans cet univers, afin de se rapprocher de ses rêves. Ni une, ni deux, elle arrive à Paris, bluffe, et finit très rapidement par obtenir un travail de serveuse dans une brasserie huppée de la  rue Montaigne, où ne travaillent que des hommes. Son directeur et serveur – François Rollin, bougon mais sympathique qui trouve enfin un rôle à sa mesure -, la fait travailler rapidement pour cause de personnel indisponible, gobant même son petit mensonge quand elle s’autoproclame, reine du tartare. Naïve et énergique, elle observe tout un petit monde de faux-semblants, le lieu étant un carrefour des affaires et des théâtres. Chacun envie un peu le bonheur de l’autre, sans voir qu’ils sont privilégiés.  

Claude Brasseur & Cécile de France

On suit ce microcosme, de Jacques Grumberg, financier autodidacte qui vend sa collection d’œuvres d’arts comme Michel Serrault se séparant de sa collection de livres dans “Nelly et M. Arnaud” – Claude Brasseur, d’une grande subtilité -, de Frédéric, son fils prématurément aigri et assez taciturne – Christopher Thompson dans son meilleur rôle -, jalousant son père de sa belle maîtresse – Annelise Hesme – ; de Jean-François Lefort – Albert Dupontel, au bord de l’explosion parfait dans ce rôle, contenant sa rage et son impatience -, et sa femme jouée par Laura Morante – So Perfect -, qui a sacrifié sa carrière pour son mari – ; Claudie – Dani –  qui est l’âme du théâtre où joue Lefort, férue de chanson française, et appréhendant avec dignité son départ en retraite, Catherine Fersen – Valérie Lemercier, épatante -, actrice suffisante et recurrente d’une sitcom bêtasse mais très bien payée, qui pousse son agent – Guillaume Gallienne “Besnehardien”, pour obtenir le rôle de Simone de Beauvoir auprès d’un grand cinéaste – Sidney Pollack, qui est aussi un très grand comédien -, malgré l’antipathie qu’elle suscite auprès de la directrice de casting – Françoise Lépine, qui dans les rôles secondaires arrive toujours à tirer son épingle du jeu -. Catherine joue en attendant un vaudeville de Feydeau, rendant chèvre son metteur en scène par ses caprices – Christian Hecq – et entraînant le comédien principal – Michel Vuillermoz, que je trouve toujours remarquable -, dans son mauvais esprit.  Les personnages sont happés autour de la lumineuse Jessica, le lieu aidant, des rencontres improbables sont évidentes ici, c’est une étude de mœurs bien vue, très bien écrite, laissant sa chance démocratiquement à tous les personnages d’une habilité remarquable. On se laisse prendre au jeu, sans voir les artifices du scénario, comme ça pouvait être le cas parfois dans “La bûche” et “Décalage horaire”. L’observation est très juste, entre ceux qui vivent pleinement mais trouvant des limites dans une existence devenant trop rassurante, et ceux qui vivent par procuration, dans l’entourage des artistes – Laura Morante, Dani -, mais trouvant matière à fabriquer des rêves. Le dosage rires émotions, fonctionne, Christopher et Danièle Thompson ayant trouvé un ton original et euphorisant. Poussant mon petit couplet flagorneur dans le débat avec sincérité, j’entends ainsi Dani déplorant avoir peut-être avoir raté certains grands rôles par sa faute – elle est ici impressionnante de justesse -, et Claude Brasseur – entrevu ensuite et très abordable -, sur son jeu cite avec humilité son père, disant que ce sont les grands rôles qui font les grands comédiens, et citant Picasso, “J’ai mis longtemps à devenir jeune”.  Ce film, détonnant avec les comédies manufacturées et insipides de ces derniers temps, est à recommander chaleureusement. 

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Walerian Borowicz

 Annonce de la mort du cinéaste polonais Walerian Borowczyk, décédé vendredi de suites de complications cardiaques. Relégué assez longtemps dans la catégorie érotisme chic à l’instar d’un Just Jaeckin – voir article joint – . Mais on a réévalué son talent ces dernières années de cet ancien dessinateur d’affiches, qui étudia aux beaux-arts, et dont la découverte de plusieurs de ses courts-métrages d’animation très inventifs  dans deux DVD édités sur ARTE et réunissant 4 de ses longs-métrages “Goto, l’île d’amour” (1969), un petit chef d’œuvre qui fera objet d’une prochaine note ici même, “Contes immoraux”, avec un Fabrice Luchini débutant et déluré, film à sketches dont l’épisode sur “Lucrèce Borgia” fut censuré à la télévision lors de sa diffusion, et “La bête” curieux film zoophile avec la belle Silke Hummel. On retiendra également “La marge” (1975), curieux film amalgamant l’atmosphère des années 70, avec celle des années 30, avec deux icônes Sylvia Kristel et Joe Dallesandro.  Rendons justice à ce metteur en scène qui a donné ses lettres de noblesse à l’érotisme à l’écran, même quand il répondait à la commande de Pierre Grimblat, pour la série TV “Série rose”. Voir le dossier élaboré sur le site ARTE.

Les contes immoraux

ARTICLES CINÉMA 80 – Cinéaste d’animation volontiers agressif et recherchant une réjouissante épure de la laideur (M. et Mme Kabal), Borowczyk réalise en 68 un chef d’œuvre d’acidité où sexe et politique dotaient la fable d’un poids inattendu de réalisme (Goto). Blanche était déjà plus facile et Histoire d’un péché, quoique réalisé en Pologne, assez accrocher ; mais c’est avec Contes immoraux que Borowczyk devint le chantre du porno de luxe. Soignant ses scénarios et entrelardant subtilement une mise en scène extrêmement raffinée de quelques irruptions bien dosées d’un mauvais goût outrancier, Borowczyk séduit aujourd’hui au lieu d’irriter, flatte au lieu de prendre à rebrousse poil et récupère par l’athéisme, des situations sado-masochistes qui constituent le menu quotidien des salles classées X. Désormais complaisant et fourgueur d’alibis culturels à un public honteux incapable d’assumer la réalité de ses fantasmes sexuels, Boorowczyk se permet même de bâcler parfois la réalisation (Intérieur d’un couvent) et d’assassiner par incompétence les mythes les plus solides du panthéon érotique (Lulu, la même année où ressortait le « Loulou » de Pabst). René Prédal Cinéma 80 (Octobre 1980).

LE MONDE – Walerian Borowczyk, cinéaste par Jean-Luc Douin – Article paru dans l’édition du 09.02.06 

Le cinéaste Walerian Borowczyk est mort vendredi 3 février, à l’âge de 82 ans, de complications cardiaques, dans un hôpital de la région parisienne proche du Vésinet (Yvelines) où il résidait. Né le 2 septembre 1923 à Kwilicz, en Pologne, Walerian Borowczyk avait été d’abord un artiste polyvalent, graphiste, peintre, écrivain, avant de devenir le cinéaste de l’érotisme. André Breton le disait doué d’une “imagination fulgurante”.

Grand Prix national du graphisme en 1953 pour ses affiches de cinéma, Borowczyk se lance dans le court-métrage en 1946 et est très vite bouleversé le cinéma d’animation en y introduisant un humour noir, des gags surréalistes et une technique nouvelle fondée sur les découpages. Il a une vision de démiurge et impose un univers aussi tapageur (tant du point de vue pictural que de celui de l’absurde) que celui de Ionesco ou de Beckett.

Il travaille un temps avec Chris Marker (Les Astronautes) et Jan Lenica, autre grand graphiste et affichiste polonais, mais ce qui distingue Borowczyk est une hantise des objets et des formes, comme ces convulsions d’une chevelure-pieuvre surgie de chez Lautréamont dans Dom. C’est un sabbat d’objets de grenier dans Renaissance, un terrifiant camp de démontage d’automates par des séraphins invisibles dans Les Jeux des anges.

Le premier long-métrage de Walerian Borowczyk, Le Théâtre de M. et Mme Kabal (1963), impose un couple (un homme rêveur amoureux des papillons, flanqué d’une matrone au profil de vautour) et un monde kafkaïen. En 1968, Borowczyk quitte le cinéma d’animation et obtient le prix Georges-Sadoul pour Goto, l’île d’amour, qu’il définit comme “un film d’amour sur l’amour du pouvoir”. Il s’agit de l’histoire d’un despote où le goût des objets fétiches, du masochisme, et la figure du père rappellent l’oeuvre de Bruno Schulz.

Blanche (1972) renoue avec le même thème que Goto : une jeune femme captive d’un vieux seigneur (Michel Simon). Nous sommes dans un Moyen Age courtois, aux décors inspirés de Giotto et Jérôme Bosch, à l’atmosphère tiraillée entre dictature et désir physique.

Les Contes immoraux (1974) font de Borowczyk un cinéaste érotique. Il est foudroyé par la censure, puis partiellement libéré (interdiction aux moins de 16 ans). Il s’agit d’un film composé de quatre sketches, le premier adapté d’André Pieyre de Mandiargues, le deuxième évoquant le plaisir solitaire d’une jeune fille vouée à la prière, le troisième retraçant les perversions saphiques et sanguinaires de la comtesse hongroise Erzebet Bathory, et le dernier contant les amours incestueux du pape et de son fils César Borgia avec leur fille et soeur Lucrèce.

Après être retourné en Pologne tourner Histoire d’un péché, qui confirme son goût des atmosphères suffocantes et ses indéniables dons plasticiens, Walerian Borowczyk revient en France signer La Bête (1975), puis La Marge (1976), Intérieur d’un couvent (1978), Les Héroïnes du mal (1979), Lulu (1980) d’après Wedekind, L’Art d’aimer (1983) d’après Ovide, et Emmanuelle 5 (1987) : variations plus ou moins audacieuses, plus ou moins raffinées, et inégalement réussies, sur les tourments de la chair, en référence à Sade, Baudelaire, Bataille, Mandiargues.

Fragments d’un dictionnaire amoureux : François Levantal

François Levantal dans “sur le fil”

Si l’on retrouve souvent François Levantal dans des seconds rôles, en premier plan il est aussi remarquable. Ainsi dans “L’affaire Pierre Chanal”, sur l’affaire réelle des “disparus de Mourmelon”, il impressionne, comme le définit justement Nicolas Schmidt dans « Télévision française – La saison 2007 » au sujet de son personnage qui « remarquablement interprété (…) peut faire figure de coupable, impressionnant dans son allure rigide, au ton constamment péremptoire et qui semble d’un bloc en toutes circonstances ». Dans le dossier de presse du film “L’amour aux trousses”, Jean Dujardin déclare à son sujet “Lee Van Cleef vous voulez dire…? François est un comédien très doué, bourré de talents, très précis, qui joue comme il parle, très rapide, très calibré, qui a beaucoup de recul, qui peut faire croire tout ce qu’il veut, très doué comme imitateur aussi”.Et Pascal Elbé de rajouter “François Levantal hors classement. Un physique unique, taillé à la serpe et puis en même temps une espèce de classe hors norme avec un humour qu’on n’imagine pas. Parce qu’il est bien “marbré” lui aussi”. C’est l’un des grands sous-utilisés de notre cinéma, c’est devenu l’homme que vous aimerez haïr. Avant de débuter au cinéma – nous apprend le dossier de presse de “Neg’marron”-, il se produit au théâtre dans “Mirabeau ou le délassement comique”, “Le théâtre de foire”, “Les oiseaux “, “La poudre aux yeux”, “Un otage”, “L’exil”. Il est capable de faire exister un personnage par sa seule présence, à l’image du tenancier de “Blueberry”, où il semble être un des personnages évadés de chez Sam Peckinpah. Il faut le voir dans le décevant “Mauvais esprit”, malgré un scénario mordant de Laurent Chouchan, sauver les meubles. Son personnage veule, peu recommandable et capable de toutes les bassesses est digne de figurer dans l’âge d’or de la comédie italienne.

Dans le making off de “Blueberry, l’esprit du film”, diffusé sur le câble, on retrouve un François Levantal décontracté, parlant de l’humour, de son attirance pour ce qui est inutile. Il faut l’entendre théoriser sur la nature. Pour finir, il imite “Le cri de la bouteille qui se débouche” (débouchée évidemment), avec brio. Il faut bien le dire, l’humour lui sied bien, il apporte toujours une ironie mordante au moindre de ses rôles, à l’image de la série de pub pour la SNCF. Selon Vincent Cassel, dans le commentaire DVD de “La haine”, il a également pour surnom “Main de bois”, car il “donne des baffes extrêmement puissantes” !. C’est donc avec “La haine” et son personnage bien sulfaté et en pagne, qui fait des tours avec des balles de revolver, que l’on finit par repérer ce comédien très apprécié par Bertrand Tavernier. On ne cesse donc de le retrouver, et en 2002, il tente un personnage plus posé le temps de deux saisons dans “Avocats et associés” dans le rôle de Nicolas, un personnage altruiste et secret, ce qui lui permet de renouveler son image, avec un rôle moins lisse qu’il n’y paraîtrait puisque son personnage est aux prises avec le “démon du jeu”. Il reste disponible pour des réalisateurs de courts-métrages, incarnant même un officier SS dans “Le barbier”.

Ce qui est remarquable dans son interprétation, c’est l’humour qu’il amène dans sa galerie de personnages hauts en couleurs et souvent antipathiques. Il est hilarant dans « La vie est à nous » en dealer zen, dans  “L’annonce faite à Marius” en interne qui se retrouve interloqué à la vue d’un Pascal Légitimus “enceint” des expériences de Jackie Berroyer ou en adepte de la pétanque nudiste dans « Camping ». Il est capable aussi d’humanité comme le maître dragueur fatigué de Saïd Taghmaoui dans “Confession d’un dragueur” ou son personnage de grand blessé de guerre des “Blessures assassines”. Il convient également de signaler sa performance parmi toute une équipe de joyeux drilles (Édouard Montoute, Atmen Kelif, Armelle Deutsch ou Christophe Alévêque) dans “Nos amis les flics”, en personnage de truand petits bras “bas du front” se retrouvant à occuper un commissariat. Il se prend au jeu dans son nouveau costume et conseille à un quidam de casser la gueule à son patron. Dans “L’antidote”, il joue les utilités brillamment aux côtés de Christian Clavier, lorgnant sur les charmes d’Alexandra Lamy. Il peut être d’une cruauté inouïe dans “Un long dimanche de fiançailles”, et on finit par approuver le personnage de Marion Cotillard dans ses idées de vengeances. Dans “Narco” il est un père albinos et terrifiant pour un frère et une sœur, les poussant sadiquement au meurtre en allant trop loin dans leur entraînement pour une compétition de patinage artistique. Il est idéal pour incarner les monstres du quotidien.  De la bande des affreux de « Dante 01 », il est le plus retord et cruel et dans le téléfilm « La mort n’oublie personne », son personnage est qualifié comme « La gueule même du faux témoin ». Il va même jusqu’à personnifier le professeur cauchemardé, quand le cancre Ducobu s’imagine en pension dans “L’élève Ducobu”. Antoine Blossier l’engage dans sa galerie des monstres pour “La traque”, car selon le dossier de presse du film “François Levantal s’est révélé une évidence pour le rôle. Il adore les personnages de méchants et je crois qu’il a beaucoup aimé jouer un type un peu lâche et dangereux”.

Il est particulièrement réjouissant dans “L’amour aux trousses” où il procède à diverses ruptures de ton, en méchant bondissant et narquois, sans pitié, il faut le voir lors de la scène de rencontre avec Caterina Murino, femme policier se faisant passer pour une call-girl, il charme et terrifie à la fois. Dans ce film son personnage passe facilement d’une violence brutale à des jeux puérils, il zappe malicieusement lors du match de foot  que regarde son acolyte “Le Brésilien”, il fonce, raille ses poursuivants, un rôle, encore une fois, particulièrement réjouissant… Citons Bayon à son sujet : “L’affiche… est relevée de l’éminent François Levantal (qui galvaude trop en réclames sa «gueule» d’atmosphère digne d’André Héléna)” Libération 06/07/2005.

Il faut le voir dans le pataud “L’île au(x) trésor(s)”, en pirate échoué sur une île. Ironie du sort, il possède une véritable fortune qui ne lui sert strictement en rien. Le régime noix de coco et crabe bouilli l’a rendu totalement fou. Le visage mangé par une barbe épaisse, il étonne dans la composition de ce personnage décalé à la gestuelle déglinguée, inventant un curieux langage remplis de borborygmes et d’élucubrations diverses. Son apparition est une bouffée d’air frais dans cette grosse machinerie, il écrase avec superbe tous les autres personnages de ce “Pirates des Caraïbes” du pauvre, et sauve une fois de plus le film. François Levantal était épatant en vedette d’un téléfilm – impossible de me souvenir du titre. Il y jouait un journaliste s’improvisant détective avec beaucoup de subtilité. Ce formidable comédien est mûr pour les grands rôles, en souhaitant que l’on utilise au mieux sa dimension tragique, son élégance et sa “vis comica”. Sa participation au culte « Kaamelott » en légionnaire goguenard est dans ce sens un absolu régal.

Il trouve son meilleur rôle dans la série « Sur le fil » – l’intégralité de la série est disponible en DVD- série policière qui se démarque singulièrement des habituels modèles du genre. Dans sa composition du commandant Munoz, policier anticonformiste et agissant à la limite de la légalité, il excelle en chef d’une petite équipe qui est en conflit permanent avec son supérieur le trop novice commissaire Forge. Munoz est impulsif, mais probe, il se débat entre les méandres de l’administration, une délinquance de plus en plus violente et des problèmes familiaux, notamment avec son fils. Levantal y diffuse une autorité, une chaleur avec ses coéquipiers – ses partenaires sont tous excellents -, le tout avec une bonne dose d’humour comme à l’accoutumée. Dans “Les Lyonnais”, il impressionne en mentor trahi d’Edmond Vidal et as du braquage, en figure idéale pour perpétuer une tradition du polar français. Retour à l’humour pince sans rire avec “La petite histoire de France”, diffusé sur W9 à partir du 28 novembre 2015, où il est irrésistible en cousin du Roi, en disgrâce. Dans “Raid dingue”, il est le chef du RAID très crédible par son autorité, utilisant une nouvelle fois son humour quand il ne maîtrise pas totalement les situations, mais s’affirmant cependant malgré les pressions du ministre de l’Intérieur, campé par Michel Blanc, ce qui nous vaut des échanges irrésistibles.

Filmographie : 1985  Conseil de famille (Costa-Gavras) – 1989  La Révolution française : Les années Lumière (Robert Enrico) – 1991  L. 627 (Bertrand Tavernier) – 1993  La fille de d’Artagnan (Bertrand Tavernier) – 1994  3000 scénarios contre un virus : Mort d’un couple (Laurent Heynemann, CM) – L’appât (Bertrand Tavernier) –  La haine (Mathieu Kassovitz) – 1995 Capitaine Conan (Bertrand Tavernier) – Un héros très discret (Jacques Audiard) – 1996 Plan séquence : Homo-automobilis (Vincent Mayrand, CM) – Le ciel est à nous (Graham Guit) – Assassin(s) (Mathieu Kassovitz) – Dobermann (Jan Kounen) – 1997 Le bossu (Philippe de Broca) – La voie est libre (Stéphane Clavier) – L’annonce faite à Marius (Harmel Sbaire) – Zonzon (Laurent Bouhnik) – Sabbat night fever (Vincent Cassel, CM) – Le poulpe (Guillaume Nicloux) – 1998 Quasimodo del Paris (Patrick Timsit) – Une vie de prince (Daniel Cohen) – Menhir (c’est citer) (Hubert Kondé, CM) – 1999 Clara qui êtes aux cieux (Jean-François Hirsch & Pascal Demolon, CM) – Le sens des affaires (Guy-Philippe Bertin) – Sade (Benoît Jacquot) – Les rivières pourpres (Mathieu Kassovitz) – Les blessures assassines (Jean-Pierre Denis) – 2000 Même pas mal (Diastème, CM) – Belphégor, le fantôme du Louvre (Jean-Paul Salomé) – Confession d’un dragueur (Alain Soral) – Le barbier (Jon J. Carnoy, CM) – Grégoire Moulin contre l’humanité (Artus de Penguern) – 2001 La nuit du chien (Robin Sykes, CM) – Vertiges de l’amour (Laurent Chouchan) – Le nouveau big bang (Nicola Koretzky, Marina Tomé, CM) – Se souvenir des belles choses (Zabou Breitman) – Gangsters (Olivier Marchal) – La guerre à Paris (Yolande Zauberman) – Le nouveau Jean-Claude (Didier Tronchet) – La sirène rouge (Olivier Mégaton) – 2002  À l’abri des regards indiscrets (Hugo Gélin & Ruben Alves, CM) Mauvais esprit (Patrick Alessandrin) – Michel Vaillant (Louis-Pascal Couvelaire) – L’ancien (Nicky Naude & Emmanuel Rodriguez, CM) – 2003 Holden se blinde (Nicola Koretzky, CM) – Blueberry, l’expérience secrète (Jan Kounen) – Nos amis les flics (Bob Swaim) – Le veilleur (Frédéric Brival, CM) – Narco (Tristan Aurouet et Gilles Lellouche) – Un long dimanche de fiançailles (Jean-Pierre Jeunet) – 2004  La Chepor (David Tessier, CM) – Transit (Julien Leclerc, CM) – Nèg marron (Jean-Claude Flamand-Barny) – L’antidote (Vincent de Brus) – L’amour aux trousses (Philippe de Chauveron) – 2005  Ma vie en l’air (Rémi Bezançon) – Demain la veille (Julien Lucat & Sylvain Pioutaz, CM)Sheitan (Kim Chapiron) – Sauf le respect que je vous dois (Fabienne Godet) – Entente cordiale (Vincent de Brus) – Camping (Fabien Onteniente) – 2006  L’île au(x) trésor(s) (Alain Berberian) – Dante 01 (Marc Caro) – Demain la veille (Julien Lecat et Sylvain Pioutaz , CM) – 2007  Black (Pierre Laffargue) – Orange juice (Ronan Moucheboeuf, CM) – 2008  Jusqu’au bout… (Vincent Plaidy, CM) – 2009  Vendetta (Patrick Bossard, CM) – Les bons tuyaux (Olivier Riffard, CM) – La traque (Antoine Blossier) – 2010  L’élève Ducobu (Philippe de Chauveron) – Les Lyonnais (Olivier Marchal) – 2011  Enfant de la patrie (Kim Chapiron) – Peter Pan (Nicolas Duval, CM) – Les Kaira (Franck Gastambide) – 2012  Pari (Jovanka Sopalovic, CM) – Les invincibles (Frédéric Berthe) – Les petits joueurs (Guillaume Breton, CM) – 2013  Les Francis (Francis Begotti) – Quarante (Nicolas Koretzky et Hervé Rey, CM) – 2016  Raid Dingue (Dany Boon) – 2017  La finale (Robin Sykes) – Taxi 5 (Franck Gastambide). Voxographie : Les lascars (Emmanuel Klotz & Albert Pereira-Lazaro).

Télévision: Notamment : 1989  Les nuits révolutionnaires (Charles Brabant) – 1992  Commissaire Moulin : Les zombies (Yves Rénier) – 1994  Cognacq-Jay (Laurent Heynemann) – 1995  Chercheurs d’héritiers : Les gens de Faillac (Laurent Heynemann, pilote inédit diffusé sur le câble) – L’instit : L’angélus du corbeau (Laurent Heynemann) – 1996  La poupée qui tue (Bruno Gantillon) – 1997  Un arbre dans la tête (Jean-Pierre Sinapi) – 1998  Le feu sur la glace (Françoise Decaux) – 1999  Les duettistes : Une dette mortelle (Alain Tasma) – 2000  Passage interdit (Mickaël Perrotta) – Une femme d’honneur : Mort clinique (Alain Bonnot) – Rastignac ou les ambitieux (Alain Tasma) – 2001  Le lycée : Une voix publique (Miguel Courtois) – P.J. : Enfant battu (Olivier Bonnet) – 2002  Le juge est une femme : L’ami d’enfance (Charlotte Brandstrom) – 2002/2004  Avocats et associés (26 épisodes) – 2003  Les enquêtes d’Éloïse Rome : Joanna est revenue (Philippe Setbon) – À cran (Alain Tasma) – 2004  À cran, deux ans après (Alain Tasma) – 2005  La battante (Didier Albert) – 2006  L’affaire Pierre Chanal (Patrick Poubel) – David Nolande : Crescendo (Nicolas Cuche) – Élodie Bradford : Une femme à la mer (Olivier Guignard) – 2007  La lance de la destinée (Dennis Berry) – Sur le fil (Frédéric Berthe, 5 fois 52mn) – Les Bleus : Premiers pas dans la police : Enquête interne (première et deuxième partie) (Patrick Poubel) – Sur le fil (Bruno Garcia, saison 2) – La mort n’oublie personne (Laurent Heynemann) – 2009  Sur le fil (Bruno Gantillon, saison 3) – Kaamelott livre VI (Alexandre Astier, saison 6) – Cartouche, le brigand magnifique (Henri Helman) – 2011  Ni vu, ni connu (Christophe Douchand) – Braquo (Philippe Haïm et Éric Valette, saison 2) – La nouvelle tragédie : Les voies impénétrables (Noémie Saglio & Maxime Govare) – 2013  La télé commande (CM, mini-série) – Julie Lescaut : Tragédie (René Manzor) – 2014  Meurtres à l’Abbaye de Rouen (Christian Bonnet) – 2015  Le placard (Dominique Thiel, captation) – 2015/2016  La petite histoire de France (Jonathan Barré, CM, série) – 2016  Section zéro (Olivier Marchal et Laurent Guillaume) – 2018  Les rivières pourpres (Olivier Marchal, mini-série). Voxographie : 1996  Enquête sur un enlèvement  (Peter Kassovitz, récitant) – Un monde digital (Martin Meissonnier, documentaire, récitant) – Web Site Story (Martin Meissonnier, série documentaire, récitant) – 2013-2016 Les Kassos (Alexis Beaumont,  Julien Daubas, Rémi Godin et Yves Bigerel, animation).