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Fragments d’un dictionnaire amoureux : Darry Cowl

Darry Cowl dans “Le temps des oeufs durs”

Eh la Camarde, tu ne pouvais pas nous le laisser encore un peu, non il a fallu que tu nous le prennes lui aussi. Bon, ça devrait avoir du bon, son génie va être enfin reconnu… Oui, car il avait du génie, dans le sens non galvaudé du mot. C’était une de mes idoles, non pas parce qu’il était basque comme mézigue, mais parce qu’il apporté du génie dans sa vie, même dans les pires nanars, il n’était pas très regardant, tenaillé par son démon du jeu : “…Moins je tourne, plus les gosses me reconnaissent dans la rue. Qu’est-ce qu’ils ont repassé comme merdes à la télé ? J’ai fait 111 films. Dès que j’avais plus un rond je téléphonais au casino, à Monte-Carlo, à André Bernheim et ça partait aussi sec dans la nuit. J’ai signé au moins 40 films sans les lire, je vous jure, à ce point-là c’en est rigolo…” disait-il au “Cahiers du cinéma” N°408, numéro spécial acteurs. La première image qui m’est venu à son sujet, c’est un témoignage de Safy Nebbou pour l’émission “Télé matin” où Darry Cowl était l’invité principal. Les deux hommes étaient dans le TGV, en vue d’une avant-première. Les paysages défilent, Darry fixe son esprit sur un troupeau de vaches paisibles avant de déclarer : “Il en manque une !”. Très apprécié ces dernières années par les metteurs en scène, il avait souvent brillé ces derniers temps, chez Jean-Pierre Mocky qui l’avait utilisé sans son bégaiement, en homosexuel nostalgique, “Les saisons du plaisir” (1987) et en inquiétant homme politique à moumoute, “Une nuit à l’assemblée nationale” (1988) ou en pharmacien-suiveur “Ville à vendre” (1991). Mocky a ouvert la voie à d’autres rôles, tel le bouquiniste résumant d’une manière unique les “Misérables” de Victor Hugo, devant un Jean-Paul Belmondo pantois, “Les misérables” (Claude Lelouch, 1994),  le patron d’Augustin, écrasé par la solitude, “Augustin, roi du Kung-Fu” (Anne Fontaine, 1998), le pensionnaire d’une maison de retraite rivalisant d’ingéniosité pour cacher l’absence de Claude Rich, “Le cou de la girafe” (Safy Nebbou, 2003), jusqu’à la concierge chantante (!), reprise d’un rôle créé par Pauline Carton, dans “Pas sur la bouche” (Alain Resnais, 2003), qui lui vaut le César du meilleur second rôle.

Il est vrai que dans sa carrière édifiante, il y avait peu de place aux contre-emplois, tel le taxidermiste bourrant les corps d’indiens de papiers journaux dans “Touche pas à la femme blanche” (Marco Ferreri, 1973). Sacha Guitry très prompt à reconnaître le talent des jeunes comédiens (Louis de Funès, Jean Poiret, Michel Serrault), l’avait même laissé improvisé contre son texte, son rôle de témoin bargeot et iconoclaste dans “Assassins et voleurs” (1956). L’amateur de nanar se régale à son souvenir, à l’image de son inoubliable rôle dans “Le triporteur” (Jack Pinoteau, 1957) où il improvise avec Pierre Mondy une réplique “Petit canaillou” qui marquera les esprits d’une manière indélébile, et de sa suite “Robinson et le triporteur” (Pinoteau, 1959), deux films avec sa compagne d’alors, Béatrice Altariba. Il était excellent en tandem avec Francis Blanche, dans “Les gorilles” (Jean Girault, 1964) ou l’improbable “Abominable homme des douanes” (Marc Allégret, 1962). Citons aussi le jeune père dépassé dans “Les moutons de Panurge” (Jean Girault 1960), le gardien du musée Balzac “En effeuillant la marguerite” (Marc Allégret, 1956), le charmant “Le petit prof” (Carlo Rim, 1958), où il était un jeune professeur aux idées révolutionnaires, l’héritier lunaire d’un truand redoutable campé par Yves Deniaud dans “Ce joli monde” (Carlo Rim toujours, 1957), le guichetier goguenard dans “La bourse et la vie” (Jean-Pierre Mocky, 1965), ou le clochard dans “Archimède le clochard” (Gilles Grangier, 1958)… où il volait la vedette à Jean Gabin ! Il était aussi un pianiste émérite – il fallait le voir camper “Rouget de l’Isle” dans le cornichonesque “Liberté, égalité, choucroute” (Jean Yanne 1984), il avait aussi réalisé un film comme metteur en scène : “Jaloux comme un tigre” (1964), présenté lors d’un hommage récent à la Cinémathèque. Le site Encinémathèque venait de lui consacrer un dossier. Même s’il avait 80 ans, non vraiment, Mme la Camarde (je mets une majuscule, on ne sais jamais), je ne te salue pas.

 

  

DR

Filmographie : 1955  Quatre jours à Paris (André Berthomieu) – Ces sacrées vacances (Robert Vernay) – Bonjour sourire (Claude Sautet) – Paris Canaille (Pierre Gaspard-Huit) – Cette sacrée gamine (Michel Boisrond) – Les Duraton (André Berthomieu) – 1956  En effeuillant la marguerite (Marc Allégret) – La joyeuse prison (André Berthomieu) – Paris Palace Hôtel (Henri Verneuil) – Courte tête (Norbert Carbonnaux) – Assassins et voleurs (Sacha Guitry) – L’amour descend du ciel (Maurice Cam) – À la Jamaïque (André Berthomieu) – Fric-frac en dentelles (Guillaume Radot) – Cinq millions comptant (André Berthomieu) – 1957  L’ami de la famille (Jack Pinoteau) – Les trois font la paire (Sacha Guitry) – Ce joli monde (Carlo Tim) – Totò, Vittorio e la dottoressa (Dites 33) (Camillo Mastrocinque) – Fumée blonde (Robert Vernay) – Les lavandières du Portugal (Pierre Gaspard-Huit) – À pied, à cheval et en voiture (Maurice Delbez) – Le naïf aux quarante enfants (Philippe Agostini) – Le triporteur (Jack Pinoteau) – Le temps des oeufs durs (Norbert Carbonnaux) – L’école des cocottes (Jacqueline Audry) – Sois belle et tais-toi (Marc Allégret) – 1958  Chéri, fais-moi peur (Jack Pinoteau) – Le petit prof (Carlo Rim) – À pied, à cheval et en spoutnik (Jean Dréville) – Archimède le clochard (Gilles Grangier) – L’increvable (Jean Boyer) – 1959  Vous n’avez rien à déclarer ? (Clément Duhour) – Les affreux (Marc Allégret) – Robinson et le triporteur (Jack Pinoteau) – Bouche cousure (Jean Boyer) – 1960  La Française et l’amour [sketch : “L’enfance”] (Henri Decoin) – Les pique-assiettes (Jean Girault) – Un Martien à Paris (Jean-Pierre Daninos) – Les fortiches (Georges Combret) – Les amours de Paris (Jacques Poitrenaud) – Les moutons de Panurge (Jean Girault) – 1961  Les livreurs (Jean Girault) – Les lions sont lâchés (Henri Verneuil) – Les petits matins (Jacqueline Aubry) – Les Parisiennes [Sketch : “Ella”] (Jacques Poitrenaud) – 1962  L’abominable homme des douanes (Marc Allégret) – Les veinards [Sketch : “Une nuit avec la vedette”] (Philippe de Broca) – Les bricoleurs (Jean Girault) – Les saintes nitouches (Pierre Montazel) – Strip tease (Jacques Poitrenaud) – 1963  Le bon roi Dagobert (Pierre Chevalier) – Des pissenlits par la racine (Georges Lautner) – 1964  Les gros bras (Francis Rigaud) – Jaloux comme un tigre (Darry Cowl, + scénario et musique) – La bonne occase (Michel Drach) – Déclic et des claques (Philippe Clair) – Les gorilles (Jean Girault) – I magnifici brutos del west (Les terreurs de l’Ouest) (Marino Girola) – Les combinards (Jean-Claude Roy) – 1965  Les tribulations d’un Chinois en Chine (Philippe de Broca) – Les bons vivants [Sketch : “Le procès”] (Gilles Grangier) – La tête du client (Jacques Poitrenaud) – Le lit à deux places [Sketch : La répétition”] (Jean Delannoy, + dialogue) – Les baratineurs (Francis Rigaud) – La bourse et la vie (Jean-Pierre Mocky) – Les malabars sont au parfum (Guy Lefranc) – 1967  Le grand bidule (Raoul André, + musique) – Ces messieurs de la famille (Raoul André, + musique) – 1968  Salut Berthe (Guy Lefranc) – 1969  Le bourgeois gentil mec (Raoul André, + musique) – Poussez-pas grand-père dans les cactus (Jean-Claude Dagye) – Ces messieurs de la gâchette (Raoul André, + musique) – 1972  Elle cause plus, elle flingue (Michel Audiard) – 1973  Touche pas la femme blanche (Marco Ferreri) – Ah ! Si mon moine voulait… / L’héptaméron (Claude Pierson) – La gueule de l’emploi (Jacques Rouland) – 1974  Y’a un os dans la moulinette (Raoul André) – C’est jeune et ça sait tout (Claude Mulot) – Trop, c’est trop (Didier Kaminka) – 1976  Le jour de gloire (Jacques Besnard, + musique) – 1977  Arrête ton char, bidasse (Michel Gérard, + musique) – 1978  Général, nous voilà ! (Jacques Besnard) – 1979  Les borsalini (Michel Nerval) – 1980 Voulez-vous un bébé Nobel ? (Robert Pouret) – Les surdoués de la première compagnie (Michel Gérard) – 1981  Le bahut va craquer (Michel Nerval) – T’es folle ou quoi ? (Michel Gérard) – 1982  Pour cent briques , t’as plus rien (Édouard Molinaro) – On s’en fout, nous on s’aime (Michel Gérard) – Deux heures moins le quart avant Jésus-Christ (Jean Yanne) – Qu’est-ce qui fait craquer les filles ? (Michel Vocoret) – Ça va pas être triste (Pierre Sisser) – Mon curé chez les Thaïlandaises (Robert Thomas) – 1984  Le téléphone sonne toujours deux fois (Jean-Pierre Vergne) – Liberté, égalité, choucroute (Jean Yanne) – 1985  Suivez mon regard (Jean Curtelin) – 1987  Les saisons du plaisir (Jean-Pierre Mocky) – 1988  Une nuit à l’Assemblée nationale (Jean-Pierre Mocky) – 1991 Ville à vendre (Jean-Pierre Mocky) – 1994 Les misérables (Claude Lelouch) –  1995 Ma femme me quitte (Didier Kaminka) – 1997  Droit dans le mur (Pierre Richard) – 1998  Augustin, roi du kung-fu (Anne Fontaine) – 2000  Scénarios sur la drogue [Sketch : “La purée”] (Sébastien Dhrey & Simon Lelouch, CM, + diffusion TV) – 2001  Ah ! Si j’étais riche (Michel Munz & Gérard Bitton) – Les marins perdus (Claire Devers) – Le nouveau Jean-Claude (Didier Tronchet) – 2003  Le cou de la girafe (Safy Nebbou) – Pas sur la bouche (Alain Resnais) – 2004  Jessie (Henri Garcin, CM) – Les Dalton (Philippe Haïm) – 2005  La vie privée (Zina Modiano & Mehdi Ben Attia) – L’homme qui rêvait d’un enfant (Delphine Gleize). Musique seulement : 1947  Le duel au pistolet (Jean Bardou, CM) – Le concierge (Jean Girault). Télévision (notamment) : 1955 Christophe C (Jean-Paul Carrère) – 1956  Les gaietés de l’escadron (Pierre Badel) – 1967  Au théâtre ce soir : Docteur Glass (Pierre Sabbgh) – 1971  Au théâtre ce soir : Cash-Cash (Pierre Sabbagh) –  1980  Chouette, chat, chien… show (Pierre Samyn, variétés) –   1983  Cinéma 16 : Microbidon (André Halimi) – Liebe läßt alle Blumen blühen (L’attrapeur) (Marco Serafini) – 1984  Bal de nuit – 1988  Palace (Jean-Michel Ribes, rôle coupé au montage de la version DVD) – 1989  Deux hommes dans une valise (Philippe Ducrest, captation) – Vingt p’tites tours : Champion de billard (+ réalisation, CM) – 1990  Le triplé gagnant : Assassin, s’il vous plaît ? (Bernard Villiot) – 1991  Le gorille : Le gorille et le barbu (Jean-Claude Sussfeld) – 1992  La mémoire (André Delacroix) – 1997  Marceeel (Agnès Delarive) – 2000 La surprise (Jean-Philippe Viaud) – 2001  Jalousie (Marco Pauly) – Les P’tits Gars Ladouceur (Luc Béraud) – 2002  Double flair (Denis Malleval) – 2003  Rien ne va plus (Michel Sibra) – 2004  Bien agités ! (Patrick Chesnais).

Mise à jour du 18/02/2010

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Thierry Fortineau

  

Annonce de la mort prématurée de Thierry Fortineau, des suites d’un cancer. Ce comédien à la carrière théâtre exemplaire, voir les articles suivants, a eu quelques beaux rôles au cinéma, du gendre trop idéal pour être honnête de Michel Serrault dans “Bonjour l’angoisse” (Pierre Tchernia, 1987) au grand bourgeois, brillant dans les soirées mondaines où le cynisme triomphe dans “Gabrielle” (Patrice Chéreau, 2004). François Dupeyron lui a donné un de ses meilleurs rôles dans le très beau “Un cœur qui bat” (1990), film à redécouvrir, où il est un brocanteur qui tombe amoureux d’une femme mariée – Dominique Faysse -, où il se montre sensible et attachant. Il était un des principaux protagonistes du mésestimé “Le brasier” (1990), où il montrait une solidité face au travail harassant de la mine et de “L’homme de sa vie” (1991), en libraire au chômage et misanthrope qui retrouve l’amour avec Maria de Medeiros. On se souvient du prisonnier évadé grâce à la détermination de sa femme – jouée par Béatrice Dalle – de “La fille de l’air” (Maroun Bagdadi, 1992), histoire véritable de Michel Vaujour. Il arrivait à tirer toujours son épingle du jeu, même dans des films assez académiques comme “Comédie d’été” (Daniel Vigne, 1988), ou “L’homme de ma vie” (Jean-Charles Tacchella, 1991). Il se faisait rare sur les écrans ces derniers temps pour se consacré au théâtre, mais il avait été un Maurice Papon très probant dans “Nuit noire, 17 octobre 1961” (Alain Tasma, 2004), à la base un téléfilm sur Canal + mais qui a connu une sortie en salles. Il laisse le souvenir d’un acteur remarquable et discret.

Thierry Fortineau à la cérémonie des Molières en 2003 (Sipa)

Filmographie : 1987  Bonjour l’angoisse (Pierre Tchernia) – Doux amer (Franck Apprederis) – 1988  Vent de galerne 1783 (Bernard Favre) – Un tour de manège (Pierre Pradinas) – Comédie d’été (Daniel Vigne) – 1989  Rendez-vous au tas de sable (Didier Grousset) – Le brasier (Éric Barbier) – 1990  Un cœur qui bat (François Dupeyron) – 1991  Le trou de la corneille (François Hanss, CM) – L’homme de ma vie (Jean-Charles Tacchella) – 1992  La fille de l’air (Maroun Bagdadi) – 1993  Photo (Ivan Maussion, CM) – 2004  Nuit noire, 17 octobre 1961 (Alain Tasma, téléfilm distribué en salles) – Gabrielle (Patrice Chéreau). Télévision (notamment) : 1976  Les mystères de Loudun (Gérard Vergez) –  1981  Mon meilleur Noël : Rien qu’une petite fille (Jean-Pierre Marchand) – 1982  Malesherbes, avocat du roi (Yves-André Hubert) – 1986  Cinéma 16 : Le cadeau de Sébastien (Franck Apprederis) – 1988  L’argent (Jacques Rouffio, série TV) – Haute tension : Histoires d’ombres (Denys Granier-Deferre) – 1989  Femmes de papier (Suzanne Schiffman) – Condorcet (Michel Soutter, série TV) – 1990  L’ami Giono : Ennemonde (Claude Santelli) – Cinéma 16 : Un destin cannibale (Roger Guillot) -1992  Fenêtre sur femme (Don Kent) – 1993  Jules Ferry (Jacques Rouffio) – La porte du ciel (Denys Granier-Deferre) – 1994  La grande collection : Le feu follet (Gérard Vergez) – 1996  Les amants de la rivière rouge (Yves Boisset) – 1997  Frères et flics (Bruno Gantillon, série TV) – 1998  Le prince des imposteurs (Jean-Pierre Prévost) – Un hiver dans la tourmente (Bernard Favre) – 2000  Entre l’arbre et l’écorce (Bruno Gantillon) –  2001  L’instit : Carnet de voyage : Madagascar (Jérôme Laperrousaz) – 2002  Tous les chagrins se ressemblent (Luc Béraud) – 2004  Maigret : Maigret et la demoiselle de compagnie (Franck Apprederis).

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Walerian Borowicz

 Annonce de la mort du cinéaste polonais Walerian Borowczyk, décédé vendredi de suites de complications cardiaques. Relégué assez longtemps dans la catégorie érotisme chic à l’instar d’un Just Jaeckin – voir article joint – . Mais on a réévalué son talent ces dernières années de cet ancien dessinateur d’affiches, qui étudia aux beaux-arts, et dont la découverte de plusieurs de ses courts-métrages d’animation très inventifs  dans deux DVD édités sur ARTE et réunissant 4 de ses longs-métrages “Goto, l’île d’amour” (1969), un petit chef d’œuvre qui fera objet d’une prochaine note ici même, “Contes immoraux”, avec un Fabrice Luchini débutant et déluré, film à sketches dont l’épisode sur “Lucrèce Borgia” fut censuré à la télévision lors de sa diffusion, et “La bête” curieux film zoophile avec la belle Silke Hummel. On retiendra également “La marge” (1975), curieux film amalgamant l’atmosphère des années 70, avec celle des années 30, avec deux icônes Sylvia Kristel et Joe Dallesandro.  Rendons justice à ce metteur en scène qui a donné ses lettres de noblesse à l’érotisme à l’écran, même quand il répondait à la commande de Pierre Grimblat, pour la série TV “Série rose”. Voir le dossier élaboré sur le site ARTE.

Les contes immoraux

ARTICLES CINÉMA 80 – Cinéaste d’animation volontiers agressif et recherchant une réjouissante épure de la laideur (M. et Mme Kabal), Borowczyk réalise en 68 un chef d’œuvre d’acidité où sexe et politique dotaient la fable d’un poids inattendu de réalisme (Goto). Blanche était déjà plus facile et Histoire d’un péché, quoique réalisé en Pologne, assez accrocher ; mais c’est avec Contes immoraux que Borowczyk devint le chantre du porno de luxe. Soignant ses scénarios et entrelardant subtilement une mise en scène extrêmement raffinée de quelques irruptions bien dosées d’un mauvais goût outrancier, Borowczyk séduit aujourd’hui au lieu d’irriter, flatte au lieu de prendre à rebrousse poil et récupère par l’athéisme, des situations sado-masochistes qui constituent le menu quotidien des salles classées X. Désormais complaisant et fourgueur d’alibis culturels à un public honteux incapable d’assumer la réalité de ses fantasmes sexuels, Boorowczyk se permet même de bâcler parfois la réalisation (Intérieur d’un couvent) et d’assassiner par incompétence les mythes les plus solides du panthéon érotique (Lulu, la même année où ressortait le « Loulou » de Pabst). René Prédal Cinéma 80 (Octobre 1980).

LE MONDE – Walerian Borowczyk, cinéaste par Jean-Luc Douin – Article paru dans l’édition du 09.02.06 

Le cinéaste Walerian Borowczyk est mort vendredi 3 février, à l’âge de 82 ans, de complications cardiaques, dans un hôpital de la région parisienne proche du Vésinet (Yvelines) où il résidait. Né le 2 septembre 1923 à Kwilicz, en Pologne, Walerian Borowczyk avait été d’abord un artiste polyvalent, graphiste, peintre, écrivain, avant de devenir le cinéaste de l’érotisme. André Breton le disait doué d’une “imagination fulgurante”.

Grand Prix national du graphisme en 1953 pour ses affiches de cinéma, Borowczyk se lance dans le court-métrage en 1946 et est très vite bouleversé le cinéma d’animation en y introduisant un humour noir, des gags surréalistes et une technique nouvelle fondée sur les découpages. Il a une vision de démiurge et impose un univers aussi tapageur (tant du point de vue pictural que de celui de l’absurde) que celui de Ionesco ou de Beckett.

Il travaille un temps avec Chris Marker (Les Astronautes) et Jan Lenica, autre grand graphiste et affichiste polonais, mais ce qui distingue Borowczyk est une hantise des objets et des formes, comme ces convulsions d’une chevelure-pieuvre surgie de chez Lautréamont dans Dom. C’est un sabbat d’objets de grenier dans Renaissance, un terrifiant camp de démontage d’automates par des séraphins invisibles dans Les Jeux des anges.

Le premier long-métrage de Walerian Borowczyk, Le Théâtre de M. et Mme Kabal (1963), impose un couple (un homme rêveur amoureux des papillons, flanqué d’une matrone au profil de vautour) et un monde kafkaïen. En 1968, Borowczyk quitte le cinéma d’animation et obtient le prix Georges-Sadoul pour Goto, l’île d’amour, qu’il définit comme “un film d’amour sur l’amour du pouvoir”. Il s’agit de l’histoire d’un despote où le goût des objets fétiches, du masochisme, et la figure du père rappellent l’oeuvre de Bruno Schulz.

Blanche (1972) renoue avec le même thème que Goto : une jeune femme captive d’un vieux seigneur (Michel Simon). Nous sommes dans un Moyen Age courtois, aux décors inspirés de Giotto et Jérôme Bosch, à l’atmosphère tiraillée entre dictature et désir physique.

Les Contes immoraux (1974) font de Borowczyk un cinéaste érotique. Il est foudroyé par la censure, puis partiellement libéré (interdiction aux moins de 16 ans). Il s’agit d’un film composé de quatre sketches, le premier adapté d’André Pieyre de Mandiargues, le deuxième évoquant le plaisir solitaire d’une jeune fille vouée à la prière, le troisième retraçant les perversions saphiques et sanguinaires de la comtesse hongroise Erzebet Bathory, et le dernier contant les amours incestueux du pape et de son fils César Borgia avec leur fille et soeur Lucrèce.

Après être retourné en Pologne tourner Histoire d’un péché, qui confirme son goût des atmosphères suffocantes et ses indéniables dons plasticiens, Walerian Borowczyk revient en France signer La Bête (1975), puis La Marge (1976), Intérieur d’un couvent (1978), Les Héroïnes du mal (1979), Lulu (1980) d’après Wedekind, L’Art d’aimer (1983) d’après Ovide, et Emmanuelle 5 (1987) : variations plus ou moins audacieuses, plus ou moins raffinées, et inégalement réussies, sur les tourments de la chair, en référence à Sade, Baudelaire, Bataille, Mandiargues.

Fragments d’un dictionnaire amoureux : François Levantal

François Levantal dans “sur le fil”

Si l’on retrouve souvent François Levantal dans des seconds rôles, en premier plan il est aussi remarquable. Ainsi dans “L’affaire Pierre Chanal”, sur l’affaire réelle des “disparus de Mourmelon”, il impressionne, comme le définit justement Nicolas Schmidt dans « Télévision française – La saison 2007 » au sujet de son personnage qui « remarquablement interprété (…) peut faire figure de coupable, impressionnant dans son allure rigide, au ton constamment péremptoire et qui semble d’un bloc en toutes circonstances ». Dans le dossier de presse du film “L’amour aux trousses”, Jean Dujardin déclare à son sujet “Lee Van Cleef vous voulez dire…? François est un comédien très doué, bourré de talents, très précis, qui joue comme il parle, très rapide, très calibré, qui a beaucoup de recul, qui peut faire croire tout ce qu’il veut, très doué comme imitateur aussi”.Et Pascal Elbé de rajouter “François Levantal hors classement. Un physique unique, taillé à la serpe et puis en même temps une espèce de classe hors norme avec un humour qu’on n’imagine pas. Parce qu’il est bien “marbré” lui aussi”. C’est l’un des grands sous-utilisés de notre cinéma, c’est devenu l’homme que vous aimerez haïr. Avant de débuter au cinéma – nous apprend le dossier de presse de “Neg’marron”-, il se produit au théâtre dans “Mirabeau ou le délassement comique”, “Le théâtre de foire”, “Les oiseaux “, “La poudre aux yeux”, “Un otage”, “L’exil”. Il est capable de faire exister un personnage par sa seule présence, à l’image du tenancier de “Blueberry”, où il semble être un des personnages évadés de chez Sam Peckinpah. Il faut le voir dans le décevant “Mauvais esprit”, malgré un scénario mordant de Laurent Chouchan, sauver les meubles. Son personnage veule, peu recommandable et capable de toutes les bassesses est digne de figurer dans l’âge d’or de la comédie italienne.

Dans le making off de “Blueberry, l’esprit du film”, diffusé sur le câble, on retrouve un François Levantal décontracté, parlant de l’humour, de son attirance pour ce qui est inutile. Il faut l’entendre théoriser sur la nature. Pour finir, il imite “Le cri de la bouteille qui se débouche” (débouchée évidemment), avec brio. Il faut bien le dire, l’humour lui sied bien, il apporte toujours une ironie mordante au moindre de ses rôles, à l’image de la série de pub pour la SNCF. Selon Vincent Cassel, dans le commentaire DVD de “La haine”, il a également pour surnom “Main de bois”, car il “donne des baffes extrêmement puissantes” !. C’est donc avec “La haine” et son personnage bien sulfaté et en pagne, qui fait des tours avec des balles de revolver, que l’on finit par repérer ce comédien très apprécié par Bertrand Tavernier. On ne cesse donc de le retrouver, et en 2002, il tente un personnage plus posé le temps de deux saisons dans “Avocats et associés” dans le rôle de Nicolas, un personnage altruiste et secret, ce qui lui permet de renouveler son image, avec un rôle moins lisse qu’il n’y paraîtrait puisque son personnage est aux prises avec le “démon du jeu”. Il reste disponible pour des réalisateurs de courts-métrages, incarnant même un officier SS dans “Le barbier”.

Ce qui est remarquable dans son interprétation, c’est l’humour qu’il amène dans sa galerie de personnages hauts en couleurs et souvent antipathiques. Il est hilarant dans « La vie est à nous » en dealer zen, dans  “L’annonce faite à Marius” en interne qui se retrouve interloqué à la vue d’un Pascal Légitimus “enceint” des expériences de Jackie Berroyer ou en adepte de la pétanque nudiste dans « Camping ». Il est capable aussi d’humanité comme le maître dragueur fatigué de Saïd Taghmaoui dans “Confession d’un dragueur” ou son personnage de grand blessé de guerre des “Blessures assassines”. Il convient également de signaler sa performance parmi toute une équipe de joyeux drilles (Édouard Montoute, Atmen Kelif, Armelle Deutsch ou Christophe Alévêque) dans “Nos amis les flics”, en personnage de truand petits bras “bas du front” se retrouvant à occuper un commissariat. Il se prend au jeu dans son nouveau costume et conseille à un quidam de casser la gueule à son patron. Dans “L’antidote”, il joue les utilités brillamment aux côtés de Christian Clavier, lorgnant sur les charmes d’Alexandra Lamy. Il peut être d’une cruauté inouïe dans “Un long dimanche de fiançailles”, et on finit par approuver le personnage de Marion Cotillard dans ses idées de vengeances. Dans “Narco” il est un père albinos et terrifiant pour un frère et une sœur, les poussant sadiquement au meurtre en allant trop loin dans leur entraînement pour une compétition de patinage artistique. Il est idéal pour incarner les monstres du quotidien.  De la bande des affreux de « Dante 01 », il est le plus retord et cruel et dans le téléfilm « La mort n’oublie personne », son personnage est qualifié comme « La gueule même du faux témoin ». Il va même jusqu’à personnifier le professeur cauchemardé, quand le cancre Ducobu s’imagine en pension dans “L’élève Ducobu”. Antoine Blossier l’engage dans sa galerie des monstres pour “La traque”, car selon le dossier de presse du film “François Levantal s’est révélé une évidence pour le rôle. Il adore les personnages de méchants et je crois qu’il a beaucoup aimé jouer un type un peu lâche et dangereux”.

Il est particulièrement réjouissant dans “L’amour aux trousses” où il procède à diverses ruptures de ton, en méchant bondissant et narquois, sans pitié, il faut le voir lors de la scène de rencontre avec Caterina Murino, femme policier se faisant passer pour une call-girl, il charme et terrifie à la fois. Dans ce film son personnage passe facilement d’une violence brutale à des jeux puérils, il zappe malicieusement lors du match de foot  que regarde son acolyte “Le Brésilien”, il fonce, raille ses poursuivants, un rôle, encore une fois, particulièrement réjouissant… Citons Bayon à son sujet : “L’affiche… est relevée de l’éminent François Levantal (qui galvaude trop en réclames sa «gueule» d’atmosphère digne d’André Héléna)” Libération 06/07/2005.

Il faut le voir dans le pataud “L’île au(x) trésor(s)”, en pirate échoué sur une île. Ironie du sort, il possède une véritable fortune qui ne lui sert strictement en rien. Le régime noix de coco et crabe bouilli l’a rendu totalement fou. Le visage mangé par une barbe épaisse, il étonne dans la composition de ce personnage décalé à la gestuelle déglinguée, inventant un curieux langage remplis de borborygmes et d’élucubrations diverses. Son apparition est une bouffée d’air frais dans cette grosse machinerie, il écrase avec superbe tous les autres personnages de ce “Pirates des Caraïbes” du pauvre, et sauve une fois de plus le film. François Levantal était épatant en vedette d’un téléfilm – impossible de me souvenir du titre. Il y jouait un journaliste s’improvisant détective avec beaucoup de subtilité. Ce formidable comédien est mûr pour les grands rôles, en souhaitant que l’on utilise au mieux sa dimension tragique, son élégance et sa “vis comica”. Sa participation au culte « Kaamelott » en légionnaire goguenard est dans ce sens un absolu régal.

Il trouve son meilleur rôle dans la série « Sur le fil » – l’intégralité de la série est disponible en DVD- série policière qui se démarque singulièrement des habituels modèles du genre. Dans sa composition du commandant Munoz, policier anticonformiste et agissant à la limite de la légalité, il excelle en chef d’une petite équipe qui est en conflit permanent avec son supérieur le trop novice commissaire Forge. Munoz est impulsif, mais probe, il se débat entre les méandres de l’administration, une délinquance de plus en plus violente et des problèmes familiaux, notamment avec son fils. Levantal y diffuse une autorité, une chaleur avec ses coéquipiers – ses partenaires sont tous excellents -, le tout avec une bonne dose d’humour comme à l’accoutumée. Dans “Les Lyonnais”, il impressionne en mentor trahi d’Edmond Vidal et as du braquage, en figure idéale pour perpétuer une tradition du polar français. Retour à l’humour pince sans rire avec “La petite histoire de France”, diffusé sur W9 à partir du 28 novembre 2015, où il est irrésistible en cousin du Roi, en disgrâce. Dans “Raid dingue”, il est le chef du RAID très crédible par son autorité, utilisant une nouvelle fois son humour quand il ne maîtrise pas totalement les situations, mais s’affirmant cependant malgré les pressions du ministre de l’Intérieur, campé par Michel Blanc, ce qui nous vaut des échanges irrésistibles.

Filmographie : 1985  Conseil de famille (Costa-Gavras) – 1989  La Révolution française : Les années Lumière (Robert Enrico) – 1991  L. 627 (Bertrand Tavernier) – 1993  La fille de d’Artagnan (Bertrand Tavernier) – 1994  3000 scénarios contre un virus : Mort d’un couple (Laurent Heynemann, CM) – L’appât (Bertrand Tavernier) –  La haine (Mathieu Kassovitz) – 1995 Capitaine Conan (Bertrand Tavernier) – Un héros très discret (Jacques Audiard) – 1996 Plan séquence : Homo-automobilis (Vincent Mayrand, CM) – Le ciel est à nous (Graham Guit) – Assassin(s) (Mathieu Kassovitz) – Dobermann (Jan Kounen) – 1997 Le bossu (Philippe de Broca) – La voie est libre (Stéphane Clavier) – L’annonce faite à Marius (Harmel Sbaire) – Zonzon (Laurent Bouhnik) – Sabbat night fever (Vincent Cassel, CM) – Le poulpe (Guillaume Nicloux) – 1998 Quasimodo del Paris (Patrick Timsit) – Une vie de prince (Daniel Cohen) – Menhir (c’est citer) (Hubert Kondé, CM) – 1999 Clara qui êtes aux cieux (Jean-François Hirsch & Pascal Demolon, CM) – Le sens des affaires (Guy-Philippe Bertin) – Sade (Benoît Jacquot) – Les rivières pourpres (Mathieu Kassovitz) – Les blessures assassines (Jean-Pierre Denis) – 2000 Même pas mal (Diastème, CM) – Belphégor, le fantôme du Louvre (Jean-Paul Salomé) – Confession d’un dragueur (Alain Soral) – Le barbier (Jon J. Carnoy, CM) – Grégoire Moulin contre l’humanité (Artus de Penguern) – 2001 La nuit du chien (Robin Sykes, CM) – Vertiges de l’amour (Laurent Chouchan) – Le nouveau big bang (Nicola Koretzky, Marina Tomé, CM) – Se souvenir des belles choses (Zabou Breitman) – Gangsters (Olivier Marchal) – La guerre à Paris (Yolande Zauberman) – Le nouveau Jean-Claude (Didier Tronchet) – La sirène rouge (Olivier Mégaton) – 2002  À l’abri des regards indiscrets (Hugo Gélin & Ruben Alves, CM) Mauvais esprit (Patrick Alessandrin) – Michel Vaillant (Louis-Pascal Couvelaire) – L’ancien (Nicky Naude & Emmanuel Rodriguez, CM) – 2003 Holden se blinde (Nicola Koretzky, CM) – Blueberry, l’expérience secrète (Jan Kounen) – Nos amis les flics (Bob Swaim) – Le veilleur (Frédéric Brival, CM) – Narco (Tristan Aurouet et Gilles Lellouche) – Un long dimanche de fiançailles (Jean-Pierre Jeunet) – 2004  La Chepor (David Tessier, CM) – Transit (Julien Leclerc, CM) – Nèg marron (Jean-Claude Flamand-Barny) – L’antidote (Vincent de Brus) – L’amour aux trousses (Philippe de Chauveron) – 2005  Ma vie en l’air (Rémi Bezançon) – Demain la veille (Julien Lucat & Sylvain Pioutaz, CM)Sheitan (Kim Chapiron) – Sauf le respect que je vous dois (Fabienne Godet) – Entente cordiale (Vincent de Brus) – Camping (Fabien Onteniente) – 2006  L’île au(x) trésor(s) (Alain Berberian) – Dante 01 (Marc Caro) – Demain la veille (Julien Lecat et Sylvain Pioutaz , CM) – 2007  Black (Pierre Laffargue) – Orange juice (Ronan Moucheboeuf, CM) – 2008  Jusqu’au bout… (Vincent Plaidy, CM) – 2009  Vendetta (Patrick Bossard, CM) – Les bons tuyaux (Olivier Riffard, CM) – La traque (Antoine Blossier) – 2010  L’élève Ducobu (Philippe de Chauveron) – Les Lyonnais (Olivier Marchal) – 2011  Enfant de la patrie (Kim Chapiron) – Peter Pan (Nicolas Duval, CM) – Les Kaira (Franck Gastambide) – 2012  Pari (Jovanka Sopalovic, CM) – Les invincibles (Frédéric Berthe) – Les petits joueurs (Guillaume Breton, CM) – 2013  Les Francis (Francis Begotti) – Quarante (Nicolas Koretzky et Hervé Rey, CM) – 2016  Raid Dingue (Dany Boon) – 2017  La finale (Robin Sykes) – Taxi 5 (Franck Gastambide). Voxographie : Les lascars (Emmanuel Klotz & Albert Pereira-Lazaro).

Télévision: Notamment : 1989  Les nuits révolutionnaires (Charles Brabant) – 1992  Commissaire Moulin : Les zombies (Yves Rénier) – 1994  Cognacq-Jay (Laurent Heynemann) – 1995  Chercheurs d’héritiers : Les gens de Faillac (Laurent Heynemann, pilote inédit diffusé sur le câble) – L’instit : L’angélus du corbeau (Laurent Heynemann) – 1996  La poupée qui tue (Bruno Gantillon) – 1997  Un arbre dans la tête (Jean-Pierre Sinapi) – 1998  Le feu sur la glace (Françoise Decaux) – 1999  Les duettistes : Une dette mortelle (Alain Tasma) – 2000  Passage interdit (Mickaël Perrotta) – Une femme d’honneur : Mort clinique (Alain Bonnot) – Rastignac ou les ambitieux (Alain Tasma) – 2001  Le lycée : Une voix publique (Miguel Courtois) – P.J. : Enfant battu (Olivier Bonnet) – 2002  Le juge est une femme : L’ami d’enfance (Charlotte Brandstrom) – 2002/2004  Avocats et associés (26 épisodes) – 2003  Les enquêtes d’Éloïse Rome : Joanna est revenue (Philippe Setbon) – À cran (Alain Tasma) – 2004  À cran, deux ans après (Alain Tasma) – 2005  La battante (Didier Albert) – 2006  L’affaire Pierre Chanal (Patrick Poubel) – David Nolande : Crescendo (Nicolas Cuche) – Élodie Bradford : Une femme à la mer (Olivier Guignard) – 2007  La lance de la destinée (Dennis Berry) – Sur le fil (Frédéric Berthe, 5 fois 52mn) – Les Bleus : Premiers pas dans la police : Enquête interne (première et deuxième partie) (Patrick Poubel) – Sur le fil (Bruno Garcia, saison 2) – La mort n’oublie personne (Laurent Heynemann) – 2009  Sur le fil (Bruno Gantillon, saison 3) – Kaamelott livre VI (Alexandre Astier, saison 6) – Cartouche, le brigand magnifique (Henri Helman) – 2011  Ni vu, ni connu (Christophe Douchand) – Braquo (Philippe Haïm et Éric Valette, saison 2) – La nouvelle tragédie : Les voies impénétrables (Noémie Saglio & Maxime Govare) – 2013  La télé commande (CM, mini-série) – Julie Lescaut : Tragédie (René Manzor) – 2014  Meurtres à l’Abbaye de Rouen (Christian Bonnet) – 2015  Le placard (Dominique Thiel, captation) – 2015/2016  La petite histoire de France (Jonathan Barré, CM, série) – 2016  Section zéro (Olivier Marchal et Laurent Guillaume) – 2018  Les rivières pourpres (Olivier Marchal, mini-série). Voxographie : 1996  Enquête sur un enlèvement  (Peter Kassovitz, récitant) – Un monde digital (Martin Meissonnier, documentaire, récitant) – Web Site Story (Martin Meissonnier, série documentaire, récitant) – 2013-2016 Les Kassos (Alexis Beaumont,  Julien Daubas, Rémi Godin et Yves Bigerel, animation).

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Chris Penn

 

“Lui on l’aimait vraiment”, commence l’article de Philippe Garnier dans “Libération” – dont on ne saurait trop recommander son livre “Caractères : moindres lumière à Hollywood -. Mort ce 24 janvier, du frère cadet de Sean Penn. De bons copains aux “bad guy”, on s’était vraiment attaché à ce comédien dont la silhouette ne cessait de s’épaissir. Deux rôles marquants viennent immédiatement à la mémoire, le père de famille assassin dans “Short Cuts” et le frère de Sean Penn, justement, un père simple d’esprit, dans le très fin “comme un chien enragé” de James Fowley qui rencontrent leur père tardivement, joué avec brio par Christopher Walken. Son rôle de Nice Guy Eddie dans “Reservoir dogs” de Quentin Tarantino, où il réussissait à apporter une humanité et de l’humour à son personnage, lui donne la reconnaissance du grand public. Abel Ferrara lui confit le rôle du frère de Christopher Walken, dans “Nos funérailles” qui lui vaut un prix d’interprétation au festival de Venise. Ces derniers films sont moins glorieux, il était peut-être resté dans l’ombre de son prestigieux frère.  Feu l’excellent site “secondscouteaux.com”, lui avait consacré un portrait. Bibliographie : “Quinlan’s character stars” par David Quinlan (Reynolds & Hearn Ltd, 2004).

Filmographie : 1979  Charlie and the talking Buzzard) (Christopher Cain) – 1982  Frances (Id) (Graeme Clifford, figuration) – 1983  Rumble fish (Rusty James) (Francis Ford Coppola) – Footloose (Id) (Herbert Ross) – All the right moves (Vidéo : “L’esprit d’équipe) (Michael Chapman) – 1984  The wild life (video : “Attention, délires”) (Art Linson) –1985  Pale Rider (Id) (Clint Eastwood) – At close range (Comme un chien enrage) (James Foley) – 1988  Made in U.S.A. (Ken Friedman) – Return of the River Kwai (Retour de la rivière Kwai) (Andrew V. McLaglen) –  1989  Best of the best (Robert Radler ) – 1991  Future kick (Damian Klaus) – Mobsters / Mobsters : The Evil Empire (Les idomptés) (Michael Karbenikoff) – 1992  Leather jackets (Lee Drysdale) – Reservoir dogs (Id) (Quentin Tarantino) – 1993  Best of the best 2  (Robert Radler) – True romance (Tony Scott) – Josh and S.A.M. (Billy Weber) – Short cuts (Id) (Robert Altman) – Luck, trust & ketchup: Robert Altman in Carver Country (John Dorr & Mike E. Kaplan, documentaire) – The pickle (Paul Mazurski) – The music of chance (La musique du hazard) (Phillip Haas) – Beethoven’s 2nd (Beethoven 2) (Rod Daniel) – 1994  Imaginary crimes (Le point de rupture) (Anthony Drazan) – Fist of the North Star (Vidéo : “Ken le survivant”) (Tony Randel) – 1995  Under the Hula Moon (Jeff Celentano) – Scared cargo (Aleksandr Buravsky) – Mulholland Falls (Les hommes de l’ombre) (Lee Tamahori) –  To Wong Foo, thanks for everything, Julie Newmar (Extravagances) (Beeban Kidron) – 1996  The boys club (John Fawcett) – The funeral (Nos funérailles) (Abel Ferrara) – Cannes Man (Richard Martini) – Liar (Le suspect idéal) (Jonas Pate & Josh Pate) – Papertrail (Damian Lee) – 1998  Family attraction (Brian Hecker, CM) – One tough cop (Bruno Barreto) – Flagpole special (Paul Thomas Anderson, CM vidéo) – Rush hour (Brett Ratner) – The florentine (Nick Stagliano) – 1999  Bread and roses (Ken Loach, cameo) – Cement (Adrian Pasdar) – 2000 Kiss kiss (bang bang) (Id) (Stewart Sugg) – 2001  American Pie 2 (James B. Rogers, rôle coupé au montage final) – Corky Romano (Rob Pritts) – Murder by numbers (Calculs meurtriers) (Barbet Schroeder) – 2002  Stealing Harvard (TV : “Harvard à tout prix”) (Bruce McCulloch) – Masked and anonymous (Larry Charles) – Redemption (Vidéo : Un flic en enfer) (Art Camacho) – 2003   Shelter Island (Geoffrey Schaaf) – After the sunset (Coup d’éclat) (Brett Ratner) – Pauly Shore is dead (Pauly Shore) – 2004  Starsky & Hutch (Todd Phillips) –  2005  Juarez : Stage of fear (César Alejandro, vidéo) – The Darwin awards (Finn Taylor) – Holly (Guy Moshe) – King of sorrow (Damian Lee).

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Shelley Winters

Annonce de la mort de Shelley Winters à l’âge de 85 ans. Elle avait débuté à Broadway en 1941, si elle ne répondait pas aux canons de beauté de l’époque, elle était d’une incroyable sensualité, la petite histoire a retenue nombre de ses amants comme Marlon Brando, elle était divorcée de Vittorio Gassman et Anthony Franciosa. La première image qui vient à notre esprit c’est la mère de famille qui consent à être sacrifiée par un pasteur fou joué par l’admirable Robert Mitchum dans “The night of hunter” / “La nuit du chasseur” (Charles Laughton, 1955). On se souvient d’elle en jeune ouvrière séduite et abandonnée par Montgomery Clift “A place in the sun” / “Une place au soleil” (Georges Stevens, 1951), une starlette un peu cruche mais attachante (“The big knife” / “Le grand couteau”, Robert Aldrich, 1955), la mère d’Anne Franck (“The diary of Anne Franck” / “Le journal d’Anne Franck”, George Stevens, 1959), pour lequel elle obtient l’oscar du meilleur second rôle, la mère de “Lolita” (Stanley Kubrick, 1962), une  mère indigne d’une fille aveugle (“A patch of blue” / “Un coin de ciel de bleu”, Guy Green, 1965), aux côtés de Sidney Poitier, où elle obtient un second oscar du meilleur second rôle, impitoyable “Ma Barker” dans “Bloody mama” (Roger Corman, 1970), aux côtés de Robert de Niro alors débutant qui joue son fils, une des victime désignée d’un film catastrophe (“The Poseidon adventure” / “L’aventure du Poséidon” (Ronald Neame, 1972), la concierge revêche du “Locataire” (Roman Polanski, 1975), l’épouse d’Alberto Sordi, dont le fils est abattu par des truands (“Un borghese piccolo piccolo” / “Un bourgeois tout petit petit”, Mario Monicelli, 1977), pour ne citer que quelques titres dans sa riche carrière. Un pincement au coeur particulier pour les cinéphiles, ce jour à l’annonce de sa mort.

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Francia Séguy

 Francia Séguy, était une personne attachante qui est désormais une figure familière du cinéma français. Loin d’être une débutante tardive, à la manière d’une Jeanne Calment (dans le film “Vincent et Moi” de Michael Rubbo, aux côtés de Tcheky Karyo, en 1990), elle a plus de 85 ans de carrière, car née en 1914 !

Jacques Richard qui avait eu du nez, la remarque dans plusieurs publicités, et dresse son portrait dans l’excellente “Lettre des comédiens N°19”, en avril 1999. Il la définit comme «une comédienne infatigable» :  de son texte, voici quelques extraits : « … elle débuta en 1916, sur la scène du Gymnase auprès de Madeleine Barjac dans « La Fayette, elle avait dix-huit mois. L’année suivante, elle apparaît à l’écran dans Mater Dolorosa d’Abel Gance. A cette époque on l’appelait la «petite Francia»… », « …Toute une vie au studio, dans des rôles d’enfants, d’adolescentes, plus tard d’adultes ; ou encore sur scène jusqu’à Dieu le savait d’Armand Salacrou en 1951, et dernièrement avec Les portes claquent »…

Elle était aussi monteuse, notamment dans un court-métrage d’Henri Calef : “Fido”. C’était… en 1965. Puis on ne la retrouve comme comédienne que dans un seul film  “Le pélican” en 1973, où elle joue le rôle de la mère du personnage  de Paul, interprété par Gérard Blain, suit une longue période d’absence…

Après plusieurs publicités, le cinéma l’utilise souvent depuis 1996, d’antant plus qu’elle est très à l’aise dans l’humour noir. Elle est la “petite vieille” que rassure Chick Ortéga (lors d’un braquage d’une banque) dans “Dobermann”, lui prêtant de l’argent et lui bouchant les oreilles pour la préserver des détonations. On la retrouve aussi dans le film de Jean-Pierre Mocky Tout est calme où elle forme avec Pierre Gérald un couple à l’aspect charmant… mais dont le but est d’assassiner le Pape! Jean-Pierre Darroussin, l’embrasse spontanément dans la rue, suite à son gain au loto dans “Ah ! si j’étais riche”.

Francia Séguy joue aussi le rôle de la mère d’Annie Grégorio, formant un duo décalé de pompistes, face à un Yves Berteloot désemparé, dans le film à sketches “À vot’ service”, inédit en salles mais diffusé sur TPS. Elle participe aussi à l’accueil frileux de Camille (Grégori Derangère) à Ouessant dans “L’équipier”. Pour la petite histoire, elle venait de se casser la jambe….

L’actrice parcourt aussi plusieurs courts-métrages, participe au “Morning live” sur M6 et aux 11 commandements (elle est le chauffeur du dieu de la blague) aux côtés de son petit-fils Vincent Desagnat. Elle fait d’ailleurs une apparition non créditée, dans un café dans “Le carton” dont il est la vedette. Elle est la mère d’un halluciné Didier Flamand dans “L’ex-femme de ma vie” de Josiane Balasko. Cette dernière, vient à sa rescousse, le forcené contrarié séquestrant cette pauvre femme.

Édouard Baer l’engage en mère de l’atypique Francis Van Litsenborgh et dans son show estival de 2003 sur France 2 :Le grand plongeoir où elle joue du jambon avec un archer de violon… grand moment de non-sens. Elle décède de 24 octobre 2013, Vincent Desagnat lui rendant cet hommage dans les médias “Elle nous laisse beaucoup de bons souvenirs et plus de 50 films. Elle était notre marraine au cinéma, notre marraine de la bêtise. Elle va nous manquer.

Filmographie : 1916   Mater Dolorosa (Abel Gance) – 1918  Fifine (Roger Max) – 1919   Perdue (Georges Monca) – 1920  Le penseur (Roger Max) – 1921  L’ombre déchirée (Léon Poirier) – 1922  Geneviève (Léon Poirier) – 1922  Geneviève (Léon Poirier) – 1923   L’affaire du courrier de Lyon (Léon Poirier) – 1924   L’affiche (Jean Epstein) – 1936  L’appel du silence (Léon Poirier) – 1937  Sœurs d’armes (Léon Poirier) – 1954  Papa, maman, la bonne et moi (Jean-Paul Le Chanois) – 1973   Le pélican (Gérard Blain) – 1993  Fleurs d’automne (Herbstblumen) (Maija-Lene Rettig, CM) – 1996   La pisseuse (Suzanne Legrand & Frédéric Benzaquen, CM) – Dobermann (Jan Kounen) – 1997  Trajet discontinu (Partho Sen-Gupta, CM) – 1998   Tout est calme (Jean-Pierre Mocky) – Pascal et la vieille dame (Wilfried Hureau, CM) – Ce sera du gâteau (Claude Berne, CM) – 1999  Les vieux jours (Angelo Cianci, CM) – La bostella (Édouard Baer) – 2000   Mademoiselle (Philippe Lioret) – Alice ou le cul des autres (Virginie Sauveur, CM) – Le nombril de l’univers (Émma De Caunes, CM) – La malédiction de la mamie (François Desagnat et Thomas Sorriaux, CM) – À vot’ service [épisode “La station service”] (Laurence Katrian, inédit en salles) – Il est difficile de tuer quelqu’un, même un lundi (Éric Valette, CM) – Quand on sera grand (Renaud Cohen) –  Tanguy (Étienne Chatilliez) – 2001   Hiromi (Catherine Villeret & Thomas Cirotteau, CM) – La gardienne du B (Joël Brisse, CM) – Filles perdues, cheveux gras (Claude Duty) – Spartacus (Virginie Covisone, CM) – Monique (Valérie Guignabodet) – Ah ! si j’étais riche (Michael Munz & Gérard Bitton) – 2002   Toutes les filles sont folles (Pascale Pouzadoux) – 2003   Le son de mes pas sur le parquet (Marie Pascaud, CM) – Les 11 commandements (François Desagnat et Thomas Sorriaux) –  L’équipier (Philippe Lioret) – Le carton (Charles Némès) – 2004   L’ex-femme de ma vie (Josiane Balasko) – La vieille dame aux dents jaunes (Fabien Bonali, CM) – 2005  Je vais bien, ne t’en fais pas (Philippe Lioret) – 2007  Le gigot (Thomas Ruat, CM,  sous le nom de “Francia Desagnat”).

Télévision :  (notamment) 1973  Arsène Lupin : La demeure mystérieuse (Jean-Pierre Desagnat) – 1996  Baldi et les petits riches (Claude d’Anna) – 1998   Chez ma tante (Daniel Ravoux) – Papa est monté au ciel (Jacques Renard) – 1999   Louis La Brocante : Louis et la prison de cristal (Pierre Sisser) – Mélissol : La déchirure (Jean-Paul Igoux) – 2002   Les Thibault (Jean-Daniel Verhaegue) – 2004   Une femme d’honneur : complicité de viol (Michaël Perrota)

Remerciements à André Siscot

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Philippe Dumat

Henri Vidal et Philippe Dumat dans "La bête à l'affût"

Henri Vidal et Philippe Dumat dans “La bête à l’affût”

Annonce de la mort du comédien Philippe Dumat, un des plus fameux comédien de doublage, on se souvient de la voix du père dans “Arnold et Willy” ou celle de la série écrite par Roland Topor “Téléchat” (1982-1986), et il était la voix française de Laurence Olivier notamment. On se souviendra de lui comme acteur dans “La bête à l’affût” (Pierre Chenal, 1959) en prisonnier acolyte d’Henri Vidal, libre de ses mouvements pour travailler au noir chez dans le domicile d’un maton incarné par Albert Dinan ou dans “La belle américaine” (Robert Dhéry, 1961), en sous-directeur d’une laverie brimé qui toise avec force sarcasmes son patron joué par André Badin, acteur assez petit de “Monsieur le grand directeur”. Ce dernier offre le costume de Philippe Dumat, à Robert Dhéry en réparation de sa voiture inondée suite à un problème de capote. On le retrouvait comme dans le rôle du directeur d’un cinéma de Reims qui accueille Jean Desailly et Daniel Ceccaldi dans “La peau douce” (François Truffaut, 1963). Dans “Les Gaspards” (1973), à grand renfort de cotillons, il encourageait des touristes allemands kidnappés, à pédaler pour permettre au groupe électrogène d’éclairer une petite communauté cachée dans les profondeurs de Paris. Il prêtait souvent sa voix pour des dessins animés français ou étrangers – “Les aventures de Bernard & Bianca” (1976), “Le Noël de Mickey” (1983), “Basil détective privé” (1986), “Petit Pierre au pays des merveilles” (1990), “Rock-o-rico” (1991), etc… -. À lire l’excellent portait de Rémi Carémel dans OBJECTIF CINÉMA et les réactions érudites de internautes dans le forum de la LA GAZETTE DU DOUBLAGE. C’était une des voix que j’associais la plus volontiers à mon enfance comme celle de “Satanas” dans le dessin animé “Satanas et Diabolo”.

Filmographie : 1950  La passante (Henri Calef) – 1955  Ce sacré Amédée (Louis Félix) – 1956  Reproduction interdite (Gilles Grangier) – 1958  Archimède le clochard (Gilles Grangier) – 1959  Le trou (Jacques Becker) – La bête à l’affût ( Pierre Chenal) – 1960  En votre âme et conscience (Roger Saltel) – L’imprevisto (L’imprévu) (Alberto Lattuada) – 1961  Les lions sont lâchés (Henri Verneuil) – La belle américaine (Robert Dhéry) – Les livreurs (Jean Girault) – 1962  La salamandre d’or (Maurice Régamey) – Les bricoleurs (Jean Girault) – Les veinards [épisode “Le repas gastronomique”] (Jean Girault) – 1963  Pouic-Pouic (Jean Girault) – Faites sauter la banque (Jean Girault) – Les parapluies de Cherbourg (Jacques Demy) –  La peau douce (François Truffaut) – 1964  Jaloux comme un tigre(Darry Cowl) – Les gorilles (Jean Girault) – 1967  Le petit baigneur (Robert Dhéry) – 1969  L’américain (Marcel Bozzuffi) – 1970  Céleste (Michel Gast) – 1971  Die klosterschülerinnen (Eberhard Schröder) – 1972  Prenez la queue comme tout le monde (Jean-François Davy) – 1973  Les Gaspards (Pierre Tchernia) – Et mourir de désir (Jean Bastia) – 1974  Q / Au plaisir des dames (Jean-François Davy) – 1975  L’intrépide (Jean Girault) – 1976  L’année sainte (Jean Girault) – 1977  Le mille-patte fait des claquettes (Jean Girault) – 1983  Le voleur de feuilles (Pierre Trabaud). Télévision (notamment) : 1959  Au téléphone (René Lucot) – 1960  La paresse (René Lucot) – 1962  Leclerc enquête / L’inspecteur Leclerc enquête : Signé Santini (Marcel Bluwal) – 1963  Skaal (Maurice Chateau) – 1966  Monsieur Robert Houdin (Robert Varley) – 1967  Deux Romains en Gaule (Pierre Tchernia) – 1968  Melissa (Abder Isker) – 1969  Laure (Moshé Mizrahi, série TV) – Au théâtre ce soir : Une femme ravie (Pierre Sabbagh) – Au théâtre ce soir : Bichon (Pierre Sabbagh) – 1969  Laure (Moshé Mizrahi, série) – 1970  Vive la vie (Joseph Drimal, 3ème série) –  1971  Au théâtre ce soir : L’amour vient en jouant (Pierre Sabbagh) – 1973  L’espion dormant (Agnès Delarive) – Molière pour rire et pour pleurer (Marcel Camus, série) – 1974  Malaventure : Dans l’intérêt des familles (Joseph Drimal, série) – 1975  Salvator et les Mohicans de Paris (Bernard Borderie et Gilles Grangier, série) – 1976  Au théâtre ce soir : Inspecteur Grey (Pierre Sabbagh) – Marion les vivantes (Gilles Grangier) – Au théâtre ce soir : L’homme qui a perdu ses clés (Pierre Sabbagh) – Le comédien (Jeannette Hubert, captation) – 1977  Ne le dites pas avec les roses (Gilles Grangier, série) – Les cinq dernières minutes : Une si jolie petite cure (Guy Seligmann) – Banlieue Sud-Est : La source & Zézette (Gilles Grangier) – 1978  Au théâtre ce soir : Le locataire du troisième sur la cour (Pierre Sabbagh) – Au théâtre ce soir : Le nouveau testament (Pierre Sabbagh) – Gaston Phébus, le lion des Pyrénées (Bernard Borderie, série) – 1979  Histoires insolites : Le locataire d’en haut (Gilles Grangier) – 1980  Jean sans terre (Gilles Grangier) – Fantômas : Le mort qui tue (Juan Luis Buñuel) – Le vol d’Icare (Daniel Ceccaldi) – Au théâtre ce soir : La maîtresse de bridge (Pierre Sabbagh) -L’aéropostale, courrier du ciel (Gilles Grangier, série) – 1981  Au théâtre ce soir : Le traité d’Auteuil (Pierre Sabbagh).   Voxographie succincte : La honte de la jungle (Jean-Paul Picha & Boris Szulzinger) – 1984  Astérix et la surprise de César (Gaëtan Brizzi & Paul Brizzi)  – 1988  Les p’tits Schtroumpfs (Peyo) – 1998  Babar, roi des éléphants (Raymond Jafelice) – 1992  Les mille farces de Pif et Hercule (Bruno Desraisses & Charles Delatour).

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Vincent Schiavelli

Annonce de la mort d’un second couteau attachant Vincent Schiavelli. Selon les Les gens du cinéma,  il est mort le 26 décembre 2005  en Sicile d’un cancer du poumon, d’origine sicilienne, il était né à Brooklyn en 1948. Le grand public se souvient de son rôle de fantôme goguenard, sévissant dans le métro, face à Patrick Swayze dans “Ghost”. Lle dictionnaire de David Quinlan, nous informe qu’il a débuté avec succès dans un rôle de décorateur homosexuel dans la série TV “Corner Bar” (1972/1973), puis dans “Cheers”. Il début au cinéma avec Milos Forman dans « Taking off » (1971), pour lequel il devient son acteur fétiche, dans “Vol au dessus d’un nid de coucou” (1975), “Amadeus” (1984), “Valmont” (1989), “Larry Flint” (1996) et “Man on the moon” (1999). Sa grande taille (1m90), le prédisposait à des rôles de fous ou d’excentriques, il a participé à beaucoup de séries TV, en essayant de ne pas se laisser cantonner dans un seul type de rôle. Il a travaillé avec deux réalisateurs français dans “Mister Frost” (1989) de Philippe Setbon, où en employé de bureau il fait face à Jeff Goldblum, et dans “Restons groupés” de Jean-Paul Salomé (1998), où il tient le rôle d’un avocat. Tim Burton l’a également utilisé avec intelligence dans “Batman 2, le défi”. Il a aussi joué les utilités, dans un “James Bond”, face à Pierce Brosnan dans “Demain ne meurt jamais” (1997). l était auteur de 3 livres de cuisines “Papa Andrea’s Sicilian Table” et “Bruculinu”, “America : Souvenirs d’un Sicilien-Americain de Brooklyn”, à travers les recettes.  ! L’excellent site “secondscouteaux.com” – hélas plus disponible – avait fait son portrait et le site OBJECTIF CINÉMA a publié un entretien passionnant réalisé en 2001.

Filmographie : 1971  Taking Off (Id) (Milos Forman)1974  The Great Gatsby (Gatsby le magnifique) (Jack Clayton) – For Pete’s Sake (Ma femme est dingue) (Peter Yates)The Happy Hooker (Nicholas Sgarro)1975  Angels (Spencer Compton) – One flew over the Cuckoo’s nest (Vol au-dessus d’un nid de coucou) (Milos Forman) – Next Stop, Greenwich Village (Id) (Paul Mazursky) –  1976 Taxi driver (Id) (Martin Scorsese) – 1977  Un autre homme, une autre chance (Claude Lelouch) – An unmarried woman (La femme libre) (Paul Mazursky) – 1979  Butch and Sundance : The early years (Les joyeux débuts de Butch Cassidy et Le Kid) (Richard Lester) – The Frisco Kid (Un rabbin au Far West) (Robert Aldrich) – 1980  Tean Mothers / Seed of Innocence (Graine d’amour) (Boaz Davidson)The Return (Greydon Clark) The Gong Show movie (Chuck Barris) – 1981  American Pop (Ralph Bakshi, voix) Chu Chu and the Philly Flash (David Lowwel Rich) – 1982  Night Shift (Les croque-morts en folie) (Ron Howard) – Fast Times At Ridgemont High (Amy Heckerling) – 1984  Amadeus (Id) (Milos Forman)Kidco (Id) (Ronald F. Maxwell) – The adventures of Buckarroo Banzai across the 8th dimension (Les aventures de Buckaroo Banzaï) (W.D. Richter) 1985  Better off dead (Gagner ou mourir) (Savage Steve Holland) – 1986  Time Out (Jon Bang Carlsen) – 1988 Homer & Eddie (Voyageurs sans permis) (Andrei Konchalovsky) – 1989   Valmont (Id) (Milos Forman) Waiting for the light (Christopher Monger) – Cold Feet (Robert Dornhelm)Playroom (Manny Coto) – Mister Frost (Philippe Setbon) – 1990 Penny Ante : The motion picture (Gavin Wilding) Ghost (Id) (Jerry Zucker) – 1991  Ted and Venus (Bud Cort)  Another you (Le menteur et le tricheur) (Maurice Phillips) – 1992  Batman returns (Batman, le défi) (Tim Burton)Miracle Beach (Skott Snider) – 1993 Painted desert (Masato Harada) – 1994  Cultivating Charlie (Alex Georges)H.P. Lovecraft’s Lurking fear (C. Courtney Joyner) – 1995  A little princess  (La petite princesse) (Alfonso Cuaron)  3 Ninjas knuckle up (Shang-ok Shin [Simon S. Sheen]) –  Lord of illusions (Le maître des illusions) (Clive Barker) – Two Much (Id) (Fernando Trueba) – 1996   Back to back : American Yakuza II (Roger Nygard)The people vs Larry King (Larry King) (Milos Forman)1997  Milo (Pascal Franchot)Tomorrow never dies (Demain ne meurt jamais) (Roger Spottiswoode) – The beautician and the beast (L’éducatrice et le tyran) (Ken Kwapis) – Restons groupés (Jean-Paul Salomé ) – 1998  Love Kills (Mario Van Peebles) –  Dry Martini (Alejandro Chomski) – La cena informale (Salvo Cuccia, CM) – Rusty : A Dog’s Tale (Shuki Levy)1999 Man On The Moon (Id) (Milos Forman)Treehouse Hostage (Sean McNamara) – Coyote moon (Inferno) (John G. Avildsen) – The Prince And The Surfer (Arye Gross & Gregory Gieras) – 2000   American Virgin (Jean-Pierre Marois) – 3 Strikes (D.J. Pooh) – American Saint (Joseph Castelo) – 2002 Solino (Fatih Akin)Death to Smoochy (Titre TV : Crève Smoochy, crève) (Danny de Vito) – Hé Arnold ! Le film (Huck Tucker, animation, voix) – The 4th Tenor (Harry Basil) – 2003   Gli Indesiderabili (Pasquale Scimeca)Baggage (Evan Aaronson) –   How To Get The Man’s Foot Outta Your Ass (Mario Van Peebles) – Miracolo a Palermo ! (Miracle à Palerme) (Beppe Cino)2004   A Pena do pana (Lucia Grillo, CM) – 2006  Nuovomundo (Golden Door) (Emanuele Crialese) – 2007  The passport (Amund Lie, CM).  

Il y a eu ce mois-ci beaucoup de décès à déplorer, de l’égérie de Roger Vadim, Annette Stroyberg, l’acteur canadien Marc Favreau, les actrices américaines Jean Parker et Beverly Tyler, le cinéaste italien Giuseppe Patroni Griffi. Pour plus d’infos, visitez le site des Les gens du cinéma, il est difficile de parler hélas tout le monde…

Bibliographie : “Quinlan’s character stars” par David Quinlan (Éditions R.H. 2004).

Mise à jour du 20/07/2009

FRAGMENTS D’UN DICTIONNAIRE AMOUREUX : JO PRESTIA

Jo Prestia

Dans l’épisode événement de la série “Commissaire Moulin”, “Kidnapping”, notre Johnny national est  “guest-star”. Jean-Philippe Smet est un monument national, incontournable, toujours dans l’actualité, “pipolisé”, les plumes célèbres se battent pour lui écrire des textes. C’est devenu une institution, il a même ses produits dérivés ou accessoires de mode, c’est selon, comme sa femme Laeticia… Dernier avatar, son intérêt à faire “l’acteur” qui lui a valu le prix Jean Gabin 2002, consacré habituellement à une jeune révélation (sic !) pour “L’homme du train”. Reste que Johnny comédien n’est jamais très probant, dans la comédie “Quartier V.I.P.” ou même un sketch d’une émission de Pascal Légitimus “L’homme qui voulait passer à la télé” où il est carrément absent. En partance pour railler l’ensemble de ce “Heat” du pauvre, du genre ouarf, il y a même Patrick Balkany, maire de Levallois-Perret, de sinistre mémoire, des zooms à la Jésus Franco, etc…, qu’est ce qu’il reste au final, il y a une “shooting star”… : Jo Prestia ! Et il vole toutes les scènes aux autres, dans un rôle qu’on ne lui connaît que trop, un truand ingérable, violent et violeur, déclenchant le grand courroux de notre Johnny national. Dans une ferme, tenue par sa mère corse, il manque de violer la fille du commissaire Moulin, séquestrée de force. Pour au moins sa cinquième collaboration dans cette série (au moins) avec Yves Rénier, on le cantonne encore dans un rôle de brute épaisse, monolithique et inquiétant. Et pourtant il arrive à tirer son épingle du jeu, installer un personnage. Difficile de croire que le sieur Smet serait capable de le rosser, on pouffe, il y a de l’abus…, de toute manière il est désintégré et n’impressionne même pas la pellicule face à Jo Prestia.

 

Il a marqué les esprits en jouant le violeur de Monica Bellucci, sympathiquement nommé le “Ténia”. On se souviendra longtemps de lui dans ce tunnel rouge, comme personnifiant l’effroi à l’état pur. Gaspar Noé lui avait confié ce rôle pour l’avoir vu dans ce personnage du “Petit voleur” contraignant Nicolas Duvauchelle à lui faire une fellation, il était déjà impressionnant. Ce sportif émérite et au palmarès brillant, voir lien Muaythaitv, est découvert par Érick Zonca dans le rôle de Frédo, un copain videur taciturne. Il joue souvent des malfrats en tous genres, tel l’homme de main du “cantique de la racaille”. Mais il peut faire preuve d’humanité. On le retrouve souvent dans des rôles d’amis sûrs, celui de Thierry Frémont dans “Livraison à domicile”, où il le convainc de remonter sur le ring, dans “Agents secrets” il est l’ami du personnage joué par Vincent Cassel ou dans “Ze film” où il est un employé d’EDF qui s’improvise éclairagiste de film en employant l’éclairage public.  Dans ce registre il trouve un de ses meilleurs rôles dans “Fureur” de Karim Dridi, où il aide le personnage de Samuel Le Bihan. Dans “13 tzameti” (2005) de Gela Babluani, il est un marginal vaguement truand, tentant de reprendre de l’argent à un ami qu’il avait aidé en lui payant un avocat, mais qui ne peut honorer ses dettes. Même si le personnage de Jo Prestia, nommé Pierre Bléreau  (sic) !, sait bien comment employer des méthodes radicales, il préfère se confier, déplorant être proche de la clochardisation, et promener un corps cassé sans avoir d’espoir. Un joli personnage qui prouve bien la gamme étendue du comédien. Toujours disponible pour de jeunes cinéastes pour des courts-métrages, et à l’aise pour imposer un personnage par sa seule présence (“36, quai des orfèvres”, “Les rivières pourpres”) il poursuit son petit bonhomme de chemin… Il convainc également en routier gréviste traduisant en italien à un petit groupe en colère les propos de Patrick Timsit dans “Par suite d’un arrêt de travail”. Il s’amuse visiblement avec son emploi habituel d’homme de main dans “Le mac” où il est sommé par José Garcia de se taire. Il compose avec Arsène Mosca un tandem réjouissant de gros bras. Il confirme également qu’il est l’un des rares comédiens français à être à l’aise dans des films de genre, tel “La horde”. Il faut le voir en dealer bagarreur soucieux de ne pas tâcher son costard quand il se bat avec des zombies. Comme le déclare avec justesse Yannick Dahan dans Brazil  N°26, “…Il est certain que faire une scène où Jo Prestia se bat contre deux zombies résonnera plus chez des gens qui le connaissent déjà…”. Retour au rôle de gros bras dans “Coursier”, mais ce rôle apparaît plus complexe qu’il n’y paraît. Jo Prestia, c’est à la fois quelqu’un avec lequel on aimerait boire un verre mais à qui on rechignerait à demander l’heure. Assurément une des plus remarquables révélations de ces dernières années. Reste à savoir si la frilosité des cinéastes ne risque pas de lui coûter les grands rôles qu’il mérite. Allez amis cinéastes, encore un effort. On peut lire avec intérêt un entretien dans Le temps détruit tout, consacré à Gaspar Noé.

 

Filmographie : 1994  Frères (Olivier Dahan) – Coup double (Bruno Delahaye, CM) – Raï (Thomas Gilou) – 1996  Hey Joe (Franck Coquelet, CM) – Salut cousin ! (Merzak Allouache) – 1997  Louise (Take 2) (Siegfried) – Cantique de la racaille (Vincent Ravalec) – La vie rêvée des anges (Érick Zonca) – 1998  Chili con carne (Thomas Gilou) – Le petit voleur (Érick Zonca) – 1999  Les déclassés  (Tony Baillargeat) – Les pierres qui tombent du ciel (Isabelle Ponnet, CM) – Le timide (Fabien Michel, CM) – Ligne 208 (Bernard Dumont) – Total western (Éric Rochant) – Cinéma (Xavier Gojo, CM) – 2000  Les morsures de l’aube (Antoine De Caunes) – Pas d’histoires ! [épisode « Petits riens] (Xavier Durringer, CM) – Grégoire Moulin contre l’humanité (Artus De Penguern) – Requiem (Hervé Renoh) – 2001 Yamakasi les samouraïs des temps modernes (Ariel Zeïtoun) – Femme fatale (Brian De Palma) – Irréversible (Gaspar Noé ) – 2002  Le labyrinthe (Pierre Courrège, CM) – Fureur  (Karim Dridi) – Livraison à domicile (Bruno Delahaye) – Lovely Rita, sainte patronne des cas désespérés (Stéphane Clavier) – 2003  Les rivières pourpres 2 : Les anges de l’apocalypse (Olivier Dahan) – Grande école (Robert Salis) – Vendetta (Richard Aujard, CM) – Agents secrets (Frédéric Schoendoerffer) – Calvaire (Fabrice Du Welz) – 2004  36 quai des Orfèvres (Olivier Marchal) – Ze film (Guy Jacques) – 2005  J’ai vu tuer Ben Barka (Serge Le Péron) – Dernier cri (Grégory Morin, CM) – 13 tzameti (Gela Babluani) – Incontrôlable (Raffi Shart) – Ennemis publics (Karim Abbou et Kader Ayd, inédit) – Le sixième homme (Julien Lacombe & Pascal Sid, CM) – 2006  Vent mauvais (Stéphane Allagnon) – Madame Irma (Didier Bourdon) – 2007  Par suite d’un arrêt de travail… (Frédéric Andréi) – La fille de Monaco (Anne Fontaine) – Plus loin encore (Stéphane Derderian, CM) – 2008  Babylone (Simon Saulnier, CM) – La horde (Yannick Dahan & Benjamin Rocher) – Le baltringue (Cyril Sebas) – La blonde aux seins nus (Manuel Pradal) – 2009  Baby boom (Tony Lorenzi, CM) – Le mac (Pascal Bourdiaux) – Coursier (Hervé Renoh) – L’étranger (Franck Llopis) – 2011  En pays cannibale (Alexandre Villeret & Aymeric de Heurtaumont). Comme réalisateur : 2008  Faux frères (CM).

Télévision : (notamment) 1995  Commissaire Moulin : Cité interdite (Yves Rénier) – 1999  Les duettistes : une dose mortelle (Alain Tasma) – 2001  Navarro : Marchand d’hommes (Patrick Jamain) – 2002  Commissaire Moulin : Les moineaux (Klaus Biedermann) – 2003  Aventure et associés (Adventure Inc.) : The price of the Oracle (Dennis Berry) – Quai N°1 : 24h Gare du Nord (Patrick Jamain) – Commissaire Moulin : Commando quatre pattes (Gilles Béhat) – 2004  Commissaire Moulin : Les lois de Murphy (Yves Rénier) – 2005  Commissaire Moulin : Kidnapping (Yves Rénier) – Léa Parker : Combats clandestins – Joseph (Marc Angélo) – Commissaire Moulin : Sous pression (José Pinheiro) – 2006  S.O.S. 18 : Sur les chapeaux de roue (Bruno Garcia) – 2007  Greco : Contact (Philippe Setbon) – 2008  Avocats & associés : Guacamole (Bruno Garcia) – R.I.S. Police scientifique : Tirs croisés (Klaus Biedermann) – Pas de secrets entre nous (plusieurs épisodes) – 2009  Clara Brunetti : Piste noire (Didier Delaître).

Théâtre  : Footeur de merde, de Grégoire Audebert / Celui qui dit a fait, de Philippe Pillon 

Mise à jour du 14/03/2011