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Fragments d’un dictionnaire amoureux : Philippe Noiret

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Annonce de la mort à 76 ans de Philippe Noiret, des suites d’un cancer. . Je vous renvoie au beau livre écrit par Dominique Maillet : “Philippe Noiret”, (éditions Henri Veyrier, 1989), où l’acteur parlait avec lucidité de chacun de ses films, y compris les mineurs. C’était un comédien digne de figurer au panthéon des plus grands monstes sacrés du cinéma mondial, il apportait toujours, une crédibilité et un vécu, à n’importe quelle oeuvre par sa seule présence. Jacques Zimmer l’avait bien défini dans “La revue du cinéma” N° 426 : “…Rabelaisien ? Bonhomme ? Aux pieds de ce monstre sacré les clichés fleurissent si naturellement qu’il faut ruser et contourner la montagne pour apercevoir la face cachée de sa carcasse de seigneur. Ayant patiemment élaboré une image publique de hobereau paisible, il lui arrive de s’en amuser et, par éclairs d’entrouvrir le rideau…”. Ce grand comédien a découvert sa vocation grâce à un abbé, le père Bouyer, qui le considérant comme cancre, devine en lui une vocation d’acteur. Il fit venir Julien Green et Marcel Jouhandeau à l’un des spectacles qui avait joué avec ses camarades. Le jeune Philippe Noiret, fréquente pendant un an à l’EPIJD (Éducation par le jeu dramatique), cours animés à Paris, par Edmond Beauchamp, François Vibert et Roger Blin, où il rencontre Delphine Seyrig et Daniel Emiflork. Il entre ensuite au Centre d’art dramatique de l’Ouest d’Hubert Gignoux, où il rencontre Jean-Pierre Darras. Il eu une autre grande rencontre prépondérante avec Jean Vilar, il restera 7 ans au TNP. Il devait y jouer des pères nobles, et fut même, de part sa stature et sa célèbre voix de bronze, le père de Jean Vilar dans “Don Juan”, et celui de Maria Casarès dans “Le cid”. Il y rencontre sa future femme, la grande comédienne Monique Chaumette. En parallèle, il forme avec Jean-Pierre Darras,  un duo comique dans plusieurs cabarets, animant également avec lui quelques émissions TV de Denise Glaser, “Discorama”. Avec son compère, il se produit à l’Écluse, aux “Trois Baudets”, à la “Villa d’Este”, à l'”Échelle de Jacobs”, où il crée un personnage de “Roi-Soleil”désopilant” Il fait des débuts assez tardif à l’écran, en remplaçant Georges Wilson, malade pour “La pointe courte”, film assez radical, où assez maladroit, il partage la vedette avec Silvia Monfort. Il confessait avoir eu la nausée, pour s’être vu à l’écran. Il quitte en 1960 le TNP, et trouve finalement des rôles à la mesure de son talent au cinéma, bien que boudé par la “Nouvelle vague”. Il est formidable dans le rôle de l’oncle excentrique et travesti de Catherine Demongeot dans “Zazie dans le métro” pour Louis Malle (1960) ou le mari empoisonné par Emmanuelle Riva dans l’adaptation de Françoise Mauriac par Georges Franju dans “Thérèse Desqueyroux” (1962), rôle qu’il retrouvera dans une dramatique TV “La fin de la nuit” en 1966, un rôle austère auquel il confère une grande humanité. Il excelle très vite dans la comédie, avec “La vie de château”, petit bijou de la comédie signée Jean-Paul Rappeneau, en 1965. Il travaille aussi avec de grands maîtres, comme René Clair, George Cukor, et surtout Alfred Hitchcock avec “L’étau” (1969), il est formidable d’ambiguïté dans le rôle d’un agent double, distillant une angoisse, en ouvrant et fermant, simplement un tiroir. Yves Robert, lui offre également ses premiers meilleurs rôles, avec “Les copains” (1967), où il livre une scène d’anthologie avec un faux prêche dans une messe, “Alexandre le bienheureux”, en paysan fatigué qui découvre les vertus du farniente à la mort de sa femme tyrannique, et “Clérambard” (1969), d’après Marcel Aymé, en aristocrate, ruiné et violent, touché par la grâce. Il accède au vedettariat dans les années 70, se trouvant des affinités avec certains metteurs en scènes comme Pierre Granier-Deferre ou Philippe de Broca, tout en aidant les jeunes metteurs en scènes, comme Marco Pico  avec la comédie mélancolique “Le nuage entre les dents” (1973), où il est un pittoresque journaliste spécialisé en faits-divers et flanqué de Pierre Richard en photographe, ou Jacques Renard. Il joue un M Lepic tout en retenu dans “Poil de carotte” (1972), face à Monique Chaumette redoutable Mme Lepic, sous la direction d’Henri Graziani – Le couple retrouvera ce metteur en scène pour “Nous deux” (1991), en jouant des retraités faisant un retour aux sources en Corse -. Il soutient Bertrand Tavernier, pour son premier film également, avec lequel il trouvera ses meilleurs rôles. Pour ce dernier, il est le père meurtri de Sylvain Rougerie dans “L’horloger de Saint-Paul” (1973), d’après Georges Simenon, un Régent jouisseur dans “Que la fête commence” (1974), le juge déterminé dans “Le juge et l’assassin” (1975), l’unique policier d’une petite bourgade de l’Afrique occidentale, en proie avec ses démons dans “Coup de torchon” (1981) et un militaire borné dans “La vie et rien d’autre” (1988). C’est une belle composition qui durera 20 ans jusqu’à son interprétation de D’Artagnan fatigué dans “La fille de D’Artagnan” (1993) : “…Bertrand Tavernier a le goût du plaisir, il n’enfante pas dans la douleur du moins pendant le tournage. Si l’écriture a été difficile, il a au moins la courtoisie de ne pas en faire part. Je suis toujours irrité par ceux qui parlent des douleurs de leur création. Qu’ils souffrent en silence…” (1) Il est touchant en vieux garçon désabusé dans “La vieille fille” de Jean-Pierre Blanc (1971), aux côtés d’Annie Girardot, qu’il retrouvera dans des comédies de Philippe de Broca. Il est aussi à l’aise avec l’audace de Marco Ferreri avec “La grande bouffe” et “Touchez pas à la femme blanche”, “…On parle de la folie de Ferreri, mais elle est très contrôlée, il maîtrise tout parfaitement…” (1). Dans “La grande bouffe”, en petit juge d’instruction de province, retrouvant Michel Piccoli, Marcello Mastroianni et Ugo Tognazzi, pour une orgie gastronomique, il se révèle le personnage le plus touchant de ce film provocateur. Mais Jean-Pierre Mocky le convainc moins, avec l’un de ses premiers personnages totalement antipathique avec “Le témoin” – il avait refusé le rôle de Jean Yanne pour “Que la bête meure” pour Claude Chabrol en 1969 – : “… Par contre chez Mocky, c’est le désordre total, je ne m’y sens pas bien…”. (1). Il est vrai que même s’il ne reculait pas devant certaines audaces, il aimait à se qualifier comme “un saltimbanque qui aime le confort”. Il devait retrouver Claude Chabrol, pour l’un de ses meilleurs rôles dans “Masques” (1986), en présentateur TV cynique. Fort du succès de “La grande bouffe”, l’Italie l’adopte, à l’instar d’un Bernard Blier, en lui donnant de grands rôles, de son rôle de farceur iconoclaste dans “Mes chers amis” ((Mario Monicelli, 1975) – et sa suite boudée en france -, du magistrat chargé de reprendre l’instruction d’un magistrat abbatu par une organisation terroriste dans “Trois frères” (Francesco Rosi, 1980), de l’homosexuel vieillissant pour “Les lunettes d’or” (Giuliano Montaldo, 1987), du projectionniste bougon dans “Cinéma Paradiso” (Giuseppe Tornatore, 1988), au le truculent Pablo Neruda face au touchant Massimo Troisi – qui devait mourir le lendemain du dernier jour de tournage – dans “Le facteur” (Michael Radford, 1994). Il a marqué de son humanité beaucoup de succès populaires, comme dans “Le vieux fusil” (1975), pour lequel il obient son premier César, film pourtant assez contestable de par son côté revanchard – mais on se souvient de sa belle déclaration d’amour à Romy Schneider – et dans “Les ripoux” et ses deux suites, il est jubilatoire en policier corrompu. On lui doit une des carrières les plus riches du cinéma français. Il est idéal pour personnifer un émule de Romain Gary, en écrivain s’inventant une nouvelle identité, dans “Faux et usage de faux” (Laurent Heynemann, 1990), et il est à l’aise dans l’ambiguité en journaliste partageant la vie d’Ivan Desny dans “J’embrasse pas” (André Téchiné, 1991), et profitant de la précarité d’un jeune homme joué par Manuel Blanc. Le cinéma l’avait délaissé cette dernière décennie, il avait fait un retour aux sources en revenant au théâtre avec Bertrand Blier en 1997, pour les “Côtelettes”, qui connu une captation cinématographique. Mais il y était toujours remarquable, comme dans son rôle de père indigne dans “Père et fils” (2003), où assureur roublard dans le mésestimé “Edy” (2005). Pudique et modeste, il avait une conception bien à lui de son métier : “…Je suis vraiment agacé par les comédiens qui se vantent de prendre des risques. Il faut en prendre le moins possible ! Nous avons déjà une profession à risques comme les cascadeurs, essayons donc des les limiter. Mettons des genouillères pour ne pas nous abîmer. Le reste n’est que vantardise, nous ne jouons pas les héros, nous faisons simplement notre boulot…” (1). Nos pensées vont à sa fille Frédérique et à sa femme Monique Chaumette. A lire l’hommage d’Yvan Foucart, pour “Les gens du cinéma”.

(1) “La revue du cinéma” N°426 : Propos de Philippe Noiret à Danièle Para.

 

 

 

 

 

Philippe Noiret à Cannes pour la représentation de “Père et fils”

Filmographie : 1948  Gigi (Jacqueline Audry, figuration) – 1950  Olivia (Jacqueline Audry, figuration) -1951  Agence matrimoniale (Jean-Paul Le Chanois, figuration) – 1955  La pointe courte (Agnès Varda) – 1960  Zazie dans le métro (Louis Malle) –  Ravissante (Robert Lamoureux) – Le capitaine Fracasse (Pierre Gaspard-Huit) – 1961  Les amours célèbres [épisode : “Lauzun”] (Michel Boisrond) – Le rendez-vous (Jean Delannoy) – Tout l’or du monde (René Clair) – Comme un poisson dans l’eau (André Michel) – Le crime ne paie pas [ épisode : “L’affaire Hugues” (Gérard Oury) – 1962  Thérèse Desqueyroux (Georges Franju) – Ballade pour un voyou (Jean-Claude Bonnardot) – Le massaggiatrici  (Les faux-jetons) (Lucio Fulci) – Cyrano et d’Artagnan (Abel Gance) – Clémentine chérie (Pierre Chevalier) – 1963  La porteuse de pain (Maurice Cloche) – Mort, où est ta victoire ? (Hervé Bromberger) –  Les amoureux du France (François Reichenbach & Pierre Grimblat, voix du récitant) – 1964  Les copains (Yves Robert) – Monsieur (Jean-Paul Le Chanois) – Lady L (id) (Peter Ustinov) – 1965  La vie de château (Jean-Paul Rappeneau) – Qui êtes-vous Polly Maggoo ? (William Klein) -1966  Les sultans (Jean Delannoy) – Le voyage du père (Denys de la Patellière) – Tendre voyou (Jean Becker) – The night of the generals (La nuit des généraux) (Anatole Litvak) – Woman times seven (Sept fois femme) [épisode “Snow” (“La neige”] (Vittorio de Sica) – 1967  L’une et l’autre (René Allio) –  Alexandre le bienheureux (Yves Robert) – Adolphe ou l’âge tendre (Bernard Toublanc-Michel) – The immortal story (Une histoire immortelle) (Orson Welles, voix française d’Orson Welles) – 1968  Bruegel (Paul Haesaerts, documentaire, voix du récitant) – The assassination  bureau  (Assassinats  en  tous  genres) (Basil Dearden) – Mister Freedom (William Klein) – Justine (Id) (George Cukor & Joseph Strick) – Topaz (L’étau) (Alfred Hitchcock) – 1969  Clérambard (Yves Robert) – Les caprices de Marie (Philippe de Broca) – 1970  Le monde des animaux sauvages (Eugène Schumacher, documentaire, voix du récitant)1971  Time for loving (Christopher Miles) – Les aveux les plus doux (Édouard Molinaro) – Murphy’s war (La guerre de Murphy) (Peter Yates) – La vieille fille (Jean-Pierre Blanc) – La mandarine (Édouard Molinaro) – Siamo  tutti  in  libertà  provisoria (Manlio Scarpelli) – Le trèfle à cinq feuilles (Edmond Frees) – 1972  Jean Vilar, une belle vie (Jacques Rutman, documentaire) – L’attentat (Yves Boisset) – Poil de carotte (Henri Graziani) – Le serpent (Henri Verneuil) – 1973  La grande bouffe (Marco Ferreri) – Touche pas à la femme blanche (Marco Ferreri) – L’horloger de Saint-Paul (Bertrand Tavernier) – Un nuage entre les dents (Marco Pico) – Les gaspards (Pierre Tchernia) – 1974  Le secret (Robert Enrico) – Le jeu avec le feu (Alain Robbe-Grillet) – Que la fête commence (Bertrand Tavernier) – 1975  Amici miei (Mes chers amis) (Mario Monicelli) – Le vieux fusil (Robert Enrico) – Monsieur Albert (Jacques Renard) – Le juge et l’assassin (Bertrand Tavernier) – Il comune senso del pudore (Alberto Sordi) – 1976  Il deserto dei tartari (Le désert des tartares) (Valerio Zurlini) – Une femme à sa fenêtre (Pierre Granier-Deferre) – Un taxi mauve (Yves Boisset) – 1977  Coup de foudre (Robert Enrico, inachevé) – La barricade du Point du Jour (René Richon) – Tendre poulet (Philippe de Broca) – Who is  killing  the great chefs  of  Europe ? (La grande cuisine) (Ted Kotcheff) – 1978  Le témoin (Jean-Pierre Mocky) – Due pezzi di pane (Deux bonnes pâtes) (Sergio Citti) – 1979  Rue du Pied-de-Grue (Jean-Jacques Grand-Jouan) – On a volé la cuisse de Jupiter (Philippe de Broca) – 1980  Une semaine de vacances (Betrand Tavernier) – Pile ou face (Robert Enrico) – Tre fratelli (Trois frères) (Francesco Rosi) – 1981  Il faut tuer Birgitt Haas (Laurent Heynemann) – Coup de torchon (Bertrand Tavernier) – L’étoile du Nord (Pierre Granier-Deferre) – 1982  Amici miei atto secondo (Mes chers amis II) (Mario Monicelli) – L’Africain (Philippe de Broca) – 1983  L’ami de Vincent (Pierre Granier-Deferre) – Le grand carnaval (Alexandre Arcady) – Fort Saganne (Alain Corneau) – 1984  Les Ripoux (Claude Zidi) – Qualcosa di biondo (Aurora) (Maurizio Ponzi) – Souvenirs, souvenirs (Ariel Zeitoun) – L’été prochain (Nadine Trintignant) – Les rois du gag (Claude Zidi, cameo) – 1985  Le quatrième pouvoir (Serge Leroy) – Speciamo che sia femmina (Pourvu que ce soit une fille…) (Mario Monicelli) – Round Midnight (Autour de minuit) (Bertrand Tavernier) – 1986  Twist again à Moscou (Jean-Marie Poiré) – La Harka (Alain de Bock & José Jornet, CM) – La femme secrète (Sébastien Grall) – Masques (Claude Chabrol) – 1987  Glio occhiali d’oro (Les lunettes d’or) (Giuliano Montaldo) – Noyade interdite (Pierre Granier-Deferre) – Chouans ! (Philippe de Broca) – L’homme qui plantait des arbres (Frédéric Back, animation, voix du récitant) – 1988  Il giovane Toscanini (Toscanini) (Franco Zeffirelli) – Il frullo del passero (La femme de mes amours) (Gianfranco Mingozzi) – Nuovo cinema Paradiso (Cinéma Paradiso) (Giuseppe Tornatore) – The return of the musketeers (Le retour des mousquetaires) (Richard Lester) – La vie et rien d’autre (Betrand Tavernier) – 1989  Ripoux contre Ripoux (Claude Zidi) – Dimenticare Palermo (Oublier Palerme) (Francesco Rosi) – 1990  Faux et usage de faux (Laurent Heynemann) – Uranus (Claude Berri) – 1991  Rossini ! Rossini (Id) (Mario Monicelli) – Nous deux (Henri Graziani) – J’embrasse pas (André Téchiné) – Contre l’oubli [épisode : “Joaquim Elema Boringue, Guinée équatoriale”] (Jean Becker) – Arsène né terrien (Laurent-Pierre Paget, CM, voix du récitant) – La  domenica specialmente (Le  dimanche de  préférence) [épisode “Il cane blu” (“Le chien bleu”] (Giuseppe Tornatore) – Zuppa di pesce (Soupe de poisson) (Fiorella Infascelli) – 1992  Max et Jérémie (Claire Devers) – Tango (Patrice Leconte) – 1993 Grosse fatigue (Michel Blanc) – Le roi de Paris (Dominique Maillet) – La fille de d’Artagnan (Bertrand Tavernier) – 1994  Il postino (Le facteur) (Michael Radford & Massimo Troisi) – Veillées d’armes (Marcel Ophuls, documentaire) – Prílis hlucná samota (Une trop bruyante solitude) (Věra Cais) – Les Milles (Sébastien Grall) – 1995  Les grands ducs (Patrice Leconte) – Facciamo paradiso (Mario Monicelli) – Fantôme avec chauffeur (Gérard Oury) – 1996  Marianna Ucrìa (La vie silencieuse de Marianna Ucria) (Roberto Faenza) – Les palmes de Monsieur Schutz (Claude Pinoteau) – Dragonheart (Cœur de dragon) (Rob Cohen, voix française du dragon) – 1997 Soleil (Roger Hanin) – Le bossu (Philippe de Broca) – 1998  Le pique-nique de Lulu Kreutz (Didier Martiny) – 2000  Un honnête commerçant (Philippe Blasband) – 2001  Le chien, le général et les oiseaux (Francis Nielsen, animation, voix du récitant) – 2002 Les côtelettes (Bertrand Blier) – Père et fils (Michel Boujenah) – 2003 Ripoux 3 (Claude Zidi) – 2004  Edy (Stéphan Guérin-Tillié) – 2005  Marcello, una vita dolce (Marcello, une douce vie) ( Mario Canale & Annarosa Morri, documentaire) – 2006 Voie d’eau (Matthieu David Cournot, CM, voix du récitant) -Trois amis (Michel Boujenah).

Nota : il est parfois crédité à tort pour “Paris brûle-t’il ?” (René Clément), et “La mano spietata della legge” (“La fureur d’un flic”) (Mario Gariazzo, 1975, confusion avec Philippe Leroy ?).  “Laughter in the dark” (Laszlo Papas, 1986), avec Marina Vlady et Maximilien Schell, est une petite énigme, est-ce un film inédit, un inachevé, ou un simple projet ? En 1968, il est le récitant de la version sonorisée de “Häxan” (“La sorcellerie à travers les âges”) (Benjamin Christensen, 1922). Il a participé à 2 spectacles audiovisuels mis en scènes par Jean Chouquet, “Les grandes heures de France” (1973) et “Notre-Dame de Paris” (1977).

Télévision : notamment : 1955  Le réveillon (Marcel Bluwal) – 1959  Clarisse Fenigan (Jean Prat) – Macbeth (Claude Barma) – En votre âme et conscience : L’affaire Meyer (Jean Prat) – 1960  De fil en aiguille (Roger [Lazare] Iglésis) – Cyrano de Bergerac (Claude Barma) – 1961  Flore et Blancheflore (Jean Prat) – 1962  Enfin bref ! (Maurice Chateau) – Le mal court (Alain Boudet) – 1963  L’inspecteur Leclerc enquête : La chasse (Mick Roussel) – Blagapar : Les Grecs (Roger [Lazare] Iglésis) – 1964  Château en Suède (André Barsacq) – 1966  Anatole (Jean Valère) – La fin de la nuit (Albert Riéra) – 1970  Dim dam dom (Roger Ikhless) – 1996  Le veilleur de nuit (Philippe de Broca) – Balthus de l’autre côté du miroir (Damian Pettigrew, documentaire, voix du récitant) – 1999  Mi figlio ha 70 anni (Mon fils a 70 ans) (Giorgio Capitani).

 

Avec Anouk Aimée dans “Love letters”

 

 

 

 

Théâtre : 1951 Lorenzaccio, de Alfred de Musset, m.e.s. Jean Vilar – Le Cid, de Pierre Corneille, m.e.s. Jean Vilar – 1953  La tragédie du roi Richard II, de William Shakespeare, m.e.s. Jean Vilar – Don Juan, de Molière, m.e.s. Jean Vilar –  1954  Ruy Blas, de Victor Hugo, m.e.s. de Jean Vilar – Cinna, de Pierre Corneille, m.e.s. de Jean Vilar – Macbeth, de William Shakespeare, m.e.s. de Jean Vilar – 1955  La ville, de Paul Claudel, m.e.s. de Jean Vilar – Marie Tudor, de Victor Hugo, m.e.s. de Jean Vilar – Le triomphe de l’amour, de Marivaux, m.e.s. de Jean Vilar – 1956  Les femmes savantes, de Molière, m.e.s. de Jean Vilar – Ce fou de Platonov, d’Anton Tchekhov, m.e.s. de Jean Vilar – Le mariage de Figaro, d’Aldred de Musset, m.e.s. de Jean Vilar – 1957  Le malade imaginaire, d’Aldred de Musset, m.e.s. de Jean Vilar – Le faiseur, d’Honoré de Balzac, m.e.s. de Jean Vilar – 1958  L’école des femmes, de Molière, m.e.s. de Jean Vilar – Les caprices de Marianne, d’Alfred de Musset, m.e.s. de Jean Vilar – Œdipe, d’André Gide, m.e.s. de Jean Vilar – Lorenzaccio, d’Alfred de Musset, m.e.s. de Jean Vilar – Marie Tudor, de Victor Hugo, m.e.s. de Jean Vilar – 1959 Le songe d’une nuit d’été, de William Shakespeare, m.e.s. de Jean Vilar (Broadway Theater New-York City) – La fête du cordonnier, de Michel Vinaver, m.e.s. de Georges Wilson – 1997/99  Les côtelettes, de Bertrand Blier, m.e.s. de Bernard Murat – 2000/01  L’homme du hazard, de Yasmina Reza, m.e.s. de Frédéric Belier-Garcia – 2002 Les contemplations (et autres textes de Victor Hugo), m.e.s. de Frédéric Belier-Garcia – 2005 Love letters, de A.R. Gurney, m.e.s. de Sandrine Dumas.

©   Le coin du cinéphage (reproduction strictement interdite, textes déposés)

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Jack Palance

Annonce de la mort d’une légende : Jack Palance à l’âge de 87 ans, hier dans sa maison en Californie. D’origine ukrainienne, Vladimir Palahnuik, est né à Latimer dans une petite cité minière, en 1919. C’est tout naturellement qu’il devient mineur, avant de devenir boxeur en amateur, catégorie poids lours, on imagine que mesurant 1,93 m, il devait être très impressionnant. Son nez connaîtra quelques fractures. Il s’engage dans l’armée de l’air quand l’armée américaine entre dans la seconde guerre mondiale. Démobilisé en 1944, et le visage gravement blessé lors d’un raid aérien, il s’inscrit aux cours d’art dramatique de l’université Stanford de Palo Alto. C’est le comédien Robert Montgomery qui le fait débuter dans “The big two”. L’éloge du comédien n’est plus à faire du gangster malade dans “Panique dans la rue” (Elia Kazan, 1950), un acteur projetant d’assassiner Joan Crawford dans “Le masque arraché” (David Miller, 1952), le tueur aux gants noirs dans “L’homme des vallées perdues” (George Stevens, 1953) – rôle caricaturé par Morris dans sa BD “Lucky Luke” – , l’acteur qui se remet en question dans “Le grand couteau” (Robert Aldrich, 1955),  Le producteur colérique dans “Le mépris” (Jean-Luc Godard, 1963), Un bandit mexicain au cœur tendre, amoureux de Claudia Cardinale, dans “Les professionnels” (Richard Brooks, 1966). Jean-Pierre Coursodon et Bertrand Tavernier parlait de lui comme acteur de premier plan dans “30 ans de cinéma américain” (Éditions C.I.B., 1970). Selon eux : “…Ses meilleurs rôles jouent sur le contraste entre sa force, sa présence physique, qui peut donner aux affrontements une violence, une brutalité rarement atteintes, et l’impuissance dans laquelle le placent des situations ironiques…”. Son physique en “lame de couteau”, l’avait bien évidemment aussi prédisposé à jouer quelques monstres, d’Attila, dans “Le signe du Païen” (Douglas Sirk), Jack L’éventreur dans “Le tueur de Londres” (Hugo Fregonese, 1954), ou Dr. Jekyll et Mister Hyde, sans oublier Dracula, pour la télévision. Après quelques années où on ne le retrouve qu’à la télévision et dans quelques séries Z, il revient en force dans son rôle d’ancien décorateur d’Hollywood qui se réfugie dans le désert pour peindre, avec “Bagdad café” (1987). Il connaît la consécration avec son rôle de cow-boy de légende, avec beaucoup d’ironie dans “La vie, l’amour…, les vaches” (Ron Underwood, 1991), pour lequel il obtient l’oscar de meilleur second rôle – il retrouvera son personnage mort dans la précédente version dans “L’or de Curly” (Paul Weiland, 1994). Un des derniers grands d’Hollywood avec Richard Widmark et Kirk Douglas. Le premier souvenir qui m’est venu à l’esprit, sont ces célèbres “pompes” montrant la santé de cet acteur à la remise de son oscar. Désormais, il ne semble plus y avoir d’acteurs de cette trempe, dans le style “Bigger than life”.

Bibliographie :  Stars N°36/37 (Éditions Grand Angle, 2000).

Filmographie : 1950  Panic in the streets (Panique dans la rue) (Elia Kazan) – Halls of Montezuma (Okinawa) (Lewis Milestone) – 1952  Sudden fear (Le masque arraché) (David Miller) – 1953  Shane (L’homme des vallées perdues) (George Stevens) – Second chance (Passion sous les tropiques) (Rudolph Maté) – Flight to Tangier (Vol sur Tanger) (Charles Marquis Warren) – Arrowhead (Le sorcier du Rio Grande) (Charles Marquis Warren) – 1954  Man in the attic (Le tueur de Londres) (Hugo Fregonese) – Sign of the Pagan (Le signe du païen) (Douglas Sirk) – The silver chalice (Le calice d’argent) (Victor Saville) – 1955  Kiss of fire (El Tigre) (Joseph M. Newman) – The big kife (Le grand couteau) (Robert Aldrich) – I died a thousand times (Le peur au ventre) (Stuart Heisler) – 1957  Attack ! (Attaque !) (Robert Aldrich) – 1957  The lonely man (Jicop le proscrit) (Henry Levin) – House of numbers (La cage aux homes) (Russell Rouse) – Flor de Mayo (Roberto Gavaldón) – 1958  The man inside (Signes particuliers : Néant) (John Gilling) – Ten seconds to hell (Tout près de Satan) (Robert Aldrich) – 1959  Austerlitz (Abel Gance) – 1961  I Mongoli (Les Mongols) (André De Toth) – The Barbarians (Rewak, le rebelle) (Rudolph Maté) – La Guerra continua (La dernière attaque) (Leopoldo Savona) – Il giudizio universale (Le jugement dernier) (Vittorio de Sica) – 1962  Barabba (Barabbas) (Richard Fleischer) – Rosmunda e Alboino (Le glaive du conquérant) (Carlo Campogalliani) – 1963  Il criminale (Marcello Baldi) – Le mépris (Jean-Luc Godard) – Paparazzi (Jacques Rozier, CM) – Témoignages sur Bardot et Godard : Le parti des choses (Jacques Rozier, documentaire, CM) – 1964  Begegnung mit Fritz Lang (Peter Fleishmann, documentaire, CM) – 1965  Once a thief (Les tueurs de San Francisco) (Ralph Nelson) – 1966  The professionals (Les professionnels) (Richard Brooks) – 1967  The spy in the green hat (L’espion au chapeau vert) (Joseph Sargent & Henry W. George) – Kill a dragon (Trafic dans la terreur) (Michael Moore) – Torture garden (Le jardin des tortures) (Freddie Francis) –  1968  Che ! (Che) (Richard Fleischer) – Las Vegas 500 milliones (Les hommes de Las Vegas) (Antonio Isasi-Isasmendi) – Marquis de Sade : Justine / Justine / Justine : le disavventure della virtù (Les infortunes de la vertu) (Jésus Franco) – 1969  La legione dei dannati (La légion des damnés) (Umberto Lenzi) – L’urlo dei giganti (Pas de pitié pour les héros) (Henry Mankiewickz [=León Klimovsky] ) – The desperados (La haine des desperados) (Henry Levin) – Il mercenario (Le mercenario) (Sergio Corbucci) – 1970  Monte Walsh (William A. Fraker) – The horsemen (Les cavaliers) (John Frankenheimer) –  ¡ Vamos  a matar, compañeros ! (Companeros) (Sergio Corbucci) – The McMasters (Le clan des McMasters) (Alf Kjellin) – 1971  Chato’s land (Les collines de la terreur) (Michael Winner) – 1972  Te Deum (Enzo G. Castellari) – And so ends (Robert Young, voix du récitant) – Si  può  fare… amigo  (Amigo !… mon  colt  à  deux  mots  à te dire) (Maurizio Lucidi) – Blu Gang / Blu gang e vissero per sempre felici e ammazzati (Luigi Bazzoni) – 1973  Imagine (John Lennon & Yoko Ono) – Okahoma crude (L’or noir de l’Oklaoma) (Stanley Kramer) – Craze (Vidéo : Mystic Killer) (Freddie Francis) – Dracula (Dracula et ses femmes vampires) (Dan Curtis, TV, distribué en salles en Europe) – 1974  Il richiamo del lupo (Gianfranco Baldanello) – The four deuces (William K. Bushnell) – 1975  Africa Express (Michele Lupo) – L’infermiera (Défense de toucher) (Nello Rossatti) – Squadra antiscippo (Flics en jeans) (Bruno Corbucci) – 1976  Diamante Lobo / God’s gun (Les impitoyables) (Frank Kramer [=Gianfranco Parolini] ) – Safari express (Les sorciers de l’île aux singes) (Duccio Tessari) – Sangue di sbirro (Pour un dollar d’argent) (Alfredo Brescia) – Eva nera (Voluptueuse Laura) (Joe d’Amato) – I padroni della città (Mister Scarface) (Fernando Di Leo) – 1977 Welcome to blood city (Peter Sasdy)– Take off (Hardy Krüger) – Jim Buck / Portrait of a hitman (Allan A. Buckhantz) – 1978  Seven from heaven (Sept filles en or) ((Greydon Clark) – One man jury, dead on arrival (Flic, juge et bourreau) (Charles Martin) – 1979  Unknown powers (Don Como, documentaire) – The shape of things to come (George McCowan) – Cocaine Cowboys (Ulli Lommel) – 1980  Hawk the slayer (Terry Marcel) – Without warning (Terreur extra terrestre) (Greydon Clark) – 1982  Alone in the dark (Jack Sholder) – 1984  George Stevens : A filmaker’s journey (George Stevens Jr., documentaire) – 1987  Gor (Fritz Kiersh) – Out of Rosenheim (Badgad Café) (Percy Adlon) – Outlaw of Gor (John Bud Cardos) – 1988  Young guns (Id) (Christopher Cain) – 1989  Batman (Id) (Tim Burton) – Tango & Cash (Id) (Andrei Konchalovsky & Albert Magnoli) – 1990  Solar crisis / Kuraishisu niju-goju nen (Richard C. Sarrafian) – 1991  Legend of the West (John Bud Cardos, documentaire) – City slickers (La vie, l’amour… les vaches) (Ron Underwood) – 1992  Eli’s lesson (Peter D. Marshall, MM) – 1993  Cyborg 2 : Glass shadow (Cyborg 2) (Michael Schroeder) – 1994  Cops and Robbersons (Les nouveaux associés) (Michael Ritchie) – City slickers II : The legend of Curly’s gold (L’or de Curly) (Paul Weilland) – The swan princess (Le cygne et la princesse) (Richard Rich, animation, voix) – 1996  War games (Ken Pisani, documentaire, voix du récitant) – 1997  The incredible adventures of Marco Polo (George Erschbamer) – 1998  Treasure Island (L’île au trésor) (Peter Rowe).

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Tina Aumont

 

Annonce de la mort de la comédienne Tina Aumont, à l’âge de 60 ans, samedi dernier d’une embolie pulmonaire. Elle était la fille de Jean-Pierre Aumont et de Maria Montez. Son père l’éleva avec Marisa Pavan, après la tragique mort accidentelle de sa mère dans une baignoire, Elle débute au cinéma sous le nom de Tina Marquand après avoir épousé le comédien Christian Marquand en 1963. Le cinéma italien des années 60, se l’arrache, elle tournera une singulière adaptation de “Carmen” de Prosper Mérimée, transformé en western : “L’homme, l’orgueil, la vengeance”, avec Franco Nero et Klaus Kinski. “La saison cinématographique” de 1975, n’est d’ailleurs pas très tendre avec elle sur ce film : “…La Carmen interprétée par Tina Aumont est par contre décevante : l’actrice a l’âge de son rôle, mais elle manque de personnalité et on sent moins dans son jeu la passion fantasque de la gitane que les caprices d’une enfant gâtée”… Mais elle devient l’une des icônes des années 60-70,  avant de trouver un rôle important chez Bernardo Bertolucci dans “Partner” en 1968, avec Pierre Clémenti, sur de la schizophrénie à l’adolescence. Mais malgré des cinéastes prestigieux comme Federico Fellini, Roberto Rosselini – elle joue la femme adultère dans “Le Messie”, ou Francesco Rosi, c’est surtout le cinéma bis qui la sollicite. Elle aura une traversée du désert, sa carrière étant brisée pour possession de drogue à la fin des années 70. Elle rentre en France, et a du mal à retrouver le vedettariat. Elle tourne avec Philippe Garrel, avant de retrouver de petits rôles, souvent d’ailleurs dans des rôles de prostituées. Les cinéphiles auront le souvenir d’une grande tristesse dans son beau regard.

Filmographie, établie avec Christophe Bier : 1965  Modesty Blaise (Id) (Joseph Losey) – La curée (Roger Vadim) – 1966  Texas across the river (Texas, nous voilà) (Michael Gordon) – 1967  Troppo per vivere… poco per morire (Qui êtes-vous inspecteur Chandler ?) (Michele Lupo) – L’ uomo, l’ orgoglio, la vendetta (L’homme, l’orgueil et la vengeance) (Luigi Bazzoni) – Scusi, lei è favorevole o contrario ? (Alberto Sordi) – 1968  Satyricon (Gian Luigi Polidoro) – Partner (Id) (Bernardo Bertolucci) – L’alibi (Vittorio Gassman, Adolfo Celi & Luciano Luciganini) – L’urlo (Tinto Brass) – 1969  Le lit de la vierge (Philippe Garrel) – Come ti chiami, amore moi (Umberto Silva) – Infanzia, vocazione e prime esperienze di Giacomo Casanova Veneziano (Casanova, un adolescent à Venise) (Luigi Comencini) – Trapianto, consuzione e morte di Franco Brocani (Mario Schifano, film underground) – 1970  Metello (Id) (Mauro Bolognini) – Necropolis (Franco Brocani) – Corbari (Le dernier guet-apens) (Valentino Orsini) – 1971  Il sergente Klems (Sergent Klems) (Sergio Grieco) – Bianco, rosso e… (Une bonne planque) (Alberto Lattuada) – 1972  Racconti proibiti… di niente vestiti (Brunello Rondi) – Arcana (Giulio Questi) – Malizia (Malicia) (Salvatore Sampieri) – Blu Gang / Blu gang e vissero per sempre felici e ammazzati (Luigi Bazzoni) – 1973  I corpi presentano tracce di violenza carnale (Sergio Martino) – Storia de fratelli e de cortelli (Mario Amendola) – 1974  Lifespan (Le secret de la vie) (Sandy Whitelaw) – Les hautes solitudes (Philippe Garrel) – Fatti di gente per bene (La grande bourgeoise) (Mauro Bolognini) – Il trafficone (Bruno Corbucci) – Divina creatura (Divine créature) (Giuseppe Patroni Griffi) – 1975  Il Messia (Le Messie) (Roberto Rosselini) – Salon Kitty (Id) (Tinto Brass) – Il Casanova di Fellini (Casanova) (Federico Fellini) –  1976  Cadaverri eccelenti (Cadavres exquis) (Francesco Rosi) – Giovannino (Paolo Nuzzi) –  La Principessa nuda (La Princesse nue / Parties déchaînées) (Cesare Canevari) – A matter of time (Nina) (Vincente Minelli) – 1977  Un cuor semplice (Giorgio Ferrara) – Le rouge de Chine (Jacques Richard) – 1978  Una splendide giornata per morire / Titre reprise 1980 : Holocaust parte seconda : I ricordi, i deliri, la vendetta (Subliminal) (Angelo Pannaccio) – Fratello crudelle (Mario de Rosa, inédit) – 1979  La bande du Rex (108-13 [Jean-Henri Meunier]) – 1982  Rebelote (Jacques Richard) – 1985  Cinématon N° 509 (Gérard Courant, CM) – 1986  Les frères Pétard (Hervé Palud) – 1991  Sale comme un ange (Catherine Breillat, rôle coupé au montage) – 1993  Dinosaur from de deep (N.G. Mount [Norbert Moutier] , vidéo) – 1995  Nico Icon (Id) (Susanne Ofteringer, documentaire) – Les deux orphelines vampires (Jean Rollin) – 1997  Le marquis de Slime (Quelou Parente, CM) – Cantique de la racaille (Vincent Ravalec) – 1999  Giulia (Roy Stuart) – La mécanique des femmes (Jérôme de Missolz).

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Fragments d’un dictionnaire amoureux : Daniel Emilfork

Daniel Emilfork dans son dernier film : “Faut que ça danse” 

Annonce de la mort de Daniel Emilfork, le cinéma ne lui aura pas donné de rôles à la mesure de son talent. Le cinéma français, notamment, était sans doute trop réducteur pour apprécier les subtilités de son jeu, et son phrasé si spécial. Il était pourtant un inoubliable “Le Kanak” dans “Chéri-Bibi”, face à Hervé Sand, qui lui confèrera en 1975 une grande notoriété. Un grand monsieur avec un fort sens de l’autodérision quand il parlait de son visage de gargouille. J’avais eu la chance de le voir jouer en 2000 sa pièce “Pueblo Horno”, un monologue sobre mais poignant, où il évoquait avec beaucoup de sensibilité son enfance au Chili. Il était né d’une famille russe et de culture juive. Il citait sa maîtresse parlant de lui comme “Ni noir, ni blanc, mais gris, juif”. Une enfance difficile, son frère devint proche du régime de Pinochet, il souffrait de sa bisexualité et il avait perdu un talon dans une voie ferrée de son village suite à une tentative de suicide à 17 ans. Il commence à s’intéresser au théâtre avec Alejandro Jodorowski. Il s’exile en 1949, dans le plus complet dénuement. Il fint par suivre les cours de Tania Balachova, suite à une rencontre décisive avec l’EPJD, prônant l’enseignement par le jeu dramatique. Il y rencontre “une autre grenouille” (1) –  un bibelot représentant une grenouille joueuse de golf était son totem, dans son modeste appartement -, en la personne de la comédienne Denise Péron. Elle devient sa femme et lui donnera une fille Stéphanie Loïk, également comédienne. Les premiers engagements arrivent, avec les petits rôles à la télévision du temps des “Buttes Chaumont”, ou au cinéma comme dans “Frou-Frou” en 1954, où on le reconnaît en invité d’un bal masqué. Les débuts sont difficiles, il aimait à raconter son permier rôle, le grand méchant loup dans une adaptation du “Petit Chaperon rouge” : “Un jour, il ôte son masque en pleine représentation et des centaines d’enfants se mettent à hurler, il en rit encore”. (1) Il tente de trouver ses marques, il est très vite engagé : “Marc Allégret m’avait vu au théâtre et me proposa le rôle d’un professeur de violon un peu hystérique dans “Future vedettes” (…) J’avais une seule scène, avec Bedos, et en arrivant au studio, j’avais préparé ma propre mise en scène. Alors , je dis : “Voilà comment je vois la chose…” On m’a tout de suite arrêté. Tout le monde rigolait. Je ne comprenais pas pourquoi ! Je ne connaissais rien à la hiérarchie qu’il y avait alors au cinéma… Et ça m’a fait beaucoup souffrir. Vous savez, quand j’ai démarré, on vous serrait la main par rapport au petit fric qu’on gagnait. C’était horrible”. (2) Mais il tire toujours son épingle du jeu, même en barman volubile face à Marina Vlady dans “Sophie et le crime”, où il est doublé… par Jacques Jouanneau ! C’est le théâtre qui lui apporta le plus de satisfactions, notamment avec Patrice Chéreau qui le dirige dans le rôle titre de “Richard II”, il lui demande ensuite d’être son coach pour “Troller”, avant de le placer à la tête de l’école des Amandiers. Il n’avait pas voulu se laisser enfermer dans des rôles souvent improbables de vampires – il semble se caricaturer dans sa composition “draculesque” dans “Au service du diable”, selon un rédacteur du livre-somme “Cinéma Belge” (1999) – ou de truands inquiétants.  Il craque un jour devant Alain Robbe-Grillet qui l’employa à deux reprises dans “Trans Europe Express”, et dans l’onirique “Belle captive” : “Contrairement à ce que vous croyez, je ne peux pas avoir une gueule de gangster : quand vos ancêtres grimpaient aux arbres, les miens lisaient le Talmud” (1). Il est vrai que le cinéma n’a pas eu beaucoup d’imagination à son sujet. C’était un personnage au phrasé très spécial, assez curieux avec un comportement de diva, selon Jean-Pierre Jeunet, prêt à faire des procès à tout le monde au moindre prétexte, mais aussi très touchant car blessé par la vie, comme il le confiait dans le commentaire du DVD du film “La cité des enfants perdus”. Son rôle de Krantz, savant fou et voleur de rêves d’enfant, sera l’un de ses meilleurs rôles, il refusera cependant le rôle tenu par Serge Merlin dans “Amélie Poulain”. Mais il est aussi bien à l’aise dans la farce, comme dans son inoubliable composition de “libellule”, prenant une incroyable posture d’insecte dans le “Casanova de Fellini” ou son rôle d’Egyptien servile dans “Deux heures moins le quart avant Jésus-Christ”. Il aura pourtant avec Jacques Baratier une collaboration fructueuse, du joueur de luth dans “Goha le simple” (1956), en passant par “La poupée” d’après Jacques Audiberti et “L’or du duc” (1965). Son côté inquiétant est souvent utilisé, de l’espion joueur d’ocarina dans l’internationale distribution des “Espions” de Clouzot, à l’étrange propriétaire d’un hôtel meublé “Meurtres à domicile”. Mais à un sentiment de menace, il pouvait conférer une drôlerie incroyable, que l’on songe à son rôle de tueur dans “Ballade pour voyou”. Il y joue un convoyeur, répondant au doux nom de “Molok” chargé de récupérer une valise noire auprès du personnage joué par Laurent Terzieff. Il ne cesse en l’escortant de lui dire “Comment va votre sœur ?”, alors que Terzieff lui répond, complètement interloqué qu’il est fils unique. Molok en fait ne parle pas français, et ne fait que répéter la seule phrase qu’il connaît en français pour l’avoir entendu dans une méthode assimil ! C’est l’occasion d’un formidable moment de cocasserie. Il était prompt à participer à des films expérimentaux, ou onirique comme dans “Taxandria” de Raoul Servais. Il pousse même le radicalisme jusqu’à ne prêter que son corps et sa gestuelle pour personnifier la Mort dans “Le passage”, comme me confiait René Manzor, rencontré lors d’une avant-première. Il était ravi que l’on n’utilise pas, pour une fois, son singulier visage. Il reste exigeant dans ses choix de rôles et tient à suivre son parcours sans compromission, il fut d’ailleurs renvoyé du tournage de “Voir Venise et crever “. : “À tel point qu’un jour, pendant un tournage à Venise, j’ai savonné une réplique. Le metteur en scène (qu’il ne citera pas, par élégance… ou par mépris !), offusqué vint me dire : “Emilfork, vous, un professionnel ! ?” La moutarde me monte au nez et je lui ai répondu : “Écoutez, je crois que j’ai dit cette même phrase vingt fois – Que voulez-vous dire ? – Que ce script est une merde. Et vous et moi, on le fait pour le fric. Et on a tort.” (2) C’était l’un de mes acteurs préférés, et je m’aperçois qu’il est difficile de lui rendre véritablement justice. C’est finalement sa fille qui en a le mieux parlé : “Il a été incroyablement sous-employé. Les gens ont peur de lui alors que c’est un grand professionnel. Je pense que ce n’est pas en France qu’il aurait dû aller”. (1). Selon ce même article, il disait avoir achevé un roman autobiographique “Le Batracien”, qu’il ne souhaitait publier qu’après sa mort. On le retrouve une dernière fois, éblouissant en médecin militaire dans “Faut que ça danse” de Noémie Lvovsky, en voisin du personnage de Salomon, superbement campé par Jean-Pierre Marielle. Il faut le voir lui donner son diagnostic en créant une véritable panique, lui parler de l’incongruité d’avoir une vie sexuelle à son patient âgé, un grand moment délirant et jubilatoire. François Jonquet lui a consacré un formidable livre “Daniel” (Sabine Wespieser éditeur, 2008). C’est une belle évocation d’une étonnante rencontre. À lire le compte rendu de Pierre Assouline sur son Blog. Vous pouvez consulter un portrait original à son sujet : Portrait d’un prince hors-norme. En 2007, Christophe Bier a réalisé un excellent documentaire à son sujet “Gargouille de charme – Daniel Emilfork, contre les apparences”, avec les témoignages de sa fille Stéphanie Loïk, et de Jacques Baratier, Jean-Claude Dreyfus, Michael Lonsdale, Daniel Mesguich, Michel Meurger, Pierre Philippe, Jean-Louis Roy, diffusé sur CinéCinémaClassik le 30 octobre 2010.

(1) Libération du 17/02/1998. (2) Studio N°108 – Mars 1996, “Le K Emilfork…” par Thierry Valletoux.

Daniel Emilfork © François-Marie Banier

CV, établi avec Christophe Bier

Filmographie : 1954  Frou-Frou (Augusto Genina) – Futures vedettes (Marc Allégret) – 1955  Sophie et le crime (Pierre Gaspard-Huit) – 1956  Notre-dame de Paris (Jean Delannoy) – Saint on jamais ? (Roger Vadim) – 1957  Une Parisienne (Michel Boisrond) – Goha (Jacques Baratier) – Les espions (Henri-Georges Clouzot) – Maigret tend un piège (Jean Delannoy) – Sans famille (André Michel) – Le temps des œufs durs (Norbert Carbonnaux) – 1958  Le joueur (Claude Autant-Lara) – Les motards (Jean Laviron) – 1959  Du rififi chez les femmes (Alex Joffé ) – Pantalaskas (Paul Paviot) –1960  Le bal des espions (Michel Clément) – 1961 Le triomphe de Michel Strogoff (Victor Tourjansky) – Seul… à corps perdu (Jean Maley) – La poupée (Jacques Baratier) – Le rendez-vous de minuit (Roger Leenhardt) – 1962  Les bricoleurs (Jean Girault) – Ballade pour un voyou (Claude-Jean Bonnardot) – 1963  L’assassin viendra ce soir (Jean Maley) – OSS 117 se déchaîne (André Hunebelle) –  Château en Suède (Roger Vadim) – Des frissons partout (Raoul André ) – Voir Venise et crever (André Versini) –  1964  – Le commissaire mène l’enquête [épisode “Fermez votre porte”] (Fabien Collin & Jacques Delile) – What’s new Pussycat ? (Quoi de neuf Pussycat ?) – Lady L (Id) (Peter Ustinov) – 1965  L’or du duc (Jacques Baratier) – Dis-moi qui tuer (Étienne Périer) – The liquidator (Le liquidateur) (Jack Cardiff) – 1966  Trans-Europ-Express (Alain Robbe-Grillet) – Lotosblüten für Miss Quon (Coup de Gong à Hong Kong) (Jürgen Roland) – 1967  L’inconnu de Shandigor (Jean-Louis Roy) – 1969  Midi-Minuit (Pierre Philippe)1971 Kill (Id)Au service du diable / Le château du vice / La nuit des pétrifiés (Jean Brismée) – 1972 Travels with my aunt (Voyages avec ma tante) (Georges Cukor) –  1975  Il Casanova di Fellini (Le Casanova de Fellini) (Federico Fellini) – 1977  Who is killing the great chefs of Europe ? (La grande cuisine, ou l’art et la manière d’assaisonner les chefs) (Ted Kotcheff) – 1978  The thief of Bagdad (Le voleur de Bagdad) (Clive Donner) (Téléfilm diffusé en salles en Europe) – Subversion (Stanislav Stanojevic, inédit) – 1979  L’extraordinaire ascension de Maurice Bellange (Bruno Decharme, CM) – 1982  Meutres à domicile (Marc Lobert) – Deux heures moins le quart avant Jésus-Christ (Jean Yanne) – La belle captive (Alain Robbe-Grillet) – 1985  Pirates (Id) (Roman Polanski) – 1986  Le passage (René Manzor, silhouette de la mort seulement) – 1987  Niezwykla podróz Baltazara Kobera (Les tribulations de Balthazar Kober) (Wojciech J Has)  – 1990  Artcore oder Der Neger (Heinz Peter Schwerfel, film expérimental) – 1993  De Vliegende Hollander (Le Hollandais volant) (Jos Stelling) – L’écriture de Dieu / Die Inschrift des Gottes (Heinz-Peter Schewerfel, CM) – 1994  Lou n’a pas dit non (Anne-Marie Miéville, voix seulement) –  Taxandria (Raoul Servais) – 1996  La cité des enfants perdus (Marc Caro & Jean-Pierre Jeunet) – 1997  Babel (Gérard Pullicino, voix seulement) – 1998  Les frères Sœur (Frédéric Jardin) – 2001  Pat (Harold Vasselin, CM) – 2006  L’homme de la lune ((Serge Elissalde, film d’animation, CM, voix) – Faut que ça danse (Noémie Lvovsky).

Daniel Emilfork dans “Chéri-Bibi”

Télévision : 1955  Crime et châtiment (Stellio Lorenzi) – 1956  La chemise (René Lucot) – Le revizor (Marcel Bluwal) – Cece (Bernard Hecht) – 1959  Cristobal de Lugo (Jean-Paul Carrère) – 1960  Le fils du cirque (Bernard Hecht) – Un beau dimanche de septembre (Marcel Cravenne) – 1961  Youm et les longues moustaches (Yves-André Hubert) – Le massacre des innocents (Roland Bernard) – Le musée hanté – 1962  Magic Story – L’inspecteur Leclerc enquête : Feu monsieur Serley (Jean Lavrion) – L’esprit et la lettre : Candide ou l’optimisme (Pierre Cardinal) – 1963  Babaji et le roi Pataf (Anne-Marie Ullmann) – La caméra explore le temps : La conspiration du général Malet (Jean-Pierre Marchand) – 1964  Le héros et le soldat (Marcel Cravenne) – 1965  L’école de la médisance (François Gir) – La part du pauvre (Éric Le Hung) – 1967  Mars : mission accomplie (Edmond Tyborowski) – Signé Alouette (Jean Vernier) – 1968  Les bas-fonds (Jean-Paul Carrère) – La prunelle (Emond Tyborowski)- Graf Yoster gibt sich die Ehre (Le comte Yorster a bien l’honneur : Johann and co) (HW Schwarz) – 1970  Reportages sur un squelette ou Masques et bergamasques (Michel Mitrani) – Le dernier adieu d’Armstrong (Gilbert Pineau) – Allô police : La pantoufle de jade (Daniel Leconte) – Jumbo ein elefantenleben / Jumbo jet (Michael Phflegar) – Rendez-vous à Badenberg (Jean-Michel Meurice) – 1971  Romulus le grand (Marcel Cravenne) – 1972  La cantonade (Pierre Philippe) – 1973  Le canari (Peter Kassovitz, voix du récitant) – 1974  Chéri-Bibi (Jean Pignol) – Le comte Yoster a bien l’honneur : Un petit détail – 1977  Double détente (Claude-Jean Bonnardot) – Zwei himmlische Töchter : Ein Sarg nach Leech (Michael Phflegar) – 1980  Porporino (André Flédérik, captation) – 1981  Caméra une première : Square X (Jean Kerchbron) – 1986  Riviera (Alan Smithee [John Frankenheimer]) – 1987  Trakal (épisode N ° 4) (Gilles Bastianelli) – La poupée – Les mystères de l’agence K (Gérald Frydman) – La dernière fuite (Yves Turquier & François Verret, CM, + conception, [ captation spectacle dansé ]) – 1988  La fée Carabine (Yves Boisset) – M’as-tu vu : Le trésor des Cardeillac (Éric Le Hung) – Sueurs froides : Mort en copropriété (Arnaud de Sélignac) – 1990  Un film sur Georges Pérec [deux parties :  “Te souviens-tu de Gaspard Wincker ?” & “Vous souvenez-vous de Gaspard Wincker ?” (Catherine Binet, récitant présent à l’image) – 1991  The first circle (Le premier cercle) (Sheldon Larry) – 2001  Les archives de Jean-Pierre Jeunet (vidéo) – 2005  Les rois maudits (Josée Dayan).

 

Daniel Emilfork dans “Les amants puérils” (source, le documentaire “Gargouille de charme”)

Théâtre : 195?  Le petit chaperon rouge – Les méfaits du tabac, d’Anton Tcheckhov – L’autoclète, d’Alfred Jarry. Mise en scène de Pierre Alec Quains. Théâtre de la Huchette. 1951 La Tour de Nesle, d’après Alexandre Dumas fils. Mise en scène Pierre-Alec Quains – 1952 Doña Rosita de Federico Garcia Lorca. Mise en scène Claude Régy. Théâtre des Noctambules. – 1954 La matinée d’un homme de lettres. Théâtre de la Huchette- La peur de Georges Soria. Mise en scène Tania Balachova. Théâtre Monceau – Les Trois Sœurs de Tchekhov. Mise en scène Sacha Pitoëff. Théâtre de L’Oeuvre. – 1955  Homme pour homme. Théâtre de l’Oeuvre. – Les poissons d’or, de René Aubert. Mise en scène d’André Villiers. Théâtre en Rond. -1956 Les amants puérils de Crommelynck. Mise en scène Tania Balachova. Théâtre des Noctambules. – 1958 Ubu-Roi d’Alfred Jarry, au TNP – 1961 Dommage qu’elle soit une putain de John Ford. Mise en scène Lucchino Visconti.- Miracle en Alabama, de William Gibson. Mise en scène de François Maistre. Théâtre Hébertot. – 1965  L’autre royaume, de Marc Desclozeaux. Théâtre de Poche-Montparnasse. Mise en scène seulement. – Zoo story, d’Edward Albee. Mise en scène seulement. 1966 Hélas ! Pauvre Fred de James Sanders. Mise en scène Daniel Emilfork. Théâtre de Lutèce. – 1968 Le Manteau d’astrakan de Pauline Macauly. Mise en scène Daniel Emilfork. Comédie de Paris. – 1970 Richard II deWilliam Shakespeare. Mise en scène Patrice Chéreau. Théâtre de L’Odéon. – 1973 Toller, scènes d’une révolution allemande. Mise en scène Patrice Chéreau TNP Villeurbanne et Théâtre de L’Odéon – 1974 Zalmen ou la folie de Dieu d’Elie Wiesel. Mise en scène Daniel Emilfork. Nouvelle Comédie.- 1979 Kafka, Théâtre complet. Mise en scène André Engel. Théâtre National de Strasbourg. – 1980 Archéologie. Mise en scène Christiane Cohendy. Le Lucernaire – Porporino, de Domique Fernandez. Festival d’Aix en Provence. 1981  Les fiancés de Loches. Théâtre de Boulogne Billancourt. 1983. Lulu au Bataclan de Franck Wedekind. Mise en scène André Engel. – 1983 Minetti de Thomas Bernhard. Mise en scène Gilles Atlan. Festival d’Avignon.- 1986 Marat-Sade de Peter Weiss. Mise en scène Walter Le Moli. MC93 Bobigny. – 1987  Mindadoo Mistiru, mise en scène de François Verret. Festival de danse d’Aix en Provence – 1988 La Journée des chaussures de Denise Péron, Daniel Emilfork, Frédéric Leidgens. Festival d’Avignon et Nanterre-Amandiers. – 1991 Pas là de Samuel Beckett. Mise en scène Jean-Claude Fall. Théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis. – Voyage à Weimar, de Dominique Guilhard. Théâtre de la Bastille. – Le voyage, spectacle en 2 parties composé d’une reprise d'”Archéologie” et de la création de “Domus”, de Daniel Emilfork & Frédéric Leidgens. Théâtre Paris-Villette. – 1997 Comment te dire de La Métaphore à Lille, puis au Théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis – 2000 Pueblo Horno de Daniel Emilfork. Théâtre Le Lucernaire. – 2003  Lettre ouverte à Renée Saurel de et mis en scène de Daniel Emilfork.

Mise à jour du 05/11/2010

©   Le coin du cinéphage (reproduction strictement interdite, textes déposés)

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Jacqueline Doyen

 

Jacqueline Doyen dans l’épisode #1 des “40 coups de Virginie”

L’annonce de la mort de Jacqueline Doyen, née le 14 février 1930, à Paris nous confirme le site des “Gens du cinéma”, au début du mois de septembre, plus chaleureux que l’absence d’hommage à la mort de certains seconds rôles, grâce aux informations du “Courrier de Mantes”, journal de Mantes-la-Jolie (78) où elle est morte ce 3 septembre. Ces informations nous rappellent à notre bon souvenir ses rôles enlevés dans bien des comédies, et même parfois dans des petits films égrillards. A l’instar de son dernier rôle, une grande bourgeoise énergique dans “Sam suffit” (1991), elle faisait preuve d’une énergie fabuleuse. Dans “Vas-y maman” (Nicole de Buron, 1978), elle volait même la vedette au couple Annie Girardot-Pierre Mondy. Quoi de plus normal de jouer une mère d’une femme née en 1931, pour une comédienne née en 1930 !, en l’occurrence celle de la grande Annie. C’était l’une des bizarreries habituelles de certaines distributions dans notre cher cinéma français, mais sa composition et une coiffure poivre et sel pouvait faire la farce. Il fallait la voir se plaindre que sa fille ne l’appelle au téléphone que quand elle a besoin d’elle. Elle répond d’ailleurs dans une atmosphère enfumée, jouant aux cartes avec des amis de sa génération, et l’on sent très vite la roublardise de son personnage aimant à culpabiliser sa fille. S’occupant de ses petits enfants, elle a bien évidemment des rapports conflictuels avec son beau-fils, joué par Pierre Mondy, qui la raille constamment en l’appelant “Madame Fout la merde”. Suite à une habituelle scène énervée, elle répond au couple en désignant son beau-fils et en s’adressant à sa fille, “Je veux bien garder tes enfants, mais pas les siens !”. Un vrai festival montrant les capacités de cette comédienne. Elle joue souvent des femmes de caractère, comme l’épouse narquoise de Jacques François qui campe un vieux général russe réactionnaire dans “Twist again à Moscou” (1986). Elle n’hésite pas à le contredire lors d’un banquet, quitte à lui jeter des boulettes de pain au visage, quand elle est en cours d’arguments. Le cinéma hélas fut pour elle assez peu imaginatif, sauf pour Louis Malle, l’utilisant comme l’une des silhouettes récurrentes de “Zazie dans le métro”, où dans “Vie privée”, où elle jouait une sorte de nounou chargée de s’occuper des états d’âmes du personnage joué par Brigitte Bardot. Mais elle marquait le moindre de ses petits rôles, comme celui de la postulante recalée pour cause de maturité, pour être vendeuse dans le “Sex-Shop” de Claude Berri (1972), elle repart dépitée, pensant pourtant que son expérience aux “Bains-douches” la légitimait dans cet emploi ! Dans « Les Mohicans de Paris » (1973) et sa suite « Salvator et les Mohicans de Paris » (1975, elle est l’habilleuse de Danielle Volle, un personnage « pète-sec » toujours à rouspéter, mais sur lequel on peut compter en cas de problème. Nous garderons le souvenir de ses savoureuses compositions dans quelques comédies franchouillardes aussi bien que soignées. Ludovic Vincent dans son hommage dans “Le courrier de Mantes” du 06/09/2006, la citait : « Le Dindon, ça j’en suis fière. Le reste, ce n’est pas grand-chose. Je ne suis pas une star. Même si j’aurais aimé être Simone Signoret. Mais il ne faut pas avoir la grosse tête… ».

A déplorer aussi ce mois de septembre, les morts des comédiens Bachir Touré et Nicolas Vogel – excellent chez Claude Sautet notamment – selon “La gazette du doublage”, du culte (culturiste) Mickey Hargitay, célèbre M. Jayne Mansfield, du rféalisateur Rémy Belvaux – frère de Lucas – et du grand chef opérateur Sven Nykvist, dont on peut retrouver un portrait dans le très bon site Internet Encyclopedia of Cinematographers.

 Jacqueline Doyen dans “Salvator et les Mohicans de Paris”

Filmographie, établie avec Christophe Bier & Armel de Lorme :1956 Le salaire du péché (Denys de la Patellière) – La roue (André Haguet) – 1957  L’étrange monsieur Stève (Raimond Bailly) –  Fernand clochard (Pierre Chevalier) – La bonne tisane (Hervé Bromberger) – Les œufs de l’autruche (Denys de la Patellière) – 1958  Asphalte (Hervé Bromberger) – 1960  Zazie dans le métro (Louis Malle) – 1961  Vie privée (Louis Malle) – 1962  Nous irons à Deauville (Francis Rigaud) – La vendetta (Jean Chérasse) (1) – Parigi o cara (Vittorio Caprioli) – 1967  Fleur d’oseille (Georges Lautner) – 1969  L’homme-orchestre (Serge Korber) – Une veuve en or (Michel Audiard) – 1970  Le cri du cormoran, le soir au-dessus des jonques (Michel Audiard) – 1971  Le drapeau noir flotte sur la marmite (Michel Audiard) – 1972  Sex-Shop (Claude Berri) – 1973  Ursule et Grelu (Serge Korber) – OK Patron (Claude Vital) – Juliette et Juliette (Rémo Forlani) – On s’est trompé d’histoire d’amour (Jean-Louis Bertuccelli) – Comment réussir… quand on est con et pleurnichard (Michel Audiard) – 1974  Le rallye des joyeuses (signé Alain Nauroy, mais réalisé en fait par Serge Korber) – Sexuellement vôtre (Max Pécas) – Soldat Duroc, ca va être ta fête (Michel Gérard) -Hard Love / La vie sentimentale de Walter Petit (John Thomas [pseudonyme de Serge Korber]) – Salut les frangines / C’est si bon à 17 ans ( Michel Gérard) – Ce cher Victor (Robin Davis) – 1975  Docteur Françoise Gailland (Jean-Louis Bertuccelli) – Indécences (Jack Régis [pseudonyme d’Alain Nauroy]) – Perversions / La grande perversion / Les amours difficiles (Peter Rafaël [pseudonyme de Raphaël Delpard]) – L’essayeuse (John Thomas, [pseudonyme de Serge Korber]) – 1976  Cours après moi que je t’attrape (Robert Pouret) – Le juge Fayard dit “Le Shérif (Yves Boisset) – Dis bonjour à la dame (Michel Gérard) – 1977  Monsieur Papa (Philippe Monnier) – Tendre poulet (Philippe de Broca) – Diabolo menthe (Diane Kurys) – 1978  Vas-y maman (Nicole de Buron) – Je vous ferai aimer la vie (Serge Korber) – Coup de tête (Jean-Jacques Annaud) – Le coup de sirocco (Alexandre Arcady) – Cause toujours… tu m’intéresses ! (Édouard Molinaro) – 1979  Nous maigrirons ensemble (Michel Vocoret) – Gros câlin (Jean-Pierre Rawson) – 1980  Pile ou face (Robert Enrico) – Voulez-vous un bébé Nobel ? (Robert Pouret) – Viens chez moi, j’habite chez une copine (Patrice Leconte) – 1981  La vie continue (Moshe Mizrahi) – Mille milliards de dollars (Henri Verneuil) – 1982  Better late than never (Ménage à trois) (Bryan Forbes) – Coup de foudre (Diane Kurys) – 1983  Charlots Connection (Jean Couturier) – Le garde du corps (François Leterrier) – 1984  The frog prince (Brian Gilbert) – Adieu Blaireau (Bob Decout) – 1986  Twist again à Moscou (Jean-Marie Poiré ) – Club de rencontres (Michel Lang) – 1987  Chouans ! (Philippe de Broca) – 1991  Sam suffit (Virginie Thévenet). (1) Nota : Jacqueline Doyen n’apparaît pas dans “La vendetta” (Jean Chérasse, 1962), bien que ce titre soit crédité dans sa filmographie de “L’ABC du cinéma”. Télévision notamment : 1973  Joseph Balsamo (André Hunebelle, série TV) – Les Mohicans de Paris (Gilles Grangier, série TV) – 1975  Salvator et les Mohicans de Paris (Bernard Borderie, série TV) – L’arc de triomphe (Jacques Samyn, captation) – 1976  Les cinq dernières minutes : Un collier d’épingles (Claude Loursais) – Comme du bon pain (Philippe Joulia, série TV) – Marions les vivantes (Gilles Grangier) – 1979  Histoires de voyous : Le concierge revient tout de suite (Michel Wyn) – Les 400 coups de Virginie (Bernard Queysanne, épisode 1) – Les amours de la belle époque : Mon oncle et mon curé (Jean Pignol) – 1980  Histoires de voyous : Le concierge revient tout de suite (Michel Wyn) – L’enterrement de monsieur Bouvet (Guy-André Lefranc) – Julien Fontanes, magistrat : Les mauvais chiens (Guy-André Lefranc) – 1981  La vie des autres : Vasco (Alain Quercy) – 1982  Au théâtre ce soir : Pieds nus dans le parc (Pierre Sabbagh) – 1986  La fille sur la banquette arrière (Marion Sarraut, captation) – Le dindon (Pierre Badel, captation) – Julien Fontanes, magistrat : Retour de bâton (Guy-André Lefranc) – 1987  Les enquêtes Caméléon : Un panier de crabes (Philippe Monnier) – 1988  La valise en carton (Michel Wyn, série TV) – 1989  La grande cabriole (Nina Companeez, série TV) – Les enquêtes du commissaire Maigret: L’amoureux de madame Maigret (James Thor) – 1991  Pas une seconde à perdre (Jean-Claude Sussfeld) – 1992  Tiercé gagnant (André Flédérick) – À vous de décider : Famille sacrée (Alain Wermus). Non daté : “Vivement dimanche” (1 épisode). Mise à jour du 30/08/2011 

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Gérard Brach

Gérard Brach en 1987 Son dernier scénario, « Minor », pour Jean-Jacques Annaud, se tourne en Espagne Ph Camera Press

Annonce de la mort du discret Gérard Brach, qui disait écrire des histoires compliquées avec des idées simples. C’est l’un des créateurs les plus singuliers du cinéma français, son univers était suffisamment riche pour s’adapter à des récits cosmopolites souvent chez de grands réalisateurs Danièle Parra et Pierre Laurenti le présentait ainsi : “Gérard Brach ne sort jamais de son appartement parisien. Le monde, il le parcourt en observant ses chats ou en jetant son regard clair au plus profond de nos angoisses. Sans principes, ni règles, il pratique l’art de rêver sous liberté contrôlée” (1). De ses névroses – il était à la fois agoraphobe et claustrophobe -, il pouvait installer des climats inquiétants à des récits d’angoisses ou picaresques “Je suis quelqu’un d’extrêmement angoissé qui en même temps n’est pas complètement sérieux. Ce sont souvent les plus angoissés qui manifestent le plus de fantaisie” (1). Souffrant de la tuberculose, le surréalisme l’aide à tenir de plusieurs années passées en sanatorium. Il fait la rencontre la plus importante rencontre de sa vie, avec le cinéaste Roman Polanski sur le tournage du film “L’amour à 20 ans” – il travaillait dans une agence de presse, et il s’occupait du sketch de Wajda -. Suivent une prolifique collaboration, ils collaborent aussi ensemble au curieux “Aimez-vous les femmes ?” de Jean léon, teinté d’humour noir avec Guy Bedos et Sophie Daumier. Avec lui, il aussi à l’aise dans des récits fantastiques – “Répulsion”, “Le locataire” -, parodiques – le jubilatoire “Bal des vampires”, d’aventures – le mésestimé “Pirates”, ou dans les adaptations littéraires – “Tess”. Il pouvait aussi bien travail chez le rigoureux Michelangelo Antonioni, l’imaginatif Otar Iosseliani, que chez le corrosif Marco Ferreri, avant de suivre Jean-Jacques Annaud dans des films ambitieux. Ces dernières années, il aidait à l’écriture de nombreux jeunes metteurs en scène, Delphine Gleize par exemple. Comme réalisateur, il avait signé deux films en 1970, “La maison” avec le génial Michel Simon, et “Le bateau sur l’herbe”, original récit d’un jeune homme oisif et désabusé qui achète un bateau pour gagner « L’île de Pâques », navire qui restera sur la pelouse de la maison familiale. On ne peut que déplorer la relative discrétion autour de la mort de cet auteur complet, bien à son image.

(1) “La revue du cinéma N°416” en 1986.

Filmographie : Comme réalisateur-scénariste : 1969 Des bleuets dans la tête (CM) – 1970  La maison – Le bateau sur l’herbe – 1985  Le papillon et le dragon (CM, + musique). Comme scénariste : 1963  Les plus belles escroqueries du monde [épisode « La rivière de diamants »] (Roman Polanski) – Repulsion (Répulsion) (Roman Polanski) – Aimez-vous les femmes ? (Jean Léon, + musique) – 1965  Cul-de-sac (Id) (Roman Polanski) – 1966  Le vieil homme et l’enfant (Claude Berri) – G.G. passion (David Bailey, CM) – 1967  The fearless vampire killers (Le bal des vampires) (Roman Polanski) – Le départ (Jerzi Skolimowski) – La fille d’en face (Jean-Daniel Simon) – 1968  Wonderwall (Id) (Joe Massot) – La promesse (Paul Feyder & Robert Freeman) – 1972  Che ?/ What ? (Quoi ?) (Roman Polanski) – 1974  Chinatown (Id) (Roman Polanski, adaptation française seulement) – 1975  Emmanuelle 2 (Francis Giacobetti & Francis Leroi) – La table (Éric Brach, CM) – 1976  Le locataire (Roman Polanski) – 1977  Ciao maschio (Rêve de singe) (Marco Ferreri) – Le point de mire (Jean-Claude Tramont) – 1978  Tess (Id) (Roman Polanski) – 1979  Chiedo asilo (Pipicacadodo) (Marco Ferreri) – Chère inconnue (Moshe Mizrahi) – 1980  Le cœur à l’envers (Franck Apprederis) – La guerre du feu (Jean-Jacques Annaud) – 1982  Identificazione di una donna (Identification d’une femme) (Michelangelo Antonioni) – Une pierre dans la bouche (Jean-Louis Leconte) – L’Africain (Philippe de Broca) – 1983  La femme de mon pote (Betrand Blier) – 1984  Équinoxe (Olivier Chavarot, CM) – Dagobert (Le bon roi Dagobert) (Dino Risi) – Maria’s lovers (Id) (Andreï Konchalovsky) – Les favoris de la lune (Otar Iosseliani) – Les enragés (Pierre-William Glenn) – Gaz el banat (Une vie suspendue / L’adolescente sucre d’amour) (Jocelyne Saab) – Les enragés (Pierre-William Glenn) – 1985  Le meilleur de la vie (Renaud Victor, collaboration scénaristique) – Jean de Florette (Claude Berri, + version TV) – Manon des sources (Claude Berri, + version TV) – Pirates (Id) (Roman Polanski) – 1986  Le nom de la rose (Jean-Jacques Annaud) – Fuegos (Alfredo Arias) – Où que tu sois (Alain Bergala) – 1987  Shy people (Le bayou) ((Andreï Konchalovsky)) – Frantic (Id) (Roman Polanski) – 1988  L’ours (Jean-Jacques Annaud) – Domino (Ivana Massetti) – 1990  I divertimenti della vita privata (Les amusements de la vie privée) (Cristina Comencini) – 1991  Un jour comme un autre (Sylvie Ballyot, CM) – City of joy (La cité de la joie) (Roland Joffé ) – L’amant (Jean-Jacques Annaud) – Bitter Moon (Lune de fiel) (Roman Polanski) – 1994  Le mangeur de lune (Daï Sijie) – 1995  Anna Oz (Éric Rochant) – 1998  Il fantasma dell’opera (Le fantôme de l’Opéra) (Dario Argento) – 2001  La nuit de noces (Éliette Abécassis, CM) –  La guerre à Paris (Yolande Zauberman) – L’idole (Samantha Lang) – 2003  Blueberry l’expérience secrète (Jan Kounen) – Pornografia (La pornographie) (Jan Jakub Kolski) – 2006  Sa majesté Minor (Jean-Jacques Annaud). Télévision : 1983  L’étrange château du docteur Lerne (Jean-Daniel Verhaeghe) – 1985  Esclave et pharaons (Patrick Meunier) – 1987  Les idiots (Jean-Daniel Verhaeghe) – 1988  Le sacrifice (Patrick Meunier) – 1990  La nuit des fantômes (Jean-Daniel Verhaeghe) – Cadavres exquis : Pour le restant de leurs jours (Peter Kassovitz). Interprétation : 1987  Les amoureux du cinéma (Philippe Le Guay, TV) – 1989  Cinématon N° 1094 (Gérard Courant, CM) – 1992  De domeinen ditvoorst (Thom Hoffman, documentaire).

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Bruno Kirby

L’acteur américain Bruno Kirby ou Bruno Kirby jr, de son vrai nom Bruno Giovanni Quiadaciolu, vient de mourir à l’âge de 57 ans des suites d’une leucémie. Né à New York en 1949, il était le fils du vétéran Bruce Kirby. Il étudie avec Stella Adler et Peggy Fleury, avant de débuter au cinéma, sous le nom de B. Kirby Jr ou Bruce Kirby. C’était un grand habitué des seconds rôles. On se souvient aussi de lui dans le “Parrain II”, personnifiant Richard S. Castellano jeune en reprenant son rôle de Clemenza. Un comédien doué et bénéficiant d’un fort capital de sympathie. Fidèle à l’univers de Billy Crystal, il était désopilant dans son coup de foudre avec Carrie Fisher dans “Quand Harry rencontre Sally…”. Il devait le retrouver dans la comédie décalée “La vie, l’amour… les vaches” en vendeur dynamique. Il fallait le voir devant l’impassible Jack Palance. Il était aussi le faire-valoir idéal face au génie comique de Robin Williams dans “Good morning Vietnam”, en officier désabusé. On le retrouvait donc souvent dans des rôles de bons copains ou de maffieux italo-américain. Un comédien doué et bénéficiant d’un fort capital de sympathie.

Bibliographie : “Quinlan’s character stars” par David Quinlan Éditions Reynolds &  Hearn Ltd, 2004).

 

Filmographie : 1971  The Young Graduates (Robert Anderson) – 1973  The Harrad Experiment (Ted Post) – Cinderella Liberty (Permission d’aimer) (Mark Rydell) – 1974  The Godfather: Part II (Le parrain 2) (Francis Ford Coppola) – Superdad (Vincent McEveety) – 1976  Baby Blue Marine (John D. Hancock) –  1977  Between the Lines (Joan Micklin Silver) –  1978  Almost Summer (Martin Davidson) – 1980  Borderline (Chicanos, chasseur de têtes) (Jerold Freedman) – Cruising (Cruising – La chasse) (William Friedkin) – Where the Buffalo Roam (Art Linson) –  1981  Modern Romance (Albert Brooks) –  1982  Kiss My Grits (Jack Starrett) – 1983  This is Spinal Tap (Spinal Tap) (Rob Reiner) – 1984  Birdy (Id) (Alan Parker) – 1985  Flesh & Blood (La chair et le sang) (Paul Verhoeven) –  1987  Tin Men (Les filous) (Barry Levinson) –  Good Morning, Vietnam (Id) (Barry Levinson) – 1988  Bert Rigby, You’re a Fool (Vidéo : Hollywood Follies) (Carl Reiner) – 1989  When Harry Met Sally (Quand Harry rencontre Sally…) (Rob Reiner) –  We’re No Angels (Nous ne sommes pas des anges) (Neil Jordan) –  1990  The Freshman (Premiers pas dans la mafia) (Andrew Bergman) – 1991   City Slickers (La vie, l’amour… les vaches) (Ron Underwood) – 1992  Hoffa (Id) (Danny DeVito) –  1993  Golden Gate (John Madden) – 1995  The Basketball Diaries (Basketball Diaries) (Scott Kalvert) –1996  Heavenzapoppin’ ! (Robert Watzke, CM) –  Sleepers (Id) (Barry Levinson) –  Donnie Brasco (Id) (Mike Newell) –  1999  A Slipping Down Life (Toni Kalem) –  History Is Made at Night (Id) (Ilka Jarvilaturi) –  Stuart Little (Id) (Rob Minkoff, animation, voix) – 2001  One Eyed King (Vidéo : Une histoire d’hommes) (Nathaniel Ryan) – 2003  The Trailer (Steve Altman, CM) -Waiting for Ronald (Ellen Gerstein, CM) –  2006  Played (Sean Stanek).

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Marie-Pierre Casey

Marie-Pierre Casey dans “Faux coupable”

Une des (très rares) bonnes surprises du film “Les Dalton” de Philippe Haïm, est de retrouver Marie-Pierre Casey dans le rôle de Ma Cassidy. Avec Marthe Villalonga, Ginette Garcin et Sylvie Joly, elles forment un quatuor infernal de mères n’hésitant pas à braquer des banques. Hélas c’est plus une présence qu’un véritable rôle… Elle était formidable dans “Que la lumière soit” (1996) en Madame Michu qui tient tête dans un bus… à Dieu (joué formidablement par Galabru). Elle était la garde-malade de Galabru toujours dans “L’été meurtrier” (1982), subissant la rage d’Isabelle Adjani . Elle formait un couple assez sordide avec Fernand Berset dans “L’affaire Dominici” (Claude Bernard-Aubert, 1972), où ils profitent des vacances pour visiter les lieux du drame. Elle campe une religieuse infirmière dans le feuilleton “L’abonné de la ligne U”, une austère professeur chez Pigier dans “Le cinéma de Papa” (Claude Berri, 1970), une nounou débordée pour lequel il faut planifier une garde… bien avant la naissance de l’enfant dans “Elle court, elle court la banlieue” (Gérard Pirès, 1972), une salutiste dans le cultissime “Na !” (1972) unique film de Jacques Martin et une employée “pète-sec” lisant un télégramme à Henri Guybet dans “Pétrole !, Pétrole !” (Christian Gion, 1981). On la découvre avec surprise dans “Certains l’aiment froide” (1959) de Jean Bastia, où sous le nom de Marie-Pierre Gauthey, elle joue une malade séduite par un aventurier campé par Robert Manuel, qui cherche à lui voler ses radios, pour une sombre histoire d’héritage, son personnage habituel était déjà bien dessiné.

Peu de films, finalement (mais avec Jacques Tati ou Claude Sautet), mais elle était très populaire à la télévision (chez Stéphane Collaro, “Vivement Lundi, etc…). Dans “Palace” elle intervenait auprès de  l’homme aux clefs d’or (Claude Piéplu), pour faire remonter l’Audimat. Il fallait voir la tête de Piéplu, avant que Marie-Pierre Casey fasse rentrer une femme nue. Grand moment de TV. En définitive derrière son image vampire de femme de ménage d’une publicité “plizzesque”, il se cache un réel univers, tel ses spectacles au théâtre : “Peinture sur soi”, “Du coq à l’âme”, “Marie-Jeanne a disparu”,  “Décalogue de sourd”, voir lien Théâtre en scène. On la retrouve en 2007 en servante alcoolique, dans la création originale de Francis Perrin “La dame de chez Maxim’s” de Georges Feydeau, spécialement capté pour France 2. Son rôle de vieille dame aux chats, plus maligne qu’il n’y paraît dans le téléfilm “Faux coupable” face à Emma de Caunes et Guillaume Gouix, nous démontre qu’elle est toujours aussi percutante… Elle revient en force dernièrement, notamment à la télévision en tante d’Yves Pignot dans “En famille”, et en candidate cougar d’un émission de télé-réalité dans “Le flambeau”. Au cinéma on la retrouve en cliente pénible passant en caisse énervant Kev Adams dans “Maison de retraite”, et en villageoise bretonne esseulée dans “Les petites victoires”, déplorant le temps où “il y avait un docteur”, mais gardant le moral malgré ses problèmes de santé.

 

Filmographie : 1959  Certains l’ aiment froide / Les râleurs font leur beurre… (Jean Bastia) – 1964 Playtime (Jacques Tati) – 1969  Les choses de la vie (Claude Sautet) – La peau de Torpédo (Jean Delannoy) – 1970  Le cinéma de Papa (Claude Berri) – 1971  L’humeur vagabonde (Édouard Luntz) – 1972  Elle court, elle court la banlieue (Gérard Pirès) – L’affaire Dominici (Claude Bernard-Aubert) – Na !…. (Jacques Martin) – 1973  OK Patron (Claude Vital) – On s’est trompé d’histoire d’amour (Jean-Louis Bertuccelli) – Un nuage entre les dents (Marco Pico) – 1976  L’hippopotamours (Christian Fuin) – 1980  La banquière (Francis Girod) – Le coup du parapluie (Gérard Oury) – Viens chez moi j’habite chez une copine (Patrice Leconte) – 1981  Pétrole ! Pétrole ! (Christian Gion) – Mille milliards de dollars (Henri Verneuil) – 1982  Ca va faire mal ! (Jean-François Davy) – La petite bande (Michel Deville) – L’été meutrier (Jean Becker) – 1983  Y a-t-il un pirate sur l’ antenne ? / Titre vidéo : Superflic se déchaîne (Jean-Claude Roy) – 1985  Gros dégueulasse (Bruno Zincone) – 1988  Sortie de route (Bruno Mattei) – 1996  À deux pas des étoiles (Claude Philippot, CM) – Que la lumière soit ! (Arthur Joffé) – 2004  Les Dalton (Philippe Haïm) – 2017 Le créneau (Nina Ralanto, CM) – 2018 Le créneau (Nirina Ralantoaritsimba, CM) – 2020  Maison de retraite (Thomas Gilou) – 2022  Les petites victoires (Mélanie Auffret).

Télévision (notamment) : 1964  L’abonné de la ligne U (Yannick Andréi, série) – 1968  L’orgue fantastique (Jacques Trébouta & Robert Valey) – 1969  Au théâtre ce soir : Le congrès de Clermont-Ferrand (Pierre Sabbagh) – 1970  Les zazous “La mémoire courte” (Maurice Dumay, divertissement) – Le Noël de Madame Berrichon (François Chatel) – 1971  La lucarne magique : Féérie contemporaine (Pierre Desfons, divertissement) – Les nouvelles aventures de Vidocq : Échec à Vidocq (Marcel Bluwal) – 1972  Le seize à Kerbriant (Michel Wyn, Série) – Docteur Pierre et mister Perret (Pierre Desfons, divertissement) – Les Boussardel (René Lucot, mini-série) –  1973  Le jeune Fabre (Cécile Aubry, série) – Témoignages : Peter (Edouard Luntz, CM) – La dérobade (Gérard Poitou-Weber) – Le chat sous l’évier (Pierre Neel) – L’ange de la rivière morte (Édouard Logereau) – 1975  Une Suédoise à Paris (Patrick Saglio, série) – Sara (Marcel Bluwal) – 1976  Le milliardaire (Robert Guez) – 1977  Les folies Offenbach : Les bouffes Parisiens (Michel Boisrond) – 1978  La filière (Guy-André Lefranc) – 1979  Les 400 coups de Virginie (Bernard Queysanne) – 1980  Des vertes et des pas mûres (Maurice Delbez) – Les incorrigibles (Abder Isker, série) – La mort en sautoir (Pierre Goutas) – La faute (André Cayatte) – 1981  Un chien de saison (Bernard-Roland) – La guerre des insectes (Peter Kassovitz) – À nous de jouer (André Flédérick) – 1982  L’épingle noire (Maurice Frydman, mini-série) – Paris-Saint-Lazare (Marco Pico) – Julien Fontanes, magistrat : Cousin Michel (Guy-André Lefranc) – 1982/1983 Merci Bernard (Jean-Michel Ribes, série) – 1983  Médecins de nuit : Le groupe rock (Gérard Clément) – Thérèse Humbert (Marcel Bluwal) – Emmenez-moi au théâtre : Une journée particulière (Pierre Badel, captation) – Le nez à la fenêtre (Jean-Claude Charnay) – 1985  Un bonheur incertain (Vittorio De Sisti, série) – Le réveillon (Daniel Losset) – 1987  Maguy : La marche funeste (Jean-Pierre Prévost, CM) – 1987/1997  Marc et Sophie (plusieurs réalisateurs, série) – 1988  Palace (Jean-Michel Ribes) – Deux locataires pour l’Élysée (Éric Le Hung) – 1993  Le gourou occidental (Danièle J. Suissa) – Cluedo (Stéphane Bertin, série) – 1993 Les Gromelot et les Dupinson (Christophe Andrei, Fred Demont et Olivier Guignard, série) – 1996  Sexe et jalousie (Georges Folgoas, captation) – 1997  Baby-sitter Blues (Williams Crépin) – 2003/2004  Laverie de famille (Frédéric Demont, série) – 2006  Duval et Moretti : L’imposteur (Jean-Pierre Prévost) – 2008  La dame de chez Maxim’s (Jean-Luc Orabona, captation en direct) – 2011  Faux coupable (Didier Le Pêcheur) – 2018/2020  En famille (plusieurs réalisateurs, série) – 2019  La flamme (Jonathan Cohen et Jérémie Galan, mini-série) – 2019/2021  En famille (plusieurs réalisateurs, série). Divers : Amour, paillettes et patates à l’eau (série).

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Jack Warden

 Série noire aux États-Unis, après la disparition des comédiens June Allyson, Red Buttons, Mako et du réalisateur Hubert Cornfield – je vais tâcher d’y revenir avec celle du réalisateur Fabian Bielinsky -, Jack Warden nous quitte le 19 juillet dernier des suite d’u problème cardiaque. à l’âge de 85 ans. Woody Allen de dirigea a trois reprises dans “September” (1987), “Coups de feu à Broadway” (1994) et “Maudite aphrodite” (1995). Le physique athlétique, de son vrai nom John H. Lebzelte, il fait partie des derniers acteurs américains dans le style “Bigger than life”, de sa carrière de boxeur professionnel de sa participation comme marin à la seconde guerre mondiale, en 1942. Blessé à la jambe durant le débarquement en Normandie en 1944, il prend des cours de comédie, avant de se faire remarquer à Broadway. On se souvient de lui comme le septième juré, un modeste représentant, de “12 hommes en colère” (Sidney Lumet, 1957), du rédacteur en chef des “Hommes du président” (Alan J. Pakula, 1975), du juge routinier dans “Justice pour tous” (Norman Jewison, 1979) à l’ancien associé de Paul Newman qui souhaite aider son ami avocat alcoolique dans “Verdict” (Sidney Lumet, 1982). Il avait eu deux nominations aux oscars dans deux films auprès de son grand ami Warren Beatty “Shampoo” (Hal Ashby, 1975) et “Le ciel peut attendre” (Warren Beatty & Buck Henry, 1978), curieux remake du célèbre film d’Ernst Lubisch. Dernièrement, l était très émouvant dans le méconnu “L’étoile de Robinson” (Soren Kragh-Jacobsen, 1996), en grand oncle protecteur d’un enfant rêveur dans le ghetto de Varsovie. Même dans des personnages faisant preuve d’une grande dureté, il y avait chez lui toujours une grande humanité. C’est une belle page de l’histoire du cinéma américain qui part avec lui.

Bibliographie “Quinlan’s Character Stars” par David Quinlam (Éditions Raynolds & Hearn Ltd, 2004).

Jack Warden dans “Les hommes du Président”

Filmographie :

1950  The Asphalte Jungle (Quand la ville dort) (John Huston, figuration) – -You’re in the navy now ! / U.S.S. Teakettle (La marine est dans le lac) (Henry Hathaway) – 1951  The man with my face (Edward Montaigne) – The frogmen (Les hommes-grenouilles/ Commandos sous-marins) (Lloyd Bacon) – 1952  Red Ball Express (Les conducteurs du diable) (Budd Boetticher) – 1953  From here to eternity (Tant qu’il y aura des hommes) (Fred Zinnemann) – 1957  Edge of the city / A man is ten feet tall (L’homme qui tua la peur) (Martin Ritt) –  Twelve angry men (Douze hommes en colère) (Sidney Lumet) – The bachelor party (La nuit des maris) (Delbert Mann) – 1958  Darby’s rangers (Les commandos passent à l’attaque) (William A. Wellman) – Run silent run deep (L’odyssée du sous-marin Nerka) (Robert Wise) – 1959  The sound and the fury (Le bruit et la fureur) (Martin Ritt) – That kind of woman (Une espèce de garce) (Sidney Lumet) – 1960  Wake me when it’s over (L’île sans-soucis) (Mervyn Le Roy) – Escape from Zahrain (Les fuyards de Zahrain) (Ronald Neame) – 1962  Donovan’s reef (La taverne de l’Irlandais (La taverne de l’Irlandais) (John Ford) – Flashing spikes (John Ford, téléfilm parfois diffusé en salles) – 1963  The fin red line (L’attaque dura sept jours) (Andrew Marton) – 1964  Blindfold (Les yeux bandés) (Philip Dunne) – 1968  Bye bye Baverman (Sidney Lumet) – 1970  The sporting club (Larry Peerce) – Welcome to the club (Walter Shenson) – 1971  Summertree (Anthony Newley) – Who is Harry Kellerman and why is he saying those terrible things about me ? (Qui est Harry Kellerman ?) (Ulu Grosbard) 1972  Dig (John Hubley, CM) – 1973  The man who loved Cat Dancing (Le fantôme de Cat Dancing) (Richard C. Sarafian) – Billy two hats (Un colt pour une corde) (Ted Kotcheff) – 1974  The apprenticeship of Duddy Kravitz (L’apprentissage de Duddy Kravitz) (Ted Kotcheff) – 1975  Shampoo (Id) (Al Ashby) –1976  Raid on Entebe (Raid sur Entebbe) (Irvin Kerschner) – All the President’s men (Les hommes du président) Alan J. Pakula) – Voyage of the Damned (Le voyage des damnés) (Stuart Rosenberg, rôle coupé au montage) – 1977  The white buffalo (Le bison blanc) (J. Lee Thompson) – Heaven can wait (Le ciel peut attendre) (Warren Beatty & Buck Henry) – Death on the Nile (La mort sur le Nil) (John Guillermin) – 1978  The champ (Le champion) (Franco Zeffirelli) – Beyound the Poseidon adventure (Le dernier secret du Poseïdon) (Irwin Allen) – Dreamer (Noel Nosseck) – 1979  …And justice for all (Justice pour tous) (Norman Jewison) – Being there (Bienvenue mister Chance) (Al Ashby) – Used cars (La grosse magouille)  (Robert Zemeckis) – 1980  Carbon copy (Michael Schultz) – So fine (Les fesses à l’air) (Andrew Bergman) – 1981  The great Muppet caper (Jim Henson) – Chu Chu and the Philly Flash (David Lowell Rich) – 1982   The verdict (Verdict) (Sidney Lumet) – Crackers (Vidéo : Effraction avec préméditation) (Louis Malle) – 1984  The aviator (George Miller) – 1986  The cosmic eye (Faith Hubley & John Hubley, animation, voix) – 1987  September (Id) (Woody Allen) – 1988  The Presidio (Presidio, base militaire, San Francisco) (Peter Hyams) – Everybody wins (Chacun sa chance) (Karel Reisz) – 1989  Problem child (Junior le terrible) (Dennis Dugan) – 1991  Problem child II (Brian Levant) – Toys (Id) (Barry Levinson) – 1992  Passed away (Charlie Peters) – Night and the city (Les forbans de la nuit) (Irwin Winkler) – 1993  Guilty as sin (L’avocat du dibale) (Sidney Lumet) – Bullets over Broadway (Coups de feu sur Broadway) (Woody Allen) – While you were sleeping (L’amour à tout prix) (Jon Turtleltaub) –  1995  Mighty Aphrodite (Maudite Aphrodite) Woody Allen) – Things to do in Denver when you’re dead (Dernières heures à Denver) (Gary Fielder) – 1996  Ed (Bill Couturie) – The island on Bird Street (L’étoile de Robinson) (Soren Kragh-Jacobsen) – 1997  Diry work (Bob Saget) – Chairman of the board (Alex Zamm) – 1998  Bullworth (Id) (Warren Beatty) – 1999  A dog of Flanders (Nello et le chien des Flandres) (Kevin Brodie) – The replacements (Les remplaçants) (Howard Deutch).

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Gérard Oury

Annonce de la mort ce jour de Gérard Oury à Saint-Tropez dans le Var, ce jour, à l’âge de 87 ans. Max Gérard Oury est né le 24 avril 1919. Il débute comme comédien après avoir suivi les cours de René Simon. Il fut pensionnaire à la Comédie Française, avant de se réfugier en Suisse durant la seconde guerre mondiale. Il revient en France en 1945, avant de se lancer dans le cinéma. On le reconnaît en passant dragueur dans “Antoine et Antoinette” (1948) de Jacques Becker. Sa carrière de comédien fut finalement très honorable, de son rôle de chirurgien esthétique opérant Michèle Morgan – qui partagera sa vie après le décès d’Henri Vidal – dans “Le miroir à deux faces” (1958) d’André Cayatte, et surtout l’excellent polar d’Édouard Molinaro, “Le dos au mur” (1958), dont il partageait la vedette avec Jeanne Moreau. Il avait même joué Napoléon dans “La belle espionne” de Raoul Walsh, en 1953. Assez déçu par ses propositions comme acteur, ll s’essaie au scénario avec “Le miroir à deux faces”, donc qui fit l’objet d’un remake de la part de Barbara Streisand (“Leçons de séduction”, 1996), et “Babette s’en va t’en guerre” (Christian-Jacque, 1959), réjouissante comédie avec un Francis Blanche au sommet de son art. Il débute au cinéma, avec quelques œuvres honorables comme “La main chaude” (1959), “La menace” (1960) et “Le crime ne paie pas” (1961) adaptation d’une populaire bande-dessinée de Paul Gordeaux, cédant à la mode des films à sketches, où l’on retrouve un jubilatoire Louis de Funès en barman excentrique, ce qui lui avait donné des avants-goûts de comédie. Et il connaît le succès faramineux que l’on sait en opposant Bourvil et De Funès dans “Le corniaud” (1964 et “La grande vadrouile” (1966), co-écrit avec Marcel Jullian. Sa propre fille Danièle Thompson  accompagne son œuvre comme scénariste à partir de “La grande vadrouille”. Suivent “Le cerveau” (1968), avec Bourvil, Jean-Paul Belmondo, David Niven et Elie Wallach, et “La folie des grandeurs” (1971), réjouissante parodie de “Ruy Blas”, où l’on devait retrouver le tandem De Funès-Bourvil, mais c’est Yves Montand qui reprend le rôle du valet au pied levé à la mort de ce dernier. Sa meilleure comédie reste “Les aventures de Rabbi Jacob” en 1973, où il réussit à nouveau à faire une réjouissante comédie dans un contexte dramatique, Louis de Funès confine au génie, et personne n’oubliera sa célèbre réplique à Henry Guybet “Salomon, vous êtes Juif !”. Il devait retrouver ensuite de Funès dans “Le crocodile” où il devait jouer un dictateur d’opérette, mais le projet est annulé suite aux problèmes cardiaques de ce dernier. S’il cède parfois à la facilité, Marcel Dalio déclarait dans ses mémoires qu’on le surnommait “The thief of Bad Gags” – comprendre le voleur de mauvais gags -, ces comédies participent à celles qui donnent leurs lettres de noblesse à la comédie en France. Pierre Richard s’intègre ensuite parfaitement à son univers avec “La carapate” (1978) et “Le coup du parapluie” (1980). Mais les succès records de son cinéma, finissent par irriter la critique, l’on se souvient de la polémique assez vaine, attribuant l’échec de fréquentation d’ “Une chambre en ville” de Jacques Demy, aux entrées de “L’as des as” en 1982, avec un Belmondo, en pleine forme. Restent que ces films suivants deviennent de plus en plus décevants, avec “La vengeance du serpent à plumes” (1984), avec Coluche, “Lévy et Goliath” (1986) avec Richard Anconina et Michel Boujenah, et “Vanille Fraise” (1989) s’amusant de l’affaire des époux Turange, avec Pierre Arditi, Sabine Azéma et Isaach de Bankolé. Ces trois derniers films sont d’ailleurs assez peu mémorable, Christian Clavier cabotine allégrement dans “La soif de l’or” (1992), Philippe Noiret et Gérard Jugnot en fantômes peinent à animer le poussif “Fantôme avec chauffeur” (1995), et Smaïn n’arrive pas à nous faire oublier Fernandel dans l’inutile remake du beau film de Marcel Pagnol, “Le schpountz” en 1999. Mais le bilan est très positif, nombre de scènes des films de Gérard Oury, sont inscrits dans notre inconscient collectif, et il a prouvait que l’on peut très bien être populaire en faisant de la qualité. On lui devait un livre de mémoire “Mémoires d’éléphant” paru en 1988 et il avait reçu un César d’honneur en 1993. Saluons donc ce grand monsieur en souvenir de très nombreux rires. Signalons qu’en hommage France 3 popose ce soir “La carapate” à 20h55 et “Le miroir à deux faces” à 23h10.

Filmographie : Comme acteur : 1941  Les petits riens (Raymond Leboursier) – 1942  Le médecin des neiges (Marcel Ichac, CM) – 1946  Antoine et Antoinette (Jacques Becker) – Du Guesclin (Bernard de Latour) – Jo la romance (Gilles Grangier) – 1949  La belle que voilà (Jean-Paul Le Chanois) – La souricière (Henri Calef) – 1950  Garou-Garou, le passe-muraille (Jean Boyer) – Sans laisser d’adresse (Jean-Paul Le Chanois) – 1951  La nuit est mon royaume (Georges Lacombe) – 1952  The sword and the rose (La rose et l’épée) (Ken Annakin) Sea devils (La belle espionne) (Raoul Walsh) – 1953  The heart of the matter (Le fond du problème) (George More O’Gerrall) – Father Brown (Détective du bon Dieu) (Robert Hamer) – 1954  L’eterna femmina / L’amanti di Paride (Marc Allégret & Edgar G. Umer) – La donna del fiume (La fille du fleuve) (Mario Soldati) – They who dare (Commando sur Rhodes) (Lewis Milestone) – 1955  Les héros sont fatigués (Yves Ciampi) – La meilleure part (Yves Allégret) – 1956  House of secrets (La maison des secrets) (Guy Green) – 1957  Le dos au mur (Édouard Molinaro) – Méfiez-vous fillettes (Yves Allégret) – Le 7ème ciel (Raymond Bernard) – 1958  Le miroir à deux faces (André Cayatte, + co-scénario) – The journey (Le voyage) (Anatole Litvak) – 1961  Amours célèbres (Michel Boisrond) – 1963  À couteaux tirés (Charles Gérard) – The prize (Pas de lauries pour les tueurs) (Mark Robson) – 1985  Un homme et une femme : vingt ans déjà (Claude Lelouch, cameo) – 2001  Là-haut, un roi au dessus des nuages (Pierre Schoendoerffer). Télévision : 1954  Maison de poupée (Claude Loursais) – La galerie des glaces (Jean-Paul Carrère) – 1955  En votre âme et conscience : L’affaire Roux (Claude Barma) – 1956  Virage dangereux (Stellio Lorenzi). Voxographie : 1951  Le costaud des Batignolles (Guy Lacourt, voix seulement) – 1952  Horizons sans fin (Jean Dréville, voix seulement) – 1956  Le ciel des hommes (Yvonne Dornes, CM, voix du récitant) – 1957  Les marines (François Reichenbach, CM, voix du récitant) – 1964  Le vrai visage de Thérèse de Lisieux (Philippe Agostini, CM, voix du récitant). Comme réalisateur : 1959  La main chaude (+ co-scénario) – 1960  La menace (+ adaptation) – 1961  Le crime ne paie pas (+ scénario)  – 1964  Le corniaud (+ scénario) – 1966  La grande vadrouille (+ co-scénario) – 1971  La folie est grandeurs (+ scénario) – 1973  Les aventures de Rabbi Jacob (+ scénario) – 1978  La carapate (+ scénario) – 1980  Le coup du parapluie (+ scénario) – 1982  L’as des as (+ scénario) – 1984  La vengeance du serpent à plumes (+ scénario) – 1989  Vanille-fraise (+ scénario) – 1992  La soif de l’or (+scénario) – 1995  Fantôme avec chauffeur (+scénario) –  1999 Le schpountz (+ adaptation). Scénario seulement : 1959   Un témoin dans la ville (Édouard Molinaro) – Voulez-vous danser avec moi (Michel Boisrond, adaptation).

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