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LE COIN DU NANAR : DOUBLE ZÉRO

“Double zéro” est  l’habituel type de projet qui ne repose que sur le tempérament de deux comédiens sympathiques, Il bénificie  d’un budget démesuré, et une suite inégale de sketches, Il est triste de voir certains de nos seconds rôles gâchés dans cette grosse machinerie de Gérard Pires, – surtout si l’on est nostalgique d’ “Érotissimo”, ou d’ “Elle court, elle court, la banlieue” -, La présence d’Édouard Baer détonne un peu. C’est presque un remake du film d’Yvan Chiffre “Bons baiser de Hong Kong”, mais à l’origine c’est un projet de Thomas Langmann qui a racheté les droits du film de John Landis “Spy like us” – “Drôles d’espions” avec Chevy Chase et Dan Aykroyd. en 1985.

Abbott & Costello meet James Bond

François Chattot y fait une formidable composition de baroudeur, Bernard Bloch en militaire impassible, Christophe Odent en général inquiétant, Lionel Abelanski en “Q” du pauvre, François Berland en père excentrique du “mâle”  n’ont pas grands choses à ce mettre sous la dent. On peut reconnaître le temps d’une image presque subliminale le formidable acteur-cascadeur Lionel Vitrant, de dos ! dans la scène de “voulez-vous coucher avec moi…”, et il y a le sous-exploité Didier Flamand, qui semble s’ennuyer ferme. Ce type de comédie n’est hélas pas,  un feu de paille.

Retour sur François Berland,  que l’on confond souvent avec François Berléand en raison de sa presque homonymie :

Il est huissier barbu au bal dans “La galette du roi”, le maire qui marie Ghad Elmaleh et Alain Chabat dans “Chouchou”, le barman écoutant les états d’âmes de José Garcia dans “Rires et châtiment”, médecin dans “Je préfère qu’on reste amis”, etc….. Un talent sûr et une voix connue (pub, récitants de documentaires, “Les guignols de l’info”, “Monsieur Manatane”, “Le maillon faible”. Un talent sûr dont les films se retrouvent dans bien des filmos de François Berléand, venant de re copieurs fatigués, malgré les corrections que j’avais faites sur IMDB…

François Berland m’avait donné très aimablement son CV et état civil par fax, pour que je puisse créer sa fiche sur “Les gens du cinéma” : Les gens du cinéma.

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Jacques Poitrenaud

Photo source Christian Grenier

Le site www.lesgensducinema.com annoncent la mort de Jacques Poitrenaud, ce 4 avril 2005. André Siscot propose une superbe gallerie d’affiches à l’exemple de celle suivante de “La tête du client” : C’est une carrière honorable… Me viennent à l’esprit la rencontre Michel Simon-Serge Gainsbourg dans le sympathique “Ce sacré grand-père” (1967), avec la chanson culte de Gainsbourg “…se casser le cul sur l’herbe tendre”; “Une souris chez les hommes” parodie de polar avec Louis de Funès et Maurice Biraud; La belle troupe (qui pousse la chansonnette dans le générique final) de “La tête du client” (1965) (Poiret, Serrault, Blanche, Sophie Desmarets…), la rencontre Dany Carrel et Danièle Darrieux dans “Du grabuge chez les veuves” (1963), “Strip-tease” une atmosphère très “Faubourg-Saint-Germain des Près” avec une étonnante Nico et “Carré de dame pour un as” avec un François Maistre en grand méchant et Roger Hanin, en barbouze décontracté. Que de bons souvenirs… Il avait réalisé “Le canard en fer blanc” (1967) qui connaît une certaine réputation, et “Mendiants et orgueilleux” (1971) adapté de l’oeuvre d’Albert Cossery. On peut aisément anticiper sur l’absence d’hommage sur ce type d’honorable artisan du cinéma français…

Filmographie : Comme réalisateur : 1960  La revenante (CM) – Les portes claquent (co-réalisation avec Michel Fermaud) – Les amours de Paris – 1961  Les Parisiennes [sketch : “Ella”] – 1962  Strip-tease – 1963  L’inconnue de Hong Kong – Du grabuge chez les veuves – 1964  Une souris chez les hommes / Un drôle de caïd – 1965  La tête du client – 1966  Carré de dames pour un as – Le canard en fer-blanc – 1967  Ce sacré grand-père – 1969  Qu’est-ce qui fait courir les crocodiles ? – 1968  Féria à Séville (CM) – 1971  Mendiants et orgueilleux –

 

Pour info : Le monde

Nécrologie

Jacques Poitrenaud, réalisateur

LE MONDE | 06.04.05 | 14h55  •  Mis à jour le 06.04.05 | 14h55

Jacques Poitrenaud, réalisateur, est mort le 2 avril à l’âge de 83 ans.

  

Article paru dans l’édition du 07.04.05

Né en 1922 à Lille, Jacques Poitrenaud avait été l’assistant de Roger Vadim et Michel Boisrond, puis monteur, scénariste, producteur (de Viva la muerte d’Arrabal) et auteur d’une quinzaine de films de divertissement, de Les portes claquent (1960) à Mendiants et orgueilleux (1971), tiré du roman de son ami Albert Cossery, en passant par Strip-tease (avec Dany Saval, 1962), L’Inconnue de Hongkong (avec Dalida, 1963), Du grabuge chez les veuves (Danielle Darrieux, Dany Carrel, 1963), Une souris chez les hommes (Dany Saval, Dany Carrel, 1964), La Tête du client (Sophie Desmarets, 1965), Le Canard en fer blanc (Roger Hanin, 1966), Ce sacré grand-père (Marie Dubois, Michel Simon, Serge Gainsbourg, 1967), Qu’est-ce qui fait courir les crocodiles (Michel Serrault, Francis Blanche, 1969). Créateur du Ciné Halles, Jacques Poitrenaud décida en 1973 de se mettre au service des films français dans le cadre d’une section parallèle du Festival de Cannes : Perspectives du cinéma français fut pendant vingt ans la vitrine nationale de la Quinzaine des réalisateurs. En 1976, il rejoint l’équipe d’Unifrance Film et organise des Semaines du cinéma français à l’étranger. En 1978, il devient responsable à Cannes de la section Un certain regard. Membre fondateur de l’Association des réalisateurs producteurs, initiateur des Rencontres de Beaune en 1991, il anima également les Mercredis du Mac-Mahon, et Les Amoureux du cinéma.

LIBERATION

Jacques Poitrenaud, un certain regard s’éteint
Le réalisateur, infatigable propagandiste du cinéma français, est mort samedi à 83 ans.
Par Gérard LEFORT jeudi 07 avril 2005

Ça n’est pas gai que Jacques Poitrenaud soit mort le 2 avril à 83 ans. Les vieux habitués du Festival de Cannes se souviennent à coup sûr de sa mine joviale d’infatigable propagandiste du cinéma français. C’est lui en effet qui, en 1973, crée Perspectives du cinéma français, sous-section de la sélection parallèle la Quinzaine des réalisateurs, destinée à exposer le meilleur de la production française de l’année. Toujours à Cannes, après un intermède de deux ans au sein d’Unifrance, chargé de la promotion du cinéma français à l’étranger, il revient en 1978 pour diriger la section Un certain regard qui, au fil du temps, va s’affirmer comme une sélection officielle bis.  Toujours sur la brèche du cinéma français, on lui doit aussi d’être un cofondateur de la très active Association des réalisateurs producteurs (ARP) et des non moins essentielles Rencontres de Beaune qui, chaque année depuis 1991, offrent aux professionnels une pause de réflexion nécessaire. Mais on peut se souvenir autrement de Jacques Poitrenaud avec tout autant de profit. Au long des années 60, il fut réalisateur de quelques très joyeuses plaisanteries dont les titres sont déjà tout un programme : les Portes claquent (1960), d’après un énorme succès du théâtre de boulevard, avec mesdemoiselles Catherine Deneuve et Françoise Dorléac ; Strip-tease avec la piquante Danny Saval dans le rôle de Dodo Voluptuous, et Jean Tissier, tout un poème dans le rôle habituel du vieux coquin ; les Parisiennes (1961), film à sketches où figurent, entre autres, Johnny Hallyday et Kathe Deneuve (1962) ; l’Inconnue de Hong Kong (1963) avec Dalida (non ?) et Serge Gainsbourg (si !) ; Du grabuge chez les veuves (1963) avec Danielle Darrieux et rien à voir avec Du rififi chez les hommes (quoique…) ; Carré de dames pour un as (1964) ; Qu’est-ce qui fait courir les crocodiles ? (1969). Et surtout, en 1965, ce sommet : la Tête du client, avec tout le monde. Poiret, Serrault, Francis Blanche, Darry Cowl, Jean Richard et Sophie Desmarets, romancière foutraque dont le jeu consiste à répéter en aparté face à la caméra : «Exciting !»  Des chefs-d’oeuvre ? Cette hypothèse aurait sans doute fait sourire Poitrenaud. Des films de Noël sans façons mais avec juste ce qu’il faut de folie furieuse ? Plus certainement. 

http://www.liberation.fr/page.php?Article=287845

Le lien du jour : http://www.tvtome.com/

TVTOME Riche base de données sur la TV américaine, on pourrait rêver à un équivalent français, heureusement on peut rajouter des donnés sur IMDB.

DR. KINSEY

Vu ce lundi “Dr. Kinsey” suivi d’un débat avec des sexologues, à l’UGC Cité-Ciné de Bordeaux. La mise en scène de Bill Condon, sans esbroufe reprend les couleurs chaudes des films hollywoodien des années 50. Le docteur Kinsey (magistralement campé par Liam Neeson, crédible à l’âge de 27 ans comme à la fin de sa vie), se sert de son expérience d’entomologiste pour étudier le champ ignoré de la sexualité des Américains. Le film est l’itinéraire d’un pionnier, faisant des erreurs en absence des codes de déontologie, (Il interview son père ultra rigoriste, joué par John Lighgow). Aidé par sa femme, Clara (formidable Laura Linley), Il se sert de lui-même, sans tabous pour essayer de comprendre la nature humaine, en se laissant tenter par la bisexualité avec son assistant Clyde Martin (Peter Sarsgaard, de plus en plus présent sur les écrans), interroger un pédophile, véritable cas clinique, ou se percer le prépuce pour mieux comprendre la douleur. Ce film est aussi une belle histoire d’amour entre Clara et le docteur Kinsey, ce dernier s’humanisant en comprenant la pléthore de comportements sexuels des hommes, bien plus complexe que chez les insectes…

Le vrai Alfred Kinsey

Outre les trois comédiens cités, on retrouve beaucoup d’excellents interprètes : Chris O’Donnel et Timothy Hutton, payant de leurs personnes pour aider le docteur Kinsey, Tim Curry (très drôle) en opposant du docteur Kinsey, et l’indispensable Dylan Baker (très marquant dans le rôle du père pédophile dans “Happiness” de Todd Solondz) en philanthrope. Il faut souligner deux performances, celle de Lynn Redgrave, très émouvante en dernier témoin évoquant la difficulté d’assumer  son lesbianisme dans l’Amérique puritaine, et combien les travaux de Kinsey l’ont aidé et John Lightow (étonnant Blake Edwards dans “Moi, Peter Sellers”, il y a peu), dans le rôle de Alfred Seguine Kinsey drôlatique prêcheur évoquant les méfaits de l’électricité. Il devient bouleversant dans sa scène de confession, lorsqu’il parle de son problème d’onanisme à l’âge de 10 ans, et des méthodes barbares employées pour le guérir de ce “vice”….

LE COIN DU NANAR : PÉDALE DURE

Il y avait cette rubrique dans “50 ans du cinéma américain” de Jean-Pierre Coursodon & Bertrand Tavernier. Le nanar pouvant être plus jubilatoire que quelques classiques, il ne faut pas voir ici, une volonté systématique de dénigrer… Aujourd’hui “Pédale dure”.

   Il faut ici déplorer un nouveau ratage dans la nouvelle mode des fautes suites- à l’exemple de “Jet Set” -, mépris manifeste du public. On imagine aisément les producteurs élaborer ce projet, en pensant que le « greffon » Bertrand Blier pouvait amener du mordant à un projet inconsistant. Mais on est à des années lumière de « Tenue de soirée ». On croit ici ou là retrouver la petite musique de Blier, qui s’auto cite presque comme lee voisin encombrant joué par Victor Garrivier rappelle le personnage joué par Michel Galabru dans  “Notre histoire”, mais il n’en est rien. On en arrive à compatir sur les comédiens (seul Jacques Dutronc, un peu décalé par rapport aux autres amène une atmosphère). Claude Miller avait pour projet dans les années 90, de faire un film sur un scénario original de Bertrand Blier « Le charme des gares » (deux inconnues se rencontrent la nuit), et l’on vient à rêver sur ce film hypothétique, tant l’ennui nous gagne.

Michèle Laroque, Gérard Darmon & Dany Boon

Retour sur Victor Garrivier : On le voyait souvent ces derniers temps : L’homme sacrifié de “Effroyables jardins”,  le maire confronté au retour de ces concitoyens… morts, (il était émouvant dans ce rôle, impuissant devant le retour de sa femme joué par Catherine Samie, sa dernière scène est particulièrement poignante). Il participait a beaucoup de téléfilms depuis le clochard de “L’abonné de la ligne U” où il jouait avec Pierre Dac (Que l’on peut trouver en DVD) à l’avocat Antoine Zelder dans “Avocats et associés” depuis 1998. Très apprécié de Claude Chabrol, il jouait souvent des personnages taiseux ou résignés voire parfois ignobles – Le “Mercaillou” de “Coup de torchon”- .

Victor Garrivier

Peu d’hommages à sa mort en décembre 2004 – sinon le site “club internet télévison” -. Heureusement on peut retrouver le rituel portrait d’Yvan Foucart pour les “gensducinema.com” : Les gens du cinéma

OMAGH

C’est un film poignant (à l’origine un téléfilm selon IMDB), où l’on voit bien le combat d’un père de famille, qui perd son fils le samedi 15 août 1998, dans ville d’Omagh en Irlande du Nord. A 15h10. Michael Gallagher dont la modération et la détermination permettront de mettre en lumière la grande lâcheté des terroristes et surtout la corruption des autorités. Le traitement est le même que pour le film “Bloody sunday” de Peter Greengrass (co-scénariste de ce film), une caméra sur l’épaule et proche des visages, une grisaille déterminée. Mais la grande leçon de Pete Travis, c’est l’empathie qu’il nous donne à partager avec ses personnages. La moindre silhouette existe, il privilégie la direction d’acteur, et Gerard McSorley, qui pourrait être notre voisin, un parent, un collègue est prodigieux d’humanité. Sa figure nous est familière (il était le père de Felicia dans “Le voyage de Felicia” d’Atom Egoyan), ses mots sont posés, sa rage intérieure.

Gerard McSorley

Le problème du rôle médiatique que tient Michael Gallagher au sein de sa famille est aussi subtilement évoqué. De la retenue et de la justesse, et une ôde pour la solidarité. Une leçon de vie. Les médias annoncent en ce moment la mort du pape, respectons bien sûr la souffrance de tous, mais souvenons nous qu’une de ces pièces de jeunesse inspira le film “La boutique de l’orfèvre” en 1988 par Michael Anderson, avec Burt Lancaster. C’était une question que l’on retrouvait souvent dans les jeux pour cinéphiles.

RETOUR SUR BOUDU

“Les médiocres se résignent à la réussite des êtres d’exception. Ils applaudissent les surdoués et les champions. Mais la réussite de l’un des leurs, ça les exaspère… Elle les frappe comme une injustice”. – dialogue de Michel Audiard dit par Michel Serrault dans “Garde à vue” -.

Gérard Jugnot a dû se rabattre sur ce projet proposé par le producteur Jean-Pierre Guérin après le refus d’Albert Uderzo de donner les droits pour “Astérix en Hispanie”. “Boudu sauvé des eaux” est une pièce de théâtre de René Fauchois, (jouée d’ailleurs par Gérard Depardieu, dans un rôle secondaire, en 1968, au théâtre des Capucines, dans une mise en scène de Jean-Laurent Cochet). Pourquoi pas alors, on se souvient d’un autre remake de cette pièce par Paul Mazurski “Le clochard de Berverly Hills” en 1986 avec Richard Dreyfuss, Nick Nolte et Bette Midler… Et comme disait Bernadette Lafont, la chapelle Sixtine est aussi une commande…

Mais on s’inquiète avec la déclaration de Gérard Jugnot sur le film de Renoir dans “Télérama” N°2876 du 26 février :
« Il faut être clair : je n’aurais jamais osé faire un remake de La Règle du jeu ou de La Grande Illusion, mon Renoir préféré. Mais Boudu, c’est un Renoir mineur : je crois savoir que Michel Simon a tout fait ou presque, c’est lui qui a acheté les droits de la pièce et qui a engagé Renoir. Le texte original de René Fauchois est violemment anti-bourgeois. Il date de 1919, règle des comptes avec les planqués de la Grande Guerre ­ c’est le prolétariat qui est allé au casse-pipe, pas la bourgeoisie. Je crois même que la pièce a été censurée. Avec mon scénariste, Philippe Lopes-Curval, on a trouvé amusant de reprendre le thème, mais d’en faire quelque chose de résolument différent. »

… film mineur de Jean Renoir ! “les bras m’en tombent” comme dirait Denis Parent…Ce film reste un chef d’œuvre définitif et libertaire avec un sublime Michel Simon, film qui continue à choquer certaines âmes comme la scène où Boudu essuie ses pieds aux rideaux. J’aime l’univers de Gérard Jugnot, et sa franchise habituelle (il n’aime pas la “Nouvelle vague”, ce qui est son droit), mais là faut pas “déconner”(dans “Studio” il déclare “je n’ai pas voulu revoir le film de Jean Renoir, ni relire la pièce de René Fauchois”…)., dévaluer un film pour légitimer un remake c’est un peu un aveu d’impuissance…

Michel Simon dans “Boudu sauvé des eaux”

Outre les déclarations de Paul Vecchiali contre jugnot il y a aussi la déclaration du CCCP (Comité Contre le Cinéma qui Pue) vu sur le forum de « secondscouteaux.com »

Rappel du texte :

“SAUVONS BOUDU DES EAUX GLACEES DU CALCUL EGOISTE ! Ce soir mardi, une quinzaine d’individus ont lancé une quarantaine de boules puantes lors de l’avant première pour le public du nouveau film de Gérard Jugnot, Boudu. Voici le tract qui a été jeté en pleine séance.

Nous avons entre vingt et trente ans. Nous n’appartenons à aucune organisation autre que celle-ci, créée pour l’occasion. Nous ne sommes pas tous des cinéphiles, mais tous nous connaissons et aimons le Boudu de Jean Renoir et Michel Simon.

Gérard Jugnot a déclaré à Télérama (cette revue pour maisons de retraite) : « Tout le monde est d’accord, Boudu est un Renoir mineur. » Jugnot parle du point de vue de son monde, et en bon bourgeois, il est persuadé que son monde c’est « tout le monde ». Mais le monde de Gérard Jugnot n’est pas le nôtre. Pour nous, Boudu est le plus beau film de Jean Renoir, celui dans lequel s’affirme avec le plus de force son anarchisme. Les films de Renoir sont des films libres, des aventures, des expériences. Et Boudu, joué par Michel Simon, est à l’image de ce cinéma : il ne doit rien à personne et surtout pas à ses bienfaiteurs (bourgeois, ou producteurs de cinéma). Aucun personnage de Renoir n’est allé aussi loin dans l’improvisation, le sans-gêne et le franc-parler. Boudu, plus que la trop sage Grande Illusion (film évidemment préféré de Jugnot), est le film de Renoir le plus personnel et le plus libre.

Que sont Jugnot et Depardieu ? Des « stars ». C’est-à-dire des imbéciles qui font commerce de l’exhibition permanente de leur imbécillité. Des vedettes sans talent, rouées pour la grimace, devant lesquelles s’aplatissent même les hommes politiques. Des amuseurs publics qui n’ont (plus) rien à voir avec ce peuple qu’ils prétendent amuser et qu’ils appellent avec mépris « le public ». Des grands bourgeois crapuleux qui occupent pour leur publicité personnelle toutes les cases que les médias gardent bien chaudes pour eux : plateaux de télévision, émissions de radio, couvertures des magazines, etc. Jugnot et Depardieu sont la honte de notre pays et de notre temps. A Catherine Frot, que nous aimons mieux, nous disons que nous préférons les dilettantes de la sincérité aux professionnelles de la caricature.

Jugnot ne se contente pas de barboter mollement, comme tant d’autres, dans les eaux dégoûtantes des médias de masse. Il fait pire : il pille, par manque total d’imagination, le meilleur du patrimoine cinématographique français pour se faire encore plus d’argent et de publicité personnelle. Il vole le sujet d’un grand film français des années 30 qu’il déformera assez pour en faire un petit produit cynique et irresponsable de plus. Il va trahir impunément Renoir, avec la bénédiction de tous les relais médiatiques possibles. Que peut-il sérieusement faire de l’anarchiste Boudu, lui qui ne sait rien ni de l’anarchie ni de la liberté ? Que peut-il faire de son couple de petits-bourgeois, lui qui est une « star » et qui fait tout pour cacher le scandale que constitue son enrichissement personnel démesuré en tant que « star » ? Jugnot comme Depardieu participent de tout leur être à l’entreprise quotidienne de refoulement des rapports sociaux en France. TF1, la Française des Jeux, les J.O. de 2012, Jugnot : même combat, c’est-à-dire même gaspillage, même abrutissement et pillage organisés du peuple français.

Aujourd’hui, ces pourris s’en prennent à notre cher Boudu. Aujourd’hui, ils transforment les salles de cinéma en intérieurs bourgeois où tout est en ordre et chacun bien à sa place : les spectateurs sommés d’applaudir les cabotins ridicules et vaniteux venus se foutre d’eux, une fois de plus. En réponse, nous sommes tous des Boudu, et ce soir nous salissons, nous empuantons, enfin nous gâchons le spectacle. En hommage à Michel Simon et à Jean Renoir.

CCCP (Comité Contre le Cinéma qui Pue)”

Source :
http://paris.indymedia.org/article.php3?id_article=33549

Gérard Depardieu & Gérard Jugnot, remake de “Tenue de soirée” ?, non remake de “Boudu”.

Même si cet acte libertaire peut sembler amusant,  Gérard Jugnot ne mérite pourtant pas cet excès d’indignités et de foudres. Sans doute le succès des choristes agace, mais cette haine peut sembler disproportionné. L’oeuvre de Gérard Jugnot est cohérente, et colle en général à l’air du temps. Il amène souvent une grande humanité à ses personnages, même si cette fois il a raté sa cible. Si on lit complètement son article sur Télérama : Taper “Gérard Jugnot” sur “rechercher un article” via le lien : http://www.telerama.fr/
on voit bien son amour pour le cinéma et la manière dont il parle de Noël-Noël, Robert Dhéry ou d’Yves Robert, personnalités qui n’ont pas la reconnaissance méritée.  C’est d’autant plus qu’honorable que bien des metteurs en scène aiment à faire table rase du passé”.


Pour le film en lui même, on essaie d’abord de voir le film en essayant de ne plus penser au Boudu original. Mais la mise en scène est assez statique, et les décors sont particulièrement pesants. Seuls Catherine Frot et Jean-Paul Rouve (en digne successeur d’un Robert Le Vigan) semblent tirer leurs épingles du jeu. Les seconds rôles sont d’ailleurs distribués sans imagination (Hubert Saint-Macary en psy, Serge Riaboukine en râleur chronique, Bonnafet Tabouriech en méridional de service, etc…). Certaines répliques font mouches, et l’allusion au scooter – prononcez “scotaire” – que veut Boudu est amusante (Depardieu ayant effectué sa traditionnelle cascade en moto faisant frémir les assurances, mais grand seigneur il a terminé le film malgré son accident). Notre Gégé revient en force ces derniers temps, mais pas sur ce film, il semble assurer ici “le service minimum” (il demeure malgré tout un formidable comédien, mais semble ici trop désinvolte). Et le “Boudu” de Renoir nous tire par la manche pour nous rappeler à son bon souvenir. Un film “mineur” dans la filmo de Gérard Jugnot.

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Michel Grisolia

 

Michel Grisolia, romancier et scénariste est mort ce 29 mars 2005. Il tenait d’excellentes chroniques sur le magazine “Première” dans les années 80.

Articles :

Carnet : L’écrivain et scénariste
Michel Grisolia est mort

Auteur d’une trentaine d’ouvrages dont beaucoup de romans policiers souvent adaptés au cinéma, ancien collaborateur de l’Obs, il est décédé mardi à 56 ans.

L’écrivain et scénariste Michel Grisolia, connu notamment pour ses romans policiers et leur adaptation au cinéma (dont “Flic et voyou”  est décédé mardi à l’âge de 56 ans des suites d’un accident vasculaire cérébral, a annoncé mercredi 30 mars son entourage professionnel.
Michel Grisolia est l’auteur d’une trentaine d’ouvrages dont beaucoup de romans policiers.
Sa culture cinématographique lui a valu de collaborer au Nouvel Observateur et à L’Événement du Jeudi pour assurer la chronique des films.
Son premier livre publié en 1977, “L’inspecteur de la mer”, avait donné naissance à un classique du cinéma populaire avec son adaptation par Georges Lautner sous le titre “Flic ou voyou” en 1979.
Michel Grisolia avait de même participé à l’adaptation cinématographique de son roman “Le choix des armes”, publié en 1981 et porté à l’écran la même année par Alain Corneau.
Il avait créé des personnages, comme la détective Hélène Franck, à la tête de sa société SOS disparus, qu’il avait fait vivre dans une série de livres à partir de “L’homme aux yeux tristes” (1986).

Maigret : Michel Grisolia avait d’ailleurs participé en 1988 à l’adaptation de cette série à la télévision (“SOS disparus” . Il a également écrit ou co-écrit pour la télévision plusieurs “Maigret”, de 2000 à 2003.
Ses romans “Les soeurs du Nord” (Grand prix du roman d’aventures) et “650 calories pour mourir” avaient également été adaptés pour des téléfilms signés respectivement Joël Santoni (1987) et Marc Lobet (1988).
Au cinéma, Michel Grisolia a participé au dialogue ou au scenario de nombreux films, dont “Sang Neuf” de Regis Wargnier (2000), “J’embrasse pas” (1990) co-écrit avec André Téchiné et Jacques Nolot, “L’Etoile du Nord” de Pierre Granier-Deferre (1982) ou “Je vous aime” de Claude Berri (1980). Il a noué également une longue collaboration avec le réalisateur Francis Girod (“Passage à l’acte” en 1995, “Délit mineur” en 1993, “Le grand frère” en 1982).
Michel Grisolia a également été coparolier pour Marie-Paule Belle, Régine et Demis Roussos. Il était enfin critique littéraire à L’Express.

  

Source : http://permanent.nouvelobs.com/culture/20050330.OBS2581.html

Michel Grisolia

LE MONDE | 31.03.05 | 14h46  •  Mis à jour le 31.03.05 | 14h51 par Jean-Luc Douin

L’écrivain et scénariste Michel Grisolia est mort, mardi 29 mars, à Paris, des suites d’un accident vasculaire cérébral. Il était âgé de 56 ans.

  

Jean-Luc Douin

Article paru dans l’édition du 01.04.05

Source : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3382,36-633847,0.html

CV joint trouvé sur www.artmedia.fr/

Michel Grisolia

Scénariste / Auteur Cinéma :

 

Long métrage
2000 LA SOUTANE TURQUOISE de Jean-Pierre MOCKY (non tourné )
2000 SANG NEUF de Régis WARGNIER (non tourné )

1999 LA FAUTE À DEGUN (non tourné )
Idée originale François THOMAZEAU
1996 VIDANGE de Jean-Pierre MOCKY
1996 A TRAVERS LA NUIT de Gaël MOREL (non tourné )
Idée originale de Gaël MOREL
1995 PASSAGE À L’ACTE de Francis GIROD
Co-écrit avec Gérard MILLER
1993 DÉLIT MINEUR de Francis GIROD
1990 J’EMBRASSE PAS de André TECHINE
Co-écrit avec André TECHINE et Jacques NOLOT
1982 L’ÉTOILE DU NORD de Pierre GRANIER-DEFERRE
Co-écrit avec Jean AURENCHE
1982 LE GRAND FRÈRE de Francis GIROD
1981 LE CHOIX DES ARMES
Co-écrit avec Alain CORNEAU
1980 JE VOUS AIME de Claude BERRI
1979 FLIC OU VOYOU de Georges LAUTNER
D’après son roman “Inspecteur de la mer”                                                                        

Affiche du film de J.P. Mocky ” Vidange” en 1996

Auteur Télévision :                                                                                                                      

Série Télévisée
2003 MAIGRET (Episode) “LES SCUPULES DE MAIGRET” FRANCE 2
Co-écrit avec Pierre GRANIER-DEFERRE
2002 MAIGRET (Episode) “MAIGRET EN MEUBLE” de Laurent HEYNEMANN FRANCE 2
2001 MAIGRET (Episode) “MAIGRET À L’ÉCOLE”
2001 MAIGRET (Episode) “MAIGRET ET LES VIEILLARDS”
2000 MAIGRET (Episode) “MAIGRET ET LA FENÊTRE OUVERTE de Pierre GRANIER-DEFERRE
2000 “MAIGRET ET LE FOU DE ST MARGUERITE”
1988 SOS DISPARUS de Michel FAVART, Pierre BOUTRON
Maurice FRYDLAND, Daniel LOSSET
D’après les personnages et les romans de Michel GRISOLIA
6X50 Minutes
1988 IMOGÈNE (Episode) “IMOGÈNE, VOUS ÊTES IMPOSSIBLE” de François LETERRIER
Co-écrit avec Martin LAMOTTE
D’après le roman de Charles EXBRAYAT

Téléfilms
2003 POUR LE MEILLEUR ET POUR LE PIRE
1999 PREMIÈRES NEIGES
Tétra Média Films
1993 LA RÈGLE DU SILENCE de Marc RIVIERE
1988 650 CALORIES POUR MOURIR de Marc LOBET
D’après le roman de Michel GRISOLIA
1988 HISTOIRES D’OMBRES de Denys GRANIER-DEFERRE
Co-écrit avec Yves STRAVIDES
D’après le roman de Hervé JAOUEN
1987 LES SOEURS DU NORD de Joël SANTONI
D’après le roman de Michel GRISOLIA

Auteur Littérature
2000 L’HEURE D’HIVER Edit. Albin Michel
Roman noir
1999 LES JARDINS DU TIGRE Edit. Albin Michel
1999 JULIETTE GRÉCO
1997 L’APÔTRE DES INDES Edit. Bayard
1997 L’ÉTÉ ROUGE Edit. Hachette
Roman pour la jeunesse
1995 L’EXCELSIOR Edit. Flammarion
1995 LA PETITE AMIE DU CRIME Edit. du Masque Nouvelles
1994 DÉLIT MINEUR Edit. Jean-Claude LATTES
1994 LA MAISON MÈRE Edit. Editions du Masque
1994 LA PETITE AFRIQUE Edit. Balland (Réédition)
1993 LA JUSTICE DE L’ABBÉ MOISAN Edit. Jean-Claude Lattès
1992 LES SECONDS RÔLES Edit. Flammarion Nouvelles
1991 LE MYSTÈRE DE L’ABBÉ MOISAN Edit. Jean-Claude Lattès
1990 L’AMOUR NOIR Edit. Flammarion
1988 NOCTURNES EN MINEUR Edit. du Masque
1988 COUP DE FEU DANS LA NUIT Edit. Bayard Presse
Roman pour enfants
1987 LA PROMENADE DES ANGLAISES Edit. du Masque
1987 650 CALORIES POUR MOURIR Edit. du Masque
1987 QUESTION DE BRUIT OU DE MORT Edit. du Masque
1986 LA CHAISE BLANCHE Edit. Jean-Claude Lattès
Prix Roland Dorgelès
1986 LES SOEURS DU NORD Edit. du Masque
Grand Prix du roman d’Aventure
1986 LA MADONE NOIRE Edit. du Masque
1986 L’HOMME AUX YEUX TRISTES Edit. du Masque
1984 L’HOMME DEVANT LE SQUARE Edit. Jean-Claude Lattès
Prix littéraire Nouvelles
1983 LES GUETTEURS Edit. Jean-Claude Lattès
1983 LA PETITE AFRIQUE Edit. L’instant romanesque
1981 LE CHOIX DES ARMES Edit. Hachette
1980 HAUTE MER Edit. Jean-Claude Lattès
1978 BARBARIE COAST Edit. Jean-Claude Lattès
1977 INSPECTEUR DE LA MER Edit. Jean-Claude Lattès

Comme acteur : “Vivement dimanche !” (François Truffaut, 1982) & “Le bon plaisir” (Francis Girod, 1983)

Né le 12 août 1948 à Nice, Michel Grisolia avait été critique de cinéma au Nouvel Observateur de 1975 à 1979, puis à L’Express depuis 1994. Il avait signé des articles pour la revue de la Fédération des ciné-clubs cinéma, La Nouvelle Revue française, Positif, Le Nouveau Cinémonde, Les Lettres françaises, Mystère Magazine et L’Evénement du jeudi.

Parolier de la chanteuse Marie-Paule Belle (à laquelle il avait consacré un livre chez Seghers, en collaboration avec Françoise Mallet-Joris), mais également de Régine, Fabienne Thibault et Demis Roussos, il avait adapté plusieurs “Maigret” pour la télévision, et cosigné les scénarios et dialogues de films de Claude Berri (Je vous aime), Pierre Granier-Deferre (L’Etoile du Nord, d’après Simenon, dont il était grand connaisseur), André Téchiné (J’embrasse pas), Régis Wargnier (Sang neuf), Fran-cis Girod (Le Grand Frère, Délit mineur, Passage à l’acte).

Romancier, Michel Grisolia avait lui-même adapté certains de ses titres : Le Choix des armes pour Alain Corneau, Les Soeurs du Nord pour Joël Santoni, ainsi que L’Homme aux yeux tristes, dont le personnage principal, la détective Hélène Franck, était devenue l’héroïne d’une série télévisée, SOS disparus. Son premier roman, L’Inspecteur de la mer (1977), était devenu Flic ou voyou devant la caméra de Georges Lautner, avec Jean-Paul Belmondo.

 FILMS D’AUTEUR ET NANARS

Styliste mordant et doté d’un humour narquois, ami fidèle et doté d’une vaste culture, féru de films d’auteur comme de nanars dont il savourait le second degré, Michel Grisolia, dit Grigri, avait publié une trentaine d’ouvrages, essentiellement policiers. Dès L’Inspecteur de la mer, situé dans sa ville natale, aux relents glauques, bientôt suivi par Barbarie Coast et par Haute Mer, ce représentant de la littérature populaire la plus noble imposait sa science de l’intrigue venimeuse, ses dons d’observation caustique, son goût pour les cadavres exquis.

“Pas loin d’Eugène Sue, tout près de Gustave Lerouge”, écrivait Pierre Ajame en 1977, Michel Grisolia arrachait les fleurs d’un mal nommé fric, corruption. Les noms de James Hadley Chase ou de John Updike étaient cités dans les comptes rendus de ses divertissements voués au crime et au mystère. Georges Conchon honora en son temps le talent de ce malicieux misanthrope qui savait être à la fois “un raconteur pervers d’histoires” et un “écrivain”.

LE COIN DU NANAR : L’ANTIDOTE

 

Vu “L’antidote” (…pas à la morosité en tout cas) de Vincent de Brus, comédie assez laborieuse, qui mériterait que l’on jette un voile pudique sans une galerie d’excellents interprètes : L’angoisse terrible c’est d’avoir comme moi ce jour, une voisine de salle qui avec son rire communicatif,  – à contre temps et dans des scènes assez lourdes, style “la bourse et la gaule” -, vous range dans la case des coincés du bulbe du genre “c’est moi ou c’est vraiment drôle…”. . On guette malgré soi “la mort au travail” comme disait Jean Cocteau, chez Villeret, dans un numéro où il excelle, Clavier tient son rôle honorablement sauf quand il bafouille à la “Pierre Repp”. Agnès Soral pète le feu en bourgeoise un peu fofolle.

Panorama des seconds rôles :

– François Levantal dans “L’antidote” il joue le bras droit probe et rigolard (n’omettant pas de jeter un coup d’oeil sur le décoletté d’Alexandra Lamy. Il fait preuve d’un bel abatage

– Alexandra Lamy, mieux servie que dans “Brice de Nice” – prononcez “Braïce de Naïce” –

– L’excellent Éric Prat en traître de service, sans cesse rabroué par Clavier car il n’est pas assez obséquieux

– Annie Grégorio, la voisine “popu” de Villeret, cuisinant gras et ne comprenant rien (chapeau pas à cette comédienne pour tirer des rires avec un rôle pareil).

– Dominic Gould, en souvenir de “Monsieur” le film Jean-Philippe Toussaint

– Gérard Chaillou, en professeur (il tient ce rôle également dans “Mon petit doigt m’a dit”, un futur emploi

– Pierre Vernier en doyen du conseil d’administration, c’est le sage mais que Clavier manipule facilement.

– Bernard Dhéran, en père d’Agnès Soral (il le jouait également dans une sitcome “Blague à part” sur canal +, original et assez jubilatoire.

– Warren Zavatta en vigile qui s’efforce d’embrouiller André (Villeret)

– François Morel est formidable en associé sournois, de même Judith Magre dans le rôle de la mère de Clavier, mais Daniel Russo est sous exploité comme d’habitude…

Christian Clavier et Jacques Villeret

. C’est aussi le dernier rôle pour Jacques Dynam , il joue le propriétaire de l’usine de jouets, et patron de Villeret, on ne le voit que dans 2 scènes (et dans la seconde il est dans le flou !). C’est dommage pour ce si symphatique comédien dont le générique du film salue la mémoire…

C’était un comédien attachant, truculent, il fallait le voir filliforme dans “Millionnaires d’un jour” (1949) où il jouait un médecin timide. De l’adjoint malmené de Louis de Funès dans la série des “Fantômas”, – version Hunebelle -,  à la voix française de Jerry Lewis !, c’était une figure populaire, souvent partenaire de Michel Serrault, on pouvait le retrouver en ouvrier typographe dans “Les enfants du marais”, homme d’affaire roublard dans “L’associé” ou noble dans le remake de “Fanfan la tulipe”, ou flic fatigué à la télé dans la série “Crimes en série” avec Pascal Légitimus… Un indispensable…

  Jacques Dynam

Il a fait beaucoup de doublage ( la voix de Jerry Lewis, ce n’était pourtant pas le même gabarit ! ) confère La gazette du doublage. On peut retrouver un excellent portrait signé par Yvan Foucart (auteur du formidable livre “dictionnaire des acteurs disparus”, avec lequel je corresponds souvent dans le site wwww.lesgensducinéma.com à l’adresse :  Les gens du cinéma.

ÉROS THERAPIE

Moins abouti que “Borderline” (un des meilleurs films des années 90), “Le journal d’un séducteur” ou “L’examen de minuit” on se régale à retrouver l’univers de Danièle Dubroux, dans ce film à la sortie tardive (tourné en 2002), dont l’ancien titre était “Je suis votre homme” (au marché du film de Berlin). C’est une comédie psychanalytique, la réalisatrice se délecte à analyser les frustrations et les petits arrangements que l’on peut avoir avec ses fantasmes. C’est l’occasion d’analyser la perte d’identité des hommes devant l’émancipation des femmes et le marasme occasionné sur un ton sarcastique. La critique est acide sur le milieu de la critique ou sur la comédie des faux semblants, le ton est alerte.

Le film doit beaucoup à la pléiade d’excellents comédiens : François Berléand joue tout en finesse un personnage déboussolé, Catherine Frot subtile, en recherche d’identité sexuelle, Isabelle Carré en critique pure et dure, le “Ruizien” Melvil Poupaud, Claire Nebout en maîtresse femme, Hubert Saint-Macary en curé déjanté dans un rôle hélas trop bref, il était formidable déjà en psy dans “Le journal d’un séducteur”, Marc Andréoni en écrivain marginal, Eva Ionesco décalée, Julie Depardieu en psy inhabituelle, et Emmanuelle Riva … à la gâchette facile.

Catherine Frot & François Berléand

C’est aussi la dernière apparition de Jacques François au cinéma, il est éblouissant dans le rôle du père de Catherine Frot, dépassé par l’homosexualité tardive de sa fille, et de voir que son beau-fils vit dans le garage ! Il faut le voir déclarer “Quelle époque !”, le film lui est dédié. Même s’il manque au film un rythme haletant, c’est un film dont l’originalité surprend.

PAUL VECCHIALI : POURQUOI EST-T’IL SI MÉCHANT ?

Photo de Paul Vecchiali par Oliver Roller

Bon ce n’est pas Maurice Lamy dans la publicité d’Orangina rouge, mais il ne faut pas l’énerver : L’analyse du cinéaste Paul Vecchiali, une liberté de ton (polémique) assez rare pour être signalée :

LIBÉRATION

Week-end : La profession du cinéma a politisé le vote, mais multiplié les injustices.
Césars, tu me fends le coeur par Paul Vecchiali samedi 05 mars 2005

Paul Vecchiali cinéaste.

Convivial ne veut pas dire consensuel ! Si le vote, cette année, a été politique, faut-il s’en réjouir ? Ou bien doit-on constater que le dernier maillon ( le faible ? ) est tombé ? Celui du coeur ou de l’enthousiasme spontané. De tout temps, il y avait cette règle : le nombre d’entrées (parisiennes, cela va de soi) a régi les votes. Au moins, c’était clair. Cependant, une politique mal comprise n’est-elle pas pire qu’une politique injuste ?

Renvoyer les Choristes au solfège peut sembler une attitude noble de la part de la «Profession» : film racoleur ­ qui a dit «sombre merde» ? ­ plus sombre que merdeux, appel (discret) à la délation et au masochisme ( ce qui aurait pu être intéressant, sans le vernis de la démagogie ), avec un Jugnot dévitalisé ( pour faire sobre ? ) aux côtés d’un Berléand délirant, toujours aussi peu charismatique ( qui nous délivrera ? ). Ignorer ou presque ce (trop) Long dimanche de fiançailles, débordé par les effets spéciaux (prière de revoir les Croix de bois de Raymond Bernard, 1932 !), reste salutaire : voir les attendus précédents sur ce film «français».

Au profit de quoi cette charge «émotionnelle» a priori salubre ? Quand la mer monte ? Oui, bon, c’est mignon et sympathique… Quant à l’autre, accablé d’honneurs, cette Esquive chanceuse, je ne vois qu’une démagogie maladive pour distinguer ce film formaté ( à l’envers, mais formaté quand même ) et récompenser cette jeune actrice qui cabotine en éventail, fausse beurette, jolie mais disgracieuse, investie mais incontrôlée, ce n’est pas rendre service à une débutante dont le talent pourrait se révéler ailleurs, et plus justement.

Et puis, les «oubliés»… Je ne comprends pas, mais pas du tout alors, puisqu’il s’agissait cette année de revenir aux «petits films», soit donc aux films d’auteur, l’absence aux nommés de bijoux tels que l’Equipier, Malabar Princess, Wild Side, entre autres, ni encore moins que Grégory Dérangère, indiscutable (mais le dialogue reste ouvert) prince de nos comédiens, notre Cary Grant, ait été éliminé au profit du baba cool Torreton qui joue tout de la même façon ( dialectique, connais pas ! ) Pas davantage, je ne comprends qu’on ait zappé le très fin et très rusé Edouard Baer, si personnel, évitant les excès avec une maestria redoutable, peut-être alors trop élégant ?

Question de goût ? Justement ! De goût sans préméditation, sans volonté politique, cette politique qui a poussé le festival de Cannes à récompenser l’ignoble film de Michaël Moore…

Et cette cérémonie ringardissime censée nous restituer la grande Adjani, revenue sur terre pour l’occasion, soeur jumelle de Monica Bellucci drivée par «Gag» Elmaleh, plus patate qu’épatant cette année ( ce n’est pas de sa faute car il reste classieux, même dans le pire ), cérémonie essoufflée, pataugeante ! Où l’on pousse au crime de la vulgarité pour tenter d’éviter l’ennui. Toutefois, l’ennui demeure et la vulgarité fait couche…

Petite remarque en forme d’info : c’est la troisième année, et non la première, que se pratiquent les livraisons de DVD aux votants.

Pour terminer par ce qui me semble le plus grave : plus d’hommages aux disparus. On le sait, la mémoire s’efface. Pourtant, dans un système où la hiérarchie ( amour, gloire et beauté ) est la base industrielle de cette Profession, le seul moment d’égalité est bien celui-là. La mort nivelle tout et permet la re-connaissance… Faut-il perdre même ça ?

De la part d’un votant qui se flatte de n’être pas juge et parti !

Il y a un excellent portrait de lui dans Télérama N°2880, du 26 mars 2005. A l’image du film “Corps à coeur”, il aurait pût très bien être un cinéaste populaire.

François Berléand que je connais un peu, y voit de l’aigreur (je l’avais informé de cet article rageur). C’est vrai qu’il peine d’ailleurs son film “A vot’ bon coeur” diffusé pourtant à la “quinzaine” à Cannes en mai 2005. On attend d’ailleurs son dictionnaire des cinéastes français des années 30. 

Mais on ne peut lui donner tort sur tout : 

Pour les “Césars” : Il a toujours un problème avec les disparus de l’année dans cérémonie inventée par Georges Cravenne. On a vu cette année des noms apparaîtrent de manière presque subliminale avec une photo de plus pour Jacques Villeret, c’est peu ( un Robert Dhéry méritait un hommage particulier par exemple ) et surtout illisible. C’est donc avec beaucoup d’émotions que l’on a retrouvé l’hommage au producteur Humbert Balsan par Gilles Porte & Yolande Moreau.

Cette manière de faire me semble indigne de cette institution, c’est peut-être une manière d’éviter de renouveler les gaffes de ces dernières années comme confondre le cinéaste Jacques Richard avec le comédien homonyme, ( la mère du cinéaste avait eu un choc de voir l’annonce de son fils mort ! )… ou de parler de la disparition de Marty Feldman 15 ans après !, (je ne sais plus quelle année). Très souvent du parfait n’importe quoi , sans parler des rituelles omissions chaque année .

Il y a un site de cinéma qui rend hommage aux comédiens décédés Les gens du cinéma grâce aux portraits d’Yvan Foucart ( citons dernièrement Henri Poirier, Henri Marteau, Roger Ibanez, Simone Simon, Pierre Trabaud, etc… ) La cérémonie des Molière est elle beaucoup plus chaleureuse et rigoureuse à ce sujet.

Il a raison d’évoquer le comédien Grégori Dérangère : Par les hasards de la vie , j’avais assisté à quelques jours du tournage ( sur Bordeaux ) du film de Jean-Paul Rappeneau en 2002 “Bon voyage”. J’étais dans un coin lors de la scène au jardin public où Frédéric Auger ( Derangère ), cinglant lance à Viviane Danvers (Isabelle Adjani) qu’elle terminera seule à se regarder dans la glace ( réplique assez terrible finalement ). Le comédien m’avait impressionné par son intensité. Je le lui avais dit lors d’une avant-première de “L’équipage” où il était avec Philippe Lioret et la délicieuse Anne Consigny. Il m’avait donné son état civil pour que je fasse une fiche ( avec une photo de Philippe Schroeder ) sur le site des “gens…” :Les gens du cinéma .  Modeste, ce comédien (excellent dans “30 ans” de Laurent Perrin) est bien comme le disait Jean-Paul Rappeneau, l’équivalent français de James Stewart.