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LE BLUES DU PRE-TRENTENAIRE

Deux petits cousins, l’un sous lithium, l’autre sous oxygène, “Garden State” & “I love huckabees”, l’un semble virer au culte, l’autre irriter.

Garden State, il y a un travail magnifique, ici en France, de “Marketing” qui flirte sur la vague “Sideways” film d’Alexandre Payne. On prévend ce film comme déjà culte, sur des gens qui vous ressemble, souffrant de cette apathie qui semble s’abattre sur tout le monde – surtout Mézigue en ce moment d’ailleurs -. Le film de Zach Graff, figure dans le top 250 des films les mieux notés, des films sur IMDB, ce qui me laisse pantois ! Mais Braff – qui a déjà un univers, c’est déjà pas mal – semble un peu roublard, s’expose complaisamment – Un nombriliste sous calment – et insiste lourdement sur la moindre de ses trouvailles.

Braff a la chance d’avoir une distribution remarquable, qui donne de l’épaisseur à des personnages schématiques, il faut tout le brio d’un Ian Holm, pour faire exister ce rôle de père mal aimant-mal aimé, la radieuse Natalie Portman, en adolescente en quête d’amour, et Peter Sagarsgaard – décidément à l’aise dans l’ambiguïté – en désoeuvré plombé. La partie la plus intéressante me paraît le classique retour dans sa ville natale, du personnage d’Andrew Largeman assez bien vue, et la confrontation avec le regard qu’ont les connaissances qui restées et donc condamnée à vivoter – le jeune policier, les fossoyeurs, etc… -. Le chemin initiatique de “Large” est plutôt manichéen, entre des personnages incongrus, d’un groom libidineux, de receleur bucolique ou de médecin déballant sa vie sexuelle. Je suis en ce moment en train de regarder la saison 3 de “Six feet under” et ça ne supporte pas la comparaison.

Mais le film gagne sur l’air du temps entre indolence et inquiétude, la quête de l’âme soeur – vaste programme – dans des personnages où il est plus facile de faire preuve d’empathie. Une BO splendide donne l’illusion d’une oeuvre originale, mais on est loin de l’univers de Woody Allen ou de Paul Thomas Anderson, cités par les distributeurs qui ne sont pas les derniers pour la déconne – ils avaient annoncées “Le projet Blair Witch” comme le film le plus terrifiant depuis Shinning !” -. Le film de Zach Braff est une promesse de talent cependant, si le succès ne lui monte pas au nez. Attendons !

Plus singulier, plus novateur “I love huckabees”, si vous connaissez quelqu’un qui a aimé ce film présentez le moi, car je n’ai vu que le contraire. C’est un film attachant, choral, même si il y a un gros problème de rythme et qu’au final le film déçoit. La distribution détonne sur ce film choral, Jason Schwartzman ,rejeton de la tribu Coppola, est allumé et histrion. Il est la figure centrale de ce film en pré-trentenaire revanchard. On retrouve en couple de détectives existentiels – belle idée – Lily Tomlin jubile & Dustin Hoffman décale, Isabelle Huppert semble s’amuser de son image d’échappée de l’oeuvre d’Hal Hartley, Jud Law et Naomie Watts joue avec leurs images, Marc Walhberg prend enfin de la consistance, et on s’amuse à reconnaître Tippi Hedren et Talia Shire – soeur de… – ou Saïd Tagmaoui en griot éteint.

David O’Russell renvoie dos à dos, toutes les philosophies du mieux vivre, et d’aspirines de l’âme, dans un revival des sisties, à l’image du personnage de Richard Jenkins – le père dans “Six feet under” -, qui affublé d’une fausse barbe, se donne une bonne conscience en élevant un orphelin africain – scène incroyable du repas – ou le pacte final des pseudos gourous.  C’est un film cynique, salutaire et revigorant mais qui au final et inexplicablement manque sa cible, hélas…

Décidément le trentenaire déclinant que je suis va pouvoir, sur les écrans, compatir avec ses congénères ventres-mous, figurant en belle cible de ces types de films qui partagent ses “crises existentielles”. La mienne en se moment est, Maurice Chevit reprendra t’il son rôle de Marius dans “Les Bronzés 3”, on a les questionnements qu’on peut…

COMMENT PARLER DE LA FERME, SANS LA REGARDER

ALRJ

Sur “+ Clair”, une émission d’hier de Canal +, on organise un champ-contre-champ, d’un côté Alexia Laroche-Joubert, cerbère incolore et inodore – ce sont les pires – d’Endémol, de l’autre la dernière victime en date, du “quart-d’heure Wharolien”, Mallaury Nataf, expulsée de “La ferme” et voulant dénoncer la supercherie. Alexia Machin-Chose, boursouflée d’autosuffisance et de cynisme, explique que la parole est libre, mais que ce n’est qu’un jeu, et dénonce endémollement, la mauvaise joueuse.

Mallaury Nataf, explique avoir voulu dynamiter l’émission de l’intérieur, en tentant une sorte d’happening théâtral, – même si l’on voit un plan repris par “Arrêt sur images”, où elle vante la chaleur humaine “fermesque” -. Elle est évidemment victime de cette stratégie, et de plus elle ne recevra aucun argent, c’est la règle de ce “jeu” ! pour le premier départ. Devenir indigne, pour RIEN.

On pose la question à Frison-Roche-Hiver, sur cette participation gratuite. Elle n’a pas prévu le coup, annone quelques stupidités, avec la vélocité d’un lapin pris dans la lumière des phares. Les nouvelles “femmes fatales” sont très “girl-next-door” ces derniers temps. On peut la comprendre, elle a une revanche à prendre sur son enfance difficile, dans un hôtel particulier classé monument historique près de Beaubourg… Mais personne ne va prendre en sympathie, Mallaury Nataf, c’est dommage. Guy Carlier, l’avait rencontrée, selon son témoignage sur France Inter, elle lui disait son désespoir avant d’entrer à la ferme, et ne vivre que du RMI. La machine à broyer, TF1, n’a pas d’état d’âmes… Mais que fait le CSA !

Admis à la ferme(r)

Et le Patrice Carmouze, relativise, ricane, s’amuse sur ce jeu de massacre, critique les “indignes” participants et leurs saletés supportées, mais présente un livre sur le milieu de la télé, histoire de surfer sur ce succès, chez Thierry Ardisson, entre la descente aux enfers d’un enfant de star, une médium pathétique, et “La femme d’Arthur” qui vient jusqu’au dans nos bras égorger le cinéma – “Cavalcade” prochainement -.

A voir dans le zapping de Canal +, Patrick Dupond, “séniliser” avec des chèvres et Mme la Baronne, pratiquer l’autruche-fucking, – elle présente son cul à cette pauvre bête, dans l’attente de quelques piques, évidemment aller trouver un scénariste pour imaginer ça -, on compatit sur ce petit monde lobotomisé et nouvelle illustration pitoyable du “L’enfer c’est les autres” de Sartre. On attend des scènes cannibales, pour l’année prochaine, ils vont bien nous supprimer la nourriture.

A côté de ça les “Guignols” rivalisent d’inexistence, se moquant stupidement de Monica Bellucci et de l’ouvreuse de service “Laurent Weil”. On compatit bien sûr sur les déboires de Bruno Gaccio, et de son entrée dans “1984”, mais lui et son équipe – qui ne risque pas de lui faire de l’ombre – tournent en roue libre, et ne démordent pas sur moindre trouvaille, (“ouinezeyesagainstzeno”, pour la 8753ème fois). Heureusement qu’il y a “Grosland”, sur Canal + également, plus radical, plus drôle.

Le Festival de Cannes devrait être une respiration, mais on privilégie une icône trash “Paris Hilton”, ou insiste lourdement sur le glissement de la bretelle de Sophie Marceau – joli moment cela dit – . Seul Atmen Kelif, chroniqueur le temps du festival, apporte un peu d’air pur dans “Le Grand journal”… On attend encore le nouveau Guy Debord pour nous écrire une “Nouvelle société du spectacle”, avant de vomir un peu, à voir le déferlement de démagogie dans la dernière pub Total. Si l’on a la télé que l’on mérite, on ne doit pas valoir grand chose…

AVANT QU’IL NE SOIT TROP TARD

Dernier avatar du blues des trentenaires, “Avant qu’il ne soit trop tard” déçoit, même si on note des progrès de Laurent Dusseaux par rapport à la comédie très oubliable “Le coeur à l’ouvrage”.

Il y a beaucoup d’écueils dans ce film, l’incapacité de rendre l’ivresse d’une soirée, autre que tournoyer vainement autour des acteurs, des dialogues, une vision de la vie, et des aphorismes d’Alain Layrac tombant dans le ridicule, de bons comédiens sacrifiés (Éric Savin, Manuel Blanc, Lisa Martino). Une espèce d’amertume, de pessimisme ambiant, et de bons comédiens Frédéric Diefenthal, Jules Sitruck, Édouard Montoute – continuant à montrer une nouvelle sensibilité, sauve un peu ce film.

Il faut saluer particulièrement Vanessa Larré en handicapée écorchée vive, Élodie Navarre -vraiment pas aidée dans un rôle lourdingue – en ravissante idiote, et surtout la lumineuse Émilie Dequenne, dont les choix sont toujours judicieux.

Un sentiment mi-figue, mi-raison, pour cet ersatz du pauvre du beau “Les copains d’abord” de Lawrence Kasdan.

Article du Figaro, par Emmanuèle Frois, le 014/05/2005

CINÉMA Émilie Dequenne joue dans le dernier film de Laurent Dussaux «Avant qu’il ne soit trop tard» Itinéraire d’une battante

«Je ne veux pas être cataloguée dans un genre, je change de tête à chaque fois. A quoi bon jouer, sinon?», explique Emilie Dequenne. (DR.)

Un visage triangulaire, des yeux en amande d’un bleu profond qui vont droit au but. Et des mains carrées qui embrassent la vie sans compter. «Au bout des doigts j’ai de nombreuses petites volutes, elles sont, dit-on, l’apanage des terriens. C’est un symbole qui me plaît. Dans ma famille on est menuisier, jardinier, ouvrier.» Emilie Dequenne est de ces natures bulldozers qui séduisent par leur détermination sans faille. «Comme disait ma mère quand j’étais petite : «Tu ferais mourir les autres pour arriver à tes fins.» Elle exagérait à peine. J’ai parfois des oeillères tant je suis concentrée sur l’objectif à atteindre. Avec l’âge j’essaye de me calmer», ajoute, sans grande conviction, la comédienne qui n’aura que 24 ans en août prochain.

Elle a tout fait, très vite comme si elle était en perpétuelle course contre la montre. Elle est de la race des sprinteuses. Elle trace, saute les obstacles, sans effort apparent. «A 2 ans je parlais comme une adulte. A 8, maman me mettait dans un cours de théâtre parce que je chantais sur les tables. A 16 ans, j’ai eu mon bac. Je voulais entrer au Conservatoire mais il fallait avoir 18 ans, alors, en attendant, je me suis inscrite en sciences politiques. Entre-temps il y a eu le casting pour Rosetta.» On connaît la suite, à 17 ans, elle montait les marches du Palais des festivals et remportait le prix d’interprétation à Cannes avec le film des frères Dardenne. «Je fonce, je suis un vrai taureau, disent les frères à mon sujet. Mais, au début, je rougissais devant leur caméra.»

Elle n’a qu’un mot à la bouche, qui lui va bien d’ailleurs et qui revient comme une ritournelle : «le travail». «Je suis issue d’un milieu modeste. Dans ma famille on est courageux. J’ai reçu une éducation ouvrière, dans le respect du travail bien fait.» Douze longs-métrages depuis ses débuts. Avec des rôles qui ne se ressemblent pas. «Je ne veux pas être cataloguée dans un genre, je change de tête à chaque fois. A quoi bon jouer, sinon ?» Comtesse chez Christophe Ganz, patiente sur le divan d’Yves Lavandier, femme de ménage pour Claude Berri… Elle est aujourd’hui Aurélia, une jeune femme délurée, croqueuse d’hommes. Elle les consomme et les jette aussitôt dans Avant qu’il ne soit trop tard, un film sur une bande de trentenaires désenchantés. Un rôle osé, sexy. «A l’exception de Laurent Dussaux le réalisateur, personne ne voulait de moi pour incarner Aurélia, déclare-t-elle avec franchise. La production et même mon agent étaient frileux.» Alors, comme toujours, elle s’est battue. «Je voulais ce rôle à tout prix. Ils voulaient me proposer un autre personnage. Mais je suis restée ferme. Deux semaines avant le tournage, la production m’a rappelée.»

Comme on pouvait l’imaginer, elle n’a pas envie de jouer les potiches. «C’est pour cette raison que je tenais à incarner Aurélia. Elle est franche, honnête, libre. Elle assume ce qu’elle est, c’est enviable.» Après Avant qu’il ne soit trop tard, Emilie a enchaîné les films. De profundis d’Antoine Santana, Le Pont du roi Saint-Louis de Mary McGuckian avec Robert DeNiro, et actuellement elle fait face à la caméra d’Alante Kavaité pour Ecoute le temps. «L’histoire d’une jeune femme ingénieur du son dont la mère a été assassinée dans sa maison de campagne. Elle mène l’enquête et va se rendre compte que le village est bien étrange…» Elle a maigri pour le rôle. «J’ai toujours été ronde. On me disait que c’était ma nature. Mais finalement ma corpulence n’était pas une fatalité.»

Elle vit un conte de fées dont elle n’avait jamais osé rêver. «Ma vocation c’était le théâtre. Pas le cinéma. J’habitais à Vaudignies dans le Hainaut, il fallait faire 25 kilomètres pour aller voir un film. On y allait donc très rarement. Mais j’aimais le côté paillettes du septième art. Heureusement que je ne suis pas de la génération de la «Star Academy». Sinon je serais tombée dedans ! La célébrité ne m’intéresse que pour une chose, elle me permet de choisir mes rôles.» En France, on ne la reconnaît pas dans la rue, sauf quand elle sort sa carte bancaire dans les magasins. «Ce sont des gens qui connaissent mon nom grâce à mon travail.» Quand elle ne tourne pas, elle vit dans sa maison de Haute-Normandie avec son amoureux musicien et leur petite fille Milla aux boucles d’or. «Elle a 2 ans et demi. Elle m’a dit dans son langage imagé qu’elle voulait être maquilleuse de costume.» Emilie en est folle. «Elle est aussi capricieuse que moi, enfant».

FRÈRES DE SANG

Certains films laissent perplexe comme ce “Frères de sang” de Kang Je-gyu. Dès les premiers plans du film, je me dis qu’il va falloir passer près de 2h30, ce qui est une perspective affolante pour cette oeuvre qui manque singulièrement d’affect. Ce mélange de mièvrerie et de sauvagerie inouïe, louche sur le l’efficacité d'”Il faut sauver le Soldat Ryan”. On passe son temps à faire l’aller et le retour entre ces deux films, ce qui est assez fatiguant. Rajouter à tout ça une pincée de “Sergent York”, chef d’oeuvre d’Howard Hawks où un pecors – Gary Cooper – devient machine de guerre, saupoudrer le tout d’un glaçage hollywoodien, caractérisez bien outrageusement, les personnages, histoire de loucher un peu sur le public occidental et les amateurs de jeux video. On retrouve tout dans ce film, Les grandes amours contrariées, Les glaces à l’eau, le patriotisme… Pervertir l’histoire complexe de la Corée pour donner un spectacle me paraît assez vain finalement. Et enfin sortir de ce film, laminé, rincé, blême comme au sortir du train fantôme, pour se dire “C’est comme les coups sur la tête, ça fait du bien quand ça s’arrête !”. La débauche de moyens et une musique tendance “N’est pas Morricone” qui veut, dessert le film déjà bien roublard et faussement réaliste. Si vous souhaitez savoir ce que l’on ressent dans un tambour d’une machine à laver, aller voir ce film…

Lessivé, on titube vers la sortie, accompagné des mines défaites des spectateurs, les grands moments d’émotions et de dédramatisation flirte en fait avec le ridicule, et rien ne nous est épargné dans la guimauve. Et l’on se souvient du dernier petit miracle du cinéma coréen “Locataires”, et deux des meilleurs films de 2004, “Old boy” et le magistral “Memories of Murder”, et l’on pense que surfer sur la mode extrème-orient n’augure pas que des chefs-d’oeuvres. Ce “frères de sang” me semble complaisant et démonstratif, mais tout ça reste de la subjectivité, au regard de quelques critiques positives, mais le temps est très long quand on reste à la porte d’un film. C’est dommage pour un sujet pareil… A noter que la comédienne du film Lee Eun Joo, c’est bien sûr triste car sa grande scène est un des trop rares moments émouvants du film.

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Sophie Mounicot

Son rôle marquant dans la série “H” de Clara Saulnier, véritable mère “tape-dur”, risquait de la cantonner dans un certain type de rôle, à l’image la “journaliste pipelette” au festival de Cannes, dans “La cité de la peur” ou la coiffeuse acariâtre dans “Ah, si j’étais riche !” . Mais si elle excelle dans ce type de rôle, elle amène toujours une humanité à  ses rôles, comme la secrétaire zélée de Jean-Claude Dreyfus dans “Tiré à part”, et la célibataire en mal d’amour dans “Monique”. On retrouve son bel aplomb souvent en “bonne copine”. Elle est bouleversante dans “Clara et Moi” quand regardant les photos de famille de Julien Boisselier, ses démons familiers et familiaux remontent à la surface, elle ne peut que fuir, alors que son personnage de femme marquée par la vie ne semblait taillé que dans un seul roc. A noter qu’outre H, elle participe à deux des plus intéressantes séries actuelles “Les enquêtes d’Éloïse Rome” où elle campe une femme médecin légiste ironique et dans “Police district” où elle joue Pascale, une femme flic. Elle est toujours irrésistible de la régisseuse assez odieuse faisant passer des castings à des enfants dans “Un château en Espagne” à la rivale Julie Ferrier, candidate cosmonaute pour aller dans l’espace, mais encombrée par sa vieille mère dans “Ça se soigne ?”. Elle est irrésistible dans “Victor” en femme délaissée et dépressive, qui retrouve son mordant en se souvenant des expressions de sa grand-mère. On la retrouve dans la catégorie des femmes odieuses, en directrice de crèche raciste dans un épisode de la saison 3 de “Fais pas ci, fais pas ça”. Elle ne va jusqu’à promettre une place pour le bébé d’Isabelle Gélinas, qu’en échange d’un « dog-sitting », cerise sur le gâteau son chien étant particulièrement répugnant. La critique la salue unanimement, quand on lui propose un rôle plus subtil de mère dépassée par l’adolescence de sa fille dans “La robe du soir”. On peut retrouver des informations sur cette comédienne sur le site “sophiemounicot.free.fr”

Filmographie : 1987  Le dos à la main (Valérie Boudrand, CM) – 1988  Deux (Claude Zidi) – 1990  La pagaille (Pascal Thomas) – 1991  Ne m’appelle pas René (Jean-Stéphane Sauvaire, CM) – 1992  Tous les garçons (Étienne Faure, CM) – 1993   Rêve d’amour (Nick Quinn, CM) – La cité de la peur, une comédie familiale (Alain Berbérian) – 1994  Les frères Gravet (René Feret) – 1995  Les apprentis (Pierre Salvadori) – Les menteurs (Elie Chouraqui) – Tiré à part (Bernard Rapp) – 1996  Qui vole un oeuf vole un boeuf (Pascal Bourdiaux & Éric Peruchon) – 1997  Les jeux sont faits (Bernard Rosselli, CM) – Direct (Myriam Donnasice, CM) – Prison à domicile (Christophe Jacrot) – 1998  Facile (Nathalie Serrault, CM) – Blind date (plusieurs réalisateurs)  – La dilettante (Pascal Thomas) – Du bleu jusqu’en Amérique (Sarah Lévy) – In extremis (Étienne Faure) – 1999  Sur un air d’autoroute (Thierry Boscheron) – Trait d’union (Bruno Garcia, CM) – À vot’service [épisode «Welcome »] de Claude Berne (inédit en salles) – 2000  Un bon flic (Olivier Marchal, CM) – Scénarios sur la drogue : Cake (Jean-Louis Tribes, CM) – 2001  Vertiges de l’amour (Laurent Chouchan) – Jojo la frite (Nicolas Cuche) –   Lieu magique pour une soirée ordinaire (Marius Moutet, CM) – Monique (Valérie Guinabodet) – Ah, si j’étais riche (Michel Munz & Gérard Bitton) – 2002  Saturday night frayeur (Nathalie Serrault, CM) –  Bois ta suze (Emmanuel Silvestre & Thibault Staib, CM) – 2003  Le trésor (Annabel Boubli, CM) – 2003  Clara et moi (Arnaud Viard) – 2004  Ze film (Guy Jacques) – 2006  Un château en Espagne (Isabelle Doval) – Bean II (Steve Bendelack, rôle coupé au montage ?) –  2007  Ça se soigne ? (Laurent Chouchan) – 2008  Victor (Thomas Gilou) – Rumeurs, Commérages, On dit que (Ingrid Lanzenberg, CM) – 2009  La robe du soir (Myriam Aziza) – Par amour (Laurent Firode) – 2010  Hollywoo (Pierre Bertre & Pascal Series).

 

Télévision(notamment) : 1988  Voisin, voisine (série) – A fine romance (Tom Wright) – 1989  Un faux tableau (Gérard Espinasse) – 1991  Fdm (plusieurs réalisateurs) – 1991  Station Charenton (Franck Godard) – 1992  Les Nuls, l’émission – 1993  Regarde moi quand je te quitte (Philippe de Broca) – 1996  Docteur Sylvestre : “Condamné à vivre” & “D’origine inconnue” (Dominique Tabuteau) – 1997  L’instit : Que personne ne bouge (Christian Faure) – Julie Lescaut : Question de confiance (Alain Wermus) – Chaos technique (Laurent Jaoui) – 1998  La traversée du phare (Thierry Redler) – Avocats & associés : Prise dans la toile (Philippe Triboit) –  1998/2002 “H” (rôle récurrent, série) (plusieurs réalisateurs) – 1999  Police district (rôle récurrent, série) (plusieurs réalisateurs) – 1999  Sauvetage : Portés disparus (Igaal Niddam) – 2000  Le crime ne paye pas (Denys Granier-Deferre) – 2001  Carnets d’ados : Les paradis de Laura (Olivier Planchot) – On ne choisit pas sa famille (François Lucciani) – L’impasse du cachalot (Élisabeth Rappeneau) – 2001/2005  Les enquêtes d’Éloïse Rome (rôle récurrent, série) (plusieurs réalisateurs) – 2002  Je hais les enfants (Lorenzo Gabriele) – Un petit garçon silencieux (Sarah Lévy) – Faut’il (Jérôme Cornueau) – 2003  L’inconnue de la départementale (Didier Bivel) – L’arbre et l’oiseau (Marc Rivière) – Les copains d’abord (Joël Santoni) – Les Robinsonnes (Laurent Dussaux) – Jeff et Léo, flics et jumeaux : Un mystère de trop (Olivier Guignard) – 2005  Au crépuscule des temps (Sarah Lévy) – Mes parents chéris (Philomène Esposito) – 2006  Confidences (Laurent Dussaux) – 2007  Le monde est petit (Régis Musset) – 2008  Un vrai papa Noël (José Pinheiro) – Frères de sang (Stéphane Kappes) – Pas de toit sans moi (Guy Jacques) – 2009  La famille Grenelle (Hervé Brami) – Les amants de l’ombre (Philippe Niang) – Les semaines de Lucide (Claire de La Rochefoucauld) – Tombé sur la tête (Didier Albert) – 2010  Joséphine, ange gardien : Un bébé tombé du ciel (Pascal Heylbroeck) – Ripoux anonymes (Claude Zidi) – Fais pas ci, fais pas ça : épisode ? (Laurent Dussaux) – La grève des femmes (Stéphane Kappes) – Midi et soir (Laurent Firode) – Camping Paradis : Ça décoiffe au camping (François Guérin) – 2011  Frère et soeur (Denis Malleval) – Le bonheur des Dupré (Bruno Chiche).

Théâtre : 2004  Quand l’amour s’emmêle, de et m.e.s. d’Anne-Marie Étienne. 2005/2006  Toc toc, de et m.e.s. de Laurent Baffie (Théâtre du Palais Royal) – 2008/2010  C’est mon tour, de Gérald Sibleyras, François Rollin & Sophie Mounicot, m.e.s. de Roland Marchisio (Théâtre des Mathurins – Point virgule). Mise à jour du 14/07/2011

 

Antoine Duléry, Julien Boisselier, Riton Liebman & Sophie Mounicot, dans “Clara et moi”

Article L’HUMANITE du 27 mars 2004. 

TV. Une femme en case, par Sébastien Homer  

Sophie Mounicot porte un regard acerbe sur la télé et le métier d’acteur. 

Les Robinsonnes. France 3, 20 h 55. 

” Les hommes, c’est pas très difficile à trouver “, explique à ses comparses son personnage dans les Robinsonnes. Alors ? ” M’ouais ! Même si j’ai de plus en plus de mal à voir l’humain dans tout ça “, répond Sophie Mounicot en lançant un regard autour d’elle. Ajoutant lorsqu’on égrène les adjectifs censés la qualifier : ” Drôle, pince-sans-rire, ironique, sarcastique ? Ironique, oui, caustique, plutôt. Mais je ne suis pas ce que je joue. Le problème, en télé, c’est qu’on fait tout pour te faire rentrer dans une case. Moi, je ne fais que prendre les rôles qu’on me donne. Et ils sont rares, ceux qui cherchent la petite bête ! “ Des années que Sophie, entre petit et grand écran, désir de planches et rêve d’écriture, cherche, se cherche, teste, déteste, conteste. Accepte ! Et même si c’est le personnage de Clara dans H, sur Canal, qui l’a fait connaître, pour mieux la saisir, on se penchera sur Pascale, cette fliquette débraillée et borderline traînant sa blondeur faussement dégingandée dans la noirceur de Police District : ” J’aimais tellement ce personnage que ça m’a fait mal de voir cette série s’arrêter, assène-t-elle. Pascale, c’était pas de la fliquette manucurée en talons hauts. Ce personnage, on l’a vraiment construit à plusieurs. Après quelques engueulades, parce qu’au départ c’était physique : je ne supportais pas l’uniforme ! Alors, sur le plateau, je tirais sur mon col, je dégrafais mes boutons. Et ça cadrait parfaitement : une fliquette qui n’a rien à foutre du règlement, plus flic par dépit que par conviction. Et n’attendant pas plus de la vie que de son métier !” De l’arrêt de la série, un goût amer : ” En télé, personne ne prend de risque. Faut pas choquer. Mais les images de carnage au JT, les reality-shows où le seul rêve qu’on donne, c’est de baiser sous l’oeil des caméras, c’est pas pareil “, déplore celle qui, dernièrement, a participé à une fiction prenant la poussière dans un tiroir de TF1. Entre Sophie Mounicot et le petit écran, un mélange d’amour et de haine. Se demandant parfois : ” J’aurais peut-être dû bouffer plus souvent des pâtes et être plus sélective. Quand on débute, on ne se rend pas compte à quel point on se fait mal à tout accepter. Car, même si c’est un métier qui vous apporte beaucoup de bonheur ! acteur, c’était une évidence pour moi ! c’est aussi d’une violence inouïe. En revanche, je ne supporte pas le snobisme à l’égard de la télé. J’y ai fait de formidables rencontres et appris à travailler vite. “Travailler vite, comme dans H : ” une expérience formidable et la seule sitcom qui ait marché : on était comme une petite troupe de théâtre, à jouer en direct devant le public ” où elle incarnait Clara : ” Ça m’a fait marrer de faire ce personnage caricatural. Et autoritaire, encore une fois. ” C’est le physique mais surtout la voix, sourit la cadette d’une famille ” où, très tôt, entre filles, on a appris à se débrouiller “. Quand j’étais petite, j’ai eu une maladie assez rare qui a affecté ma diction. Je compense donc en parlant vite et en appuyant certaines syllabes. D’où un ton qui peut être jugé cassant ! “ Avec l’humour, une autre ” carapace ” qui constitue tant un atout qu’un handicap chez cette ” vraie timide ” : ” Autre problème aussi, la franchise, confesse-t-elle. On est dans un milieu et une société qui vous demandent en permanence d’être franc, d’être vrai sans accepter de l’entendre “. En tête, quelques castings. Qu’importe, sourcil relevé et sourire en coin, elle lâche : ” Sûre que le rôle de ma vie, on ne me l’a pas encore donné Bah ! Quand ça arrivera, ça se remarquera. ” Et de travailler sur son long métrage : ” Un film sur les rapports mère-fille. Des rapports inversés : là, ce serait la mère qui fuguerait ” Adepte d’Audiard et de Desproges, elle n’a même pas besoin d’ajouter que la seule certitude qu’elle a, c’est d’être dans le doute : ” Car, aujourd’hui, il n’y a pas que les acteurs qui rament. Les réalisateurs aussi “. Et de conclure, dans un clin d’oeil : ” Un jour, un réalisateur m’a dit que j’étais comme un bon vin. Faut laisser reposer, quoi “

CARRÉ DE DAMES POUR UN AS

Communiqué du 7 avril 2005 : Avec la disparition de Jacques Poitrenaud, le Festival de Cannes perd un de ses fidèles compagnons de route. Infatigable animateur et défenseur passionné du cinéma français, Jacques, à Cannes, a dirigé tour à tour la section Perspectives du Cinéma Français puis, pendant dix ans, la section officielle Un Certain Regard. Il est aussi l’auteur de comédies espiègles dont les acteurs s’amusaient autant que les spectateurs. Pour saluer sa mémoire, le Festival de Cannes a décidé de lui rendre hommage en dédiant à Jacques Poitrenaud l’édition 2005 du Certain Regard. Source : Festival de Cannes.

Il n’y a pas que le festival de Cannes dans le cinéma… Un blog de cinoche, sans parler de Cannes ? Mais qu’en dire en voyant le festival de sa petite “lucarne”. L’hommage du festival au sujet de Jacques Poitrenaud, me donne envie de parler d’un petit bijou aussi jubilatoire que le “Marie-Chantal contre le docteur Khâ” de Claude Chabrol (1965)  : “Carré de dames pour un as” (1966). Hanin dynamite son image de “Tigre” avec humour, dans ce rôle de Layton, un espion désinvolte. Il a un clin d’oeil malicieux avec l’arrivée de Serge Gainsbourg demandant du feu à Layton, et ce dernier répond que dans un film d’espionnage il aurait le rôle du faux jeton. Les dialogues de Jean-Loup Dabadie sont brillants et François Maistre est excellent en grand méchant, supprimant toute preuve de son existence à son passage. Il y a un petit jeu subtil avec sa voix – mais chut…- et comme disait Hitchcock meilleur est le méchant, meilleur est le film… Il y a aussi, oubliés des dictionnaires de Raymond Chirat, Henri Crémieux, dans le rôle de Marvier, supérieur de Layton désabusé et sous pression et Jean-Pierre Darras, qui compose un excellent numéro de flic blasé face au grand méchant François Maistre. Le film étonne par son humour ravageur et distancié porté par Roger Hanin, et autour du trio de femmes fatales Sylva Koscina, Dominique Wilms, Laura Valenzuela, Catherine Allégret, jalouse comme une tigresse dévoile une belle énergie et leurs volent allégrement la vedette.

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Affiche provenant des “Gens du cinéma”

En hommes de main on retrouve Guy Delorme (Jésus) et Henri Lambert (Adams), formant un duo de méchants décalés et désinvolte. Ils parlent de manger de l’Osso Bucco avant d’attaquer un commissariat… On retrouve beaucoup de seconds couteaux formidables – la plus part non crédités bien sûr -, Michel Duplaix (crédité Duploix !) et Philippe Brigaud en hauts fonctionnaires, Michel Vocoret en photographe, l’acteur-cascadeur Sylvain Lévignac en consommateur au bistrot, Paul Pavel en homme de main sacrifié, Anna Gaylor en vendeuse, Renée Gardès en bonne espagnole (un visage étonnant) ou Michel Charrel en joueur de poker. Il y a aussi Lionel Vitrant en chauffeur d’Hakim Gregory. Il avait un rôle important dans “Borsalino and co” de Jacques Deray en 1974 aux côtés d’Alain Delon et il crevait l’écran. C’était émouvant de le retrouver lui et son fils dans un documentaire “Les cascadeurs” diffusé l’an dernier sur La Cinq. Le fils a pris la relève et les cascades, selon lui le son père était trop intègre pour ne profiter de l’estime que lui portait Alain Delon, pour être plus en lumière. Saluons ces artistes, souvent de l’ombre, on reconnaît encore Lionel Vitrant au détour d’une scène… Petite énigme, il semble y avoir une version espagnole, – voir fiche du film en début – signé Poitrenaud également avec Fred Williams, Barbara Rütting Elisa Montes, Luis Morris et Horst Tappert – le fameux Derrick -. J’ai mis tout ce petit monde en non crédité – “uncredited” sous la fiche d’IMDB faute d’avoir d’autres précisions, si quelqu’un a une info à ce sujet, merci d’avance…

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Renée Faure

Triste nouvelle que l’annonce hier d’Yvan Foucart à l’équipe des “gensducinema.com” de la mort de Renée Faure… Elle était sociétaire de la Comédie Française, voir FICHE et héroïne de plusieurs films de son mari Christian-Jacque (“L’assassinat du père Noël”, “Sortilèges”, “La Chartreuse de Parme”. Au cinéma, elle était également une bourgeoise se réfugiant dans un couvent “Les anges du péchés” (Robert Bresson, 1943), la fidèle secrétaire de Jean Gabin dans “Le président” (Henri Verneuil, 1960), la mère surprotectrice du juge (Philippe Noiret) dans “Le juge et l’assassin” (Bertrand Tavernier, 1975) ou l’effroyable “faiseuse d’anges” dans “La petite voleuse” (Claude Miller, 1988). Vous pouvez lire l’indispensable hommage d’Yvan Foucart, pour les Les gens du cinéma.

Capture d’écran de Renée Faure dans “Le président”

Filmographie : 1941  L’assassinat du Père Noël (Christian-Jaque) – Le prince charmant (Jean Boyer) – 1942  Des jeunes filles dans la nuit (Jean Boyer) – 1943 Béatrice devant le désir (Jean de Marguenat) – Les anges du péché (Robert Bresson) – 1944 Sortilèges (Christian Jaque) – 1945 François Villon (André Zwobada) – 1946  Torrents (Serge de Poligny) – La grande aurora (La grande aurore) (Giuseppe Maria Scotese) – 1947  L’ombre (André Berthomieu) – 1952 Adorables créatures (Christian-Jaque) – Koenigsmark (Solange Térac) – 1953  Raspoutine (Georges Combret) – 1954 Bel ami (Louis Daquin) – 1956 Le sang à la tête (Gilles Grangier) – 1957  Cargaison blanche (Georges Lacombe) – 1959  Rue des prairies (Denys de La Patellière) – 1960 Le président (Henri Verneuil) – 1965 Les sultans (Jean Delannoy) – 1975 Le juge et l’assassin (Bertrand Tavernier) – 1976 Un neveu silencieux (Robert Enrico) – 1982 Ombre et secrets (Philippe Delabre, CM) – 1984 L’amour en douce (Édouard Molinaro) – 1988 La petite voleuse (Claude Miller) – 1989 Dédé (Jean-Louis Benoît) – 1990 À la vitesse d’un cheval au galop (Fabien Onteniente) – 1992 L’inconnu dans la maison (Georges Lautner) – 1996 Nel profondo paese straniero (Homère, la dernière odyssée) (Fabio Carpi). Télévision (notamment) : 1955  Message pour Margaret (Claude Barma) – La troisième Chambre (Jean Vernier) – 1961  Le procès de Sainte-Thérèse-de-l’enfant-Jésus (Guy Lessertisseur) – 1964  La misère et la gloire (Henri Spade) – Le théâtre de la jeunesse : David Copperfield (Marcel Cravenne) – 1967  La guerre de Troie n’aura pas lieu (Marcel Cravenne) – 1970  Lancelot du lac (Claude Santelli) – Les gens de Mogador (Robert Mazoyer) – 1972  Les évasions célèbres : L’évasion du duc de Beaufort (Christian-Jaque) – Pot-Bouille (Yves-André Hubert) – Trois diamants plus une femme (Aldo Altit) – Le temps de vivre, le temps d’aimer (Louis Grospierre) – 1973  Le grand amour de Balzac (Wojtez Solarz & Jacqueline Audry) – Témoignages : Le dernier mot (Hubert Cornfield) – La forêt (Pierre Bureau, captation) – 1974  Un jeune homme seul (Jean Mailland) – Madame Bovary (Pierre Cardinal) – 1975  La chasse aux hommes (Lazare Iglésis) – Au théâtre ce soir : Il était une gare (Pierre Sabbagh) – 1976  Don juan ou l’homme de cendres (Guy Lessertisseur, captation) – Recherche dans l’intérêt des familles : Le coupable (Philippe Arnal) – 1977  Le naufrage de Monte-Christo (Josée Dayan) – 1979  Les dossiers éclatés : Mort non naturelle d’un enfant naturel (Roger Kahane) – Une femme dans la ville (Joannick Desclercs) – Une fugue à Venise (Josée Dayan) – 1980  L’enterrement de Monsieur Bouvet (Guy-André Bouvet) – Les mystères de Paris (André Michel) – L’aéropostale, courrier du ciel (Gilles Grangier) – Les amours des années folles : La messagère (François Gir) – 1981  Le roman du samedi : Mémoire de deux jeunes mariées (Marcel Cravenne) – L’ange noir (Bernard-Roland) – Le sang des Atrides (Sam Itzkovitch) – Antoine et Julie (Gabriel Axel) – Mon meilleur Noël : L’oiseau bleu (Gabriel Axel) – 1982  Paris-Saint-Lazare (Marco Pico) – Sans un mot (Gérard Poitou-Weber) – Au théâtre ce soir : Les pas perdus (Pierre Sabbagh) – Au théâtre ce soir : La maison de l’estuaire (Pierre Sabbagh) – 1983  Tante Blandine (Guy Jorré) – Le général a disparu (Yves-André Hubert) – La vie de Berlioz (Jacques Trébouta) – 1984  L’âge vermeil (Roger Kahane) – Péchés originaux : On ne se quittera jamais (Patrick Bureau) – 1985  Le seul témoin (Jean-Pierre Desagnat) – Les amours des années 50 : Passez muscade (Agnès Delarive) – Madame et ses flics : Télé-crime (Roland-Bernard) – Brigade verte : L’estampille (Gilles Grangier) – 1987  La ruelle au clair de lune (Édouard Molinaro) – 1988  Les grandes familles (Édouard Molinaro) – 1989  Les cinq dernières minutes : Le miroir aux alouettes (Guy Jorré) – Le masque : La radio (Yves Barbara) – La grande cabriole (Nina Companeez) – 1991  Maigret : Maigret et la grande perche (Claude Goretta) – 1992  La femme abandonnée (Édouard Molinaro) – Miss Moscou (Gilles Carle) – La grande collection : Senso (Gérard Vergez) – 1993  Les mercredis de la vie : La dame de Lieudit (Philippe Monnier) – 1994  Un ange passe (Guy Jorré) – 1998  Une femme d’honneur : Mort en eaux troubles (Philippe Monnier).

Mise à jour du 26/01/2009

TROIS COUPLES EN QUÊTE D’ORAGES

Trois couples en quête d’orages” surprend plutôt en bien, Jacques Otzmeguine – sans doute trop marqué par la télévision – n’a guère convaincu au cinéma jusqu’à présent avec “Prunelle blues” (1986) polar ennuyeux avec Michel Boujenah et Vincent Lindon, ou “Une employée modèle” malgré la sensualité de Delphine Rollin et l’excellent François Berléand dans une sombre histoire d’espionnage. Le film doit essentiellement à sa distribution. Ses comédiens sont par trop rares sur le grand écran. Samuel Labarthe a de la chance de retrouver une nouvelle fois l’univers de Lionel Duroy, adapté ici à nouveau après “Priez pour nous” en 1993 où il jouait le mari grand bourgeois de Delphine Rich.  Il est ici Olivier, un handicapé, suite à une rupture d’anévrisme, sa nouvelle conquête (La toujours sublime Delphine Rollin) le quitte, alors qu’il venait de quitter sa femme – La toujours juste Clothilde de Bayser – en quête d’une vie moins étriquée. Labarthe est à la hauteur d’un très beau rôle entre résignation et énergie, un beau numéro d’acteur entrant dans la maturité. Aurélien Recoing trouve ici un personnage plus volubile, opposé à l’image monolithique de ces précédents rôles, même si l’ambiguïté de amitié avec Olivier est peut être ici trop surlignée. Moins convainquant, Hippolyte Girardot, ici moins à l’aise que dans la démesure que dans “Rois et reines”. Il peine à nous intéressé à son rôle de mari trompé, obsédé par l’image de son grand-père, figure emblématique d’homme politique, dont il joue avec sa secrétaire – Katia Tchenko, amusée – On peut le préférer dans le formidable « Tango des Rachevski » de Sam Gabarski. On retrouve Steve Suissa inattendu – belle idée – en homme politique arriviste et Jean-Luc Porraz en bureaucrate tatillon.

Claire Nebout et Laurence Côte

Les femmes ont le beau rôle dans ce film et rayonnent par leurs sensualités, de Philippine Leroy-Beaulieu en épouse incomprise en quête de tendresse, Laurence Côte en jeune veuve dynamique –grand retour qu’il faut saluer après son portrait de femme qui se laisse vivre dans “Nos enfants chéris” – et Claire Nebout, en sculptrice sensuelle qui compose avec les déceptions de sa vie.

Ces personnages de quadragénaires sont attachants et subtils, il faut donc voir ce film plus léger que dramatique, et donnant le beau rôle – c’est suffisamment rare pour le signaler – aux femmes. En souhaitant les metteurs en scènes moins frileux pour continuer à faire travailler ces formidables comédiennes.

Article : portrait de Samuel Labarthe, dans “LE FIGARO”

Samuel Labarthe et la crise de la quarantaine par Brigitte Baudin, 27 avril 2005

Il arrive discrètement dans le bar de l’avenue Montaigne,avec quelques minutes d’avance, vêtu d’un

imperméable mastic. Il tient à la main une fine sacoche de cuir fauve dont il extrait un paquet de tabac et du papier transparent. Méthodiquement, il roule une élégante cigarette et la fume délicatement. On le sent tendu, nerveux, toujours en alerte même s’il affiche une certaine décontraction. De bruyants énergumènes entrent et parlent fort. Trop fort. Tout ce que n’aime pas ce Suisse toujours si poli, élégant et réservé. Samuel Labarthe est un écorché vif, un angoissé rongé par le doute et l’incertitude.

C’est pourquoi cet acteur subtil, exigeant ne choisit jamais la facilité.

Au théâtre, il est chaque soir (et jusqu’à l’été ), seul sur la scène du Studio des Champs-Elysées dans Soie, de Alessandro Baricco, un poétique et sensuel voyage, des Cévennes au Japon, à la poursuite d’une femme fantasmatique.

Au cinéma, il campe l’un des protagonistes de Trois couples en quête d’orages de Jacques Otmezguine, une belle histoire d’amitié à la Sautet sur fond de crise de la quarantaine, adaptée du roman de Lionel Duroy (Editions Julliard) et produite par Nelly Kafsky.

Olivier (Samuel Labarthe), Rémi (Aurélien Recoing), Pascale (Philippine Leroy Beaulieu) s’aiment d’amitié tendre depuis l’adolescence et forment avec leurs conjoints, un clan indissoluble. Et voilà qu’Olivier se retrouve brutalement sur un fauteuil à la suite d’un accident vasculaire alors que son couple bat de l’aile. Handicapé, paralysé des jambes, Olivier est recueilli par Rémi et sa femme, la douce et généreuse Estelle (Claire Nebout).

«Olivier est médecin, explique Samuel Labarthe. Il vient de passer le cap de la quarantaine. C’est pour lui le temps du bilan, de la remise en question. Il a envie de tout envoyer balader : famille, travail, copains. D’échapper à la routine avant qu’il ne s’encroûte vraiment. Il fait sa crise d’adolescence tardive. Et puis tout bascule. C’est l’accident. Il doit alors se battre pour quelque chose d’essentiel : vaincre son handicap et tenter de remarcher. Dans cette épreuve, il a la chance de trouver aide et réconfort auprès d’amis fidèles et sincères.»

Habitué des plus grands rôles du répertoire classique et moderne (Prix Gérard Philippe en 1993 pour Ce qui arrive et ce qu’on attend), Samuel Labarthe n’a pas eu, en revanche, cette même chance au cinéma, où son physique de beau gosse élégant aux traits fins ne trouvait pas sa place. Il se rattrape aujourd’hui avec le personnage d’Olivier, pivot de ce film choral.

«Je connais bien l’univers du romancier Lionel Duroy, précise-t-il. J’ai tourné en 1993 Priez pour nous qui était déjà adapté de son oeuvre. Dans le roman Olivier est le personnage central. Tout gravite autour de lui. Là, il participe à l’action au même titre que les autres. Incarner Olivier a été un vrai défi. Et j’aime cela. Il fallait, en effet, que j’apparaisse comme un véritable handicapé, incapable de me mouvoir. Mon comportement, mes gestes, mes attitudes devaient être parfaitement justes. Je suis donc allé à Garches. J’ai rencontré de nombreuses personnes, paralysées à la suite d’un problème vasculaire cérébral, accidentées de la route. J’ai suivi leurs conseils pour travailler le côté physique de mon personnage. C’était une attention, une concentration de tous les instants.»

ET UN PAS DE PLUS DANS L’ABJECTION…

Samedi soir, il est près de 2h30, du matin, terminant “Tout le monde en parle”, petit tour vers TF1 – en direct – pour voir les nouveaux cobayes de “La ferme has been”. Le sadisme érigé au niveau des beaux-arts… Carmouze & Dechavanne ricanent… Les “similis-pipoles” comme on les nomment désormais, arrivent dans la ferme en limousines, après deux heures d’avion.

Ils n’auront, ni eau courante, ni même une couche décente pour dormir -Ils doivent en construire une de fortune eux mêmes- et auront la joyeuse compagnie de l’odeur pestilentielle de la bergerie. Et personne ne moufte ! La méthode de lobotomie collective du tandem LeLaye/Mougeotte, de sinistre mémoire, fonctionne parfaitement.

Le repas risque d’être frugal (fruits & légumes), mais je me dis qu’au moins ils auront quelquechose d’autre à manger, une meringue géante trônant dans la cour… Sauf que, gourance, elle se met à bouger, glousser, imiter un cri très improbable de volatile… C’est en fait la baronne Marianne Brandstetter, qu’il serait d’ailleurs indécent de reconnaître, tant elle doit avoir été victime d’un chirurgien esthétique fou. C’est une ex esthéticienne, – avatar trash de la starlette Nadine Tallier, brillant par sa vulgarité, et devenue “le comble de la distinction” sous le pseudo de Nadine de Rotschild… –

On nous rappelle bien que tout ce cirque est pour la bonne cause, pour aider des associations… C’est une hypocrisie totale, une manière de se dédouaner. Le casting est hallucinant, feu Jango Edwards – on l’imagine aisément mimer la brouette infernale dans le poulailler avec Mme la baronne -, feu Philippe Risoli complètement hagard – c’est Claude Chabrol qui va être content -, feu Plastic Bertrand déchaîné, le “petit chef” Henri Leconte, feu Mallaury Nataf déguisée en arbre de Noël, feu Patrick Dupont en zombie évadé d’un film de Lucio Fulci, feu Jordi, chanteur enfant étoile filante et amère déception feu Princesse Erika, que l’on n’attendait vraiment pas là… Il y a les rituelles autres nouvelles têtes que personne ne connaît – je vais avoir du mal à trouver les noms pour compléter la fiche IMDB, que j’avais eu le vice de créer l’année dernière -. Saluons le sens du directeur du casting, difficile de faire pire…

Il ne manquait en fait, bien qu’annoncés, que Christine Deviers-Joncours et une célèbre personnalité de la set set -connue pour ses problèmes de drogue- Ils auraient pût faire l’effort à TF1, de pousser l’indécence jusqu’à nous montrer une crise de manque en direct ! Il y a également feu Régine (perdue dans la nature, annonce Dechavanne) !

Les similis-pipoles de l’année dernière sont re-tombés dans l’anonymat… Tout ce petit monde -en attente d’un peu de reconnaissance- va se rendre indigne. On parle de télé-réalité, mais ce n’est qu’une nouvelle forme de sitcom (comédie de situation) pas chère, sans scénaristes, plus fort que “Voisin, Voisine”! C’est censé être ludique, c’est complètement pervers et abject. Désolé, mon vieux “fond sadique”, mais je préfère retourner à mes nanars -et en plus mon cerveau disponible n’aime pas le coca-. De toute manière on se régalera dans le “zapping” de Canal +”. Vivement les chroniques de Guy Carlier, pour nous venger de tout ça…

Déjà le côté laboratoire de “La ferme” / “Ferme-là !”, pouvait faire penser aux souris blanches de “Mon oncle d’Amérique” (Alain Resnais, 1979), mais l’autruche… est-ce une citation au “Fantôme de la liberté” de Luis Buñuel ?

Il me semble salutaire de rappeler le texte de Robert Guédiguian sur la télévision, paru l’an dernier :

  Dernier samedi avant Noël. Je regarde la finale de “Star Academy”. Une jolie brune chante et puis pleure, ou l’inverse. Un jeune homme la regarde, au bord du sanglot, et la serre dans ses bras de toutes ses forces. Musique… Une autre jeune fille, blonde cette fois, dans le public, pleure. Ses larmes coulent, abondantes. Je m’abandonne. Soudain, en une fraction de seconde, grâce à une erreur de montage, je m’aperçois qu’un des personnages attend que la caméra soit sur lui pour étreindre, pleurer et sourire. Et là, j’ai honte de m’être un instant laissé aller.

Ce personnage veut nous faire croire qu’il ne joue pas. Il fait là le contraire de ce que je considère comme la plus noble figure de la représentation, le contraire de l’aparté dans la commedia dell’arte lorsqu’un acteur interrompt son action, se tourne vers la salle pour réclamer son approbation, puis reprend l’action laissée en suspens comme si de rien n’était. La noblesse de cette manière réside dans le fait qu’elle est destinée à rendre le public intelligent, maître de lui-même. C’est en pleine possession de ses moyens qu’il choisira de siffler ou d’applaudir. C’est lui qui décidera du rapport entre la réalité et la représentation de la réalité qu’on lui propose.

Dans “Star Academy”, comme dans toutes les émissions de ce genre, il s’agit, à l’inverse, de berner, d’abuser, de manipuler le public… De l’assujettir en lui faisant croire que la réalité représentée est la réalité elle-même.

Toutes ces émissions diffusent, distillent, vaporisent sur tous les sujets qu’on les laisse traiter – et les limites ne cessent de reculer – un seul message : la réalité est faite de vainqueurs et de vaincus, de forts et de faibles… La compétition est la vie elle-même. Elle est affective, psychologique, sexuelle et, bien sûr, sociale, économique et encore physique, esthétique… Et les perdants doivent aller embrasser les gagnants car la Réalité leur a assigné leur place. C’est comme si c’était de l’ordre de la Nature. Il n’y a donc aucune raison de se fâcher.


Il ne faut pas être devin pour comprendre à qui profite le crime. Si l’on me démontre que cela n’est pas de l’Idéologie Libérale, de la Propagande Capitaliste, je veux bien me taire définitivement. Il faut peut-être à nouveau dire capitalisme, dont le radical “capital” me paraît mieux indiquer la nature de ce système que le radical “libre”du mot libéralisme.

J’ai lu, par ci, par là, des analyses sur la télé-réalité dont la finesse ne sert qu’à masquer l’ambition autoproclamée dans le mariage contre nature de ces deux mots et de ces deux choses. La complexité des analyses finit par rejoindre le sens commun… Vous savez, les idées reçues comme “Tout est dans tout”, “Il y a du bon et du mauvais partout”, “Il faut en prendre et en laisser”… Bref, toutes les idées qui conduisent tout droit à la résignation et au désengagement.

Ceux qui ont le pouvoir et l’argent, dans l’ordre que vous préférez, savent cela. Ils ont trouvé un nouveau moyen de garder le pouvoir et l’argent, toujours dans l’ordre que vous voulez.

Les enfants des actionnaires de nos chaînes de télévision vont à l’Ecole alsacienne, à l’Ecole de la Légion d’honneur ou je ne sais quel couvent des Oiseaux. Des lieux où ils ne regardent pas la télévision que leurs pères fabriquent. Les enfants de nos banlieues qui regardent ces émissions plus qu’ils ne vont dans les écoles de notre République auront leur cerveau disponible pour penser que le Coca-Cola est la meilleure boisson du monde, et surtout pour penser que leurs conditions de vie sont mauvaises à cause de la Nature. Donc il est impossible de les améliorer.

Ils resteront sagement là où ils sont, en bas comme dit l’autre. L’autre, dont le conseiller est le talentueux producteur de “Popstars” et surtout de “Koh- Lanta”, où les protagonistes doivent se battre pour survivre… Jusqu’où iraient-ils pour gagner, si tous les coups étaient permis ? Jusqu’à s’entre-tuer ? Qui le sait ! Mais l’exploitation commerciale de l’aliénation, de la frustration et de la misère en France est autorisée par le CSA, qui continue à jouer avec ses petites figures géométriques de toutes les couleurs et à se demander si “Popstars” est un documentaire de création.

Enfin, nous venons d’apprendre que ce monsieur a signé avec le service public pour l’année prochaine. Décidément, on est coincé de tous les côtés.

Voyez-vous, au début de ce texte, je parlais de Noël… Je voulais intervenir à ce moment-là contre la télé-réalité… Et puis le temps a passé jusqu’à ces jours-ci où a été publiée cette déclaration incroyable de : “Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible.” M. Le Lay exécute les ordres, et il le fait très bien. C’est un très bon technicien. Il n’est pas au service d’un Etat, d’une morale, d’une religion, d’une idéologie… Il est au service de l’argent. C’est un travailleur consciencieux. Il s’applique de toutes ses forces pour que ses riches patrons soient encore plus riches, de plus en plus riches. Il faut, dit-il, vendre du temps de cerveau disponible. Il ajoute : “Et rien n’est plus difficile.” Oui, l’humanité résiste encore aux génocides, à la décérébration, à la lobotomie…

Est-ce qu’il n’est pas temps de cesser de pérorer sur nos admirables démocraties occidentales alors que les “maîtres du monde” nous disent ouvertement, sans ciller, que leur but est de vendre du temps de cerveau humain disponible ?

Pourquoi cette déclaration ne fait pas la “une” des journaux ? Pourquoi les intellectuels, les hommes politiques (Fabius avoue ne pas détester “Star Ac'”, Copé était prêt à participer au projet de télé-réalité sur les hommes politiques…), les artistes n’abordent-ils pas frontalement ce sujet ?

Est-ce que leur indépendance à l’égard de ces nouvelles organisations du pouvoir du capital a déjà disparu ? Est-ce que le fossé qui sépare les élites de l’immense majorité de notre population est devenu infranchissable ?

Robert Guédiguian est cinéaste.

Le site du jour : CARLIER Site suisse où l’on peut écouter les chroniques du “Fou du roi”, sur France Inter, du formidable Guy Carlier .

LE COIN DU NANAR : PARIS BRULE-T-IL ?

Paris brûle-t-il ? (René Clément, 1965) – Is Paris Burning ?- en VO, revu la même semaine que le digne documentaire “Les survivants” de Patrick Rotman, diffusé sur France 3 le lundi 18 avril 2005, continue à me poser problème.

Il serait idiot de comparer ces deux oeuvres, le documentaire étant très digne sur la libération des camps, mais il peut faire comprendre le malaise que l’on peut avoir ensuite, à la vision du film de René Clément. La force du témoignage d’un côté, la faiblesse de la reconstitution de l’autre.

Ce film officiel, est un défilé de stars, avec l’ironie mordante d’un Sacha Guitry, en moins… Le choix du réalisateur de “La bataille du rail”, film rigoureux et presque documentaire, pouvait sembler légitime, mais René Clément se perd dans cette grosse machine.

Le casting “all-star” dessert formidablement le film, à l’image d’Alain Delon, dans le rôle de Jacques Chaban-Delmas. Tout le monde vient y faire son petit tour, et Jean-Paul Belmondo dans le rôle d’Yvon Morandat semble même se demander ce qu’il fait là. L’anecdote est privilégiée et l’histoire réécrite (Les problèmes du colonel Rol – campé sobrement par Bruno Cremer – avec le reste de la résistance). Dans un hors série de Ciné-Revue, on voyait même une photo de Romy Schneider, tournant dans ce film, son rôle doit être coupé au montage final, de même de Michael Lonsdale souvent annoncé dans le rôle de Debu-Bridel… voir distribution complète sur IMDB.

On peut sauver à la rigueur Pierre Vaneck dans le rôle de Cocteau-Gallois et Claude Rich dans le double rôle de Leclerc, et d’un commandant bondissant. Le choix de Suzy Delair, que l’on voit bien en Parisienne à l’arrestation de Von Choltitz- contrairement à ce qu’affirme Raymond Chirat dans son dictionnaire, dont le générique est d’ailleurs repris dans le site de la BIFI – est assez regrettable, compte tenu de ses débuts à la Continental et ses ambiguïtés avec le régime nazi à l’époque.

Les comédiens sont tous doublés en français (Gert Fröbe par Claude Bertrand, Orson Welles par Georges Aminel et Rudy Lenoir -inévitable dans son rôle d’officier SS, en dehors des films d’Alain Payet et Jean-Pierre Mocky- par Robert Dalban !. On se souvient que dans “Le jour le plus long” il n’y avait pas ce doublage intempestif, qui nuit à la crédibilité du film. Voir également La gazette du doublage.

De plus l’utilisation des archives réelles, insérées dans le film (choisies par Frédéric Rossif), ne fait que renforcer le côté factice du film, le noir et blanc ne légitime en rien l’épopée de l’affaire mais surligne les clichés. Le film est assez plaisant à voir, on peut s’amuser à reconnaître quelques débutants – dont Patrick Dewaere, en étudiant exécuté de manière presque subliminale -. Mais le tout est assez vain, même si René Clément n’est pas entièrement responsable : “… En dépit des heurts répétés et souvent violents qu’il eut avec le producteur tout au long des prises de vues”… Clément refusa de jouer le jeu chercha à faire son film…” René Clément par André Farwagi (Éditions Seghers, 1967).