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LE COIN DU NANAR : O.K. PATRON

Le nanar du jour est “O.K. Patron” film réalisé en 1973, et sorti en février 1974. On dirait un film de Georges Lautner, mais même s’il est bien placé au générique du film et sur l’affiche comme surperviseur, le réalisateur est ici Claude Vital. C’est son premier film et il va régaler bien souvent ensuite les amateurs de navets – “Le chasseur de chez Maxim’s” (1976), “Le maestro” (1977), “Le temps des vacances” (1979), “Une merveilleuse journée” (1980), “Si elle dit oui… Je ne dis pas non !”  (1982) -. Que du bonheur ! C’est là qu’il faut rendre hommage au talent de metteur en scène de Lautner, en opposition tout est ici poussif, lent et presque sinistre. L’histoire, est un décalque sans imagination du “Grand blond”, agrémenté de la mode lancée par le film de Coppola, “Le parrain” – les photos de Brando et Pacino, servent de la pub pour Smalto ! -. Mario, un maffioso important se meurt suite à une attaque sournoise – apparition amicale et non créditée de Michel Constantin -. Sa veuve – Mireille Darc -, charge ses deux gros bras – Henri Guybet & Jean Luisi, très drôles dans des rôles de truands idiots -, de trouver un leurre, pour éviter que des bandits à la gâchette facile, se goinfre sur l’héritage d’un empire maffieux. Ils trouvent en la personne de Léon Bonnet, hâbleur représentant en croix miraculeuses !, flanqué de sa petite amie BCBG – Axelle Abadie, dans son registre habituel de bourgeoise -. Selon certaines biographies de Michel Audiard, il aurait fait du rafistolage – ce qui n’améliore pas grand chose, d’ailleurs. Seule la distribution est digne d’intérêt ici. Si Mireille Darc, Maurice Biraud et Daniel Ceccaldi semblent s’ennuyer ferme et Francis Blanche montre des signes évidents de fatigue, dans l’un de ses derniers rôles. Mais on peut s’amuser à retrouver Renée Saint-Cyr, dans son rôle habituel de bourgeoise pas du tout décontenancée par les évenements, André Pousse en tueur baladé dans un avion, de détournements en détournements,  Paul Préboist en chef des représentants., etc…

Il y a également un multitude de seconds rôles, comme Robert Dalban, en commissaire fatigué et amusé – Léon Bonnet lui apporte des armes, qu’on lui a donné -, Dominque Zardi en notaire trop distingué pour dissimuler longtemps ses origines de voyous – un de ses rôles les longs -, Jacques Préboist – frère de l’autre injustement oublié – en livreur avenant, Hélène Dieudonné en concierge sympathique et dévouée, Jacqueline Doyen en grande bourgeoise, Bernard Musson en amiral aboyeur ou le trop méconnu Gabriel Jabbour, confectionneur tueur et homme d’honneur. On retrouve aussi avec surprise Pierre Zimmer, réalisateur et acteur chez Melville – “Le deuxième souffle” -, qui semble s’amuser ici avec un rôle de caïd en chef. Je viens de rajouter le générique complet sur la fiche IMDB, en cours de validation, les éléments présents provenant des catalogues du CNC. Reste le jeu de Jacques Dutronc, incroyable de décontraction, il amène une véritable originalité face à de vieux routiers aguerris. Primesautier, bondissant et iconoclaste, il se taille la part du lion, dans ce film si peu original. Il signe ici la musique et s’entoure de ses potes Jean Luisi et Hadi Kalafate. Il n’a plus qu’à attendre ici, son rôle dans “L’important s’est d’aimer”, pour entrer dans la cour des grands l’année suivante.

LA GUERRE DES MONDES (Version Haskins)

Cet habile petit chef d’œuvre de 1953 signé Byron Haskins, sur une initiative du producteur George Pal,  n’a pas à souffrir avec son prestigieux successeur. Le talent est au rendez-vous et le budget important pour l’époque. Steven Spielberg l’a d’ailleurs habilement cité en reprenant les vedettes du films Gene Barry et Anne Anderson, dans le rôle des grands-parents, le temps d’un clin d’œil final. On reste bluffé par les effets spéciaux de l’époque, signés Gordon Jennings – récompensés par un oscar -, l’état du monde est une reprise assez inégale, mais les créatures à trois yeux sont une pure réussite – l’idée de l’œil télescopique est reprise par Spielberg dans la scène de la cave -. Le film a gardé pouvoir d’effroi, il y a dans ce film des scènes encore saisissantes, comme celle de l’oncle pasteur qui tente de communiquer avec les Martiens. La grande différence entre ces deux films est l’abandon de l’idée des martiens – idée pouvant devenir bien sûr hautement ridicule 50 ans après -. Nos amis martiens, vivent dans un univers inhospitalier et observant l’humanité, en vue de l’occuper. Le film met en vedette deux scientifiques, en goguette dans une Amérique profonde rassurante et bonne enfant – la soirée de danse de quadrille-. Les journaux constituent alors le média majeur, soulignés par la première rencontre du “troisième type” de trois nigauds qui veulent figurer à la une, où une crieuse de journaux désinvolte – elle tricote – mais efficace. Haskins souligne la vie qui continue, d’un chat ou le garçon qui ramasse un ballon d’une petite fille.

L’habilité de Spielberg est de n’avoir pas repris les clichés de l’époque, utilisés encore il y a peu dans l’immonde “Independance day”. Il y a donc ici beaucoup de discussions militaires, les militaires étant aidés par le Dr. Clayton Forrester, un scientifique paisible et portant lunettes – pour voir de loin -, loin du fantasme de la jeune Sylvia Van Buren, passionnée par les chercheurs. Les nations vont donc faire converger leurs connaissances pour neutraliser les aliens, mais ici aussi l’humanité est capable du pire, comme voler le véhicule de Clayton, contenant des instruments susceptibles de les sauver. Il y a beaucoup de similitude finalement avec le nouveau remake, des scènes communes, celle de la ferme transposée dans la cave, le bras martien, le film bascule un tantinet dans l’œcuménisme et une bondieuserie finale, les rescapés se cachant dans une église. La richesse du cinéma fantastique permet de réfléchir sur toute une époque, la peur de la guerre froide (la planète rouge…), chez Haskins devenant le traumatisme post “11 septembre” chez Spielberg. Le film diffusé en ce moment sur TPS Home Cinéma, est également disponible en DVD. Pour en savoir plus sur le cinéaste Byron Haskins, il convient de lire le formidable “Série B” de Pascal Mérigeau et Stéphane Bourgoin (Édilig, 1983), hélas épuisé mais qui mériterait une réédition.

LA GUERRE DES MONDES (Version Spielberg)

Il convient de saluer le nouveau film de Steven Spielberg, qui arrive à se renouveler constamment avec des blockbusters de qualité avec un (presque) rythme d’un Woody Allen. Ce film joue habilement avec nos peurs ancestrales, il est rare de voir un film qui vous glace d’effroi et de cette qualité. Tom Cruise joue un anti-héros Ray Ferrier, dont l’ancienne femme qui attend son troisième enfant et vie avec un homme aisé – Miranda Otto, réellement enceinte lors du tournage -, lui confit à l’improviste la garde de ses deux enfants Rachel et Robbie. Le climat est assez tendu donc, Ray a un travail difficile, et manque de se faire exploiter… La suite est connue, elle est l’adaptation du roman d’H.G. Wells, transposée habilement au XXIIème siècle… La star a donc l’intelligence de montrer ici un personnage égoïste qui devra en plus de secourir sa famille retrouver la considération de ses enfants, les reproches fusent dans les moments de troubles, voire l’ahurissante anecdote du “beurre de cacahuète”, Rachel – étonnante Dakota Fanning -, étant allergique depuis sa naissance. Spielberg montre à nouveau son génie (sens non galvaudé du terme), en faisant monter l’angoisse d’une invasion extra-terrestre. Les signes avants-coureurs des attaques sont montrés avec maestrias, d’un vol d’oiseau déroutant ou de changements inédits du climat (la foudre sans orage). Le scénario du film reprend avec justesse les traumatismes du XXème siècle (le 11 septembre 2001 évidemment, les diverses exodes, ou catastrophes). Ce thème on le sait avait semé la panique lors de l’adaptation radio d’Orson Welles, en 1938, disponible en CD il y a quelques années. Les aliens sont une menace évidente, avec seul but la colonisation de la terre en exterminant une humanité arrogante, le sang humain servant même d’engrais pour une végétation grimpante. Tout est ici hyperréaliste, et les progrès des effets spéciaux aident à croire à l’histoire.

Tom Cruise et “la screaming girl” Dakota Fanning

Mais pour le trio à la dérive, il faut de plus compter sur les comportements humains, égoïstes et violents quand il s’agit de sauver sa peau. Le père de famille a la dure tâche de protéger les siens, il trouve là sa grandeur d’homme, ses faiblesses – il écrase un piéton, dans une foule qui veut saisir son véhicule. Il protége l’innocence de sa fille en lui bandant les yeux, elle qui ne jure que par son frère pris par la vaine considération de vouloir en “découdre” avec l’ennemi. La bassesse humaine, mais aussi la manière de montrer une “humanité” qui peut se révéler une menace à tout moment est habile et sans illusions. Il y a un quatrième personnage marquant, Harlan Ogilvy, ancien ambulancier dont la raison chancelle. Tim Robbins dans ce rôle est formidable, jouant de son côté rassurant avant de basculer rapidement, pris par des considérations patriotiques. La rencontre entre le père de famille et lui, est déterminante, les deux manières de vivre la situation ne pouvant donner qu’une issue fatale. En aparté, on peut voir aussi sa réplique “nous ne sommes pas sur la même longueur d’onde”, l’amusante confrontation de Tim Robbins, connu pour son humanisme, avec “le sectaire” Tom Cruise”. La mise en scène est éblouissante, habitée par une poésie morbide (le train fou, les vêtements des victimes volants, les victimes transformées en cendres, parabole biblique bien connue). On peut déplorer la fin convenue des retrouvailles, – le moyen de lutte est déjà dans le roman, est une idée classique dans les romans SF -, et on aurait peut-être gagné en tension à voir un peu moins de créatures. Mais ce n’est rien pour cette pure réussite formelle, émotionnelle, nous donnant une méditation amère sur notre statut d’humains en sursis.

L’AMOUR AUX TROUSSES

On a envie d’être indulgent pour ce “buddy movie” convenu réalisé par Philippe de Chauveron,. Un film où l’on retrouve Dominique Zardi, ne peut pas être complètement mauvais. Le film est porté par son trio de comédiens sympathiques, Jean Dujardin, Caterina Murino et Pascal Elbé après sa belle performance des “Mauvais joueurs”. On retrouve une tradition bien française des comédies policières françaises. Reste un évident problème de rythme et d’écriture, ses personnages sont pourtant attachants. Il y a beaucoup d’excellents seconds rôles, malheureusement ils ont plus une présence à tenir, plutôt que de véritables rôles, Jean-Luc Porraz en chef de la police, Cyril Lecomte en policier volubile, Patrick Rocca en commissaire antipathique, Dominique Bettenfeld en caïd, etc…. Il manque beaucoup de rôles sur la fiche  IMDB, et je n’ai trouvé qu’un nom à rajouter Edith Le Merdy en pharmacienne. Claude Brasseur s’amuse avec son rôle de tonton innocent aux mains pleines.

François Levantal et Caterina Murano dans “L’amour aux trousses”

On en vient au meilleur du film, c’est le grand méchant Carlos, superbement campé par François Levantal. Cet individu sinistre et brutal, et bandit de grand chemin, peut se révéler (trop) humain, en forçant un couple de retraité qu’il séquestre  boire pour ne pas périr d’une improbable chaleur. Le mari est joué par Zardi, justement, c’est ici presque une citation à tout une époque du cinéma. Durant tout le film, on a qu’une hâte, celle de le retrouver. Le cinéma utilise François Levantal sans originalité, le confinant souvent dans des rôles de brutes, mais il faut voir ce qu’il apporte chaque fois à ses prestations, c’est du grand art. Je vais revenir spécifiquement sur ce comédien très prochainement, car à mon humble avis il sauve le film.

EROS

Je me souviens d’un article des Cahiers du Cinéma de 2002, concernant le tournage du dernier film de Michelangelo Antonioni. On sait depuis que ce film est une initiative des producteurs d’utiliser le prestige du cinéaste, en rajoutant à cet inachevé deux autres épisodes, Pedro Almodovar était d’ailleurs envisagé. Nous avons donc à faire à un produit manufacturé un poil racoleur, continuant la mode assez nostalgique des années 60 des films à sketches.

La condescendance de la critique envers “Il filo pericoloso delle cose”, l’épisode d’Antonioni, est curieuse, comme si son mutisme dans la vie et son grand âge l’avait privé de son talent. Il n’en est rien, l’acuité de son regard est intacte, les deux comédiennes : Regina Nemni et Luisa Ranieri sont d’une sensualité sans artifices. Le cadrage des lieux et la description d’un couple qui s’étiole, nous donne l’envie d’en voir plus. On retrouve Christopher Buchholz, dont j’avais apprécié la lucidité sur son métier lors d’une avant-première en 2001 du film d’Yvan Gauthier “Les aliénés”, mais que l’on ne voit que trop rarement sur nos écrans. Cette œuvre d’Antonioni me semble le meilleur de l’ensemble.

Luisa Ranieri et Christopher Buchholz dans “Éros”

“Equilibrium”, le sketch de Soderbergh est loin d’être déshonorant, exercice de style certes, mais efficace, avec en prime un acteur simplement génial Alan Arkin, qui arrive à composer un truculent psychiatre voyeur, continuant la conversation avec son patient – Robert Downey Jr, assez déglingué -, tout en organisant son vice.

Wong Kar-Waï retrouve avec “La main” un style certes plus concis que son 2046, une sensualité, dans dévoiler un morceau de chair, jouant sur le fétichisme des étoffes,  mais on ne peut pas parler de renouvellement. On pense évidemment à “In The Mood for love”. L’obsession d’un amour retenu plus forte qu’un amour vécu est saisissante. La description d’une frustration du jeune tailleur– à l’exemple des bruits de coïts entendus à travers les murs à travers les murs . Dans le rôle de l’aimée, une courtisane, Gong Li est sublime de beauté. Las, le tout me semble l’œuvre d’un cinéaste doué mais auto-aveuglé par la persistance de son talent, en nous distillant un ennui poli. Ce n’est donc pas le chef d’œuvre annoncé finalement. L’ensemble est à classer dans la rubrique film hybride mais intéressant.

MILLIONS

Qu’est-il arrivé à Danny Boyle ? On pouvait penser son attitude méritoire de vouloir continuer à œuvrer au Royaume Uni après son succès international. Après ses zombies sous acides, il nous surprend en faisant un conte pour enfants, vaguement critique envers l’Euro et le pouvoir de l’argent. Le résultat est assez déconcertant, passant de la virtuosité trop préparée, à une imagerie clipesque et quelques clichés mollement dynamités. Le tout se laisse voir sans efforts, l’histoire étant vue à travers les yeux d’enfants. L’idée de base était assez sympathique, deux orphelins de mère, aménagent avec leur père dans une zone pavillonnaire anglaise.

Il y a de bonnes idées, la police intégrant l’idée d’un cambriolage possible et inéducable, l’imagerie des saints. L’histoire de l’argent “tombé du ciel” et de ses conséquences est assez convenue, et la farce assez vaine. On se demande si on ne visionne pas finalement une sorte de publicité amusante mais géante, le temps des fulgurances de “Trainspotting” semble loin.  Les bonnes intentions confinant même au ridicule au final. Dommage !

LE COURAGE D’AIMER

Courage, fuyons ? Je vais traînant les pieds voir cette blessure narcissique que compose ce film, présenté comme une prise de conscience de Claude Lelouch, nous montrant une œuvre épurée débarrassé des scories habituelles, avec une modestie qui ne lui ressemble pas. J’ai un drôle de rapport avec ses films. En 1986, il y avait même une sorte de point de non-retour à la vision d’ “Un homme et une femme, vingt ans déjà”, j’étais content de retrouver le couple Jean-Louis Trintignant et Anouk Aimée, mais que Lelouch s’empresse d’oublier, pour faire du film un salmigondis indigeste. Je n’ai retrouvé le chemin des salles pour voir un de ses films, depuis que pour voir “Une pour toutes”. Malgré tout, je continue à apprécier quelques instants de grâces à quelques diffusions TV, souvent un champ-contrechamp d’ailleurs entre deux comédiens, passant de l’irritation à l’admiration, et quand on aime les acteurs on ne peut qu’aimer ses films finalement. Honte sur moi, je n’avais pas vu le dernier opus de sa fresque “Les Parisiens”, je vais donc voir ce nouveau digest sans apriorismes. C’est donc un montage du premier opus déjà diffusé, du second qui risque de rester inédit avec le titre du troisième, non tourné pour cause de bide abyssal ! On peut passer à plusieurs stades à la vision de ce film, ça commence par une sorte de chantage à l’émotion à retrouver Ticky Holgado en clochard céleste, joli moment cependant,

Arielle Dombasle et Michel Leeb, le charme discret de la pizza…

Lelouch semble s’auto parodier (La désormais cultissime scène des pizzas entre Arielle Dombasle et Michel Leeb), ou s’auto cite – la scène de la bijouterie où on retrouve avec bonheur André Falcon en bijoutier, 30 après “La bonne année ” -. Un montage plus court d’un film, peut le faire paraître plus long. J’ignore le sentiment que peut avoir le spectateur des “Parisiens”, mais Lelouch ne le méprise t-il pas un peu dans ce montage présenté au festival de Los Angeles en Avril dernier. Certains personnages sont désormais sacrifiés, on ne sait pas ce qu’ils font là, citons notamment Antoine Duléry en mystérieux restaurateur ou Agnès Soral assistant à une avant-première ciné, puis à un mariage. Comme ces deux formidables comédiens, ils sont donc plusieurs à se retrouver involontairement à faire des “cameos”, d’où une joyeuse frustration. De plus, le générique de fin crédite des comédiens absents du film – Charles Gérard, Catherine Arditi, Xavier Deluc, etc.. -, curieux. A moins que le réalisateur nous propose un nouveau montage de son second volet, le tout n’est pas donc très sérieux. Est-ce l’impression que donne ce nouveau montage, mais on se demande ce qui peut avoir coûté si cher. Peu sensible aux ritournelles de Francis Lai, je me suis retrouvé à me raccrocher aux comédiens Michel Leeb sensible, Maïwenn, Mathilde Seigner très subtile, etc…, des idées de distributions originales (Lisa Lamétrie, ancienne concierge de Maurice Pialat, Mireille Perrier en femme seule), pour finalement garder une impression assez négative. Ce n’est donc pas ce film qui risque de me réconcilier avec le cinéaste, son personnage étant très présent d’ailleurs dans le film. Mais reste l’envie de voir l’intégrale du “Genre humain”, ce qui n’est pas si mal, pour cet indestructible réalisateur !

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Maurice Baquet

 

Maurice Baquet par Robert Doisneau en 1968

C’est un membre de la famille, un cousin farfelu adoré des enfants, capable d’improviser ou de se mettre à faire de la musique au moment où l’on s’y attend le moins. Il a au moins trois vrais talents : le sport, la musique, le théâtre…” (Olivier Barrot, “Les excentriques du cinéma français, Éditions Henri Veyrier, 1983). “C’est un personnage curieux que Maurice Baquet- et si populaire que lorsqu’il paraît sur l’écran d’une salle de quartier l’on entend généralement se propager dans l’ombre un murmure satisfait qui n’est autre que son nom, chuchoté comme celui d’un ami (Écran Français N° 100 du 27/05/1947, cité dans le livre d’Olivier Barrot, “L’écran français 1943-1953 – histoire d’une époque”, Les éditeurs, français réunis, 1979).

L’un des comédiens les plus attachants du cinéma français, vient donc de nous quitter, du fils de concierge à la jambe cassée “Le crime de monsieur Lange” (Jean Renoir, 1935) au scrutateur des éléctions dans “Dieu seul me voit” (Bruno Podalydès, 1997), il était le ludion, le personnage léger, filou (son Ribouldingue dans les deux versions des “Pieds Nickelés”, semble avoir marqué la fin des années 40), ou parfois graves (chez Costa-Gavras). Il a été finalement assez rare, voire modeste acceptant d’apparaître non crédité comme musicien avec son violoncelle (“Monsieur Klein”, “Bobby Deerfield”. Témoin du front populaire et du groupe octobre, il amenait un vent assez libertaire, d’où son compagnonnage dans les films tirés des BD de Reiser (“Vive les femmes”, Pichard (“Paulette, pauvre petite milliardaire) ou Wolinski (“Le roi des cons”). Comédien estimé par le profession, il reçoit un “molière” d’honneur en 1998. Je me souviens avoir vu un documentaire où avec humour il parlait de l’alpinisme, de Gaston Rebuffat, de sa musique, avec humour et humanité et j’ai comme l’impression d’avoir perdu, comme beaucoup de cinéphiles certainement,  un membre de ma famille. Il était le père de Grégory Baquet. 

Filmographie : 1932  Les bolides de la neige (A. Ledoux, CM) – 1933  Trois vies et une corde (Henri Stork, CM) – 1935  Taxi de nuit (Albert Valentin, CM) – Veille d’armes (Marcel L’Herbier) – Les beaux jours (Marc Allégret) – Le crime de monsieur Lange (Jean Renoir) – 1936  Les Bas-fonds (Jean Renoir) – Hélène (Jean Benoît-Lévy & Marie Epstein) – Jeunes filles (Claude Vermorel) – 1937  L’alibi (Pierre Chenal) – Gueule d’amour (Jean Grémillon) – Mollenard (Robert Siodmak) – La mort du cygne (Jean-Benoît Lévy & Marie Epstein) – 1938  Altitude (Jean-Benoît Lévy & Marie Epstein) – Accord final (Ignacy Rosenkranz & I.R. Bay) – Place de la Concorde (Carl Lamac) – 1939  Le grand élan (Christian-Jaque) – 1941  Départ à zéro (Maurice Cloche) – 1942  Le chant de l’exilé (André Hugon) – Dernier atout (Jacques Becker) – La fausse maîtresse (André Cayatte) – Frederica (Jean Boyer)- Opéra-Musette (René Lefèvre) – 1943  Adieu Léonard (Pierre Prévert) – Coup de tête (René Le Hénaff) – Premier de cordée (Louis Daquin) – 1945  Dernier métro (Maurice de Canonge) – Leçon de conduite (Gilles Grangier) – 1946  Pas un mot à reine-mère (Maurice Cloche) – Voyage-surprise (Pierre Prévert) – 1947  Les aventures des Pieds Nickelés (Marcel Aboulker) –  Kenzi (Kenzi, mon trésor) (Vicky Ivernel) – Une aventure de Polop (Walter Kapps, CM) –    La fleur de l’âge (Marcel Carné, inachevé ) – 1948  Les souvenirs ne sont pas à vendre (Robert Hennion) – Les drames du Bois de Boulogne (Jacques Loew, CM) – Trois garçons et un planeur (Jean Perdrix, CM) – 1949  Tire au flanc (Fernand Rivers) – Le trésor des Pieds Nickelés (Marcel Aboulker) – 1950  Rondo sur la piste (Maurice Henry, CM) – Bibi Fricotin (Marcel Blistène) – Andalousie (Robert Vernay) – 1952  Innocents in Paris (Week-end à Paris) (Gordon Parry) – 1955  L’impossible monsieur Pipelet (André Hunebelle) – 1956  Le voyage en ballon (Albert Lamorisse) – 1957  Une nuit au Moulin-Rouge (Jean-Claude Roy) – 1962  Mandrin, bandit gentilhomme (Jean-Paul Le Chanois) – 1966  Scarf of mist thigh of satin (Joseph W. Sarno, inédit, non confirmé) – 1968  Z (Costa-Gavras) – 1974  Section spéciale (Costa-Gavras) 1975  Attention les yeux ! (Gérard Pirès) – Monsieur Klein (Joseph Losey) – 1976  Bobby Deerfield (Id) (Sidney Pollack) –  1977  Jacques Prévert (Jean Desvilles, documentaire) – L’ange (Patrick Bokanowski) – 1978  L’adolescente (Jeanne Moreau) – Fedora (Id) (Billy Wilder) – 1979  Le divorcement (Pierre Barouh) – 1980  Le roi des cons (Claude Confortès) – 1981  Madame Claude 2 (François Mimet) – Tête à claques (Francis Perrin) – Salut j’arrive (Gérard Poteau, Pierre & Marc Jolivet) – 1983  Vive la sociale (Gérard Mordillat) – Vive les femmes ! (Claude Confortès) – 1984  Les rois du gag (Claude Zidi) – 1985  Paulette, la pauvre petite milliardaire (Claude Confortès) – Strictement personnel (Pierre Jolivet) –  1986  Le débutant (Daniel Janneau) – 1988  Le come back de Baquet (Nicolas Philibert, CM documentaire) – 1990  Cinématon N°1324 (Gérard Courant, CM) – 1992  Babilée ’91 (William Klein, MM) – Roulez jeunesse (Jacques Fansten) – 1993  Délit mineur (Francis Girod) – Doisneau des villes, Doisneau des champs (Patrick Cazals, CM) – La braconne (Serge Pénard, inédit en salles)  – 1994 Télémania (Arnaud Bel, CM) – Oui (Pascal Perennes, MM) – Les cent et une nuits (Agnès Varda, rôle coupé au montage) – 1997  Dieu seul me voit (Versailles-chantier) (Bruno Podalydès)1998  Pierre Verger : Mensageiro entre dois mundos (Pierre Verger, messager entre deux mondes) (Lula Buarque De Holanda, documentaire)Télévision (notamment) : 1957  Songe d’une nuit d’été (François Chatel) – 1964  Arlequin Hulla ou la femme répudiée (Maurice Beuchey) – Le petit Claus et le grand Claus (Pierre Prévert) – Le prince de Madrid (Janine Guyon) – 1966  Bonsoir Gilles Margaritis (Pierre Tchernia, divertissement) – 1970  Alice au pays des merveilles (Jean-Christophe Averty)1980  La plume (Robert Valey)Notre bien chère disparue (Alain Boudet)Docteur Teyrand (Jean Chapot)1981  Robert Doisneau, badaud de Paris, pêcheur d’images (François Porcile, MM)Le loup (Youri)1982  Paris Saint-Lazare (Marco Pico)1985  La sorcière de Couflens (Gérard Guillaume) – Jeu, set et match (Michel Wyn)1986  Noël au Congo (Patrick Gandery-Réty)1987  Tailleur pour dames (Yannick Andréi, captation) – Cinéma 16 : Un village sous influence (Alain Boudet) – 1988  Le ravissement de Scapin (Georges Folgoas)1990  Notre Juliette (François Luciani)1991  Crimes et jardins (Jean-Paul Salomé )- 1992  Mes coquins (Jean-Daniel Verhaeghe)La peur (Daniel Vigne)1996  J’ai rendez-vous avec vous (Laurent Heynemann)1998  Le goût des fraises (Frank Cassenti) – 2000  L’ami de Patagonie (Olivier Langlois). Nota : Petit mystère, IMDB, le créditait un temps dans “1966  Scarf of mist thigh of satin” (Joseph W. Sarno, 1966), hors désormais il n’y figure plus. Remerciements à Yvan Foucart

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Katia Tchenko

Katia Tchenko

Tout peut arriver, c’est peut-être la comédienne que j’ai le plus souvent vu nue au cinéma, nombreux sont les ceux qui comme moi lui doivent quelques émois. Elle est aussi adulée des amateurs de “nanars”. Elle avait, par exemple, une curieuse manière de faire du stop dans “La carapate” (Gérard Oury, 1978), topless, et elle ne faisait rien d’autre qu’à causer des accidents ! Elle figurait comme star dans “L’odeur des fauves” de Richard Balducci en 1971, avec l’excellent Maurice Ronet, et c’était pour elle le rôle le plus improbable du monde ! Une certaine vulgarité assez saine et une forte sensualité qui faisait son petit effet. Et on la retrouve ces derniers temps, habillée, dans les films de Pascal Thomas, Jacques Otzmeguine et surtout le méconnu “On va nulle part et c’est très bien” de Jean-Claude Jean, avec l’excellent Maurice Lamy. Le site Bide&Musique nous apprend qu’elle a fait un disque.

Le jour où j’ai fait sa filmo pour les Les gens du cinéma, Yvan Foucart avait trouvé son état civil exact d’ailleurs, j’étais à des années lumière de supposer qu’elle pourrait être un jour décorée des insignes de chevalier dans l’ordre national du mérite. Je me mets à croire alors, à un champ des possibles plus grand… que Dieu peut exister et n’est pas seulement une vue de l’esprit… qu’il y a peut-être une parcelle de dignité quelque part chez Alexia Laroche-Joubert… que la vie à plus d’imagination que nous… Le bonheur céleste est possible, la vie est belle, Patrick Le Laye sera inhumé au Panthéon…

Pour preuve le discours de Renaud Donnedieu de Vabres, le 13 juin dernier :

“Chère Katia Tchenko,

Je suis très heureux de vous distinguer aujourd’hui pour vous dire à la fois mon admiration, celle que je porte à votre talent, et aussi ma reconnaissance, au nom de la France, pour le rôle que vous n’avez cessé de jouer, au-delà de votre carrière d’artiste, au service de l’amitié et des liens culturels qui unissent la France et la Russie. Vous êtes française, vous êtes une authentique parisienne, et vous êtes restée attachée à vos racines. Vos parents étaient médecins, et avaient d’ailleurs souhaité que vous suiviez cette voie : élève douée et précoce, vous saviez que, en dépit de votre facilité, et de votre goût pour les sciences, les arts de la scène auraient votre préférence. Votre volonté a eu raison du déterminisme familial et vous avez intégré d’abord les formations des conservatoires du 15e et du 16e arrondissement, puis le Conservatoire national supérieur d’art dramatique, où vous avez fait le choix de la musique. Vous vouliez tout apprendre : la comédie, la danse, et le chant, à l’image des formations de vos pairs américains. Vous avez d’ailleurs par la suite intégré l’Actor’s Studio de New York et achevé une formation d’une grande richesse, dont peu d’artistes peuvent se vanter.

 

Vous saviez tout faire, et il n’était pas un domaine du spectacle qui ne vous intéressait pas. C’est d’abord l’opérette qui vous a offert vos premiers rôles : vous avez notamment joué au Théâtre Mogador dans une œuvre de Francis Lopez, La Route fleurie. Vous racontez d’ailleurs qu’un producteur de Las Vegas vous y avait repérée et proposé de mener une revue au fameux Dunes, où Line Renaud a fait une partie de sa carrière. Mais Mogador ne voulait pas vous laisser partir. Plus tard, aux Folies Bergères, vous avez fait le numéro de Mistinguet, allant choisir dans le public des messieurs aux « physiques marquants »…

Et puis, vous avez continué votre carrière dans le théâtre, le cinéma et la télévision, en France et à l’étranger. Votre connaissance de la langue russe vous a souvent placée dans la position, parfois inconfortable, de traductrice : vous racontez volontiers que l’année où Les Yeux noirs, le film de Nikita Mikhalkov, avait été sélectionné à Cannes, vous aviez ainsi, de manière très amicale, traduit des discussions tardives et joyeuses entre le ministre russe de la culture de l’époque et le représentant d’Unifrance. Je trouve admirable la générosité avec laquelle vous avez, de manière constante, abordé votre carrière, en vous rendant toujours disponible, avec simplicité et sincérité, au service de l’amitié entre la France et la Russie. Ainsi, par exemple, vous avez accompagné des missions humanitaires de médecins français au chevet des enfants victimes de Tchernobyl.

Parmi les temps forts de votre carrière, je crois que l’on peut notamment retenir La Chambre de l’Évêque, de Dino Risi, qui avait été programmée au Festival de Cannes en 1977, et dans lequel vous jouiez aux côtés de Patrick Dewaere et d’Ornella Muti. Comment ne pas citer aussi L’Important c’est d’aimer, le film d’Andrzej Zulawski dans lequel vous jouiez le rôle de Myriam ? Vous avez aussi tourné dans de très nombreux films populaires. Je pense par exemple à La Carapate de Gérard Oury, un film qui, je crois, vous a laissé des souvenirs forts, en particulier parce qu’il vous avait fallu vous “effeuiller” par – 4°C et provoquer un carambolage : vous racontez que vous aviez pu affronter cette épreuve physique en vous aidant d’un peu de vodka ! On dirait que la Russie vient comme cela régulièrement vous secourir. Et vous le lui rendez bien ! En 1999, vous avez écrit et monté un spectacle sur Pouchkine au Théâtre Molière – Maison de la poésie avec des musiciens. Parce que le théâtre demeure un art authentiquement populaire, vous êtes en ce moment même en tournée avec une pièce d’Eugène Labiche, Le plus heureux des trois, aux côtés de Pierre Bellemare. Vous n’arrêtez pas de travailler : il faut dire que vous disposez de talents tout à fait rares et qui, cela s’est vérifié depuis vos débuts, ont conquis de nombreux créateurs.

Katia Tchenko, au nom du Président de la République, et en vertu des pouvoirs qui nous sont conférés, nous vous faisons chevalier dans l’Ordre national du Mérite”. source : Culture.gouv.fr

Et comme disait Pierre Desproges “Étonnant ! non ?”. Mais trêve de sarcasmes, cette comédienne vaut beaucoup mieux que son image légère. Pascal Thomas utilise avec malice son image en princesse russe cachée dans une mystérieuse clinique. Elle fait toujours mouche comme dernièrement à la télévision en voisine revêche mais qui se révèle serviable et toujours sensible aux jeunes hommes dans “La smala s’en même” ou dans “Je retourne chez ma mère” en bonne copine d’Annie Cordy qui se verrait bien “femme cougar” auprès de Pierre Cassignard. Son charme et sa drôlerie sont toujours présent. Voir aussi le trombinoscope de “BDFF”

À lire également son portrait chez Nanarland.

Filmographie, établie avec Christophe Bier & Armel de Lorme :

1967  J’ai tué Raspoutine (Robert Hossein) – 1969  Dossier prostitution (Jean-Claude Roy) – La promesse de l’aube / Promise at Dawn (Jules Dassin) – Les cousines (Louis Soulanes) – La maffia du plaisir (Jean-Claude Roy) – 1970  Les assassins de l’ordre (Marcel Carné ) – 1971  L’odeur des fauves (Richard Balducci) – 1972  L’insolent (Jean-Claude Roy) – Les tentations de Marianne (Francis Leroi) – Les charlots font l’Espagne (Jean Girault) – Pas folle la guêpe (Jean Delannoy) – 1973  Les charnelles (Frédéric Lansac [= Claude Mulot]) – Le concierge (Jean Girault) – 1974  Deux grandes filles dans un pyjama (Jean Girault) – L’important c’est d’aimer (Andrezj Zulawski) – L’éducation amoureuse de Valentin (Jean Lhôte) – La messe dorée (Béni Montrésor) – Le pied !… (Pierre Unia) – Serre-moi contre toi, j’ai besoin de caresses (Jean Le Vitte [=Raoul André]) – 1975  La Stanza del vescovo  (La chambre de l’évêque) (Dino Risi) – 1976   Cours après moi que je t’attrape (Robert Pouret) – Drôles de zèbres (Guy Lux) – Blue Jeans (Hugues Burin des Rosiers) – 1977  Le mille-pattes fait des claquettes (Jean Girault) – L’ombre et la nuit (Jean-Louis Leconte) – 1978  L’horoscope (Jean Girault) – La carapate (Gérard Oury) – Général… nous voilà (Jacques Besnard) – Les bidasses au pensionnat (Michel Vocoret) – Et la tendresse bordel (Patrick Schulmann) – 1979  Haine (Dominique Goult) –  L’oeil du maître  (Stéphane Kurc) – Gros câlin (Jean-Pierre Rawson) – The Fiendish Plot of Dr. Fu Manchu (Le complot diabolique du Dr. Fu Manchu) (Piers Haggard) – 1980  L’ombre et la nuit (Jean-Louis Leconte) – 1981  Le bahut va craquer (Michel Nerval) – Qu’est-ce qui fait courir David (Elie Chouraqui) – Servantes iz Malog Mista (Daniel Marusic) – 1982  Qu’est-ce qui fait craquer les filles (Michel Vocoret) – On n’est pas sorti de l’auberge (Max Pécas) – Mon curé chez les nudistes (Robert Thomas) – C’est facile et ça peut rapporter vingt ans ! (Jean Luret) – L’émir préfère les blondes (Alain Payet) – 1983  Mon curé chez les Thaïlandaises (Robert Thomas) – American dreamer (Vidéo : Une américaine à Paris) (Rick Rosenthal) – 1984  Code name : Emerald (Titre TV : Nom de code, émeraude) (Jonathan Sanger) – Premier pas (Christophe Barry, CM) – 1985  Bâton rouge (Rachid Bouchareb) – La vraie histoire du chaperon rouge (Anne Ikhlef, CM) – 1986  Club de rencontes (Michel Lang) – 1994  Paris Melody (Youra Bouditchenko, CM) – 1996  On va nulle part et c’est très bien (Jean-Claude Jean) – 1997  Madeline (Id) (Daisy Scherler von Mayer) – Ronin (Id) (John Frankenheimer) – 2000  Mon année 1919 (Zhuang Zingzong) – Mercredi, folle journée! (Pascal Thomas) – 2002  Rémy Bernard (Mikhaël Levy, CM) – Den Xia Ping (Ding Yin-Nan) – 2003  Trois couples en quête d’orage (Jacques Otmezguine) – 2005  Antonio Vivaldi, un prince à Venise (Jean-Louis Gillermou) – L’un dans l’autre (Audrey Schebat, CM) – 2008  Transportor 3 (Le transporteur 3) (Olivier Mégaton) – 2011  Associés contre le crime… (Pascal Thomas) – 2012  De l’autre côté du périf’ (David Charhon) – 2013  Casting (Franck Tempesti, CM) – 2016  Sous le même toit (Dominique Farruggia).

Nota : elle n’apparait pas – rôles coupés au montage final ? – dans “Le bal des voyous” (Jean-Claude Dague, 1966) et “Les ringards” (Robert Pouret, 1978), bien que créditée dans les catalogues des “Bois d’Arcy”,

Télévision (notamment) : 1970  Les enquêtes du commissaire Maigret : L’écluse (Claude Barma) – Vive la vie (Joseph Drimal, saison 3) – 1971  Le voyageur des siècles : L’album de famille (Jean Dréville) – Schulmeister, espion de l’Empereur : Au pays de l’eau tranquille (Jean-Pierre Decourt) – 1973  Chéri-Bibi (Jean Pignol, série) – L’Alphoméga (Lazare Iglésis, Série TV) – Les grands musiciens : La vie et l’oeuvre de Jules Masset (Maurice Jaquin) – 1974  Le vagabond (Claude-Jean Bonnardot, série) – La mouche bleue (Jean-Paul Sassy) – 1975  La chasse aux hommes (Lazare Iglésis, série TV) – L’inspecteur mène l’enquête : Le mort du bois de Boulogne (Marc Pavaux et Armand Ridel) – 1978  Madame le juge : Autopsie d’un témoignage (Philippe Condroyer) – Douze heures pour mourir (Abder Isker) – Quatre jours à Paris (Jean Canolle, captation) – Le temps des as (Claude Boissol, série) – Sam et Sally : Isabelita (Jean Girault) –1979  Par devant notaire : La résidence du bonheur (Jean-Laviron, CM) – Petit déjeuner compris (Michel Berny) – Histoires insolites : La boucle d’oreille (Claude Chabrol) – Fantômas : L’échafaud magique (Claude Chabrol) – 1980  Le Kimono rouge (Olivier Gérard & Yuji Murakami) – Histoires étranges : La mort amoureuse (Peter Kassovitz) – Frénésie tzigane (Georges Paumier) – Au théâtre ce soir : Hold-Up (Pierre Sabbagh) – 1981  Paris-Porto-Vecchio (Anne Revel) – La route fleurie (Jean-Roger Cadet) – Au théâtre ce soir : Il est important d’être aimé (Pierre Sabbagh) – Au théâtre ce soir : Comédie pour un meurtre (Pierre Sabbagh) – Au théâtre ce soir : À cor et à cri (Pierre Sabbagh) – Staline est mort (Yves Ciampi) – La double vie de Théophraste Longuet (Yannick Andréi) – Exil (Egon Günther) – 1982 Au théâtre ce soir : Les pas perdus (Pierre Sabbagh) – 1983  Au théâtre ce soir : La cruche (Pierre Sabbagh) – 1983  Au théâtre ce soir : Je l’aimais trop (Pierre Sabbagh) – Les brigades du tigre : La fille de l’air (Victor Vicas) – 1984  Disparitions : Double fond (Yves Elléna) – Le petit théâtre : Y a rien eu (Gérard Thomas, CM) – Au théâtre ce soir : Nono (Pierre Sabbagh) – Au théâtre ce soir : Le mal de test (Pierre Sabbagh) – 1985  Clémence Aletti (Peter Kassovitz, mini-série) – Bulman : Sins of Omission (Roger Tucker) – 1986  Les enquêtes du commissaire Maigret : Maigret voyage (Jean-Paul Carrère) –  Claire (Lazare Iglésis) – Médecins de nuit : Temps mort (Emmanuel Fonlladosa) – 1986/1987  Demain l’amour (Emmanuel Fonlladosa, série) – 1987  Marc et Sophie : Croque-en-jambe (Jean-Pierre Prévost, CM) –  1988/92  Vivement Lundi (plusieurs réalisateurs) – 1990  Les pique assiettes : Et qu’ça saute (Michèle Lucker, CM) – 1998  Ma voyante préférée (Bernard Dumont, sitcom AB, diffusion câblée) – 1999  Revient le jour (Jean-Louis Lorenzi) – 2002  72 heures : mariage impossible (Oliver Pardot) – 2003 De soie et de cendre (Jacques Otzmeguine ) – 2003  Ariane Ferry : Fâcheuse compagnie (Gérard Cuq) – 2004  Confession d’un menteur (Dider Grousset) – 2005  Le chapeau du p’tit Jésus (Didier Grousset) – 2006  Le clan Pasquier (Jean-Daniel Verhaeghe) – 2007  Le sanglot des anges (Jacques Otzmesguine) – Aïcha (Yamina Benguigui) – 2010  Trois filles en cavale (Didier Albert) – 2011 Injustice (Benoît d’Aubert) –  Je retourne chez ma mère (Williams Crépin) – La smala s’en mêle : Un nouveau départ (Didier Grousset) – Le jour où tout a basculé : La veuve noire (Luc Chalifour) – 2012  La smala s’en mêle : Sauvage concurrence (Didier Grousset) – Tout doit disparaître (Christian Faure) – Scènes de ménage – 2013  La smala s’en mêle : Je vous salue maman (Didier Grousset) – 2014  La smala s’en mêle : Drôle d’héritage (Olivier Barma) – La smala s’en mêle : Vos papiers s’il vous plaît (Thierry Petit) – 2016  La smala s’en mêle : Tout va bien se passer (Pascal Lahmani) – 2017  Mama a tort (François Velle, mini-série).

WHISKY ROMEO ZULU

Whisky Roméo Zulu au titre hautement poétique est une des belles surprises de ce début d’année. On le sait Enrique Piñeyro reprend son propre rôle de pilote, pour dresser un constat lucide, sur quelques libertés prises avec la sécurité d’un avion par une compagnie en proie à une extension dans une Argentine prise au marasme économique, c’est un cinéma qui continue à critiquer sa nation de manière exemplaire. Il joue “T” irréductible mauvaise tête qui refuse de prendre l’avion quand les dispositifs de sécurités marquent des signes de faiblesses et risquant de mettre en danger les passagers.

Enrique Piñeyro

La force de son personnage est de ne pas se présenter en héros, un des ses collègues composant malgré lui avec sa hiérarchie, lui fait bien remarquer que son statut social assez aisé lui permet d’agir de la sorte. “T” est un individu, qui croit aux changements possibles des choses, à l’image de son grand amour d’enfance qu’il retrouve – elle a des responsabilités dans le domaine des transports aériens -. Son personnage ne baisse jamais les bras, il prend le temps d’écrire des lettres superbes auprès de cette femme fantasmée, mais aussi de démonter les rouages d’un système perverti par l’ultralibéralisme. Le film est sans esbrouffe, et le crash inévitable de l’avion en 1997, est glaçant, nous ramenant à nos propres compromissions quotidiennes. Les lieux sont angoissant, même si vertigineux, et l’utilisation d’archives d’époques renforcent le message du film, alors que la confrontation fiction-réel anile souvent la bonne volonté d’un réalisateur. Ce film sincère, touchant, sans la rouerie d’un cinéaste roublard, est une pure réussite.