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MORT D’ANTHONY FRANCIOSA

 

Anthony Franciosa dans “Ténèbres”

Annonce de la mort du comédien Anthony “Tony” Franciosa, mort jeudi 19 dernier à Los Angeles, d’une attaque, moins d’une semaine après la mort de son ancienne femme Shelley Winters (le second d’une série de 4 de 1957 à 1960). Il avait débuté à Broadway en 1953 et avait travaillé plusieurs années dans le théâtre “off”, avant d’être engagé par Elia Kazan dans “A face in the crowd – Un homme dans la foule” (1957). Il obtient la célébrité chez nous dans la série “Matt Helm” (1975-1976). Il avait participé à plusieurs films italiens dont “Sénilità – Quand la chair succombe” (1961), mélo de Mauro Bolognini, face à Claudia Cardinale et “Tenebrae – Ténèbres” (1982) de Dario Argento, une grande réussite du genre, où il campait un écrivain à la “Stephen King” dont l’oeuvre inspirait un mystérieux tueur. On l’avait revu après plusieurs années d’absence au cinéma dans “City Hall” (1996), aux côtés d’Al Pacino, dans un rôle mineur, hélas. On garde le souvenir d’un comédien sympathique, toujours souriant.

ARTICLE  par Bob Thomas LOS ANGELES (AP)

L’acteur américain Anthony Franciosa, que le public avait notamment pu voir dans des films d’Elia Kazan et George Cukor dans les années 1950, est décédé à Los Angeles des suites d’une attaque, a annoncé vendredi son agent. Il avait 77 ans. Né Anthony Papaleo en octobre 1928 à New York, Anthony Franciosa est mort jeudi au centre médical de UCLA, entouré de sa femme Rita et d’autres proches, a précisé Dick Guttman. L’acteur, dont l’interprétation puissante de personnages compliqués et agités fit de lui une star de Hollywood dans les années 1950 et 60 mais dont le comportement sur les plateaux de tournage gêna sa carrière, appartenait à une nouvelle vague de comédiens qui révolutionna le métier au milieu du XXe siècle, avec une approche introspective et intensément réaliste des rôles. La plupart de ces acteurs passèrent par le prestigieux Actors Studio de New York. Parmi eux, on comptait Marlon Brando, James Dean, Rod Steiger, Shelley Winters et Paul Newman. Franciosa fut marié à Shelley Winters, décédée le week-end dernier. A partir de son premier rôle important dans «Une poignée de neige» de Fred Zinnemann en 1957 -film dans lequel il jouait le frère d’un drogué-, Franciosa fut connu pour son interprétation de jeunes gens compliqués. Cette année-là, il apparut dans trois autres films, «Un homme dans la foule» d’Elia Kazan, «Cette nuit ou jamais» de Robert Wise et «Car sauvage est le vent» de George Cukor. La carrière de Franciosa se poursuivit avec des films tels que »Les feux de l’été», «La Maja nue», «Du sang en première page», »L’école des jeunes mariés», «Rio Conchos» et «The Pleasure Seekers» avec Gene Tierney. Mais le comportement de l’acteur sur les tournages devint un sujet de commérages à Hollywood. Circulèrent des histoires de conflits avec des réalisateurs, d’explosions avec d’autres acteurs. »Je suis parti à Hollywood au milieu des années 1950. Et je dirais que j’y suis allé un peu trop tôt», confiait Anthony Franciosa dans un entretien en 1996, ajoutant qu’il n’était pas assez mûr sur le plan psychologique et émotionnel pour faire face à toute cette attention. L’attitude quelque peu orageuse de l’acteur se manifesta aussi en dehors des plateaux de cinéma. En 1957, il fut incarcéré pendant dix jours dans la prison du comté de Los Angeles pour avoir frappé un photographe de presse. Du fait de sa réputation, les propositions à Hollywood se firent moins nombreuses et il se tourna vers des films européens et la télévision. Parmi ses derniers films, on peut citer «Ténèbres» de Dario Argento et «Un justicier dans la ville 2» de Michael Winner en 1982. Outre Shelley Winters, Anthony Franciosa fut marié à Beatrice Bakalyar et Judy Kanter, avec qui il a eu une fille, Nina. Il convola en dernières noces avec Rita Thiel, un mannequin allemand. Le couple a eu deux fils, Christopher et Marco. AP cr/v

JARHEAD – LE FIN DE L’INNOCENCE

Le film débute sur une citation ironique de “Full metal jacket” de Stanley Kubrick, avec un sergent recruteur lobotomisant, mais plus proche de Steve Martin que de R. Lee Ermey. La guerre du golfe éclatant durant l’été 90, on retrouve nos militaires face à l’aridité du désert saoudien, certains refusant de voir les intérêts économiques en jeu. Mais le film n’est pas un film de guerre attendu, dans cette atypique opération de la “tempête du désert”. L’intérêt de ce film du britannique Sam Mendes, qui a un sens visuel indéniable, est l’influence du cinéma sur l’esprit des jeunes marines, nourris d’images de guerre “Apocalypse now” – le monteur du film Walter Murch est repris pour ce film -et “voyage au bout de l’enfer” sont d’ailleurs cités. Nos militaires s’attendent donc à découdre, mais cette guerre atypique. Le film se veut subjectif, prenant le point de vue d’un soldat landa, Anthony Swofford – c’est l’adaptation de son témoignage vécu -, souffrant d’une militarisation atavique.  Autodidacte, il essaie de s’instruire en se cachant en lisant “L’étranger” d’Allbert Camus dans les toilettes. Pour la plupart, il y a une volonté d’en découdre avec cet ennemi presque invisible – reprenant ainsi l’idée de “Full metal jacket”, où il n’était personnifié que par une femme armée. Il y a ici un petit côté pas déplaisant “Désert des tartares”, célèbre roman de Dino Buzzati, dans l’attente ponctuée de frustrations, d’onanismes, de nettoyage de l’arme prolongement phallique évident, rites initiatiques lourdingues de chambrée, d’organisations de jeux comme un duel de scorpions , de sur-hydratation obligée, c’est dans ces moments là cycliques que le film est le plus intéressant. Les palliatifs de la masturbation et de l’alcool, ne font que participer à la fatigue. Les soldats guettent le moindre signe, même lors d’une rencontre de quelques autochtones en promenade…

Jake Gyllenhaal et Peter Sargaard

On reste finalement assez distant avec les personnages, même si Jake Gyllenhaal mérite l’engouement qu’il suscite en ce moment – même si on a du mal à occulter son personnage de “Donnie Darko”, où il était exceptionnel, alors qu’il était assez falot dans le film catastroph(ique) “Le jour d’après” -. Peter Sargaard dans le rôle de Troy est plus probant car il dégage une certaine opacité, voire ambiguïté dans un rôle d’aîné protecteur. Jamie Foxx dirige ce petit monde de recrues tous des archétypes avec poigne et une humanité parfois suspecte. On retrouve Chris Cooper et Dennis Haysbert (“24 heures” qui s’amusent visiblement à composer deux ganaches délectables. Le problème est finalement de Sam Mendes est de vouloir contenter tout le monde, montrer l’absurdité de la guerre, comme de montrer que l’armée est un refuge pour les laissés pour compte, où les personnes en quête de sens, comme l’ode enthousiaste du personnage de Jamie Foxx pour l’engagement contre un quotidien plus morne à travailler chez son frère. Reste les petits détails qui sentent “le vécu”, comme les matériels radios qui ne fonctionnent jamais au moment voulu, ou le leurre d’une guerre “chirurgicale” avec les tirs “amis”. La réconstitution générale est remarquable, le réalisateur trouvant parfois un décalage onirique – l’apparition du cheval dans la nuit -. L’humour général est à saluer, à l’image du personnage d’Anthony qui entendant la musique des “Doors” d’un hélicoptère, se plaignant de cette musique du Vietnam et déplorant de ne pas avoir de musiques à eux ! Une approche non conventionnelle de la guerre et les affres de l’attente font de ce film une œuvre singulière mais au final assez décevante et au message assez évasif.

MORT D’UN POURRI

Georges Lautner a, ironiquement reçu une reconnaissance pour son travail, alors qu’il se fait plus discret. “Mort d’un pourri” (1977) dans un registre moins sarcastique que la série des “Monocles”, montre la maîtrise de la mise en scène, face aux dialogues, excellents quoi qu’un peu inhibants on peut l’imaginer pour un réalisateur, de Michel Audiard. Le film met en vedette Alain Delon, curieusement assez primesautier au début du film, dans le rôle de Xav un entrepreneur qui se retrouve mêlé à une sombre histoire de dossier compromettant. Son ami Philippe Dubaye un politicien véreux –campé par l’admirable Maurice Ronet défait qui parvient à imposer son personnage dans un rôle très court –  vient d’assassiner un député – Charles Moulin, le berger de “La femme du boulanger” dans un rôle muet –. Ayant pris possession de documents pouvant nuire à de nombreuses personnalités du pouvoir. Il vient de donner ici un beau coup de pied dans “un panier de crabes”, et les “intermédiaires” vont tout faire pour avoir ce dossier. C’est ici un rôle étalon pour Alain Delon, un solitaire qui va tout faire par fidélité pour sauver un ami, même si c’est un parfait salaud. L’amitié indéfectible est ici soulignée par des photos présentes du tournage des “Centurions” (Marc Robson, 1965), reprise ici pour souligner les épreuves subies par le duo Delon-Ronet, soldats ou mercenaires durant la guerre d’Algérie. Le regard de Michel Audiard est ici impitoyable et même assez ambiguë, dans le style “Tous pourris”, il évoque finalement quelques idées un tantinet extrême (droite ?) et un nettoyage d’une société pervertie à tous les niveaux. Ca reste du divertissement même si c’est assez gênant, autre curiosité, tous les personnages déclament du Audiard, ce qui est un peu lénifiant, mais nous vaut la satisfaction d’un décalage d’entre Klaus Kinski – toujours inquiétant et ici mielleux à souhait – dire un texte mordant de ce célèbre dialoguiste.

Ornella Muti, Alain Delon & Jean Bouise dans “Mort d’un pourri”

Si les femmes sont un peu sacrifiées ici – Mireille Darc dévouée au “repos du guerrier”, Stéphane Audran en grande bourgeoise alcoolique, Ornella Muti en jeune femme dans “l’œil du cyclone”,. Les rôles d’hommes sont plus probants, aux services le plus souvent d’organisations occultes, sociétés secrètes dans une vision du monde paranoïaque. Jean Bouise amène toujours une humanité en commissaire probe, luttant contre les connivences entre gens influents, Michel Aumont est son opposé, “compétent” et brutal, François Chaumette est un politique, remettant un prix dans la soirée de “la qualité française” – faut-il y voir une preuve d’auto ironie ? -, Daniel Ceccaldi est un avocat extrémiste, veule et amant de Stéphane Audran, Xavier Depraz – flanqué d’un Charles Millot muet – est un homme de main violent au service d’un Julien Guiomar roublard, composant un industriel “self-made-man” et sentencieux, et on retrouve Henri Virlojeux en dessinateur de BD fatigué, Gérard Hérold en politique déchu, El Kébir en ami sûr de Xav, gardien de parking, revenu d’Algérie pour avoir traversé on le devine quelques épreuves. Ces grands comédiens donnent corps à des personnages assez schématiques, au service d’Audiard qui privilégie son dialogue en sacrifiant un peu la véracité de cette confrérie compromise.  On retrouve toute une série de troisièmes couteaux crédités ou non, comme Roger Muni qui se fait voler sa voiture, Arlette Emmery en secrétaire, Michel Ruhl en préfet sous influence, et l’indispensable Philippe Castelli en buraliste goguenard, mais pas Catherine Lachens, crédité sur sa fiche IMDB, nom que j’avais laissé bien que ne le retrouvant pas sur mes notes. Philippe Sarde signe ici une de ses meilleures musiques, mise en valeur par Stan Getz au saxophone – lire à son sujet l’excellent article dans Chants éthérés -. Delon se coltine ici à de très grands comédiens, et la réalisation de Georges Lautner est très efficace, d’autant plus que ce thriller politique est teinté d’humour et le divertissement est présent.

GOOD NIGHT, AND GOOD LUCK

Second film comme réalisateur pour George Clooney, et seconde charge consacrée à la télévision, après son très probant “Confessions d’un homme dangereux” sorti en 2003 – il se murmure qu’il préparerait un remake du “Network” de Sidney Lumet. Le parti-prix presque documentaire – la caméra suit les comédiens comme dans un reportage -, est réussit et la magie du  noir et blanc est retrouvée ce qui n’était pas le cas de bien de films modes comme le cornichonesque “Angel-a”. On retrouve l’ambiance des années 50, des polars noirs – chanteuse de jazz obligatoire -, de la reconstitution d’une équipe de télévision, ici CBS, mélangée à des images d’archives. Clooney dresse le portrait d’Edward R Murroy, présentateur TV célèbre qui donna le coup de grâce au sinistre sénateur Joseph McCarthy. On suit la chute de ce dernier, de 1953 à 1958. Il était tristement connu pour sa chasse aux sorcières, qui a eu un impact considérable à Hollywood entre ceux qui ont accepter de livrer des noms – Marc Lawrence, mort il y a peu, Sterling Hayden, Elia Kazan -, et les autres exilés en Europe – Joseph Losey, Jules Dassin, Edward Dmytryck etc… -. La sobriété du film est exemplaire, sans esbroufe, voire un tantinet un peu austère, mais on ne peut que saluer le travail du comédien comme réalisateur. On pense beaucoup aux « 12 hommes en colère » de Sidney Lumet sur la forme, Clooney a peut être été influencé par la captation en direct du “Fail safe” (1964), remake TV de Sidney Lumet justement. Il est évident qu’il parle aussi de notre société, de la différence entre l’information et la propagande, il fait ainsi une pique à la chaîne de télévision “Fox News”, qui a d’ailleurs critiqué la France de manière fortement caricaturale, ces derniers temps.

David Strathairn

Sans être manichéen, les journalistes s’attachent ici aux faits, cherchant les contradictions de McCarthy, les failles de sa machine à broyer les consciences. La paranoïa collective atteignant tous les pouvoirs de l’armée aux médias, finissent par pousser les grands manipulateurs à la faute. “Le quatrième pouvoir” semble être né à ce moment là. Le journalisme d’investigations obtient ici ses lettres de noblesses. Le film parle de l’importance de l’éthique, ce qui est universel, il dénonce certaines connivences avec les pouvoirs, c’est d’autant plus important que nous avons une présentatrice TV du service public, mariée à un ministre en exercice, sans que ça ne semble absolument plus poser de problèmes à personne. Le film déplore aussi la censure économique des “sponsors”, l’équipe de journalistes dirigée par Fred Friendly – Clooney qui ne s’est pas donné le beau rôle -, doit réfléchir à la perte d’une manne publicitaire avant d’énoncer une vérité dérangeante. David Strathairn – prix d’interprétation largement mérité au festival de Venise – méconnaissable quant on l’a vu chez John Sayles – il était formidable dans le méconnu « Limbo » – porte le film sur les épaules, ses interventions de moralistes et polémiques face au public sont des grands moments de cinéma, les autres comédiens étant plus en retrait – notamment les excellents Ray Wise, Robert Downey jr et Patricia Clarkson, Jeff Daniels en directeur des nouvelles, un peu sacrifiés en journalistes inquiets, Franck Langella en cynique patron de presse, Ray Wise  -. Strathairn compose admirablement son personnage, cachant sa nervosité derrière une sempiternelle cigarette, et montre une conviction étonnante. Le regard attachant sur ces pionniers des médias face au cynisme ambiant, est la grande réussite de ce film exigeant même s’il pâtit d’un peu de trop de distances.

VERS LE SUD

Avant-première le jeudi 12 janvier, à l’UGC Cité-Ciné Bordeaux du dernier film de Laurent Cantet, “Vers le sud”, en sa présence. Avec Robin Campillo – réalisateur des “Revenants” -, il signe pour la première fois l’adaptation d’un roman de Dany Laferrière  – déjà adapté en 1989 avec “Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer” une comédie canadienne de Jaques W. Benoît -, trouvé lors d’un séjour à Port-au-Prince, en république dominicaine. Le romancier qui récrit actuellement ses romans pour une édition complète a été coopératif et a donné matière à ce film. Haïti dans les années 70-80, une femme souhaite confier sa fille à un gérant d’hôtel et qui est d’une grande beauté. Devant le refus de ce dernier prénommé Albert – Lys Amboise excellent et fil conducteur du film qui est en fait graphiste de profession -, elle lui déclare “méfiez-vous des masques”.   La vie touristique n’existant plus là bas on le comprend bien, le réalisateur a parlé très justement des contraintes, et de l’investissement personnel de la comédienne Charlotte Rampling. Le film est en suite centré sur trois touristes femmes voulant échapper à la société rigoriste anglo-saxonne d’alors. Et c’est bien une histoire de masques pour ces touristes, dont on devine que la vie est tout autres chez elles. Ellen, une enseignante de français à Boston joué par Charlotte Rampling, présente dès le début du projet, pour reprendre une expression retrouvée sur elle sur le web, pour qui le temps sur elle est une caresse, accueille Brenda. Cette dernière est jouée par Karen Young trouvée dans un casting et entrevu, il y a peu dans “Factotum”, est une Américaine assez fragile.

Charlotte Rampling

Ellen aime à choquer ces interlocuteurs avec une grande crudité de langage, et elle s’amuse à dénigrer son amie Sue – Louise Portal -, avec une cruauté inouïe. Les deux femmes ont des sentiments assez forts avec Legba, gigolo de 18 ans – Ménothy César, un non professionnel qui a remporté le prix Marcello Mastroianni du comédien débutant à la 62e Mostra de Venise -. Il vend son corps et a une petite cour, Brenda a même connu son premier orgasme avec lui à 45 ans. Laurent Cantet cherche derrière un lieu très touristique et une plage magnifique à réfléchir sur le tourisme sexuel, l’arrogance de riches touristes profitant d’une situation de précarité et de danger permanent pour s’épanouir et lutter contre la frustration d’une société américaine.. Ici tout semble épargné, même si la réalité montre parfois son nez, comme deux “Tontons macoutes”, humiliant un jeune vendeur de soda qui trimbale avec lui sa glacière. Il livre trois admirables portraits de femme, leur donnant à chacune des monologues où à l’instar de Françoise Lebrun, elles peuvent montrer leurs doutes et leurs faiblesses. Charlotte Rampling est comme toujours admirable, cachant sa vulnérabilité devant une sécheresse de cœur, bien que toujours très belle, son personnage souffre de trop de solitude, d’arpenter trop de bars de Boston pour finir seule. Karen Young montre une belle sensibilité dans un personnage borderline et romantique, qui semble étouffée par sa famille. On la devine névrosée et ses problèmes passent donc inaperçus dans cette société de masques. Saluons Louise Portal dans son rôle de Sue – Laurent Cantet saluait d’ailleurs son humilité face à ce rôle -, qui rend attachant son personnage et arrive à une grande justesse avec un personnage ingrat, en retrait et raisonnable. Le film lui doit beaucoup. Laurent Cantet – une présence sobre et un peu inquiète ce soir là –  livre ici un constat amer sur la société des années 70, et en signant une adaptation littéraire trouve matière à continuer sa manière de décortiquer les mœurs avec une grande acuité et de confronter pros et non professionnels avec une retenue (trop peut-être) constante.

MORT D’HENRI COLPI ET DE LITA RECIO

Série noire pour le monde du doublage avec la mort de Lita Recio, voir le journal de Les gens du cinéma et le forum de la Gazette du doublage. Elle était la voix d’Endora – inoubliable Agnes Moorehead – dans “Ma sorcière bien aimée” notamment. On l’avait vu il y a peu au cinéma dans son propre rôle dans “Une pure coïncidence” faux documentaire de son petit fils Romain Goupil.

Annonce également de la mort du réalisateur Henri Colpi. Il débute comme l’un des plus célèbres monteurs du cinéma français – “Le mystère Picasso”, “Hiroshima mon amour, etc…”. On lui devait “Une aussi longue absence” (1960), qui est le plus beau rôle de Georges Wilson, en clochard amnésique qui ne reconnaît pas son ancienne femme, une patronne de bistrot – admirable Alida Valli -, et “Heureux qui comme Ulysse”, dernier rôle de Fernandel traversant la Provence avec son cheval. On lui doit une adaptation plaisante de “L’île mystérieuse” pour la TV, dont une version courte a été diffusé en salles, avec Jess Hahn, Gérard Tichy et Omar Sharif en capitaine Némo, et quelques feuilletons dans les années 60-70. A noter qu’il avait monté dans les années 80, le film de 1922 d’André Antoine : “L’hirondelle et la mésange” resté inédit. Un artisan trop discret comme le disait René Prédal sur l’article qui suit.

ARTICLE – CINÉMA 80 N°262 [Octobre 80] Par René Prédal Monteur d’Alain Resnais et metteur en scène d’un scénario de Marguerite Duras “Un aussi longue abscence”, Henri Colpi fut rangé d’emblée dans le courant contesté d’un certain cinéma littéraire français. Ses qualités personnelles sont pourtant originales mais hélas peu commerciables : attention, chaleur, pudeur, c’est-à dire le refus du brio, des thèmes à la mode et du style dans le vent. Dès lors, ses films ont un air désuet avant même d’être sortis mais touchent toujours par la justesse de leur regard et par les qualités humaines des personnages mis en scène. Tourné en Roumanie, “Codine”, est sans doute son chef d’oeuvre, mais on retrouve dans “Mona”, une poésie aussi prenante et dans “Heureux qui comme Ulysse la même adéquation du personnage au milieu naturel. Il est proprement révoltant de voir Colpi réduit depuis plus de 10 ans à jouer les conseillers techniques “Bilitis, de David Hamilton, 1976” ou à devoir se contenter d’une participation à une coproduction cinéma-télévison “L’île mystérieuse co-réalisé avec Juan Antonio Bardem en 1973”, malgré la grande estime dont il jouit au sein de toute la profession. En fait, c’est sa modestie sincère qui constitue aujourd’hui son plus sérieux handicap.

Filmographie : 1960 Une aussi longue absence; 1962  Codine; 1965  Mona, l’étoile sans nom; 1969 Heureux qui comme Ulysse; 1972  L’île mystérieuse [co-réalisation avec Juan Antonio Bardem + version TV]. Télévision : 1969  Fortune; Thibaud ou les croisades [saison 2]; 1970-1971  Noëlle aux quatre vents; 1975  Le pèlerinage; 1977  Bergeval père et fils; 1982  Le château de l’Amaryllis.

ANIMAL… ON EST MAL

“Animal, on est mal” chantait Gérard Manset. Notre premier ministre bien aimé souhaite que chacun rajoute “quelques gouttes de tendresse” et “quelques gouttes d’humour”, dans ce monde de brutes. Et on le sent sincère, pas du tout répétant le texte de quelques conseillers en image. On peut noter en ce moment la grande dignité de nos hommes politiques, ne partant pas en campagne pour 2007, et se cachant par pudeur derrière quelques accessoires comme des talons hauts pour Ségolène, un chapeau à la Mitterrand pour Laurent, une alliance pour Nicolas. Baissons les armes pour nous lancer dans un émouvant élan charitable et laissons de côtés nos âmes chagrines. “Animal” est donc dans ce mouvement, n’ayons pas peur des mots, l’un des plus probants films de l’histoire du cinéma de ces 170 dernières années. Roselyne Bosch auteur de scénarios inoubliables – dont “Bimboland”, une comédie proche du ton d’un Lubitsch, “Le pacte du silence”, l’un des derniers très grands rôles de Depardieu, particulièrement inspiré par la grâce de l’écriture de cette ancien grand reporter -. C’est l’entreprise d’une française qui prouve, sans aucune prétention, que l’on peut aisément rivaliser avec Hollywood, avec ce projet franco-portugo-britannique, supplantant même les grandes réussites de nos petits “frenchies” comme Pitof : “Catwoman” et Mathieu Kassovitz : “Gothika”, c’est dire ! Dans un campus quelque part en Europe, Thomas Nielsen, jeune savant suédois, vient en généticien étudier le cas d’un Vincent Iparrak, un serial killer qui a épargné la propre sœur de ce dernier danseuse étoile dans un des caprices de son cerveau reptilien. Le sieur Thomas fait une découverte sensationnelle, renvoyant les travaux d’Henri Laborit dans “Mon oncle d’’Amérique” d’Alain Resnais au niveau de la préhistoire. Nous sommes déterminés par notre ADN, dégagés de toute responsabilité – ce qui est une bonne nouvelle, mais pas pour les psychiatres, il suffit juste de quelques gouttes de sérum pour transformer un bourreau en agneau -.

Roselyne Bosch déclare partout avoir contacté les plus grands scientifiques, elle nous livre ici ses conclusions sérieuses et probantes, révolutionnaires, devant même de changer notre vision du monde, ce qui est exceptionnel pour une œuvre de divertissement. David Cronenberg avait déjà traité cette idée dans sont “Hystory of violence”, il pâtit hélas du regard boschien, écrasant de subtilité. Elle prouve qu’un œuvre de fiction est susceptible de bouleverser l’ordre établi du monde. La reconstitution de la vie d’un scientifique est ici hyperréaliste, la réalisatrice rajoutant même des petites touches du quotidien, comme celle de perdre un loup cobaye en plein centre ville et de s’en apercevoir en regardant la télévision, on sait bien que les scientifiques sont de grands distraits. En effet où trouver ailleurs qu’ici une distribution aussi prestigieuse qu’Andreas Wilson, Emma Griffith Marlin, Diogo Infante ou Ed Stoppard, excusez du peu, tous absolument convaincant, charismatiques et probant, crédibles et inspirés. Le grand méchant est ici tellement effrayant qu’Hannibal Lecter est à reléguer au niveau de Bambi en comparaison. Tout ici est admirable, on est pris dans une spirale infernale où jamais l’on s’ennuie. Euphorisé par les déclarations de notre grand Dominique, j’ai peut-être eu la main un peu lourde pour la tendresse. Quant à l’humour, c’est ici une question de degrés.

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Shelley Winters

Annonce de la mort de Shelley Winters à l’âge de 85 ans. Elle avait débuté à Broadway en 1941, si elle ne répondait pas aux canons de beauté de l’époque, elle était d’une incroyable sensualité, la petite histoire a retenue nombre de ses amants comme Marlon Brando, elle était divorcée de Vittorio Gassman et Anthony Franciosa. La première image qui vient à notre esprit c’est la mère de famille qui consent à être sacrifiée par un pasteur fou joué par l’admirable Robert Mitchum dans “The night of hunter” / “La nuit du chasseur” (Charles Laughton, 1955). On se souvient d’elle en jeune ouvrière séduite et abandonnée par Montgomery Clift “A place in the sun” / “Une place au soleil” (Georges Stevens, 1951), une starlette un peu cruche mais attachante (“The big knife” / “Le grand couteau”, Robert Aldrich, 1955), la mère d’Anne Franck (“The diary of Anne Franck” / “Le journal d’Anne Franck”, George Stevens, 1959), pour lequel elle obtient l’oscar du meilleur second rôle, la mère de “Lolita” (Stanley Kubrick, 1962), une  mère indigne d’une fille aveugle (“A patch of blue” / “Un coin de ciel de bleu”, Guy Green, 1965), aux côtés de Sidney Poitier, où elle obtient un second oscar du meilleur second rôle, impitoyable “Ma Barker” dans “Bloody mama” (Roger Corman, 1970), aux côtés de Robert de Niro alors débutant qui joue son fils, une des victime désignée d’un film catastrophe (“The Poseidon adventure” / “L’aventure du Poséidon” (Ronald Neame, 1972), la concierge revêche du “Locataire” (Roman Polanski, 1975), l’épouse d’Alberto Sordi, dont le fils est abattu par des truands (“Un borghese piccolo piccolo” / “Un bourgeois tout petit petit”, Mario Monicelli, 1977), pour ne citer que quelques titres dans sa riche carrière. Un pincement au coeur particulier pour les cinéphiles, ce jour à l’annonce de sa mort.

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Francia Séguy

 Francia Séguy, était une personne attachante qui est désormais une figure familière du cinéma français. Loin d’être une débutante tardive, à la manière d’une Jeanne Calment (dans le film “Vincent et Moi” de Michael Rubbo, aux côtés de Tcheky Karyo, en 1990), elle a plus de 85 ans de carrière, car née en 1914 !

Jacques Richard qui avait eu du nez, la remarque dans plusieurs publicités, et dresse son portrait dans l’excellente “Lettre des comédiens N°19”, en avril 1999. Il la définit comme «une comédienne infatigable» :  de son texte, voici quelques extraits : « … elle débuta en 1916, sur la scène du Gymnase auprès de Madeleine Barjac dans « La Fayette, elle avait dix-huit mois. L’année suivante, elle apparaît à l’écran dans Mater Dolorosa d’Abel Gance. A cette époque on l’appelait la «petite Francia»… », « …Toute une vie au studio, dans des rôles d’enfants, d’adolescentes, plus tard d’adultes ; ou encore sur scène jusqu’à Dieu le savait d’Armand Salacrou en 1951, et dernièrement avec Les portes claquent »…

Elle était aussi monteuse, notamment dans un court-métrage d’Henri Calef : “Fido”. C’était… en 1965. Puis on ne la retrouve comme comédienne que dans un seul film  “Le pélican” en 1973, où elle joue le rôle de la mère du personnage  de Paul, interprété par Gérard Blain, suit une longue période d’absence…

Après plusieurs publicités, le cinéma l’utilise souvent depuis 1996, d’antant plus qu’elle est très à l’aise dans l’humour noir. Elle est la “petite vieille” que rassure Chick Ortéga (lors d’un braquage d’une banque) dans “Dobermann”, lui prêtant de l’argent et lui bouchant les oreilles pour la préserver des détonations. On la retrouve aussi dans le film de Jean-Pierre Mocky Tout est calme où elle forme avec Pierre Gérald un couple à l’aspect charmant… mais dont le but est d’assassiner le Pape! Jean-Pierre Darroussin, l’embrasse spontanément dans la rue, suite à son gain au loto dans “Ah ! si j’étais riche”.

Francia Séguy joue aussi le rôle de la mère d’Annie Grégorio, formant un duo décalé de pompistes, face à un Yves Berteloot désemparé, dans le film à sketches “À vot’ service”, inédit en salles mais diffusé sur TPS. Elle participe aussi à l’accueil frileux de Camille (Grégori Derangère) à Ouessant dans “L’équipier”. Pour la petite histoire, elle venait de se casser la jambe….

L’actrice parcourt aussi plusieurs courts-métrages, participe au “Morning live” sur M6 et aux 11 commandements (elle est le chauffeur du dieu de la blague) aux côtés de son petit-fils Vincent Desagnat. Elle fait d’ailleurs une apparition non créditée, dans un café dans “Le carton” dont il est la vedette. Elle est la mère d’un halluciné Didier Flamand dans “L’ex-femme de ma vie” de Josiane Balasko. Cette dernière, vient à sa rescousse, le forcené contrarié séquestrant cette pauvre femme.

Édouard Baer l’engage en mère de l’atypique Francis Van Litsenborgh et dans son show estival de 2003 sur France 2 :Le grand plongeoir où elle joue du jambon avec un archer de violon… grand moment de non-sens. Elle décède de 24 octobre 2013, Vincent Desagnat lui rendant cet hommage dans les médias “Elle nous laisse beaucoup de bons souvenirs et plus de 50 films. Elle était notre marraine au cinéma, notre marraine de la bêtise. Elle va nous manquer.

Filmographie : 1916   Mater Dolorosa (Abel Gance) – 1918  Fifine (Roger Max) – 1919   Perdue (Georges Monca) – 1920  Le penseur (Roger Max) – 1921  L’ombre déchirée (Léon Poirier) – 1922  Geneviève (Léon Poirier) – 1922  Geneviève (Léon Poirier) – 1923   L’affaire du courrier de Lyon (Léon Poirier) – 1924   L’affiche (Jean Epstein) – 1936  L’appel du silence (Léon Poirier) – 1937  Sœurs d’armes (Léon Poirier) – 1954  Papa, maman, la bonne et moi (Jean-Paul Le Chanois) – 1973   Le pélican (Gérard Blain) – 1993  Fleurs d’automne (Herbstblumen) (Maija-Lene Rettig, CM) – 1996   La pisseuse (Suzanne Legrand & Frédéric Benzaquen, CM) – Dobermann (Jan Kounen) – 1997  Trajet discontinu (Partho Sen-Gupta, CM) – 1998   Tout est calme (Jean-Pierre Mocky) – Pascal et la vieille dame (Wilfried Hureau, CM) – Ce sera du gâteau (Claude Berne, CM) – 1999  Les vieux jours (Angelo Cianci, CM) – La bostella (Édouard Baer) – 2000   Mademoiselle (Philippe Lioret) – Alice ou le cul des autres (Virginie Sauveur, CM) – Le nombril de l’univers (Émma De Caunes, CM) – La malédiction de la mamie (François Desagnat et Thomas Sorriaux, CM) – À vot’ service [épisode “La station service”] (Laurence Katrian, inédit en salles) – Il est difficile de tuer quelqu’un, même un lundi (Éric Valette, CM) – Quand on sera grand (Renaud Cohen) –  Tanguy (Étienne Chatilliez) – 2001   Hiromi (Catherine Villeret & Thomas Cirotteau, CM) – La gardienne du B (Joël Brisse, CM) – Filles perdues, cheveux gras (Claude Duty) – Spartacus (Virginie Covisone, CM) – Monique (Valérie Guignabodet) – Ah ! si j’étais riche (Michael Munz & Gérard Bitton) – 2002   Toutes les filles sont folles (Pascale Pouzadoux) – 2003   Le son de mes pas sur le parquet (Marie Pascaud, CM) – Les 11 commandements (François Desagnat et Thomas Sorriaux) –  L’équipier (Philippe Lioret) – Le carton (Charles Némès) – 2004   L’ex-femme de ma vie (Josiane Balasko) – La vieille dame aux dents jaunes (Fabien Bonali, CM) – 2005  Je vais bien, ne t’en fais pas (Philippe Lioret) – 2007  Le gigot (Thomas Ruat, CM,  sous le nom de “Francia Desagnat”).

Télévision :  (notamment) 1973  Arsène Lupin : La demeure mystérieuse (Jean-Pierre Desagnat) – 1996  Baldi et les petits riches (Claude d’Anna) – 1998   Chez ma tante (Daniel Ravoux) – Papa est monté au ciel (Jacques Renard) – 1999   Louis La Brocante : Louis et la prison de cristal (Pierre Sisser) – Mélissol : La déchirure (Jean-Paul Igoux) – 2002   Les Thibault (Jean-Daniel Verhaegue) – 2004   Une femme d’honneur : complicité de viol (Michaël Perrota)

Remerciements à André Siscot

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Philippe Dumat

Henri Vidal et Philippe Dumat dans "La bête à l'affût"

Henri Vidal et Philippe Dumat dans “La bête à l’affût”

Annonce de la mort du comédien Philippe Dumat, un des plus fameux comédien de doublage, on se souvient de la voix du père dans “Arnold et Willy” ou celle de la série écrite par Roland Topor “Téléchat” (1982-1986), et il était la voix française de Laurence Olivier notamment. On se souviendra de lui comme acteur dans “La bête à l’affût” (Pierre Chenal, 1959) en prisonnier acolyte d’Henri Vidal, libre de ses mouvements pour travailler au noir chez dans le domicile d’un maton incarné par Albert Dinan ou dans “La belle américaine” (Robert Dhéry, 1961), en sous-directeur d’une laverie brimé qui toise avec force sarcasmes son patron joué par André Badin, acteur assez petit de “Monsieur le grand directeur”. Ce dernier offre le costume de Philippe Dumat, à Robert Dhéry en réparation de sa voiture inondée suite à un problème de capote. On le retrouvait comme dans le rôle du directeur d’un cinéma de Reims qui accueille Jean Desailly et Daniel Ceccaldi dans “La peau douce” (François Truffaut, 1963). Dans “Les Gaspards” (1973), à grand renfort de cotillons, il encourageait des touristes allemands kidnappés, à pédaler pour permettre au groupe électrogène d’éclairer une petite communauté cachée dans les profondeurs de Paris. Il prêtait souvent sa voix pour des dessins animés français ou étrangers – “Les aventures de Bernard & Bianca” (1976), “Le Noël de Mickey” (1983), “Basil détective privé” (1986), “Petit Pierre au pays des merveilles” (1990), “Rock-o-rico” (1991), etc… -. À lire l’excellent portait de Rémi Carémel dans OBJECTIF CINÉMA et les réactions érudites de internautes dans le forum de la LA GAZETTE DU DOUBLAGE. C’était une des voix que j’associais la plus volontiers à mon enfance comme celle de “Satanas” dans le dessin animé “Satanas et Diabolo”.

Filmographie : 1950  La passante (Henri Calef) – 1955  Ce sacré Amédée (Louis Félix) – 1956  Reproduction interdite (Gilles Grangier) – 1958  Archimède le clochard (Gilles Grangier) – 1959  Le trou (Jacques Becker) – La bête à l’affût ( Pierre Chenal) – 1960  En votre âme et conscience (Roger Saltel) – L’imprevisto (L’imprévu) (Alberto Lattuada) – 1961  Les lions sont lâchés (Henri Verneuil) – La belle américaine (Robert Dhéry) – Les livreurs (Jean Girault) – 1962  La salamandre d’or (Maurice Régamey) – Les bricoleurs (Jean Girault) – Les veinards [épisode “Le repas gastronomique”] (Jean Girault) – 1963  Pouic-Pouic (Jean Girault) – Faites sauter la banque (Jean Girault) – Les parapluies de Cherbourg (Jacques Demy) –  La peau douce (François Truffaut) – 1964  Jaloux comme un tigre(Darry Cowl) – Les gorilles (Jean Girault) – 1967  Le petit baigneur (Robert Dhéry) – 1969  L’américain (Marcel Bozzuffi) – 1970  Céleste (Michel Gast) – 1971  Die klosterschülerinnen (Eberhard Schröder) – 1972  Prenez la queue comme tout le monde (Jean-François Davy) – 1973  Les Gaspards (Pierre Tchernia) – Et mourir de désir (Jean Bastia) – 1974  Q / Au plaisir des dames (Jean-François Davy) – 1975  L’intrépide (Jean Girault) – 1976  L’année sainte (Jean Girault) – 1977  Le mille-patte fait des claquettes (Jean Girault) – 1983  Le voleur de feuilles (Pierre Trabaud). Télévision (notamment) : 1959  Au téléphone (René Lucot) – 1960  La paresse (René Lucot) – 1962  Leclerc enquête / L’inspecteur Leclerc enquête : Signé Santini (Marcel Bluwal) – 1963  Skaal (Maurice Chateau) – 1966  Monsieur Robert Houdin (Robert Varley) – 1967  Deux Romains en Gaule (Pierre Tchernia) – 1968  Melissa (Abder Isker) – 1969  Laure (Moshé Mizrahi, série TV) – Au théâtre ce soir : Une femme ravie (Pierre Sabbagh) – Au théâtre ce soir : Bichon (Pierre Sabbagh) – 1969  Laure (Moshé Mizrahi, série) – 1970  Vive la vie (Joseph Drimal, 3ème série) –  1971  Au théâtre ce soir : L’amour vient en jouant (Pierre Sabbagh) – 1973  L’espion dormant (Agnès Delarive) – Molière pour rire et pour pleurer (Marcel Camus, série) – 1974  Malaventure : Dans l’intérêt des familles (Joseph Drimal, série) – 1975  Salvator et les Mohicans de Paris (Bernard Borderie et Gilles Grangier, série) – 1976  Au théâtre ce soir : Inspecteur Grey (Pierre Sabbagh) – Marion les vivantes (Gilles Grangier) – Au théâtre ce soir : L’homme qui a perdu ses clés (Pierre Sabbagh) – Le comédien (Jeannette Hubert, captation) – 1977  Ne le dites pas avec les roses (Gilles Grangier, série) – Les cinq dernières minutes : Une si jolie petite cure (Guy Seligmann) – Banlieue Sud-Est : La source & Zézette (Gilles Grangier) – 1978  Au théâtre ce soir : Le locataire du troisième sur la cour (Pierre Sabbagh) – Au théâtre ce soir : Le nouveau testament (Pierre Sabbagh) – Gaston Phébus, le lion des Pyrénées (Bernard Borderie, série) – 1979  Histoires insolites : Le locataire d’en haut (Gilles Grangier) – 1980  Jean sans terre (Gilles Grangier) – Fantômas : Le mort qui tue (Juan Luis Buñuel) – Le vol d’Icare (Daniel Ceccaldi) – Au théâtre ce soir : La maîtresse de bridge (Pierre Sabbagh) -L’aéropostale, courrier du ciel (Gilles Grangier, série) – 1981  Au théâtre ce soir : Le traité d’Auteuil (Pierre Sabbagh).   Voxographie succincte : La honte de la jungle (Jean-Paul Picha & Boris Szulzinger) – 1984  Astérix et la surprise de César (Gaëtan Brizzi & Paul Brizzi)  – 1988  Les p’tits Schtroumpfs (Peyo) – 1998  Babar, roi des éléphants (Raymond Jafelice) – 1992  Les mille farces de Pif et Hercule (Bruno Desraisses & Charles Delatour).