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Fragments d’un dictionnaire amoureux : Michel Peyrelon

Il faut déplorer une fois de plus la mort d’une des figures des plus singulières du cinéma français passée sous silence en 2003 – “Les gens du cinéma”, version web n’existait pas alors -. Il fait parti de ces comédiens auquel on assimile volontiers le personnage à ses rôles.  C’était l’homme que vous aimerez haïr malgré une voix douce et souvent calme. Heureusement, on peut se référer au formidable livre de Jacques Mazeau & Didier Thouart “Les grands seconds rôles du cinéma français” (Pac, 1984), hélas épuisé, qui dresse son portrait tout en nuance, nous rappelant son rigoureux parcours théâtral. Ils nous apprennent que Michel Peyrelon, avait créé sa propre compagnie , en 1960 passant des classiques aux auteurs modernes. Ils le montrent d’une grande modestie : “Je n’ai encore rien fait”, déclare cet acteur envahi par le doute et très exigeant vis à vis de lui-même. Dans le court-métrage “La bonne adresse” en 1999, il monte dans le taxi d’Olivier Broche – vedette du “Voyage à Paris”, pour demander à aller à l’adresse où habite précisément son chauffeur, qui s’en étonne avec bonhomie. Le spectateur craint évidemment le pire, et il y a une chute subtile du scénario. Car l’on est habitué à fréquenter Michel Peyrelon dans des rôles de fous dangereux comme son rôle marquant dans “Les seins de glace” (1974) de Georges Lautner avec lequel il a beaucoup travaillé, où il était le jardinier cerbère de Mireille Darc. Il fallait le voir accueillir le jovial Claude Brasseur de manière abrupte, déclenchant les sarcasmes de ce dernier : “…Il tient bien sur ses pattes arrières pour son âge”. Séduit par la présence troublée de sa protégée, il parvient à faire une composition saisissante avec un minimum d’attitudes et de dialogues. Il aura peu de rôles sympathiques, mais on retiendra le rôle du frère mutique de Jacques Debary dans “Rude Journée pour la reine” (René Allio, 1973), subissant sa mauvaise humeur quand il lui rend visite. Il a fait frissonné d’inquiétude plusieurs générations de spectateurs ou de téléspectateurs. Même humilié par Lino Ventura dans Adieu Poulet (Pierre Granier-Deferre, 1975),– il est un truand éboueur -, on est pourtant pas rassuré pour l’inspecteur, son regard se révélant glaçant même dans une situation où il ne peut se défendre. Qu’il entre dans une assemblée de truands comme dans “L’affaire Crazy Capo”, un malaise s’installe d’emblée… Qu’il recueille un jeune orphelin dans le mésestimé “Justinien Trouvé…” (Christian Fechner, 1992), c’est pour lui flanquer des baffes, comme le veut son ordre… Qu’il participe à un film sur l’occupation, c’est pour jouer un collaborateur (“Mon ami le traître, 1988)… Qu’il figure dans un film en Inde en 1925, s’est pour figurer en ignoble trafiquant d’ivoire, flanqué se son acolyte joué par le formidable Serge Merlin, ne dédaignant le meurtre pour arriver à ses fins, dans le méconnu “Tusk” (Alexandro Jodorowsky, 1978). La panique n’est jamais loin avec luiÀ l’image de son magistral Schumacher de “Dupont-Lajoie” dans son rôle de notaire cauteleux, il pousse ces compagnons de vacances dans l’ignominie.  Son côté respectable n’est qu’un masque dissimulant la bassesse et la crapulerie de son personnage. Il est donc à l’aise dans le côté froid, calculateur quand il organise ses basses œuvres. Toujours chez Yves Boisset, n’oublions pas l’autoritaire et opiomane Lieutenant Keller dans “R.A.S.”, le truand manipulateur dans “Folle à tuer”, et le fermier qui brûle évidemment ses terrains pour avoir une assurance dans “Radio Corbeau”. Comme il est toujours formidable dans ce type de rôles, les cinéastes le cantonnent aisément dans ces emplois. Bertrand Blier l’appréciait beaucoup lui confiant un rôle de médecin, devant soigner sous la menace Patrick Dewaere dans “Les valseuses” (1973), l’un des premiers misogynes suivant le tandem Rochefort-Marielle pour prendre le maquis ! “Calmos” (1976), et il est l’un des voisins de Nathalie Baye, “Notre histoire” (1984). 

Michel Peyrelon dans “L’affaire Crazy Capoo”

Dans l’un de ses meilleurs films dans “La part du lion” (Jean Larriaga, 1971), où en sbire de Raymond Pellegrin, il note froidement dans un petit calepin tous mes faits et gestes de ses ennemis ou associés – le tandem  Robert Hossein et Charles Aznavour -. Mais il peut être un sympathique, mari dégénéré de Laura Antonelli dans “Docteur Popaul (Claude Chabrol, 1972), et il trouve un de ses rôles les plus truculents en truand “borsalinesque” dans “La scoumoune” (José Giovanni). Il y est “l’élégant”, en compagnie de son âme damné “Fanfan” – excellent Philippe Brizard -, ses habitudes vestimentaires finissant d’ailleurs par lui jouer des tours… Dans “Le plus beau métier du monde” (Gérard Lauzier, 1996), il est un commissaire compréhensif, bien qu’impuissant face à un Gérard Depardieu dépassé par les événements, le jetant dehors, pour son bien, quand il veut passer une nuit en prison, et allant  même jusqu’à lui apporter des croissants. Il n’aura de cesses que de vouloir casser cette image, osant le burlesque ou les frontières du ridicule, dans “Le faux-cul” curiosité de 1975, signée Roger Hanin, il joue un espion travesti en une Mme Irma d’opérette hautement improbable, diseuse de bonne aventure pour berner un dictateur africain, qui rit sous cape à ce rocambolesque spectacle. Son personnage finit même déguisé en poule dans un cirque, un sacré festival… Dans l’attachant “Un nuage entre les dents” ‘Marco Pico, 1973), il est un travesti dans un spectacle minable. Il vole même la vedette, à un Jerry Lewis pas très à l’aise et doublé par Roger Carel, dans le cornichon “Retenez-moi où je fais un malheur” (Michel Gérard, 1984), où il est un trafiquant camouflé en agent amoureux transi d’une excentrique joué par une Laura Betti déchaînée. Il sombre dans le nanar pur et dur, comme dans les films de Philippe Clair, “Les réformés se portent bien” (1978), où il incarne un capitaine forcément sadique pour mettre au pas des sous-bidasses, tire-au-flanc, sous-doués. Evidemment rendu chèvre par les cloches, il sera éconduit par sa femme – Evelyne Buyle – et même par le caricatural Daniel Derval ! caricature homophobe du gros comique qui tâche, qui préfère partir avec une femme dont il a un enfant !  Dans “Le cowboy” (Georges Lautner, 1984), il nous livre une savoureuse parodie de Don Corleone, composition qu’il reprendra dans l’un des épisodes de “Sueurs froides”, aimable série TV présentée par Claude Chabrol. Il était impressionnant dans un film belge “les sept péchés capitaux” où il était un riche achetant un enfant à des pauvres. Ca manière de prononcer “Ces gens là sont ignobles” est digne d’un Saturnin Fabre déclamant “Tiens ta bougie droite” dans “Marie-Martine”. Un très grand comédien mort dans la plus totale discrétion en juin 2003 avec un spectre assez large des films d’auteur à Philippe Clair. Précisons que Claude Lelouch et Mehdi Charef l’appréciaient  beaucoup. Il était capable des nous embarquer dans des dimensions fantastiques, comme son rôle de directeur de cirque dans “Le nain rouge” (Yves Le Moigne, 1997). À noter que Michel Peyrelon a souvent participé à des films de jeunes metteurs en scènes (“Un professeur d’Américain” tourné pour l’INA, l’expérimental “Xueiv”, vieux à l’envers…), dans des films expérimentaux ou marginaux, et a eu même un premier rôle, selon Thouart et Mazeau, dans “Véronique ou l’été de mes treize ans” de Claude Guillemin, aux côtes d’Anouk Ferjac. Derrière ses compositions de monstres, on devinait une sensibilité certaine, reste à savoir si ce comédien cultivé avait souffert de ses rôles inquiétants.

Filmographie : 1962  Un mari à prix fixe (Claude de Givray) – 1963  Les vierges (Jean-Pierre Mocky, rôle coupé au montage ?) – 1969  Un condé (Yves Boisset) – 1970  Vertige pour un tueur (Jean-Pierre Desagnat) – Un beau monstre (Sergio Gobbi) – Valérie (Tadeusz Matuchevski, inédit) – 1971  La part des lions (Jean Larriaga) – Biribi (Daniel Moosmann) -1972  Docteur Popaul (Claude Chabrol) – Le fils (Pierre Granier-Deferre) – La scoumoune (José Giovanni) – R.A.S. (Yves Boisset) – 1973  L’affaire Crazy Capo (Patrick Jamain) – Rude journée pour la reine (René Allio) – Les valseuses (Bertrand Blier) – Un nuage entre les dents (Marco Pico) – Les seins de glace (Georges Lautner) – Dupont-Lajoie (Yves Boisset) – Véronique ou l’été de mes treize ans,(Claudine Guillemin) – 1975  Le chat et la souris (Claude Lelouch) – Adieu poulet (Pierre Granier-Deferre) – Folle à tuer (Yves Boisset) – Le faux-cul (Roger Hanin) – Le bon et les méchants (Claude Lelouch) – Calmos (Bertrand Blier) – Les oeufs brouillés (Joël Santoni) – 1976  Dora ou la lanterne magique (Pascal Kané ) – 1977  L’imprécateur (Jean-Louis Bertucelli) –  Un professeur d’américain (Patrick Jeudi, inédit en salles, mais diffusion TV [Caméra je]) – 1978  Ils sont fous ces sorciers (Georges Lautner) – One Two Two, 122 rue de Provence (Christian Gion) – Les réformés se portent bien (Philippe Clair) – Ces flics étranges… venus d’ailleurs (Philippe Clair) – Les égouts du paradis (José Giovanni) – Flic ou voyou (Georges Lautner) – 1979  Le gagnant (Christian Gion) – Gros câlin (Jean-Pierre Rawson) -Tusk (Alejandro Jodorowsky) – 1980  Rendez-moi ma peau (Patrick Schulmann) – 1981  Plus beau que moi tu meurs (Philippe Clair) – Xueiv (Patrick Brunie, inédit) – 1982  Transit (Takis Candilis, inédit) – Drôle de samedi / Samedi, samedi (Bay Okan) – Anton Muze (Philippe Setbon, CM) – La femme ivoire (Dominique Cheminal) – 1983  Flics de choc (Jean-Pierre Desagnat) – Retenez-moi… ou je fais un malheur ! (Michel Gérard) – 1984  Le voyage d’Antoine (Christian Richelme, CM) – Le cowboy (Georges Lautner) – 1985  Suivez mon regard (Jean Curtelin) – 1986    Miss Mona (Mehdi Charef) – La vie dissolue de Gérard Floque (Georges Lautner) – 1987  Camomille (Mehdi Charef) – 1988  Mon ami le traître (José Giovanni) – Radio corbeau (Yves Boisset) – 1989  Feu sur le candidat (Agnès Delarive) – 1990  Un vampire au paradis (Abdelkrim Bahloul) – 1991  Les sept péchés capitaux (Béatriz Florez Silva, Frédéric Fonteyne, Yvan Le Moine, Geneviève Mersch, Pierre Paul Renders, Olivier Smolders & Pascal Zabus)  – deux épisodes, dont « La pureté », d’Yan Le Moine) – 1992  Une journée chez ma mère (Dominique Cheminal) –  Les visiteurs (Jean-Marie Poiré) –  1994  Le grand blanc de Lambaréné  (Bassek Ba Kabhia) – 1996  Le plus beau métier du monde (Gérard Lauzier) – Monsieur Paul (Gérard Goldman, CM) – 1997  À fond la caisse (Vincent Rivier, CM) – Le nain rouge  (Yvan Le Moine) – 1999  La bonne adresse (Gérard Goldman, CM) – 2000  Trois petits monstres et puis s’en va (Vincent Weil, CM) – 2002  Merguez, panini, kebab, Jambon-beurre (Stéphanie Aubriot & Nicolas Acker, CM)  

Télévision : 1962  Hélène (Claude Dagues) – 1963  Fortune (Henri Colpi) – 1966  Au théâtre ce soir : Topaze (Pierre Sabbagh) – 1968  Les Burgraves (Maurice Cazeneuve) – 1973  Arsène Lupin : Herlock Sholmes lance un défi (Jean-Pierre Desagnat) – 1975  Plus amer que la mort (Michel Wyn) – Splendeurs et misères des courtisanes (Maurice Cazenave, mini-série) – 1976  La grande peur (Michel Favart) – 1977  Commissaire Moulin : Marée basse (Jacques Trébouta) – Le naufrage du “Monte Cristo” (Josée Dayan) – Les samedis de l’histoire : Un été Albigeois, la grève des ouvriers verriers de Carmaux (Jacques Trébouta) – Banlieue sud-est (Gilles Grangier, mini-série) – Les héritiers : Le codicille (Jacques Trébouta) – 1978  Jean-Christophe (François Villiers, mini-série) – Cinéma 16 : Le rabat-joie (Jean Larriaga) – Aurélien (Michel Favart, mini-série) – Messieurs les ronds de cuir (Daniel Ceccaldi) – Sam et Sally : Week-end à Deauville (Nicolas Ribowski) – Sam et Sally : Lili (Nicolas Ribowski) – 1979  L’orange amère (Roger Hanin) – Cinéma 16 : Deux femmes aujourd’hui (Daniel Moosmann) – L’éclaircie (Jacques Trébouta) – Une femme dans la ville (Joannick Desclercs) – 1980  Le noeud de vipères (Jacques Trébouta) – Le roman du samedi : Le coffre et le revenant (Roger Hanin) – Fantômas : L’étreinte du diable (Juan Luis Buñuel) – Fantômas : Le mort qui tue (Juan Luis Buñuel) – 1981  Le roman du samedi : Mémoires de deux jeunes mariés (Marcel Cravenne)  – Henri IV (Jeannette Hubert, captation) – Cinéma 16 : La jeune fille du premier rang (Pascal Lainé ) – 1982  Julien Fontanes : Une fine lame (François Dupont-Midy) – 1983  Trois morts à zéro (Jacques Renard) – La vie de Berlioz (Jacques Trébouta) – 1984  Disparitions : Double fond (Yves Elléna) – Dis, dis-moi que tu m’aimes (Yves Barbara, MM) – Rue Carnot (plusieurs réalisateurs) – Chateauvallon [épisode 12] (Serge Friedman) – 1985  Série noire : Pitié pour les rats (Jacques Ertaud) – Messieurs les jurés : L’affaire Gadet (Gérard Gozlan) – Le regard dans le miroir (Jean Chapot) – 1986  Madame et ses flics : Le corbeau informatique (Roland-Bernard) – Catherine (Marion Sarraut, série) – Cinéma 16 : Domicile adoré – Do-Mi-Si-La-Do-Ré (Philippe Condroyer) – L’heure Simenon : Un nouveau dans la ville (Fabrice Cazeneuve) – 1987  Marie Pervenche : La dernière patrouille (Claude Boissol) – Un nouveau dans la ville (Fabrice Cazeneuve) – Une occasion en or : Les mémés sanglantes (Bruno Gantillon) – Marc et Sophie : A star is bône (Georges Bensoussan, CM) – Le grand secret (Jacques Trébouta) – Nuit d’enfer (Philippe W. Guillaume) – Deux maîtres à la maison : Sentiments distingués (Philippe Galardi) – 1988  Marc et Sophie : Nous ne maigrirons pas ensemble (Georges Bensoussan, CM) – Marc et Sophie : Adam et chèvre (Ariane Adriani, CM) – Sueurs Froides : Black Mélo (Philippe Setbon, CM) – M’as-tu-vu ? : Maquillage (Éric Le Hung) – Le crépuscule des loups : Dans le labyrinthe (Jean Chapot) – Marie Pervenche : Boomerang (Serge Korber) – La comtesse de Charny (Marion Sarraut, série) – 1989  Blaues Blut : Der skandal (Robert Young) – La vie Nathalie (Pierre Goutas, série) – V comme vengeance : Un amour tardif (Patrick Jamain) – Le masque : La radio (Yves Barbara) – Le système Navarro : Strip show (Gérard Marx) – Panique aux Caraïbes : Quelques dollars de plus (Jean-Claude Charnay) – 1990  Sniper (Klaus Biedermann) – Deux flics à Belleville (Sylvain Madigan) – V comme vengeance : Plagiat et meurtre (Bernard Queysanne) – Les hordes (Jean-Claude Missiaen, mini-série) – 1991  Scoop : Années de plume, années de plomb (Nicolas Ribowski) – Lola : Lucette et le boucher (Laszlo Szabo, CM) – Piège pour femme seule (Gérard Marx) – 1992  Vacances au purgatoire (Marc Simenon) – 1993  Inspecteur Médeuze : Poulet fermier (Philppe Triboit) – Un comissario a Roma : Una chiave (Luca Manfredi) – Commissaire Dumas D’Orgheuil : John (Philippe Setbon) – Chute libre (Yves Boisset) – Le tunnel (Yves Boisset) – 1995  Quatre pour un loyer : Le baron se marie (Georges Barrier, CM) –  1999  L’enfant de la honte (Claudio Tonetti) – 2001  Médée (Don Kent, captation).

 Théâtre (source Arte) : Après une formation auprès de Jean Dasté et à l’école du TNS et débute dans La Mort de Danton de Buchner avec Jean Vilar. Pour sa compagnie – Théâtre 43 – il présente et interprête Sartre avec Huis-Clos, Beckett avec Fin de Partie, Maturin avec Bertram, Calderon avec La vie est un songe, Rosewitz avec Le Dossier, Marivaux avec Le petit Maître corrigé et Molière avec Le Bourgeois Gentilhomme. Il crée en France Fando et Lis d’Arrabal, Les deux Jumeaux de Benayoun, L’escalier de Silas de Geneviève Serreau. Il a travaillé également sous la direction de Stuart Seide dans Hôtel de l’Homme Sauvage de J.P Fargeau, Alain Françon dans L’Ordinaire de Michel Vinaver, Pierre Romans dans La Dame aux Camélias, Jean-Luc Boutté dans La Volupté de l’Honneur de Pirandello, Lluis Pascal dans Le Chevalier d’Olmedo de Lope de Vega, Jean Lacornerie dans Diabelli d’Hermann Burger, Saint Georges chez les Brocchi de Gadda, Come Adesso de Delgiudice, Kleist de Grosjean, Quand tombent les toits d’Henri Michaux et Eva Peron de Copi, Jean-Paul Lucet dans Un Faust Irlandais de Durrell, Michèle Marquais dans Don Carlos de Schiller, Jorge Lavelli dans Slaves de Tony Kushner et Jean-Christophe Sais dans Sallinger de Koltès. Pour Jacques Lassalle, il joue dans La Bonne Mère de Goldoni, Bérénice de Racine, Andromaque d’Euripide, L’Homme difficile d’Hofmannsthal, La vie de Galilée de Brecht et Tout comme il faut de Pirandello.  

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Paul Le Person

 

Annonce un peu tardive de la mort de l’excellent Paul Le Person, mort le 8 Août dernier. Il y avait du Bourvil chez cet homme, une sorte de bon sens paysan, une décontraction et un humour à froid à l’image de son célèbre Perrache dans “Le grand blond avec une chaussure noire” et sa suite. Très à l’aise dans l’humour en général il campait un commissaire que Pierre Richard fait tourner en bourrique lors d’une déposition après une tentative de suicide : “Les malheurs d’Alfred (Pierre Richard, 1973). Il est l’un des moines rigolards avec Bernard Musson, Guy Montagné et Marcel Pérès, dissertant sur la vie des saints, jouant aux cartes avant d’être victime de l’exhibitionnisme de Michael Lonsdale en chapelier – fou forcément – masochiste dans “Le fantôme de la liberté” (Luis Buñuel, 1974). Le très bon dictionnaire du cinéma breton de Gérard-Louis Gautier (Télégram édition, 1995), nous rappelle qu’il était “attiré très tôt par l’École des Arts décoratifs, il devient dessinateur industriel. Après audition, il s’inscrit au théâtre de L’Ambigu. Elène de Roger Clairval au théâtre de l’Odéon, il est engagé d’abord dans des opérettes avant de jouer “Le brave soldat Svejk” (Jaroslav Hasel), monté par José Valvez en 1965″. Découvert dans les années 60 au cinéma, il martyrisait le pauvre bredin joué par Jean Lefebvre dans “Un idiot à Paris” (Serge Korber, 1966), rôle bizarrement non crédité et finissait par jouer du bidon frappé de folie, privé de son bouc émissaire. Très marqué par ses origines bretonnes “Le cheval d’orgueil” (Claude Chabrol, 1980) ou les films d’Albert Dupontel, il pouvait être aussi tenace tel le commissaire dans “Un cave” (Gilles Grangier 1971). On se souvient du rôle du passeur dans le beau “Les violons du bal” (Michel Drach, 1973), et de son Ganimard dans la version télé d’Arsène Lupin avec François Dunoyer dans le rôle titre dans les années 90. On l’a vu récemment en grand-père taiseux d’Adrien dans “La chambre des officiers” (François Dupeyron, 2000) ou en curé onctueux dans “Vipère au poing” (Philippe de Broca, 2003), en attendant deux téléfilms encore inédits en France mais diffusés en Belgique “L’évangile selon Aîmé” et en Suisse “Le bal des célibataires”, dans deux rôles de prêtres également. Solide, il faisait toujours preuve d’humanité ou de malice. A lire l’indispensable hommage d’Yvan Foucart pour  Les gens du cinéma, en attendant l’hommage prochain d’Yvan Foucart. Bibliographie : L’humanité  : La noblesse des seconds rôles par Bruno Vincens.

 Filmographie : 1965   La vie de château (Jean-Paul Rappeneau) – Un homme et une femme (Claude Lelouch) – 1966   Safari diamants (Michel Drach) – Un idiot à Paris (Serge Korber) – Le voleur (Louis Malle) – 1967   Mise à sac (Alain Cavalier) – Alexandre le bienheureux (Yves Robert) – 1968   Sous le signe de Monte-Cristo (André Hunebelle) – 1970   Mont-dragon (Jean Valère) – Le voyou (Claude Lelouch) – On est toujours trop bon avec les femmes (Michel Boisrond) – 1971   Les malheurs d’Alfred (Pierre Richard) – Un cave (Gilles Grangier) –  1972   Le grand blond avec une chaussure noire (Yves Robert) – 1973   Le train (Pierre Granier-Deferre) – Les violons du bal (Michel Drach) – 1974   Le fantôme de la liberté (Luis Buñuel) – Le retour du grand blond (Yves Robert) – 1975   Chobizenesse (Jean Yanne) – 1976   Coup de foudre (Robert Enrico, inachevé ) – 1978   Coup de tête (Jean-Jacques Annaud) – 1980   Le cheval d’orgueil (Claude Chabrol) – Les ailes de la colombe (Benoît Jacquot) – 1981   Neige (Juliet Berto et Jean-Henri Roger) – Jamais avant le mariage (Daniel Ceccaldi) – 1983   Le juge (Philippe Lefebvre) – 1984   Le jumeau (Yves Robert) – Monsieur de Pourceaugnac (Michel Mitrani)  – 1985   Douce France (François Chardeaux) – 1989   L’autrichienne (Pierre Granier-Deferre) – 1990   Lacenaire (Francis Girod) – La dernière saison (Pierre Bécu) – 1991   Blanc d’ébène (Cheik Doukouré ) –  1992   Amour, amor (Abder Saïd, CM) – 1996   Bernie (Albert Dupontel) – 1998   Le créateur (Albert Dupontel) – 2000   La chambre des officiers (François Dupeyron) – 2001   Les jours où je n’existe pas (Jean-Charles Fitoussi) – 2003   Vipère au poing (Philippe de Broca) – 2005   Tête de gondole [épisode de liaison “Gégé et Lulu”] (Didier Flamand) .

Avec Lorella Cravotta dans “L’évangile selon Aimé” DR

Télévision :  (notamment) : 1963  Les Sonderling (René Lucot) – Le timide au palais (René Lucot) – Théâtre de la jeunesse : Le général Dourakine (Yves-André Hubert) – Félix [Épisodes : Le wagon-lit; Le gain de temps; L’horoscope; Le cinéma; Le camping; La politesse & 1er avril] (Christian Duvaleix, CM, série) – 1964  Théâtre de la jeunesse : Le magasin d’antiquités (René Lucot) – 1966   Rouletabille chez le Tzar (Jean-Claude Lagneau, série TV) – En votre âme et conscience : La mort de Sidonie Mertens (Marcel Cravenne) – 1967  Théâtre d’aujourd’hui : Le brave soldat Chweik (Jean-Paul Roux) – 1968   Le théâtre de la jeunesse : Ambroise Paré : Les victoires (Jacques Trébouta) – Lumières dans la nuit / Nuit d’octobre ou les lumières dans la nuit (André Michel) – Tribunal de l’impossible : Nostradamus ou le prophète en son pays (Pierre Badel) – Les grandes espérances (Marcel Cravenne) – 1969   Sainte Jeanne (Claude Loursais) – 1970   La demande en mariage : Le Couarail (Jean L’Hôte) – Vieille france (André Michel) – Reportage sur un squelette ou masques et bergamasques (Michel Mitrani) – Un mystère par jour : La chimère (Jacques Audoir) – Tête d’horloge (Jean-Paul Sassy) – La mort de Danton (Claude Barma) –  1971   Tartuffe (Marcel Cravenne) – François Gaillard : Pierre (Jacques Ertaud) – Les enquêtes du commissaire Maigret : Maigret à l’école (Claude Barma) – 1972   Les sanglots longs (Jean-Paul Carrère) – La malle de Hambourg (Bernard Hecht) – Les champs de pierre (Joseph Drimal) – La tuile au loup (Jacques Ertaud) -Les dernières volontés de Richard Lagrange (Roger Buckhardt) – Les Thibault (André Michel et Alain Boudet) – 1973   Le bleu d’outre-tombe (Édouard Logereau) – La feuille de Bétel (Odette Collet) – Les glaces (Claude Dagues) – Histoire d’une fille de ferme (Claude Santelli) – 1974  A vos souhaits… la mort (François Chatel) – Jeanne ou la révolte (Luc Godevais) – L’homme au contrat (Jacques Audoir) – Messieurs les jurés : L’affaire  Varney (André Michel) – Quai de l’étrangleur (Yves-André Hubert) – 1975  Salavin (André Michel) – Les Rosenberg ne doivent pas mourir (Stellio Lorenzi) – 1976   Les cinq dernières minutes : Le pied à l’étrier (Claude Loursais) -Bonjour Paris (Joseph Drimal) – Adios (André Michel) – Le gentleman des Antipodes (Boramy Tioulong) – François Le Champi (Lazare Iglésis) –  1977  Zoo ou l’assassin philanthrope (Renaud Saint-Pierre) – Inutile d’envoyer photo (Alain Dhouailly) – Banlieue Sud-Est (Gilles Grangier) -Emmenez-moi au Ritz (Pierre Grimblat) – L’ancre de miséricorde (Bernard d’Abrigeon) – Les héritiers : Adieu l’héritière (Roger Pigaut) – 1978   Le devoir de français (Jean-Pierre Blanc) – Les héritiers : le quincailler de Meaux (Pierre Lary) – Les procès témoins de leur temps : Le jour où l’on me trouvera morte (Roger Kahane) 1979   Le baiser au lépreux (André Michel) – La nuit de l’été (Jean-Claude Brialy) – Les amours de la belle époque : Ces dames aux chapeaux verts (André Flédérick) – Le tour du monde en 80 jours (André Flédérick, captation) – 1980   Caméra une première : Code 41617 (Claude Vajda) – Histoires étranges : Le marchand de sable (Pierre Badel) – Au théâtre ce soir : La queue du diable (Pierre Sabbagh) – L’épreuve (Alain Dhouailly) – Les mytères de Paris (André Michel) – Docteur Teyrand (Jean Chapot) – 1981  Les fiançailles de feu (Pierre Bureau) – Blanc, bleu, rouge (Yannick Andréi) – Cinéma 16 : Le marteau-piqueur (Charles Bitsch) – Le mystère de Saint-Chorlu (Claude Vajda) – Livingstone (Jean Chapot) – Commissaire Moulin : Le patron (Claude Boissol) – 1982   Marcheloup (Roger Pigaut) – Paris-Saint-Lazare (Marco Pico) – Mozart (Marcel Bluwal) – 1984   Les ferrailleurs des lilas (Jean-Paul Sassy) – Manipulations (Marco Pico) – Les copains de la Marne (Christian Spiero) – Le scénario défendu (Michel Mitrani) – 1985   Messieurs les jurés : L’affaire Féchain (Alain Franck) – Cinéma 16 : Les idées fausses (Éric Le Hung) – L’argent du mur (Jean-François Delassus) – Médecins de nuit : Mot de passe (Jean-Pierre Prévost) – 1987   L’or noir de Lornaac (Toni Flaadt) – Drôle d’occupations (Alain Boudet) – 1988   Les enquêtes du commissaire Maigret : La morte qui assassina (Youri) – 1989   Les jupons de la Révolution : Talleyrand ou Les lions de la revanche (Vincent de Brus) –  Le retour d’Arène Lupin (Michel Wyn, Jacques Besnard, Philippe Condroyer, Jacques Nahum & Jordi Cardena, saison 1) – 199? Mésaventures : Billet doux (Jacques Audoir) & La fille au couteau à cran d’arrêt (Éric Le Hung) – 1992  Mésaventures : La gloire de mon oncle (Sélim Isker) – Château au Portugal (Julien Vartet) – 1993   Clovis : La vengeance du clown (François Leterrier) – 1994   Les nouveaux exploits d’Arsène Lupin (Alain Nahum, Nicolas Ribowski, Vittorio Barino, Victorio de Sisti & Philippe Condroyer, saison 2, 1994-1996) – 1996   Les allumettes suédoises : David & Olivier – 3 sucettes à la menthe (Jacques Ertaud) – L’orange de Noël (Jean-Louis Lorenzi) – 1997   Miracle à l’Eldorado (Philippe Niang) – 1998   H : une histoire de voisin (Édouard Molinaro) – 1999   Le rouge et le blanc (Jean-Louis Lorenzi) – 2001   BRIGAD : Dialogue de sourds (Marc Angélo) – Le champ dolent, le roman de la terre (Hervé Baslé ) – 2002   Joséphine ange gardien : Le compteur à zéro (Henri Helman) – 2003   Blandine, l’insoumise : Une si jolie plage (Claude d’Anna) – 2004   L’évangile selon Aîmé (André Chandelle) – Le bal des célibataires (Jean-Louis Lorenzi)  

 

Non datés :   LE COUTEAU DANS LA PLAIE de Jean Chapot (titre de tournage du « Docteur Teyrand » ?) CHRONIQUE D’UNE MAISON PROVINCIALE FRANCOIS VILLON de Serge Nicolaesco LES PIQUE ASSIETTES de Jean-Luc Moreau / ELLE ET LUI / Derrière le miroir DUVAL Secrets d’outre tombe de Bertrand Van Effenterre  

Théâtre : notamment

LE BRAVE SOLDAT SWEIK / LE CONCILE D’AMOUR HADRIEN VII CRIME ET CHATIMENT / ZOO, mise en scène de Jean Mercure / SI T’ES BEAU T’ES CON de Françoise DORIN TURCARET d’Alain-René Lesage, mise en scène de Serge Peyrat (1975) LADY PAIN D”EPICE  / LE TOUR DU MONDE EN 80 JOURS, mise en scène Jacques Rosny / LES CRUCIFICATIONS DE LA ST BARTHELEMY mise en scène de Jean Mercure / LES BAS FONDS MARIAGE de Bernard SHAW IONESCO d’Eugène Ionesco, mise en scène de Roger Planchon (1986) / LES NUITS DIFFICILES de Dino BUZZATI LES BRUMES DE MANCHESTER,  mise en scène Robert Hossein (1986) / LE COURRIER DE LYON,  mise en scène Robert Hossein LA LIBERTE OU LA MORT,  mise en scène Robert Hossein / LA ZIZANIE MASTER CLASS LA CHAUVE SOURIS (Opéra de Nice) / JE M’APPELAIS MARIE-ANTOINETTE, mise en scène  Robert Hossein / LE DINDON de Georges Feydeau, mise en scène  Francis Perrin

A lire le témoignage d’Albert Dupontel dans son BLOG qui a répondu très aimablement en évoquant le comédien suite à ma demande.

Remerciements à Patrick Bernard. Mise à jour du 17/01/2009

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Maurice Baquet

 

Maurice Baquet par Robert Doisneau en 1968

C’est un membre de la famille, un cousin farfelu adoré des enfants, capable d’improviser ou de se mettre à faire de la musique au moment où l’on s’y attend le moins. Il a au moins trois vrais talents : le sport, la musique, le théâtre…” (Olivier Barrot, “Les excentriques du cinéma français, Éditions Henri Veyrier, 1983). “C’est un personnage curieux que Maurice Baquet- et si populaire que lorsqu’il paraît sur l’écran d’une salle de quartier l’on entend généralement se propager dans l’ombre un murmure satisfait qui n’est autre que son nom, chuchoté comme celui d’un ami (Écran Français N° 100 du 27/05/1947, cité dans le livre d’Olivier Barrot, “L’écran français 1943-1953 – histoire d’une époque”, Les éditeurs, français réunis, 1979).

L’un des comédiens les plus attachants du cinéma français, vient donc de nous quitter, du fils de concierge à la jambe cassée “Le crime de monsieur Lange” (Jean Renoir, 1935) au scrutateur des éléctions dans “Dieu seul me voit” (Bruno Podalydès, 1997), il était le ludion, le personnage léger, filou (son Ribouldingue dans les deux versions des “Pieds Nickelés”, semble avoir marqué la fin des années 40), ou parfois graves (chez Costa-Gavras). Il a été finalement assez rare, voire modeste acceptant d’apparaître non crédité comme musicien avec son violoncelle (“Monsieur Klein”, “Bobby Deerfield”. Témoin du front populaire et du groupe octobre, il amenait un vent assez libertaire, d’où son compagnonnage dans les films tirés des BD de Reiser (“Vive les femmes”, Pichard (“Paulette, pauvre petite milliardaire) ou Wolinski (“Le roi des cons”). Comédien estimé par le profession, il reçoit un “molière” d’honneur en 1998. Je me souviens avoir vu un documentaire où avec humour il parlait de l’alpinisme, de Gaston Rebuffat, de sa musique, avec humour et humanité et j’ai comme l’impression d’avoir perdu, comme beaucoup de cinéphiles certainement,  un membre de ma famille. Il était le père de Grégory Baquet. 

Filmographie : 1932  Les bolides de la neige (A. Ledoux, CM) – 1933  Trois vies et une corde (Henri Stork, CM) – 1935  Taxi de nuit (Albert Valentin, CM) – Veille d’armes (Marcel L’Herbier) – Les beaux jours (Marc Allégret) – Le crime de monsieur Lange (Jean Renoir) – 1936  Les Bas-fonds (Jean Renoir) – Hélène (Jean Benoît-Lévy & Marie Epstein) – Jeunes filles (Claude Vermorel) – 1937  L’alibi (Pierre Chenal) – Gueule d’amour (Jean Grémillon) – Mollenard (Robert Siodmak) – La mort du cygne (Jean-Benoît Lévy & Marie Epstein) – 1938  Altitude (Jean-Benoît Lévy & Marie Epstein) – Accord final (Ignacy Rosenkranz & I.R. Bay) – Place de la Concorde (Carl Lamac) – 1939  Le grand élan (Christian-Jaque) – 1941  Départ à zéro (Maurice Cloche) – 1942  Le chant de l’exilé (André Hugon) – Dernier atout (Jacques Becker) – La fausse maîtresse (André Cayatte) – Frederica (Jean Boyer)- Opéra-Musette (René Lefèvre) – 1943  Adieu Léonard (Pierre Prévert) – Coup de tête (René Le Hénaff) – Premier de cordée (Louis Daquin) – 1945  Dernier métro (Maurice de Canonge) – Leçon de conduite (Gilles Grangier) – 1946  Pas un mot à reine-mère (Maurice Cloche) – Voyage-surprise (Pierre Prévert) – 1947  Les aventures des Pieds Nickelés (Marcel Aboulker) –  Kenzi (Kenzi, mon trésor) (Vicky Ivernel) – Une aventure de Polop (Walter Kapps, CM) –    La fleur de l’âge (Marcel Carné, inachevé ) – 1948  Les souvenirs ne sont pas à vendre (Robert Hennion) – Les drames du Bois de Boulogne (Jacques Loew, CM) – Trois garçons et un planeur (Jean Perdrix, CM) – 1949  Tire au flanc (Fernand Rivers) – Le trésor des Pieds Nickelés (Marcel Aboulker) – 1950  Rondo sur la piste (Maurice Henry, CM) – Bibi Fricotin (Marcel Blistène) – Andalousie (Robert Vernay) – 1952  Innocents in Paris (Week-end à Paris) (Gordon Parry) – 1955  L’impossible monsieur Pipelet (André Hunebelle) – 1956  Le voyage en ballon (Albert Lamorisse) – 1957  Une nuit au Moulin-Rouge (Jean-Claude Roy) – 1962  Mandrin, bandit gentilhomme (Jean-Paul Le Chanois) – 1966  Scarf of mist thigh of satin (Joseph W. Sarno, inédit, non confirmé) – 1968  Z (Costa-Gavras) – 1974  Section spéciale (Costa-Gavras) 1975  Attention les yeux ! (Gérard Pirès) – Monsieur Klein (Joseph Losey) – 1976  Bobby Deerfield (Id) (Sidney Pollack) –  1977  Jacques Prévert (Jean Desvilles, documentaire) – L’ange (Patrick Bokanowski) – 1978  L’adolescente (Jeanne Moreau) – Fedora (Id) (Billy Wilder) – 1979  Le divorcement (Pierre Barouh) – 1980  Le roi des cons (Claude Confortès) – 1981  Madame Claude 2 (François Mimet) – Tête à claques (Francis Perrin) – Salut j’arrive (Gérard Poteau, Pierre & Marc Jolivet) – 1983  Vive la sociale (Gérard Mordillat) – Vive les femmes ! (Claude Confortès) – 1984  Les rois du gag (Claude Zidi) – 1985  Paulette, la pauvre petite milliardaire (Claude Confortès) – Strictement personnel (Pierre Jolivet) –  1986  Le débutant (Daniel Janneau) – 1988  Le come back de Baquet (Nicolas Philibert, CM documentaire) – 1990  Cinématon N°1324 (Gérard Courant, CM) – 1992  Babilée ’91 (William Klein, MM) – Roulez jeunesse (Jacques Fansten) – 1993  Délit mineur (Francis Girod) – Doisneau des villes, Doisneau des champs (Patrick Cazals, CM) – La braconne (Serge Pénard, inédit en salles)  – 1994 Télémania (Arnaud Bel, CM) – Oui (Pascal Perennes, MM) – Les cent et une nuits (Agnès Varda, rôle coupé au montage) – 1997  Dieu seul me voit (Versailles-chantier) (Bruno Podalydès)1998  Pierre Verger : Mensageiro entre dois mundos (Pierre Verger, messager entre deux mondes) (Lula Buarque De Holanda, documentaire)Télévision (notamment) : 1957  Songe d’une nuit d’été (François Chatel) – 1964  Arlequin Hulla ou la femme répudiée (Maurice Beuchey) – Le petit Claus et le grand Claus (Pierre Prévert) – Le prince de Madrid (Janine Guyon) – 1966  Bonsoir Gilles Margaritis (Pierre Tchernia, divertissement) – 1970  Alice au pays des merveilles (Jean-Christophe Averty)1980  La plume (Robert Valey)Notre bien chère disparue (Alain Boudet)Docteur Teyrand (Jean Chapot)1981  Robert Doisneau, badaud de Paris, pêcheur d’images (François Porcile, MM)Le loup (Youri)1982  Paris Saint-Lazare (Marco Pico)1985  La sorcière de Couflens (Gérard Guillaume) – Jeu, set et match (Michel Wyn)1986  Noël au Congo (Patrick Gandery-Réty)1987  Tailleur pour dames (Yannick Andréi, captation) – Cinéma 16 : Un village sous influence (Alain Boudet) – 1988  Le ravissement de Scapin (Georges Folgoas)1990  Notre Juliette (François Luciani)1991  Crimes et jardins (Jean-Paul Salomé )- 1992  Mes coquins (Jean-Daniel Verhaeghe)La peur (Daniel Vigne)1996  J’ai rendez-vous avec vous (Laurent Heynemann)1998  Le goût des fraises (Frank Cassenti) – 2000  L’ami de Patagonie (Olivier Langlois). Nota : Petit mystère, IMDB, le créditait un temps dans “1966  Scarf of mist thigh of satin” (Joseph W. Sarno, 1966), hors désormais il n’y figure plus. Remerciements à Yvan Foucart

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Katia Tchenko

Katia Tchenko

Tout peut arriver, c’est peut-être la comédienne que j’ai le plus souvent vu nue au cinéma, nombreux sont les ceux qui comme moi lui doivent quelques émois. Elle est aussi adulée des amateurs de “nanars”. Elle avait, par exemple, une curieuse manière de faire du stop dans “La carapate” (Gérard Oury, 1978), topless, et elle ne faisait rien d’autre qu’à causer des accidents ! Elle figurait comme star dans “L’odeur des fauves” de Richard Balducci en 1971, avec l’excellent Maurice Ronet, et c’était pour elle le rôle le plus improbable du monde ! Une certaine vulgarité assez saine et une forte sensualité qui faisait son petit effet. Et on la retrouve ces derniers temps, habillée, dans les films de Pascal Thomas, Jacques Otzmeguine et surtout le méconnu “On va nulle part et c’est très bien” de Jean-Claude Jean, avec l’excellent Maurice Lamy. Le site Bide&Musique nous apprend qu’elle a fait un disque.

Le jour où j’ai fait sa filmo pour les Les gens du cinéma, Yvan Foucart avait trouvé son état civil exact d’ailleurs, j’étais à des années lumière de supposer qu’elle pourrait être un jour décorée des insignes de chevalier dans l’ordre national du mérite. Je me mets à croire alors, à un champ des possibles plus grand… que Dieu peut exister et n’est pas seulement une vue de l’esprit… qu’il y a peut-être une parcelle de dignité quelque part chez Alexia Laroche-Joubert… que la vie à plus d’imagination que nous… Le bonheur céleste est possible, la vie est belle, Patrick Le Laye sera inhumé au Panthéon…

Pour preuve le discours de Renaud Donnedieu de Vabres, le 13 juin dernier :

“Chère Katia Tchenko,

Je suis très heureux de vous distinguer aujourd’hui pour vous dire à la fois mon admiration, celle que je porte à votre talent, et aussi ma reconnaissance, au nom de la France, pour le rôle que vous n’avez cessé de jouer, au-delà de votre carrière d’artiste, au service de l’amitié et des liens culturels qui unissent la France et la Russie. Vous êtes française, vous êtes une authentique parisienne, et vous êtes restée attachée à vos racines. Vos parents étaient médecins, et avaient d’ailleurs souhaité que vous suiviez cette voie : élève douée et précoce, vous saviez que, en dépit de votre facilité, et de votre goût pour les sciences, les arts de la scène auraient votre préférence. Votre volonté a eu raison du déterminisme familial et vous avez intégré d’abord les formations des conservatoires du 15e et du 16e arrondissement, puis le Conservatoire national supérieur d’art dramatique, où vous avez fait le choix de la musique. Vous vouliez tout apprendre : la comédie, la danse, et le chant, à l’image des formations de vos pairs américains. Vous avez d’ailleurs par la suite intégré l’Actor’s Studio de New York et achevé une formation d’une grande richesse, dont peu d’artistes peuvent se vanter.

 

Vous saviez tout faire, et il n’était pas un domaine du spectacle qui ne vous intéressait pas. C’est d’abord l’opérette qui vous a offert vos premiers rôles : vous avez notamment joué au Théâtre Mogador dans une œuvre de Francis Lopez, La Route fleurie. Vous racontez d’ailleurs qu’un producteur de Las Vegas vous y avait repérée et proposé de mener une revue au fameux Dunes, où Line Renaud a fait une partie de sa carrière. Mais Mogador ne voulait pas vous laisser partir. Plus tard, aux Folies Bergères, vous avez fait le numéro de Mistinguet, allant choisir dans le public des messieurs aux « physiques marquants »…

Et puis, vous avez continué votre carrière dans le théâtre, le cinéma et la télévision, en France et à l’étranger. Votre connaissance de la langue russe vous a souvent placée dans la position, parfois inconfortable, de traductrice : vous racontez volontiers que l’année où Les Yeux noirs, le film de Nikita Mikhalkov, avait été sélectionné à Cannes, vous aviez ainsi, de manière très amicale, traduit des discussions tardives et joyeuses entre le ministre russe de la culture de l’époque et le représentant d’Unifrance. Je trouve admirable la générosité avec laquelle vous avez, de manière constante, abordé votre carrière, en vous rendant toujours disponible, avec simplicité et sincérité, au service de l’amitié entre la France et la Russie. Ainsi, par exemple, vous avez accompagné des missions humanitaires de médecins français au chevet des enfants victimes de Tchernobyl.

Parmi les temps forts de votre carrière, je crois que l’on peut notamment retenir La Chambre de l’Évêque, de Dino Risi, qui avait été programmée au Festival de Cannes en 1977, et dans lequel vous jouiez aux côtés de Patrick Dewaere et d’Ornella Muti. Comment ne pas citer aussi L’Important c’est d’aimer, le film d’Andrzej Zulawski dans lequel vous jouiez le rôle de Myriam ? Vous avez aussi tourné dans de très nombreux films populaires. Je pense par exemple à La Carapate de Gérard Oury, un film qui, je crois, vous a laissé des souvenirs forts, en particulier parce qu’il vous avait fallu vous “effeuiller” par – 4°C et provoquer un carambolage : vous racontez que vous aviez pu affronter cette épreuve physique en vous aidant d’un peu de vodka ! On dirait que la Russie vient comme cela régulièrement vous secourir. Et vous le lui rendez bien ! En 1999, vous avez écrit et monté un spectacle sur Pouchkine au Théâtre Molière – Maison de la poésie avec des musiciens. Parce que le théâtre demeure un art authentiquement populaire, vous êtes en ce moment même en tournée avec une pièce d’Eugène Labiche, Le plus heureux des trois, aux côtés de Pierre Bellemare. Vous n’arrêtez pas de travailler : il faut dire que vous disposez de talents tout à fait rares et qui, cela s’est vérifié depuis vos débuts, ont conquis de nombreux créateurs.

Katia Tchenko, au nom du Président de la République, et en vertu des pouvoirs qui nous sont conférés, nous vous faisons chevalier dans l’Ordre national du Mérite”. source : Culture.gouv.fr

Et comme disait Pierre Desproges “Étonnant ! non ?”. Mais trêve de sarcasmes, cette comédienne vaut beaucoup mieux que son image légère. Pascal Thomas utilise avec malice son image en princesse russe cachée dans une mystérieuse clinique. Elle fait toujours mouche comme dernièrement à la télévision en voisine revêche mais qui se révèle serviable et toujours sensible aux jeunes hommes dans “La smala s’en même” ou dans “Je retourne chez ma mère” en bonne copine d’Annie Cordy qui se verrait bien “femme cougar” auprès de Pierre Cassignard. Son charme et sa drôlerie sont toujours présent. Voir aussi le trombinoscope de “BDFF”

À lire également son portrait chez Nanarland.

Filmographie, établie avec Christophe Bier & Armel de Lorme :

1967  J’ai tué Raspoutine (Robert Hossein) – 1969  Dossier prostitution (Jean-Claude Roy) – La promesse de l’aube / Promise at Dawn (Jules Dassin) – Les cousines (Louis Soulanes) – La maffia du plaisir (Jean-Claude Roy) – 1970  Les assassins de l’ordre (Marcel Carné ) – 1971  L’odeur des fauves (Richard Balducci) – 1972  L’insolent (Jean-Claude Roy) – Les tentations de Marianne (Francis Leroi) – Les charlots font l’Espagne (Jean Girault) – Pas folle la guêpe (Jean Delannoy) – 1973  Les charnelles (Frédéric Lansac [= Claude Mulot]) – Le concierge (Jean Girault) – 1974  Deux grandes filles dans un pyjama (Jean Girault) – L’important c’est d’aimer (Andrezj Zulawski) – L’éducation amoureuse de Valentin (Jean Lhôte) – La messe dorée (Béni Montrésor) – Le pied !… (Pierre Unia) – Serre-moi contre toi, j’ai besoin de caresses (Jean Le Vitte [=Raoul André]) – 1975  La Stanza del vescovo  (La chambre de l’évêque) (Dino Risi) – 1976   Cours après moi que je t’attrape (Robert Pouret) – Drôles de zèbres (Guy Lux) – Blue Jeans (Hugues Burin des Rosiers) – 1977  Le mille-pattes fait des claquettes (Jean Girault) – L’ombre et la nuit (Jean-Louis Leconte) – 1978  L’horoscope (Jean Girault) – La carapate (Gérard Oury) – Général… nous voilà (Jacques Besnard) – Les bidasses au pensionnat (Michel Vocoret) – Et la tendresse bordel (Patrick Schulmann) – 1979  Haine (Dominique Goult) –  L’oeil du maître  (Stéphane Kurc) – Gros câlin (Jean-Pierre Rawson) – The Fiendish Plot of Dr. Fu Manchu (Le complot diabolique du Dr. Fu Manchu) (Piers Haggard) – 1980  L’ombre et la nuit (Jean-Louis Leconte) – 1981  Le bahut va craquer (Michel Nerval) – Qu’est-ce qui fait courir David (Elie Chouraqui) – Servantes iz Malog Mista (Daniel Marusic) – 1982  Qu’est-ce qui fait craquer les filles (Michel Vocoret) – On n’est pas sorti de l’auberge (Max Pécas) – Mon curé chez les nudistes (Robert Thomas) – C’est facile et ça peut rapporter vingt ans ! (Jean Luret) – L’émir préfère les blondes (Alain Payet) – 1983  Mon curé chez les Thaïlandaises (Robert Thomas) – American dreamer (Vidéo : Une américaine à Paris) (Rick Rosenthal) – 1984  Code name : Emerald (Titre TV : Nom de code, émeraude) (Jonathan Sanger) – Premier pas (Christophe Barry, CM) – 1985  Bâton rouge (Rachid Bouchareb) – La vraie histoire du chaperon rouge (Anne Ikhlef, CM) – 1986  Club de rencontes (Michel Lang) – 1994  Paris Melody (Youra Bouditchenko, CM) – 1996  On va nulle part et c’est très bien (Jean-Claude Jean) – 1997  Madeline (Id) (Daisy Scherler von Mayer) – Ronin (Id) (John Frankenheimer) – 2000  Mon année 1919 (Zhuang Zingzong) – Mercredi, folle journée! (Pascal Thomas) – 2002  Rémy Bernard (Mikhaël Levy, CM) – Den Xia Ping (Ding Yin-Nan) – 2003  Trois couples en quête d’orage (Jacques Otmezguine) – 2005  Antonio Vivaldi, un prince à Venise (Jean-Louis Gillermou) – L’un dans l’autre (Audrey Schebat, CM) – 2008  Transportor 3 (Le transporteur 3) (Olivier Mégaton) – 2011  Associés contre le crime… (Pascal Thomas) – 2012  De l’autre côté du périf’ (David Charhon) – 2013  Casting (Franck Tempesti, CM) – 2016  Sous le même toit (Dominique Farruggia).

Nota : elle n’apparait pas – rôles coupés au montage final ? – dans “Le bal des voyous” (Jean-Claude Dague, 1966) et “Les ringards” (Robert Pouret, 1978), bien que créditée dans les catalogues des “Bois d’Arcy”,

Télévision (notamment) : 1970  Les enquêtes du commissaire Maigret : L’écluse (Claude Barma) – Vive la vie (Joseph Drimal, saison 3) – 1971  Le voyageur des siècles : L’album de famille (Jean Dréville) – Schulmeister, espion de l’Empereur : Au pays de l’eau tranquille (Jean-Pierre Decourt) – 1973  Chéri-Bibi (Jean Pignol, série) – L’Alphoméga (Lazare Iglésis, Série TV) – Les grands musiciens : La vie et l’oeuvre de Jules Masset (Maurice Jaquin) – 1974  Le vagabond (Claude-Jean Bonnardot, série) – La mouche bleue (Jean-Paul Sassy) – 1975  La chasse aux hommes (Lazare Iglésis, série TV) – L’inspecteur mène l’enquête : Le mort du bois de Boulogne (Marc Pavaux et Armand Ridel) – 1978  Madame le juge : Autopsie d’un témoignage (Philippe Condroyer) – Douze heures pour mourir (Abder Isker) – Quatre jours à Paris (Jean Canolle, captation) – Le temps des as (Claude Boissol, série) – Sam et Sally : Isabelita (Jean Girault) –1979  Par devant notaire : La résidence du bonheur (Jean-Laviron, CM) – Petit déjeuner compris (Michel Berny) – Histoires insolites : La boucle d’oreille (Claude Chabrol) – Fantômas : L’échafaud magique (Claude Chabrol) – 1980  Le Kimono rouge (Olivier Gérard & Yuji Murakami) – Histoires étranges : La mort amoureuse (Peter Kassovitz) – Frénésie tzigane (Georges Paumier) – Au théâtre ce soir : Hold-Up (Pierre Sabbagh) – 1981  Paris-Porto-Vecchio (Anne Revel) – La route fleurie (Jean-Roger Cadet) – Au théâtre ce soir : Il est important d’être aimé (Pierre Sabbagh) – Au théâtre ce soir : Comédie pour un meurtre (Pierre Sabbagh) – Au théâtre ce soir : À cor et à cri (Pierre Sabbagh) – Staline est mort (Yves Ciampi) – La double vie de Théophraste Longuet (Yannick Andréi) – Exil (Egon Günther) – 1982 Au théâtre ce soir : Les pas perdus (Pierre Sabbagh) – 1983  Au théâtre ce soir : La cruche (Pierre Sabbagh) – 1983  Au théâtre ce soir : Je l’aimais trop (Pierre Sabbagh) – Les brigades du tigre : La fille de l’air (Victor Vicas) – 1984  Disparitions : Double fond (Yves Elléna) – Le petit théâtre : Y a rien eu (Gérard Thomas, CM) – Au théâtre ce soir : Nono (Pierre Sabbagh) – Au théâtre ce soir : Le mal de test (Pierre Sabbagh) – 1985  Clémence Aletti (Peter Kassovitz, mini-série) – Bulman : Sins of Omission (Roger Tucker) – 1986  Les enquêtes du commissaire Maigret : Maigret voyage (Jean-Paul Carrère) –  Claire (Lazare Iglésis) – Médecins de nuit : Temps mort (Emmanuel Fonlladosa) – 1986/1987  Demain l’amour (Emmanuel Fonlladosa, série) – 1987  Marc et Sophie : Croque-en-jambe (Jean-Pierre Prévost, CM) –  1988/92  Vivement Lundi (plusieurs réalisateurs) – 1990  Les pique assiettes : Et qu’ça saute (Michèle Lucker, CM) – 1998  Ma voyante préférée (Bernard Dumont, sitcom AB, diffusion câblée) – 1999  Revient le jour (Jean-Louis Lorenzi) – 2002  72 heures : mariage impossible (Oliver Pardot) – 2003 De soie et de cendre (Jacques Otzmeguine ) – 2003  Ariane Ferry : Fâcheuse compagnie (Gérard Cuq) – 2004  Confession d’un menteur (Dider Grousset) – 2005  Le chapeau du p’tit Jésus (Didier Grousset) – 2006  Le clan Pasquier (Jean-Daniel Verhaeghe) – 2007  Le sanglot des anges (Jacques Otzmesguine) – Aïcha (Yamina Benguigui) – 2010  Trois filles en cavale (Didier Albert) – 2011 Injustice (Benoît d’Aubert) –  Je retourne chez ma mère (Williams Crépin) – La smala s’en mêle : Un nouveau départ (Didier Grousset) – Le jour où tout a basculé : La veuve noire (Luc Chalifour) – 2012  La smala s’en mêle : Sauvage concurrence (Didier Grousset) – Tout doit disparaître (Christian Faure) – Scènes de ménage – 2013  La smala s’en mêle : Je vous salue maman (Didier Grousset) – 2014  La smala s’en mêle : Drôle d’héritage (Olivier Barma) – La smala s’en mêle : Vos papiers s’il vous plaît (Thierry Petit) – 2016  La smala s’en mêle : Tout va bien se passer (Pascal Lahmani) – 2017  Mama a tort (François Velle, mini-série).

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Alberto Lattuada

 

Annonce de la mort d’Alberto Lattuada, grand metteur en scène du cinéma italien, marquant par son ironie grinçante. Il débute dans le sillon du néoréalisme, adapte plusieurs romans dont “le Manteau” d’après Gogol avec Renato Rascel, Machiavel, Pouchkine, etc… A l’image du film “I dolci inganni / Les adolescentes” en 1960, avait Catherine Spaak, il aimait à explorer les amours adolescentes, dévoilant ensuite Nastassja Kinski dans “Cosi come sei / La fille” en 1978, avec Marcello Mastroianni. Il avait fait un film assez désastreux en 1985 “Une épine dans le coeur” malgré la beauté mise à nue de Sophie Duez, qui avait gardé de ce film un mauvais souvenir. Cinémed nous informe qu’il était aussi président et co-fondateur de la Cinemathèque italienne.

 

On lui préfère le mordant “Venga a prendere il caffè da noi / Venez donc prendre le café chez nous” en 1970, farce inouïe où Ugo Tognazzi voulant profiter de l’argent d’un trio de “vieilles filles” (les formidables Angela Goodwin, Francesca Romana Coluzzi et Milena Vukotic), se retrouve impotent épuisé pour avoir voulu satisfaire sexuellement ce trio inédit. Un grand classique de la comédie italienne !

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Robert Rollis

 

Si on devait distribuer le prix du comédien le plus sympathique du cinéma français, Robert Rollis pourrait aisément y prétendre. Il était un des enfants des “disparus de Saint-Agil”, l’un des plus aisément repérable. Il avait une gouaille dans sa voix. Il la prête régulièrement pour des dessins animés, comme celle de “Pouce-moussu” dans l’émission enfantine “Les quat’zamis”, animé par Fabrice, sur Antenne 2 à la fin des années 70. Dans “Les Tortillards” (Jean Bastia, 1960), il est un des membres la famille d’artistes dirigée par “L’illustre Beauminet” campé par un truculent Jean Richard. Il se présente à Roger Pierre, comme acteur de seconds rôles “spécialisé dans les têtes de turc”. Il est vrai qu’il est souvent le bon copain, à l’image de son personnage de Léon dans les deux opus de “Papa, maman…” de Jean-Paul Le Chanois, surnommé par Fernand Ledoux “Alibi”, il couvre les frasques de Robert Lamoureux, sorte de “Tanguy” avant l’heure, vivant encore chez ses parents. Robert Rollis et souvent goguenard, comme dans “Nous autres à Champignol” et “Le gendarme à Champignol”, il est irrésistible en farceur, toujours le sourire aux lèvres, et prompt à préparer une mauvaise blague contre Jean Richard. Il est également l’un des piliers des Branquignols, aux côtés de Robert Dhéry et Colette Brosset. Il est coiffeur dans “La belle américaine”, un supporter goguenard d'”Allez France !”, un marin fidèle au poste de l'”Increvable”, navire qui se dégrade à chaque inauguration au champagne par Louis de Funès dans “Le petit baigneur”, un breton cul-de-jatte dans “Vos gueules les mouettes !”…. Il devient très populaire grâce à son personnage de Jehan dans “Thierry La Fronde” dont l’intégrale est disponible en DVD. Il sauve bien des comédies franchouillardes par sa présence, souvent en vélo d’ailleurs, C’est un voleur de scènes. Le voir par exemple en pensionnaire d’une maison de retraite dans “Monique”, nous fait regretter sa sous-utilisation ces derniers temps. Il reste presque inchangé également dans “Les amateurs” sorti en janvier 2004, en père de l’atypique Jean-Jacques Vannier, vieux paysan devenu “bredin” suite à une farce de gamins escamoteurs d’échelle, et qui ne s’exprime que par cris. Martin Valente avait hésité de confier ce rôle à ce formidable acteur, ne le trouvant pas à la hauteur de son talent. Dans le même sillon,  il est “72 moissons” dans “Camping à la ferme”, de Jean-Pierre Sinapi. Il est l’ancêtre râleur du village, cultivant son champ, sans rien planter histoire de recevoir des subventions, revendique une sécheresse de cœur et meurt en laissant un gros magot dans une boîte à sucre. Le site des Gens du cinéma, pour lequel j’avais fait sa filmographie, nous donne la triste nouvelle de sa mort le 12 novembre 2007, à Paris, des suites d’un cancer foudroyant, à l’âge de 83 ans.

Robert Rollis & Aghmane Ibersiene dans “Camping à la ferme”

Filmographie : établie avec Armel de Lorme : 1937  La marseillaise (Jean Renoir)1938  Les disparus de Saint-Agil (Christian-Jaque) – Le roman de Werther (Max Ophuls) –  Carrefour (Kurt Bernhardt) – La fin du jour (Julien Duvivier) – 1939  L’enfer des anges (Christian-Jaque) – Notre-Dame de la Mouise (Robert Péguy) – 1941  Premier rendez-vous (Henri Decoin) – Péchés de jeunesse (Maurice Tourneur) – Caprices (Léo Joannon) – Annette et la dame blonde (Jean Dréville) – 1942  Les cadets de l’océan (Jean Dréville) – 1943  Le carrefour des enfants perdus (Léo Joannon) – Lucrèce (Léo Joannon) – 1945  Les démons de l’aube (Yves Allégret) – 1946  Amours, délices et orgues (André Berthomieu) – 1947  Blanc comme neige (André Berthomieu) – 1948  Les amants de Vérone (André Cayatte) – Le bal des pompiers (André Berthomieu) – Tous les deux (Louis Cuny) – 1949  On ne triche pas avec la vie (René Delacroix & Paul Vandenberghe) – La femme nue (André Berthomieu) – La petite chocolatière (André Berthomieu) – 1950  Justice est faite (André Cayatte) – Le roi des camelots (André Berthomieu) – Une fille à croquer / Le petit chaperon rouge (Raoul André ) – 1951  La maison dans la dune (Georges Lampin) – Jamais deux sans trois (André Berthomieu) – Chacun son tour (André Berthomieu) – La maison Bonnadieu (Carlo Rim) – Drôle de noce (Léo Joannon) – 1952    Belle mentalité (André Berthomieu) – Allô… je t’aime (André Berthomieu) – Adorables créatures (Christian-Jaque) – Les dents longues (Daniel Gélin) – 1953  Le portrait de son père (André Berthomieu) – Virgile (Carlo Rim) – L’oeil en coulisses (André Berthomieu) – L’incentevole nemica (Pattes de velours) (Claudio Gora) – Une vie de garçon (Jean Boyer) – Faites-moi confiance (Gilles Grangier) – Le village magique (Jean-Paul Le Chanois) – 1954  Les évadés (Jean-Paul Le Chanois) – Les deux font la paire (André Berthomieu)  – Papa, maman, la bonne et moi (Jean-Paul Le Chanois) – 1955  Le dossier noir (André Cayatte) –  La madelon (Jean Boyer) – Papa, maman, ma femme et moi (Jean-Paul Le Chanois) – Cette sacrée gamine (Michel Boisrond) – 1956    La vie est belle (Roger Pierre & Jean-Marc Thibault) – Nous autres à Champignol (Jean Bastia) – 1957  Trois jours à vivre (Gilles Grangier) – La garçonne (Jacqueline Audry) – L’étrange Monsieur Stève (Raymond Bailly) – L’amour est en jeu (Marc Allégret) – Le grand bluff (Patrice Dally) – 1958  En légitime défense (André Berthomieu) – Le miroir à deux faces (André Cayatte) – Suivez-moi jeune homme (Guy Lefranc) – Le grand chef (Henri Verneuil) – Le gendarme de Champignol (Jean Bastia) – L’increvable (Jean Boyer) – 1959  Die Gans von Sedan (Sans tambour ni trompette) (Helmut Kaütner) – 1960  Ravissante (Robert Lamoureux) – Les moutons de Panurge (Jean Girault) – La brune que voilà (Robert Lamoureux) – Les amours de Paris (Jacques Poitrenaud) – L’homme à femmes (Jacques-Gérard Cornu) – Ma femme est une panthère (Raymond Bailly) – La française et l’amour [épisode : La femme seule] (Jean-Paul Le Chanois) – Les tortillards (Jean Bastia) – La famille Fenouillard (Yves Robert) – Quai Notre-Dame (Jacques Berthier) – 1961  La belle Américaine (Robert Dhéry & Pierre Tchernia) – Tout l’or du monde (René Clair) – Le petit garçon de l’ascenseur (Pierre Granier-Deferre) – La guerre des boutons (Yves Robert) – 1962    Les veinards [épisode : Le gros lot] (Jack Pinoteau) – Les culottes rouges (Alex Joffé) – C’est pas moi, c’est l’autre (Jean Boyer) – Mélodie en sous-sol (Henri Verneuil) – Paris champagne (Pierre Armand) – Le glaive et la balance (André Cayatte) – Strip-tease (Jacques Poitrenaud) – 1963  L’honorable Stanislas, agent secret (Jean-Charles Dudrumet) – Laissez-tirer les tireurs (Guy Lefranc) 1964  Allez France ! (Robert Dhéry) – Week-end à Zuydcoote (Henri Verneuil) – What’s new Pussycat ? (Quoi de neuf, Pussycat ?) (Clive Donner) – 1965  La tête du client (Jacques Poitrenaud) – Le caïd de Champignol (Jean Bastia) – Les baratineurs (Francis Rigaud) – 1966  Le jardinier d’Argenteuil (Jean-Paul Le Chanois) – Trois enfants dans le désordre (Léo Joannon) – Monsieur le président directeur général (Jean Girault) – 1967  Le petit baigneur (Robert Dhéry) – 1968  Un drôle de colonel (Jean Girault) – Faites donc plaisir aux amis (Francis Rigaud) – La femme écarlate (Jean Valère) – 1969  La maison de campagne (Jean Girault) – Trois hommes sur un cheval (Marcel Moussy) – 1972  La raison du plus fou (François Reichenbach) – 1973  Les gaspards (Pierre Tchernia) – L’événement le plus important depuis que l’homme a marché sur la Lune (Jacques Demy) – Le concierge (Jean Girault) – 1974  Vos gueules les mouettes ! (Robert Dhéry) – Impossible… pas français ! (Robert Lamoureux) – 1975  On a retrouvé la 7ème compagnie (Robert Lamoureux) – Opération Lady Marlène (Robert Lamoureux) – 1976  Le jour de gloire (Jacques Besnard) – Dis bonjour à la dame (Michel Gérard) – 1977  Moi, fleur bleue ! (Eric Le Hung) – 1978  Général… nous voilà ! (Jacques Besnard) – Les fabuleuses aventures du baron de Münchhausen (Jean Image, dessin-animé, voix) – 1979  La gueule de l’autre (Pierre Tchernia) – 1980  Touch’ pas à mon biniou (Bernard Launois) – 1981  Le jour se lève… et les conneries commencent (Claude Mulot) – Te marre pas… c’est pour rire ! (Jacques Besnard) – 1982  Le braconnier de Dieu (Jean-Pierre Darras) – Le secret des Sélénistes (Jean Image, dessin animé, voix) – 1986  Nuit docile (Guy Gilles) – 1987  A notre regrettable époux (Serge Korber) – Bonjour l’angoisse (Pierre Tchernia) – 1999  Tout tout près (Fabrice Maruca, CM) – 2001  Monique (Valérie Guignabodet) – 2002  Les amateurs (Martin Valente) – 2004  Camping à la ferme (Jean-Pierre Sinapi).  Nota : Il ne semble pas participer aux films suivants, bien que parfois crédité : “Les Duraton” (André Bethomieu, 1955), “Signé Arsène Lupin” (Yves Robert, 1959).

 

 

 

 

 

Dans “Papa, maman, ma femme et moi”

Télévision : notamment : 1962  L’inspecteur Leclerc enquête : Face à face (Marcel Bluwal) – L’oiseau de bonheur (Georges Folgoas) –  1963/1966  Thierry La Fronde (Pierre Goutas & Robert Guez) – 1964  Médard et Barnabée (Raymond Bailly) – 1965  Le troisième témoin (Georges Folgoas, captation en direct) – Bob Morane (1 épisode) – La bonne planque (Louis Verlant) – Les saintes chéries : Ève de la maison de Compiègne (Jean Becker & Maurice Delbez) – 1967  Saturnin Belloir (Jacques-Gérard Cornu) – 1970  Au théâtre ce soir : Frédéric (Pierre Sabbagh) – Au théâtre ce soir : La brune que voilà (Pierre Sabbagh) -1971  Madame êtes-vous libre ? (Jean-Paul Le Chanois) – 1973  Au théâtre ce soir : La poulette aux oeufs d’or (Georges Folgoas) – Arsène Lupin : Le secret de l’aiguille (Jean-Pierre Desagnat) – Le vagabond (Claude-Jean Bonnardot) – Un curé de choc : Hold-up campagnard (Philippe Arnal) – 1975  Pilotes de courses (Robert Guez) – La vie de plaisance (Pierre Gautherin) – Les Zingari (Robert Guez) – 1976  Le milliardaire (Robert Guez) – 1977  Les folies d’Offenbach (Michel Boisrond) – Commissaire Moulin : Cent mille soleils (Claude-Jean Bonnardot) – Le passe-muraille (Pierre Tchernia) – 1980  Tout le monde m’appelle Pat (Robert Guez) – La vie des autres : L’intruse (Robert Guez) – Arsène Lupin joue et perd (Alexandre Astruc) – 1982  Des yeux pour pleurer (André Cayatte) – Toutes griffes dehors (Michel Boisrond) – 1983  Père Noël et fils (André Flédérick) – 1984  Péchés originaux : J’ai comme une musique dans la tête (Philippe Monnier) – 1986  Le tiroir secret (Édouard Molinaro, Nadine Trintignant, Michel Boisrond & Roger Guillioz) – 1991  Intrigues : Scoop (Emmanuel Fonlladosa) – Intrigues : Trou de mémoire (Dominique Giuliani) – 1992  Un beau petit miliard (Pierre Tchernia) – 1998  Dossiers disparus : Serge et Patrick – 2000  Avocats et associés : La preuve par le vide (Denis Amar) – 2005  Faites comme chez vous (Plusieurs réalisateurs).

Mise à jour du 16/11/2007

Fragments d’un dictionnaire amourex : Evelyne Ker

Dominique Besnehard et Evelyne Ker dans “A nos amours”

en 1955. Elle a participé à peu de films, mais elle avait le rôle mémorable de la mère de Sandrine Bonnaire dans le superbe “A nos amours de Maurice Pialat, en 1982. A lire également Maurice-pialat.net.

1953  Les fruits sauvages (Hervé Bromberger) – 1954  La cage aux souris (Jean Gourguet) – La dot de Sylvie (CM) – 1955  Quand vient l’amour (Maurice Cloche) – Tant qu’il y aura des femmes (Edmond T. Gréville) – 1956  Les copains du dimanche (Henri Aisner) – 1958  Péché de jeunesse (Louis Duchesne) – Ramuntcho (Pierre Schoendoerffer) – 1959  Classe tous risques (Claude Sautet) – 1960  La récréation (François Moreuil) – 1961  La gamberge (Norbert Carbonnaux) – Janine (Maurice Pialat & Maurice Pialat) – 1962  Jeanne et Jacques (Alain Cuniot, CM) – 1970 Les amours particulères / Malaise (Gérard Trembasiewicz) – 1973  … Comme un pot de fraises (Jean Aurel) – 1977  Et vive la liberté (Serge Korber) – 1979  À nous deux (Claude Lelouch) – 1980  Les uns et les autres (Claude Lelouch) – 1982  À nos amours (Maurice Pialat) – 1991  Mensonge (François Margolin) – 1995  Faute de soleil (Christophe Blanc, CM) – 1996  Rien que des grandes personnes (Jean-Marc Brondolo, CM) – Scène de lit : Madame (François Ozon, CM). Télévision (notamment) : 1957  C’était un gentleman (François Gir) – 1971  Au théâtre ce soir : Joyeuse pomme (Pierre Sabbagh) – 1972  Au théâtre ce soir : L’école des contribuables (Pierre Sabbagh) – Double assassinat dans la rue Morgue (Jacques Nahum) – 1975  Cher Alec, chère Janet (Youri) –

Remerciements à Yvan Foucart

FRAGMENTS D’UN DICTIONNAIRE AMOUREUX : BERNARD NOEL

Bernard Noël

Quelles traces laissent un comédien mort trop tot ? Pour l’avoir admiré son panache, son visage un peu inquiet, dans Vidocq, un chef d’oeuvre télé de Marcel Bluwal, on peut se poser la question. C’était légitime que Claude Brasseur le remplace après sa maladie, car il y a des accents du père, Pierre Brasseur, chez lui. Le cinéma ne semble pas l’avoir trop gâté, un cow-boy dans “Fernand Cow-Boy” aux côtés de Fernand Raynaud, l’ami de Maurice Ronet dans “Feu follet”, etc… Mais on peut apprécier son jeu sur le DVD de “Gaspard des Montagnes” (Jean-Pierre Decourt, 1965), où l’on ressentait sa sensibilité et sa fougue. Il aurait compté énormément, si le destin ne l’avait jugé autrement.

Je reprends la consultation d’anciens Téléramas à la principale bibliothéque de mon lieu d’habitation – Ils sont disponibles depuis 1972 -, histoire d’alimenter la base de données du site IMDB en téléfilms, alors nommées dramatiques, histoire de continuer à sauvegarder une mémoire. D’ailleurs si vous avez des fiches Télé, à me suggérer, je peux les rentrer sur la base. En ce moment, parcourant le premier semestre 1983, je tombe sur un hommage de Claude Rich, à l’occasion de la rediffusion de  “La mégère apprivoisée” adaptation de 1964 de Pierre Badel, avec Geneviève Fontanel, Bernard Noël y joue “Petrucchio”. Claude Rich qui a une plume magnifique fut ami et partenaire de Bernard Noël, dans la pièce “Victor et les enfants du pouvoir”, je ne résiste pas à vous restituer ce texte :

Quelques mois avant sa mort, nous étions descendus dans le Midi. Tous ses amis devinaient l’issue fatale, lui seul voulait l’ignorer.

Il aimait tellement la vie que la mort n’était pas dans son programme.

Un soir, nous étions étendus sur la terrasse de l’hôtel qui donnait sur la campagne de St-Tropez. Notre radio était branchée sur Alger. Et avec le soleil qui se couchait, nous écoutions les voix qui venaient de la Méditeranée. A travers les monts du Maghreb nous revenaient nos héros de l’enfance ! Mermoz, St-Exupery, Charles de Foucauld. Ces chants lancinants qui berçaient sa souffrance le faisait délirer, et rêver de traversées qu’il n’avait pas faites.

Et aussi, peut-être d’un Dieu, si proche et pourtant si différent de celui de son enfance qu’il avait oublié, délaissé – à cause de la frénésie qui nous entraîne de rôles en rôles, vers des personnages auxquels on donne sa vie, son coeur et qui après s’en vont si vite, en nous laissant démuni – Jusqu’au suivant.

Frénésie qui vous laisse si peu de temps à vivre. Si peu de temps pour vivre.

Ce soir-là, il pensait qu’il faudrait savoir s’arrêter, et partir sur le dos d’un nuage pour réapprendre à vivre.

C’est difficile de s’arrêter quand on entend quelque part en soi l’horloge qui marque les heures !

Combien de rêves sont restés inachevés chez Bernard ? Personne autant que lui n’était si plein de passions de désirs et d’amour !

Sa fougue était provebiale ! Un jour, il montait à cheval dans “La mégère apprivoisée”. Ce n’était pas un cheval très discipliné. Quand on a dit “action” il a couru vers son canasson. Et son désir et sa fougue étaient si grands qu’il a dépassé le cheval et qu’il c’est retrouvé le cul sur l’herbe…

Tout était trop petit pour Bernard ! les canassons, le monde, la vie. Bernard était grand. Il n’était pas fait pour un univers où les hommes mesurent un mètre soixante.

Claude Rich, article “Bernard Noël, si peu de temps pour vivre” Télérama N°1742 du 04/06/1983.

Note du 1 septembre 2006 : Vient de paraître un excellent livre à son sujet “Bernard Noël, prince et Brigand de Comédie” (Patrice Ducher, Éditions Pascal, 2006), mine d’informations sur ce formidable comédien.

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Suzanne Flon

   

Suzanne Flon

“- Écoute ma bonne Suzanne. Tu es une épouse modèle.
– Oh…
– Mais si, t’as que des qualités et physiquement, t’es restée comme je pouvais l’espérer. C’est le bonheur rangé dans une armoire. Et tu vois, même si c’était à refaire, je crois que je t’épouserai de nouveau. Mais tu m’emmerdes.
– Albert!
– Tu m’emmerdes gentiment, affectueusement, avec amour mais tu m’emmerdes”.
Dialogue de Michel Audiard entre Jean Gabin et Suzanne Flon pour “Un singe en hiver”.

Le qualificatif qui va revenir le plus souvent est “attachante”, avec près de 60 ans de carrière Suzanne Flon, vient de nous quitter à l’âge de 87 ans. Les médias racontent qu’elle était la secrétaire d’Édith Piaf en 1938, qui la saluait dans sa chanson les “flonflons du bal”. Elle devait faire sa rentrée théâtrale à “L’atelier”, la saison prochaine à Paris.

(Photo S. Soriano/Le Figaro)

Au cinéma, son parcours est sans fautes, le modèle de Toulouse Lautrec “Moulin rouge” (John Huston, 1952), la logeuse suspicieuse “Le procès” (Orson Welles, 1962), l’épouse dévouée de Jean Gabin “Un singe en hiver” (Henri Verneuil, 1962) – elle jouera son épouse également dans “Le soleil des voyous” (1966) et “Sous le signe du taureau”, une malade atteinte d’un cancer “Docteur Françoise Gailland” (Jean-Louis Bertuccelli, 1975), la vieille sourde surnommée “Sono cassée”, “L’été meutrier” (Jean Becker, 1982), la servante que l’on devine secrètement amoureuse de Michel Serrault dans “En toute innocence” (Alain Jessua, 1987), la grand-mère abandonnée, “Gaspard et Robinson” (Tony Gatilf, 1990), la locataire dont la gazinière explose dans “Mille millièmes, fantaisie immobilière” (Rémi Watherhouse, 2002), la tante Line, dissimulant un lourd secret : “La fleur du mal” (Claude Chabrol, 2003), etc…

Mais l’actrice accorte, peut donner également des rôles de femmes revêches ou aigries, une mystérieuse baronne “Mr. Arkadin (Orson Welles, 1954), la concierge inquiétante dans “Monsieur Klein” (Joseph Losey, 1975), l’hôtelière dans “Quartet” (1980), ou la cliente exigeante de Benoît Magimel dans “La demoiselle d’honneur” (Claude Chabrol, 2004). Elle était l’héroïne de “La porteuse de pain”, incroyable mélo réalisé par Maurice Cloche en 1963, où elle donnait la réplique aux formidables Jean Rochefort et Philippe Noiret.

Yvan Foucart, venait de lui rendre un hommage pour Les gens du cinéma. Sa mort est pour nous un grand pincement au coeur, son sourire nous manque déjà.

Filmographie : 1942  L’ange de la nuit (André Berthomieu) – 1947  Capitaine Blomet (Andrée Feix) – 1948  Suzanne et ses brigands (Yves Ciampi) – 1949  Dernier amour (Jean Stelli) – Rendez-vous avec la chance (Emil-Edwin Reinert) – La cage aux filles (Maurice Cloche) – 1950  La belle image (Claude Heynemann) – 1951  Procès au Vatican (André Haguet) – 1952  Moulin-Rouge (Id) (John Huston) – 1954  Confidential Report / Mr. Arkadin (Mr. Arkadin) (Orson Welles) – 1960  Tu ne tueras point (Claude Autant-Lara) – 1961  Les amours célèbres [épisode “Agnès Bernauer”] (Michel Boisrond) – 1962  Un singe en hiver (Michel Audiard) – Le procès / The trial (Orson Welles) – 1963  La porteuse de pain (Maurice Cloche) – Château en Suède (Roger Vadim) – The train (Le train) (John Frankenheimer & Bernard Farrel) – 1966  Si j’étais un espion (Bertrand Blier) – Le soleil des voyous (Jean Delannoy) – 1967  Tante Zita (Robert Enrico) – Le franciscain de Bourges (Claude Autant-Lara) – 1968  La chasse royale (François Leterrier) – Jeff (Jean Herman) – Sous le signe du taureau (Gilles Grangier) – 1970  Aussi loin que l’amour (Frédéric Rossif) – Térésa (Gérard Vergez) – 1972  Les volets clos (Jean-Claude Brialy) – Le silencieux (Claude Pinoteau) – 1973  Un amour de pluie (Jean-Claude Brialy) – 1975  Docteur Françoise Gailland (Jean-Louis Bertuccelli) – Monsieur Albert (Jacques Renard) – Black-out (Philippe Mordacq, inédit) – M. Klein (Joseph Losey) – 1976  Comme un boomerang (José Giovanni) – 1980  Quartet (Id) (James Ivory) – Une voix (Dominique Crévecoeur, CM) – 1982  L’été meutrier (Jean Becker) – 1986  Triple sec (Yves Thomas, CM) – Diary of a mad old man (Journal d’un vieux fou) (Lili Rademakers) – 1987  Noyade interdite (Pierre Granier-Deferre) – En toute innocence (Alain Jessua) – 1988  La vouivre (Georges Wilson) – 1990  Gaspard et Robinson (Tony Gatlif) – 1992  Voyage à Rome (Michel Lengliney) – 1998  Les enfants du marais (Jean Becker) – Je suis né d’une cigogne (Tony Gatlif) – 2000  Un crime au paradis (Jean Becker) – 2001  Mille millièmes (Rémi Waterhouse) – 2002  La fleur du mal (Claude Chabrol) – Effroyables jardins (Jean Becker) – 2003  La demoiselle d’honneur (Claude Chabrol) – 2004  Joyeux Noël (Christian Carion) – 2005  Fauteuils d’orchestre (Danièle Thompson). Voxographie (Récitante de documentaires) : 1961 Madame se meurt (Jean Cayrol & Claude Durand, CM) – 1962  Mourir à Madrid (Frédéric Rossif) – 1967  La révolution d’Octobre (Frédéric Rossif) – 1970  La route romane (Yvan Butler & Frédéric Rossif, CM) – 1974  Georges Braque ou le temps différent (Frédéric Rossif) – 1979  Pablo Picasso (Frédéric Rossif).

Télévision (notamment) : 1954  Your favorite story : Face of Paris – 1960  Un beau dimanche de septembre (Marcel Cravenne) – 1962  Le mal court (Alain Boudet) – 1967  Le complexe de Philémon (Jacques Pierre) – 1698  Délire à deux (Michel Mitrani) – 1973  Au théâtre se soir : Le complexe de Philémon (Georges Folgoas) – 1974  Le tour de l’écrou (Raymond Rouleau) – 1975  Le voyage en province (Jacques Tréfouel) – Le renard dans l’île (Leila Senati) – 1976  Hôtel Baltimore (Arcady) – 1977  La vérité sur Madame Langlois (Claude Santelli) – 1979  Les héritiers : Silencio (Jacques Trébouta) – 1980  Le noeud de vipères (Jacques Trébouta) – Le curé de Tours (Gabriel Axel) – 1981  Mon meilleur Noël : L’oiseau bleu (Gabriel Axel) – 1983  Le dernier civil (Laurent Heynemann) – 1984  Le dialogue des Carmélites (Pierre Cardinal) – Emmenez-moi au théâtre : Le coeur sur la main (Hervé Baslé) – Mademoiselle Clarisse (Ange Casta) – 1985  Emmenez-moi au théâtre : La robe mauve de Valentine (Patrick Bureau) – 1986  Le cadeau de Sébastien (Franck Apprederis) – 1987  Série noire : 1996 (Marcel Bluwal) – Gigi (Jeannette Hubert, captation) – Chacun sa vérité (Jean-Daniel Verhaeghe, captation) – 2002  Le miroir d’Alice (Marc Rivière).

Bibliographie : Jacques Valot & Gilles Grandmaire “Stars deuxième” (Edilig, 1989).

Mise à jour du 1/06/2009

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Mike Marshall

Mike Marshall dans “L’alphomega”

Annonce la mort de Mike Marshall, fils unique de Michèle Morgan, qui n’a pas beaucoup marqué, il faut bien le dire, par ses interprétations, sinon le pilote anglais de “La grande vadrouille” de Gérard Oury (1966), Le falot Roger de Vaudray dans “Les deux orphelines” (Riccardo Freda, 1964) ou le mystérieux commanditaire d’Henri Virlojeux et André Weber dans la série TV “L’alphomega, 1973). Il est la vedette du méconnu “La fille de la mer morte” (1966), où il est un ingénieur catholique, qui ne parvenant pas à épouser une jeune fille juive, fille de Pierre Brasseur, parce qu’ils n’ont pas la même religion. On le vit aussi régulièrement dans les années 90, dans les séries produites par A.B. Productions. Son dernier rôle au cinéma, est celui d’un policier américain à la frontière dans “L’américain” de Patrick Timsit, questionnant Lorànt Deutsch. Il est le fils du metteur en scène William Marshall et le demi-frère de Tonie Marshall. Bibiographie : Yvan Foucart : « Dictionnaire des comédiens français disparus » (Mormoiron : Éditions cinéma, 2008).

Filmographie : 1961  The Phantom Planet (William Marshall) – 1963  The courtship of Eddie’s father (Il faut marier papa) (Vincente Minnelli) – 1964  Patate (Robert Thomas) – Déclic et… des claques (Philippe Clair) – 1965  Le due orfanelle (Les deux orphelines) (Riccardo Freda) – Paris brûle-t-il ? (René Clément) – 1966  La grande vadrouille (Gérard Oury) – Fortuna (La fille de la mer morte) (Menahem Golan) – 1967  Suzanne, die wirtin von der lahn / Mieux vaut faire l’amour (François Legrand [Franz Antel]) – 1968  Con lui cavalca la morte (Joseph Warren [Giuseppe Vari]) – Vendo cara la pelle (Je vends cher ma peau) (Ettore Maria Fizzarotti) – 1969  Les chemins de Katmandou (André Cayatte) – Hello goodbye (Id) (Jean Negulesco) – 1972  Quelques messieurs trop tranquilles (Georges Lautner) – Le serpent (Henri Verneuil) – 1973  L’histoire très bonne et très joyeuse de Colinot Trousse-Chemise (Nina Companeez) – 1978  A little romance (I love you, je t’aime) (George Roy Hill) – Lady Oscar (Jacques Demy) – 1979  Moonraker (Id) (Lewis Gilbert) – The hostage tower (La Tour Eiffel en otage) (Claudio Guzman, téléfilm distribué en salles en Europe) – 1980  Le coup du parapluie (Gérard Oury) – Téhéran 43 nid d’espions (Alexandre Alov & Vladimir Naoumov) – 1981  Sezona mira u Parizu / Une saison de paix à Paris (Predrag Golubovic) – 1982  La morte vivante (Jean Rollin) – Ça va pas être triste (Pierre Sisser) – 1983  Until September (French lover) (Richard Marquand) – 1985  Maine Océan (Jacques Rozier) – 1986  Club de rencontres (Michel Lang) – Je hais les acteurs (Gérard Krawczyk) – Johann Strauss, der König ohne Krone / Johann Strauss, le roi sans couronne (Franz Antel) – 1989  Mister Frost (Id) (Philippe Setbon) – Eye of the widow (S.A.S., l’oeil de la veuve) (Andrew V. McLaglen) – La Révolution française : Les années terribles (Richard T. Heffron) – 1993  Neuf mois (Patrick Braoudé) – 2000  Fifi Martingale (Jacques Rozier, inédit en salles) – 2003  L’Américain (Patrick Timsit). Voxographie succincte : 1992  Sur les traces de gengis khan (Gilles Combet, documentaire TV, récitant) – 2003  Les aventures extraordinaires de Michel Strogoff (Bruno-René Huchez & Alexandre Huchez, animation). Télévision (notamment) : 1967  La parisienne (Jean Kerchbron) – 1972  Frédéric II (Olivier Ricard) – Les cinq dernières minutes : Meurtre par la bande (Claude Loursais) – 1973  L’Alphoméga (Lazare Iglèsis, série TV) – Vie et mort du roi Jean (Daniel Georgeot, captation) – 1974  À trois temps (Jean Kerchbron) -1976  Le cheval évanoui (Alain Dhénaut) – 1979  La lumière des justes (Yannick Andréi, série TV) – Les dames de la cote (Nina Companeez) – 1980  Petit déjeuner compris (Michel Berny, série TV) – 1983  Les enquêtes du commissaire Maigret : La tête d’un homme (Louis Grospierre) – 1984  Image interdite (Jean-Daniel Simon) – 1986  Lili, petit à petit (Philippe Galardi, séreie TV) – Le tiroir secret (Édouard Molinaro, Roger Gillioz, Michel Boisrond & Nadine Trintignant, série TV) – Un métier de seigneur (Édouard Molinaro) – 1987  Les enquêtes du commissaire Maigret : Les caves du Majestic (Maurice Frydland) – 1988  Hemingway (Bernhard Sinkel, série TV) – 1991  La grande dune (Bernard Stora) – 1993  Les noces de Lolita (Philippe Stebon) – Commissaire Dumas D’Orgheuil : John (Philippe Stebon) – 1995/1996  Les nouvelles filles d’à côté (série TV) – 1996  Jamais 2 sans toi (série TV) – 1997  Mission : protection rapprochée (Nicolas Ribowski) – 1997/1999  Les vacances de l’amour (série TV) – 2000  Relic Hunter (Sydney Fox l’aventurière) : Nothing But the Truth (John Bell) – Avocats & associés : Le bébé de la finale (Denis Amar) – Commissaire Moulin : Protection rapprochée (Gilles Béhat) – 2003  Navarro : Police racket (Patrick Jamain) – 2005  Sometimes in April (Quelques jours en Avril) (Raoul Peck). P.S. : Annonce aussi de la mort du réalisateur cubain Pastor Vega.