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MORT D’HENRI COLPI ET DE LITA RECIO

Série noire pour le monde du doublage avec la mort de Lita Recio, voir le journal de Les gens du cinéma et le forum de la Gazette du doublage. Elle était la voix d’Endora – inoubliable Agnes Moorehead – dans “Ma sorcière bien aimée” notamment. On l’avait vu il y a peu au cinéma dans son propre rôle dans “Une pure coïncidence” faux documentaire de son petit fils Romain Goupil.

Annonce également de la mort du réalisateur Henri Colpi. Il débute comme l’un des plus célèbres monteurs du cinéma français – “Le mystère Picasso”, “Hiroshima mon amour, etc…”. On lui devait “Une aussi longue absence” (1960), qui est le plus beau rôle de Georges Wilson, en clochard amnésique qui ne reconnaît pas son ancienne femme, une patronne de bistrot – admirable Alida Valli -, et “Heureux qui comme Ulysse”, dernier rôle de Fernandel traversant la Provence avec son cheval. On lui doit une adaptation plaisante de “L’île mystérieuse” pour la TV, dont une version courte a été diffusé en salles, avec Jess Hahn, Gérard Tichy et Omar Sharif en capitaine Némo, et quelques feuilletons dans les années 60-70. A noter qu’il avait monté dans les années 80, le film de 1922 d’André Antoine : “L’hirondelle et la mésange” resté inédit. Un artisan trop discret comme le disait René Prédal sur l’article qui suit.

ARTICLE – CINÉMA 80 N°262 [Octobre 80] Par René Prédal Monteur d’Alain Resnais et metteur en scène d’un scénario de Marguerite Duras “Un aussi longue abscence”, Henri Colpi fut rangé d’emblée dans le courant contesté d’un certain cinéma littéraire français. Ses qualités personnelles sont pourtant originales mais hélas peu commerciables : attention, chaleur, pudeur, c’est-à dire le refus du brio, des thèmes à la mode et du style dans le vent. Dès lors, ses films ont un air désuet avant même d’être sortis mais touchent toujours par la justesse de leur regard et par les qualités humaines des personnages mis en scène. Tourné en Roumanie, “Codine”, est sans doute son chef d’oeuvre, mais on retrouve dans “Mona”, une poésie aussi prenante et dans “Heureux qui comme Ulysse la même adéquation du personnage au milieu naturel. Il est proprement révoltant de voir Colpi réduit depuis plus de 10 ans à jouer les conseillers techniques “Bilitis, de David Hamilton, 1976” ou à devoir se contenter d’une participation à une coproduction cinéma-télévison “L’île mystérieuse co-réalisé avec Juan Antonio Bardem en 1973”, malgré la grande estime dont il jouit au sein de toute la profession. En fait, c’est sa modestie sincère qui constitue aujourd’hui son plus sérieux handicap.

Filmographie : 1960 Une aussi longue absence; 1962  Codine; 1965  Mona, l’étoile sans nom; 1969 Heureux qui comme Ulysse; 1972  L’île mystérieuse [co-réalisation avec Juan Antonio Bardem + version TV]. Télévision : 1969  Fortune; Thibaud ou les croisades [saison 2]; 1970-1971  Noëlle aux quatre vents; 1975  Le pèlerinage; 1977  Bergeval père et fils; 1982  Le château de l’Amaryllis.

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Shelley Winters

Annonce de la mort de Shelley Winters à l’âge de 85 ans. Elle avait débuté à Broadway en 1941, si elle ne répondait pas aux canons de beauté de l’époque, elle était d’une incroyable sensualité, la petite histoire a retenue nombre de ses amants comme Marlon Brando, elle était divorcée de Vittorio Gassman et Anthony Franciosa. La première image qui vient à notre esprit c’est la mère de famille qui consent à être sacrifiée par un pasteur fou joué par l’admirable Robert Mitchum dans “The night of hunter” / “La nuit du chasseur” (Charles Laughton, 1955). On se souvient d’elle en jeune ouvrière séduite et abandonnée par Montgomery Clift “A place in the sun” / “Une place au soleil” (Georges Stevens, 1951), une starlette un peu cruche mais attachante (“The big knife” / “Le grand couteau”, Robert Aldrich, 1955), la mère d’Anne Franck (“The diary of Anne Franck” / “Le journal d’Anne Franck”, George Stevens, 1959), pour lequel elle obtient l’oscar du meilleur second rôle, la mère de “Lolita” (Stanley Kubrick, 1962), une  mère indigne d’une fille aveugle (“A patch of blue” / “Un coin de ciel de bleu”, Guy Green, 1965), aux côtés de Sidney Poitier, où elle obtient un second oscar du meilleur second rôle, impitoyable “Ma Barker” dans “Bloody mama” (Roger Corman, 1970), aux côtés de Robert de Niro alors débutant qui joue son fils, une des victime désignée d’un film catastrophe (“The Poseidon adventure” / “L’aventure du Poséidon” (Ronald Neame, 1972), la concierge revêche du “Locataire” (Roman Polanski, 1975), l’épouse d’Alberto Sordi, dont le fils est abattu par des truands (“Un borghese piccolo piccolo” / “Un bourgeois tout petit petit”, Mario Monicelli, 1977), pour ne citer que quelques titres dans sa riche carrière. Un pincement au coeur particulier pour les cinéphiles, ce jour à l’annonce de sa mort.

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Philippe Dumat

Henri Vidal et Philippe Dumat dans "La bête à l'affût"

Henri Vidal et Philippe Dumat dans “La bête à l’affût”

Annonce de la mort du comédien Philippe Dumat, un des plus fameux comédien de doublage, on se souvient de la voix du père dans “Arnold et Willy” ou celle de la série écrite par Roland Topor “Téléchat” (1982-1986), et il était la voix française de Laurence Olivier notamment. On se souviendra de lui comme acteur dans “La bête à l’affût” (Pierre Chenal, 1959) en prisonnier acolyte d’Henri Vidal, libre de ses mouvements pour travailler au noir chez dans le domicile d’un maton incarné par Albert Dinan ou dans “La belle américaine” (Robert Dhéry, 1961), en sous-directeur d’une laverie brimé qui toise avec force sarcasmes son patron joué par André Badin, acteur assez petit de “Monsieur le grand directeur”. Ce dernier offre le costume de Philippe Dumat, à Robert Dhéry en réparation de sa voiture inondée suite à un problème de capote. On le retrouvait comme dans le rôle du directeur d’un cinéma de Reims qui accueille Jean Desailly et Daniel Ceccaldi dans “La peau douce” (François Truffaut, 1963). Dans “Les Gaspards” (1973), à grand renfort de cotillons, il encourageait des touristes allemands kidnappés, à pédaler pour permettre au groupe électrogène d’éclairer une petite communauté cachée dans les profondeurs de Paris. Il prêtait souvent sa voix pour des dessins animés français ou étrangers – “Les aventures de Bernard & Bianca” (1976), “Le Noël de Mickey” (1983), “Basil détective privé” (1986), “Petit Pierre au pays des merveilles” (1990), “Rock-o-rico” (1991), etc… -. À lire l’excellent portait de Rémi Carémel dans OBJECTIF CINÉMA et les réactions érudites de internautes dans le forum de la LA GAZETTE DU DOUBLAGE. C’était une des voix que j’associais la plus volontiers à mon enfance comme celle de “Satanas” dans le dessin animé “Satanas et Diabolo”.

Filmographie : 1950  La passante (Henri Calef) – 1955  Ce sacré Amédée (Louis Félix) – 1956  Reproduction interdite (Gilles Grangier) – 1958  Archimède le clochard (Gilles Grangier) – 1959  Le trou (Jacques Becker) – La bête à l’affût ( Pierre Chenal) – 1960  En votre âme et conscience (Roger Saltel) – L’imprevisto (L’imprévu) (Alberto Lattuada) – 1961  Les lions sont lâchés (Henri Verneuil) – La belle américaine (Robert Dhéry) – Les livreurs (Jean Girault) – 1962  La salamandre d’or (Maurice Régamey) – Les bricoleurs (Jean Girault) – Les veinards [épisode “Le repas gastronomique”] (Jean Girault) – 1963  Pouic-Pouic (Jean Girault) – Faites sauter la banque (Jean Girault) – Les parapluies de Cherbourg (Jacques Demy) –  La peau douce (François Truffaut) – 1964  Jaloux comme un tigre(Darry Cowl) – Les gorilles (Jean Girault) – 1967  Le petit baigneur (Robert Dhéry) – 1969  L’américain (Marcel Bozzuffi) – 1970  Céleste (Michel Gast) – 1971  Die klosterschülerinnen (Eberhard Schröder) – 1972  Prenez la queue comme tout le monde (Jean-François Davy) – 1973  Les Gaspards (Pierre Tchernia) – Et mourir de désir (Jean Bastia) – 1974  Q / Au plaisir des dames (Jean-François Davy) – 1975  L’intrépide (Jean Girault) – 1976  L’année sainte (Jean Girault) – 1977  Le mille-patte fait des claquettes (Jean Girault) – 1983  Le voleur de feuilles (Pierre Trabaud). Télévision (notamment) : 1959  Au téléphone (René Lucot) – 1960  La paresse (René Lucot) – 1962  Leclerc enquête / L’inspecteur Leclerc enquête : Signé Santini (Marcel Bluwal) – 1963  Skaal (Maurice Chateau) – 1966  Monsieur Robert Houdin (Robert Varley) – 1967  Deux Romains en Gaule (Pierre Tchernia) – 1968  Melissa (Abder Isker) – 1969  Laure (Moshé Mizrahi, série TV) – Au théâtre ce soir : Une femme ravie (Pierre Sabbagh) – Au théâtre ce soir : Bichon (Pierre Sabbagh) – 1969  Laure (Moshé Mizrahi, série) – 1970  Vive la vie (Joseph Drimal, 3ème série) –  1971  Au théâtre ce soir : L’amour vient en jouant (Pierre Sabbagh) – 1973  L’espion dormant (Agnès Delarive) – Molière pour rire et pour pleurer (Marcel Camus, série) – 1974  Malaventure : Dans l’intérêt des familles (Joseph Drimal, série) – 1975  Salvator et les Mohicans de Paris (Bernard Borderie et Gilles Grangier, série) – 1976  Au théâtre ce soir : Inspecteur Grey (Pierre Sabbagh) – Marion les vivantes (Gilles Grangier) – Au théâtre ce soir : L’homme qui a perdu ses clés (Pierre Sabbagh) – Le comédien (Jeannette Hubert, captation) – 1977  Ne le dites pas avec les roses (Gilles Grangier, série) – Les cinq dernières minutes : Une si jolie petite cure (Guy Seligmann) – Banlieue Sud-Est : La source & Zézette (Gilles Grangier) – 1978  Au théâtre ce soir : Le locataire du troisième sur la cour (Pierre Sabbagh) – Au théâtre ce soir : Le nouveau testament (Pierre Sabbagh) – Gaston Phébus, le lion des Pyrénées (Bernard Borderie, série) – 1979  Histoires insolites : Le locataire d’en haut (Gilles Grangier) – 1980  Jean sans terre (Gilles Grangier) – Fantômas : Le mort qui tue (Juan Luis Buñuel) – Le vol d’Icare (Daniel Ceccaldi) – Au théâtre ce soir : La maîtresse de bridge (Pierre Sabbagh) -L’aéropostale, courrier du ciel (Gilles Grangier, série) – 1981  Au théâtre ce soir : Le traité d’Auteuil (Pierre Sabbagh).   Voxographie succincte : La honte de la jungle (Jean-Paul Picha & Boris Szulzinger) – 1984  Astérix et la surprise de César (Gaëtan Brizzi & Paul Brizzi)  – 1988  Les p’tits Schtroumpfs (Peyo) – 1998  Babar, roi des éléphants (Raymond Jafelice) – 1992  Les mille farces de Pif et Hercule (Bruno Desraisses & Charles Delatour).

MORT DE JACQUES CHARBY

Annonce de la mort du comédien discret Jacques Charby, mais à la vie particulièrement romanesque.

ARTICLES – LE MONDE

Jacques Charby, comédien, par Mohammed Harbi

LE MONDE | 06.01.06 | 14h06  •  Mis à jour le 06.01.06 | 14h06

Le comédien Jacques Charby, qui fut un des principaux acteurs du “Réseau Jeanson” d’aide au FLN, est mort dimanche 1er janvier. Il était âgé de 76 ans.

En 1942, “le petit juif de 13 ans”, selon l’expression affectueuse de son ami André Thorent, échappe à la déportation vers les camps de la mort après avoir vécu le suicide de sa mère, une résistante qui ne voulait pas se laisser arrêter. Avec son frère et son père, typographe anarcho-syndicaliste, compagnon d’Alfred Rosmer et Pierre Monatte, fondateur de la “Révolution prolétarienne”, il passe clandestinement la ligne de démarcation pour se rendre à Toulouse. Il fait connaissance avec les métiers de la survie : éclusier, vendeur de lacets à la sauvette, etc.

La fréquentation irrégulière de l’école ne l’empêche pas d’être reçu au Conservatoire à 16 ans. Il entre dans la troupe du Grenier de Toulouse où il reste dix ans avec Daniel Sorano, Jacques Duby, Jean-Marie Rivière et André Thorent, interprétant tour à tour Shakespeare, Molière, Plaute, Giraudoux, Cocteau et Marivaux.

En 1954, Jacques Charby regagne Paris et crée le rôle principal de J’ai 17 ans et aussi Les Oiseaux de Lune de Marcel Aymé, au Théâtre de l’Atelier. Homme de droite, l’homme de lettres lui en saura gré en lui écrivant plus tard Algériennement Vôtre. Figure appréciée du cabaret parisien dans les années fastes, il est partout, au College Inn, aux Trois Baudets, Chez Gilles, à la Tête de l’Art, à la Galerie 55. Il écrit et joue avec succès une longue revue chez Agnès Capri et entame un brillant parcours à la télévision.

La guerre d’Algérie interrompt une carrière prometteuse. Jacques Charby estime qu’il revient aux citoyens de défendre les valeurs de liberté et d’égalité dont l’Etat se réclame tout en les déniant aux Algériens. Il s’engage dans le réseau Jeanson et y entraîne dans son sillage comédiens et artistes. Arrêté en 1960 et incarcéré à Fresnes, il simule la folie. Transféré dans un asile psychiatrique, il s’en évade.

Commence alors son exil, en Tunisie d’abord, en Algérie ensuite, d’où son père est originaire. Il s’investit dans la mise sur pied de Maisons d’enfants pour orphelins de guerre et en adopte deux. Il n’abandonne pas pour autant son métier, écrit et réalise un beau film, Une si jeune paix, primé au Festival de Moscou. Amnistié en 1966, il revient à Paris, interprète des rôles dans des pièces de Boris Vian comme Le Goûter des généraux ou d’Alain Decaux comme Les Rosenberg.

Trop tard pour une carrière dans le théâtre, “l’autodidacte forcené (qui) a tout lu et rattrapé le temps perdu de la Culture”, selon André Thorent, s’est ouvert à d’autres horizons. Lauréat du prix Italia pour son adaptation télévisée, avec André Thorent, de Josse, de Marcel Aymé, Jacques Charby écrit pour la radio, pour France-Culture. Il est également l’auteur de plusieurs livres sur l’Algérie : L’Algérie en prison (1961), Les Enfants d’Algérie (1962), puis Les Porteurs d’espoir en 2004. Dernier acte dans la vie publique : une polémique l’opposa à Henri Alleg sur le rôle du PCF dans la guerre d’Algérie.

L’HUMANITÉ – Décès. Le comédien Jacques Charby est mort

Jacques Charby, le réalisateur du film Une si jeune paix (1964), membre du réseau Jeanson, est mort dimanche dernier à Paris. Comédien, auteur et militant anticolonialiste, il fut un membre actif dans le réseau Jeanson puis Curiel. Il est aussi l’auteur de l’Algérie en prison (Éditions Maspero), les Enfants d’Algérie (Éditions de Minuit), deux livres interdits dès leur parution. En 2003, il signe les Porteurs d’espoir (Éditions La Découverte) un recueil de témoignages autour des porteurs de valises des réseaux Jeanson et Curiel. Né le 13 juin 1929 à Paris, il a suivi sa formation de comédien au conservatoire de Toulouse. Cofondateur du Grenier de Toulouse, il a notamment joué dans Electre, Polyeucte, Malatesta et Caligula où il a tenu le rôle-titre.

EL WATAN

Jacques Charby, généreux et drôle par Nadijia Bouzeghrane

Dans l’appartement de la rue du Faubourg Saint-Antoine, les cartons s’amoncellent. Marie, la fille de Jacques Charby, et Katia, sa marraine, s’affairent à ranger documents, courrier et livres du militant

Selon les deux femmes, Jacques Charby avait la bibliothèque privée la plus étoffée sur l’Algérie. Il possédait également des documents inédits. Tout cela sera remis à une bibliothèque publique. Marie, 26 ans, comédienne comme son père, nous affirme qu’elle attendait notre rendez-vous avec beaucoup d’appréhension, craignant de ne pas pouvoir dire toute la richesse « des vies » de son père. « Je suis fière de papa, et de ce qu’il a fait, de toutes ses vies différentes, du militant, du comédien. C’est un papa clown, il a monté et joué un spectacle dans mon école primaire. Il aimait bien le débat, l’échange d’idées, cela pouvait durer des heures, voire des jours », nous dit Marie, d’une voix douce. Katia appuie le propos de sa filleule : « Il était connu pour ses coups de gueule, mais était admiré. Jacques était quelqu’un qui ne pouvait pas laisser indifférent. C’était un homme indigné, mais de très grande ouverture d’esprit. Ce n’était pas un homme de slogans. » « Jacques avait un tempérament de trotskiste, c’était un emmerdeur, il était toujours à la recherche de la vérité, il ne supportait pas ce qu’il considérait comme un arrangement de l’histoire. Il avait un grand respect pour Henri Alleg, mais il trouvait qu’il s’était fourvoyé en faisant profiter le Parti communiste plus qu’il n’en méritait peut-être ; Jacques était intransigeant et inflexible. » L’amie intime fait allusion au débat polémique que Jacques Charby a suscité ces tout derniers jours par presse interposée sur le rôle du Parti communiste pendant la guerre d’Algérie. Cela a commencé par une tribune de Jacques Charby dans Le Monde, le 5 novembre, à la faveur du livre d’Henri Alleg, puis il y a eu une réponse de Saddek Hadjérès dans Le Quotidien d’Oran et El Watan, à laquelle Jacques Charby a répondu dans El Watan, le 13 décembre dernier, réponse publiée par Le Quotidien d’Oran, jeudi dernier. Il y a eu aussi la réaction de Jacques Fat, secrétaire de la commission des relations internationales du Pcf, et Hélène Cuénat, ex-membre du Réseau Jeanson, membre du Pcf. Hélène Cuénat, qui avait connu Jacques Charby dans le réseau Jeanson, dont ils étaient membres l’un et l’autre, nous dit que « ce n’est pas un livre que Charby aurait dû écrire (Les porteurs d’espoir. Les réseaux de soutien au FLN pendant la guerre d’Algérie : les acteurs parlent. Editions La Découverte, 2004), mais une pièce de théâtre avec tous les acteurs qu’il avait recrutés. C’était une force de conviction, un homme généreux, chaleureux et drôle. Sa mort me fait comme un ouragan alors que nous n’étions pas d’accord sur le plan politique ». Jacques Charby était un homme de combats, d’engagements pour des causes justes : l’indépendance de l’Algérie, la défense des comédiens, des sans-papiers… « L’expérience du syndicalisme de son père, du nazisme ont fait de Jacques Charby un homme à fleur de peau sur le plan politique. L’Algérie en est la suite. Cela a représenté un retour au pays, l’Algérie, lui dont les parents étaient des Arabes judaïsés, exilés en France pour des raisons économiques », souligne Katia. Le père de Jacques Charby était un ouvrier du livre, un juif de Tlemcen chassé de sa ville natale en 1920 par la misère. « Il avait ce qu’on a appelé le refus de parvenir. Jacques avait la même position. » Jacques Charby a exercé 17 métiers différents. Il a commencé sa carrière de comédien – qu’il a interrompue en 1958 pour rejoindre le réseau Jeanson en 1958 – au Grenier de Toulouse avec Daniel Sorano. Le théâtre a occupé une place importante dans sa vie. Le rôle dont il était le plus fier, c’est celui d’Arnolphe dans L’Ecole des femmes. Il a joué plus récemment Electre. Il était au sein de la CGT, pendant 30 ans, un représentant apprécié du SFA pour sa capacité de trouver des solutions. « C’était un homme généreux, il avait reçu, accueilli, hébergé un nombre incroyable de gens », dit Marie. Il était drôle. « Ah le beau garçon que voilà, Jacques Charby est passé par là », disait-il en passant devant un miroir, ce qui a toujours fait rire sa fille. Quelques jours avant sa mort, il écrivait une chanson : Quand j’étais vieux. Il a animé des émissions à France Culture. Il avait eu l’idée de faire une émission sur la Libération de Paris à partir des plaques commémoratives en hommage aux gens morts pendant la guerre. « Jacques était un intellectuel à la fois affirmé et timide, car il était autodidacte. Il avait une révérence pour le savoir universitaire. » En 1962 il écrit Les enfants d’Algérie aux éditions Maspero. Des récits et dessins d’enfants de l’orphelinat Yasmina. Un livre traduit en plusieurs langues dont il ne reste qu’un exemplaire, celui que tient précieusement en mains Marie. Jacques Charby revient en France avec Mustapha Belaïd, un enfant de dix ans qu’il adopte. Le récit de Mustapha, mort il y a deux ans – un grand déchirement pour le père adoptif – figure dans le livre. Mustapha joue son propre rôle dans Une si jeune paix dont le scénario a été écrit par Jacques Charby. Jacques Charby disait que Mustapha, qui ne s’était jamais remis de ses douloureux souvenirs (la mort de ses parents sous ses yeux, son bras brûlé par des soldats, son errance…), était « une victime tardive de la guerre ». Pour ses obsèques, Jacques Charby a interdit le moindre signe religieux. Il sera inhumé cet après-midi auprès de sa mère, morte victime du racisme. Elle s’était suicidée en 1941 pour échapper à la police française alors que son mari était en prison. Jacques (12 ans) et son frère Pierrot (10 ans) avaient alors traversé tout seuls la France pour rejoindre un ami de leur père en zone libre. Arrivés à destination, celui-ci venait d’être arrêté. L’errance des deux enfants a duré longtemps. Ils finissent par retrouver leur père libéré et s’installent tous les trois à Toulouse.

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Vincent Schiavelli

Annonce de la mort d’un second couteau attachant Vincent Schiavelli. Selon les Les gens du cinéma,  il est mort le 26 décembre 2005  en Sicile d’un cancer du poumon, d’origine sicilienne, il était né à Brooklyn en 1948. Le grand public se souvient de son rôle de fantôme goguenard, sévissant dans le métro, face à Patrick Swayze dans “Ghost”. Lle dictionnaire de David Quinlan, nous informe qu’il a débuté avec succès dans un rôle de décorateur homosexuel dans la série TV “Corner Bar” (1972/1973), puis dans “Cheers”. Il début au cinéma avec Milos Forman dans « Taking off » (1971), pour lequel il devient son acteur fétiche, dans “Vol au dessus d’un nid de coucou” (1975), “Amadeus” (1984), “Valmont” (1989), “Larry Flint” (1996) et “Man on the moon” (1999). Sa grande taille (1m90), le prédisposait à des rôles de fous ou d’excentriques, il a participé à beaucoup de séries TV, en essayant de ne pas se laisser cantonner dans un seul type de rôle. Il a travaillé avec deux réalisateurs français dans “Mister Frost” (1989) de Philippe Setbon, où en employé de bureau il fait face à Jeff Goldblum, et dans “Restons groupés” de Jean-Paul Salomé (1998), où il tient le rôle d’un avocat. Tim Burton l’a également utilisé avec intelligence dans “Batman 2, le défi”. Il a aussi joué les utilités, dans un “James Bond”, face à Pierce Brosnan dans “Demain ne meurt jamais” (1997). l était auteur de 3 livres de cuisines “Papa Andrea’s Sicilian Table” et “Bruculinu”, “America : Souvenirs d’un Sicilien-Americain de Brooklyn”, à travers les recettes.  ! L’excellent site “secondscouteaux.com” – hélas plus disponible – avait fait son portrait et le site OBJECTIF CINÉMA a publié un entretien passionnant réalisé en 2001.

Filmographie : 1971  Taking Off (Id) (Milos Forman)1974  The Great Gatsby (Gatsby le magnifique) (Jack Clayton) – For Pete’s Sake (Ma femme est dingue) (Peter Yates)The Happy Hooker (Nicholas Sgarro)1975  Angels (Spencer Compton) – One flew over the Cuckoo’s nest (Vol au-dessus d’un nid de coucou) (Milos Forman) – Next Stop, Greenwich Village (Id) (Paul Mazursky) –  1976 Taxi driver (Id) (Martin Scorsese) – 1977  Un autre homme, une autre chance (Claude Lelouch) – An unmarried woman (La femme libre) (Paul Mazursky) – 1979  Butch and Sundance : The early years (Les joyeux débuts de Butch Cassidy et Le Kid) (Richard Lester) – The Frisco Kid (Un rabbin au Far West) (Robert Aldrich) – 1980  Tean Mothers / Seed of Innocence (Graine d’amour) (Boaz Davidson)The Return (Greydon Clark) The Gong Show movie (Chuck Barris) – 1981  American Pop (Ralph Bakshi, voix) Chu Chu and the Philly Flash (David Lowwel Rich) – 1982  Night Shift (Les croque-morts en folie) (Ron Howard) – Fast Times At Ridgemont High (Amy Heckerling) – 1984  Amadeus (Id) (Milos Forman)Kidco (Id) (Ronald F. Maxwell) – The adventures of Buckarroo Banzai across the 8th dimension (Les aventures de Buckaroo Banzaï) (W.D. Richter) 1985  Better off dead (Gagner ou mourir) (Savage Steve Holland) – 1986  Time Out (Jon Bang Carlsen) – 1988 Homer & Eddie (Voyageurs sans permis) (Andrei Konchalovsky) – 1989   Valmont (Id) (Milos Forman) Waiting for the light (Christopher Monger) – Cold Feet (Robert Dornhelm)Playroom (Manny Coto) – Mister Frost (Philippe Setbon) – 1990 Penny Ante : The motion picture (Gavin Wilding) Ghost (Id) (Jerry Zucker) – 1991  Ted and Venus (Bud Cort)  Another you (Le menteur et le tricheur) (Maurice Phillips) – 1992  Batman returns (Batman, le défi) (Tim Burton)Miracle Beach (Skott Snider) – 1993 Painted desert (Masato Harada) – 1994  Cultivating Charlie (Alex Georges)H.P. Lovecraft’s Lurking fear (C. Courtney Joyner) – 1995  A little princess  (La petite princesse) (Alfonso Cuaron)  3 Ninjas knuckle up (Shang-ok Shin [Simon S. Sheen]) –  Lord of illusions (Le maître des illusions) (Clive Barker) – Two Much (Id) (Fernando Trueba) – 1996   Back to back : American Yakuza II (Roger Nygard)The people vs Larry King (Larry King) (Milos Forman)1997  Milo (Pascal Franchot)Tomorrow never dies (Demain ne meurt jamais) (Roger Spottiswoode) – The beautician and the beast (L’éducatrice et le tyran) (Ken Kwapis) – Restons groupés (Jean-Paul Salomé ) – 1998  Love Kills (Mario Van Peebles) –  Dry Martini (Alejandro Chomski) – La cena informale (Salvo Cuccia, CM) – Rusty : A Dog’s Tale (Shuki Levy)1999 Man On The Moon (Id) (Milos Forman)Treehouse Hostage (Sean McNamara) – Coyote moon (Inferno) (John G. Avildsen) – The Prince And The Surfer (Arye Gross & Gregory Gieras) – 2000   American Virgin (Jean-Pierre Marois) – 3 Strikes (D.J. Pooh) – American Saint (Joseph Castelo) – 2002 Solino (Fatih Akin)Death to Smoochy (Titre TV : Crève Smoochy, crève) (Danny de Vito) – Hé Arnold ! Le film (Huck Tucker, animation, voix) – The 4th Tenor (Harry Basil) – 2003   Gli Indesiderabili (Pasquale Scimeca)Baggage (Evan Aaronson) –   How To Get The Man’s Foot Outta Your Ass (Mario Van Peebles) – Miracolo a Palermo ! (Miracle à Palerme) (Beppe Cino)2004   A Pena do pana (Lucia Grillo, CM) – 2006  Nuovomundo (Golden Door) (Emanuele Crialese) – 2007  The passport (Amund Lie, CM).  

Il y a eu ce mois-ci beaucoup de décès à déplorer, de l’égérie de Roger Vadim, Annette Stroyberg, l’acteur canadien Marc Favreau, les actrices américaines Jean Parker et Beverly Tyler, le cinéaste italien Giuseppe Patroni Griffi. Pour plus d’infos, visitez le site des Les gens du cinéma, il est difficile de parler hélas tout le monde…

Bibliographie : “Quinlan’s character stars” par David Quinlan (Éditions R.H. 2004).

Mise à jour du 20/07/2009

MORT DE RICHARD PRYOR

Annonce de la mort de Richard Pryor, d’un arrêt cardiaque ce samedi 10 décembre, dans un hôpital d’Encino en Californie. Ses débuts dans les cabaret, d’abord au Canada, lui valent l’appelation de “Black Lenny Bruce”, ses numéros sont très provocateurs. Il débute rapidement à Hollywood sous le nom de Richard “Cactus” Pryor, et il rencontre Mel Brooks, avec lequel il écrit “Le Shériff est en prison”. Il vole la vedette à Christopher Reeves dans “Superman III” (1983). Souvent en tandem avec Gene Wilder, pour 4 films, dont le jubilatoire “Transamerica Express”, notamment -. Beaucoup de comédies, mais Paul Schrader, lui a donné un rôle dramatique, dans “Blue Collar” (1978), avec Harvey Keitel et Yaphet Kotto, où il joue Zeke, un ouvrier, se révoltant contre les dirigeants de son usines, tous corrompus. Il réalisera “Jo Jo dancer” en 1985, resté inédit chez nous. Diminué ces années de sclérose en plaque, on le retrouve cependant dans le cultissime “Lost Highway” de David Lynch. Il avait un site officiel, que vous pouvez visiter… si vous avez plus de 18 ans, son comique mordant continuant à choquer les États-Unis.

Filmographie : 1966 The busy body (William Castle)1968 The green berets (Les bérets verts) (John Wayne) – Uncle Tom’s fairy tales (Penelope Sheeris, inédit) – Wild in the streets (Les troupes de la colère) (Barry Shear) – 1969 The Phynx (Le sphynx) (Lee H. Katzin) – 1971 Dynamite Chicken (Ernest Pintoff) – You’ve got to walk it life you talk it or you’ll lose that beat (Peter Locke) –Richard Pryor – Live and Smokin’ – 1972 Lady Stings the blues (Sidney J. Furie) – 1973 Hit ! (Id) (Sidney J. Furie) – The Mack (Le Mack) (Michael Campus) – Wattstax (Mel Stuart) – Some call it loving (James B. Harris) – 1974 Uptown Saturday Night (Sidney Poitier) – 1975 Adios Amigo (Fred Williamson) – 1976 The bingo long traveling all-stars and motor kings (Bingo) (John Badham) – Car wash (Id) (Michael Schultz) – Silver steak (Transamerica Express) (Arthur Hiller) – 1977 Greased lightning (Michael Schultz) – Wich way is Up ? (Michael Schultz) – 1978 The Wiz (Id) (Sidney Lumet) – The Muppet Movie (James Frawley) – Blue Collar (Id) (Paul Schrader) – California Suite (California Hôtel) (Herbert Ross) – 1979 Richard Pryor live in concert (Jeff Margolis) – In God we trust (La bible ne fait pale moine) (Marty Feldman) – Richard Pryor is back live in concert – 1980 Wholly Moses ! (Sacré Moïse) (Gary Weiss) – Stir Crazy (Faut s’faire la malle) (Sidney Poitier) – 1981 Bustin’ Loose (Oz Scott) – Some king of hero (Michael Pressman) – 1982 Richard Pryor live on the Sunset Strip – The toy (Vidéo : Le joujou) (Richard Donner) – 1983 Superman III (Id) (Richard Lester) – Richard Pryor here and now (+ réalisation) – 1985 Brewster’s millions (Comment claquer un million de dollars par jour) (Walter Hill) – Jo Jo dancer, your life is calling (+ réalisation) – 1986 Critical condition (Vidéo : Toubib malgré lui) (Michael Apted) – 1987 Moving (Alan Metter) – 1989 See no Evil, hear no Evil (Pas nous pas nous) (Arthur Hiller) – Harlem Nights (Les nuits de Harlem) (Eddie Murphy) – 1990 Look who’s talking too (voix seulement) – 1991 The three Muscatels (Romell Foster-Owens) – Another you (Maurice Philips) – 1996 Mad Dog timme / Trigger happy (Mad Dogs) (Larry Bishop) – Lost Highway (David Lynch) – 2003 Bitter Jester (Maija Di Giorgio).

MORT DE MARC LAWRENCE

Un internaute avisé surnommé “Lord Henry” nous avise dans le forum de DVD Classik, de la mort à 95 ans du comédien Marc Lawrence. Jean-Pierre Coursodon et Bertrand Tavernier en parlaient dans “Trente ans du cinéma américain”, précieux petit livre rouge : “Débuts en 1939. Nombreux policiers. Le bookmaker qui, dans “Asphalt Jungle”, assurait le financement du cambriolage mis au point par Sam Jaffe. Le gangster qu’attendent Robinson et sa bande dans “Key Largo”, où il vient chercher des faux billets, (…) Acteur et réalisateur T.V. en Europe depuis 1952″. À lui seul, il personnifié presque le mettre-étalon du gangster américain, jusqu’au film “Ruby”, film de John MacKenzie (1992), à redécouvrir, avec Dany Aiello dans le rôle titre. Très brun et osseux, et à l’instar d’un Lawrence Tierney, il était presque une citation vivante, quand Roberto Rodriguez ou Joe Dante, l’utilisaient. Il avait écrit son auto-biographie en 1991: “Long time no see, confessions of Hollywood Gangster”. Comme Sterling Hayden, il avait souffert d’avoir dénoncer certains de ces camarades lors du McCarthysme, après 1951, il a participé à de nombreux films italiens, on le retrouve même dans un joyeux nanar français de Louis Grospierre “Du mou dans la gâchette” de Louis Grospierre, avec Bernard Blier et Jean Lefebvre, … en gangster bien sûr. Il était également un sculpteur de renom. En contre-emploi, on le retrouvait en prêtre dans “La lettre du Kremlin” (John Huston, 1969). On l’avait revu encore récemment dans le rôle du père de Steve Martin dans “Les Looney Tunes passent à l’action“.

Filmographie : 1932  If I had a million (Si j’ avais un million) (James Cruze, H. Bruce Humberstone, Ernst Lubitsch, Norman Z. McLeod, Stephen Roberts, William A. Seiter, Norman Taurog & Lothar Mendes) – 1933  Gambling ship (Louis Gasnier & Max Marcin) – White woman (Le fou des îles) (Stuart Walker) – Lady for a day (Grande dame d’un jour) (Frank Capra) – Her first mate (William Wyler) – 1934  Death on the diamond (Edward Sedgwick) – Million dollar baby (Joseph Stanley) – Straight is the way (Paul Sloane, CM) – 1935  Little big shot (Le piège / Un petit bout de femme) (Michael Curtiz) – After the dance (Le danseur masqué) (Leo Bulgakov) – The Arizonian (Charles Vidor) – Three kids and a queen (Cinquante mille dollars morte ou vive) (Edward Ludwig) – Dr. Socrates (Docteur Socrate) (William Diertele) – Men of the hour (Les hommes de l’heure) (Lambert Hillyer) – The G-Men (Les hors-la-loi) (William Keighley) – Don’t bet on blondes (Ne pariez pas sur les blondes) (Robert Florey) – Strangers all (Drôle de famille) (Charles Vidor) – Go into your dance (Entrez dans la danse) (Archie L. Mayo) – 1936  Trapped by television (La télévision révélatrice) (Del Lord) – Counterfeit (Fausse monnaie) (Erle C. Kenton) – Road gang (La chaîne) (Louis King) – Blackmailer (Gordon Wiles) – Don’ t gamble with love (Dudley Murphy) – The Robin Hood of El Dorado (Robin des Bois d’Eldorado) (William A. Wellman) – Night waitress (Lew Landers) – The final hour (Le rescapé) (D. Ross  Lederman) – Love on a bet (L’homme nu) (Leigh Jason) – Under two flags (Sous deux drapeaux) (Frank Lloyd) – Desire (Désir) (Frank Borzage) – The cowboy star (David Selman) – What price vengeance ? (Del Lord) – 1937  Counsel for crime (L’avocat du diable) (John Brahm) – Charlie Chan on Broadway (Charlie Chan à Broadway) (Eugene Forde) – Criminals of the air (Les Criminels de l’air) (Charles C. Coleman) – The shadow (Le fantôme du cirque) (Charles C. Coleman) – I promise to pay (Échec au crime) (D. Ross Lederman) – Life begins with love (Ray MacCarey) – Motor madness (D. Ross Lederman) – Murder in Greenwich Village (Albert S. Rogell) – Racketeers in exile (Erle C. Kenton) – San Quentin (La révolte) (Lloyd Bacon) – A dangerous adventure (D. Ross Lederman) – 1938  Adventure in Sahara (D. Ross Lederman) – Charlie Chan in Honolulu (Charlie Chan à Honolulu) (H. Bruce Humberstone) – I am the law (Je suis la loi) (Alexander Hall) – Penitentiary (Prison centrale) (John Brahm) – Squadron of honor (Charles C. Coleman) – The spider’ s web (James W. Horne & Ray Taylor) – While New York sleeps (H. Bruce Humberstone) – Who killed Gail Preston ? (Qui a tué Miss Preston ?) (Leon Barsha) – Convicted (Leon Barsha) – 1939  There’ s that woman again (Ah quelle femme !) (Alexander Hall) – Sergeant Madden (Au service de la loi) (Josef Von Sternberg) – Beware Spooks ! (Edward Sedgwick) – Code of the Streets (Harold Young) – The lone wolf spy hunt (L’empreinte du loup solitaire) (Peter Godfrey) – Blind Alley (L’étrange rêve) (Charles Vidor) – Ex-Champ (Phil Rosen) – Invisible stripes (Lloyd Bacon) – Dust be my destiny (Jeunesse triomphante) (Lewis Seiler) – The housekeeper’ s daughter (Le mystère de la péniche) (Hal Roach) – S.O.S. Tidal Wave (John H. Auer) – Romance of the Redwoods (La tragédie de la forêt rouge) (Charles Vidor) – Homicide bureau (Charles C. Coleman) – Think first (Roy Rowland, CM) – 1940  Charlie Chan at the Wax Museum (Lynn Shores) – Johnny Apollo (Id) (Henry Hathaway) – The man who talked too much (L’homme qui parlait trop) (Vincent Sherman) – Brigham Young (L’odysée des Mormons) (Henry Hathaway) – The golden fleecing (Leslie Fenton) – The great profile (Walter Lang) – Love, honor and oh baby ! (Charles Lamont) – 1941  A dangerous game / Who killed Doc Robin ? (John Rawlins) – Sundown (Crépuscule) (Henry Hathaway) – Hold that ghost (Fantômes en vadrouille) (Arthur Lubin) – Lady Scarface (Frank Woodruff) – Blossoms in the dust (Les oubliés) (Mervyn LeRoy) – Public enemies (Ennemis publics) (Albert S. Rogell) – Tall, dark and hansome (La terreur des bas-fonds) (H. Bruce Humberstone) – The monster and the girl (Terreur sur la ville) (Stuart Heisler) – The man who lost himself (Edward Ludwig) – The Shepherd of the hills (Henry Hathaway) – 1942  Call of the Canyon (Joseph Santley) – Nazi agent / Salute to courage (Jules Dassin) – Neath Brooklyn Bridge (Wallace W. Fox) – This gun for hire (Tueur à gages) (Frank Tuttle) – Yokel Boy (Joseph Santley) – 1943  Hit the ice / Oh doctor (Deux nigauds dans la neige) (Charles Lamont et Erle C. Kenton) – The ox-bow incident (L’étrange incident) (William A. Wellman) – Eyes of the underworld (Roy William Neill) – Submarine alert (Frank McDonald) – Calaboose (Hal Roach Jr) – 1944  Rainbow island (Lona la sauvageonne / L’ île des hommes perdus) (Ralph Murphy) – The princess and the pirate (La princesse et le pirate) (David Butler) – Tampico (Lothar Mendes) – 1945  Flame of Barbary Coast (La belle de San Francisco) (Joseph Kane) – Club Havana (Edgar G. Ulmer) – Dillinger (Dillinger, l’ennemi public numéro 1) (Max Nosseck) – Don’ t fence me in (John English ) –  Life with blondie (Abby Berlin) – 1946  Blonde alibi (Will Jason) – Cloak and dagger (Cape et poignard) (Stuart Gilmore) – The Virginian (Le traître du Far-West) (Stuart Gilmore) – 1947  Captain from Castile (Capitaine de Castille) (Henry King) – Unconquered (Les conquérants d’un nouveau monde) (Cecil B DeMille) – Dragnet (Leslie Goodwins) – Joe Palooka in the knockout (Reginald Le Borg) – Yankee Fakir (W. Lee Wilder) – 1949  I walk alone (L’homme aux abois) (Byron Haskin) – Key Largo (Id) (John Huston) – Out of the storm (R.G. Springsteen) – 1949  Jigsaw (L’ange de la haine) (Fletcher Markle) – Calamity Jane and Sam Bass (La fille des prairies) (George Sherman) – Tough assignment (William Beaudine) – 1950  The desert Hawk (L’aigle et le vautour) (Frederick de Cordova) – Abbott and Costello in the foreign legion / Foreign legion (Deux nigauds légionnaires) (Charles Lamont) – Black hand (La main noire) (Richard Thorpe) – The asphalt jungle (Quand la ville dort) (John Huston) – 1951  My favorite spy (Espionne de mon coeur) (Norman Z. McLeod) – Hurricane island (L’île de l’ouragan) (Lew Landers) – Vacanze col gangster (Dino Risi) – 1952  Tormento del passato (Mario Bonnard) – Fratelli d’Italia (Fausto Saraceni) – La tratta delle bianche (La traite des blanches) (Luigi Comencini) – I tre corsari (Les trois corsaires) (Mario Soldati) – 1953  Jolanda la giglia del corsaro nero (La fille du corsaire noir) (Mario Soldati)  – Legione straniera (Légion étrangère) (Basilio Franchina) – Il più comico spettacolo del mondo (Le spectacle le plus comique du monde) (Mario Mattoli) – Noi peccatori (Nous… les coupables) (Guido Brignone) – 1954  Ballata tragica (Luigi Capuano) – 1955  La catena dell’ odio (Piero Costa) – Luna nuova (Luigi Capuano) – Suor Maria (Luigi Capuano) – 1956  Helen of Troy / Elena Di Troia (Hélène de Troie) (Robert Wise) – 1957  Kill her Gently (Charles Saunders) – 1963  Johnny Cool (La revanche du Sicilien) (William Asher) – 1966  Du mou dans la gâchette (Louis Grospierre) – Du mafiosi contro Al Capone / Dos contra Al Capone (Giorgio Simonelli) – Johnny Tiger (Paul Wendkos) – Savage Pampas / Pampa salvaje (La pampa sauvage) (Hugo Fregonese) – Sette monaci d’ oro (Moraldo Rossi) – 1967  Custer of the Wes (Custer l’ homme de l’ Ouest) (Robert Siodmak) – 1968  Eva, la venere selvaggia (Eva, la vierge sauvage) (Roberto Mauri) – 1969  The five man army / Un esercito di cinque uomini (Cinq hommes armés) (Don Taylor et Italo Zingarelli) – Krakatoa, East of Java (Krakatoa, à l’ Est de Java) (Bernard L. Kowalski) – 1970  Dream no evil / Now i lay me down to die (John Hayes) – The Kremlin letter (La lettre du Kremlin) (John Huston) – Pursuit of treasure (Stanton Kaye) – 1971  Diamonds are forever (Les diamants sont éternels) (Guy Hamilton) – 1972  Daddy’ s deadly darling (+ réalisation, scénario & production) – 1973  Frasier, the sensuous Lion (Pat Shields) – 1974  The man with the golden gun (L’ homme au pistolet d’or) (Guy Hamilton) – 1976  Marathon Man (Id) (John Schlesinger) – 1977  A piece of the action (Sidney Poitier) – 1978  Foul play (Drôle d’ embrouille) (Colin Higgins) – Goin’ Coconuts (Howard Morris) – Revenge of the Pink Panther (La malédiction de la Panthère Rose) (Blake Edwards) – 1979  Hot Stuff (Les fourgueurs) (Dom DeLuise) – Swap Meet (Brice Mack) – 1980  Cataclysm / Satan’ s supper / The nightmare never ends (Phillip Marshak, Tom McGowan & Greg C. Tallas) – Poliziotto superpiù / Supersnooper (Un drôle de flic) (Sergio Corbucci) – 1982  Cane e gatto (Escroc, macho et gigolo) (Bruno Corbucci) – 1985  Night train to terror / Shriver (Vidéo : Train express pour l’enfer) (John Carr, Phillip Marshak, Tom McGowan, Jay Schlossberg-Cohen & Gregg C. Tallas) – 1987  The big easy (The big easy – le flic de mon cœur) (Jim McBride) – 1988  Blood Red (Vidéo : La voie du sang) (Peter Masterson) – 1992  Newsies / Newsboys (Kenny Ortega) – Ruby (Id) (John Mackenzie) – 1995  Four Rooms (titre vidéo : ”Groom service”) [épisode “The Misbehavers”] (Robert Rodriguez) – 1996  From dusk till dawn (Une nuit en enfer) (Robert Rodriguez) – 1999  End of days (La fin des temps (Peter Hyams) – 2001  The shipping news (Terre Neuve) (Lasse Hallström) – 2003  Looney Tunes : Back in action (Les Looney Tunes passent à l’ action) (Joe Dante). Comme réalisateur : 1965  Tendre garce (Nightmare in the sun) (+ scénario et production) – 1972 Daddy’ s deadly darling (+ scénario et production) .Mise à jour du 21/05/2008. Bibliographie : LIBÉRATION du 09/11/2005 : Dessoudé en série à l’écran, Marc Lawrence s’éteint, par Philippe Garnier

MORT DE WOLF RILLA

Le voyage des damnés

Annonce de la mort du cinéaste Wolf Rilla. Né en Allemagne il est le fils de l’acteur Walter Rilla. On lui doit un chef d’oeuvre du cinéma fantastique “The village of the damned / Le village des damnés” (1950), avec Georges Sanders et Barbara Shelley, avec les yeux phosphorescents de mystérieux enfants blonds qui naissent ensemble dans la campagne anglaise. D’une filmographie méconnue chez nous, Raymond Lefevre et Roland Lacourbe, dans le précieux livre “30 ans du cinéma britannique” évoquent “Cairo – Les bijoux du pharaon” (1962), avec Georges Sanders et Richard Johnson, sorte de remake d”Asphalte jungle” de John Huston, et “The world ten times over”, inédit chez nous, évoquant la solitude de deux hôtesses de night-club. Retrouvez le portrait de Christophe Jacob pour LES GENS DU CINÉMA.

Annonce également de la mort de la comédienne Françoise Vatel :

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Création d’une nouvelle rubrique sur ce blog, depuis le 23 octobre, une base de LIENS, qui se veut utile pour retrouver les incontournables du web mondial, concernant le cinéma. Si vous avez les remarques elles sont bienvenues. A noter que l’épatant site RETOUR A YUMA, change désormais d’URL : http://retourayuma.free.fr/.

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Jany Holt

Photos source : www.bernard-luc.com/

Dans un numéro de Télérama de 1981, elle se présentait ainsi avec ironie : “Je n’ai jamais été jolie. Quand j’avais dix-huit ans, les producteurs, me regardant, semblaient voir un flacon d’huile de ricin”… Annonce de la mort à 96 ans de la grande comédienne française d’origine roumaine, Jany Holt. Yvan Foucart avait fait un superbe portrait pour LES GENS DU CINÉMA. Sa frêle silhouette l’avait prédisposée à tenir des rôles troubles, comme la Russe dans “Les bas-fonds”, la prostituée souffrante de “La maison du Maltais”. Son charme unique dépassant une certaine austérité a laissé un souvenir intact dans la mémoire des cinéphiles. Elle était impressionnante dans “Les anges du péché” de Robert Bresson en criminelle repentie trouvant refuge dans un couvent. Décorée pour fait de Résistance, en 1944, elle ne revient qu’irrégulièrement sur les écrans, mais on pouvait la retrouver en logeuse dans “Target” (Arthur Penn, 1984), ou en grand-mère de Mathieu Kassovitz dans “Métisse” en 1992, notamment. Dans son dernier rôle, elle était une inquiétante voisine dans “Noir comme le souvenir”, en 1994, dans une réalisation de Jean-Pierre Mocky, toujours prompt à utiliser des acteurs mythiques. Elle était l’épouse de Marcel Dalio, de 1932  à 1937, et lui avait gardé une affection profonde. Sur cette singulière actrice, on peut retrouver le portrait d’Olivier Barrot & Raymond Chirat, dans “Inoubliables, visages du cinéma français 1930-1950” (Éditons Calmann-Lévy, 1986), repris en poche sous le titre “Noir & Blanc” (Édition Flammarion). 

Filmographie : 1931  Un homme en habit (René Guissart & Robert Bossis) – 1935  Le domino vert (Herbert Selpin & Henri Decoin) – Le Golem (Julien Duvivier) – 1936  Les bas-fonds (Jean Renoir) – Courrier-Sud (Pierre Billon) – Un grand amour de Beethoven (Abel Gance) – 1937  L’alibi (Pierre Chenal) – La tragédie impériale (Marcel L’Herbier) – Troïka sur la piste blanche (Jean Dréville) – 1938  La maison du Maltais (Pierre Chenal) – Le paradis de Satan (Félix Gandera & Jean Delannoy) – La piste du sud, de Pierre Billon (Albert Préjean) – 1941  Andorra ou les hommes d’airain (Émile Couzinet) – 1942  Le baron fantôme (Serge de Poligny) – 1943  Les anges du péché (Robert Bresson) – 1944  Farandole (André Zwobada) – La fiancée des ténèbres (Serge de Poligny) – 1945  Mission spéciale (Maurice de Canonge) – Le pays sans étoiles (Georges Lacombe) – 1946  Contre-enquête (Jean Faurez) – Rumeurs (Jacques Daroy) – 1947  Non coupable (Henri Decoin) – 1948  Docteur Laënnec (Maurice Cloche) – L’échafaud peut attendre (Albert Valentin) – 1949  Le furet (Raymond Leboursier) – Mademoiselle de la Ferté (Roger Dallier) – 1951  The green glove (Le gantelet vert) – Vedettes sans maquillage (Jacques Guillon, CM) – 1955  Gervaise (René Clément) – Les insoumises (René Gaveau) – 1968  Le grabuge (Édouard Luntz) – 1970  A time for loving (Christopher Miles) – 1977  Die linkshändige frau (La femme gauchère) (Peter Handke) – 1984  Target (Id) (Arthur Penn) – 1987  La passerelle (Jean-Claude Sussfeld) – Saxo (Ariel Zeitoun) – 1992  Métisse (Mathieu Kassovitz) – Roulez jeunesse (Jacques Fansten) – 1994  Noir comme le souvenir (Jean-Pierre Mocky) – Comme réalisatrice : 1965  La pharmacienne (CM). Télévision (notamment) : 1960  Les parents terribles (Jean-Paul Carrère) – 1961  Egmont (Jean-Paul Carrère) – 1963  L’inspecteur Leclerc enquête : La vie sauve (André Michel) – 1969  Marie Waleska (Henri Spade) – 1971  Adieu mes quinze ans (Claude de Givray, série TV) – 1973  Destins : Chère petite madame (Serge Hanin, + scénario) – Les enquêtes du commissaire Maigret : Maigret et la jeune morte (Claude Boissol) – 1974  Les flocons rouges (Bernard Maigrot) – 1976  Au théâtre ce soir : Monsieur Silence (Pierre Sabbagh) – 1979  Au théâtre ce soir : Tout est dans le jardin (Pierre Sabbagh) – 1982  Mon meilleur Noël : Madame Bidou (Bernard Maigrot) – Toutes griffes dehors (Michel Boisrond) – 1984  Au théâtre ce soir : Tango Valentino (Pierre Sabbagh) – 1997  Ombre & lumière : Henri Decoin, cinéaste (Hubert Niogret, documentaire) – 2004  Les anges, 1943 histoire d’un film (Anne Wiazemsky, documentaire).

(1) Nota du 06/09/2007 : Précisions de M. PJ. Rolland  : Jany Holt figure parmi les titulaires de la Médaille de la Résistance et non parmi ceux de la Croix de la Libération.

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Jean-Michel Folon

Patrick Dewaere, Jean-Michel Folon & Rufus

Annonce de la mort de Jean-Michel Folon. Pour ne parler que de son incursion dans le cinéma, outre de très belles affiches de film, il s’était révélé un acteur attachant. Dans le bonus du DVD “Lily aime-moi”, Folon parlait de l’engouement qu’il y avait eu sur lui comme comédien. Il s’était lié d’amitié avec Wim Wenders et  Roman Polanski, et François Truffaut avait envisagé l’engager avant sa mort. Il confiait que Gérard Depardieu lui avait dit : “Laisse tomber le cinéma, toi tu n’es pas quelqu’un qui est fait pour être la couleur sur la palette d’un autre, tu es quelqu’un qui doit tenir la palette…”. “Lily aime-moi” (Maurice Dugowson, 1974) reste un film très singulier, le réalisateur ayant utilisé la complicité du trio Folon-Dewaere-Rufus, voir La notule de ce blog. Dans “L’amour nu” (Yannick Bellon, 1980), il était émouvant en mari de Marlène Jobert, l’aidant dans sa lutte contre le cancer. On aimerait pouvoir voir le méconnu “Un type comme moi ne devrait jamais mourir” (1976) du mordant Michel Vianey où il jouait un bourgeois qui se remettait en question. Il était comédien également dans “La chute d’un corps” (Michel Polac, 1973) et “F. comme Fairbanks” (Maurice Dugowson, 1975). Vous pouvez visiter son Site officiel.

L’affiche de Jean-Michel Folon de “L’amour nu”