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Fragments d’un dictionnaire amoureux : Jany Holt

Photos source : www.bernard-luc.com/

Dans un numéro de Télérama de 1981, elle se présentait ainsi avec ironie : “Je n’ai jamais été jolie. Quand j’avais dix-huit ans, les producteurs, me regardant, semblaient voir un flacon d’huile de ricin”… Annonce de la mort à 96 ans de la grande comédienne française d’origine roumaine, Jany Holt. Yvan Foucart avait fait un superbe portrait pour LES GENS DU CINÉMA. Sa frêle silhouette l’avait prédisposée à tenir des rôles troubles, comme la Russe dans “Les bas-fonds”, la prostituée souffrante de “La maison du Maltais”. Son charme unique dépassant une certaine austérité a laissé un souvenir intact dans la mémoire des cinéphiles. Elle était impressionnante dans “Les anges du péché” de Robert Bresson en criminelle repentie trouvant refuge dans un couvent. Décorée pour fait de Résistance, en 1944, elle ne revient qu’irrégulièrement sur les écrans, mais on pouvait la retrouver en logeuse dans “Target” (Arthur Penn, 1984), ou en grand-mère de Mathieu Kassovitz dans “Métisse” en 1992, notamment. Dans son dernier rôle, elle était une inquiétante voisine dans “Noir comme le souvenir”, en 1994, dans une réalisation de Jean-Pierre Mocky, toujours prompt à utiliser des acteurs mythiques. Elle était l’épouse de Marcel Dalio, de 1932  à 1937, et lui avait gardé une affection profonde. Sur cette singulière actrice, on peut retrouver le portrait d’Olivier Barrot & Raymond Chirat, dans “Inoubliables, visages du cinéma français 1930-1950” (Éditons Calmann-Lévy, 1986), repris en poche sous le titre “Noir & Blanc” (Édition Flammarion). 

Filmographie : 1931  Un homme en habit (René Guissart & Robert Bossis) – 1935  Le domino vert (Herbert Selpin & Henri Decoin) – Le Golem (Julien Duvivier) – 1936  Les bas-fonds (Jean Renoir) – Courrier-Sud (Pierre Billon) – Un grand amour de Beethoven (Abel Gance) – 1937  L’alibi (Pierre Chenal) – La tragédie impériale (Marcel L’Herbier) – Troïka sur la piste blanche (Jean Dréville) – 1938  La maison du Maltais (Pierre Chenal) – Le paradis de Satan (Félix Gandera & Jean Delannoy) – La piste du sud, de Pierre Billon (Albert Préjean) – 1941  Andorra ou les hommes d’airain (Émile Couzinet) – 1942  Le baron fantôme (Serge de Poligny) – 1943  Les anges du péché (Robert Bresson) – 1944  Farandole (André Zwobada) – La fiancée des ténèbres (Serge de Poligny) – 1945  Mission spéciale (Maurice de Canonge) – Le pays sans étoiles (Georges Lacombe) – 1946  Contre-enquête (Jean Faurez) – Rumeurs (Jacques Daroy) – 1947  Non coupable (Henri Decoin) – 1948  Docteur Laënnec (Maurice Cloche) – L’échafaud peut attendre (Albert Valentin) – 1949  Le furet (Raymond Leboursier) – Mademoiselle de la Ferté (Roger Dallier) – 1951  The green glove (Le gantelet vert) – Vedettes sans maquillage (Jacques Guillon, CM) – 1955  Gervaise (René Clément) – Les insoumises (René Gaveau) – 1968  Le grabuge (Édouard Luntz) – 1970  A time for loving (Christopher Miles) – 1977  Die linkshändige frau (La femme gauchère) (Peter Handke) – 1984  Target (Id) (Arthur Penn) – 1987  La passerelle (Jean-Claude Sussfeld) – Saxo (Ariel Zeitoun) – 1992  Métisse (Mathieu Kassovitz) – Roulez jeunesse (Jacques Fansten) – 1994  Noir comme le souvenir (Jean-Pierre Mocky) – Comme réalisatrice : 1965  La pharmacienne (CM). Télévision (notamment) : 1960  Les parents terribles (Jean-Paul Carrère) – 1961  Egmont (Jean-Paul Carrère) – 1963  L’inspecteur Leclerc enquête : La vie sauve (André Michel) – 1969  Marie Waleska (Henri Spade) – 1971  Adieu mes quinze ans (Claude de Givray, série TV) – 1973  Destins : Chère petite madame (Serge Hanin, + scénario) – Les enquêtes du commissaire Maigret : Maigret et la jeune morte (Claude Boissol) – 1974  Les flocons rouges (Bernard Maigrot) – 1976  Au théâtre ce soir : Monsieur Silence (Pierre Sabbagh) – 1979  Au théâtre ce soir : Tout est dans le jardin (Pierre Sabbagh) – 1982  Mon meilleur Noël : Madame Bidou (Bernard Maigrot) – Toutes griffes dehors (Michel Boisrond) – 1984  Au théâtre ce soir : Tango Valentino (Pierre Sabbagh) – 1997  Ombre & lumière : Henri Decoin, cinéaste (Hubert Niogret, documentaire) – 2004  Les anges, 1943 histoire d’un film (Anne Wiazemsky, documentaire).

(1) Nota du 06/09/2007 : Précisions de M. PJ. Rolland  : Jany Holt figure parmi les titulaires de la Médaille de la Résistance et non parmi ceux de la Croix de la Libération.

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Jean-Michel Folon

Patrick Dewaere, Jean-Michel Folon & Rufus

Annonce de la mort de Jean-Michel Folon. Pour ne parler que de son incursion dans le cinéma, outre de très belles affiches de film, il s’était révélé un acteur attachant. Dans le bonus du DVD “Lily aime-moi”, Folon parlait de l’engouement qu’il y avait eu sur lui comme comédien. Il s’était lié d’amitié avec Wim Wenders et  Roman Polanski, et François Truffaut avait envisagé l’engager avant sa mort. Il confiait que Gérard Depardieu lui avait dit : “Laisse tomber le cinéma, toi tu n’es pas quelqu’un qui est fait pour être la couleur sur la palette d’un autre, tu es quelqu’un qui doit tenir la palette…”. “Lily aime-moi” (Maurice Dugowson, 1974) reste un film très singulier, le réalisateur ayant utilisé la complicité du trio Folon-Dewaere-Rufus, voir La notule de ce blog. Dans “L’amour nu” (Yannick Bellon, 1980), il était émouvant en mari de Marlène Jobert, l’aidant dans sa lutte contre le cancer. On aimerait pouvoir voir le méconnu “Un type comme moi ne devrait jamais mourir” (1976) du mordant Michel Vianey où il jouait un bourgeois qui se remettait en question. Il était comédien également dans “La chute d’un corps” (Michel Polac, 1973) et “F. comme Fairbanks” (Maurice Dugowson, 1975). Vous pouvez visiter son Site officiel.

L’affiche de Jean-Michel Folon de “L’amour nu”

Il ne faut jurer de rien !

 

Quoi qu’un peu pépère, il y a  ici la volonté de faire un spectacle de qualité. Alfred de Musset, ne sert ici que de prétexte, pour mieux s’en débarrasser, il s’agit d’en faire une comédie populaire parodique. Il vaut mieux ne pas avoir en mémoire la maestria d’un Jean-Paul Rappeneau dans “Les mariés de l’an II” par exemple. Le résultat du réalisateur Éric Civanyan – auteur du laborieux “Tout baigne” – est assez honorable. Mais j’ai bizarrement entendu plus de rires dans “Les âmes grises”, qu’ici – il y avait une bande d’adolescents ricaneurs, devoirs d’école obligent ? -. Le trio Gérard Jugnot-Mélanie Doutey-Jean Dujardin, s’en donne à cœur joie, dans cette cavalcade de quiproquos. Jugnot rusé et matois, Mélanie Doutey dans le charme, et le bondissant Dujardin anime ce film avec brio, même si on peut déplorer une mise en scène peu inventive, malgré des moyens conséquents.

Mélanie Doutey, Jean Dujardin & Gérard Jugnot

A l’instar des films de Gérard Jugnot, comme réalisateur, il y a un soin particulier sur les seconds rôles de Michèle Garcia en mère maquerelle  – qui sévit sur une publicité bancaire en ce moment “ni fly boat, ni même les fleurs”, Henri Garcin – que l’on est ravi de voir plus souvent en ce moment, en Talleyrand idéal et cynique, Hubert Saint-Macary en contremaître souffre-douleur, Arno Chevrier en truand indélicat, Philippe Magnan en intendant désabusé, Jean-Luc Porraz en Haussmann suffisant, Marie-France Santon – un tempérament – en baronne outrée, Lorella Cravotta en domestique complice, Patrick Haudecoeur en curé obsédé, Jacques Herlin en Lafayette liquide, Jacky Nercessian en apache inquiétant, etc… Au final c’est un bon divertissement, si l’on ne se formalise pas de la tendance “digest”.

Fragments d’un dictionnaire amoureux : André Pousse

 André Pousse dans “Paparoff est de retour”

J’avais évoqué son premier film D’où viens-tu Johnny ?en 1963 avec la surprise de le voir déjà à l’aise, attendant juste d’avoir à dire du Michel Audiard, dans “Nous ne fâchons pas” en 1965, pour figurer comme l’un des personnages les plus truculents du cinéma français. Son nom était tellement associé à Audiard d’ailleurs que quelques médias ont annoncés la mort du dernier des “tontons flingueurs” alors qu’il ne figure d’ailleurs pas dans ce film. Mais dès 1966, Audiard lui donne des répliques très acerbes dans “Un idiot à Paris” (1966), où il compose un chauffeur de taxi râleur, biberonné au Louis-Ferdinand Céline. Il faut le voir raciste et antipathique dans une scène incroyable. Ce cycliste -il jouait ce rôle dans un téléfilm de Maurice Fasquel en 1983 “Le grand braquet”, arrivé sur le tard au cinéma avait donc dès ses premiers films trouvé son emploi. Il était idéal dans des rôles de gangsters, figurant même dans le mésestimé “Un flic” dernier film de Jean-Pierre Melville en 1972, où il se révélait particulièrement inquiétant. Il tient également dans ce type de rôle face à Jean Gabin dans “Le clan des Siciliens” (Henri Verneuil, 1968).  Michel Grisolia parlait de “Profession : aventurier” (Claude Mulot, 1972) dans “Cinéma 73” N° 178/179, de “quelque chose comme “L’homme de Rio” mais en plus vulgaire”, avant de poursuivre : “A vomir la séquence où André Pousse saute sur l’androgyne Nathalie Delon au son du Horst Wessel Lied…”, ce qui donne envie à tout amateurs de “nanars”.  Mais il aime à se tourner lui même en dérision, comme le caïd perdu dans les détournements d’avions dans “O.K. Patron” (Claude Vital, 1973). Il va même jusqu’à se travestir en un centurion mémorable dans “Deux heures moins le quart avant Jésus-Christ” où il officie dans les basses oeuvres de César, et l’on gardera d’un mémorable “Batman” vieux, dans un programme sur le court-métrage sur Canal + “Mikrociné”. Il fallait le voir dans cette panoplie, déplorer son grand âge et désespérer sa concierge en radotant sur ses exploits. Il était utilisé ces derniers temps avec nostalgie par Jean-Marie Bigard en évêque haut en couleur dans “L’âme-soeur” (1998), ou en nettoyeur dans “Comme un poisson hors de l’eau” (Hervé Hadmar, 1998), tueur radical surnommé Le Faucheur. On le retrouvait également à la télévision, au début des années 90 dans la série “Paparoff” avec Michel Constantin et Pascale Petit, en ancien truand “rangé des voitures” devenu restaurateur. Il est souvent narquois ou de mauvais augure, il était d’ailleurs un bon client sur les plateaux de télévision notamment pour évoquer son livre “Je balance pas, je raconte”, où il narrait son parcours et sa vie trépidante, voir à cet effet le blog de David Abiker. Volontiers provocateur, on se souvient de son rôle dans le court-métrage “Deux bananes flambées et l’addition” de Gilles Pujol (1998), où il propose de sodomiser son employé – Christophe Rossignon – après un repas d’affaire juste pour voir la veulerie de son subordonné. Avec lui c’est toute une période du cinéma qui disparaît. Un fan lui a consacré un site : andrepousse.free.fr, d’où provient l’image qui suit.

Filmographie: 1963  D’où viens-tu Johnny ? (Noël Howard & Bernard Paul) – 1965  Ne nous fâchons pas (Georges Lautner) – 1966  Un idiot à Paris (Serge Korber) – 1967  Fleur d’oseille (Georges Lautner) – Le Pacha (Georges Lautner) – 1968  Catherine, il suffit d’un amour (Bernard Borderie) – Faut pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages (Michel Audiard) – 1969  Le clan des siciliens (Henri Verneuil) – Une veuve en or (Francis Rigaud) – Trop petit mon ami (Eddy Matalon) – 1970  Compte à rebours (Roger Pigaut) – Tumuc-Humac (Jean-Marie Périer) – 1971  Le drapeau noir flotte sur la marmite (Michel Audiard) – Un flic (Jean-Pierre Melville) – 1972  Elle cause plus… elle flingue (Michel Audiard) – Quelques messieurs trop tranquilles (Georges Lautner) – L’insolent (Jean-Claude Roy) – Profession : aventuriers (Claude Mulot) – 1973  O.K. Patron (Claude Vital) – 1974  Bons baisers, à lundi (Michel Audiard) – 1975 Attention les yeux ! (Gérard Pirès) – Flic story (Jacques Deray) – Bons baisers de Hong Kong (Yvan Chiffre) – Oublie-moi Mandoline (Michel Wyn) – 1976  Chantons sous l’occupation (André Halimi, documentaire) – Le cœur froid (Henri Helman) – Drôles de zèbres (Guy Lux) – 1977  La septième compagnie au clair de lune (Robert Lamoureux) – 1978 Les égouts du paradis (José Giovanni) – 1981 Le corbillard de Jules (Serge Pénard) – 1982 Deux heures moins le quart avant Jésus-Christ (Jean Yanne) – 1992  Tout petit déjà (David Carayon, CM) – 1994  Requiem pour un con damné (Dominique Bachy, CM) – 1996  En panne (Olivier Soler, CM) – 1997  Moi j’aime Albert (Oliver Soler, CM) – Deux bananes flambées et l’addition (Gilles Pujol, CM) – 1998  L’âme sœur (Jean-Marie Bigard) – Comme un poisson hors de l’eau (Hervé Hadmar) – 2002  Swimming Poule (Hervé Austen, CM) – 2004  Le plein de sens (Erick Chabot, CM). Télévision (notamment) : 1967  Max le débonnaire : De quoi je me mêle (Yves Allégret) – 1972  Bienvenue au vélo (Jacques Audoir, divertissement) – 1973  Au théâtre ce soir : Le million (Georges Folgoas) –  Les maudits rois fainéants (Marion Sarraut, André Flédérick & Jacques Brialy, divertissement) – 1976  N’écoutez pas mesdames (Jeannette Hubert, captation) – 1978  Madame le juge : Le dossier Françoise Muller (Édouard Molinaro) – Le sacrifice (Alexandre Tarta) – Sam et Sally : Lili (Nicolas Ribowski) – 1981  Le mythomane : Fausse mornifle (Michel Wyn) – Salut les champions : Dans les roues d’un géant (Serge Friedman) – Les héroïques (Joël Santoni) – 1982  Mettez du sel sur la queue de l’oiseau pour l’attraper (Philippe Ducrest) – 1983  Cinéma 16 : Le grand braquet (Maurice Fasquel) – On ne le dira pas aux enfants (Philippe Ducrest) – Le nez à la fenêtre (Jean-Claude Charnay) – 1986  Las aventuras de Pepe Carvalho (Le privé) : Young Sierra, peso mosca (Adolfo Aristarain) – 1988  Le loufiat : Intrigues sur canapé (Maurice Fasquel) – L’addition est pour moi : Paparoff est de retour (Denys de La Patellière) – 1989  Le retour de Lemmy Caution (Josée Dayan) – Paparoff : Paparoff efeuille le marguerite (Denys de La Patellière) – 1990  Paparoff : Paparoff enfonce les portes (Entre en action) (Denys de La Patellière) – Paparoff : Paparoff se dédouble (Denys de La Patellière) – Paparoff : Le fric des flics (Denys de La Patellière) – Paparoff : José la baleine (Denys de La Patellière) – Paparoff : L’éléphant bleu (Jean-Pierre Richard) – Le grand dîner (Gérard Pullicino, divertissement) – 1991  Paparoff : Paparoff et les loups (Didier Albert) – 1994/1995  Cluedo (Stéphane Bertin, divertissement) – 1997  Opération Bugs Bunny (Michel Hassan, divertissement) – 2002  Qui mange quoi ? (Jean-Paul Lilienfeld) – 2003  Frank Riva (Patrick Jamain, saison 1) – 2004  Qui mange quand ? (Jean-Paul Lilienfeld). Divers : 2002  Michel Audiard et le mystère du triangle des Bermudes (François-Régis Jeanne & Stéphane Roux, documentaire DVD).

Mise à jour du 06/08/2009

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Jacques Dufilho

   

DR

Ce grand comédien se qualifiant plus volontiers agriculteur que comédien, était un passionné d’équitation – il faisait des concours hippiques dans sa jeunesse -. Un oeil perçant, et un physique particulier, il avait une présence incroyable. Il préfère s’orienter vers le théâtre plutôt que de reprendre la pharmacie familiale – son frère André était d’ailleurs médecin -. Il est engagé en 1938 pour 7 spectacles au théâtre de l’atelier par Charles Dullin, lui aussi passionné de cheval, et qui parlait de lui comme “Un des plus doués parmi mes anciens élèves”. C’est le début d’un parcours théâtral impressionnant.

Sur sa passion du cheval, il trouve un de ses meilleurs rôles à la télévision dans “Milady” (François Leterrier, 1975), où il joue un ancien écuyer du cadre noir de Saumur qui sacrifie sa vie à sa passion, le cheval. En fermier grand-père Eric Caravaca, il est touchant dans “C’est quoi la vie” (François Dupeyron, 1998). On le voyait souvent ces dernières années à la télévision dans un cadre rural, il était excellent en Joffroi de la Maussan, pour Marcel Bluwal en 1987, personnage idéal pour incarner l’univers de Jean Giono.

Le cinéma a assez peu exploité, dans les premières années son grand talent finalement, après le faut départ de l’inachevé “Corsaire” de Marc Allégret en 1939. C’est Jean Devaivre qui dans “La ferme aux sept péchés”,  lui donne un de ses premiers rôles les plus marquants, celui d’un innocent de village sensible. Il est amusant dans une ribambelle de rôles teintés d’humour noir, le fossoyeur dans « Dans l’eau qui fait des bulles » (1960), ou le cycliste maladroit dans “La route joyeuse” de Gene Kelly (1956, où il est hilarant dans un rôle physique et muet. Il passe souvent de rôles amusants à d’autres plus inquiétants, il est idéal dans des ambiances agricoles à l’image de son rôle du père l’Atzec dans “La guerre des boutons” d’Yves Robert qui lui avait confié le rôle du valet de chambre dévoué à la cause d’Arsène Lupin dans  “Signé Arsène Lupin”. Très à l’aise dans la comédie, il vole même la vedette à Fernandel dans “Le bon roi Dagobert” (Pierre Chevalier, 1963), il y est survolté et bizarrement non crédité.

   

Une journée bien remplie

Il trouve cependant des rôles plus intéressants dans les années 70-90. Claude Chabrol, par exemple qui le dirige dans “Le cheval d’orgueil” (1980), qui lui a donné le truculent rôle du commissaire Juve – avec Juan-Luis Buñuel -, dans la série des “Fantômas” diffusé en 1980, face à un Helmut Berger peu inspiré. Jean-Pierre Mocky lui donne quatre de ses meilleurs rôles dans “Snobs !” (1961) où il se fond parfaitement à un univers décalé, il est un villageois inquiétant dans “La grande Frousse” (1964), il obtient un premier rôle dans le méconnu “Chut !” (1971),  où il forme un savoureux duo avec Michael Lonsdale, en fondateur d’une compagnie foncière qui gruge des petits épargnants et tombe amoureux d’un hermaphrodite ! et “Y a t’il un Français dans la salle ?” (1982) où il est un maître-chanteur sentencieux et séquestré par Alexandre Rignault.

Il forme un duo étonnant avec Bernard Blier dans “Ce cher Victor” (Robin Davis, 1974) où dans le rôle de Victor, il découvre que sa femme morte huit ans auparavant le trompait, ce qui n’est en fait qu’une basse vengeance de son souffre douleur Anselme – Blier excellent -. Pierre Schoendoerffer lui confit un de ses meilleurs rôles dans “‘Le crabe tambour” (1977) en chef mécanicien philosophe à bord du “Jauréguiberry”, il l’engage à nouveau en 2001 pour son nostalgique “Là-haut, un roi au-dessus des nuages” (2001) où il est un prêtre témoignant auprès de Florence Darel. Claude Sautet l’engage pour son personnage de libraire homosexuel dans “Un mauvais fils” (1980). Il obtient pour “Le crabe tambour” et “le mauvais fils”, par deux fois le César du meilleur second rôle.

On se souvient de son rôle de boulanger Rousseau, tueur méthodique dans un petit bijou d’humour noir “Une journée bien remplie” (1972), une belle réalisation de Jean-Louis Trintignant. Le cinéma fantastique n’a pas fait beaucoup appel à lui, mais on se souvient du capitaine du navire, véhiculant le cercueil de Nosferatu – et dans l’élan la peste…” dans le remake controversé de Werner Herzog (1978).

Très à l’aise dans la composition, il a fait une multitude de rôles comiques, comme celui de la bonne espagnole dans “Clémentine chérie” (1962), il est à l’aise dans le burlesque chez Louis Malle dans “Zazie dans le métro” (1960), ou la grosse cavalerie “Les bidasses en folie” de Claude Zidi, 1970, ce dernier film restant très amusant, mais a donné à Dufilho de multiples participations à des pantalonnades en Italie, genre Von Buttiglione, restés souvent inédits chez nous. Ses nombreuses heures dans les cabarets – on se souvient de son célèbre monogue de la servante dans “Phèdre” et celui de “La visite du château” lui ont permis de toujours tirer son épingle du jeu dans ce types de comédies. Il a composé un “Pétain” (Jean Marboeuf, 1992) assez saisissant face à un Jean Yanne moins à l’aise dans la composition. Par ses opinions politiques et sa foi – tendance St-Nicolas du Chardonnet -, on lui a reproché avoir voulu sauver son personnage, de même la revue “Positif” avait dit que son rôle d’un des “Valeureux” dans “Mangeclous” (Moshe Mizrahi, 1988), était une manière pour Dufilho de se dédouaner de certaines des ses idées. Il a signé un bon livre de souvenirs, sur le tard : “Les sirènes du bateau-loup” (Éditions Fayard, 2003).

 

Filmographie : 1939  Le corsaire (Marc Allégret, inachevé ) – 1941  Croisières sidérales (André Zwobada) – 1943    Voyage surprise (Pierre Prévert) – Premier de cordée (Louis Daquin) – 1946  Le bateau à soupe (Maurice Gleize) – 1947    Brigade criminelle (Gilbert Gil) – Le destin exécrable de Guillemette Babin (Guillaume Radot) – La figure de proue (Christian Stengel) – Pyrénées, terre de légendes : Les Baiars (Jean Lods, CM) – 1948  La ferme des sept péchés (Jean Devaivre) – 1949  Les étoiles (réalisation seulement, CM) – Vendetta en Camargue (Jean Devaivre) – Histoires extraordinaires (Jean Faurez) – 1950  Bibi Fricotin (Marcel Blistène) – Caroline chérie (Richard Pottier) – 1951  Deux sous de violettes (Jean Anouilh) – Ma femme, ma vache et moi (Jean Devaivre) – 1952  Le rideau rouge/Ce soir on joue Macbeth/Les Rois d’une nuit (André Barsacq) – Un caprice de Caroline Chérie (Jean Devaivre) – 1953  Saadia (Albert Lewin) – Sang et lumières/ Sandre y luces (Georges Rouquier & Ramon Munoz Suay  + version espagnole) – Le chevalier de la nuit (Robert Darène) – 1954  Cadet-Rousselle (André Hunebelle) – 1955  Milord l’arsouille (André Haguet) – Ce sacré Amédée (Louis Félix) – Paris coquin/Paris canaille (Pierre Gaspard-Huit) – Marie-Antoinette (Jean Delannoy) – 1956  Mon curé chez les pauvres (Henri Diamant-Berger) – Notre-Dame de Paris (Jean Delannoy) – La vie est belle (Roger Pierre & Jean-Marc Thibault) – Courte tête (Norbert Carbonnaux) – The happy road (La route joyeuse) (Gene Kelly) – Jusqu’au dernier d(Pierre Billon) – Que les hommes sont bêtes ! (Roger Richebé ) – 1957  Nathalie (Christian-Jaque) – Mademoiselle strip-tease (Pierre Foucaud) – Le temps des oeufs durs (Norbert Carbonnaux) – A tale of two cities (Ralph Thomas) – 1958  Chéri, fais-moi peur ! (Jack Pinoteau) – Et ta soeur (Maurice Delbez) – Le petit prof (Carlo Rim) – Maxime (Henri Verneuil) – Auto-stop & Les Autopathes (Éric Duvivier, CM) [diffuses dans le long métrage “Fou” en 1979] – Taxi, roulotte et corrida (André Hunebelle) – Bobosse (Étienne Périer) – I Tartassi (Fripouillard et compagnie) (Steno [Stefano Vanzina]) – Julie la Rousse (Claude Boissol) – 1959  Signé Arsène Lupin (Yves Robert) – Le travail, c’est la liberté (Louis Grospierre) – Préméditation ? (André Berthomieu) – 1960  Zazie dans le métro (Louis Malle) – Dans l’eau qui fait des bulles/Le garde-champêtre mène l’enquête (Maurice Delbez) – XYZ de Philippe Lifchitz (CM, voix du récitant) – La forêt des hommes rouges (Jean Lehérissey, CM) – Dans la gueule du loup (Jean-Charles Dudrumet) – Le vergini di Roma (Les vierges de Rome) (Carlo Ludovico Bragaglia & Vittorio Coffafavi) – 1961  Le monocle noir (Georges Lautner) – Snobs ! (Jean-Pierre Mocky) – La guerre des boutons (Yves Robert) – La poupée (Jacques Baratier) – 1962  Un clair de lune à Maubeuge (Jean Chérasse) – Les travestis du diable (Jean De Bravura, CM, voix du récitant) – L’âge d’or du fer de Jean Valentin (CM, voix du récitant) – Clémentine chérie (Pierre Chevalier) – Coup de bambou (Jean Boyer) – 1963  L’assassin connaît la musique (Pierre Chenal) – Le bon roi Dagobert (Pierre Chevalier) – Voir Venise et crever (André Versini) – The visit/Der Besuch (La rancune) (Bernhard Wicki) – 1964  Mayeux le bossu (André Charpak, CM, voix du récitant) – La grande frousse/La cité de l’indicible peur (Jean-Pierre Mocky) -Spuit Elf (Paul Cammermans) – Lady L (Peter Ustinov) – 1965  La communale (Jean L’Hôte) – L’or du duc (Jacques Baratier) – La Prima Donna (Philippe Lifchitz, CM, voix du récitant) – James Tont Operazione D.U.E. (Bruno Corbucci) – L’inconnu de Shandigor (Jean-Claude Roy) – 1966  Johnny Banco (Yves Allégret, sous réserve) – Y mañana ? (Emile Degelin) – Anaconda (J. Desvilles & E. Ryssack, documentaire, voix du récitant) – Les têtes brûlées/Cabezas cremadas (Willy Rozier) – Benjamin ou les mémoires d’un puceau (Michel Deville) – 1967  Barbarella (Roger Vadim, voix seulement) – 1968  Les langues mortes (Anne-Marie et Jean Devaivre, CM) – 1969  Appelez-moi Mathilde (Pierre Mondy) – Un merveilleux parfum d’oseille (Renaldo Bassi) – Une veuve en or (Michel Audiard) – 1970  Fantasia chez les ploucs (Gérard Pirès) – Au verre de l’amitié (Claude Makovski, CM) – 1971  Les bidasses en folie (Claude Zidi) – Chut…/Pavane pour un crétin défunt (Jean-Pierre Mocky) – 1972  Corazón solitario (Francisco Betriú ) – Le Chavalanthrope de Mario Ruspoli, CM, voix du récitant) – Une journée bien remplie (Jean-Louis Trintignant) – 1973  Les corps célestes (Gilles Carle) – La grande nouba (Christian Caza [Michel Ardan]) – Un ufficale non si arrende mai nemmeno di fronte all’evidenza, firmato   colonello Buttiglione/Il colonello buttiglione (Si, si, mon colonel) (Mino Guerrini) – Crash ! Che botte strippo strappo stroppo/Si wang yi you (Adalberto Albertini) – 1974  Ce cher Victor (Robin Davis) – Il professore venga accompagnato dai suoi genitori (Mino Guerrini) – Basta con la guerra… facciamo l’amore (Andrea Biachi) – Il colonello Buttiglione diventa generale (Vive la classe !) (Mino Guerrini) – L’erotomane d(Marco Vicario) – 1975  Buttiglione diventa capo del Servizio segreto (Mino Guerrini) – Il soldato di ventura (La grande bagarre) (Pasquale Festa Campanile) – 1976  La victoire en chantant/Blancs et noirs en couleurs (Jean-Jacques Annaud) – Voto di castità (Aristide Massaccesi [Joe D’Amato]) – Il medico e la studentessa (Silvio Amadio) – Dimmi che fai tutto per me (Pasquale Festa Camanile) – 1977  Le crabe-tambour (Pierre Schoendoerffer) – Von Buttiglione Sturmtruppenführer (Ya ya mon colonel) (Mino Guerrini) – 1978  Nosferatu, Phantom der Nacht (Nosferatu, fantôme de la nuit) (Werner Herzog) – 1979  Rue du Pied-de-Grue (Jean-Jacques Grand-Jouan) – 1980  Le cheval d’orgueil (Claude Chabrol) – Un mauvais fils (Claude Sautet) – 1982  Y a-t’il un Français dans la salle ? (Jean-Pierre Mocky) – 1983    Le moulin de monsieur Fabre (Achmed Rachedi) – 1984  La fièvre monte à Castelnau (Patrice Rolet, CM) – Grand-père s’est encore sauvé (Jean-Claude Tourneur, CM) – 1985  L’homme qui n’était pas là (René Féret) – 1987  À notre regrettable époux (Serge Korber) – Le moulin de Dodé (Chantal Myttenaere, CM) – 1988  Mangeclous (Moshé Mizrahi) – La vouivre (Georges Wilson) – 1991  Les enfants du naufrageur (Jérôme Foulon) – 1992  Pétain (Jean Marboeuf) – 1996  Nel profondo paese staniero (Homère, la dernière odyssée) (Fabio Carpi) – 1998  C’est quoi la vie ? (François Dupeyron) – Les enfants du marais (Jean Becker) – 2001  Là-haut, un roi au-dessus des nuages (Pierre Schoendoerffer). Divers : Jacques Dufilho est crédité au générique du film d’Henri-Georges Clouzot “Les espions” (1957), mais ne figure pas dans le film (rôle coupé au montage ?). De même il ne participe pas au film « Le radeau de la méduse » d’Iradj Azimi (1987-1990), film au tournage chaotique.

  
 
 
 Jacques Dufilho dans “Fantômas : L’échafaud magique”

 

Télévision : (notamment) 1953  Le village des miracles (René Lucot) – 1955  Monseigneur (Jean-Marie Coldefy) – 1957  L’affaire Fualdès (Philippe Ducrest) – Rose cocktail (Philippe Ducrest, divertissement) – L’île au trésor (Bernard Hecht) – 1958  L’auberge de la belle étoile (Roger (Lazare) Iglésis) – 1960  Le serment d’Horace (Stellio Lorenzi) – 1962  Le théâtre de la jeunesse : L’auberge de l’ange gardien (Marcel Cravenne) – 1963  La chasse aux corbeaux (Philippe Ducrest) – 1966  L’effet Glapion (Georges Vitaly) – Salle n° 8 (Jean Dewever & Robert Guez) – 1967  Hélène ou la joie de vivre (Claude Barma) – Lagardère (Jean-Pierre Decourt) – 1969  Le huguenot récalcitrant (Jean L’Hôte) – 1974  Josse (Guy Jorré) – 1975  Milady (François Leterrier) – 1977  La vigne à Saint-Romans (Pierre Pradinas) – 1978  Pierrot mon ami (François Leterrier) – Talou, prince secret (Jean-Claude Roy) – Le roi Muguet (Guy Jorré) – Les insulaires (Gilles Grangier) – 1979  Vincendon (Franck Appréderis) – Fantômas : L’échafaud magique (Claude Chabrol) – Fantômas : L’étreinte du diable (Juan Luis Buñuel) – Fantômas : Le mort qui tue (Juan Luis Buñuel) – Fantômas : Le tramway fantôme (Claude Chabrol) – 1980    Les aiguilleurs (Raoul Sangla, captation) – 1981  Solde de tous comptes (Jean L’Hôte) – Un fait d’hiver (Jean Chapot) – 1982  Le fou du viaduc (Guy Jorré) – Les Longuelunes (Jean-Daniel Verhaeghe) – Les insomnies de  Monsieur Plude (Jean Dasque) – Le soleil des autres/Le pigeonnier (Guy Jorré) – Emmenez-moi au théâtre : Chêne et lapins angoras (Yves-André Hubert, captation) – 1983  Le gardien (Yves-André Hubert (captation) – L’étrange château du docteur Lerne (Jean-Daniel Verhaeghe) – Voglia di volare (Ma fille, mes femmes et moi) (Pier Giuseppe Murgia) – 1984  Sogni e Bisogni (Sergio Citti) – Les deux témoins (Michel Farin) – Le passage (Franck Appréderis) – Les magiciens du mercredi de Freddy Charles) – 1985  Espionne et tais-toi : Les vacances du pouvoir (Claude Boissol) – Une femme innocente (Pierre Boutron) – 1987  L’ami Giono : Joffroi de la Maussan (Marcel Bluwal) – Chahut-Bahut d(Jean Sagols) – Le vent des moissons (Jean Sagols) – 1989  Espionne et tais-toi : L’homme qui n’en savait rien (Claude Boissol) – Condorcet (Michel Soutter) – Orages d’été, avis de tempête (Jean Sagols) – 1990  Stirn et Stern d(Peter Kassovitz) – Les bottes de sept lieues (Hervé Baslé ) – Marie-Pervenche : La planche étroite (Jean Sagols) – 1992  Le galopin (Serge Korber) – 1995  Ne coupez pas mes arbres (Michel Treguer, captation) – 2000  Jeanne, Marie et les autres (Jacques Renard) – Le vieil ours et l’enfant (Maurice Brunio).

Théâtre :

1946 LES FRERES KARAMAZOV de DOSTOIEVSKI Théâtre de l”Atelier / 1947 L”AN MIL de Jules ROMAIN avec Charles DULLIN / L”ARCHIPEL LENOIR de Armand SALACROU avec Charles DULLIN / COLOMBES de Jean ANOUILH / LA CONDITION HUMAINE de MALRAUX / UN IMBECILE de PIRANDELLO – à MONTREAL / 1955 LE OUALLON de Jacques AUDIBERTI / LE MAL COURT de Jacques AUDIBERTI avec Suzanne Flon / 1958 LE CHINOIS de BARILLET et GREDY avec Françoise Dorin / 1959 EDMEE de J.L. BREAL – Théâtre de la Bruyère / L”EFFET GLAPION de Jacques AUDIBERTI avec Jacqueline Gauthier / LE MARIAGE DE MONSIEUR / MISSISSIPI de Friedrich DURRENMATT / 1961 LE REVEUR de Jean VAUTHIER – Théâtre La Bruyère / 1962 LES MAXIBULES de Marcel AYME avec François CHRISTOPHE / 1963 LA VISITE DE LA VIEILLE DAME de Friedrich DURRENMATT / DECIBEL mise en scène de Pierre DUX / 1968 CHENE ET LAPINS ANGORA de Martin WALZER – mise en scène Georges WILSON (T.N.P.) / 1969 LE GARDIEN d”Arnold PINTER – mise en scène de Jean-Laurent COCHET / LE PRIX DUSSANE sera décerné à Jacques DUFILHO / 1977 DES FLEURS SUR UN RAIL – mise en scène Georges WILSON / 1979 LES AIGUILLEURS de Brian BHELAN – mise en scène de Georges WILSON au théâtre de l”Oeuvre / 1980 CHUT de Françoise DORIN – mise en scène de Jean-Laurent COCHET – au théâtre des Variétés / 82/83 Tournée FRANCE/ETRANGER de la pièce LE GARDIEN d”Arnold PINTER  / 84/85 L”ESCALIER de Charles DYER -mise en scène Georges WILSON au Théâtre de l”Oeuvre / 86 LEOPOLD LE BIEN AIME de Jean SARMENT – 87 mise en scène Georges WILSON au Théâtre de l”Oeuvre / 1988 JE NE SUIS PAS RAPPAPORT de Herb GARNER – mise en scène Georges WILSON / MOLIERE DU MEILLEUR ACTEUR 1988 / 1991 LE METEORE – de Friedrick DURRENMATT – mise en scène Georges WILSON / 1992 NE COUPEZ PAS MES ARBRES de W .D. HOME, adaptation Marc Gilbert SAUVAJON, aux Bouffes Parisiens / 1993 QUELQUE PART DANS CETTE VIE / SHOW BIS de NEIL SIMON – Mise en scène Georges WILSON / NE COUPEZ PAS MES ARBRES – Mise en scène Michel ROUX / 1994 QUELQUE PART DANS CETTE VIE – d”Israël HOROVITZ – (En Tournée d”été et reprise au THéâtre MARIGNY) / 1995 LE VOYAGE de Gérald AUBERT – Mise en scène de Michel FAGADAU / 1996 COLOMBE – Mise en scène Michel FAGADAU / 1997 COMME UN CERF-VOLANT ENGLOUTI – Mise en scène Yves LE MOIGN’.

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Michel Peyrelon

Il faut déplorer une fois de plus la mort d’une des figures des plus singulières du cinéma français passée sous silence en 2003 – “Les gens du cinéma”, version web n’existait pas alors -. Il fait parti de ces comédiens auquel on assimile volontiers le personnage à ses rôles.  C’était l’homme que vous aimerez haïr malgré une voix douce et souvent calme. Heureusement, on peut se référer au formidable livre de Jacques Mazeau & Didier Thouart “Les grands seconds rôles du cinéma français” (Pac, 1984), hélas épuisé, qui dresse son portrait tout en nuance, nous rappelant son rigoureux parcours théâtral. Ils nous apprennent que Michel Peyrelon, avait créé sa propre compagnie , en 1960 passant des classiques aux auteurs modernes. Ils le montrent d’une grande modestie : “Je n’ai encore rien fait”, déclare cet acteur envahi par le doute et très exigeant vis à vis de lui-même. Dans le court-métrage “La bonne adresse” en 1999, il monte dans le taxi d’Olivier Broche – vedette du “Voyage à Paris”, pour demander à aller à l’adresse où habite précisément son chauffeur, qui s’en étonne avec bonhomie. Le spectateur craint évidemment le pire, et il y a une chute subtile du scénario. Car l’on est habitué à fréquenter Michel Peyrelon dans des rôles de fous dangereux comme son rôle marquant dans “Les seins de glace” (1974) de Georges Lautner avec lequel il a beaucoup travaillé, où il était le jardinier cerbère de Mireille Darc. Il fallait le voir accueillir le jovial Claude Brasseur de manière abrupte, déclenchant les sarcasmes de ce dernier : “…Il tient bien sur ses pattes arrières pour son âge”. Séduit par la présence troublée de sa protégée, il parvient à faire une composition saisissante avec un minimum d’attitudes et de dialogues. Il aura peu de rôles sympathiques, mais on retiendra le rôle du frère mutique de Jacques Debary dans “Rude Journée pour la reine” (René Allio, 1973), subissant sa mauvaise humeur quand il lui rend visite. Il a fait frissonné d’inquiétude plusieurs générations de spectateurs ou de téléspectateurs. Même humilié par Lino Ventura dans Adieu Poulet (Pierre Granier-Deferre, 1975),– il est un truand éboueur -, on est pourtant pas rassuré pour l’inspecteur, son regard se révélant glaçant même dans une situation où il ne peut se défendre. Qu’il entre dans une assemblée de truands comme dans “L’affaire Crazy Capo”, un malaise s’installe d’emblée… Qu’il recueille un jeune orphelin dans le mésestimé “Justinien Trouvé…” (Christian Fechner, 1992), c’est pour lui flanquer des baffes, comme le veut son ordre… Qu’il participe à un film sur l’occupation, c’est pour jouer un collaborateur (“Mon ami le traître, 1988)… Qu’il figure dans un film en Inde en 1925, s’est pour figurer en ignoble trafiquant d’ivoire, flanqué se son acolyte joué par le formidable Serge Merlin, ne dédaignant le meurtre pour arriver à ses fins, dans le méconnu “Tusk” (Alexandro Jodorowsky, 1978). La panique n’est jamais loin avec luiÀ l’image de son magistral Schumacher de “Dupont-Lajoie” dans son rôle de notaire cauteleux, il pousse ces compagnons de vacances dans l’ignominie.  Son côté respectable n’est qu’un masque dissimulant la bassesse et la crapulerie de son personnage. Il est donc à l’aise dans le côté froid, calculateur quand il organise ses basses œuvres. Toujours chez Yves Boisset, n’oublions pas l’autoritaire et opiomane Lieutenant Keller dans “R.A.S.”, le truand manipulateur dans “Folle à tuer”, et le fermier qui brûle évidemment ses terrains pour avoir une assurance dans “Radio Corbeau”. Comme il est toujours formidable dans ce type de rôles, les cinéastes le cantonnent aisément dans ces emplois. Bertrand Blier l’appréciait beaucoup lui confiant un rôle de médecin, devant soigner sous la menace Patrick Dewaere dans “Les valseuses” (1973), l’un des premiers misogynes suivant le tandem Rochefort-Marielle pour prendre le maquis ! “Calmos” (1976), et il est l’un des voisins de Nathalie Baye, “Notre histoire” (1984). 

Michel Peyrelon dans “L’affaire Crazy Capoo”

Dans l’un de ses meilleurs films dans “La part du lion” (Jean Larriaga, 1971), où en sbire de Raymond Pellegrin, il note froidement dans un petit calepin tous mes faits et gestes de ses ennemis ou associés – le tandem  Robert Hossein et Charles Aznavour -. Mais il peut être un sympathique, mari dégénéré de Laura Antonelli dans “Docteur Popaul (Claude Chabrol, 1972), et il trouve un de ses rôles les plus truculents en truand “borsalinesque” dans “La scoumoune” (José Giovanni). Il y est “l’élégant”, en compagnie de son âme damné “Fanfan” – excellent Philippe Brizard -, ses habitudes vestimentaires finissant d’ailleurs par lui jouer des tours… Dans “Le plus beau métier du monde” (Gérard Lauzier, 1996), il est un commissaire compréhensif, bien qu’impuissant face à un Gérard Depardieu dépassé par les événements, le jetant dehors, pour son bien, quand il veut passer une nuit en prison, et allant  même jusqu’à lui apporter des croissants. Il n’aura de cesses que de vouloir casser cette image, osant le burlesque ou les frontières du ridicule, dans “Le faux-cul” curiosité de 1975, signée Roger Hanin, il joue un espion travesti en une Mme Irma d’opérette hautement improbable, diseuse de bonne aventure pour berner un dictateur africain, qui rit sous cape à ce rocambolesque spectacle. Son personnage finit même déguisé en poule dans un cirque, un sacré festival… Dans l’attachant “Un nuage entre les dents” ‘Marco Pico, 1973), il est un travesti dans un spectacle minable. Il vole même la vedette, à un Jerry Lewis pas très à l’aise et doublé par Roger Carel, dans le cornichon “Retenez-moi où je fais un malheur” (Michel Gérard, 1984), où il est un trafiquant camouflé en agent amoureux transi d’une excentrique joué par une Laura Betti déchaînée. Il sombre dans le nanar pur et dur, comme dans les films de Philippe Clair, “Les réformés se portent bien” (1978), où il incarne un capitaine forcément sadique pour mettre au pas des sous-bidasses, tire-au-flanc, sous-doués. Evidemment rendu chèvre par les cloches, il sera éconduit par sa femme – Evelyne Buyle – et même par le caricatural Daniel Derval ! caricature homophobe du gros comique qui tâche, qui préfère partir avec une femme dont il a un enfant !  Dans “Le cowboy” (Georges Lautner, 1984), il nous livre une savoureuse parodie de Don Corleone, composition qu’il reprendra dans l’un des épisodes de “Sueurs froides”, aimable série TV présentée par Claude Chabrol. Il était impressionnant dans un film belge “les sept péchés capitaux” où il était un riche achetant un enfant à des pauvres. Ca manière de prononcer “Ces gens là sont ignobles” est digne d’un Saturnin Fabre déclamant “Tiens ta bougie droite” dans “Marie-Martine”. Un très grand comédien mort dans la plus totale discrétion en juin 2003 avec un spectre assez large des films d’auteur à Philippe Clair. Précisons que Claude Lelouch et Mehdi Charef l’appréciaient  beaucoup. Il était capable des nous embarquer dans des dimensions fantastiques, comme son rôle de directeur de cirque dans “Le nain rouge” (Yves Le Moigne, 1997). À noter que Michel Peyrelon a souvent participé à des films de jeunes metteurs en scènes (“Un professeur d’Américain” tourné pour l’INA, l’expérimental “Xueiv”, vieux à l’envers…), dans des films expérimentaux ou marginaux, et a eu même un premier rôle, selon Thouart et Mazeau, dans “Véronique ou l’été de mes treize ans” de Claude Guillemin, aux côtes d’Anouk Ferjac. Derrière ses compositions de monstres, on devinait une sensibilité certaine, reste à savoir si ce comédien cultivé avait souffert de ses rôles inquiétants.

Filmographie : 1962  Un mari à prix fixe (Claude de Givray) – 1963  Les vierges (Jean-Pierre Mocky, rôle coupé au montage ?) – 1969  Un condé (Yves Boisset) – 1970  Vertige pour un tueur (Jean-Pierre Desagnat) – Un beau monstre (Sergio Gobbi) – Valérie (Tadeusz Matuchevski, inédit) – 1971  La part des lions (Jean Larriaga) – Biribi (Daniel Moosmann) -1972  Docteur Popaul (Claude Chabrol) – Le fils (Pierre Granier-Deferre) – La scoumoune (José Giovanni) – R.A.S. (Yves Boisset) – 1973  L’affaire Crazy Capo (Patrick Jamain) – Rude journée pour la reine (René Allio) – Les valseuses (Bertrand Blier) – Un nuage entre les dents (Marco Pico) – Les seins de glace (Georges Lautner) – Dupont-Lajoie (Yves Boisset) – Véronique ou l’été de mes treize ans,(Claudine Guillemin) – 1975  Le chat et la souris (Claude Lelouch) – Adieu poulet (Pierre Granier-Deferre) – Folle à tuer (Yves Boisset) – Le faux-cul (Roger Hanin) – Le bon et les méchants (Claude Lelouch) – Calmos (Bertrand Blier) – Les oeufs brouillés (Joël Santoni) – 1976  Dora ou la lanterne magique (Pascal Kané ) – 1977  L’imprécateur (Jean-Louis Bertucelli) –  Un professeur d’américain (Patrick Jeudi, inédit en salles, mais diffusion TV [Caméra je]) – 1978  Ils sont fous ces sorciers (Georges Lautner) – One Two Two, 122 rue de Provence (Christian Gion) – Les réformés se portent bien (Philippe Clair) – Ces flics étranges… venus d’ailleurs (Philippe Clair) – Les égouts du paradis (José Giovanni) – Flic ou voyou (Georges Lautner) – 1979  Le gagnant (Christian Gion) – Gros câlin (Jean-Pierre Rawson) -Tusk (Alejandro Jodorowsky) – 1980  Rendez-moi ma peau (Patrick Schulmann) – 1981  Plus beau que moi tu meurs (Philippe Clair) – Xueiv (Patrick Brunie, inédit) – 1982  Transit (Takis Candilis, inédit) – Drôle de samedi / Samedi, samedi (Bay Okan) – Anton Muze (Philippe Setbon, CM) – La femme ivoire (Dominique Cheminal) – 1983  Flics de choc (Jean-Pierre Desagnat) – Retenez-moi… ou je fais un malheur ! (Michel Gérard) – 1984  Le voyage d’Antoine (Christian Richelme, CM) – Le cowboy (Georges Lautner) – 1985  Suivez mon regard (Jean Curtelin) – 1986    Miss Mona (Mehdi Charef) – La vie dissolue de Gérard Floque (Georges Lautner) – 1987  Camomille (Mehdi Charef) – 1988  Mon ami le traître (José Giovanni) – Radio corbeau (Yves Boisset) – 1989  Feu sur le candidat (Agnès Delarive) – 1990  Un vampire au paradis (Abdelkrim Bahloul) – 1991  Les sept péchés capitaux (Béatriz Florez Silva, Frédéric Fonteyne, Yvan Le Moine, Geneviève Mersch, Pierre Paul Renders, Olivier Smolders & Pascal Zabus)  – deux épisodes, dont « La pureté », d’Yan Le Moine) – 1992  Une journée chez ma mère (Dominique Cheminal) –  Les visiteurs (Jean-Marie Poiré) –  1994  Le grand blanc de Lambaréné  (Bassek Ba Kabhia) – 1996  Le plus beau métier du monde (Gérard Lauzier) – Monsieur Paul (Gérard Goldman, CM) – 1997  À fond la caisse (Vincent Rivier, CM) – Le nain rouge  (Yvan Le Moine) – 1999  La bonne adresse (Gérard Goldman, CM) – 2000  Trois petits monstres et puis s’en va (Vincent Weil, CM) – 2002  Merguez, panini, kebab, Jambon-beurre (Stéphanie Aubriot & Nicolas Acker, CM)  

Télévision : 1962  Hélène (Claude Dagues) – 1963  Fortune (Henri Colpi) – 1966  Au théâtre ce soir : Topaze (Pierre Sabbagh) – 1968  Les Burgraves (Maurice Cazeneuve) – 1973  Arsène Lupin : Herlock Sholmes lance un défi (Jean-Pierre Desagnat) – 1975  Plus amer que la mort (Michel Wyn) – Splendeurs et misères des courtisanes (Maurice Cazenave, mini-série) – 1976  La grande peur (Michel Favart) – 1977  Commissaire Moulin : Marée basse (Jacques Trébouta) – Le naufrage du “Monte Cristo” (Josée Dayan) – Les samedis de l’histoire : Un été Albigeois, la grève des ouvriers verriers de Carmaux (Jacques Trébouta) – Banlieue sud-est (Gilles Grangier, mini-série) – Les héritiers : Le codicille (Jacques Trébouta) – 1978  Jean-Christophe (François Villiers, mini-série) – Cinéma 16 : Le rabat-joie (Jean Larriaga) – Aurélien (Michel Favart, mini-série) – Messieurs les ronds de cuir (Daniel Ceccaldi) – Sam et Sally : Week-end à Deauville (Nicolas Ribowski) – Sam et Sally : Lili (Nicolas Ribowski) – 1979  L’orange amère (Roger Hanin) – Cinéma 16 : Deux femmes aujourd’hui (Daniel Moosmann) – L’éclaircie (Jacques Trébouta) – Une femme dans la ville (Joannick Desclercs) – 1980  Le noeud de vipères (Jacques Trébouta) – Le roman du samedi : Le coffre et le revenant (Roger Hanin) – Fantômas : L’étreinte du diable (Juan Luis Buñuel) – Fantômas : Le mort qui tue (Juan Luis Buñuel) – 1981  Le roman du samedi : Mémoires de deux jeunes mariés (Marcel Cravenne)  – Henri IV (Jeannette Hubert, captation) – Cinéma 16 : La jeune fille du premier rang (Pascal Lainé ) – 1982  Julien Fontanes : Une fine lame (François Dupont-Midy) – 1983  Trois morts à zéro (Jacques Renard) – La vie de Berlioz (Jacques Trébouta) – 1984  Disparitions : Double fond (Yves Elléna) – Dis, dis-moi que tu m’aimes (Yves Barbara, MM) – Rue Carnot (plusieurs réalisateurs) – Chateauvallon [épisode 12] (Serge Friedman) – 1985  Série noire : Pitié pour les rats (Jacques Ertaud) – Messieurs les jurés : L’affaire Gadet (Gérard Gozlan) – Le regard dans le miroir (Jean Chapot) – 1986  Madame et ses flics : Le corbeau informatique (Roland-Bernard) – Catherine (Marion Sarraut, série) – Cinéma 16 : Domicile adoré – Do-Mi-Si-La-Do-Ré (Philippe Condroyer) – L’heure Simenon : Un nouveau dans la ville (Fabrice Cazeneuve) – 1987  Marie Pervenche : La dernière patrouille (Claude Boissol) – Un nouveau dans la ville (Fabrice Cazeneuve) – Une occasion en or : Les mémés sanglantes (Bruno Gantillon) – Marc et Sophie : A star is bône (Georges Bensoussan, CM) – Le grand secret (Jacques Trébouta) – Nuit d’enfer (Philippe W. Guillaume) – Deux maîtres à la maison : Sentiments distingués (Philippe Galardi) – 1988  Marc et Sophie : Nous ne maigrirons pas ensemble (Georges Bensoussan, CM) – Marc et Sophie : Adam et chèvre (Ariane Adriani, CM) – Sueurs Froides : Black Mélo (Philippe Setbon, CM) – M’as-tu-vu ? : Maquillage (Éric Le Hung) – Le crépuscule des loups : Dans le labyrinthe (Jean Chapot) – Marie Pervenche : Boomerang (Serge Korber) – La comtesse de Charny (Marion Sarraut, série) – 1989  Blaues Blut : Der skandal (Robert Young) – La vie Nathalie (Pierre Goutas, série) – V comme vengeance : Un amour tardif (Patrick Jamain) – Le masque : La radio (Yves Barbara) – Le système Navarro : Strip show (Gérard Marx) – Panique aux Caraïbes : Quelques dollars de plus (Jean-Claude Charnay) – 1990  Sniper (Klaus Biedermann) – Deux flics à Belleville (Sylvain Madigan) – V comme vengeance : Plagiat et meurtre (Bernard Queysanne) – Les hordes (Jean-Claude Missiaen, mini-série) – 1991  Scoop : Années de plume, années de plomb (Nicolas Ribowski) – Lola : Lucette et le boucher (Laszlo Szabo, CM) – Piège pour femme seule (Gérard Marx) – 1992  Vacances au purgatoire (Marc Simenon) – 1993  Inspecteur Médeuze : Poulet fermier (Philppe Triboit) – Un comissario a Roma : Una chiave (Luca Manfredi) – Commissaire Dumas D’Orgheuil : John (Philippe Setbon) – Chute libre (Yves Boisset) – Le tunnel (Yves Boisset) – 1995  Quatre pour un loyer : Le baron se marie (Georges Barrier, CM) –  1999  L’enfant de la honte (Claudio Tonetti) – 2001  Médée (Don Kent, captation).

 Théâtre (source Arte) : Après une formation auprès de Jean Dasté et à l’école du TNS et débute dans La Mort de Danton de Buchner avec Jean Vilar. Pour sa compagnie – Théâtre 43 – il présente et interprête Sartre avec Huis-Clos, Beckett avec Fin de Partie, Maturin avec Bertram, Calderon avec La vie est un songe, Rosewitz avec Le Dossier, Marivaux avec Le petit Maître corrigé et Molière avec Le Bourgeois Gentilhomme. Il crée en France Fando et Lis d’Arrabal, Les deux Jumeaux de Benayoun, L’escalier de Silas de Geneviève Serreau. Il a travaillé également sous la direction de Stuart Seide dans Hôtel de l’Homme Sauvage de J.P Fargeau, Alain Françon dans L’Ordinaire de Michel Vinaver, Pierre Romans dans La Dame aux Camélias, Jean-Luc Boutté dans La Volupté de l’Honneur de Pirandello, Lluis Pascal dans Le Chevalier d’Olmedo de Lope de Vega, Jean Lacornerie dans Diabelli d’Hermann Burger, Saint Georges chez les Brocchi de Gadda, Come Adesso de Delgiudice, Kleist de Grosjean, Quand tombent les toits d’Henri Michaux et Eva Peron de Copi, Jean-Paul Lucet dans Un Faust Irlandais de Durrell, Michèle Marquais dans Don Carlos de Schiller, Jorge Lavelli dans Slaves de Tony Kushner et Jean-Christophe Sais dans Sallinger de Koltès. Pour Jacques Lassalle, il joue dans La Bonne Mère de Goldoni, Bérénice de Racine, Andromaque d’Euripide, L’Homme difficile d’Hofmannsthal, La vie de Galilée de Brecht et Tout comme il faut de Pirandello.  

ZIM & CO

On est de prime abord surpris par la tonalité assez grave de cette  comédie réussie, qui traduit une inquiétude sourde de parent d’élèves. Pierre Jolivet est toujours à l’aise avec l’air du temps et soucieux de ne pas tomber dans les clichés. Si on a du mal à voir en Adrien Jolivet, à la présence un peu envahissante – + B.O. en prime -, autre chose qu’une jeune projection de son père, Naidra Ayadi, Mhamed Arezki et Yannick Nasso font preuves d’un formidable abattage. Le film est centré Victor Zimbietrovski, dit Zim, et de ses amis Safia aux prises avec son patron qui l’exploite – un tempérament, Abbes Zahmani -, Cheb bricoleur génial et Arthur carrossier, redoutant l’autorité de son père – Maka Kotto, formidable comédien et l’un des comédiens fétiches de Jolivet, il fait preuve ici d’une autorité bienveillante -. Jolivet s’amuse avec les situations, et avec son scénariste Simon Michaël est conscient des risques, le trio de garçons “black/blanc/beur” de étant comparé à un “casting pour pub Benetton”, par un pote. Le petit groupe se laisse vivre tranquillement en bricolant ou accumulant les petits boulots au “black”. “Zim” lui est obligé de comparaître devant un juge après un accident, après une petite fumette, on lui lui promet de faire de la prison, le système de la double peine s’appliquant après un incident mineur, il a la surpise de découvrir qu’on  lui reproche une récidive de délit de fuite. Il doit revenir avec des fiches de paies, et doit obtenir “une caisse” pour obtenir un travail.

Yannick Nasso, Adrien Jolivet, Mhamed Arezki et Naidra Ayadi

Nathalie Richard dans le rôle de la jeune mère de Zim, nous offre une composition particulièrement subtile en mère “débrouille” – elle fait des travaux de plomberie -, partagée entre son rôle maternel et celui de la bonne copine, elle éblouissante dans la scène où elle apprend que son fils lui a dissumulé ses tracas. Nos jeunes amis doivent faire preuve de débrouillardise face un monde adulte plus qu’hostile, à l’image du chauffeur vindicatif joué avec verve par Michel Fortin – il était présent dans un des précédents films de Jolivet : “Strictement personnel” -. On flirte souvent avec la caricature avec les adultes – tous très bien joués-, la trop rare Nada Stancar en examinatrice féroce (et raciste) d’auto-école, Jean-Claude Frissung en ouvrier bègue combinard et touchant, Guilaine Londez en juge sévère, Pierre Diot en entrepreneur désinvolte, Éric Prat en vendeur de polo par petites annoncesetc…, mais sans trop y tomber. Pierre Jolivet nous dresse un portrait attendri, sans misérabilisme, critique les dérives de son temps et de notre système tout en nous proposant une comédie enlevée, autour de ce petit groupe solidaire et dynamique. A recommander vivement, cet oeuvre proposant une vision plus juste et non spectaculaire de la banlieue.

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Annonce de la mort d’Eva Renzi, dont on se souvient de son personnage torturé dans “L’oiseau au plumage de cristal” de Dario Argento.

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Paul Le Person

 

Annonce un peu tardive de la mort de l’excellent Paul Le Person, mort le 8 Août dernier. Il y avait du Bourvil chez cet homme, une sorte de bon sens paysan, une décontraction et un humour à froid à l’image de son célèbre Perrache dans “Le grand blond avec une chaussure noire” et sa suite. Très à l’aise dans l’humour en général il campait un commissaire que Pierre Richard fait tourner en bourrique lors d’une déposition après une tentative de suicide : “Les malheurs d’Alfred (Pierre Richard, 1973). Il est l’un des moines rigolards avec Bernard Musson, Guy Montagné et Marcel Pérès, dissertant sur la vie des saints, jouant aux cartes avant d’être victime de l’exhibitionnisme de Michael Lonsdale en chapelier – fou forcément – masochiste dans “Le fantôme de la liberté” (Luis Buñuel, 1974). Le très bon dictionnaire du cinéma breton de Gérard-Louis Gautier (Télégram édition, 1995), nous rappelle qu’il était “attiré très tôt par l’École des Arts décoratifs, il devient dessinateur industriel. Après audition, il s’inscrit au théâtre de L’Ambigu. Elène de Roger Clairval au théâtre de l’Odéon, il est engagé d’abord dans des opérettes avant de jouer “Le brave soldat Svejk” (Jaroslav Hasel), monté par José Valvez en 1965″. Découvert dans les années 60 au cinéma, il martyrisait le pauvre bredin joué par Jean Lefebvre dans “Un idiot à Paris” (Serge Korber, 1966), rôle bizarrement non crédité et finissait par jouer du bidon frappé de folie, privé de son bouc émissaire. Très marqué par ses origines bretonnes “Le cheval d’orgueil” (Claude Chabrol, 1980) ou les films d’Albert Dupontel, il pouvait être aussi tenace tel le commissaire dans “Un cave” (Gilles Grangier 1971). On se souvient du rôle du passeur dans le beau “Les violons du bal” (Michel Drach, 1973), et de son Ganimard dans la version télé d’Arsène Lupin avec François Dunoyer dans le rôle titre dans les années 90. On l’a vu récemment en grand-père taiseux d’Adrien dans “La chambre des officiers” (François Dupeyron, 2000) ou en curé onctueux dans “Vipère au poing” (Philippe de Broca, 2003), en attendant deux téléfilms encore inédits en France mais diffusés en Belgique “L’évangile selon Aîmé” et en Suisse “Le bal des célibataires”, dans deux rôles de prêtres également. Solide, il faisait toujours preuve d’humanité ou de malice. A lire l’indispensable hommage d’Yvan Foucart pour  Les gens du cinéma, en attendant l’hommage prochain d’Yvan Foucart. Bibliographie : L’humanité  : La noblesse des seconds rôles par Bruno Vincens.

 Filmographie : 1965   La vie de château (Jean-Paul Rappeneau) – Un homme et une femme (Claude Lelouch) – 1966   Safari diamants (Michel Drach) – Un idiot à Paris (Serge Korber) – Le voleur (Louis Malle) – 1967   Mise à sac (Alain Cavalier) – Alexandre le bienheureux (Yves Robert) – 1968   Sous le signe de Monte-Cristo (André Hunebelle) – 1970   Mont-dragon (Jean Valère) – Le voyou (Claude Lelouch) – On est toujours trop bon avec les femmes (Michel Boisrond) – 1971   Les malheurs d’Alfred (Pierre Richard) – Un cave (Gilles Grangier) –  1972   Le grand blond avec une chaussure noire (Yves Robert) – 1973   Le train (Pierre Granier-Deferre) – Les violons du bal (Michel Drach) – 1974   Le fantôme de la liberté (Luis Buñuel) – Le retour du grand blond (Yves Robert) – 1975   Chobizenesse (Jean Yanne) – 1976   Coup de foudre (Robert Enrico, inachevé ) – 1978   Coup de tête (Jean-Jacques Annaud) – 1980   Le cheval d’orgueil (Claude Chabrol) – Les ailes de la colombe (Benoît Jacquot) – 1981   Neige (Juliet Berto et Jean-Henri Roger) – Jamais avant le mariage (Daniel Ceccaldi) – 1983   Le juge (Philippe Lefebvre) – 1984   Le jumeau (Yves Robert) – Monsieur de Pourceaugnac (Michel Mitrani)  – 1985   Douce France (François Chardeaux) – 1989   L’autrichienne (Pierre Granier-Deferre) – 1990   Lacenaire (Francis Girod) – La dernière saison (Pierre Bécu) – 1991   Blanc d’ébène (Cheik Doukouré ) –  1992   Amour, amor (Abder Saïd, CM) – 1996   Bernie (Albert Dupontel) – 1998   Le créateur (Albert Dupontel) – 2000   La chambre des officiers (François Dupeyron) – 2001   Les jours où je n’existe pas (Jean-Charles Fitoussi) – 2003   Vipère au poing (Philippe de Broca) – 2005   Tête de gondole [épisode de liaison “Gégé et Lulu”] (Didier Flamand) .

Avec Lorella Cravotta dans “L’évangile selon Aimé” DR

Télévision :  (notamment) : 1963  Les Sonderling (René Lucot) – Le timide au palais (René Lucot) – Théâtre de la jeunesse : Le général Dourakine (Yves-André Hubert) – Félix [Épisodes : Le wagon-lit; Le gain de temps; L’horoscope; Le cinéma; Le camping; La politesse & 1er avril] (Christian Duvaleix, CM, série) – 1964  Théâtre de la jeunesse : Le magasin d’antiquités (René Lucot) – 1966   Rouletabille chez le Tzar (Jean-Claude Lagneau, série TV) – En votre âme et conscience : La mort de Sidonie Mertens (Marcel Cravenne) – 1967  Théâtre d’aujourd’hui : Le brave soldat Chweik (Jean-Paul Roux) – 1968   Le théâtre de la jeunesse : Ambroise Paré : Les victoires (Jacques Trébouta) – Lumières dans la nuit / Nuit d’octobre ou les lumières dans la nuit (André Michel) – Tribunal de l’impossible : Nostradamus ou le prophète en son pays (Pierre Badel) – Les grandes espérances (Marcel Cravenne) – 1969   Sainte Jeanne (Claude Loursais) – 1970   La demande en mariage : Le Couarail (Jean L’Hôte) – Vieille france (André Michel) – Reportage sur un squelette ou masques et bergamasques (Michel Mitrani) – Un mystère par jour : La chimère (Jacques Audoir) – Tête d’horloge (Jean-Paul Sassy) – La mort de Danton (Claude Barma) –  1971   Tartuffe (Marcel Cravenne) – François Gaillard : Pierre (Jacques Ertaud) – Les enquêtes du commissaire Maigret : Maigret à l’école (Claude Barma) – 1972   Les sanglots longs (Jean-Paul Carrère) – La malle de Hambourg (Bernard Hecht) – Les champs de pierre (Joseph Drimal) – La tuile au loup (Jacques Ertaud) -Les dernières volontés de Richard Lagrange (Roger Buckhardt) – Les Thibault (André Michel et Alain Boudet) – 1973   Le bleu d’outre-tombe (Édouard Logereau) – La feuille de Bétel (Odette Collet) – Les glaces (Claude Dagues) – Histoire d’une fille de ferme (Claude Santelli) – 1974  A vos souhaits… la mort (François Chatel) – Jeanne ou la révolte (Luc Godevais) – L’homme au contrat (Jacques Audoir) – Messieurs les jurés : L’affaire  Varney (André Michel) – Quai de l’étrangleur (Yves-André Hubert) – 1975  Salavin (André Michel) – Les Rosenberg ne doivent pas mourir (Stellio Lorenzi) – 1976   Les cinq dernières minutes : Le pied à l’étrier (Claude Loursais) -Bonjour Paris (Joseph Drimal) – Adios (André Michel) – Le gentleman des Antipodes (Boramy Tioulong) – François Le Champi (Lazare Iglésis) –  1977  Zoo ou l’assassin philanthrope (Renaud Saint-Pierre) – Inutile d’envoyer photo (Alain Dhouailly) – Banlieue Sud-Est (Gilles Grangier) -Emmenez-moi au Ritz (Pierre Grimblat) – L’ancre de miséricorde (Bernard d’Abrigeon) – Les héritiers : Adieu l’héritière (Roger Pigaut) – 1978   Le devoir de français (Jean-Pierre Blanc) – Les héritiers : le quincailler de Meaux (Pierre Lary) – Les procès témoins de leur temps : Le jour où l’on me trouvera morte (Roger Kahane) 1979   Le baiser au lépreux (André Michel) – La nuit de l’été (Jean-Claude Brialy) – Les amours de la belle époque : Ces dames aux chapeaux verts (André Flédérick) – Le tour du monde en 80 jours (André Flédérick, captation) – 1980   Caméra une première : Code 41617 (Claude Vajda) – Histoires étranges : Le marchand de sable (Pierre Badel) – Au théâtre ce soir : La queue du diable (Pierre Sabbagh) – L’épreuve (Alain Dhouailly) – Les mytères de Paris (André Michel) – Docteur Teyrand (Jean Chapot) – 1981  Les fiançailles de feu (Pierre Bureau) – Blanc, bleu, rouge (Yannick Andréi) – Cinéma 16 : Le marteau-piqueur (Charles Bitsch) – Le mystère de Saint-Chorlu (Claude Vajda) – Livingstone (Jean Chapot) – Commissaire Moulin : Le patron (Claude Boissol) – 1982   Marcheloup (Roger Pigaut) – Paris-Saint-Lazare (Marco Pico) – Mozart (Marcel Bluwal) – 1984   Les ferrailleurs des lilas (Jean-Paul Sassy) – Manipulations (Marco Pico) – Les copains de la Marne (Christian Spiero) – Le scénario défendu (Michel Mitrani) – 1985   Messieurs les jurés : L’affaire Féchain (Alain Franck) – Cinéma 16 : Les idées fausses (Éric Le Hung) – L’argent du mur (Jean-François Delassus) – Médecins de nuit : Mot de passe (Jean-Pierre Prévost) – 1987   L’or noir de Lornaac (Toni Flaadt) – Drôle d’occupations (Alain Boudet) – 1988   Les enquêtes du commissaire Maigret : La morte qui assassina (Youri) – 1989   Les jupons de la Révolution : Talleyrand ou Les lions de la revanche (Vincent de Brus) –  Le retour d’Arène Lupin (Michel Wyn, Jacques Besnard, Philippe Condroyer, Jacques Nahum & Jordi Cardena, saison 1) – 199? Mésaventures : Billet doux (Jacques Audoir) & La fille au couteau à cran d’arrêt (Éric Le Hung) – 1992  Mésaventures : La gloire de mon oncle (Sélim Isker) – Château au Portugal (Julien Vartet) – 1993   Clovis : La vengeance du clown (François Leterrier) – 1994   Les nouveaux exploits d’Arsène Lupin (Alain Nahum, Nicolas Ribowski, Vittorio Barino, Victorio de Sisti & Philippe Condroyer, saison 2, 1994-1996) – 1996   Les allumettes suédoises : David & Olivier – 3 sucettes à la menthe (Jacques Ertaud) – L’orange de Noël (Jean-Louis Lorenzi) – 1997   Miracle à l’Eldorado (Philippe Niang) – 1998   H : une histoire de voisin (Édouard Molinaro) – 1999   Le rouge et le blanc (Jean-Louis Lorenzi) – 2001   BRIGAD : Dialogue de sourds (Marc Angélo) – Le champ dolent, le roman de la terre (Hervé Baslé ) – 2002   Joséphine ange gardien : Le compteur à zéro (Henri Helman) – 2003   Blandine, l’insoumise : Une si jolie plage (Claude d’Anna) – 2004   L’évangile selon Aîmé (André Chandelle) – Le bal des célibataires (Jean-Louis Lorenzi)  

 

Non datés :   LE COUTEAU DANS LA PLAIE de Jean Chapot (titre de tournage du « Docteur Teyrand » ?) CHRONIQUE D’UNE MAISON PROVINCIALE FRANCOIS VILLON de Serge Nicolaesco LES PIQUE ASSIETTES de Jean-Luc Moreau / ELLE ET LUI / Derrière le miroir DUVAL Secrets d’outre tombe de Bertrand Van Effenterre  

Théâtre : notamment

LE BRAVE SOLDAT SWEIK / LE CONCILE D’AMOUR HADRIEN VII CRIME ET CHATIMENT / ZOO, mise en scène de Jean Mercure / SI T’ES BEAU T’ES CON de Françoise DORIN TURCARET d’Alain-René Lesage, mise en scène de Serge Peyrat (1975) LADY PAIN D”EPICE  / LE TOUR DU MONDE EN 80 JOURS, mise en scène Jacques Rosny / LES CRUCIFICATIONS DE LA ST BARTHELEMY mise en scène de Jean Mercure / LES BAS FONDS MARIAGE de Bernard SHAW IONESCO d’Eugène Ionesco, mise en scène de Roger Planchon (1986) / LES NUITS DIFFICILES de Dino BUZZATI LES BRUMES DE MANCHESTER,  mise en scène Robert Hossein (1986) / LE COURRIER DE LYON,  mise en scène Robert Hossein LA LIBERTE OU LA MORT,  mise en scène Robert Hossein / LA ZIZANIE MASTER CLASS LA CHAUVE SOURIS (Opéra de Nice) / JE M’APPELAIS MARIE-ANTOINETTE, mise en scène  Robert Hossein / LE DINDON de Georges Feydeau, mise en scène  Francis Perrin

A lire le témoignage d’Albert Dupontel dans son BLOG qui a répondu très aimablement en évoquant le comédien suite à ma demande.

Remerciements à Patrick Bernard. Mise à jour du 17/01/2009

UN MILLIARD DANS UN BILLARD

  C’est une plaisante comédie policière franco-allemano-suisse, sur le mode de “Topkapi” film de Jules Dassin. Modèle de décontraction et d’ingéniosité – les alarmes de plusieurs banques déclenchées par des guignols sortant de leurs boîtes, faisant tourner les autorités en bourriques. Nicolas Gessner, a une œuvre européenne éparse et à redécouvrir (“Douze plus un”, “La petite fille au bout du chemin, etc…”. L’ambiance très bonne enfant est réjouissante, dominée par la classe de Claude Rich dans le rôle de Bernard Noblet qui devait jouer l’année d’après dans le même registre léger et malin dans « Les compagnons de la marguerite » de Jean-Pierre Mocky. Il est un caissier persifleur, d’une grande banque suisse et qui subit l’agressivité constante des riches clients, et les assauts d’un chef tatillon – Henri Virlojeux, impeccable -.

Jean Seberg et Claude Rich (DR)

Il rencontre Bettina, Jean Seberg, à la présence inquiète. C’est une aventurière vivant sous le joug de sa mère – l’actrice allemande Elisabeth Flickenschildt -, elle est lésée dans son activité son un romantisme. Son activité trouble déteint sur Bernard Noblet, qui aidé par son ami Roger – Pierre Vernier, un grand sous-utilisé pour cause de succès dans la série “Rocambole”, tente de détourner les fruits d’un hold-up, histoire de s’évader d’une routine pesante. L’amie de Bernard, Juliette – superbe Elsa Martinelli -, ne manque pas de devenir jalouse du flirt de Bernard et Bettina… Le film, par une idée astucieuse – des guignols mécaniques déclenchent l’alarme de plusieurs banques, quand ils bondissent de leurs boîtes  -. Le ton est léger, bien dialogué par Charles Spaak qui mine de rien dénonce le système bancaire suisse et ridiculise les autorités. Il y a beaucoup d’excellents seconds rôles, voir fiche d’IMDB , l’ordre du générique étant en cours de validation. De France Rumilly – la bonne sœur de la série des gendarmes – en femme volée, Jacques Balutin, Jacques Dynam ou Bernard Musson en policiers dépassés, Jacques Morel en assureur roublard, Annette Poivre en femme de ménage, etc… et quelques acteurs allemands typés. C’est un film charmant à découvrir…

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Katia Tchenko

Katia Tchenko

Tout peut arriver, c’est peut-être la comédienne que j’ai le plus souvent vu nue au cinéma, nombreux sont les ceux qui comme moi lui doivent quelques émois. Elle est aussi adulée des amateurs de “nanars”. Elle avait, par exemple, une curieuse manière de faire du stop dans “La carapate” (Gérard Oury, 1978), topless, et elle ne faisait rien d’autre qu’à causer des accidents ! Elle figurait comme star dans “L’odeur des fauves” de Richard Balducci en 1971, avec l’excellent Maurice Ronet, et c’était pour elle le rôle le plus improbable du monde ! Une certaine vulgarité assez saine et une forte sensualité qui faisait son petit effet. Et on la retrouve ces derniers temps, habillée, dans les films de Pascal Thomas, Jacques Otzmeguine et surtout le méconnu “On va nulle part et c’est très bien” de Jean-Claude Jean, avec l’excellent Maurice Lamy. Le site Bide&Musique nous apprend qu’elle a fait un disque.

Le jour où j’ai fait sa filmo pour les Les gens du cinéma, Yvan Foucart avait trouvé son état civil exact d’ailleurs, j’étais à des années lumière de supposer qu’elle pourrait être un jour décorée des insignes de chevalier dans l’ordre national du mérite. Je me mets à croire alors, à un champ des possibles plus grand… que Dieu peut exister et n’est pas seulement une vue de l’esprit… qu’il y a peut-être une parcelle de dignité quelque part chez Alexia Laroche-Joubert… que la vie à plus d’imagination que nous… Le bonheur céleste est possible, la vie est belle, Patrick Le Laye sera inhumé au Panthéon…

Pour preuve le discours de Renaud Donnedieu de Vabres, le 13 juin dernier :

“Chère Katia Tchenko,

Je suis très heureux de vous distinguer aujourd’hui pour vous dire à la fois mon admiration, celle que je porte à votre talent, et aussi ma reconnaissance, au nom de la France, pour le rôle que vous n’avez cessé de jouer, au-delà de votre carrière d’artiste, au service de l’amitié et des liens culturels qui unissent la France et la Russie. Vous êtes française, vous êtes une authentique parisienne, et vous êtes restée attachée à vos racines. Vos parents étaient médecins, et avaient d’ailleurs souhaité que vous suiviez cette voie : élève douée et précoce, vous saviez que, en dépit de votre facilité, et de votre goût pour les sciences, les arts de la scène auraient votre préférence. Votre volonté a eu raison du déterminisme familial et vous avez intégré d’abord les formations des conservatoires du 15e et du 16e arrondissement, puis le Conservatoire national supérieur d’art dramatique, où vous avez fait le choix de la musique. Vous vouliez tout apprendre : la comédie, la danse, et le chant, à l’image des formations de vos pairs américains. Vous avez d’ailleurs par la suite intégré l’Actor’s Studio de New York et achevé une formation d’une grande richesse, dont peu d’artistes peuvent se vanter.

 

Vous saviez tout faire, et il n’était pas un domaine du spectacle qui ne vous intéressait pas. C’est d’abord l’opérette qui vous a offert vos premiers rôles : vous avez notamment joué au Théâtre Mogador dans une œuvre de Francis Lopez, La Route fleurie. Vous racontez d’ailleurs qu’un producteur de Las Vegas vous y avait repérée et proposé de mener une revue au fameux Dunes, où Line Renaud a fait une partie de sa carrière. Mais Mogador ne voulait pas vous laisser partir. Plus tard, aux Folies Bergères, vous avez fait le numéro de Mistinguet, allant choisir dans le public des messieurs aux « physiques marquants »…

Et puis, vous avez continué votre carrière dans le théâtre, le cinéma et la télévision, en France et à l’étranger. Votre connaissance de la langue russe vous a souvent placée dans la position, parfois inconfortable, de traductrice : vous racontez volontiers que l’année où Les Yeux noirs, le film de Nikita Mikhalkov, avait été sélectionné à Cannes, vous aviez ainsi, de manière très amicale, traduit des discussions tardives et joyeuses entre le ministre russe de la culture de l’époque et le représentant d’Unifrance. Je trouve admirable la générosité avec laquelle vous avez, de manière constante, abordé votre carrière, en vous rendant toujours disponible, avec simplicité et sincérité, au service de l’amitié entre la France et la Russie. Ainsi, par exemple, vous avez accompagné des missions humanitaires de médecins français au chevet des enfants victimes de Tchernobyl.

Parmi les temps forts de votre carrière, je crois que l’on peut notamment retenir La Chambre de l’Évêque, de Dino Risi, qui avait été programmée au Festival de Cannes en 1977, et dans lequel vous jouiez aux côtés de Patrick Dewaere et d’Ornella Muti. Comment ne pas citer aussi L’Important c’est d’aimer, le film d’Andrzej Zulawski dans lequel vous jouiez le rôle de Myriam ? Vous avez aussi tourné dans de très nombreux films populaires. Je pense par exemple à La Carapate de Gérard Oury, un film qui, je crois, vous a laissé des souvenirs forts, en particulier parce qu’il vous avait fallu vous “effeuiller” par – 4°C et provoquer un carambolage : vous racontez que vous aviez pu affronter cette épreuve physique en vous aidant d’un peu de vodka ! On dirait que la Russie vient comme cela régulièrement vous secourir. Et vous le lui rendez bien ! En 1999, vous avez écrit et monté un spectacle sur Pouchkine au Théâtre Molière – Maison de la poésie avec des musiciens. Parce que le théâtre demeure un art authentiquement populaire, vous êtes en ce moment même en tournée avec une pièce d’Eugène Labiche, Le plus heureux des trois, aux côtés de Pierre Bellemare. Vous n’arrêtez pas de travailler : il faut dire que vous disposez de talents tout à fait rares et qui, cela s’est vérifié depuis vos débuts, ont conquis de nombreux créateurs.

Katia Tchenko, au nom du Président de la République, et en vertu des pouvoirs qui nous sont conférés, nous vous faisons chevalier dans l’Ordre national du Mérite”. source : Culture.gouv.fr

Et comme disait Pierre Desproges “Étonnant ! non ?”. Mais trêve de sarcasmes, cette comédienne vaut beaucoup mieux que son image légère. Pascal Thomas utilise avec malice son image en princesse russe cachée dans une mystérieuse clinique. Elle fait toujours mouche comme dernièrement à la télévision en voisine revêche mais qui se révèle serviable et toujours sensible aux jeunes hommes dans “La smala s’en même” ou dans “Je retourne chez ma mère” en bonne copine d’Annie Cordy qui se verrait bien “femme cougar” auprès de Pierre Cassignard. Son charme et sa drôlerie sont toujours présent. Voir aussi le trombinoscope de “BDFF”

À lire également son portrait chez Nanarland.

Filmographie, établie avec Christophe Bier & Armel de Lorme :

1967  J’ai tué Raspoutine (Robert Hossein) – 1969  Dossier prostitution (Jean-Claude Roy) – La promesse de l’aube / Promise at Dawn (Jules Dassin) – Les cousines (Louis Soulanes) – La maffia du plaisir (Jean-Claude Roy) – 1970  Les assassins de l’ordre (Marcel Carné ) – 1971  L’odeur des fauves (Richard Balducci) – 1972  L’insolent (Jean-Claude Roy) – Les tentations de Marianne (Francis Leroi) – Les charlots font l’Espagne (Jean Girault) – Pas folle la guêpe (Jean Delannoy) – 1973  Les charnelles (Frédéric Lansac [= Claude Mulot]) – Le concierge (Jean Girault) – 1974  Deux grandes filles dans un pyjama (Jean Girault) – L’important c’est d’aimer (Andrezj Zulawski) – L’éducation amoureuse de Valentin (Jean Lhôte) – La messe dorée (Béni Montrésor) – Le pied !… (Pierre Unia) – Serre-moi contre toi, j’ai besoin de caresses (Jean Le Vitte [=Raoul André]) – 1975  La Stanza del vescovo  (La chambre de l’évêque) (Dino Risi) – 1976   Cours après moi que je t’attrape (Robert Pouret) – Drôles de zèbres (Guy Lux) – Blue Jeans (Hugues Burin des Rosiers) – 1977  Le mille-pattes fait des claquettes (Jean Girault) – L’ombre et la nuit (Jean-Louis Leconte) – 1978  L’horoscope (Jean Girault) – La carapate (Gérard Oury) – Général… nous voilà (Jacques Besnard) – Les bidasses au pensionnat (Michel Vocoret) – Et la tendresse bordel (Patrick Schulmann) – 1979  Haine (Dominique Goult) –  L’oeil du maître  (Stéphane Kurc) – Gros câlin (Jean-Pierre Rawson) – The Fiendish Plot of Dr. Fu Manchu (Le complot diabolique du Dr. Fu Manchu) (Piers Haggard) – 1980  L’ombre et la nuit (Jean-Louis Leconte) – 1981  Le bahut va craquer (Michel Nerval) – Qu’est-ce qui fait courir David (Elie Chouraqui) – Servantes iz Malog Mista (Daniel Marusic) – 1982  Qu’est-ce qui fait craquer les filles (Michel Vocoret) – On n’est pas sorti de l’auberge (Max Pécas) – Mon curé chez les nudistes (Robert Thomas) – C’est facile et ça peut rapporter vingt ans ! (Jean Luret) – L’émir préfère les blondes (Alain Payet) – 1983  Mon curé chez les Thaïlandaises (Robert Thomas) – American dreamer (Vidéo : Une américaine à Paris) (Rick Rosenthal) – 1984  Code name : Emerald (Titre TV : Nom de code, émeraude) (Jonathan Sanger) – Premier pas (Christophe Barry, CM) – 1985  Bâton rouge (Rachid Bouchareb) – La vraie histoire du chaperon rouge (Anne Ikhlef, CM) – 1986  Club de rencontes (Michel Lang) – 1994  Paris Melody (Youra Bouditchenko, CM) – 1996  On va nulle part et c’est très bien (Jean-Claude Jean) – 1997  Madeline (Id) (Daisy Scherler von Mayer) – Ronin (Id) (John Frankenheimer) – 2000  Mon année 1919 (Zhuang Zingzong) – Mercredi, folle journée! (Pascal Thomas) – 2002  Rémy Bernard (Mikhaël Levy, CM) – Den Xia Ping (Ding Yin-Nan) – 2003  Trois couples en quête d’orage (Jacques Otmezguine) – 2005  Antonio Vivaldi, un prince à Venise (Jean-Louis Gillermou) – L’un dans l’autre (Audrey Schebat, CM) – 2008  Transportor 3 (Le transporteur 3) (Olivier Mégaton) – 2011  Associés contre le crime… (Pascal Thomas) – 2012  De l’autre côté du périf’ (David Charhon) – 2013  Casting (Franck Tempesti, CM) – 2016  Sous le même toit (Dominique Farruggia).

Nota : elle n’apparait pas – rôles coupés au montage final ? – dans “Le bal des voyous” (Jean-Claude Dague, 1966) et “Les ringards” (Robert Pouret, 1978), bien que créditée dans les catalogues des “Bois d’Arcy”,

Télévision (notamment) : 1970  Les enquêtes du commissaire Maigret : L’écluse (Claude Barma) – Vive la vie (Joseph Drimal, saison 3) – 1971  Le voyageur des siècles : L’album de famille (Jean Dréville) – Schulmeister, espion de l’Empereur : Au pays de l’eau tranquille (Jean-Pierre Decourt) – 1973  Chéri-Bibi (Jean Pignol, série) – L’Alphoméga (Lazare Iglésis, Série TV) – Les grands musiciens : La vie et l’oeuvre de Jules Masset (Maurice Jaquin) – 1974  Le vagabond (Claude-Jean Bonnardot, série) – La mouche bleue (Jean-Paul Sassy) – 1975  La chasse aux hommes (Lazare Iglésis, série TV) – L’inspecteur mène l’enquête : Le mort du bois de Boulogne (Marc Pavaux et Armand Ridel) – 1978  Madame le juge : Autopsie d’un témoignage (Philippe Condroyer) – Douze heures pour mourir (Abder Isker) – Quatre jours à Paris (Jean Canolle, captation) – Le temps des as (Claude Boissol, série) – Sam et Sally : Isabelita (Jean Girault) –1979  Par devant notaire : La résidence du bonheur (Jean-Laviron, CM) – Petit déjeuner compris (Michel Berny) – Histoires insolites : La boucle d’oreille (Claude Chabrol) – Fantômas : L’échafaud magique (Claude Chabrol) – 1980  Le Kimono rouge (Olivier Gérard & Yuji Murakami) – Histoires étranges : La mort amoureuse (Peter Kassovitz) – Frénésie tzigane (Georges Paumier) – Au théâtre ce soir : Hold-Up (Pierre Sabbagh) – 1981  Paris-Porto-Vecchio (Anne Revel) – La route fleurie (Jean-Roger Cadet) – Au théâtre ce soir : Il est important d’être aimé (Pierre Sabbagh) – Au théâtre ce soir : Comédie pour un meurtre (Pierre Sabbagh) – Au théâtre ce soir : À cor et à cri (Pierre Sabbagh) – Staline est mort (Yves Ciampi) – La double vie de Théophraste Longuet (Yannick Andréi) – Exil (Egon Günther) – 1982 Au théâtre ce soir : Les pas perdus (Pierre Sabbagh) – 1983  Au théâtre ce soir : La cruche (Pierre Sabbagh) – 1983  Au théâtre ce soir : Je l’aimais trop (Pierre Sabbagh) – Les brigades du tigre : La fille de l’air (Victor Vicas) – 1984  Disparitions : Double fond (Yves Elléna) – Le petit théâtre : Y a rien eu (Gérard Thomas, CM) – Au théâtre ce soir : Nono (Pierre Sabbagh) – Au théâtre ce soir : Le mal de test (Pierre Sabbagh) – 1985  Clémence Aletti (Peter Kassovitz, mini-série) – Bulman : Sins of Omission (Roger Tucker) – 1986  Les enquêtes du commissaire Maigret : Maigret voyage (Jean-Paul Carrère) –  Claire (Lazare Iglésis) – Médecins de nuit : Temps mort (Emmanuel Fonlladosa) – 1986/1987  Demain l’amour (Emmanuel Fonlladosa, série) – 1987  Marc et Sophie : Croque-en-jambe (Jean-Pierre Prévost, CM) –  1988/92  Vivement Lundi (plusieurs réalisateurs) – 1990  Les pique assiettes : Et qu’ça saute (Michèle Lucker, CM) – 1998  Ma voyante préférée (Bernard Dumont, sitcom AB, diffusion câblée) – 1999  Revient le jour (Jean-Louis Lorenzi) – 2002  72 heures : mariage impossible (Oliver Pardot) – 2003 De soie et de cendre (Jacques Otzmeguine ) – 2003  Ariane Ferry : Fâcheuse compagnie (Gérard Cuq) – 2004  Confession d’un menteur (Dider Grousset) – 2005  Le chapeau du p’tit Jésus (Didier Grousset) – 2006  Le clan Pasquier (Jean-Daniel Verhaeghe) – 2007  Le sanglot des anges (Jacques Otzmesguine) – Aïcha (Yamina Benguigui) – 2010  Trois filles en cavale (Didier Albert) – 2011 Injustice (Benoît d’Aubert) –  Je retourne chez ma mère (Williams Crépin) – La smala s’en mêle : Un nouveau départ (Didier Grousset) – Le jour où tout a basculé : La veuve noire (Luc Chalifour) – 2012  La smala s’en mêle : Sauvage concurrence (Didier Grousset) – Tout doit disparaître (Christian Faure) – Scènes de ménage – 2013  La smala s’en mêle : Je vous salue maman (Didier Grousset) – 2014  La smala s’en mêle : Drôle d’héritage (Olivier Barma) – La smala s’en mêle : Vos papiers s’il vous plaît (Thierry Petit) – 2016  La smala s’en mêle : Tout va bien se passer (Pascal Lahmani) – 2017  Mama a tort (François Velle, mini-série).