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LA MÔME

Avant-première lundi 5 février, à l’UGC-Cité Ciné Bordeaux, du film d’Olivier Dahan, “La môme” en présence de Marion Cotillard et Pascal Greggory. Les plus avisés étaient ceux qui avaient réservé tôt, les deux plus grandes salles du lieu, étant archi-comble, et plusieurs spectateurs se sont vus refuser l’entrée. Il est vrai que l’attente était forte, et les 7 minutes du film diffusées dans l’émission “+ Clair”  étaient du meilleur présage. On ressort du film le ventre noué par l’émotion, l’accueil du public fut d’une chaleur exceptionnel avec une longue standing ovation ce qui était le minimum vu la reconnaissance du public. Jetons un voile pudique sur “Édith et Marcel”, réalisé en 1982, avec Évelyne Bouix dans le rôle d’Édith Piaf – mais il est vrai que la mort de Patrick Dewaere avait obligé son réalisateur Claude Lelouch de rajouter d’autres histoires satellites -, mais nos amis masochistes se régaleront car il est rediffusé sur France 2 ce mardi… 13 ! – ce qui devrait convenir à son superstitieux réalisateur -. Il y eut un autre film, en 1973, “Piaf” réalisé par Guy Casaril, avec Brigitte Ariel, mais le film semble être rarement diffusé. Si vous entendez à Bordeaux, un couillon qui s’englue dans des digressions interminables quand il prend la parole, ne cherchez plus c’est moi… J’ai sorti mon petit compliment, étant d’autant plus reconnaissant qu’elle avait traversé de manière lumineuse un tragique nanar, avec le monolithique Russel Crowe, et le comédien français qui visiblement tente n’importe quoi pour avoir sa page dans le site “Nanarland”, c’est Didier Bourdon, dans “Une grande année” de Ridley Scott en petite forme. J’ai donc débité l’observation suivante. J’avais vu, il y a peu, un drôle de petit film, “Étoiles sans lumière”, amusant petit film avec Edith Piaf, son protégé Yves Montand – période “Les portes de la nuit” donc pas vraiment inspiré -, Serge Reggiani et Jules Berry. Loin d’être déshonorant on retrouvait une Edith Piaf, avec une aura incroyable, un côté espiègle, loin des dernières images que l’on pouvait avoir de la chanteuse réaliste, tout de noir vêtu. Je l’ai retrouvé incroyablement dans ce film d’Olivier Dahan, et Marion Cotillard, je ne l’ai pas vue. Sa performance est proprement sidérante. Attitudes, gestes, regards : on est à plusieurs reprises saisi par l’intensité de son jeu. Elle transcende le maquillage, de par sa manière de se tenir, d’arriver à nous figurer les 1m47 de la célèbre interprète. A aucun moment, par un détail du grimage, ou de son jeu, on songe à chercher une trace de son travail. C’est une évidence absolue, Marion Cotillard fait plus qu’incarner Piaf, elle EST Piaf. Qu’elle figure sa prime jeunesse, ou son corps meurtri de vieillarde, alors qu’elle n’avait que 47 ans, elle a trouvé le charisme de son personnage, ses petits côtés cyclothymiques, passant avec fulgurance dans la gamme des émotions de son personnage.

Marion Cotillard

Même les plus jeunes spectateurs méconnaissant le parcours de la “Môme” étaient sensibles par l’incroyable performance de la comédienne. Interrogée sur son travail, Marion Cotillard a brillamment répondu, loin de répéter les postures et le phrasé, elle a préféré s’immerger dans la vie de Piaf, pour mieux restituer son personnage au moment du tournage. Elle racontait avoir eu du mal à se détacher du personnage, elle citait le témoignage de l’excellent Thierry Frémont, qui témoignait à la télévision, sur les mimiques qui lui revenait de son personnage de Francis Heaulmes, elle s’apprêtait alors de partir sur le tournage à Prague et confiait qu’elle avait ainsi appréhendé cette difficulté. Avec beaucoup de subtilité, elle témoignait des scènes tournées dans l’Olympia, avec quelques familiers de la chanteuse, venu la retrouver. Elle nous racontait sa petite défiance au départ, alors que son metteur en scène ne voyait qu’elle dans ce rôle. Elle probante jusque dans les scènes de play-back – “casse-gueules” par excellence -, elle nous fait retrouver l’univers et la force de son personnage. C’est du grand art, on ne voit personne d’autre désormais pour rééditer cet exploit. Olivier Dahan qui avait déjà montré qu’il avait un univers, mais peut être un manque d’ “affect” dans ses films, le plus intéressant me semblant être “La vie promise” avec Isabelle Huppert. Il était difficile d’évoquer l’incroyable vie, le metteur en scène a supprimé 100 pages de son scénario. Il évite les morceaux de bravoures, à la Lelouch, pour aller dans l’émotion, le récit d’une femme qui brûle sa vie, certes, mais vit pour son art.  On la découvre de son enfance meurtrie à son agonie, il y a deux nombreuses scènes touchées par la grâce comme celle où sur une plage elle répond à une journaliste, ou ses rencontres avec ses grandes chansons, comme sa manière de revenir à la vie par celles de Charles Dumont ou Michel Emmer. Le réalisateur fait des allers-retours entre les différents moments de la vie d’Edith Piaf, évoquant son parcours comme des rêves dans un sommeil agité, pour mieux entrer dans la psychologie de son héroïne. Prenons l’exemple de l’annonce de Marcel Cerdan, qui nous avait valu un formidable moment d’un grotesque achevé chez Lelouch, Edith Piaf prépare le petit déjeuner pour son amant, étonnée de voir les mines pathétiques de son entourage, elle occulte son absence pour être percutée par la terrible vérité de la découverte de sa mort  dans le crash de son avion. S’il respecte les grandes lignes de sa vie, c’est aussi pour privilégier certains aspects méconnus, – il pioche dans son répertoire avec quelques-uns unes de ses chansons moins célèbres.

Marion Cotillard & Pascal Greggory

Il évoque ainsi dans un article de journal Paul Meurisse, ou Yves Montand dans une conversation, sans tomber dans l’écueil d’une sorte de musée Grévin mobile, ne nous donnant qu’une apparition de Marlene Dietrich campée avec conviction par Caroline Sihol. Au-delà de l’incroyable performance de Marion Cotillard, il y a une formidable distribution, de Sylvie Testud en Mômone garçonne, amie jalouse d’Édith, Emmanuelle Seigner dans le rôle d’une prostituée maternelle – seul personnage inventé selon Pascal Greggory -, Marc Barbé dans le rôle de Raymond Asso – pour la petite histoire, il était le frère du comédien Pierre Asso -, parolier Pygmalion, Jean-Paul Rouve en père bourru et contorsionniste, Marie-Armelle Deguy dans le rôle de Marguerite Monnot, la fidèle pianiste, Jean-Pierre Martins – qui a fait un régime draconien – nous fait oublier la prestation de Marcel Cerdan junior, chez Lelouch, André Penvern en jovial Jacques Canetti ou Jean-Paul Muel en débonnaire Bruno Coquatrix, sans oublier Catherine Allégret et Clotilde Coureau en figures maternelles revêches. Même Gérard Depardieu en Louis Leplée, l’homme qui donna sa chance – et son nom – à la “Môme”, a l’air d’y croire, et est – pour une fois – au meilleur de sa forme. Nous avions la chance aussi d’avoir le témoignage de Pascal Greggory, prodigieux dans son rôle de Louis Barrier. Il joue le manager qui supporte tous les caprices de la star, mais que l’on devine amoureux transi. Dans son silence respectueux, comme dans son côté respectueux son talent éclate avec justesse. Il avouait être content d’avoir à jouer pour une fois un personnage positif. Il avait déjà eu Olivier Dahan comme réalisateur pour “La vie promise” et au courant du projet a demandé à y figurer. Il a parlé également de son travail de comédien, de sa manière de se servir de ses émotions et son vécu, et paraphrasant Samuel Beckett, il disait que tout le monde en fait né acteur, mais seuls quelques-uns uns le restent.  Les “biopics” ne donnent que très rarement de bons films, le résultat est formidable. Sans le jeu de Marion Cotillard ce film était une pure réussite, grâce à elle c’est un joyau. Un film inoubliable, à voir absolument.

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Giselle Pascal

Annonce de la mort de la comédienne Giselle Pascal – et non Gisèle -, décédée à Nîmes à l’âge de 83 ans. L’agence de manière un peu condescendante déclare “Elle se fit connaître comme fiancée du prince Rainier de Monaco mais sa filmographie compte peu d’oeuvres marquantes”. Elle était pourtant une des plus grandes vedettes françaises, souvent associée à son époux Raymond Pellegrin, depuis 51 ans. Ils furent partenaires sur 4 films et au moins un téléfilm. Mais il est vrai que le cinéma est parfois ingrat avec ses vedettes, comme dans le film “Les compères” (1983) de Francis Veber, où elle figurait la mère du personnage joué par Anny Duperey, elle ne figurait plus qu’au générique de fin, par liste alphabétique. Andrzej Zulawski avait proposé à cette sympathique comédienne un curieux contre-emploi en personnage revêche qui accueille Valérie Kaprisky dans un studio photo dans “La femme publique” en 1983 également. Elle instille le malaise qui va continuer avec le personnage du photographe joué par Roger Dumas, interpellé par la grande sensualité de la jeune femme. Yvan Foucart lui avait rendu un superbe hommage pour le site des “Gens du cinéma”, nous démontrant qu’elle valait mieux que quelques lignes au sujet de sa mort dans une dépêche.

Dans “Les cinq dernières minutes”, épisode “Un cœur sur mesure”

Filmographie : 1941  Les deux timides (Yves Allégret) – L’Arlésienne (Marc Allégret) – 1942   La belle aventure (Marc Allégret) – La vie de bohème (Marcel L’Herbier) – 1944   Lunegarde (Marc Allégret) – 1943  Madame et son flirt (Jean de Marguenat) – Les J 3 (Roger Richebé) – 1946   Tombé du ciel (Emile-Edwin Reinert) – Amours, délices et orgues (André Berthomieu) – Dernier refuge (Marc Maurette) – 1947   Après l’amour (Maurice Tourneur) – Mademoiselle s’amuse (Jean Boyer) – 1949  La femme nue (André Berthomieu) – La petite chocolatière (André Berthomieu) – Véronique (Robert Vernay) – 1950   Bel amour / Le calvaire d’une mère (François Campaux) – 1952  Horizons sans fin (Jean Dréville) – 1953 Si Versailles m’était conté (Sacha Guitry) – Boum sur Paris (Maurice de Canonge, cameo) – 1954  Marchandes d’illusions (Raoul André) – Le feu dans la peau (Marcel Blistène) – 1955   La madone des sleepings (Henri Diamant-Berger) – Mademoiselle de Paris (Walter Kapps) – Si Paris nous était conté (Sacha Guitry) – Pitié pour les vamps (Jean Josipovici) – 1957  Sylviane de mes nuits (Marcel Blistène) – 1958   Ça n’arrive qu’aux vivants (Tony Saytor) – 1961   Seul… à corps perdu (Jean Maley & Raymond Bailly) – 1962  Le masque de fer (Henri Decoin) – 1968  La promesse / L’échelle blanche (Paul Feyder & Robert Freeman) – 1969   Un caso di conscienza (Un cas de conscience) (Giovanni Grimaldi) – 1982  En haut des marches (Paul Vecchiali) – 1983   La femme publique (Andrzej Zulawski) – Les compères (Francis Veber) – 1988   Juillet en septembre, (Sébastien Japrisot). Télévision (notamment) : 1960  La princesse de Cadignan (Jean-Paul Carrère) – 1962  La caméra explore le temps : L’affaire du collier de la reine (Guy Lessertisseur) – 1963  Et sur toute la gamme (Jean Kerchbron) – 1964  Le coeur oublié (Abder Isker) – 1971  La mort des capucines (Agnès Delarive) – 1972  La mort d’un champion (Abder Isker) – 1976  La vérité tient à un fil (Pierre Goutas, série TV) – 1978  Les amours sous la Révolution : André Chénier et la jeune captive (Jean-Paul Carrère) – 1980  La vie des autres : La croix dans le cœur (Pierre Goutas, série TV) – 1981  Les cinq dernières minutes : Un cœur sur mesure (Claude Loursais) – 1983  Emmenez-moi au théâtre : L’exil (Alexandre Tarta, captation) – Madame S.O.S. : Trois tuteurs pour un géranium (Alain Dhénaut) – 1985  Les enquêtes du commissaire Maigret : Maigret au Picaratt’s (Philippe Laïk) – Médecins de nuit : Happy birthday (Jean-Pierre Prévost) – 1987  Symphonie (Jean-Pierre Desagnat, série TV) – 1987/1990  Fest im Sattel (Tous en selle) (Christine Kabisch, série TV) – 1988  Nick chasseur de têtes (Jacques Doniol-Valcroze, pilote).

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Michel Roux

Annonce de la mort de Michel Roux, ce vendredi 2 février. Il reste associé à l’enfance de beaucoup d’entre nous, de par sa très riche voxographie – “Mary Poppins”, “Pinocchio”, la voix française de Cary Grant dans “La mort aux trousses” -, par exemple -, voir la liste de sa fiche Wikipédia. Son doublage de Tony Curtis, avec Claude Bertrand qui doublait Roger Moore, dans “Amicalement vôtre reste un modèle du genre, d’invention et d’humour. C’est le théâtre qu’il avait popularisé, citons notamment “L’hôtel du libre échange” (1973), “Féfé de Broadway” (1976), “La cage aux folles” – où il succédait à Jean Poiret en 1978 -, “Domino” (1981), “Le vison voyageur” (1983), “Le canard à l’orange” (1985), repris de 1992 à 1993, “Au secours elle me veut” (1986), “Monsieur Mazure” (1987), “Un Suédois ou rien” (1989), “Bon week-end Monsieur Bennett” (1990), “Le dîner de cons” – où il succédait à Claude Brasseur en 1995 -, “Tromper n’est pas jouer” (1997), “Max et Charly” (1998), “Face à face” (1999), “Faut-il tuer le clown” (2001), et “Le charlatan” de Robert Lamoureux en 2002, repris en 2005 . On le revoyait souvent dans des captations, mais si elles étaient tardives – notamment les soirs d’été sur France 2 -, et il avait participé à l’émission “Au théâtre ce soir”, 25 fois, et il y faisait plusieurs représentations. C’étaient des performances originales, car il n’y avait qu’une seule représentation pour le public, filmée par Pierre Sabbagh ou Georges Folgoas. Le cinéma l’aura délaissé, même s’il avait des débuts précoces dans des rôles d’enfants sous l’occupation. Mais il tourne dans l’un des meilleurs films de Julien Duvivier, l’original “La fête à Henriette”, où il joue le fiancé sympathique de Dany Robin. Après un long silence sur le grand écran, Tonie Marshall qui fut sa partenaire pour l’engager dans “Pas très catholique” en 1993, où il jouait le responsable d’une agence de détective, doté d’une improbable “moumoute” et qui devait supporter le tempérament du personnage joué par Anémone. Il ne devait ensuite retrouver qu’un petit rôle d’un responsable du loto face à Jacques Villeret dans le médiocre “Golden boy”. Nous lui devons bien des éclats de rires, et une gratitude face à ses divertissements de qualités.

Bibliographie : “L’ABC du cinéma”.

Photo : Denis Charmot

Filmographie : 1943  La cavalcade des heures (Yvan Noé) – Le carrefour des enfants perdus (Léo Joannon) – 1947  J’ai 17 ans (André Berthomieu) – 1947  Blanc comme neige (André Berthomieu) – 1948  Roulons (court-métrage) – L’impeccable Henri (Charles-Félix Tavano) – 1949  Interdit au public (Alfred Pasquali) – La petite chocolatière (André Berthomieu) – Tire-au-flanc (Fernand Rivers) – 1952  La fête à Henriette (Julien Duvivier) – 1953  Piédalu député (Jean Loubignac) – Maternité clandestine (Jean Gourguet) – 1953  Le secret d’Hélène Marimon (Henri Cerf) – 1954  Leguignon guérisseur (Maurice Labro) – 1956  La joyeuse prison (André Berthomieu) – 1957  En liberté sur les routes d’U.R.S.S. (documentaire, voix du récitant) – 1958  La femme et le pantin (Julien Duvivier) – Croquemitoufle / La femme des autres (Claude Barma) – 1959  Détournement de mineures (Walter Kapps) – 1964  Soleil (Roland Bacri, CM, voix du récitant) – 1965  Souvenir d’Épinal (Jean Image, CM, voix du récitant) – 1973  Le crayon magique (Jean Image, CM, voix du récitant) – 1984  Le bon roi Dagobert (Dino Risi, voix du récitant, version française) – 1993  Pas très catholique (Tonie Marshall) – 1995  Golden boy (Jean-Pierre Vergne). Télévision (notamment) :  1954  La chambre bleue (Stellio Lorenzi) – 1957  Le plus heureux des trois (Marcel Bluwal) – 1958  Le voyage de Monsieur Perrichon (Stellio Lorenzi) – Le canari (Claude Dagues) – Misère et noblesse (Marcel Bluwal) – 1959  Madame Aïcha voyante (Jean Faurez) – 1964  Assurance des mes sentiments les meilleurs (Marcel Bluwal) – 1965  Les cinq dernières minutes : Le bonheur à tout prix (Claude Loursais) – 1966  L’effet Glapion (Georges Vitaly) – 1967  Laure et les Jacques / Ève et les hommes (Henri Spade) – 1970  Don César de Bazan (Guy Lessertisseur) – 1973  Au théâtre ce soir : Maître Bolbec et son mari (Pierre Sabbagh)) – Au théâtre ce soir : Folie douce (Georges Folgoas) – 1975  L’effet Glapion (Alain Quercy, seconde version, captation) – 1977  Au théâtre ce soir : Attends-moi pour commencer (Pierre Sabbagh) –  Recherche dans l’intêrêt des familles (Philippe Arnal, feuilleton 35×13 minutes) – Les folies d’Offenbach : Monsieur Choufleuri restera chez lui (Michel Boisrond) – 1979  Féfé de Broadway (Jeannette Hubert, captation) – Monsieur Masure (Jean Cohen, captation) – Au théâtre ce soir : Monsieur Amilcar (Pierre Sabbagh) – Au théâtre ce soir : La plume (Pierre Sabbagh) – 1980  La grande duchesse de de Gerolstein (Claude Dagues, captation) – Cabrioles (Yves-André Hubert, captation) – Les amours des années folles : Prince ou pitre (Philippe Galardi) – 1981  À nous de jouer (André Flédérick) – 1988  Au secours ! Elle me veut (Bernard Deflandre, captation) – 1998  Face à face (Jean-Philippe Viaud, captation) – 2004  Faut-il tuer le clown (Jean-Philippe Viaud, captation) – 2005  Le charlatan (Stéphane Bertin, captation). Au théâtre ce soir : Détails de ses participations disponibles sur le site de Fred Kiriloff.

©   Le coin du cinéphage (reproduction strictement interdite, textes déposés)

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Dominique Zardi

 Dominique Zardi dans "Les misérables" (Robert Hossein, 1982)

Dominique Zardi dans “Les misérables” (Robert Hossein, 1982)

“Au pays du cinéma, il possède la double nationalité. Tantôt chabrolien, tantôt mockyste. Il incarne dans les deux troupes la francité dans toute son horreur. Son crâne rasé et son allure de catcheur le renforcent dans le rôle du méchant d’opérette. Inutile de préciser que les deux grands cinéastes de l’anti-France ne  résistent jamais au plaisir de charger son personnage au maximum”. Telle était la définition de Dominique Zardi par Hervé Le Roux et Alain Philippon dans leurs “Fragments d’un dictionnaire amoureux” – dont j’ai repris le titre de manière éhontée pour faire cette rubrique -, dans “Les Cahiers du cinéma” N°408″ (Mai 1988). On peut dire de lui qu’il est connu, mais pas vraiment reconnu, car tout le monde connaît son visage, roux avec calvitie, désormais chauve et sa silhouette trapue. J’avais évoqué ses débuts, voir la fiche de ce blog consacrée à son ami Henri Attal, mais il est intéressant de s’occuper de son parcours “cavalier seul”. Il est difficile de l’éviter quand on suit le cinéma français, il prétend avoir arrêter de comptabiliser ses films à partir du N° 500.  On se demande d’ailleurs, si ce grand prolifique, n’avait pas le don de l’ubiquité, d’autant plus que volontiers bagarreur, il était à ses débuts, selon Claude Chabrol… interdit de séjour ! Sa filmographie est un véritable casse-tête, même s’il est vrai que son CV officiel reste très précieux pour les recherches, mais il est difficile de prétendre avec lui à l’exhaustivité d’autant plus qu’il avait déclaré à l’émission “Le club” sur “CinéClassic” en 1998, avoir fait une trentaine de film de dos ! – (1) d’où une tentative d’une seconde filmographie “dorsale” donc difficilement vérifiable -. Dans cette émission, il nous embrouille encore plus en parlant d’une participation au film “Malaria” de Jean Gourguet en 1942, – le sieur étant né en 1930, il avait donc 12 ans ! – face à Sessue Hayakawa, avec un débutant nommé… Jean-Pierre Mocky. Mais si on se met à penser qu’il affabule, il est vrai qu’il a souvent raison, on le voit finalement partout en passager du métro dans “Pickpockett” (1959) de Robert Bresson, qu’en voyageur dans une gare derrière Paul Newman, dans “Paris Blues” (1961), en badaud à deux reprises dans un décor de rue avec Brigitte Bardot dans “La vérité” (1960), un spectateur dans un cabaret dans “Strip-tease” (1962), etc… Il a toujours un art assez remarquable de se mettre en avant, même dans une scène de groupe. Au petit jeu de rajouter sur sa fiche IMDB des films oubliés de son CV, je n’avais trouvé après nombre de visionnages, que “Les yeux de l’amour” (Denys de la Patellière), où il suit Danielle Darrieux dans une gare – décidément ! -, ou dans “Les bonnes causes” (Christian-Jaque, 1962), en participant d’une audience au tribunal. Dans cette quête métaphysique d’optimiser sa filmographie, sans tomber dans l’extrême du dispositif barbare élaboré pour que Malcolm McDowell dans “Orange mécanique”, pour qu’il garde les yeux ouverts, on finit par s’interdire de cligner de l’œil à la vision des films français de des années cinquante à 70, de peine de le manquer. Né à Belleville-près-Paris, selon sa formule, ses copains de classe lui disant “Ah ! t’es pas de Paris !”, il raconte que son parrain était le célèbre “Pierrot le fou”. Ironie du sort, il tournera dans le film homonyme de Jean-Luc Godard – qui n’a pas grand chose à voir, il est vrai avec le truand notoire -, avec le rôle titre Jean-Paul Belmondo qui fut le parrain de sa fille. L’homme multiplie “les casquettes” et est un auteur complet, conférencier passionné – pour l’avoir rencontre en avril 2004, il est très disert sur sa carrière, il m’avait évoqué le tournage de “Touristes, oh yes !”, de Jean-Pierre Mocky – toujours inédit -, où il me racontait la difficulté des comédiens de parler tous… hollandais, durant tout le film, pour une sorte d’hommage à Jacques Tati -. Il est d’ailleursamusant dans ce film disponible en DVD en guide sourd. Il faut l’entendre comme souvent dans les émissions de TV, ou les bonus DVD se présenter comme – exhausteur de goût -, voir l’anecdote de la gousse d’ail dans sa fiche “Wikipédia” qui répertorie de plus ses rôles. Il est également écrivain, “Le génie du judaïsme” (1971), “Dublin des étoiles ” (1972), “Le monde des truands” (Éditions Tatamis, 2008), etc…, quelques-uns uns de ses livres, dont certain serait dit-on controversé sont disponibles aux éditions “Dualpha”,Tendre ghetto, si le Marais m’était conté” (2003), “Les immortels de la boxe” (2003),  “Le génie du judaïsme” (2004, réédition de son livre de 1971), “L’Algérie des mirages” (2006). Passionné par la boxe il dirigea pendant vingt-huit ans la revue “Euro Boxes show”, référence pour les amoureux de ce noble art. Il aussi acteur compositeur de chansons pour Claude Chabrol : – “La tabatière” dans “La femme infidèle”, “Isabel” dans “La rupture”, “Le petit chien” dans “Docteur Popaul”, ect…”Capri petite île” virera même au culte dans “Le boucher” -,  Pierre Granier-Deferre –  “Le petit yoyo” dans “Noyade interdite” – , ou Jean-Pierre Mocky : – “O Manon” dans “La bête de miséricorde” -.

 

 

Dominique Zardi dans “Fleur d’oseille”

 

L’acteur est souvent cantonné dans les rôles de bagnards  – il se paiera le luxe de l’être dans plusieurs adaptations des “Misérables” d’après Victor Hugo chez Marcel Bluwal (1972), Robert Hossein (1982) et l’ineffable Josée Dayan (2000), dans cet emploi,  il paniquera dans une scène de déminage dans “Un nommé la Rocca” de Jacques Becker. On le retrouve très souvent dans des rôles d’affreux, tel l’admirateur odieux de Brigitte Bardot dans “Vie privée” (1961) de Louis Malle, ou le satyre harcelant Marlène Jobert dans “Le dernier domicile connu” (1968). Il déclarait à “Travelling Avant N°10” : “On m’a donné les pires rôles dans le cinéma français : J’ai joué des psychopathes, des tordus, des tarés, des violeurs d’enfants, des assassins, des pourris, des tueurs aux abattoirs, j’ai fait des choses ignobles, j’ai tué des chiens, des cochons, des poules, des petites filles, des vieillards, j’ai fait des choses abominables… Jamais personne ne m’en a tenu rigueur…”. Mais il est aussi à l’aise dans la farce, en braconnier roublard dans “Le gendarme en balade”, l’auto-stoppeur remuant, énervant Eddie Constantine, dans “Les femmes d’abord” (1963), le nageur idiot malmené par Johnny Hallyday dans le cornichonesque “Les poneyttes” (1967),  le notaire trop obséquieux pour être vraiment honnête dans “O.K. Patron” (1973) ou dernièrement le papy séquestré par un François Levantal d’anthologie dans “L’amour aux trousses” (2004). Il a même droit à sa réplique culte chez Michel Audiard dans “Faut pas prendre les enfants du bon dieu pour des canards sauvages” : Blier : “J‘ai bon caractère mais j’ai le glaive vengeur et le bras séculier. L’aigle va fondre sur la vieille buse”, Zardi : “C’est pas une métaphore, c’est une périphrase”, un comparse : “Ah, fais pas chier !”,  Zardi : “Ca c’est une métaphore !”. Il fait finalement de belle rencontre notamment avec Jean-Pierre Melville, Claude Sautet –  pour 4 films -, Luc Moullet – voir son jubilatoire rôle de propriétaire combinard d’une salle de cinéma dans “Les sièges d’Alcatraz” (1988) .Maurice Ronet qui le citera avec chaleur dans son autobiographie, lui donnera l’un de ses meilleurs rôles dans “Bartleby” (1976), où avec Maurice Biraud, il forme un duo réjouissant d’huissiers mesquins. Trois metteurs en scènes en font l’un de leurs acteurs fétiches Pierre Granier-Deferre – 17 films et un téléfilm – qu’il qualifie de “demoiselle d’autrefois” ! en raison de ses bonnes manières, l’utilise souvent avec inventivité, on se souvient du clochard fou face à Yves Montand dans “Le fils” (1972), notamment. Claude Chabrol – 26 films et trois téléfilms -, l’emploi également très souvent, jusqu’à son rôle de gardien du musée dans “Au cœur du mensonge” en 1998. Il le sort très souvent de ses emplois habituels tel l’inspecteur soucieux dans “Que la bête meure” (1969), ou le chefaillon de la poste dans “Poulet au vinaigre” (1964). Il lui fera même jouer un sympathique marchand de ballons, que Stéphane Audran droguée par Jean-Pierre Cassel, finit par prendre pour Dieu, dans un délire psychédélique, dans l’étonnant “La rupture” (1970). Jean-Pierre Mocky – 39 films et deux courts-métrages – lui restera fidèle jusqu’à ces dernières années, il est l’un des supporters les plus virulents d’ “A mort l’arbitre”. Mais il lui donne souvent ces derniers temps des rôles de notables comme dans “Vidange”, ou d’importants personnages comme dans “Tout est calme” et l’humanise parfois comme l’ouvrier au chômage qui tente de se suicider en se jetant dans la mer dans “Robin des mers”. On le retrouve dans les derniers films de Mocky, ne dédaignant pas jouer des rôles troubles, comme l’odieux pédophile voyeur dans “Les ballets écarlates”. Saluons ce comédien atypique, parfois virulent, délaissé selon sa formule par les “boutiques” de “Georges Cravenne” – Les Césars – et Bernard Pivot, l’un des comédiens les plus singuliers du cinéma français. Il convient de visiter son site officiel, d’où sont tirées les photos qui illustrent cette note. En juin 2007, paraît enfin son livre de souvenirs de cinéma “Le comédien fétiche du cinéma” – qui semblait faire peur aux éditeurs par son ton polémiste – aux éditions Dualpha. Le livre est réédité, légèrement remanié aux éditions Alphée – Jean-Paul Bertrand. On retrouve son mordant dans cet ouvrage riche en anecdotes et dévoilant quelques facettes de la personnalité de son compère Henri Attal. 

Bibliographie : “L’autre journal N°7” décembre 1990.

“Travelling Avant” N°10 

 

Dominique Zardi dans le rôle de “Dieu” ! dans “La rupture” 

Filmographie : 1958  Christine (Pierre Gaspard-Huit) – La femme et le pantin (Julien Duvivier) – Pourquoi viens-tu si tard ? (Henri Decoin) – Maxime (Henri Verneuil) – Croquemitoufle / La femme des autres (Claude Barma) – 1959  Pickpocket (Robert Bresson) – Les bonnes femmes (Claude Chabrol) – Le trou (Jacques Becker) – Le dialogue des Carmélite (Philippe Agostini & R.L. Bruckberger) – Austerlitz (Abel Gance) – Tête folle (Robert Vernay) – À rebrousse-poil (Pierre Armand) – Les yeux de l’amour (Denys de la Patellière) – 1960  La vérité (Henri-Georges Clouzot) – Crack in the mirror (Drame dans un miroir) (Richard Fleischer) – Goodbye again (Aimez-vous Brahms ?) (Anatole Litvak) – Les godelureaux (Claude Chabrol) – Une femme est une femme (Jean-Luc Godard) – Vive Henri IV, vive l’amour (Claude Autant-Lara) – Saint-Tropez Blues (Marcel Moussy) – Comment qu’elle est (Bernard Borderie) – 1961  Les trois mousquetaires : Les ferrets de la reine (Bernard Borderie) – Un nommé La Rocca (Jean Becker) – Ophélia (Claude Chabrol) – Un cheval pour deux (Jean-Marc Thibault) – Gigot (Gigot, le clochard de Belleville) (Gene Kelly) – Les Parisiennes [épisode : “Sophie”] (Marc Allégret) – Les petits matins (Jacqueline Audry) – Vie privée (Louis Malle) – 1962  Un chien dans un jeu de quille (Fabien Collin) – The longest day (Le jour le plus long) (Ken Annakin, Andrew Marton, Gerd Oswald, Bernhard Wicki & Darryl Zanuck) – Les ennemis (Édouard Molinaro) – Le monte-charge (Marcel Bluwal) – L’assassin est dans l’annuaire (Léo Joannon) – Paris Blues (Id) (Martin Ritt) – 1962  Arsène Lupin contre Arsène Lupin (Édouard Molinaro) – Dossier 1413 (Alfred Rode) – Les femmes d’abord (Raoul André) – L’empire de la nuit (Pierre Grimblat) – Landru (Claude Chabrol) – Le vice et la vertu (Roger Vadim) – Les vierges (Jean-Pierre Mocky) – L’aîné des Ferchaux (Jean-Pierre Melville) – Le doulos (Jean-Pierre Melville) – Les grands chemins (Christian Marquand) – Les bonnes causes (Christian-Jaque) – Strip-tease (Jacques Poitrenaud) – 1963  Un drôle de paroissien (Jean-Pierre Mocky) – À toi de faire, mignonne (Bernard Borderie) – Blague dans le coin (Maurice Labro) – Peau de banane (Marcel Ophuls) – Château de Suède (Roger Vadim) – Le bon roi Dagobert (Pierre Chevalier) – Méfiez-vous Mesdames (André Hunebelle) – Coup de bambou (Jean Boyer) – La bande à Bobo (Tony Saytor) – Les plus belles escroqueries du monde [épisode « L’homme qui vendit la Tour Eiffel »] (Claude Chabrol) – La ronde (Roger Vadim) – Faites sauter la banque (Jean Girault) – Le journal d’une femme de chambre (Luis Buñuel) – Des frissons partout (Raoul André) – L’assassin connaît la musique… (Pierre Chenal) – La mort d’un tueur (Robert Hossein) – 1964  Le Tigre aime la chair fraîche (Claude Chabrol) – La chasse à l’homme (Édouard Molinaro) – Échappement libre (Jean Becker) – Week-end à Zuydcoote (Henri Verneuil) – Requiem pour un caïd (Maurice Cloche) – Fantômas (André Hunebelle) – Nick Carter va tout casser (Henri Decoin) – La grande frousse ou la cité de l’indicible peur (Jean-Pierre Mocky) – Jaloux comme un tigre (Darry Cowl) – Cent briques et des tuiles (Pierre Grimblat) – Le vampire de Düsseldorf (Robert Hossein) – Le majordome (Jean Delannoy) – Comartiment tueurs (Costa-Gavras) – Ces dames d’en mêlent (Raoul André) – Fifi la Plume (Albert Lamorisse) – 1965  Pierrot le fou (Jean-Luc Godard) – Hotel Paradiso (Paradiso, hôtel du libre-échange (Peter Glenville) – La grosse caisse (Alex Joffé) – Pleins feux sur Stanislas (Jean-Charles Dudrumet) – Furia à Bahia pour O.S.S. 117 (André Hunebelle) – Le gendarme à New York (Jean Girault) – Fantômas se déchaîne (André Hunebelle) – La métamorphose des cloportes (Pierre Granier-Deferre) – Angélique et le Roy (Bernard Borderie) – La bourse et la vie (Jean-Pierre Mocky) – Masculin, féminin (Jean-Luc Godard) – Paris au mois d’Août (Pierre Granier-Deferre) -1966  La curée (Roger Vadim) – La ligne de démarcation (Claude Chabrol) – Brigade anti-gangs (Bernard Borderie) –  Monsieur le Président-Directeur Général (Jean Girault) – L’attentat (Jean-François Davy, inédit en salles) – Le scandale (Claude Chabrol) – Les compagnons de la marguerite (Jean-Pierre Mocky) – Le soleil des voyous (Jean Delannoy) – Fantômas contre Scotland Yard (André Hunebelle) –  Un idiot à Paris (Serge Korber) – Roger-la-Honte (Riccardo Freda) – 1967  Fleur d’oseille (Georges Lautner) – Le grand dadais (Pierre Granier-Deferre) – Les risques du métier (André Cayatte) – Les Poneyttes (Joël Le Moigne) – Les grandes vacances (Jean Girault, rôle coupé au montage ?) – Les biches (Claude Chabrol) – La petite vertu (Serge Korber) – Caroline Chérie (Denys de la Patellière) – Le pacha (Georges Lautner) – 1968  Faut pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvage (Michel Audiard) – Ho ! (Robert Enrico) – Le gendarme se marie (Jean Girault) – Sous le signe de Monte-Cristo (André Hunebelle) – Faites donc plaisir aux amis (Francis Rigaud) – Le cerveau (Gérard Oury) – La femme infidèle (Claude Chabrol) – L’amour (Richard Balducci) – L’amour c’est gai, l’amour c’est triste (Jean-Daniel Pollet) – 1969  Que la bête meure (Claude Chabrol) – Une veuve en or (Michel Audiard) – Delphine (Éric Le Hung) – Solo (Jean-Pierre Mocky) – L’étalon (Jean-Pierre Mocky) – Elle boit pas, elle fume pas, elle drague pas… mais elle cause (Michel Audiard) – La horse (Pierre Granier-Deferre) – Les choses de la vie (Claude Sautet) – Dernier domicile connu (José Giovanni) – La promesse de l’aube / Promise at dawn (Jules Dassin) – Qu’est-ce qui fait courir les crocodiles ? (Jacques Poitrenaud) – 1970  La rupture (Claude Chabrol) – Sortie de secours (Roger Kahane) – Les novices (Guy Casaril) – Ils (Jean-Daniel Simon) – Comme larrons en foire (Edmond Freess, CM) – Le gendarme en balade (Jean Girault) –Le cinéma de papa (Claude Berri) – Juste avant la nuit (Claude Chabrol) – L’albatros (Jean-Pierre Mocky) – Le cri du cormoran, le soir, au-dessus des jonques (Michel Audiard) –Max et les ferrailleurs (Claude Sautet) – On  est toujours trop bon avec les femmes (Michel Boisrond) – L’explosion (Marc Simenon) – 1971  La grande maffia (Philippe Clair) – Jo (Jean Girault) – Chut ! (Jean-Pierre Mocky) – L’odeur des fauves (Richard Balducci) – Les galets d’Étretat (Sergio Gobbi) – Une larme dans l’océan (Henri Glaeser) – 1972  Docteur Popaul (Claude Chabrol) – Elle cause plus… elle flingue (Michel Audiard) – Trop jolies pour être honnêtes (Richard Balducci) – La scoumoune (José Giovanni) – Le fils (Pierre Granier-Deferre) – Don Juan 73 ou Si Don Juan était une femme (Roger Vadim) – Le complot (René Gainville) – 1973  Les aventures de Rabbi Jacob (Gérard Oury) – Par ici la monnaie (Richard Balducci) – Deux hommes dans la ville (José Giovanni) – O.K. Patron (Claude Vital) – Nada (Claude Chabrol) – La race des seigneurs (Pierre Granier-Deferre) – Les quatre Charlots mousquetaires ! (André Hunebelle) – 1974  Les innoncents aux mains salles (Claude Chabrol) – Un linceul n’a pas de poches (Jean-Pierre Mocky) – La cage (Pierre Granier-Deferre) – 1975  L’ibis rouge (Jean-Pierre Mocky) – Adieu poulet (Pierre Granier-Deferre) – Andréa (Henri Glaeser) – L’intrépide (Jean Girault) – Folies bourgeoises (Claude Chabrol) – 1976  Mado (Claude Sautet) – Dracula, père et fils (Édouard Molinaro) – Le roi des bricoleurs (Jean-Pierre Mocky) – Bartleby (Maurice Ronet, téléfilm diffusé en salles) – Le pensionnat et ses intimités (Catherine Balogh [= René Gainville]) – 1977  L’homme pressé (Édouard Molinaro) – Violette Nozière (Claude Chabrol) – Comment se faire réformer (Philippe Clair) – 1978  Les réformés se portent bien (Philippe Clair) – Le témoin (Jean-Pierre Mocky) – 1979  Le piège à cons (Jean-Pierre Mocky) – Le toubib (Pierre Granier-Deferre) – Le mors aux dents (Laurent Heynemann) – L’associé (René Gainville) – Mais qu’est-ce que j’ai fait au bon Dieu pour avoir une femme qui boit dans les cafés avec les hommes ? (Jan Saint-Hamon) – 1980  Un mauvais fils (Claude Sautet) – 1981  Une étrange affaire (Pierre Granier-Deferre) – Pour la peau d’un flic (Alain Delon) – Tais-toi quand tu parles ! (Philippe Clair) – L’Étoile du Nord (Pierre Granier-Deferre) – Les misérables (Robert Hossein, + version TV) – Litan, la cité des spectres verts (Jean-Pierre Mocky) – 1982  Y a-t-il un français dans la salle ? (Jean-Pierre Mocky) – N’oublie pas ton père au vestiaire… (Richard Balducci) – Plus beau que moi, tu meurs (Philippe Clair) – 1983  L’ami de Vincent (Pierre Granier-Deferre) – On l’appelle catastrophe (Richard Balducci) – Retenez-moi… ou je fais un malheur ! (Michel Gérard) – À mort l’arbitre ! (Jean-Pierre Mocky) – Le sang des autres (Claude Chabrol, + version TV) – 1984  Par où t’es rentré… on t’a pas vu sortir (Philippe Clair) – Y a pas le feu (Richard Balducci) – Poulet au vinaigre (Claude Chabrol) – 1985  Banana’s boulevard (Richard Balducci) – Le pactole (Jean-Pierre Mocky) – 1986  Masques (Claude Chabrol) – Cours privé (Pierre Granier-Deferre) – Le miraculé (Jean-Pierre Mocky) –1987  Noyade interdite (Pierre Granier-Deferre) – Le cri du hibou (Claude Chabrol) – Agent trouble (Jean-Pierre Mocky) – Les saisons du plaisir (Jean-Pierre Mocky) – La comédie du travail (Luc Moullet) – 1988  Une nuit à l’assemblée nationale (Jean-Pierre Mocky) – Le dénommé (Jean-Claude Dague) – Divine enfant (Jean-Pierre Mocky) – 1989  Les sièges de l’Alcazar (Luc Moullet, MM) – Jours tranquilles à Clichy (Claude Chabrol) – L’autrichienne (Pierre Granier-Deferre) – 1990  Madame Bovary (Claude Chabrol) – Delicatessen (Jean-Pierre Jeunet & Marc Caro) – 1991  Mocky story (Jean-Pierre Mocky, inédit) – Le huitième jour ou les pieds gelés (Roland Platte, CM) – La voix (Pierre Granier-Deferre) – Ville à vendre (Jean-Pierre Mocky) – 1992  Bonsoir (Jean-Pierre Mocky) – 1993  Le petit garçon (Pierre Granier-Deferre) – 1994  Noir comme le souvenir (Jean-Pierre Mocky) – 1996  Jour de pêche (Brice Ansel, CM) – 1996  Alliance cherche doigt (Jean-Pierre Mocky) – 1997  Robin des mers (Jean-Pierre Mocky) – 1998  Au cœur du mensonge (Claude Chabrol) – Vidange (Jean-Pierre Mocky) – 1999  Tout est calme (Jean-Pierre Mocky) – 2000 Vidocq (Pitof) – 2001  Les araignées de la nuit (Jean-Pierre Mocky) – La bête de miséricorde (Jean-Pierre Mocky) – 2002  Le furet (Jean-Pierre Mocky) – 2004  L’amour aux trousses (Philippe Chauveron) – Touristes ? oh yes ! (Jean-Pierre Mocky) – Les ballets écarlates (Jean-Pierre Mocky) – Grabuge !  (Jean-Pierre Mocky) – 2005  Le bénévole (Jean-Pierre Mocky) – 2006  Le deal (Jean-Pierre Mocky) – 2007 13 French Street (Jean-Pierre Mocky).

 

 

Dominique Zardi, Ingrid Bergman et Henri Attal… de dos dans “Aimez-vous Brahms?”

(1) Filmographie “dorsale” : 1945  La ferme du pendu (Jean Dréville) – 1946  La revanche de Roger La Honte (André Cayatte) – 1947  Carré de valets (André Berthomieu) – Le bateau à soupe (Maurice Gleize) – 1953  Les trois mousquetaires (André Hunebelle) – Maternité clandestine (Jean Gourguet) – 1954  La fille perdue (Jean Gourguet) – 1958  Cette nuit-là (Maurice Cazeneuve, figuration non confirmée) – La chatte (Henri Decoin, figuration non confirmée) – Le bossu (André Hunebelle, figuration non confirmée) – 1961  La belle américaine (Robert Dhéry, source sa fiche Wikipédia) – 1962  Charade (Id) (Stanley Donen, figuration non confirmée) – 1963   Carambolages (Marcel Bluwal) – 1965  Paris brûle-t’il ? (René Clément, figuration non confirmée) – 1966  Tendre voyou (Jean Becker, figuration non confirmée) – 1967  Jerk à Istambul (Francis Rigaud) – J’ai tué Raspoutine (Robert Hossein, figuration non confirmée) – 1970  Le boucher (Claude Chabrol, chanson seulement, “Capri petite île”) – Topaz (Alfred Hitchcock, rôle coupé au montage) – 1971  La décade prodigieuse (Claude Chabrol, chanson seulement “Pour moi mon chagrin”) – 1973  Le mâle du siècle (Claude Berri, rôle coupé au montage ?) – 1982  Surprise party (Roger Vadim , rôle coupé au montage ?) – La baraka (notifié “Aimé Prado” dans sa filmographie officielle) (Jean Valère) – 1988  La couleur du vent (Pierre Granier-Deferre) – 1989   Il gèle en enfer (Jean-Pierre Mocky, rôle coupé au montage ?).

Nota : crédité au générique, avec Henri Attal,  de “À nous quatre, Cardinal !” (André Hunebelle, 1973), ils n’apparaissent pas dans ce second volet des “Quatre Charlots mousquetaires”.

 

 

 

Dominique Zardi dans “Myster Mocky présente : De quoi mourir de rire”

Télévision(notamment) : 1953  Amédée et les hommes en rang (Jean-Claude Carrère, sous réserves) – 1963  Le scieur de longs (Marcel Bluwal) – 1964  L’abonné de la ligne U (Yannick Andréi) – 1965  La famille Green (Abder Isker) – Docteur Grunel (Éric Le Hung) – Frédéric le guardian (Jacques R. Villa) – 1966  Antony (Jean Kerchbron) – La trompette de la Bérésina (Jean-Paul Carrère) – 1967 L’amateur / S.O.S. Fernand : Le coup de fil – Docteur Gundel (Éric Le Hung) – Pichi-Poï ou la parole donnée (François Billetdoux) – Vidocq :  L’auberge de la mère tranquille (Marcel Bluwal) – Malican père et fils : (épisode ?) –  Max le débonnaire : Le point d’honneur (Jacques Deray) – Jean de la Tour Miracle (Jean-Paul Carrère) – Lagardère : Les noces du bossu (Jean-Pierre Decourt) (1) – 1968  La boniface (Pierre Cardinal) – 1969  L’invité du dimanche : Claude Chabrol (Roger Kahane) – 1971  Les coups (Jacques Lefebvre) – Madame êtes vous libre ? (Jean-Paul Le Chanois) – 1972  Les misérables (Marcel Bluwal) – 1973  La ligne de démarcation : Guillaume (Jacques Ertaud) – Les nouvelles aventures de Vidocq : Les deux colonels (Victor Vicas) – 1974  Histoires insolites : Une invitation à la chasse (Claude Chabrol) – Les brigades du tigre : Ce siècle avait sept ans (Victor Vicas) – 1975  Jo Gaillard : Cargaison dangereuse (Christian-Jaque) –  Adieu Amédée (Jean-Paul Carrère) – 1976  Les brigades du tigre : L’homme à la casquette (Victor Vicas) – 1977  Emmenez-moi au Ritz (Pierre Grimblat) – Richelieu (Jean-Pierre Decourt) – Les enquêtes du commissaire Maigret : Au rendez-vous des Terre-Neuvas (Jean-Paul Sassy) – 1978  Claudine s’en va (Édouard Molinaro) – Il était un musicien : Monsieur Litz (Claude Chabrol) – 1979  Histoires insolites : Une dernière fois Catherine (Pierre Grimblat) – Le journal (Philippe Lefebvre) – Staline-Trotsky : Le pouvoir et la révolution (Yves Ciampi) – Fantômas : L’échafaud magique (Claude Chabrol) – 1980  Les enquêtes du commissaire Maigret : L’affaire Saint-Fiacre (Jean-Paul Sassy, + chanson du film) – Les dossiers de l’écran : Le grand fossé (Yves Ciampi) – Jean Jaurès : vie et mort d’un socialiste (Ange Casta) – Arsène Lupin joue et perd (Alexandre Astruc) – 1981  Anthelme Collet ou le brigand gentilhomme (Jean-Paul Carrère) – Histoires extraordinaires : Le scarabée d’or (Maurice Ronet) – L’atterrissage (Éric Le Hung) – 1982  Démobilisation générale (Hervé Bromberger) – 1983  Médecins de nuit : Jo Formose (Stéphane Bertin) – La veuve veuve rouge (Édouard Molinaro) – Thérèse Humbert (Marcel Bluwal) – 1984  L’âge vermeil (Roger Kahane) – 1985  Music Hall (Marcel Bluwal) – 1986  Maguy : Aux armes mitoyens (Ariane Ardiani, CM) – 1988  Marc et Sophie : Agents très spéciaux (Georges Bensoussan, CM) – Tourbillons (Josée Dayan, mini-série) – À corps et à cris (Josée Dayan) – 1989  Les deux frères (Roger Kahane) – La goutte d’or (Marcel Bluwal) – 1991  Le gang des tractions : Le dernier round (Josée Dayan) – Myster Mocky : La méthode Barnol (Jean-Pierre Mocky, CM) (diffusé en 2007 par “13ème rue” dans la collection “Mister Mocky présente… d’après les nouvelles d’Alfred Hitchcock) – 1992  Aldo tout risque : Direct au cœur (Claude Vital) – Tout ou presque (Claude Vital) – 1994  Tribunal : Terrain glissant (George Bensoussan, CM) – 1995  La rivière espérance (Josée Dayan) – La dernière fête (Pierre Granier-Deferre) – 1996  La nouvelle tribu (Roger Vadim) – 2000  Les misérables (Josée Dayan) – 2002  Michel Audiard et le mystère du triangle des Bermudes (François-Régis Jeanne & Stéphane Roux, documentaire DVD) – 2006  Mocky circus (Emmanuel Barnault, documentaire) – 2008  Myster Mocky présente : Dans le lac (Jean-Pierre Mocky, CM) – Myster Mocky présente : Témoins de choix (Jean-Pierre  Mocky, CM) – 2009  Myster Mocky présente : De quoi mourir de rire (Jean-Pierre Mocky, CM).

(1) il n’apparaît pas dans la version cinéma de la série, présenté en 1968, en deux parties sous le titre “Les aventures de Lagardère”

Mise à jour du 14/10/2009

ZONE LIBRE

“Zone libre” est le premier long-métrage de cinéma du comédien Christophe Malavoy, après avoir réalisé deux téléfilms “La ville dont le prince est un enfant” d’après Henry de Montherlant  en 1997, et “Ceux qui aiment ne meurent jamais ” en 2004, adaptation de son récit, hommage à son grand-père mort dans les tranchées lors de la première guerre mondiale. Il a choisi d’adapter la pièce éponyme de Jean-Claude Grumberg, dont la finesse et la justesse nous touchent toujours. Mais loin d’être une simple captation, la mise en scène fait sentir le climat singulier de la guerre dans nous faire ressentir une reconstitution factice, en prenant soin de nous donner une empathie avec ses personnages malgré leurs défauts comme le personnage de Maury, qui n’agit pas par simple altruisme. Maury, c’est Jean-Paul Roussillon, qui après “Mischka” de Jean-François Stévenin et son excellente interprétation dans « Rois et reines », d’Arnaud Desplechin – il fallait le voir se débarrasser des fâcheux l’agressant dans son épicerie – retrouve un rôle à la mesure de son talent, qu’il avait déjà joué au théâtre en 1990 dans une mise en scène de Maurice Bénichou, et qui lui avait valu le “Molière” du meilleur second rôle. Il campe, un paysan bourru qui va recueillir une famille juive, en fuite lors de la seconde guerre mondiale, et qui ne semble pas trop s’entendre avec sa bru qui attend le retour de son mari – saluons Mathilde Seigner, qui se font avec le reste de la distribution, sans jouer le statut de vedette auquel elle pourrait prétendre -. Il y a Simon – forcément formidable Lionel Abelanski, dont j’avais déjà salué le grand talent ici, ayant du mal à maîtriser son inquiétude, mais se révélant courageux -, sa femme Léa –Olga Grumberg, propre fille de Jean-Claude Grumberg, tout en nuances -, la belle-sœur Mauricette, enceinte – Elisa Tovati, absolument charmante -, le neveu Henri dit Riri, un tantinet remuant, – Frédéric Papalia, faux airs d’Alain Cohen, dans « Le vieil homme et l’enfant » et la mère des deux femmes, Mme Schwartz, aïeule qui ne parle que yiddish. Dans le rôle de cette dernière, on retrouve l’étonnante Tsilla Chelton, dont le personnage tient à rester coquet malgré la diversité. Elle compose un personnage haut en couleur, tout en jouant une langue qu’elle ne connaissait pas.

Lionel Abelanski & Jean-Paul Roussillon

Le petit groupe a donc réussi à regagner un coin de la Charente dans la “Zone Libre”, appellation ironique pour définir le sud de la France, non occupé par les Allemands, mais dirigée par le gouvernement de Vichy. Le petit groupe tente de subsister, réconforté par la présence de Maury. La promiscuité développe des tensions entre la petite famille, le manque de sommeil aidant. Mais ils tentent de garder le moral. Ils s’amusent parfois d’un rien comme le personnage de Lionel Abelanski, faisant un numéro irrésistible à la “Chaplin”, ou comme dans la mémorable partie de domino entre Jean-Paul Roussillon et Tsilla Chelton, tout en gouaille, Mme Schwartz étant mauvaise joueuse. L’accusation de mise en scène “téléfilmique” de certains critiques me semble particulièrement injuste. S’il y a sans doute un manque de moyens, le film privilégie l’aspect intimiste de ce drame, comme dans cette cabane qui devient refuge alors qu’elle n’offre aucun confort. Le soin apporté aux détails que la petite famille a pour reprendre ses affaires nécessaires en cas de fuite, lors des visites de la milice ou gendarme, me semble très juste. Notons la présence d’un “Rondo Hatton”, comédien de forte corpulence dont je n’ai pas retenu le nom en milicien français inquiétant. Les petits rôles sont aussi très justes, comme Philippe Fretun, incarnant Apfelbaum, tailleur qui survit en faisant de la couture. La nature parfois hostile et un hiver rigoureux sont rendu avec beaucoup de finesse. Il capte la lumière magnifique de la Charente, pour nous sensibiliser au fil des saisons avec cette campagne tranquille. Le texte de Jean-Claude Grumberg, avec son humour habituel, est admirable, il évite les poncifs de ce type d’œuvre, montrant aussi le chaos de cette époque, en nous faisant perdre de vue l’un des personnages, ce qui semble coller au réalisme le plus juste. Un film authentique, drôle et poignant et d’actualité avec les cérémonies rendant hommage aux « justes » français, qui convient de recommander vivement. Christophe Malavoy dont on connaît la justesse comme comédien, se révèle un véritable cinéaste.

Article sur le tournage de “Zone libre” : LE FIGARO

Fuyant l’Occupation, une famille juive est accueillie en Charente par des paysans. Une confrontation qui «donne lieu à des situations cocasses, décalées», explique Christophe Malavoy. (Photo Moune Jamet.)

CINEMA – Pour sa première réalisation, il a choisi une pièce de Jean-Claude Grumberg qui avait été créée au Théâtre de la Colline
Christophe Malavoy tourne en «Zone libre» Par Marie-Noëlle Tranchant 28/04/2005

Dans un coin de campagne du Sud-Ouest, du côté d’Angoulême, une famille juive se retrouve après s’être séparée pour franchir la ligne de démarcation. Il y a Simon (Lionel Abelanski) et sa femme Lea (Olga Grumberg), sa belle-mère, Mme Schwartz (Tsilla Chelton), sa belle-soeur enceinte (Elisa Tovati), un neveu de onze ans. Ils vont être accueillis par un vieux paysan (Jean-Paul Roussillon) et sa bru (Mathilde Seigner) et trouver refuge auprès d’eux jusqu’à la Libération.

Pour sa première mise en scène de cinéma, Christophe Malavoy porte à l’écran la pièce de Jean-Claude Grumberg Zone libre. Un sujet qui lui a été proposé à la suite de sa collaboration avec Arte pour La ville dont le prince est un enfant. Le voilà au temps de la Seconde Guerre mondiale, après avoir évoqué la première dans son roman Parmi tant d’autres.

«Ce n’était pas voulu, dit l’acteur-réalisateur. Mais les guerres ont un intérêt dramatique parce que ce sont des moments où les gens se révèlent. Une grande partie de ma famille a fait de la Résistance très tôt, certains ont été arrêtés et déportés, à Mauthausen, à Ravensbrück. Même si on n’en parlait pas, notre éducation a été façonnée par leurs personnalités. Ce film est une façon pour moi de leur rendre hommage.»

Malavoy, qui tient aux rôles secondaires (pour lesquels il a engagé des acteurs de la région), a étoffé la pièce de quelques personnages inédits, et le travail d’écriture s’est fait en toute complicité avec Grumberg, qui signe les dialogues, très proches de la pièce. «C’est un de nos meilleurs auteurs, dans la lignée de Pagnol, de Spaak, de Jeanson, dit Christophe Malavoy. La confrontation entre les arrivants citadins et le monde rural donne lieu à des situations cocasses, décalées, et en même temps ancrées dans la vie quotidienne. C’est une comédie au coeur du drame. Grumberg a un regard ironique et acerbe, et il est d’une drôlerie incroyable quand il peint cette famille juive, avec ses excès et ses défauts.» Imaginez la rencontre de Tsilla Chelton, qui ne parle que yiddish, avec Mathilde Seigner, paysanne de Charente. «Elle a cette franchise et cette beauté des filles de la campagne, toujours à l’ouvrage, immédiatement dévouées.»

Zone libre est presque un huis clos, si ce n’est qu’on y voit passer les saisons, qu’on y vit au rythme de la terre : Malavoy attend maintenant le mois de juin pour terminer son tournage avec les feuillages d’été qui accompagnent la Libération. «Tout le film baigne dans la nature, dit Christophe Malavoy, et c’est un bonheur pour moi de filmer son aspect immuable, malgré les événements, les tragédies. Je trouve qu’elle nous enseigne beaucoup de choses, à travers le cycle des saisons, les animaux, les valeurs simples de la terre.» Des choses qui lui sont familières : il a passé son enfance dans la région, du côté de Confolens.

«Je n’éprouve pas la nostalgie du passé, dit-il, mais un plaisir certain à me situer de nouveau dans ce monde rural. C’est plein de sensations que j’ai tenté de reproduire. Un film doit faire naître des sensations très physiques, comme si les images passaient sous l’épiderme.»

Mais, surtout, Zone libre, selon lui, parle «sans message et sans discours» de «ces gens obscurs qui ont simplement agi avec coeur en accueillant les autres. On a fait des films sur des résistants, ou des collaborateurs, mais on a peu vu à l’écran de personnages comme Maury, qui se comporte simplement selon le bon sens paysan, avec cette beauté d’âme austère, sans pathos. Il fait son travail d’homme, voilà tout. Pas besoin d’appartenir à un parti ou à une confession. Ils ont été nombreux à agir ainsi, et c’est une chose à ne pas oublier, parce qu’elle garde toute son actualité.»

VOYAGE AU BOUT DE L’ENNUI : CASHBACK

Il faut bien convenir que, Freud ou pas Freud, une grande œuvre nous plaît ou nous émeut parce qu’elle touche en nous un complexe inconscient”, disait Gaston Bachelard. Mais que dire quand ce fichu “complexe inconscient” (je sais, la culture, moins on en a, plus on l’étale…), ne vous raconte rien quand vous assistez à un curieux cocktail de prétention et de puérilités potaches ? J’ai traversé un petit bout de vie, sans trop de certitudes, mais je croyais au  moins s’avoir ce que c’était l’ennui. C’était avant de voir “Cashback”, film inter(minable), qui tient de l’épreuve, tant rien, mais vraiment rien n’accrochait mon esprit (enfin ce qu’il en reste). Le tâcheron, un certain Sean Ellis, anglais au physique d’ado attardé, est un photographe de mode, qui a travaillé au cinéma – pas besoin de lire son pedigree pour le savoir, son “savoir-faire” s’étale suffisamment sur l’écran pour le deviner –. L’histoire semble venir d’un de ses vieux devoirs d’école, nouvelle fantastique laborieuse où l’on rêve de geler les choses, ou alors le zigue est resté bloqué dans son adolescence. Il a juste développé un court-métrage qu’il avait déjà fait, en prime, il existe une version longue du film heureusement restée au placard. Quelque part, il a réussi à  retransmettre l’impression de l’interminable traversée du tunnel au sortir de l’adolescence. Car à l’instar de son personnage, un jeune étudiant aux Beaux-arts – Sean Biggerstaff, tête de minaud, échappé des versions filmées des “Harry Potter” -, il arrive à transformer les minutes en siècles ! Le personnage a, en effet, trouvé le moyen d’arrêter le temps, en employant une touche pause mentale, glaçant l’instant présent. Il illustre cette idée en vous sidérant de vacuités. Ce qui est curieux, c’est la subjectivité de l’ennui, le film semble plaire, mais rien à faire de reste hermétique. Il a même reçu  le prix CICAE au Festival du Film International de San Sebastian en 2006, – c’est un festival sous acide ? -, alors qu’à tout casser, il devait tout rafler aux “Razzy award”, catégorie films lamentable.

Emilia Fox, nouveau, le film interactif, où comment s’ennuyer en même temps que les personnages…

L’histoire tiendrait sur un timbre-poste, Ben se fait plaquer par sa copine Suzy qui lui hurle dessus au ralenti – pépère Ellis est tellement content de sa trouvaille, qu’il nous la ressert dans la dernière partie du film… (pardon de ce salmigondis).. Devenu insomniaque – il ne dort plus du tout d’ailleurs, heureusement pour lui, un des spectateurs, ronflait ferme, je n’ai pas eu cette chance, j’ai dû mal à dormir dans les lieux publics -. Ben s’emmerde – et nous avec…-, il décide de travailler dans le supermarché du coin, régi par un chauve suffisant, échappé d’un film de Luc Besson tant il flirte avec le vide abyssal – c’est qu’il est doué le Besson, il a quand même transformé Mia Farrow en zombie dans son “dernier” avatar de cinéaste -. Deux post-ados s’amusent en faisant des farces d’une rare stupidité, Ben s’attache à l’une des caissières la sensible Sharon – Emilia Fox, la seule du lot à ne pas avoir l’air d’une endive -. Oui je sais, c’est méchant pour les endives, je vous recommande un site endive.net http://www.endive.net/, pour vérifier ma mauvaise foi évidente. Bon  Ben, libidineux, c’est de son âge, arrête le temps et peint nues, les clientes de la supérette. L’érotisme de David Hamilton est du niveau d’un Antonioni, en comparaison de la vision de Ellis – hélas est là -, qui se paie le luxe de n’avoir strictement aucune inventivité. Pour meubler l’ennui, j’ai donc tenté de trouver au moins une belle idée, un beau plan, un truc qui ne me pas regretter ma soirée. C’est vrai quand on tombe dans l’ineptie la plus totale, comme chez Josée Dayan ou dans la campagne électorale actuelle d’une grande tenue, le ricaneur finit toujours par tomber sur quelque chose. J’ai fini par trouver, le personnage du gérant chauve, a des pellicules sur sa veste ! et mon esprit tortueux se met en branle, est-ce volontaire, l’acteur a t’il mit un blouson d’un autre en dernière minute, bref c’est une énigme et au moins ça meuble. On trouvait François Truffaut injuste quand il disait : “On peut se demander s’il n’y a pas incompatibilté entre le mot cinéma et le mot Angleterre”, on sait désormais qu’au moins sur ce film cette déclaration toniturante colle parfaitement.

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Olivier Gourmet

 

Désormais, il ne faut plus se lamenter qu’il n’y ait plus de comédiens d’envergure, on peut toujours compter sur le talent d’Olivier Gourmet. C’est grâce aux frères Dardenne que nous avons fait connaissance avec cet acteur wallon, dans “La promesse”, où il incarne un père frustre. Il reçoit le prix d’interprétation à Cannes pour “Le fils” en 2002, où il campe un professeur de menuiserie s’attachant à un de ses élèves. Même son dos impressionne- on pourrait écrire des pages sur ce fait -, le public international y découvre cet homme au jeu à la fois physique et sensible. Il retrouvera les deux frères pour “Rosetta” en employeur de restauration rapide d’Émilie Dequenne, et en policier pour “L’enfant”. Sa stature imposante le prédispose à jouer des rôles forts, on se souviendra du truand menaçant et propriétaire d’une boîte de nuit dans “Sur mes lèvres” chez Jacques Audiard. Mais il est aussi à l’aise dans des rôles plus légers, en commissaire bon enfant dans “Mercredi folle journée”, il campe un truculent Roger Richebé dans “Laissez-passer”, réalisateur qualifié de manière définitive par Henri Jeanson de “Richebé…, pauvre C… “, ou un policier goguenard dans “Pour le plaisir”.  Il est vrai qu’au théâtre il privilégiait les rôles comiques. Il fait une composition saisissante dans “Nationale 7”, vision pas très tendre du monde du handicap de Jean-Pierre Sinapi. Il y joue un myopathe insupportable et ingérable, obsédé par l’idée d’avoir un rapport sexuel, malgré son diabète. Il est un proviseur autoritaire et rigoriste des années 70, dans “Les fautes d’orthographe” de Jean-Jacques Zilbermann, très dur avec son fils joué par le brillant Damien Jouillerot. Mais même dans ses interprétations les plus antipathiques, il y a toujours une dose d’humanité. S’il y a une constante dans ses rôles, c’est sans doute la grande dignité des personnages qu’il incarne. Il garde une grande fidélité au cinéma d’auteur, et, notamment, à Dominique Cabrera comme dans le superbe “Adieu” d’Arnaud des Pallières, où il incarne un homme qui n’aspire qu’à avoir une vie simple. Il trouve un de ses plus grands rôles dans “La petite chartreuse”, beau film de Jean-Pierre Denis face à la toute jeune Bertille Noêl-Bruneau. Il y interprète un libraire austère qui retrouve le sens de la vie en voulant sauver du coma une petite fille qu’il a percuté avec sa fourgonnette. Il s’obstine à s’occuper d’elle, en lui faisant la lecture, malgré la méfiance de sa mère – la toujours juste Marie-Josée Croze, il est bouleversant de sensibilité. S’il ne dédaigne pas le cinéma commercial, c’est pour cautionner la qualité comme dans Les brigades du tigrede Jérôme Cornuau, où il reprend le célèbre rôle du “colosse de Rhodez” popularisé par Pierre Maguelon, s’il n’est pas toujours à l’aise avec l’accent méridional, sa bonhomie étincelle. Il apporte également des beaux moments aux films de Bruno Podalydès “Le mystère de la chambre jaune” et “Le parfum de la dame en noir”, tout en marquant l’évolution de son personnage qui finit par devenir assez opaque pour son entourage… On le retrouve en curé bourru mais compatissant dans “Jacquou le croquant”, donnant du souffle à ce film qui en manque cruellement. Dans “Le couperet”, il nous livre une de ses performances le plus saisissante, en homme blessé, en parfait état d’ébriété, victime du stratagème diabolique de José Garcia, un rôle bref, mais inoubliable…  L’homme est de plus d’une grande probité, ce qui est tout à son honneur, interrogé par le “Film français” : “c’est une industrie puante ! Aujourd’hui, on crée souvent l’événement autour de rien, et ça marche. Et pourtant, je reste persuadé que la France, qui m’a accueilli à bras ouverts, demeure le pays le plus ouvert en matière de culture”. (…)  “je constate une baisse de qualité des scénarios par rapport aux années précédentes”.  (…) “le cinéma dit d’auteur a vraiment de plus en plus de mal à exister. Si je prends par exemple les dix scénarios qui sont sur mon bureau, je crois qu’un seul parviendra à se faire (…). Il est regrettable que des jeunes auteurs talentueux soient obligés de se battre contre des moulins pour monter leurs projets. “. Source :  “Cinéma.fluctuanet”. 

 

dans “La petite chartreuse”

L’homme reste engagé, comme dans “Sauf le respect que je vous dois“,

en employé qui se révolte contre le harcèlement moral. Il participe ainsi au téléfilm original de William Karel, “Poison d’avril”, critique acerbe évoquant le rôle des médias le 21 avril 2002, alternant scènes d’archives télévisées avec des scènes de comédie. Il y incarne Charles, un rédacteur en chef d’une grande probité. Il ne pourra contrecarrer les plans d’un journaliste cynique incarné par Bruno Todeschini, prêt à tout pour faire de l’audience, quitte à abandonner l’éthique des choix éditoriaux de l’équipe qu’il a désormais en charge. Charles doit se rendre à l’hôpital au chevet de son père mourant, regrettant finalement le temps passé à son métier. Olivier Gourmet fait preuve à nouveau d’une grande  émotion, notamment dans les échanges avec une infirmière. Il est formidable dans “Congorama”, comédie décalée, où il est un inventeur laborieux – rôle écrit pour Benoît Poelvoorde ! -, inventant un curieux robot-tondeuse. Ses rapports avec son père mutique et grabataire, incarné superbement par Jean-Pierre Cassel, sont très touchants. Il y fait preuve aussi de tendresse avec sa femme d’origine congolaise et son jeune fils. La révélation de sa véritable identité, il a été abandonné par des parents canadiens, finissent par ébranler ses habitudes. La rencontre fortuite avec un Canadien azimuté – Paul Ahmarani, étonnant – et … d’un émeu, finiront par faire basculer sa vie, montrant une partie peu glorieuse de sa personnalité. Dans ce film, il est d’une grande drôlerie, mais finit comme toujours par éveiller notre empathie avec son personnage. Il déclare dans “Le soir” du 17 janvier 2007 à Philippe Manche : “…On m’a rarement proposé des personnages qui ont autant de légèreté humoristique tout en ayant un véritable ressort humain…”. Pour incarner “Mon colonel” en 2006, dans le film de Laurent Herbiet, il perd 25 kilos pour incarner un militaire sec, austère, et déterminé durant la guerre d’Algérie. Il manipule une jeune recrue incarnée par Robinson  Stévenin, un idéaliste qui finit par céder à son autorité, quitte à nier ses propres convictions. Sa prestation évite tout manichéisme, pour ce personnage convaincu de bien faire, quitte à pratiquer la torture, finissant par s’arranger avec “son sens du devoir”. Il réalise là une de ses meilleures performances. On retrouve sa silhouette affûtée dans “Pars vite et reviens tard”, où il incarne un crieur public, livrant des messages dans le quartier de Beaubourg à Paris. Il y est tellement crédible que l’on finit par s’étonner que ce type de personnage ne figure pas dans notre quotidien. Dans une scène de bistrot, avec Michel Serrault, un comédien de sa trempe, il donne à son personnage une intégrité, refusant de monnayer de mystérieux messages. Il est convaincant en impresario de Coluche partagé entre ses intérêts et de l’empathie dans “Coluche, l’histoire d’un mec”. Il a toujours une belle exigence en participant à des films originaux, avec son rôle de père taiseux et pris par son travail dans “Mon fils à moi” ou dans celui de l’époux d’Isabelle Huppert habitant près d’un tronçon d’autoroute dans “Home”. Il est convainquant en policier rongé par la culpabilité de ne pas avoir retrouvé le fils disparu de “Miou-Miou” dans “Pour un fils”. Il amène une complexité dans sa composition de Réaux dans « Vénus noire », forain jouisseur se servant du personnage de Saartjie Baartman, entre manipulation perverse et empathie, pour ses propres intérêts. Il montre également sa vis comica en employé d’une quincaillerie dans Bancs Publics et le prêtre enthousiaste de « Rien à déclarer ». Il est aussi à l’aise dans les polars noirs, en frère marginal de François Cluzet et Jonathan Zaccaï, s’occupant d’un chenil dans “Blanc comme neige” et le truand implacable de “Légitime défense”. Il est saisissant dans sa composition de manager survolté d’un comédien raté dans “Robert Mitchum est mort”, dans la démesure, il trouve avec ce film original l’un de ses meilleurs rôles. L’homme garde les pieds sur terre, même le succès venant. Il reste attaché à sa Belgique natale, et continue à s’occuper de l’hôtel familial avec sa femme, dans un petit village des Ardennes, à Mirwart, depuis 1999. Régis Wargnier, rencontré lors d’une avant-première, m’a confirmé qu’il répond même au téléphone, et s’occupe des clients, mais ne propose plus désormais que les petits déjeuners, abandonnant les autres repas. Sa gamme et sa puissance de jeu étant absolument remarquable, et ses choix judicieux, c’est un comédien à suivre assurément… Génial dans son métier, et humainement remarquable.

dans “Mon fils à moi” DR

Filmographie : 1988  Hostel Party (Roland Lethem, CM) – 1991 Couru d’avance (Xavier Chitaens, CM) – 1995  Le huitième jour (Jaco Van Dormel) – La promesse (Luc et Jean-Pierre Dardenne) – 1997  Le bal masqué (Julien Vrebos) –  Sombre (Philippe Grandrieux) – Je suis vivante et je vous aime (Roger Kahane) – Le signaleur (Benoît Mariage, CM) -Toreros (Éric Barbier) – Cantique de la racaille (Vincent Ravalec) – Ceux qui m’aiment prendront le train (Patrice Chéreau) – 1998  Le voyage à Paris (Marc-André Dufresne) –  Rosetta (Luc et Jean-Pierre Dardenne) –  J’adore le cinéma (Vincent Canoo, CM) – Peut-être (Cédric Klapisch) – 1999  Nadia et les hippotames (Dominique Cabrera) (+ version TV : Retiens la nuit) – Princesses (Sylvie Verheyde) – Nationale 7 (Jean-Pierre Sinapi) –  De l’histoire ancienne (Orso Miret) – L’héritier (Philippe de Pierpont, CM) – Sauve-moi (Christian Vincent) – 2000  Mercredi, folle journée (Pascal Thomas) – Le lait de la tendresse humaine (Dominique Cabrera) – Petite sœur (Ève Deboise, CM) – Laissez passer (Bertrand Tavernier) – 2001 Sur mes lèvres (Jacques Audiard) – Une part du ciel (Bénédicte Liénard) – Un moment de bonheur (Antoine Santana) – Le fils (Luc et Jean-Pierre Dardenne) – Peau d’ange (Vincent Perez) – Le temps du loup (Michael Haneke) – 2002  Le mystère de la chambre jaune (Bruno Podalydès) – Adieu (Arnaud des Pallière) –  Les mains vides (Marc Recha) – Trouble (Harry Cleven) – 2003  Pour le plaisir (Dominique Derrudderre) – Folle embellie (Dominique Cabrera) – Quand la mer monte (Yolande Moreau et Gilles Porte) – Les fautes d’orthographes (Jean-Jacques Zilbermann) – Le pont des arts (Eugene Green) – 2004  La petite Chartreuse (Jean-Pierre Denis) – Le parfum de la dame en noir (Bruno Podalydès) – Le couperet (Costa-Gavras) – L’enfant (Luc & Jean-Pierre Dardenne)  – Sauf le respect que je vous dois (Fabienne Godet) – 2005  Un homme ordinaire (Vincent Lannoo) – Mon fils à moi (Martial Fougeron) – Jaquou le croquant (Laurent Boutonnat) – Les brigades du tigre (Jérôme Cornuau) – Congorama (Philippe Falardeau) – Madonnen (Maria Speth) – Cow-boy (Benoît Mariage) – 2006  Mon colonel (Laurent Herbiet) – Madre e ossa (L’amour caché) (Alessandro Capone) – Pars vite et reviens tard (Régis Wargnier) – 2007  Go fast (Olivier Van Hoofstadt) – Mesrine : L’ennemi public N°1 (Jean-François Richet) – Home (Ursula Meier) – Bancs publics (Bruno Podalydès) – Coluche, l’histoire d’un mec (Antoine de Caunes) – Le silence de Lorna (Luc & Jean-Pierre Dardenne) – 2008  Pour un fils (Alix de Maistre) – Un ange à la mer (Frédéric Dumont) – Robert Mitchum est mort (Olivier Babinet & Fred Kihn) – Altiplano / Fragment of Grace (Jessica Woodworth & Peter Brosens) – 2009  Blanc comme neige (Christophe Blanc) – La vénus noire (Adbellatif Kechiche) – Le roman de ma femme (Djamshed Usmonov) – 2010  Rien à déclarer (Dany Boon) – Légitime défense (Pierre Lacan) – Le garçon à vélo (Jean-Pierre et Luc Dardenne) – L’exercice de l’État (Pierre Schoeller) – 2011  Montana (Stephan Streker) – Le guetteur (Michele Placido) – Hénaut président (Michel Muller) – 2012  Violette (Martin Provost) – Grand central (Rebecca Zlotowski) – SK1, la traque de Guy Georges (Frédéric Tellier) – 2013  La marche (Nadir Ben Yadir) – La tendresse (Marion Hänsel) – Terre battue (Stéphane Demoustier). Télévision : 1994  Maigret en vacances (Pierre Joassin) – 1995  Les Steenford, maîtres de l’orge (Jean-Daniel Verhaeghe) – Folle de moi / Y a pas de lézard (Pierre Joassin) – 1997  Papa est monté au ciel (Jacques Renard) – 2000  Dossier dopage : contre la montre (Jean-Pierre Sinapi) – 2006  Poison d’avril (William Karel) – Candidat libre (Jean-Baptiste Huber) – 2007  L’affaire Ben Barka (Jean-Pierre Sinapi) – 2012  Les anonymes – Ùn’ pienghjite micca (Pierre Schoeller, + diffusion en salles).

LE COIN DES DICTIONNAIRES

La vision dans la librairie du dictionnaire des acteurs de Christian Dureau, dernière version, avec toujours les mêmes erreurs, et celle de Jean Tulard dans l’émission chez “F.O.G.” dans son numéro habituel de fanatique bonapartiste… face à Nicolas S., me donne l’envie de vous resservir le premier texte de mon ancien blog. Il est toujours d’actualité concernant la reprise parfois abusive de certains textes. Il est vrai les infos vont et viennent, vous avez parfois la surprise de les retrouver ailleurs, je cite il est vrai nombre d’articles de journaux, mais dans un but d’information, au moins en citant mes sources et dans un blog, donc non lucratif par excellence. Il m’arrive parfois de retrouver mes infos ailleurs, une fois sur “Wikipédia “concernant François Berléand, mais son équipe est soucieuse du droit et a supprimé cet emprunt. Reste que “Wikipédia”, à l’instar d’IMDB, est source de trouvailles – il y a des infos inédites sur des seconds rôles français, grâce à un internaute je connais enfin René Hell, spécialisé dans les vieillards chenus -. Voilà que je me retrouve depuis mi-décembre à compléter aussi certaines notules, je vais finir “bredin” à continuer ainsi en plus du blog et d’IMDB – quoi que le blog en ce moment je sèche un peu vous pouvez le constater, ma source aux platitudes se tarissant un tantinet…-. Mais prenons exemple d’une société qui met en ligne un site sur “Le cinéma français”, que je ne vous citerai pas et qui ne trouve rien de mieux que de piquer des infos à droite à gauche, dans le style comment créer un site sans se fatiguer. Des infos, par exemple, de mes amis Yvan Foucart, pour son “dictionnaire des disparus du cinéma français” et des photos inédites de Philippe Schroeder, participant activement au site d’André Siscot “Les gens du cinéma”  – voir les explications dans sa rubrique “News” -, se retrouvent sans vergogne intégralement reprises par quelques fumistes, qui citent juste “Ces textes sont issus de la collection des fiches de “Les gens du cinéma”, sans même un triste lien ! Une pratique déloyale, indigne et désobligeante pour le travail d’autrui, alors que le propriétaire du site trouvé dans le “Whois”, base des noms de domaine de l’AFNIC, est une société qui a son petit chiffre d’affaires assez croquignolet. Un site entièrement constitué “d’emprunts divers”, rentabilisation optimale des touches “Control” + “C” et “Control” + “V”. Les bénévoles et autres passionnés ont donc du souci à se faire, les vautours sont là !

Trois dictionnaires du cinéma : (texte déjà paru le 25 mars 2005, dans la précédente version de ce blog)

– Dictionnaire international des acteurs du cinéma de Christian Dureau (Editions La Mascare France, 2004)”seul dictionnaire du cinéma entièrement consacré aux acteurs et actrices du monde entier”, …ou plutôt auto-proclamé comme tel par Christian Dureau. Certes il y a des corrections depuis la précédente édition qui fourmillait d’erreurs, avec une préférence pour “La semaine savate” au lieu de “La semaine sainte” (Wojtek Pszoniak) erreur corrigée depuis, suite à un mail à la maison d’édition. Mais cette édition est tout aussi décevante, en premier lieu le pillage sans vergogne des fiches de “Monsieur Cinéma” (James Whitmore, Robert Loggia, Jacques Marin, Olivier Hussenot, etc…” ) ou de la rubrique de “Ciné-Revue” :  “Les immortels du Cinéma” (Bella Darvi, Michel Etcheverry, Jean Rougerie, etc…) bien sûr sans les citer, procédé particulièrement odieux, mais avec des circonstances largement atténuantes pour “Ciné Revue”, pour les deux derniers noms Daniel de Belie ayant recopié littéralement les articles de “La lettre des comédiens”, revue de Jean-Jacques Jouve, hélas disparue depuis. La boucle est bouclée, ironie du sort que de voler un voleur. Second lieu la notion “filmographie complète” et “principaux films” disparaissent au profit d’une “filmographie” belle manière de palier aux manques pour lecteurs hâtifs. Les filmos sont visiblement l’oeuvre d’un fumiste. Prenons un seul exemple la filmo de François Berléand on retrouve inévitablement les films de son presque homonyme François Berland – de “La galette des rois” à “Je préfère qu’on reste amis”, des films jamais tournés par Berléand – “Je t’aime je t’adore”, “Arsène Lupin” -, et un film cité deux fois – “Je suis votre homme” – etc… Mais le pire est encore à venir André Siscot et Yvan Foucart (deux modèles de rigueur, tordant le cou à des erreurs récurrentes , comme l’exemple de Laurent Terzieff auquel on attribuait souvent le véritable nom de Ludmilla Tcherina, par la faute d’un recopieur maladroit, erreur à la vie dure et enfin rectifiée ) ont communiqué leurs recherches d’états civils (un travail colossal) bénévolement au désinvolte sieur Dureau, qui en a pris certaines en considération et d’autres pas (Bourvil, par exemple) jetant ainsi un discrédit sur les travaux d’André Siscot, en laissant des erreurs perdurer, ce qui montre bien le côté dilettante du personnage.

Le dictionnaire des acteurs par Jean Tulard

Jean Tulard, … de l’institut

“Les Charlots sont à l’original ce qu’un joueur de tennis non classé de Romorantin est à Connors ou Mac Enroe” Tel est le style du sieur Tulard (… de l’Institut) dans son “dictionnaire du cinéma – les acteurs”, . Premier temps (1984-1996) : Un style à l’emporte-pièce, une misogynie certaine (“boudins” ou autres “Teutonnes”, sur de nombreuses fiches), des omissions à la pelle (qui n’a pas annoté les premières versions sur les marges?), de vagues filmos bien qu’annoncées complètes, erreurs sur les prénoms (Maurice! Dalio), confusions entre les personnes (Jill Clayburgh avec Jill Ireland, résultat Jill Clayburgh joua l’agonie de Jill Ireland dans un téléfilm, en plus il donne des idées aux producteurs !), Hélène Surgère se retrouve avec des films de Marthe Villalonga ! (“Inspecteur La Bavure”/”Nous irons tous au paradis”/”Trois hommes et un couffin”) les deux fiches se faisant suite dans un numéro de feu “La Revue du cinéma”.
Pour les seconds rôles aucun ajout sur les titres recopiés dans l’excellent “Dictionnaire du cinéma et de la télévision” de Maurice Bessy et Jean-Louis Chardans (dernière édition en 1966), exemple pour Robert Dalban aucun film après 1963 (même pas les célèbres “Tontons flingueurs”, toujours absent de la version 2004 !) sous le fallacieux prétexte “que la plupart des films deviennent de plus en plus médiocres”! Et le Tulard (…de l’Institut !) faisait le beau chez Pivot, comme la référence des dictionnaires. Bref Bérézina, nougat et chocolat comme chantait Sophie Marceau, certains cinéphiles nommait ce dictionnaire le “Nulard”, son dictionnaire des réalisateurs étant cependant plus honorable. Second temps l’arrivée d’un certain Gregory Alexandre (1999-20??), Malgré la persistance de l’ancienne formule, (“Le vicomte règle ses comptes” réalisé par Godard ! pour la filmo de Jean Yanne), l’apport de Gregory Alexandre rédacteur sur “Ciné-Live” est considérable (500 000 signes au bas mot pour l’édition 2001). La part belle est laissée aux seconds couteaux. Cinéphile passionné, je retrouve aussi son nom dans la liste de fin d’année des “fourmis” complétant le site IMDB (ouf , je ne suis pas le seul grand malade !) Grégory Alexandre nous offrant enfin un ouvrage plus digne. Il méritait des encouragements. Hélas, la septième version 2004, semble sonner le glas de sa collaboration avec Jean Tulard (…de l’Institut). Toujours pas de relecture en aval (pour les anciennes fiches, “Eugènie Grandet” réalisé par Balzac ! (filmo d’Alida Valli), “White Fang (Croc Blanc)” deviennent “White” réalisé par Fang ! (John Carradine), et des vagues mises à jour ici ou là, et pas systématiquement. Il y a peu de compléments, telle une fiche sur François Chaumette, ignorant superbement les années 60 à 90. Bref, une réédition “light”, Jean Tulard (…de l’Institut) semblant avoir repris les rennes seul, hélas… Si vous avez la version 2001 de ce dictionnaire évitez de vous faire avoir, en achetant la réédition 2004.
– Que certains livres trouvent un éditeur laisse perplexe tel “Le dictionnaire des grands acteurs de séries télévisées” de Jacques Foucart, qui se contente pour le plus gros de recopier les apparitions TV du site IMDB (c’est flagrant pour les Français). Certes l’effort était louable mais ce listing est paresseux, il n’y a pas de photos, malgré la présence de seconds couteaux, aucun texte, aucun effort, aucun réalisateur. L’originalité du site d’IMDB est que de nombreuses précisions proviennent directement des internautes. Pour prendre l’exemple de ma pomme, il m’arrive de rentrer de nombreuses TV (séries et téléfilms français notamment), venant d’anciens Téléramas, “Ciné Revue” ou de génériques TV (“Antoine Rives”, “Le tribunal de l’impossible”, “Les cinq dernières minutes”…), histoire de sauvegarder une mémoire collective. Ces infos sont alors disponibles pour tous, tant mieux si un petit malin réussit à publier ces informations. Mais le comique de l’histoire est que l’auteur de ce livre se targue avoir passé… 10 000 heures à rechercher ses informations !. 10 000 heures à recopier IMDB, à ce compte l’achat d’une imprimante s’impose…

TRUANDS

Avant-première le 10 janvier dernier, de “Truands”, à l’UCG Cité-Ciné Bordeaux, en présence de son réalisateur, Frédéric Schoendoerffer. Après avoir démythifié le milieu de la police : “Scènes de crimes ” et de l’espionnage “Agents secrets”, il s’attaque ici au monde des truands. Tel un entomologiste, avec son scénariste Yann Brion, il dissèque les mécanismes du grand banditisme. Il présente d’ailleurs son film – avec une formule répétée à l’envi durant la promotion du film -, comme un “Microcosmos chez les voyous” – on retrouve d’ailleurs Bruno Coulais à la musique -. La violence réelle n’est pas complaisante ou graphique à l’instar du sinistre Mel Gibson et son nauséeux “Apocalypto”. Il a tiré les leçons d’un Martin Scorsese, on s’attendrait presque à voir déboulé Joe Pesci sur l’écran. Schoendoeffer, a d’ailleurs dû édulcorer certains faits réels, il en était question dans l’excellente émission de Frédéric Taddeï sur France 3, “Ce soir ou jamais”, en présence de spécialiste. Le parti pris n’est pas de faire une stylisation d’un Jean-Pierre Melville, qui prenait son inspiration dans le cinéma américain – il avait une adoration pour le coup de l’escalier de Robert Wise. Olivier Marchal avait dû faire quelques concessions pour son “36, quai des orfèvres”, pour éviter l’interdiction au moins de 16 ans. Le romantisme du “voyou” au grand cœur, est abandonné pour une vérité frontale. Nous sommes loin du folklore et des poncifs habituels sur les milieux de la pègre en région parisienne. Le doigt est mis ici, comme le dit son auteur, sur l’esprit gaulois, frondeur et indépendant, expliquant l’échec du système mafieux en France. La femme est traitée comme un objet, la brutalité est le langage basique de cette poignée d’hors-la-loi. Il y a des codes, des lois, le réalisateur démontant les trafics et braquages divers. Une poignée d’hommes règne sur des hommes de mains corvéables à merci, et vivent dans un luxe ostentatoire, dominant un petit territoire. Le réalisateur révèle qu’il a voulu éviter toute sympathie avec ses personnages, évoquant la petite famille de la saga des “Parrains” de Coppola, avec laquelle on finit mine de rien par s’y attacher. Le réalisme ici apporte une distance, des détonations des armes, à la manière de ces bandits à vivre dans une autarcie.

Benoît Magimel & Philippe Caubère

La distribution est assez étonnante, notamment Philippe Caubère en caïd fat, parfois grotesque, se fiant à son instinct avec un peu trop de sûreté. On aurait pu craindre que son parcours théâtral brillant pouvait peser sur son interprétation – il n’a plus fait de cinéma depuis 1989, depuis l’adaptation de l’œuvre de Marcel Pagnol par Yves Robert. Mélange de rage, de folie furieuse, Caubère sidère et est très crédible dans ce rôle de Claude Corti, quinquagénaire cruel. Pour la petite histoire Schoendoerffer l’a choisi pour l’avoir vu dans…. Thalassa, le magazine de la mer de France 3 ! Il ne connaissait pas le parcours théâtral du comédien – ni les captations remarquables de Bernard Dartigues -, en l’entandant parler, il a trouvé ainsi son personnage… Benoît Magimel échappé Mevillien, dans un rôle assez trouble excelle. Le polar est un genre patent dans l’histoire du cinéma français, en crise désormais, la télévision donnant dans l’aseptisation général en crééant ses héros irréalistes de la police. Olivier Marchal trouve également un poids dans cette histoire, en homme défait mais encore confiant sur l’amour, Béatrice Dalle, en compagne de Claude Corti, amène une humanité remarquable, figurant la raison dans ce cahos général. Tout comme dans “Virgil” on retrouve également Tomer Sisley, également probant dans le registre du polar, en truand tenté par l’islamisme. La gallerie des truands est aussi remarquable jusqu’à la moindre silhouette, du cascadeur Alain Figlarz, Dominque Bettenfeld, Moussa Maaski, sans oublier Ludovic Schoendoerffer, propre frère du réalisateur dans un jeu assez expressionniste. Frédéric Schoendoerffer, qui cite ici son père – un extrait de la “317ème section”, avec reconnaissance, comme Oliver Marchal,  en partant de la réalité, sans renouveller le genre, font perdurer au moins une certaine tradition, c’est emminamment louable, et c’est suffisamment rare pour le signaler. Le dosage divertissement et côté documentaire fonctionne au final dans ce film âpre dont la noirceur peut désorienter les habitués de petits thrillers roublards, qui sont la constante en ce moment.

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Soleig Dommartin

Annonce du décès de Solveig Domamartin, à l’âge de 48 ans qui fut la muse et la compagne de Wim Wenders, à l’âge de 48 ans, d’une crise cardiaque, le 11 janvier dernier. Elle reste inoubliable dans le rôle de Marion dans “Les ailes du désir” et sa suite le curieux “Si loin, si proche”, réflexion d’une Allemagne après la chute du mur de Berlin. Elle était radieuse dans son rôle de trapéziste et on pouvait comprendre que Bruno Ganz abandonne son statut d’ange pour devenir un simple humain, par amour pour elle. Dans le mésestimé “Jusqu’au bout du monde”, elle figurait une femme énigmatique que suivait William Hurt. Elle en avait proposé le sujet, mais le film semble avoir souffert d’avoir beaucoup été coupé au montage. Elle était également l’héroïne du confidentiel “Je t’ai dans la peau”, où elle jouait une femme meurtrie devenue religieuse après la mort de son enfant, et qui découvre l’engagement politique en rencontrant un syndicaliste communiste joué par Philippe Clévenot. Elle figurait la douceur, dans un monde d’homme dans le saisissant “S’en fout la mort” de Claire Denis, et elle traversait “J’ai pas sommeil”. Elle avait une grâce particulière subtilement évoquée par Véronique Cayla, directrice générale du CNC , vendredi dernier dans les médias : “Elle était une actrice magique qui illuminait l’écran, et comme dans l’ange dans les “Ailes du désir”, éblouissait chacun d’entre nous”. En 1998, elle était passée à la réalisation avec le court-métrage “Il suffirait d’un pont” bénéficiant d’une brillante distribution, Luis Rego, Catherine Frot, Romane Bohringer, Philippe Clévenot, Elli Medeiros, Garance Clavel, Georges Claisse… Dans le  quartier du Canal Saint-Martin, elle observait 4 couples, entre une écluse, deux barrières et un pont. Elle a été inhumée hier dans les Vosges. Remerciements à Marc Lacroix.

Solveig Dommartin dans “Les ailes du désir”

Filmographie : 1983  Lettre de la Sierra Morena (Jacques Rozier) 1986  Der himmel über Berlin (Les ailes du désir) (Wim Wenders)  – 1988  The prisoner of St. Petersburg (Ian Pringle) – Je t’ai dans la peau (Jean-Pierre Thorn) – 1990  S’en fout la mort (Claire Denis) – 1991  Bis ans ende der welt (Jusqu’au bout du monde) (Wim Wenders) – 1992  In weiter ferne, so nah ! (Si loin, si proche) (Wim Wenders) – 1993  J’ai pas sommeil (Claire Denis) – 1997  Eiffel Tower tilogy : Height, weight & gravity (Paul Nalin, CM) – 2005  Ma folie, ma liberté (Michel de Linas, documentaire, CM, voix seulement). Télévision : 1994  Navarro : Sentiments mortels (Nicolas Ribowski) – 1996  Commandant Nerval : À qui profite le crime ? (Henri Helman) – Montage : Tôkyô-Ga (Wim Wenders, documentaire) – Comme réalisatrice : 1998 Il suffirait d’un pont, CM. 

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