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LA CONFIANCE RÈGNE

C’est un film à ne pas sous-estimer, malgré l’accueil assez hostile de la critique, lors de sa sortie. Étienne Chatiliez et Laurent Chouchan – réalisateur de l’acerbe “Vertige de l’amour” – ne me semblent pas porter pas de jugements sur ses personnages.  Ils observent ces électrons libres que sont Christophe et Chrystèle, deux paumés campés sur leur faculté de survivre le jour le jour, comme le plaisir immédiat de “boire une mousse”  – une réplique de Chrystèle promide à devenir culte – Chatiliez n’a pas un regard condescendant  – ce qui n’était pas l’avis de l’équipe du “Masque et la plume” sur France Inter – mais acerbe, il n’épargne les travers de personne ni des grands bourgeois, ni de ces petits malfrats.  Son film n’est pas “aimable” et nous tend un miroir peu flatteur de notre société, en appuyant où ça fait mal et dérange visiblement. Il ose jouer sans cesse sur le fil du rasoir, voir la scène des parents, joués formidablement par un couple véritable, André Wilms et Evelyne Didi en parents de Cécile de France, qui explique bien des choses sans s’appesantir. Comme toujours chez ce perfectionniste de Chatiliez, le moindre détail est juste, et les situations sont crédibles.  Cécile de France et Vincent Lindon nous offrent une poignante et drôle composition. Ils se mettent en danger et en n’essayent pas d’être plus malins que leurs personnages, ils apportent une humanité. On ressent de l’empathie pour ces deux personnages, finalement très travailleurs, au-delà d’une composition formidable.

Jacques Boudet, Martine Chevallier, Cécile de France & Vincent Lindon

Chatiliez sait laisser sa chance aux acteurs comme le couple de Jacques Boudet et Martine Chevallier, il faut voir ces personnages de notables englués dans leur médiocrité et travers. Il convient de saluer particulièrement ces deux comédiens ;  Boudet , un fidèle à l’univers de Guédiguian, était déjà chez Chatiliez en magistrat qui sort de son rôle pour proposer à André Dussollier de corriger son « têtard » dans « Tanguy ». Il  est attachant dans son rôle de mari peu dupe de la mesquinerie de sa femme. Martine Chevallier – grande carrière à la comédie Française et syndicaliste touchante dans “Violence des échanges en milieu tempéré” – nous touche par son personnage plein de faiblesses.  Le reste de la distribution est à l’avenant, Eric Berger prouve qu’il ne faut pas le cloisonner à son rôle de “Tanguy”, Anne Brochet qui marque durablement des rôles désormais trop courts pour son talent – “Histoire de Marie et Julien”, “Je suis un assassin” – rayonne en bourgeoise humaniste.  Il faut citer également dans les seconds rôles, Jean-Luc Porraz en banquier dépité, Erick Desmaretz en exploiteur, Pierre Vernier en mari volage ou Catherine Hosmalin en prostituée, etc… Malgré quelques faiblesses de rythme – la séquence nouveaux riches -, le ton de ce film est digne de la tradition de l’âge d’or de la comédie italienne et montre qu’Étienne Chatiliez sait se renouveler et nous surprendre toujours.

Le lien du jour :

Il convient de signaler un nouveau site et l’excellent travail de Philippe Pelletier, collaborateur des “Gens du cinéma”, pour le site CinéArtiste, c’est d’autant plus remarquable qu’il est difficile de trouver des informations en Français sur le cinéma Allemand. La maquette est lumineuse et attractive. Un site à suivre de près.

Bon vent !

BRAIIISSE DE NAIIISSE

Brice de Nice” est un phénomène de société c’est indéniable, il repose sur un personnage remarquablement caractérisé et écrit par Jean Dujardin, qui jouit d’un capital de sympathie remarquable. Quelque soit le média, le personnage a devancé le film, et grâce au web, a déjà viré au « culte ». Il est difficile de faire exister un personnage définissant à lui seul un univers. Pour preuve Fernand Raynaud a échoué au cinéma, et Raymond Devos, n’a pas su traduire son originalité à l’écran, dans « La raison du plus fou » qu’il a co-réalisé avec François Reichenbach. L’idée n’est cependant pas neuve, à l’exemple des sketches de Robert Lamoureux repris dans la série des deux films de Jean-Paul Le Chanois : “Papa, maman…”.

Le film de James Huth, est assez décevant, et traduit assez mal l’équivalent cinématographique de l’univers de Jean Dujardin. Mais les répliques sont cultes, et traverse désormais notre quotidien. Pour avoir vu ce film, en avant-première à Bordeaux – ils faisaient un marathon de salles, à travers la Gironde avec Bruno Salomone -, on pouvait constater que la majeure partie du public était acquise d’avance. En dehors le la performance de Jean Dujardin, seul Clovis Cornillac arrive a faire exister son personnage, amenant même un décalage et même une sensibilité. Élodie Bouchez et Bruno Salomone ont plus une présence qu’un véritable rôle. Les seconds rôles sont inexistants, de François Chattot, père de Brice, riche escroc couvant avec excès son fils, Mathias Mlekuz en avocat fatigué, Alexandra Lamy en fantasme, ou Patrick Ligardes en banquier névrotique. Il y a Antoine Duléry, formidablement sous-utilisé et venu en ami.

Jean Dujardin & Antoine Duléry

Invité par Pierre Bénard directeur de l’UGC Ciné-Cité de Bordeaux, j’avais bu un verre en compagnie de Jean Dujardin et d’Antoine Duléry, venu présenter en avant-première « Toutes les filles sont folles » avec la réalisatrice Pascale Pouzadoux. J’ai eu ainsi le privilège de voir deux formidables artistes modestes et attachant – Jean Dujardin venait de tourner “Les convoyeurs” et avait une cicatrice sur le nez venant d’une scène de bagarre du film, et dû à François Berléand ! Ce sont deux grands cinéphiles, et le talent que l’on peut voir est l’écran n’est qu’une capacité infime – Antoine Duléry, surtout – de leur art. Il fallait les voir, pour Antoine Duléry imiter Jean Gabin ou Michel Serrault, reprendre des dialogues de Michel Audiard, Jean Dujardin imiter Robert de Niro – son grand classique – et formidablement Charles Denner, lorsque l’on a évoqué le travail avec Claude Lelouch, et les tirades de “L’aventure c’est l’aventure”.

Pour l’anecdote, Antoine Duléry avait évoqué le téléfilm “caution personnelle” tourné en 2002, où il joue un petit entrepreneur écrasé par les difficultés. Comme tétanisé, il s’effondre, mais est aidé par sa femme – Anne Coesens, formidable -, après avoir été abusé par un ami banquier – Bruno Todeschini – en crise avec sa femme – Pascale Arbillot, parfaite – peinée de cette malversation. Voir la distribution que j’avais rajoutée pour IMDB.

France 3 avait annoncé ce téléfilm en septembre dernier, mais a été annulé parce qu’une banque, selon Télérama, s’est reconnue dans ce récit et à fait différer l’oeuvre à mai dernier ! J’ai pu le voir sur sous ce titre, très vite ensuite sur le câble. Mais la sortie sur France 3, ne s’est faite que sous le titre de “La belle affaire”. Curieux est le temps où une banque puisse interdire un sujet d’actualité.

LE BLUES DU PRE-TRENTENAIRE

Deux petits cousins, l’un sous lithium, l’autre sous oxygène, “Garden State” & “I love huckabees”, l’un semble virer au culte, l’autre irriter.

Garden State, il y a un travail magnifique, ici en France, de “Marketing” qui flirte sur la vague “Sideways” film d’Alexandre Payne. On prévend ce film comme déjà culte, sur des gens qui vous ressemble, souffrant de cette apathie qui semble s’abattre sur tout le monde – surtout Mézigue en ce moment d’ailleurs -. Le film de Zach Graff, figure dans le top 250 des films les mieux notés, des films sur IMDB, ce qui me laisse pantois ! Mais Braff – qui a déjà un univers, c’est déjà pas mal – semble un peu roublard, s’expose complaisamment – Un nombriliste sous calment – et insiste lourdement sur la moindre de ses trouvailles.

Braff a la chance d’avoir une distribution remarquable, qui donne de l’épaisseur à des personnages schématiques, il faut tout le brio d’un Ian Holm, pour faire exister ce rôle de père mal aimant-mal aimé, la radieuse Natalie Portman, en adolescente en quête d’amour, et Peter Sagarsgaard – décidément à l’aise dans l’ambiguïté – en désoeuvré plombé. La partie la plus intéressante me paraît le classique retour dans sa ville natale, du personnage d’Andrew Largeman assez bien vue, et la confrontation avec le regard qu’ont les connaissances qui restées et donc condamnée à vivoter – le jeune policier, les fossoyeurs, etc… -. Le chemin initiatique de “Large” est plutôt manichéen, entre des personnages incongrus, d’un groom libidineux, de receleur bucolique ou de médecin déballant sa vie sexuelle. Je suis en ce moment en train de regarder la saison 3 de “Six feet under” et ça ne supporte pas la comparaison.

Mais le film gagne sur l’air du temps entre indolence et inquiétude, la quête de l’âme soeur – vaste programme – dans des personnages où il est plus facile de faire preuve d’empathie. Une BO splendide donne l’illusion d’une oeuvre originale, mais on est loin de l’univers de Woody Allen ou de Paul Thomas Anderson, cités par les distributeurs qui ne sont pas les derniers pour la déconne – ils avaient annoncées “Le projet Blair Witch” comme le film le plus terrifiant depuis Shinning !” -. Le film de Zach Braff est une promesse de talent cependant, si le succès ne lui monte pas au nez. Attendons !

Plus singulier, plus novateur “I love huckabees”, si vous connaissez quelqu’un qui a aimé ce film présentez le moi, car je n’ai vu que le contraire. C’est un film attachant, choral, même si il y a un gros problème de rythme et qu’au final le film déçoit. La distribution détonne sur ce film choral, Jason Schwartzman ,rejeton de la tribu Coppola, est allumé et histrion. Il est la figure centrale de ce film en pré-trentenaire revanchard. On retrouve en couple de détectives existentiels – belle idée – Lily Tomlin jubile & Dustin Hoffman décale, Isabelle Huppert semble s’amuser de son image d’échappée de l’oeuvre d’Hal Hartley, Jud Law et Naomie Watts joue avec leurs images, Marc Walhberg prend enfin de la consistance, et on s’amuse à reconnaître Tippi Hedren et Talia Shire – soeur de… – ou Saïd Tagmaoui en griot éteint.

David O’Russell renvoie dos à dos, toutes les philosophies du mieux vivre, et d’aspirines de l’âme, dans un revival des sisties, à l’image du personnage de Richard Jenkins – le père dans “Six feet under” -, qui affublé d’une fausse barbe, se donne une bonne conscience en élevant un orphelin africain – scène incroyable du repas – ou le pacte final des pseudos gourous.  C’est un film cynique, salutaire et revigorant mais qui au final et inexplicablement manque sa cible, hélas…

Décidément le trentenaire déclinant que je suis va pouvoir, sur les écrans, compatir avec ses congénères ventres-mous, figurant en belle cible de ces types de films qui partagent ses “crises existentielles”. La mienne en se moment est, Maurice Chevit reprendra t’il son rôle de Marius dans “Les Bronzés 3”, on a les questionnements qu’on peut…

AVANT QU’IL NE SOIT TROP TARD

Dernier avatar du blues des trentenaires, “Avant qu’il ne soit trop tard” déçoit, même si on note des progrès de Laurent Dusseaux par rapport à la comédie très oubliable “Le coeur à l’ouvrage”.

Il y a beaucoup d’écueils dans ce film, l’incapacité de rendre l’ivresse d’une soirée, autre que tournoyer vainement autour des acteurs, des dialogues, une vision de la vie, et des aphorismes d’Alain Layrac tombant dans le ridicule, de bons comédiens sacrifiés (Éric Savin, Manuel Blanc, Lisa Martino). Une espèce d’amertume, de pessimisme ambiant, et de bons comédiens Frédéric Diefenthal, Jules Sitruck, Édouard Montoute – continuant à montrer une nouvelle sensibilité, sauve un peu ce film.

Il faut saluer particulièrement Vanessa Larré en handicapée écorchée vive, Élodie Navarre -vraiment pas aidée dans un rôle lourdingue – en ravissante idiote, et surtout la lumineuse Émilie Dequenne, dont les choix sont toujours judicieux.

Un sentiment mi-figue, mi-raison, pour cet ersatz du pauvre du beau “Les copains d’abord” de Lawrence Kasdan.

Article du Figaro, par Emmanuèle Frois, le 014/05/2005

CINÉMA Émilie Dequenne joue dans le dernier film de Laurent Dussaux «Avant qu’il ne soit trop tard» Itinéraire d’une battante

«Je ne veux pas être cataloguée dans un genre, je change de tête à chaque fois. A quoi bon jouer, sinon?», explique Emilie Dequenne. (DR.)

Un visage triangulaire, des yeux en amande d’un bleu profond qui vont droit au but. Et des mains carrées qui embrassent la vie sans compter. «Au bout des doigts j’ai de nombreuses petites volutes, elles sont, dit-on, l’apanage des terriens. C’est un symbole qui me plaît. Dans ma famille on est menuisier, jardinier, ouvrier.» Emilie Dequenne est de ces natures bulldozers qui séduisent par leur détermination sans faille. «Comme disait ma mère quand j’étais petite : «Tu ferais mourir les autres pour arriver à tes fins.» Elle exagérait à peine. J’ai parfois des oeillères tant je suis concentrée sur l’objectif à atteindre. Avec l’âge j’essaye de me calmer», ajoute, sans grande conviction, la comédienne qui n’aura que 24 ans en août prochain.

Elle a tout fait, très vite comme si elle était en perpétuelle course contre la montre. Elle est de la race des sprinteuses. Elle trace, saute les obstacles, sans effort apparent. «A 2 ans je parlais comme une adulte. A 8, maman me mettait dans un cours de théâtre parce que je chantais sur les tables. A 16 ans, j’ai eu mon bac. Je voulais entrer au Conservatoire mais il fallait avoir 18 ans, alors, en attendant, je me suis inscrite en sciences politiques. Entre-temps il y a eu le casting pour Rosetta.» On connaît la suite, à 17 ans, elle montait les marches du Palais des festivals et remportait le prix d’interprétation à Cannes avec le film des frères Dardenne. «Je fonce, je suis un vrai taureau, disent les frères à mon sujet. Mais, au début, je rougissais devant leur caméra.»

Elle n’a qu’un mot à la bouche, qui lui va bien d’ailleurs et qui revient comme une ritournelle : «le travail». «Je suis issue d’un milieu modeste. Dans ma famille on est courageux. J’ai reçu une éducation ouvrière, dans le respect du travail bien fait.» Douze longs-métrages depuis ses débuts. Avec des rôles qui ne se ressemblent pas. «Je ne veux pas être cataloguée dans un genre, je change de tête à chaque fois. A quoi bon jouer, sinon ?» Comtesse chez Christophe Ganz, patiente sur le divan d’Yves Lavandier, femme de ménage pour Claude Berri… Elle est aujourd’hui Aurélia, une jeune femme délurée, croqueuse d’hommes. Elle les consomme et les jette aussitôt dans Avant qu’il ne soit trop tard, un film sur une bande de trentenaires désenchantés. Un rôle osé, sexy. «A l’exception de Laurent Dussaux le réalisateur, personne ne voulait de moi pour incarner Aurélia, déclare-t-elle avec franchise. La production et même mon agent étaient frileux.» Alors, comme toujours, elle s’est battue. «Je voulais ce rôle à tout prix. Ils voulaient me proposer un autre personnage. Mais je suis restée ferme. Deux semaines avant le tournage, la production m’a rappelée.»

Comme on pouvait l’imaginer, elle n’a pas envie de jouer les potiches. «C’est pour cette raison que je tenais à incarner Aurélia. Elle est franche, honnête, libre. Elle assume ce qu’elle est, c’est enviable.» Après Avant qu’il ne soit trop tard, Emilie a enchaîné les films. De profundis d’Antoine Santana, Le Pont du roi Saint-Louis de Mary McGuckian avec Robert DeNiro, et actuellement elle fait face à la caméra d’Alante Kavaité pour Ecoute le temps. «L’histoire d’une jeune femme ingénieur du son dont la mère a été assassinée dans sa maison de campagne. Elle mène l’enquête et va se rendre compte que le village est bien étrange…» Elle a maigri pour le rôle. «J’ai toujours été ronde. On me disait que c’était ma nature. Mais finalement ma corpulence n’était pas une fatalité.»

Elle vit un conte de fées dont elle n’avait jamais osé rêver. «Ma vocation c’était le théâtre. Pas le cinéma. J’habitais à Vaudignies dans le Hainaut, il fallait faire 25 kilomètres pour aller voir un film. On y allait donc très rarement. Mais j’aimais le côté paillettes du septième art. Heureusement que je ne suis pas de la génération de la «Star Academy». Sinon je serais tombée dedans ! La célébrité ne m’intéresse que pour une chose, elle me permet de choisir mes rôles.» En France, on ne la reconnaît pas dans la rue, sauf quand elle sort sa carte bancaire dans les magasins. «Ce sont des gens qui connaissent mon nom grâce à mon travail.» Quand elle ne tourne pas, elle vit dans sa maison de Haute-Normandie avec son amoureux musicien et leur petite fille Milla aux boucles d’or. «Elle a 2 ans et demi. Elle m’a dit dans son langage imagé qu’elle voulait être maquilleuse de costume.» Emilie en est folle. «Elle est aussi capricieuse que moi, enfant».

FRÈRES DE SANG

Certains films laissent perplexe comme ce “Frères de sang” de Kang Je-gyu. Dès les premiers plans du film, je me dis qu’il va falloir passer près de 2h30, ce qui est une perspective affolante pour cette oeuvre qui manque singulièrement d’affect. Ce mélange de mièvrerie et de sauvagerie inouïe, louche sur le l’efficacité d'”Il faut sauver le Soldat Ryan”. On passe son temps à faire l’aller et le retour entre ces deux films, ce qui est assez fatiguant. Rajouter à tout ça une pincée de “Sergent York”, chef d’oeuvre d’Howard Hawks où un pecors – Gary Cooper – devient machine de guerre, saupoudrer le tout d’un glaçage hollywoodien, caractérisez bien outrageusement, les personnages, histoire de loucher un peu sur le public occidental et les amateurs de jeux video. On retrouve tout dans ce film, Les grandes amours contrariées, Les glaces à l’eau, le patriotisme… Pervertir l’histoire complexe de la Corée pour donner un spectacle me paraît assez vain finalement. Et enfin sortir de ce film, laminé, rincé, blême comme au sortir du train fantôme, pour se dire “C’est comme les coups sur la tête, ça fait du bien quand ça s’arrête !”. La débauche de moyens et une musique tendance “N’est pas Morricone” qui veut, dessert le film déjà bien roublard et faussement réaliste. Si vous souhaitez savoir ce que l’on ressent dans un tambour d’une machine à laver, aller voir ce film…

Lessivé, on titube vers la sortie, accompagné des mines défaites des spectateurs, les grands moments d’émotions et de dédramatisation flirte en fait avec le ridicule, et rien ne nous est épargné dans la guimauve. Et l’on se souvient du dernier petit miracle du cinéma coréen “Locataires”, et deux des meilleurs films de 2004, “Old boy” et le magistral “Memories of Murder”, et l’on pense que surfer sur la mode extrème-orient n’augure pas que des chefs-d’oeuvres. Ce “frères de sang” me semble complaisant et démonstratif, mais tout ça reste de la subjectivité, au regard de quelques critiques positives, mais le temps est très long quand on reste à la porte d’un film. C’est dommage pour un sujet pareil… A noter que la comédienne du film Lee Eun Joo, c’est bien sûr triste car sa grande scène est un des trop rares moments émouvants du film.

CARRÉ DE DAMES POUR UN AS

Communiqué du 7 avril 2005 : Avec la disparition de Jacques Poitrenaud, le Festival de Cannes perd un de ses fidèles compagnons de route. Infatigable animateur et défenseur passionné du cinéma français, Jacques, à Cannes, a dirigé tour à tour la section Perspectives du Cinéma Français puis, pendant dix ans, la section officielle Un Certain Regard. Il est aussi l’auteur de comédies espiègles dont les acteurs s’amusaient autant que les spectateurs. Pour saluer sa mémoire, le Festival de Cannes a décidé de lui rendre hommage en dédiant à Jacques Poitrenaud l’édition 2005 du Certain Regard. Source : Festival de Cannes.

Il n’y a pas que le festival de Cannes dans le cinéma… Un blog de cinoche, sans parler de Cannes ? Mais qu’en dire en voyant le festival de sa petite “lucarne”. L’hommage du festival au sujet de Jacques Poitrenaud, me donne envie de parler d’un petit bijou aussi jubilatoire que le “Marie-Chantal contre le docteur Khâ” de Claude Chabrol (1965)  : “Carré de dames pour un as” (1966). Hanin dynamite son image de “Tigre” avec humour, dans ce rôle de Layton, un espion désinvolte. Il a un clin d’oeil malicieux avec l’arrivée de Serge Gainsbourg demandant du feu à Layton, et ce dernier répond que dans un film d’espionnage il aurait le rôle du faux jeton. Les dialogues de Jean-Loup Dabadie sont brillants et François Maistre est excellent en grand méchant, supprimant toute preuve de son existence à son passage. Il y a un petit jeu subtil avec sa voix – mais chut…- et comme disait Hitchcock meilleur est le méchant, meilleur est le film… Il y a aussi, oubliés des dictionnaires de Raymond Chirat, Henri Crémieux, dans le rôle de Marvier, supérieur de Layton désabusé et sous pression et Jean-Pierre Darras, qui compose un excellent numéro de flic blasé face au grand méchant François Maistre. Le film étonne par son humour ravageur et distancié porté par Roger Hanin, et autour du trio de femmes fatales Sylva Koscina, Dominique Wilms, Laura Valenzuela, Catherine Allégret, jalouse comme une tigresse dévoile une belle énergie et leurs volent allégrement la vedette.

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Affiche provenant des “Gens du cinéma”

En hommes de main on retrouve Guy Delorme (Jésus) et Henri Lambert (Adams), formant un duo de méchants décalés et désinvolte. Ils parlent de manger de l’Osso Bucco avant d’attaquer un commissariat… On retrouve beaucoup de seconds couteaux formidables – la plus part non crédités bien sûr -, Michel Duplaix (crédité Duploix !) et Philippe Brigaud en hauts fonctionnaires, Michel Vocoret en photographe, l’acteur-cascadeur Sylvain Lévignac en consommateur au bistrot, Paul Pavel en homme de main sacrifié, Anna Gaylor en vendeuse, Renée Gardès en bonne espagnole (un visage étonnant) ou Michel Charrel en joueur de poker. Il y a aussi Lionel Vitrant en chauffeur d’Hakim Gregory. Il avait un rôle important dans “Borsalino and co” de Jacques Deray en 1974 aux côtés d’Alain Delon et il crevait l’écran. C’était émouvant de le retrouver lui et son fils dans un documentaire “Les cascadeurs” diffusé l’an dernier sur La Cinq. Le fils a pris la relève et les cascades, selon lui le son père était trop intègre pour ne profiter de l’estime que lui portait Alain Delon, pour être plus en lumière. Saluons ces artistes, souvent de l’ombre, on reconnaît encore Lionel Vitrant au détour d’une scène… Petite énigme, il semble y avoir une version espagnole, – voir fiche du film en début – signé Poitrenaud également avec Fred Williams, Barbara Rütting Elisa Montes, Luis Morris et Horst Tappert – le fameux Derrick -. J’ai mis tout ce petit monde en non crédité – “uncredited” sous la fiche d’IMDB faute d’avoir d’autres précisions, si quelqu’un a une info à ce sujet, merci d’avance…

TROIS COUPLES EN QUÊTE D’ORAGES

Trois couples en quête d’orages” surprend plutôt en bien, Jacques Otzmeguine – sans doute trop marqué par la télévision – n’a guère convaincu au cinéma jusqu’à présent avec “Prunelle blues” (1986) polar ennuyeux avec Michel Boujenah et Vincent Lindon, ou “Une employée modèle” malgré la sensualité de Delphine Rollin et l’excellent François Berléand dans une sombre histoire d’espionnage. Le film doit essentiellement à sa distribution. Ses comédiens sont par trop rares sur le grand écran. Samuel Labarthe a de la chance de retrouver une nouvelle fois l’univers de Lionel Duroy, adapté ici à nouveau après “Priez pour nous” en 1993 où il jouait le mari grand bourgeois de Delphine Rich.  Il est ici Olivier, un handicapé, suite à une rupture d’anévrisme, sa nouvelle conquête (La toujours sublime Delphine Rollin) le quitte, alors qu’il venait de quitter sa femme – La toujours juste Clothilde de Bayser – en quête d’une vie moins étriquée. Labarthe est à la hauteur d’un très beau rôle entre résignation et énergie, un beau numéro d’acteur entrant dans la maturité. Aurélien Recoing trouve ici un personnage plus volubile, opposé à l’image monolithique de ces précédents rôles, même si l’ambiguïté de amitié avec Olivier est peut être ici trop surlignée. Moins convainquant, Hippolyte Girardot, ici moins à l’aise que dans la démesure que dans “Rois et reines”. Il peine à nous intéressé à son rôle de mari trompé, obsédé par l’image de son grand-père, figure emblématique d’homme politique, dont il joue avec sa secrétaire – Katia Tchenko, amusée – On peut le préférer dans le formidable « Tango des Rachevski » de Sam Gabarski. On retrouve Steve Suissa inattendu – belle idée – en homme politique arriviste et Jean-Luc Porraz en bureaucrate tatillon.

Claire Nebout et Laurence Côte

Les femmes ont le beau rôle dans ce film et rayonnent par leurs sensualités, de Philippine Leroy-Beaulieu en épouse incomprise en quête de tendresse, Laurence Côte en jeune veuve dynamique –grand retour qu’il faut saluer après son portrait de femme qui se laisse vivre dans “Nos enfants chéris” – et Claire Nebout, en sculptrice sensuelle qui compose avec les déceptions de sa vie.

Ces personnages de quadragénaires sont attachants et subtils, il faut donc voir ce film plus léger que dramatique, et donnant le beau rôle – c’est suffisamment rare pour le signaler – aux femmes. En souhaitant les metteurs en scènes moins frileux pour continuer à faire travailler ces formidables comédiennes.

Article : portrait de Samuel Labarthe, dans “LE FIGARO”

Samuel Labarthe et la crise de la quarantaine par Brigitte Baudin, 27 avril 2005

Il arrive discrètement dans le bar de l’avenue Montaigne,avec quelques minutes d’avance, vêtu d’un

imperméable mastic. Il tient à la main une fine sacoche de cuir fauve dont il extrait un paquet de tabac et du papier transparent. Méthodiquement, il roule une élégante cigarette et la fume délicatement. On le sent tendu, nerveux, toujours en alerte même s’il affiche une certaine décontraction. De bruyants énergumènes entrent et parlent fort. Trop fort. Tout ce que n’aime pas ce Suisse toujours si poli, élégant et réservé. Samuel Labarthe est un écorché vif, un angoissé rongé par le doute et l’incertitude.

C’est pourquoi cet acteur subtil, exigeant ne choisit jamais la facilité.

Au théâtre, il est chaque soir (et jusqu’à l’été ), seul sur la scène du Studio des Champs-Elysées dans Soie, de Alessandro Baricco, un poétique et sensuel voyage, des Cévennes au Japon, à la poursuite d’une femme fantasmatique.

Au cinéma, il campe l’un des protagonistes de Trois couples en quête d’orages de Jacques Otmezguine, une belle histoire d’amitié à la Sautet sur fond de crise de la quarantaine, adaptée du roman de Lionel Duroy (Editions Julliard) et produite par Nelly Kafsky.

Olivier (Samuel Labarthe), Rémi (Aurélien Recoing), Pascale (Philippine Leroy Beaulieu) s’aiment d’amitié tendre depuis l’adolescence et forment avec leurs conjoints, un clan indissoluble. Et voilà qu’Olivier se retrouve brutalement sur un fauteuil à la suite d’un accident vasculaire alors que son couple bat de l’aile. Handicapé, paralysé des jambes, Olivier est recueilli par Rémi et sa femme, la douce et généreuse Estelle (Claire Nebout).

«Olivier est médecin, explique Samuel Labarthe. Il vient de passer le cap de la quarantaine. C’est pour lui le temps du bilan, de la remise en question. Il a envie de tout envoyer balader : famille, travail, copains. D’échapper à la routine avant qu’il ne s’encroûte vraiment. Il fait sa crise d’adolescence tardive. Et puis tout bascule. C’est l’accident. Il doit alors se battre pour quelque chose d’essentiel : vaincre son handicap et tenter de remarcher. Dans cette épreuve, il a la chance de trouver aide et réconfort auprès d’amis fidèles et sincères.»

Habitué des plus grands rôles du répertoire classique et moderne (Prix Gérard Philippe en 1993 pour Ce qui arrive et ce qu’on attend), Samuel Labarthe n’a pas eu, en revanche, cette même chance au cinéma, où son physique de beau gosse élégant aux traits fins ne trouvait pas sa place. Il se rattrape aujourd’hui avec le personnage d’Olivier, pivot de ce film choral.

«Je connais bien l’univers du romancier Lionel Duroy, précise-t-il. J’ai tourné en 1993 Priez pour nous qui était déjà adapté de son oeuvre. Dans le roman Olivier est le personnage central. Tout gravite autour de lui. Là, il participe à l’action au même titre que les autres. Incarner Olivier a été un vrai défi. Et j’aime cela. Il fallait, en effet, que j’apparaisse comme un véritable handicapé, incapable de me mouvoir. Mon comportement, mes gestes, mes attitudes devaient être parfaitement justes. Je suis donc allé à Garches. J’ai rencontré de nombreuses personnes, paralysées à la suite d’un problème vasculaire cérébral, accidentées de la route. J’ai suivi leurs conseils pour travailler le côté physique de mon personnage. C’était une attention, une concentration de tous les instants.»

LE COIN DU NANAR : PARIS BRULE-T-IL ?

Paris brûle-t-il ? (René Clément, 1965) – Is Paris Burning ?- en VO, revu la même semaine que le digne documentaire “Les survivants” de Patrick Rotman, diffusé sur France 3 le lundi 18 avril 2005, continue à me poser problème.

Il serait idiot de comparer ces deux oeuvres, le documentaire étant très digne sur la libération des camps, mais il peut faire comprendre le malaise que l’on peut avoir ensuite, à la vision du film de René Clément. La force du témoignage d’un côté, la faiblesse de la reconstitution de l’autre.

Ce film officiel, est un défilé de stars, avec l’ironie mordante d’un Sacha Guitry, en moins… Le choix du réalisateur de “La bataille du rail”, film rigoureux et presque documentaire, pouvait sembler légitime, mais René Clément se perd dans cette grosse machine.

Le casting “all-star” dessert formidablement le film, à l’image d’Alain Delon, dans le rôle de Jacques Chaban-Delmas. Tout le monde vient y faire son petit tour, et Jean-Paul Belmondo dans le rôle d’Yvon Morandat semble même se demander ce qu’il fait là. L’anecdote est privilégiée et l’histoire réécrite (Les problèmes du colonel Rol – campé sobrement par Bruno Cremer – avec le reste de la résistance). Dans un hors série de Ciné-Revue, on voyait même une photo de Romy Schneider, tournant dans ce film, son rôle doit être coupé au montage final, de même de Michael Lonsdale souvent annoncé dans le rôle de Debu-Bridel… voir distribution complète sur IMDB.

On peut sauver à la rigueur Pierre Vaneck dans le rôle de Cocteau-Gallois et Claude Rich dans le double rôle de Leclerc, et d’un commandant bondissant. Le choix de Suzy Delair, que l’on voit bien en Parisienne à l’arrestation de Von Choltitz- contrairement à ce qu’affirme Raymond Chirat dans son dictionnaire, dont le générique est d’ailleurs repris dans le site de la BIFI – est assez regrettable, compte tenu de ses débuts à la Continental et ses ambiguïtés avec le régime nazi à l’époque.

Les comédiens sont tous doublés en français (Gert Fröbe par Claude Bertrand, Orson Welles par Georges Aminel et Rudy Lenoir -inévitable dans son rôle d’officier SS, en dehors des films d’Alain Payet et Jean-Pierre Mocky- par Robert Dalban !. On se souvient que dans “Le jour le plus long” il n’y avait pas ce doublage intempestif, qui nuit à la crédibilité du film. Voir également La gazette du doublage.

De plus l’utilisation des archives réelles, insérées dans le film (choisies par Frédéric Rossif), ne fait que renforcer le côté factice du film, le noir et blanc ne légitime en rien l’épopée de l’affaire mais surligne les clichés. Le film est assez plaisant à voir, on peut s’amuser à reconnaître quelques débutants – dont Patrick Dewaere, en étudiant exécuté de manière presque subliminale -. Mais le tout est assez vain, même si René Clément n’est pas entièrement responsable : “… En dépit des heurts répétés et souvent violents qu’il eut avec le producteur tout au long des prises de vues”… Clément refusa de jouer le jeu chercha à faire son film…” René Clément par André Farwagi (Éditions Seghers, 1967).

5X2

Le dernier film de François Ozon, est remarquable dans la tonalité de « Sous le sable ». Le premier plan, où un avocat joué, par Jean-Pol Brissart, rend la lecture de la procédure du divorce presque musicale, des personnages de Gilles et Marion, donne le ton du film. C’est un constat lucide sur la vie d’un couple.

La construction du film est astucieuse, (à la manière de “Memento” et de quelques films de genres actuels), et l’empathie avec les personnages est grande. Il faut saluer la performance de Valeria Bruni Tedeschi et de Stéphane Freiss, réussissant à rendre tangible l’intimité de leur couple (notion assez rare à l’écran, finalement). François Ozon a stoppé volontairement le tournage, pour qu’ils fassent un travail physique pour jouer leurs rencontres plus jeunes, et ce à la dernière phase du tournage.

Le quotidien est rendu avec brio, on ne décroche à aucun moment du film. Stéphane Freiss (voir par exemple la scène de “la voiture” où il est touchant malgré la situation et Valeria Bruni Tedeschi (radieuse comme jamais) nous livrent une performance très fine et subtile, sous le regard sans jugement de François Ozon. Le film laisse des zones d’ombres et la responsabilité de l’échec du couple est partagée. Françoise Fabian et Michael Lonsdale, dans le rôle des parents de Marion, sont brillant dans le “couple miroir” (selon une expression d’Ozon), qui dure malgré tout, Antoine Chappey et Géraldine Pailhas, sont formidables de justesse.

Valeria Bruni Tedeschi & Stéphane Freiss : Le point de non retour

C’est une fine performance pour ces quatre comédiens qui n’ont pas la durée du film pour défendre leurs personnages. Charlotte Rampling définissait François Ozon selon une expression anglaise, comme “vieille âme” (old soul), ses personnages existent et nous ressemblent, le film est moins noir que prévu, et même assez romantique, un aboutissement de plus dans l’œuvre de François Ozon.

Venu présenté ce film dans une avant-première à l’UGC Cité Ciné Bordeaux – avec François Ozon et Valeria Bruni Tedeschi – Stéphane Freiss, disait très justement qu’il est important de tourner avec un grand metteur en scène mais dans un grand film. Il a fait preuve de lucidité et de réflexion sur son travail d’acteur et sur son succès très rapide. Pour la petite histoire, il a tourné “Le grand rôle” de Steve Suissa entre le début et la fin du tournage de “5 x 2”, ce qui a permis aux deux comédiens principaux de se préparer pour “jouer” leurs jeunesses… Le film de Steve Suissa n’a malheureusement pas travaillé, mais Stéphane Freiss a trouvé là deux grands rôles.

Le site du jour : François Ozon, site officiel

ZIG-ZAG STORY

Patrick Schulmann est mort dans un accident de voiture le 19 mars 2002 dans la plus grande discrétion. C’est dommage car il y avait là un véritable auteur, à des années lumières des comédies franchouillardes des années 70/80. ” Zig Zag Story ” (Le titre ” Et la tendresse bordel ! 2 ” n’est qu’une simple escroquerie), est peut-être le petit cousin de l’ ” Affaire est dans le sac ” des frères Prévert (1932).

Schulmann y fait preuve de malice, d’irrévérence contre les institutions et innove en citant Jean-Pierre Mocky, Tex Avery, ou Buñuel (scène où le ministre joué par Michel Bertay tire sur des ouvriers trop bruyants). Fabrice Luchini est déjà étonnant en obsédé sexuel – voir sa manière de dire qu’il n’a aucune dignité -, Christian François est sympathique, et nombre de seconds rôles figurent dans ce film : Philippe Khorsand en commissaire désabusé (dont les pensées apparaissent dans des ” bulles ” comme un personnage de BD), Dominique Hulin – futur ogre dans ” Le petit poucet ” – en ravisseur pris de remords ou l’attachant Ronny Coutteure dont le personnage a la particularité de ne pas impressionner la pellicule, etc… Le film se révèle finalement assez noir, les personnages étant finalement repliés sur eux-mêmes, le ton absurde du film nous l’avait fait oublier. Le talent de Patrick Schulmann est à réévaluer, son univers est unique et ” nonsensique “.