Annonce un peu tardive de la mort de l’excellent Paul Le Person, mort le 8 Août dernier. Il y avait du Bourvil chez cet homme, une sorte de bon sens paysan, une décontraction et un humour à froid à l’image de son célèbre Perrache dans “Le grand blond avec une chaussure noire” et sa suite. Très à l’aise dans l’humour en général il campait un commissaire que Pierre Richard fait tourner en bourrique lors d’une déposition après une tentative de suicide : “Les malheurs d’Alfred (Pierre Richard, 1973). Il est l’un des moines rigolards avec Bernard Musson, Guy Montagné et Marcel Pérès, dissertant sur la vie des saints, jouant aux cartes avant d’être victime de l’exhibitionnisme de Michael Lonsdale en chapelier – fou forcément – masochiste dans “Le fantôme de la liberté” (Luis Buñuel, 1974). Le très bon dictionnaire du cinéma breton de Gérard-Louis Gautier (Télégram édition, 1995), nous rappelle qu’il était “attiré très tôt par l’École des Arts décoratifs, il devient dessinateur industriel. Après audition, il s’inscrit au théâtre de L’Ambigu. Elène de Roger Clairval au théâtre de l’Odéon, il est engagé d’abord dans des opérettes avant de jouer “Le brave soldat Svejk” (Jaroslav Hasel), monté par José Valvez en 1965″. Découvert dans les années 60 au cinéma, il martyrisait le pauvre bredin joué par Jean Lefebvre dans “Un idiot à Paris” (Serge Korber, 1966), rôle bizarrement non crédité et finissait par jouer du bidon frappé de folie, privé de son bouc émissaire. Très marqué par ses origines bretonnes “Le cheval d’orgueil” (Claude Chabrol, 1980) ou les films d’Albert Dupontel, il pouvait être aussi tenace tel le commissaire dans “Un cave” (Gilles Grangier 1971). On se souvient du rôle du passeur dans le beau “Les violons du bal” (Michel Drach, 1973), et de son Ganimard dans la version télé d’Arsène Lupin avec François Dunoyer dans le rôle titre dans les années 90. On l’a vu récemment en grand-père taiseux d’Adrien dans “La chambre des officiers” (François Dupeyron, 2000) ou en curé onctueux dans “Vipère au poing” (Philippe de Broca, 2003), en attendant deux téléfilms encore inédits en France mais diffusés en Belgique “L’évangile selon Aîmé” et en Suisse “Le bal des célibataires”, dans deux rôles de prêtres également. Solide, il faisait toujours preuve d’humanité ou de malice. A lire l’indispensable hommage d’Yvan Foucart pour Les gens du cinéma, en attendant l’hommage prochain d’Yvan Foucart. Bibliographie : L’humanité : La noblesse des seconds rôles par Bruno Vincens.
Filmographie : 1965 La vie de château (Jean-Paul Rappeneau) – Un homme et une femme (Claude Lelouch) – 1966 Safari diamants (Michel Drach) – Un idiot à Paris (Serge Korber) – Le voleur (Louis Malle) – 1967 Mise à sac (Alain Cavalier) – Alexandre le bienheureux (Yves Robert) – 1968 Sous le signe de Monte-Cristo (André Hunebelle) – 1970 Mont-dragon (Jean Valère) – Le voyou (Claude Lelouch) – On est toujours trop bon avec les femmes (Michel Boisrond) – 1971 Les malheurs d’Alfred (Pierre Richard) – Un cave (Gilles Grangier) – 1972 Le grand blond avec une chaussure noire (Yves Robert) – 1973 Le train (Pierre Granier-Deferre) – Les violons du bal (Michel Drach) – 1974 Le fantôme de la liberté (Luis Buñuel) – Le retour du grand blond (Yves Robert) – 1975 Chobizenesse (Jean Yanne) – 1976 Coup de foudre (Robert Enrico, inachevé ) – 1978 Coup de tête (Jean-Jacques Annaud) – 1980 Le cheval d’orgueil (Claude Chabrol) – Les ailes de la colombe (Benoît Jacquot) – 1981 Neige (Juliet Berto et Jean-Henri Roger) – Jamais avant le mariage (Daniel Ceccaldi) – 1983 Le juge (Philippe Lefebvre) – 1984 Le jumeau (Yves Robert) – Monsieur de Pourceaugnac (Michel Mitrani) – 1985 Douce France (François Chardeaux) – 1989 L’autrichienne (Pierre Granier-Deferre) – 1990 Lacenaire (Francis Girod) – La dernière saison (Pierre Bécu) – 1991 Blanc d’ébène (Cheik Doukouré ) – 1992 Amour, amor (Abder Saïd, CM) – 1996 Bernie (Albert Dupontel) – 1998 Le créateur (Albert Dupontel) – 2000 La chambre des officiers (François Dupeyron) – 2001 Les jours où je n’existe pas (Jean-Charles Fitoussi) – 2003 Vipère au poing (Philippe de Broca) – 2005 Tête de gondole [épisode de liaison “Gégé et Lulu”] (Didier Flamand) .

Avec Lorella Cravotta dans “L’évangile selon Aimé” DR
Télévision : (notamment) : 1963 Les Sonderling (René Lucot) – Le timide au palais (René Lucot) – Théâtre de la jeunesse : Le général Dourakine (Yves-André Hubert) – Félix [Épisodes : Le wagon-lit; Le gain de temps; L’horoscope; Le cinéma; Le camping; La politesse & 1er avril] (Christian Duvaleix, CM, série) – 1964 Théâtre de la jeunesse : Le magasin d’antiquités (René Lucot) – 1966 Rouletabille chez le Tzar (Jean-Claude Lagneau, série TV) – En votre âme et conscience : La mort de Sidonie Mertens (Marcel Cravenne) – 1967 Théâtre d’aujourd’hui : Le brave soldat Chweik (Jean-Paul Roux) – 1968 Le théâtre de la jeunesse : Ambroise Paré : Les victoires (Jacques Trébouta) – Lumières dans la nuit / Nuit d’octobre ou les lumières dans la nuit (André Michel) – Tribunal de l’impossible : Nostradamus ou le prophète en son pays (Pierre Badel) – Les grandes espérances (Marcel Cravenne) – 1969 Sainte Jeanne (Claude Loursais) – 1970 La demande en mariage : Le Couarail (Jean L’Hôte) – Vieille france (André Michel) – Reportage sur un squelette ou masques et bergamasques (Michel Mitrani) – Un mystère par jour : La chimère (Jacques Audoir) – Tête d’horloge (Jean-Paul Sassy) – La mort de Danton (Claude Barma) – 1971 Tartuffe (Marcel Cravenne) – François Gaillard : Pierre (Jacques Ertaud) – Les enquêtes du commissaire Maigret : Maigret à l’école (Claude Barma) – 1972 Les sanglots longs (Jean-Paul Carrère) – La malle de Hambourg (Bernard Hecht) – Les champs de pierre (Joseph Drimal) – La tuile au loup (Jacques Ertaud) -Les dernières volontés de Richard Lagrange (Roger Buckhardt) – Les Thibault (André Michel et Alain Boudet) – 1973 Le bleu d’outre-tombe (Édouard Logereau) – La feuille de Bétel (Odette Collet) – Les glaces (Claude Dagues) – Histoire d’une fille de ferme (Claude Santelli) – 1974 A vos souhaits… la mort (François Chatel) – Jeanne ou la révolte (Luc Godevais) – L’homme au contrat (Jacques Audoir) – Messieurs les jurés : L’affaire Varney (André Michel) – Quai de l’étrangleur (Yves-André Hubert) – 1975 Salavin (André Michel) – Les Rosenberg ne doivent pas mourir (Stellio Lorenzi) – 1976 Les cinq dernières minutes : Le pied à l’étrier (Claude Loursais) -Bonjour Paris (Joseph Drimal) – Adios (André Michel) – Le gentleman des Antipodes (Boramy Tioulong) – François Le Champi (Lazare Iglésis) – 1977 Zoo ou l’assassin philanthrope (Renaud Saint-Pierre) – Inutile d’envoyer photo (Alain Dhouailly) – Banlieue Sud-Est (Gilles Grangier) -Emmenez-moi au Ritz (Pierre Grimblat) – L’ancre de miséricorde (Bernard d’Abrigeon) – Les héritiers : Adieu l’héritière (Roger Pigaut) – 1978 Le devoir de français (Jean-Pierre Blanc) – Les héritiers : le quincailler de Meaux (Pierre Lary) – Les procès témoins de leur temps : Le jour où l’on me trouvera morte (Roger Kahane) 1979 Le baiser au lépreux (André Michel) – La nuit de l’été (Jean-Claude Brialy) – Les amours de la belle époque : Ces dames aux chapeaux verts (André Flédérick) – Le tour du monde en 80 jours (André Flédérick, captation) – 1980 Caméra une première : Code 41617 (Claude Vajda) – Histoires étranges : Le marchand de sable (Pierre Badel) – Au théâtre ce soir : La queue du diable (Pierre Sabbagh) – L’épreuve (Alain Dhouailly) – Les mytères de Paris (André Michel) – Docteur Teyrand (Jean Chapot) – 1981 Les fiançailles de feu (Pierre Bureau) – Blanc, bleu, rouge (Yannick Andréi) – Cinéma 16 : Le marteau-piqueur (Charles Bitsch) – Le mystère de Saint-Chorlu (Claude Vajda) – Livingstone (Jean Chapot) – Commissaire Moulin : Le patron (Claude Boissol) – 1982 Marcheloup (Roger Pigaut) – Paris-Saint-Lazare (Marco Pico) – Mozart (Marcel Bluwal) – 1984 Les ferrailleurs des lilas (Jean-Paul Sassy) – Manipulations (Marco Pico) – Les copains de la Marne (Christian Spiero) – Le scénario défendu (Michel Mitrani) – 1985 Messieurs les jurés : L’affaire Féchain (Alain Franck) – Cinéma 16 : Les idées fausses (Éric Le Hung) – L’argent du mur (Jean-François Delassus) – Médecins de nuit : Mot de passe (Jean-Pierre Prévost) – 1987 L’or noir de Lornaac (Toni Flaadt) – Drôle d’occupations (Alain Boudet) – 1988 Les enquêtes du commissaire Maigret : La morte qui assassina (Youri) – 1989 Les jupons de la Révolution : Talleyrand ou Les lions de la revanche (Vincent de Brus) – Le retour d’Arène Lupin (Michel Wyn, Jacques Besnard, Philippe Condroyer, Jacques Nahum & Jordi Cardena, saison 1) – 199? Mésaventures : Billet doux (Jacques Audoir) & La fille au couteau à cran d’arrêt (Éric Le Hung) – 1992 Mésaventures : La gloire de mon oncle (Sélim Isker) – Château au Portugal (Julien Vartet) – 1993 Clovis : La vengeance du clown (François Leterrier) – 1994 Les nouveaux exploits d’Arsène Lupin (Alain Nahum, Nicolas Ribowski, Vittorio Barino, Victorio de Sisti & Philippe Condroyer, saison 2, 1994-1996) – 1996 Les allumettes suédoises : David & Olivier – 3 sucettes à la menthe (Jacques Ertaud) – L’orange de Noël (Jean-Louis Lorenzi) – 1997 Miracle à l’Eldorado (Philippe Niang) – 1998 H : une histoire de voisin (Édouard Molinaro) – 1999 Le rouge et le blanc (Jean-Louis Lorenzi) – 2001 BRIGAD : Dialogue de sourds (Marc Angélo) – Le champ dolent, le roman de la terre (Hervé Baslé ) – 2002 Joséphine ange gardien : Le compteur à zéro (Henri Helman) – 2003 Blandine, l’insoumise : Une si jolie plage (Claude d’Anna) – 2004 L’évangile selon Aîmé (André Chandelle) – Le bal des célibataires (Jean-Louis Lorenzi)
Non datés : LE COUTEAU DANS LA PLAIE de Jean Chapot (titre de tournage du « Docteur Teyrand » ?) CHRONIQUE D’UNE MAISON PROVINCIALE FRANCOIS VILLON de Serge Nicolaesco LES PIQUE ASSIETTES de Jean-Luc Moreau / ELLE ET LUI / Derrière le miroir DUVAL Secrets d’outre tombe de Bertrand Van Effenterre
Théâtre : notamment
LE BRAVE SOLDAT SWEIK / LE CONCILE D’AMOUR HADRIEN VII CRIME ET CHATIMENT / ZOO, mise en scène de Jean Mercure / SI T’ES BEAU T’ES CON de Françoise DORIN TURCARET d’Alain-René Lesage, mise en scène de Serge Peyrat (1975) LADY PAIN D”EPICE / LE TOUR DU MONDE EN 80 JOURS, mise en scène Jacques Rosny / LES CRUCIFICATIONS DE LA ST BARTHELEMY mise en scène de Jean Mercure / LES BAS FONDS MARIAGE de Bernard SHAW IONESCO d’Eugène Ionesco, mise en scène de Roger Planchon (1986) / LES NUITS DIFFICILES de Dino BUZZATI LES BRUMES DE MANCHESTER, mise en scène Robert Hossein (1986) / LE COURRIER DE LYON, mise en scène Robert Hossein LA LIBERTE OU LA MORT, mise en scène Robert Hossein / LA ZIZANIE MASTER CLASS LA CHAUVE SOURIS (Opéra de Nice) / JE M’APPELAIS MARIE-ANTOINETTE, mise en scène Robert Hossein / LE DINDON de Georges Feydeau, mise en scène Francis Perrin
A lire le témoignage d’Albert Dupontel dans son BLOG qui a répondu très aimablement en évoquant le comédien suite à ma demande.
Remerciements à Patrick Bernard. Mise à jour du 17/01/2009

Pour rester dans la tonalité d’un film au scénario décousu parlons du curieux film de 1971 – et encore c’est un euphémisme – que “Les Insatisfaites poupées érotiques du docteur Hitchcock”. Vaste programme pour ce titre français, film d’un honnête faiseur Fernando di Leo. Il n’y a évidemment pas de docteur Hitchcock – pauvre sir Alfred -, il y a peut être une volonté à rappeler le film de Riccardo Freda “Le spectre du Dr. Hitchcock”. La version présentée est française – on reconnaît les voix rassurantes de Roger Rudel ou Jean-Henri Chambois. C’est le film typique italo-européen des années 70, à connaître 36 versions et autant de titres “La clinique des ténèbres”, “La bestia uccide a sangue freddo”, “The cold-blooded beast”, etc… Le film se passe dans une maison de repos ou un asile psychiatrique on ne sait pas trop, pour jeunes femmes fortunées et légèrement dérangées. Arrive Cheryl Hume – Margaret Lee aidée de son teint blafard -, névrosée et suicidaire abandonnée par son mari au charme du lieu. Par une curieuse coïncidence, il n’y a que des créatures sculpturales qui jouent au croquet, sirotent du champagne et joue aux échecs, le personnel soignant propose des infirmières dévouées – pour le massage -, ce qui nous donne lieu à des scènes saphiques assez ollé ollé. Le lieu de soins est un pavillon superbe, isolé certes dirigé par deux professeurs, le professeur Francis Clay, c’est Klaus Kinski avec la présence rassurante que l’on connaît et qui passe son temps à fumer avec anxiété, et le professeur Ostermann – John Karlsen, qui n’est pas mal non plus -. 
On peut définir comme cultissime et réjouissant “Casino Royale” et qui reste pour moi un des films les plus divertissants. Comme le dit bien l’accroche du film “Casino Royale is too much for one James Bond !” il y a ici une dizaine de Bond, y compris des femmes. 


George Romero réussit avec “Land of the Dead” à concilier un excellent film d’horreur, tout en décrivant de manière acerbe la société de son temps , et une certaine tendance politique des États Unis. Sa vision est pessimiste, à part une poignée de personnes justes, chacun tente de trouver son compte dans une société difficile, et si certains reste dans un comportement social, c’est par intérêt. La violence barbare et primitive relève ici plus de la survie, de la loi du plus fort, du chacun pour soi. Dennis Hopper dans un jeu très underplaying est admirable dans son rôle de maître de ce IGH qui constitue un refuge pour les élites. Il maîtrise une certaine ironie sourde, et sert même de symbole de l’évolution des États-Unis. Certaines déclarations misent dans sa bouche prennent donc un certain relief. Bruno Icher et Florent Latrive dans “Libération” citent avec justesse George Romero qui « dit volontiers sa déception d’apprendre que Hopper, «enfant de la contre-culture» comme lui, est aujourd’hui un homme de droite qui s’assume : «Easy Rider joue au golf et vote républicain, le croyez-vous ?» Cela n’empêche pas Hopper d’avoir porté le projet. Téléphonant à son réalisateur après lecture du script pour lui dire, enthousiaste, «Kaufman, c’est Donald Rumsfeld.» C’est tout un parcours… Despote déterminé, regrettant d’avoir certains agissements selon les informations qui étaient en sa possession, il est réjouissant d’ignominie. Il représente la société du replis sur soi, une humanité vénale finalement prise à son propre piège. La seconde catégorie du film est constituée de marginaux parqués autour du lieu – du mythe américain ? -, et dont la plupart ne pensent qu’à rejoindrent le grand bâtiment, par des menus services, comme le personnage de John Leguizamo – excellent – mercenaire arriviste et chargé des basses œuvres et rêvant d’une place au soleil par tous les moyens. La lutte inévitable, et les perturbateurs rapidement neutralisés comme Asia Argento – on sait l’importance de son père Dario, dans l’œuvre de Romero – est une prostituée dure au mal, jetée en pâture par un nain aigri tout droit sorti de « Freaks » et prévue pour être sacrifiée à une nouvelle société du spectacle. Le film fraternise donc avec l’œuvre de John Carpenter, comme le dit justement
Petit mystère des films exportables ou non dans une cinématographie étrangère. Il y a un manque de voir du cinéma italien, on fait une fête à “Nos meilleures années” par exemple, on croit voir un renouveau à chaque fois, un art qui renaîtrait de ses cendres. “L’amore ritrovaro” est un film de Carlo Mazzacurati, adaptation gnangnan d’un roman de Carlo Casola. Mais ici la collection Arlequin est reine, certes ce cinéma a une tradition longue de mélo : “Le téléphone blanc” accessoire du cinéma fasciste des années 30. Ce film se passe en 1936, mais il ne faut voir ces années là comme un décors, aucun encrage social, c’est à déplorer. Et quand on voit le sempiternel regard de cocker triste de Stefano Accorsi, vedette de “Juste un baiser” de Gabriele Muccino, on se dit que le temps va être très long. Delly, sort de ce film !, ,Voici le cinéma de gare avec une reconstitution d’une lourdeur assez pathétique.
Elle est morte des suites d’un cancer du poumon. Sil elle est populaire, c’est surtout grâce au petit écran et son personnage de Miss Ewing dans la série “Dallas”. Elle avait débuté sur les planches à l’âge de 17 ans. Le cinéma ne la pas suffisamment exploité, en raison de soucis de santé et la “Chasse aux sorcières” de McCarthy. Elle avait été nominée à l’Oscar pour “I remember Mama” (1948), elle a tourné avec Robert Wise “Ciel rouge” (1948), Max Ophuls, “Caught” (1949), Elia Kazan, “Panique dans la rue” (1950), Henry Hathaway, “Quatorzième heure” (1951), et elle était l’une des “Cinq femmes marquées” (1959) du film de Martin Ritt. Son meilleur rôle doit être celui de l’amie maternelle de James Stewart dans “Vertigo / Sueurs froides ” d’Alfred Hitchcock. Elle donnait une grande émotion à ce rôle de confidente amoureuse transie, dépossédée de l’homme qu’elle aime par un fantasme.
J’abomine relativement les versions françaises doublées, passant le plus clair de mon temps à vouloir mettre un nom sur une voix, pour peut que film soit flapi. Dans le désœuvrement complet d’un ugecetiste – possesseur de carte UGC -, je vais donc voir la dernière bessonnade “The Transportor II – Le transporteur II”, grosse machine sans âme transplantée à Miami et en français dans le texte pour deux bonnes raisons :
Vu hier proposé par l’UGC Cité-Ciné Bordeaux, un mois avant sa sortie “Ma vie en l’air” premier long métrage de Rémi Bezançon. Ca commence une comédie un peu mode, post-“Amélie”, on se met à redouter un nouveau “Jeux d’enfants” – film de Yann Samuell avec déjà Marion Cotillard -. Le film n’est pas d’une originalité folle, reprennant l’idée de départ d'”En chair et en os” de Pedro Almodóvar, l’autobus étant troqué contre l’avion, mais on finit par s’y intéresser et rire, surtout quand il y a une habituée au rire contagieux et communicatif – ça aide pas mal – et la chanson de Serge Gainsbourg “Ford Mustang” est très ciné génique.
“Io non ho paura”, sorti en 2003 est une adaptation d’un roman de Massimo Ammaniti, connu en Italie et paru en 2001. On avait perdu un peu de vue Gabriele Salvatores, auteur de “Méditerraneo” (1991), et d’un film d’anticipation “Nirvana”. Dans un petit village des Pouilles écrasé de soleil, durant l’été 1978, un groupe d’enfants sont livrés à eux-mêmes et se livrent à de petits jeux cruels près d’une maison abandonnée. Michele – Giuseppe Cristiano très juste – un enfant de 10 ans promène une mélancolie. Il ne goûte que peu ces jeux puérils, et protège sa petite sœur. Il retourne seul sur les lieux, s’apercevant avoir perdu les lunettes de sa sœur… Je préfère ne rien dévoiler de la suite, lisez n’importe qu’elle critique et vous avez déjà toute l’histoire, il vaut mieux voir le film vierge d’informations. L’ombre de “La nuit du chasseur” le magnifique film de Charles Laughton, plane durant tout le film – les animaux de la nature, inquiétants deviennent protecteurs, la barque étant transformée par une bicyclette. La scène de la poupée cassée que la petite fille plonge sous l’eau, les cheveux ondulants comme ceux de Shelley Winters, est même une citation directe.
Ce film magnifique de Maurice Pialat en 1971, est une lucide analyse sans complaisance du point de non retour d’un couple. Rarement on a pu voir une telle âpreté, un tel réalisme, une telle cruauté. La genèse du film fut tourmentée, lire le formidable “Pialat” de Pascal Mérigeau (Éditions Grasset, 2002), Jean Yanne n’aura cesse de minimiser sa performance, suite aux nombreux différents entre lui, Jean-Pierre Rassam – qui apparaît d’ailleurs en guitariste – et Maurice Pialat. Yanne obtiendra un prix d’interprétation masculine, plus que mérité. Il a joué le rôle de Jean, personnage frustre, violent et assez détestable avec une humanité, de même Marlène Jobert obtient un de ses meilleurs rôles, avec celui de “Catherine”, femme touchante venant d’un milieu populaire, sans cesse rabrouée par Jean, voire humiliée comme dans la scène d’une incroyable crudité de son retour chez sa grand-mère. Jean comprend son amour au moment de l’ineductable seulement, Catherine devenant autonome, cessant de vivre dans une crainte permanente, préférant fuir de prime abord plutôt que de lui annoncer sa rupture.