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Fragments d’un dictionnaire amoureux : Paul Scofield

 DA

Annonce du décès le 19 mars dernier de Paul Scofield, à Balcombe, au Royaume Uni, d’une leucémie à l’âge de 86 ans. Ce grand comédien au parcours théâtral prestigieux n’a tenu que peu de rôles au cinéma. Ses pairs de la « Royal Shakespeare company »  saluèrent en 2004 son interprétation du “Roi Lear”, comme une des meilleures performances shakespeariennes de tous les temps. Ses deux rôles les plus connus restent celui de Sir Thomas More dans “Un homme pour l’éternité” (1966) pour lequel il reçoit l’oscar du meilleur acteur. Raymond Lefèvre et Roland Lacourbe dans l’excellent “30 ans de cinéma britannique” (Éditions 76), parlent de lui pour ce film comme “…étonnant de présence et de dignité apportant au texte de Robert Bolt une puissance bouleversante”. Il figure aussi un officier allemand cultivé dans “Le train” – sorti en 1964 – au tournage chaotique – Burt Lancaster avait renvoyé Arthur Penn – … On le retrouvait ces dernières années dans quelques films historiques, dont l’ambitieux “Henry V” – meilleur film de la filmographie inégale de  Kenneth Brannagh comme réalisateur – où il campait le roi de France -. Robert Redford lui offrit l’un de ses rares rôles contemporains, dans les années 50 du moins, avec “Quiz show”, où il joue le rôle du père de Ralph Fiennes. Il laissera le souvenir d’un comédien dont le jeu était toujours d’une grande justesse. D’autres décès sont à déplorer celui de l’écrivain Arthur C. Clarke adapté par Stanley Kubrick et son mythique “2001, l’odyssée de l’espace” et du dramaturge et réalisateur belge Hugo Claus – qui vécu dans les années 70 avec Sylvia Kristel – . Pour mémoire citons aussi la disparition des comédiens Hubert Gignoux, et celle d’Alain Feydeau – mort en janvier, mais je l’ignorais – pilier d’  “Au théâtre de soir”, infos découvertes dans le site des “Gens du cinéma” et auteur de livres sur Edwige Feuillère et Viviane Romance.

© Hulton-Deutsch Collection/CORBIS (prise le 14 juin1958)

Filmographie : 1954  That Lady (La princesse d’Eboli) (Terence Young) – 1958  Carve her with pride (Agent secret S.Z.) (Lewis Gilbert) – 1963  The train (Le train) (John Frankenheimer & Bernard Farrel) – 1965  A man for all seasons (Un homme pour l’éternité) (Fred Zinnemann) – Tell me lies (Dites-moi n’importe quoi) (Peter Brook) – 1969  Nijinsky  (Tony Richardson, inachevé) – 1970  Bartleby (Anthony Friedman) – 1970 Bartleby (Anthony Friedmann) – 1971  King Lear (Le roi Lear) (Peter Brook) – 1973  A delicate balance (Tony Richardson) – Scorpio (Id) (Michael Winner) – 1983  Summer lightning (Paul Joyce) – 1984  1919 (Hugh Brodie) – When the wales came (L’île aux baleines) (Clive Rees) – 1989  Henry V (Id) (Kenneth Branagh) – Hamlet (Franco Zeffirelli) – 1992  Utz (George Sluizer) – 1994  Quiz show (Robert Redford) – 1996  The crucible (La chasse aux sorcières) (Nicholas Hytner). Télévision (notamment) : 1969  Male of the species (Charles Jarrott) – 1985  Anna Karenina (Simon Langton) – 1987  Miss Corbett’s ghost (Danny Huston) – 1988  The Attic : The hiding of Anne Frank (John Erman) – 1994  Martin Chuzzlewit (Pedr James) – 1996  The little riders (Les cavaliers de la liberté) (Kevin Connor). Voxographie succincte : 1967  The other world of Winston Churchill (Louis Clyde Soumen, documentaire TV, récitant) – 1994 London (Patrick Keiller, documentaire, récitant) – 1997  Robinson in space (Les Robinson de l’espace) (Patrick Keiller, documentaire, récitant) – 1999  Rashi: A light after the dark ages (Ashley Lazarus, animation) – Animal farm (La ferme des animaux) (John Stephenson, animation, TV) – 2000  Kurosawa (Adam Low, documentaire).

©   Le coin du cinéphage (reproduction strictement interdite, textes déposés)

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Anthony Minghella

Annonce de la mort d’une hémorragie cérébrale, ce 18 mars, au “Charing Cross hospital” de Londres, du scénariste et cinéaste anglais Anthony Minghella, né en 1954. Très doué, il était aussi musicien et dramaturge – “A little drowning”, “Made in Bangkock” -. Il débute à la télévision anglaise en écrivant des scénarios “Légendes grecques”, “Inspecteur Morse”, à la fin des années 80. En 1990, il signe un film très enjoué “Truly Madly deeply” (Id, 1990). Une jeune musicienne londonienne, – Juliet Stevenson – retrouve le fantôme de son mari – génial Alan Rickman -, musicien comme elle, à l’installation de sa nouvelle maison. Mais il est hélas flanqué d’une cohorte de fantômes turbulents. “Mr. Wonderfull” (Id, 1993), est une comédie romantique, sur les pérégrinations d’un ouvrier – joué par Matt Dillon – qui cherche a être propriétaire d’un bowling. Il connut une reconnaissance internationale dès son troisième film,  avec “The english patient” (“Le patient anglais”, 1996), d’après un roman de Michael Ondaatje. Juliette Binoche – qui gagnera un oscar du meilleur second rôle pour ce film – y trouve un de ses meilleures rôles en infirmière suivant le débarquement des alliés américains en Italie.  Elle rencontre un grand blessé – Ralph Fiennes -, qui va lui raconter ses grandes amours contrariées dans le Sahara avec le personnage de Katherine joué par Kristin Scott Thomas. Le film très lyrique et très émouvant est très efficace. Mais on se souviendra cependant d’un mémorable épisode de la série “Seinfeld”, où Julia Louis-Dreyfus se retrouve face à l’hostilité générale, en se déclarant absolument insensible au film… “The talented Mr. Ripley” (“Le talentueux M. Ripley”, 1999) est une excellente adaptation de l’œuvre de Patricia Highsmith, donnant ainsi un de ses rôles les plus probants à Matt Damon, excellent en “Ripley “manipulateur et revanchard face à Jude Law, performance d’autant plus louable pour passer après la première adaptation du livre par René Clément avec Alain Delon et Maurice Ronet avec “Plein soleil”. “Cold Mountain” (“Retour à Cold Mountain”, 2002) d’après un roman de Charles Frazier, est plus conventionnel, évoquant la guerre de sécession. Si Jude Law et Nicole Kidman, forment un couple digne d’intérêt, il faut cependant saluer le cabotinage proprement effroyable de Renée Zellweger dans ce film – bien évidemment salué comme il se doit par l’oscar du meilleur second rôle féminin -. “Breaking and Entering” (“Par effraction”, 2005), retour aux sources, un peu trop ambitieux, dans un Londres moderne et assez déshumanisé, est un film intéressant porté par l’excellente composition de Juliette Binoche – sous estimée dans ce film – en réfugiée bosniaque, qui charme le personnage de Jude Law, un architecte cherchant un sens à sa vie. Minghella était également un producteur exécutif avisé, avec des films comme “Heaven” d’après un scénario inachevé de Krysztof Kieslowski,  une nouvelle adaptation d’”Un américain bien tranquille” d’après Graham Greene et  “Michael Clayton”. Ce metteur en scène possédant un réel souffle, avait même une certaine influence, on n’est pas étonné de le voir ainsi apparaître dans l’excellent “Reviens moi” réalisé par Joe Wright et diffusé en 2007, face à Vanessa Redgrave, ce qui constitue presque un hommage, dans cette mise en scène soignée et virtuose.

Avec Jude Law sur le tournage de “Retour à Cold Mountain”

ARTICLE : LONDRES (AP)

Décès d’Anthony Minghella, le réalisateur du “Patient anglais”, par Jill Lawless
Le cinéaste britannique Anthony Minghella, qui avait réalisé “Le Patient anglais”, film couronné par neuf Oscars, est mort mardi matin à Londres à l’âge de 54 ans, a annoncé son agent Judy Daish. Le réalisateur est décédé au Charing Cross Hospital des suites d’une hémorragie, a précisé son porte-parole Jonathan Rutter. Ce dernier a expliqué qu’Anthony Minghella avait été opéré la semaine dernière d’une tumeur au cou et que l’intervention “semblait s’être bien passée”. “A 5h aujourd’hui, il a eu une hémorragie fatale”, a-t-il dit. Le Patient Anglais” (1996), avec Kristin Scott Thomas et Ralph Fiennes, avait remporté en 1997 pas moins de neuf Oscars, dont celui du meilleur réalisateur pour Minghella et celui de la meilleure actrice dans un second rôle pour Juliette Binoche. Le film était adapté d’une oeuvre littéraire au même titre que “Le talentueux M. Ripley” (1999) et “Retour à Cold Mountain” (2002). Il avait aussi tourné “Par Effraction” (2005) avec notamment Binoche et Jude Law. Anthony Minghella était récemment rentré du Botswana où il avait tourné un film adapté d’un roman d’Alexander McCall Smith, “The No.1 Ladie’s Detective Agency”, que la BBC projette de diffuser dimanche. Il s’agit du premier tome d’une série narrant les aventures d’un détective privé, Precious Ramotswe. La chaîne de télévision américaine HBO avait passé commande pour 13 épisodes. Outre le cinéma, Anthony Minghella s’était intéressé à l’opéra. En 2005, il avait mis en scène “Madame Butterfly” de Puccini à Londres, sur une chorégraphie de son épouse, Carolyn Choa. Il travaillait avec le compositeur Osvaldo Golijov sur un nouvel opéra commandé par le Met. Il devait en signer le livret et la mise en scène, la première étant programmée pour la saison 2011-12. La mort d’Anthony Minghella a provoqué un choc. Jude Law, présent dans trois films du réalisateur, s’est dit “profondément bouleversé et attristé” par la perte d’un ami et collègue. Le Premier ministre britannique Tony Blair, ami de Minghella depuis que le cinéaste avait réalisé une publicité pour les travaillistes dans le cadre de la campagne électorale de 2005, s’est déclaré véritablement “bouleversé et très triste”. C’était un “être humain merveilleux”, créatif et “brillant” mais “toujours humble” et “aimable”, a-t-il ajouté, exprimant sa totale “admiration” pour lui. Le producteur David Puttman a lui souligné que Minghella était une personne “très particulière”. Ce n’était “pas simplement un auteur, ou un auteur-réalisateur”, c’était “quelqu’un” de très “connu” et de très “aimé” dans le monde du cinéma, a-t-il dit à la BBC, estimant que le cinéaste était parti beaucoup trop tôt. Jeff Ramsay, responsable de la communication du président du Botswana Festus Mogae, a pour sa part estimé que la mort de Minghella constituait “un choc et une grande perte”. Il a raconté comment le réalisateur s’était rendu au Botswana avant le tournage et s’était montré curieux du pays. “C’était comme s’il faisait partie de notre communauté”, a-t-il observé, évoquant un homme agréable et très simple. Né en 1954, Anthony Minghella a grandi sur l’île de Wight, au large de la côte sud de l’Angleterre, où ses parents possédaient une usine de crèmes glacées. Il a travaillé pour la radio et la télévision avant de faire ses débuts de réalisateur en 1990 avec “Truly, Madly, Deeply”, une comédie incarnée par Juliet Stevenson et Alan Rickman. Mais c’est avec “Le Patient anglais”, adapté d’un roman de Michael Ondaatje, qu’il a connu son plus grand succès. Minghella laisse sa femme, son fils, l’acteur Max Minghella et sa fille Hannah. AP

 

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Alain Robbe-Grillet

Alain Robbe-Grillet & Anicée Alvina

Annonce de la mort d’Alain Robbe-Grillet, à l’âge de 85 ans, dans la nuit de dimanche à lundi à Caen, des suites de problèmes cardiaques. Ce pape du nouveau roman aura eu le mérite de s’intéresser au cinéma. Pour n’évoquer son parcours qu’au cinéma, à l’instar de Marguerite Duras, il sera engagé par Alain Resnais, qui confia souvent ses scénarios à des romanciers confirmés, pour “L’année dernière à Marienbad”. Cette œuvre déconcertante, esthétique, mais aussi envoûtante et hors du temps, jouée par Delphine Seyrig, Sacha Pitoëff et Giorgio Albertazzi, imposa son univers à l’écran. Il apparaîtra ensuite dans “Je t’aime, je t’aime” en 1967, autre chef d’œuvre d’Alain Resnais, dans le bref rôle d’un attaché de presse s’étonnant que Claude Rich qui joue un écrivain, signe impersonnellement ses ouvrages, “Hommage de l’auteur”.  Le cinéaste intrigue, préférant l’utilisation d’images mentales à la narration traditionnelle. Il connaîtra une grande notoriété, par son travail sur l’érotisme, son attrait pour les “filles-fleurs de nos rêves” – Françoise Brion, Marie-France Pisier, Anicée Alvina, etc… Il se lance dans la réalisation en 1962, avec “L’immortelle”, où un professeur joué par Jacques Doniol-Valcroze, perd sa vie à retrouver le fantasme d’une aventure avec une étrangère de passage, jouée par Françoise Brion – Il reçoit pour ce film, le prix Louis Delluc 1963 – ex aequo avec “Le soupirant” de Pierre Étaix -. “Trans-Europ-Express” (1966), évoque les fantasmes de passagers lors d’un voyage en train de Paris à Anvers. Il y emploie Jean-Louis Trintignant qui lui restera fidèle pour 3 autres films. “L’homme qui ment”, pour lequel il obtint le meilleur scénario au festival de Berlin, tourne autour de l’identité du homme mystérieux, nommé Boris Varissa. André Cornand dans “La saison cinématographique 1968”, le défend contre certaines critiques qui l’accusent de fumisterie, “…Robbe-Grillet ne tranche pas, il donne à voir, invite le spectateur à entrer dans l’univers fictif de son héros, l’appelle à la participation, laisse libre son interprétation. A lui de trouver sa voie dans le “labyrinthe” de l’imaginaire…”. “L’Eden et après” avec Catherine Jourdan, évoque des jeux sado-masochistes dans un café nommé “L’Eden”. Curiosité, Robbe-Grillet, essaiera un nouveau montage, en modifiant l’ordre des plans, pour en faire un nouveau film “N a pris les dés”, ce dernier fut d’ailleurs diffusé dans les années 80, sur FR3. “Glissements progressif du plaisir”, tourné en 1973, évoque les mésaventures d’une jeune femme mineure – Anicée Alvina -, en prison pour l’assassinat d’une amie avec une paire de ciseaux, et attendant sa fin prochaine dans des rêveries érotiques.”Le jeu avec le feu”, tourné l’année suivante, multiplie la présence de belles interprètes – Anicée Alvina, toujours, Christine Boisson, Agostina Belli, Sylvia Kristel – une organisation secrète enlevant les jeunes femmes pour les livrer en pâture à des maniaques fortunés.  Suivant le conseil de Jean-Louis Trintignant de participer à ce film, Philippe Noiret ne s’acclimatera pas à cet univers. Il en parle dans son livre “Mémoire cavalière”, rejoignant ainsi ses détracteurs : “…Supérieurement intelligent, il avait une fâcheuse tendance  à vous le faire sentir un petit peu” (…) Quand aux fantasmes érotiques de Robbe-Grillet, comme ce n’étaient pas les miens, je les ai trouvés d’un ennui profond”. “La belle captive” (1982) joue avec les codes du surréalisme et du fantastique, hommage à Jean Cocteau et à René Magritte, bénéficiant d’une superbe photographie d’Henri Alekan. On y retrouve Daniel Mesguich, le génial Daniel Emilfork et les magnifiques Cyrielle Claire et Gabrielle Lazure, ainsi qu’Arielle Dombasle qui participa à ses deux derniers films, dans le rôle de la femme hystérique. Autant d’exercices de style, agaçants parfois, mais pour lequel on garde un plaisir coupable en raison de l’érotisme ambiant. La critique suit parfois, tel Raymond Lefèvre dans “Cinéma 262”, octobre 80 : “Sous nos yeux, les structures se font et se défont, les intrigues se dissolvent dans la dérision, les faits et les personnages se dédoublent ou se pluralisent, les signes changent de valeur selon les nouveaux contextes, le réel et les possibles entrent dans le même champ de vision. Et tout cela sur le mode de jeu enrobé d’humour. Les détracteurs de l’oeuvre de Robbe-Grillet sont souvent ceux qui, au nom du “contenu” (le “fond” qu’ils privilégient) se refusent d’entrer dans l’univers ludique de l’auteur et l’accusent de formalisme stérile. C’est oublier que toute contestation doit également passer par une remise en question des structures de narration que nos habitudes de perception ont figéees en les considérnant, bien à tort, comme “normales”. Sur ce point, l’apport stylistique d’Alain Robbe-Grillet est dondammental…”. La suite est plus marginale, avec “Le bruit qui rend fou” (1994), co-réalisé par Dimitri De Clerq, histoire de vengeance dans un port de Méditerranée. Il retrouve donc Arielle Dombasle, pour “Gradiva”, un essai qui provoqua quelques sarcasmes de la part des critiques. Son livre “Les gommes” avait été adapté en Belgique par Lucien Deroisy et René Micha, en 1968, avec Françoise Brion. Un gros ouvrage de 720 pages, reprend les scénarios de ses films comme réalisateur, sous le titre “Scénarios en rose et noir” 1966-1983, aux éditions Fayard (2005). Un ouvrage assez intéressant – pour l’avoir emprunté dans une bibliothèque – tiré de ses propres archives, comportant des documents de travail, rappelant ses obsessions. Rappelons qu’André S. Labarthe, lui consacré l’un de ses portraits pour le mythique : “Cinéastes de notre temps”, qu’il réalisa avec Noël Burch, en 1969.

 

Filmographie : Comme scénariste : 1960  L’année dernière à Marienbad (Alain Resnais) – 1963  Begegnung mit Fritz Lang (Peter Fleischmann, documentaire) – 1995  Taxandria (Raoul Servais) – Comme réalisateur-scénariste : 1962  L’immortelle –  1966  Trans-Europ-Express – 1967  L’homme qui ment – 1969   L’Eden et après – N a pris les dés (nouveau montage du film précédent) – 1973  Glissements progressifs du plaisir – 1974  Le jeu avec le feu – 1982  La belle captive – Un bruit qui rend fou (co-réalisé avec Dimitri de Clercq) – 2005 – La Gradiva / C’est la Gradiva qui nous appelle – Comme acteur : 1967  Je t’aime, je t’aime (Alain Resnais) – 1969  Cinéastes de notre temps (André S. Labarthe & Noël Burch, documentaire TV en deux parties) – 1982   Un film, autoportrait (Marcel Hanoun, documentaire) – 1998   Le temps retrouvé (Raoul Ruiz) – 2001  Alain Robbe-Grillet : un nouveau cinéma (Benoît Peeters, documentaire). Conseiller technique : 1976  Guerres civiles en France (François Barat, Vincent Nordon & Joël Farges) .

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Henri Salvador

Annonce de la mort d’Henri Salvador, mercredi 13 février, à l’âge de 90 ans à son domicile parisien d’une rupture d’anévrisme. Peu de cinéma, mais il mérite qu’on s’y attarde un peu. On peut découvrir sa bonne humeur dans le DVD : “Mademoiselle s’amuse” (chez L.C.J. Éditions), en collègien de Ray Ventura, face à Gisèle Pascal. On le retrouve dans quelques nanars, en professeur de chant excentrique dans “Le clair de lune à Maubeuge” et en brigadier de gendarmerie taré dans “Les malabars sont au parfum”. Il fut en vedette cependant dans “Une cigarette pour un ingénu”, un film de Gilles Grangier, mais… inachevé, apprend-on dans le livre d’entretiens “Gilles Grangier : Passé la Loire, c’est l’aventure”. Il y tient le rôle d’un homme fuyant son existence avec son camion benne. Il tient aussi le rôle principal du cornichonesque “Et qu’ça saute !”, signé Guy Lefranc, en policier doux rêveur, qui trouve deux caisses d’ananas contenant des bombes, dans une république sud-américaine d’opérette. On le retrouve dans un épisode de “Crimes en série”, “Variations mortelles”, en ami cafetier de Pascal Légitimus. S’il y est crédité au générique du début, il est totalement oublié dans celui, déroulant final. Ce grand musicien et chanteur, inoubliable interprète du blouse du dentiste de Boris Vian, emporte avec nous une part de notre enfance, par le souvenir de ses émissions de variétés, dans lesquelles il nous amusait par ses déguisements multiples et ses sketches, tout comme il pouvait nous attendrir. France 3 diffuse en hommage “Nous irons à Paris”, vendredi prochain, à 14h40. Annonce aussi de la mort du grand cinéaste japonais, Kon Ichikawa, auteur notamment de “La harpe de Birmanie” (1956), de “Les feux de la plaine” (1959) et de “La vengeance d’un acteur” (1963).

 

Filmographie : Comme acteur : 1945  Le moulin des Andes / Le fruit mordu (Jacques Rémy) – 1947 Mademoiselle s’amuse (Jean Boyer) – 1949  Nous irons à Paris (Jean Boyer) 1951 Nous irons à Monte-Carlo (Jean Boyer) – 1952  Magazine de Paris (Claude Heymann, CM) – 1955  Bonjour sourire / Sourire aux lèvres (Claude Sautet) – 1956  Printemps à Paris (Jean-Claude Roy) – 1958  Europa di notte (Nuits d’Europe) (Alessandro Blasetti) – 1961  Il segugio (Accroche-toi y a du vent !) (Bernard-Roland) – 1962  Tartarin de Tarascon (Francis Blanche) – Un clair de lune à Maubeuge (Jean Chérasse) – 1964  Carrusel nocturno (Esteban Madruga) – Les gros bras (Francis Rigaud) – 1965 Les Malabars sont au parfum (Guy Lefranc) – 1967  Une cigarette pour un ingénu (Gilles Grangier, inachevé) – 1969  Et qu’ça saute (Guy Lefranc). Voxographie : 1999 The little mermaid (La petite sirène) (John Musker & Ron Clements, version française) – 2000  The little mermaid II: Return to the sea (La petite sirène 2 : Retour à l’océan (Jim Kammerud & Brian Smith, version française vidéo 2006) – 2004  Pollux, le manège enchanté : de Jean Duval, Frank Passingham & Dave Borthwick). Musique : 1961  Accroche-toi y a du vent ! (Bernard-Roland) – 1964  Sursis pour un espion (Jean Maley) – 1969  Et qu’ça saute ! (Guy Lefranc) – 1970  L’explosion (Marc Simenon).

 

Nota : Certaines sources le créditent à tort dans “Candide ou l’optimisme au Xxème siècle”, de Norbert Carbonnaux, en 1960, dans le rôle du chef des Oreillons. Le rôle est tenu en fait par un autre chanteur, John William, confirmé par la vision du DVD chez René Château. Nombre de ses chansons figurent dans des films citons :  The little hut (La petite hutte), (Mark Robson, 1956), L’assassino (L’assassin) (Elio Petri, 1961), Le magot de Josefa (Claude Autant-Lara, 1963), Ghosts of Mississippi (Les fantômes du passé) (Rob Reiner, 1996), Le voisin (Marianne Vissier, CM, 1996), Go (Doug Liman, 1999),  Artificial Intelligence  : AI (A.I. Intelligence Artificielle) (Steven Spielberg, 2001), Ocean’s eleven (Steven Soderbergh, 2001), Merci Docteur Rey (Andrew Litvak, 2001) ; etc…

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Roy Scheider

Annonce de la mort de l’acteur Roy Scheider, mort à l’hôpital de l’Université de l’Arkansas à Little Rock, à l’âge de 75 ans. Le comédien était atteint depuis deux ans d’un myélome multiple. Son physique taillé à la serpe, le prédisposait à jouer des hommes solides, luttant contre une société menaçante, tout en gardant une certaine probité. Issu d’un milieu modeste, il s’essaye au théâtre et découvre le cinéma, dans des rôles secondaires. On le retrouve en 1972 engagé par deux français, dans “L’attentat” d’Yves Boisset, en écrivain américain cynique et dans “Un homme est mort”, solide polar de Jacques Deray. Les années 70, sont une belle décennie pour lui, on le retrouve souvent en policier comme son personnage de Brody dans “Les dents de la mer”, qu’il reprendra dans la “séquelle” suivante. Il est aussi un policier intègre dans “French connection”, et le frère de Dustin Hoffman dans “Marathon Man”, dans des films qui lui apportent la confirmation de son talent. Il reprend le rôle d’Yves Montand dans l’honorable remake du “Salaire de la peu”, d’Henri-Georges Clouzot, dans “Le convoi de la peur”,  où il est un ancien escroc, devant conduire un camion de nitroglycérine à travers la jungle. Il excelle dans un solide polar de Jonathan Demme, dans le rôle d’un ancien agent secret dépressif et victime d’une sombre machination. Il sait toujours apporter une humanité, même dans ses rôles les plus virils. Il trouve l’un de ses meilleurs rôles dans “Que le spectacle commence”, audacieuse réalisation de Bob Fosse, qui mène une vie d’enfer à Brodway, comme metteur en scène d’une comédie musicale, dont le cœur finira pas lâcher. Citons aussi “Tonnerre de feu”, spectaculaire film de John Badham pour l’époque, où en vétéran de la guerre du Vietnam, devient un pilote d’une brigade héliportée de surveillance. On le retrouve dans la suite du culte “2001, odyssée de l’Espace”, “2001”, film décevant par son côté explicatif, mais qui n’est pas si indigne de son illustre modèle. Les dernières décennies, hormis un rôle ambigu chez David Cronenberg dans “Le festin nu” et chez Francis Ford Coppola,  seront beaucoup moins prestigieuses, il se perd dans des films de séries, qui sortent parfois en France présentés comme téléfilm ou en vidéo, ce qui rend complexe sa filmographie française. On le retrouve aussi dans quelques séries populaires comme “Sea Quest, police des mers”. Il finit donc légitimement par s’auto-parodier dans une pub pour “Orange” à l’instar d’un Steven Seagal. Annonce également de la mort de l’actrice suédoise Eva Dalhbeck, héroïne de “L’attente des femmes” d’Ingmar Bergman, et qui eu une consécration internationale, elle tourna même dans le curieux “Les créatures” d’Agnès Varda.

Filmographie : 1963  The curse of the living corpse (Del Tenney) – 1968  The paper lion (Le lion de papier) (Alex March) – Star ! (Star) (Robert Wise) –  1969  Stiletto (Bernard L. Kowalski) – Loving (Id / Belgique : Infidélités) (Irvin Kershner) – 1970   Puzzle of a downfall child (Portrait d’ une enfant déchue) (Jerry Schatzberg) – 1971  Klute (Id / Belgique : L’inspecteur Klute) (Alan J. Pakula) – The French Connection (French Connection) (William Friedkin) – 1972  L’attentat (Yves Boisset) – Un homme est mort (Yves Boisset) – 1973 The seven-ups (Police Puissance 7) (Philip D’Antoni) – 1974  Sheila Levine is dead and living in New York (Sidney J. Furie) – 1975  Jaws (Les dents de la mer) (Steven Spielberg)1976  Marathon Man (Id) (John Schlesinger) – 1977  Sorcerer / Wages of fear (Le convoi de la peur) (William Friedkin) – 1978  Jaws 2 (Les dents de la mer 2) (Jeannot Szwarc) – Last embrace (Vidéo : Meutres en cascade / Belgique : La dernière victime) (Jonathan Demme) – 1979  All that jazz (Que le spectacle commence) (Bob Fosse) – 1981  Blue Thunder (Tonnerre de feu) (John Badham)1982 Still of the night (La mort aux enchères) (Robert Benton)1984  2010 (2010, l’année du premier contact) (Peter Hyams) – In our hands (Robert Richer & Stanley Warnow, documentaire) – Starring… the actors (Alan Bloom, documentaire) – 1986  The Men’ s Club (Men’ s club) (Peter Medak) – 52 pick-up (Paiement cash) (John Frankenheimer) – 1988  Cohen & Tate (Eric Red) –  1989  Night game (Meurtres en nocturne) (Peter Masterson) – Listen to me (Une chance pour tous) (Douglas Day Stewart) – The fourth war (Vidéo : La quatrième guerre) (John Frankenheimer) – 1990  The Russia house (La maison Russie) (Fred Schepisi) – 1991  Contact : The Yanomami indians of Brazil (Geoffrey O’Connor) – Naked lunch (Le festin nu) (David Cronenberg) – 1993  Romeo is Bleeding (Id) (Peter Medak) – 1994  Wild justice (Paul Turner) – 1996  The myth of Fingerprints (Back home) (Bart Freundlich) – Plato’ s run (Vidéo : Traque sans merci / TV : Un duo de choc) (James Becket) – The rage / Word of Honor (Les enragés) (Sidney J. Furie) – The Peacekeeper / Hellbent (État d’urgence) (Frédéric Forestier) – 1997  Executive Target (Titre TV : Pleins feux sur le président) (Joseph Merhi) – John Grisham’ s The rainmaker (L’idéaliste) (Francis Ford Coppola) – The definite Maybe (Rob Rollins Lobl & Sam Sokolow) – 1998  Better living (Max Mayer) –  Evasive action (Vidéo : Sécurité maximum) (Jerry P. Jacobs) – The uttmost (Diana Choi, documentaire) – The white raven (Vidéo : Le solitaire) (Andrew Stevens) – 1999  RKO 281 (Citizen Welles) (Benjamin Ross, téléfilm diffusé en salles en France) – 2000  The doorway (Michael B. Druxman) –  Chain of command (Priorité absolue) (John Terlesky) – Daybreak (Le métro de la mort) (Jean Pellerin) – Angels don’ t sleep here (Titre TV : “Les anges ne dorment pas”) (Paul Cade) – Falling through (Colin Bucksey) – 2001 Time lapse / Past tense (David Worth) – Texas 46 / The good war (Giorgio Serafini) –  2002  Love thy neighbor (Nick Gregory) – Red serpent (Gino Tanasescu) – 2003 A decade under the influence (Une décennie sous influence) (Ted Demme & Richard LaGravenese, documentaire) – Citizen verdict (Philippe Martinez) – Wes Craven presents Dracula II : Ascension (Patrick Lussier, vidéo) – The Punisher (Id) (Jonathan Hensleigh) – Dracula III : Legacy / Dracula : Resurrected (Patrick Lussier, Vidéo) – Last chance (Lee Greenberg, CM) – Dark Honeymoon (David O’ Malley) – 2007  If i didn’ t care (Ben Cummings & Orson Cummings) – Iron Cross (Joshua Newton) – The poet (Damian Lee) – Voxographie : 1985 Mishima : A life in four chapters (Mishima) (Paul Schrader, récitant) – 2000  Legends, icons & superstars of the 20th Century (Robert Guenette, documentaire, récitant, vidéo) – 2002  The Feds : U.S. Postal inspectors (Jason Meath, documentaire, récitant) – 2006  The Shark is still working (Erik Hollander, vidéo, récitant) – 2007  Chicago 10 (Brett Morgen , documentaire, récitant) – Télévision (notamment) : 1972  Assigment : Munich (Un dangereux rendez-vou) (David Lowell Rich) – 1983  Jacobo Timerman : Prisoner without a name, cell without a number (Linda Yelen) –  1984  Tiger town (Alan Shapiro) -1990  Something has to shoot the picture (Frank Pierson) – 1993  Wild justice (Tony Wharmby) – 1996  Money play$ (Frank D. Gilroy) – 1998  Silver wolf (Peter Svatek) – 2001  Diamonds Hunters (La dernière rivale) (Dennis Berry).

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Claude Faraldo

Annonce de la mort de Claude Faraldo, hier, d’une crise cardiaque, à Alès dans le Gard, à l’âge de 70 ans . C’était l’un des rares cinéastes à venir d’un milieu ouvrier, il avait commencé à travailler dès l’âge de 13 ans. “…Jusqu’à vingt-six ans, porteur de télégrammes ou manoeuvre, chômeur ou livreur, il connaît toutes les humiliations quotidiennes, la fatigue, le travail qui abrutit. En 1964, il rencontre Evelyne Vidal qui lui permet de vivre trois ans sans rien faire”. (1).  Il débute dans la vie artistique “…il imagine un scénario (Bof), écrit quelques pièces de théâtre (Doux Métroglodytes jouée au Studio des Champs-Elysées par Huguette Hue et Bernard Fresson), suit des cours d’art dramatique chez René Simon…) (1) et en co-réalisant “La jeune morte” avec Roger Pigaut, en 1965, avec Jean-Claude Rolland – dont on connaît le destin tragique – et Françoise Fabian, racontant la sortie de prison d’un jeune homme qui enquête sur la mort mystérieuse de sa jeune fiancée (1). Dès son second film, il est étonnant de singularité avec “Bof… Anatomie d’un livreur” (1970), avec l’atypique Julian Negulesco en livreur. Il nous fait partager sa morne vie, et celle de sa femme qui excédée quitte son travail – radieuse Marie Dubois – . Il décide de s’extraire du système, en vivant avec son père veuf – formidable Paul Crauchet – et un balayeur noir.  Une réflexion étonnante, profitant du climat singulier des années 70 dans le cinéma français. Il est ensuite l’auteur du libertaire et culte “Themroc” (1972), “…un poème barbare” (1), avec un prodigieux Michel Piccoli – il obtient un prix d’interprétation au festival d’Avoriaz -. Le ton anarchique surprend, un employé du bâtiment décide de réagir contre ceux qui ont le pouvoir et de vivre comme il entend, se rapprochant de la vie d’un homme des cavernes, faisant l’amour avec sa sœur – Béatrice Romand – et refusant l’autorité de sa mère – singulière Jeanne Herviale -. Il finit par contaminer son entourage par sa folie furieuse et destructrice. Le film n’a pas de dialogue – les personnages ne s’exprimant que par onomatopée -, et se veut le refus d’une existence routinière et absurde. Un diamant noir étonnant, dans lequel on retrouve quelques piliers du café théâtre comme Patrick Dewaere, Romain Bouteille ou Miou-Miou, ravi de casser les codes d’un cinéma français landa. Il tourne ensuite un documentaire “Tabarnac”, sur la tournée française du groupe québécois “Offenbach”, film qui semble être très apprécié au Canada. Il reprend le personnage du livreur, qu’il joue lui même cette fois dans”Les fleurs du miel” (1976), où il séduit une jeune femme désabusée et malheureuse en ménage lumineuse Brigitte Fossey -. “Deux lions au soleil” (1979), est un film étonnant, porté par l’interprétation de Jean-Pierre Sentier – comédien trop sous-employé – et Jean François Stévenin. Les deux hommes vont fuguer et vivoter loin de la société, et avoir entre eux une relation dépassant l’amitié.  C’est un film méconnu sur l’errance.  Avec “Flagrant désir” (1986), il utilise le format classique du policier, dans les vignobles bordelais, révélant la comédienne Anne Roussel. Même si la forme est plus classique, il est toujours lucide pour décrire avec justesse les enjeux de pouvoir.  “Merci pour le geste” (1999). Son dernier film, narre la vie d’un SDF et de son chien. Faraldo était à l’initiative du projet de “La veuve de Saint-Pierre”, dont il avait écrit le scénario. Alain Corneau fut envisagé comme réalisateur, le film se fit finalement sous la direction de Patrice Leconte, avec Juliette Binoche et Daniel Auteuil, en 1999. Il faut saluer le parcours assez inhabituel et original de ce cinéaste, qui hélas n’aura pas eu trop l’occasion de continuer sur cette voie ces derniers temps – morne adaptation pour la télévision d’un roman de Michel Drucker, malgré l’interprétation de Jean Carmet dans “La chaîne”, en présentateur du JT, éconduit suite à des élections, pour la télévision, par exemple. A défaut, il aura promené sa silhouette assez étrange dans quelques rôles, notamment dans la série “David Nolande”, pour la télévision, où il figurait le mystérieux Alexian. On peut légitimement se demander ce qu’il adviendrait à ce cinéaste s’il débutait aujourd’hui…

(1) Bibliographie : “900 cinéastes français d’aujourd’hui”, sous la direction de René Prédal (Éditions du Cerf, 1988), par Gérard Camy.

(1) Le film semble être inédit, mais les catalogues du cinéma français de Raymond Chirat, indiquent une date de sortie (septembre 1966), mais elle peut être corporatiste, ce que confirme Claude Faraldo dans un entretien avec Jean Roy pour “L’humanité”.

Claude Faraldo dans “David Nolan”

Filmographie : 1965  La jeune morte / Les chiens (co-réalisateur, Roger Pigaut) – 1970  Bof… Anatomie d’un livreur 1972  Themroc – 1974  Tabarnac (documentaire) – 1975  Les fleurs du miel – 1979  Les lions au soleil – 1986  Flagrand désir – 1987  La chaîne (TV) – 1990  Tête de pîoche (TV) – 1972  Themroc – 1974 Tabarnac – 1975 Les fleurs du mal – 1980 Les lions au soleil – 1986 Flagrant désir – 1987  La chaîne (TV) – 1989  Les jupons de la Révolution : La baïonnette de Mirabeau (TV) – 1990 Puissance 4 : Tête de pioche (TV) – 1992  V comme vengeance : Champ clos (TV) – Puissance 4 : Le serpent vert (TV) – 1999 Merci pour le geste. Comme acteur : 1970  Les années Lumière (Jean Chapot, documentaire, voix du récitant) – 980  Le jardinier (Jean-Pierre Sentier) – 1982  Les enquêtes du commissaire Maigret : Maigret et l’homme tout seul (Jean-Paul Sassy, TV) – 1983  Mesrine (André Génovès) – 1987  Blanc de Chine (Denys Granier-Deferre) – 1993  Maigret se défend ((Andrzej Kostenko, TV) – L’ange noir (Jean-Claude Brisseau) – 1994  La patience de Maigret (Andrzej Kostenko, TV) – 1995  La rivière Espérance (Josée Dayan) – 2006  Mafiosa, le clan (Louis Choquette) – David Nolande (Nicolas Cuche) – Scénariste : 1999  La veuve de Saint-Pierre (Patrice Leconte) – L’équipier (Philippe Lioret). Production : 1977  Pourquoi pas (Coline Serreau).

©   Le coin du cinéphage (reproduction strictement interdite, textes déposés)

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Philippe Khorsand

 DR

Annonce de la mort de Philippe Khorsand, à l’âge de 59 ans, d’une hémorragie interne foudroyante. Très populaire sur le petit écran, on l’avait revu récemment encore dans “Une famille formidable”, série de Joël Santoni, records d’audience sur TF1 . Il incarnait Richard Mathis, l’ami particulièrement envahissant de Bernard Le Coq, ancien présentateur TV – de… TF1 ! -, qui même au début de la série en 1982, n’hésitait pas à faire des avances à sa femme – Anny Duperey -, alors qu’il était invité par la famille Beaumont pour se consoler de sa séparation avec sa femme. On l’associe immédiatement à son compère Jean-Michel Ribes, il débuta dans l’une de ses mises en scènes en 1966, “L’alchimiste”, pièce de Ben Johnson, et ils fonderont avec Gérard Garouste la compagnie de théâtre Palladium. Il lui restera fidèle jusqu’au “Musée haut, musée bas ” qui sortira prochainement. Avec Claude Piéplu, Tonie Marshall et Eva Darlan, il est prodigieux au début des années 80, dans “Merci Bernard”, à l’aise dans un humour décalé. En 1988, il les retrouvera dans “Palace”, où avec Eva Darlan, il donne des conseils aux “fauchés” pour rêver de luxe – Jean-Luc Godard emploiera le couple dans ton “Soigne ta droite” – , ou en directeur des  lieux rusé détourne les remontrances d’un client grincheux incarné par Marcel Philippot, qu’il retrouvera récemment – ainsi que Daniel Prévost et Laurent Gamelon – dans une publicité pour une compagnie d’assurance.  Le tout venant de la comédie se l’arrache, il fait merveille dans une sorte d’humour dépressif, de l’amant éconduit par Catherine Alric, promenant son spleen face à Daniel Auteuil dans “T’empêches tout le monde dormir !”, au concierge défaitiste d’un immeuble de banlieue, désolant Gérard Depardieu dans “Le plus beau métier du monde”, deux films de Gérard Lauzier. Il excelle dans “Mes meilleurs copains”, de Jean-Marie Poiré, en metteur en scène de théâtre trop gâté pour conserver l’esprit révolutionnaire de sa jeunesse. Il est même en vedette, marié à Stéphane Audran, dans “Corps z’a corps”, morne satire de la presse par André Halimi, où il est rédacteur en chef d’un journal économique, contraint de reprendre la gestion d’un magazine érotique.  Si le film est guère mémorable, Daniel Sauvaget rédacteur de la “Saison Cinématographique 1988”, le salue cependant “…Aucun acteur ne parvient à donner vie à son personnage, sauf par moments, l’excellent et méconnu Philippe Khorsand”. Il est vrai que son humour échappé de l’univers d’un Roland Topor, pouvant flirter avec l’absurde, n’aura été finalement utilisé que par le sous-estimé Patrick Schulmann, pour “Zig zag story” – abusivement parfois baptisé “Et la tendresse bordel ? N°2” -, où il incarne un commissaire blasé dont les pensées apparaissent dans des bulles de bandes-dessinées, ou le formidable “Les oreilles entre les dents”, où il s’accuse faussement de meurtres histoire d’exister pour lui en s’échappant d’une morne existence. On le retrouve plus sérieusement, chez Claude Lelouch, notamment en personnification tragique de Javert  dans “Les misérables”, chez Serge Le Péron, qui en fait le confident de Jean-Pierre Léaud dans “L’affaire Marcorelle”, et en curé intransigeant dans “Le temps des porte-plumes”. On peut déplorer que cette sensibilité ne fut pas plus utilisée. Îl avait eu un parcours au théâtre important, dernière “L’invité” de David Pharao, dans une mise en scène de Jean-Luc Moreau (2004-2005) et “La sonate des spectres” d’August Strindberg (2006), dans une mise en scène d’Ivan Heidsieck. Il fut même à la Comédie Française de 1988 à 1989. Lui, on l’aimait vraiment.

Filmographie : 1970  Laisse aller… c’est une valse (Georges Lautner) – 1976  Lâche-moi les valseuses !… (Alain Nauroy) – 1979  Le mors aux dents (Laurent Heynemann) – Rien ne va plus (Jean-Michel Ribes) – 1980  Inspecteur La Bavure (Claude Zidi) – 1981  T’empêches tout le monde de dormir ! (Gérard Lauzier) – 1982  Édith et Marcel (Claude Lelouch) – Zig zag story (Patrick Schulmann) – 1983  Attention ! une femme peut en cacher une autre (Georges Lautner) – Les compères (Francis Veber) – P’tit con (Gérard Lauzier) – 1984   La vengeance du serpent à plumes (Gérard Oury) – 1985   La galette du roi (Jean-Michel Ribes) – Sauve-toi Lola (Michel Drach) – 1986  Si t’as besoin de rien, fais-moi signe (Philippe Clair) – Les frères Pétard (Hervé Palud) – Septième ciel (Jean-Louis Daniel) – Les oreilles entre les dents (Patrick Schulmann) – 1987  Soigne ta droite (Jean-Luc Godard) – Les années sandwiches (Pierre Boutron) – 1988  Corps z’a corps (André Halimi) – Mes meilleurs copains (Jean-Marie Poiré) – 1989  L’aventure extraordinaire d’un papa peu ordinaire (Philippe Clair) – 1990  La femme fardée (José Pinheiro) – 1991 – Le zèbre (Jean Poiret) – Tableau d’honneur (Charles Némès) – 1992 Une journée chez ma mère (Dominique Cheminal) – La soif de l’or (Gérard Oury) – 1993 La vengeance d’une blonde (Jeannot Szwarc) –  Lou n’a pas dit non (Anne-Marie Miéville, voix) – 1994  Les misérables (Claude Lelouch) – 1996  Hommes, femmes : Mode d’emploi (Claude Lelouch) – Le plus beau métier du monde (Gérard Lauzier) – Messieurs les enfants (Pierre Boutron) –  1997  Don Juan (Jacques Weber) – Si je t’aime… prends garde à toi (Jeanne Labrune) – 1999  Premier Noël (Kamel Cherif, CM) – L’affaire Marcorelle (Serge Le Péron) – Total western (Éric Rochant) – 2001  Ce qui compte pour Mathilde (Stéphanie Murat , CM) – 2002  Psykorama (Laurent Platiau, CM) – 2004   Le courage d’ aimer (Claude Lelouch, rôle coupé au montage) – Victoire (Stéphanie Murat) – 2005  Le temps des porte-plumes (Daniel Duval) – 2007  Musée haut, musée bas (Jean-Michel Ribes). Scénariste : 1976  L’Hippopotamours (Christian Fuin) – 1979  Rien ne va plus (Jean-Michel Ribes).

Télévision : (notamment) 1971 Christa (Marcel Moussy, série TV) – Théorèmes et travaux pratiques (James James) – 1978  Caméra une première : Nous ne l’avons pas assez aimée (Patrick Antoine) – 1981  Le mariage de Figaro (Pierre Badel) – Le gros oiseau (Jean-Michel Ribes) – Humour libre (Jean-Michel Ribes) – Merci Bernard (Jean-Michel Ribes) – 1982  Humour FR3 (Jean-Michel Ribes) – Télévision de chambre : Casting (Arthur Joffé, MM) – Le petit théâtre d’Antenne 2 : Personne ne me regarde dans la rue (Jean-Michel Ribes) – 1983  L’appartement (Dominique Giuiani) – 1984  Le jardin d’Eponine (Michel Boisrond) – Batailles (Jean-Michel Ribes, captation) – 1985  Le véto (Daniel Moosmann) – Un mariage de prix (Michel Treguer) – 1986   Série noire : Mort aux ténors  (Serge Moati) – Série rose : “À la feille de rose”, maison turque (Michel Boisrond) – Carnet de vie (Bruno Gantillon) – 1988  Sueurs froides : Dernier week-end (Hervé Palud) – M’as-tu-vu ? (Éric Le Hung, 6 épisodes) – La belle anglaise : Un drôle de client (Jacques Besnard) – Palace (Jean-Michel Ribes) – Le banquet (Marco Ferreri) – 1989  Des cadavres à la pelle (Éric Le Hung) – David Lansky : Le gang des limousines (Hervé Palud) – Fantôme sous l’oreiller (Pierre Mondy) – 1990  Eurocops : Secret défense (Franck Apprederis) – Sésame, ouvre-toi ! (Serge Le Péron) – Bébé express (François Dupont-Midy) – 1991  Une famille formidable (Joël Santoni, saison 1, trois épisodes) – 1992 Papa veut pas que je t’épouse (Patrick Volson) – Vacances au purgatoire (Marc Simenon) –  Une famille formidable (Joël Santoni, saison 2, 3 épisodes) – 1994  Le misanthrope (Mathias Ledoux, captation en direct) – Des enfants dans les arbres (Pierre Boutron) – Une famille formidable (Joël Santoni, saison 3, 3 épisodes) – L’hôtel du libre-échange (Michel Fabre, captation) – 1996  Une femme explosive (Jacques Deray) – 1997  Mira la magnifique (Agnès Delarive) – 1999  H : Une histoire de héros (Édouard Molinaro) – Une famille formidable (Joël Santoni, saison 4, 3 épisodes) – 2001  L’aîné des Ferchaux (Bernard Stora) – Navarro : Graine de Macadam (José Pinheiro) – 2002  Maigret et le fou de Sainte Clotilde (Claudio Tonetti) – Une famille formidable (Joël Santoni, saison 5, 3 épisodes) – Soeur Thérèse.com (pilote) (Christian Faure) – 2003  Le voyage de la grande duchesse (Joyce Buñuel) – Soeur Thérèse.com : Changement de régime (Christian Faure) – Les Bronzés, le père Noël, Papy  et les autres (Stéphane Kopecki) – 2004  Une famille formidable (Joël Santoni, saison 6, 3 épisodes) – 2005  Soeur Thérèse.com : Au nom du père (Olivier Barma) – 2006  Soeur Thérèse.com : Meutre en sous-sol (Christophe Douchand) – Une famille formidable (Joël Santoni, saison 7, 3 épisodes) – 2007 SoeurThérèse.com : L’assassin est parmi nous (Joyce Buñuel) – Soeur Thérèse.com : Thérèse et le voyant (Vincent Marano).

Théâtre : 1966  L’ALCHIMISTE de Ben Jonhson, Mise en scène :        Jean-Michel Ribes – 1967         HERMAN EST DE RETOUR          de F. Martial,  Mise en scène : Jean-Michel Ribes  – LE RADEAU DE LA MEDUSE      de Jérôme Savary; Mise en scène :           Jérôme Savary – 1969  LE LAI DE BARRABAS            de Fernando Arrabal, Mise en scène : Jean-Michel Ribes –  1970    LES FRAISES MUSCLEES      de Jean-Michel Ribes,  Mise en scène :           Jean-Michel Ribes – 1974 L’ODYSSEE POUR UNE TASSE DE THE de Jean-Michel Ribes,  Mise en scène :           Jean-Michel Ribes – 1978            LE GROS OISEAU       de Jean-Michel Ribes,  Mise en scène :           Jean-Michel Ribes – 1979 YERMA            deFederico Garcia Lorca, Mise en scène :       Eric Nonn – 1980          LE MARIAGE DE FIGARO        de Beaumarchais,  Mise en scène :          Françoise Petit (Compagnie Jacques Weber) – 1981    LES 30 MILLIONS DE GLADIATOR     d’Eugène Labiche,  Mise en scène :    Françoise Petit (Théâtre du 8ème à Lyon  – A la Maison de la Culture à Nanterre) – 1982 LE GARCON D’APPARTEMENT      de Gérard Lauzier,  Mise en scène :    Daniel Auteuil (Théâtre Marigny) – 1983 BATAILLES   de Jean-Michel Ribes et Roland Topor,           Mise en scène :           Jean-Michel Ribes ( héâtre du Petit Athénée – Théâtre Fontaine) – 1983 LE MONDE EST PETIT, LES PYGMEES AUSSI    de Philippe Bruneau,  Mise en scène :       Philippe Bruneau (Le Splendid Saint-Martin) –  1984 LEOCADIA         de Jean Anouilh, Mise en scène :           Pierre Boutron (Comédie des Champs Elysées) – Saison 85/86/87 LA CUISSE DU STEWARD  de Jean-Michel Ribes, Mise en scène :     Bernard Murat  (Théâtre de la Renaissance – Avec Jacqueline Maillan, Roland Blanche) – 1986/1987  L’AMUSE-GUEULE, Mise en scène :     PierreMondy    (Théâtre du Palais Royal) – 1987/1988 LE PONT DES SOUPIRS   de Jacques Offenbach,  Mise en scène :         Jean-Michel Ribes       (Théâtre de Paris) – 1988/1989 LA CAGNOTTE d’Eugène Labiche,  Mise en scène :   Jean-Michel Ribes       (La Comédie Française) – 1989 PIECES DETACHEES    d’Alan Ayckbourn,  Mise en scène :    Bernard Murat (Théâtre de la Michodière) – 1992 RUMEUR A WALL STREET           de Bernard Chatellier,  Mise en scène : Bérangère Bonvoisin (Théâtre des Amandiers-Nanterre) – DE DERRIERE LES COLLINES     de Jean-Louis Bourdon, Mise en scène :        Jean-Louis Bourdon    (Festival d’Avignon) – 1993  LA MEGERE APPRIVOISEE       de William Shakespeare,  Mise en scène : Jérôme Savary      (Théâtre National de Chaillot) -1993/1994 TAILLEUR POUR DAMES de Georges Feydeau, Mise en scène : Bernard Murat  (Théâtre de Paris) – 1994 LE MISANTHROPE          de Molière, Mise en scène :     Jacques Weber (Canal +) – 1994/1995 L’HOTEL DU LIBRE ECHANGE        de Georges Feydeau,  Mise en scène :            Franck Lapersonne (Théâtre de la Michodière) – 1996 LE PORTEFEUILLE          de Pierre Sauvil et Eric Assous,  Mise en scène :       Jean-Luc Moreau (Théâtre Saint-Georges) – 1996/1997 BAGATELLE(S)       de Noël Coward, Mise en scène :        Pierre Mondy (Théâtre de Paris) – 1997/1998 CYRANO DE BERGERAC         d’Edmond Rostand,  Mise en scène :  Jérôme Savary (Théâtre National de Chaillot) – 1998/2000 FREDERIK OU LE BOULEVARD DU CRIME d’Eric Emmanuel-Schmitt, Mise en scène :     Bernard Murat (Théâtre Marigny et en tournée) – 2002 THEATRE SANS ANIMAUX  de Jean-Michel Ribes,  Mise en scène :  Jean-Michel Ribes (Théâtre Tristan Bernard) – 2003/2005 L’INVITE  de David Pharao, Mise en scène :       Jean-Luc Moreau (Théâtre Edouard VII – Théâtre des Mathurins et en tournée – Nomination aux Molières 2004) –           2006/2007 2006/2007FAMILLE DE STARS de Rémi Rosello,Mise enscène :Rémi Rosello (Entournée). Mise en scène : 1971 OH ! CALCUTTA (À l’Élisée Montmartre).

Remerciements à Aurélie Grasso de l’Agence Artistique Nicole Cann                

Filmographie : 1970   Laisse aller… c’est une valse (Georges Lautner) – 1976  Lâche-moi les valseuses !… (Alain Nauroy) – 1979  Le mors aux dents (Laurent Heynemann) – Rien ne va plus (Jean-Michel Ribes) – 1980  Inspecteur La Bavure (Claude Zidi) –  1981  T’empêches tout le monde de dormir ! (Gérard Lauzier) – 1982  Édith et Marcel (Claude Lelouch) – Zig zag story (Patrick Schulmann) – 1983  Attention ! une femme peut en cacher une autre (Georges Lautner) – Les compères (Francis Veber) – P’tit con (Gérard Lauzier) –  1984   La vengeance du serpent à plumes (Gérard Oury) – 1985   La galette du roi (Jean-Michel Ribes) – Sauve-toi Lola (Michel Drach) – 1986  Si t’as besoin de rien, fais-moi signe (Philippe Clair) – Les frères Pétard (Hervé Palud) – Septième ciel (Jean-Louis Daniel) – Les oreilles entre les dents (Patrick Schulmann) – 1987  Soigne ta droite (Jean-Luc Godard) – Les années sandwiches (Pierre Boutron) – 1988  Corps z’a corps (André Halimi) – Mes meilleurs copains (Jean-Marie Poiré) – 1989  L’aventure extraordinaire d’un papa peu ordinaire (Philippe Clair) – 1990  La femme fardée (José Pinheiro) – 1991 – Le zèbre (Jean Poiret) – Tableau d’honneur (Charles Némès) – 1992 Une journée chez ma mère (Dominique Cheminal) – La soif de l’or (Gérard Oury) – 1993 La vengeance d’une blonde (Jeannot Szwarc) –  Lou n’a pas dit non (Anne-Marie Miéville, voix) – 1994  Les misérables (Claude Lelouch) – 1996  Hommes, femmes : Mode d’emploi (Claude Lelouch) – Le plus beau métier du monde (Gérard Lauzier) – Messieurs les enfants (Pierre Boutron) –  1997  Don Juan (Jacques Weber) – Si je t’aime… prends garde à toi (Jeanne Labrune) – 1999  Premier Noël (Kamel Cherif, CM) – L’affaire Marcorelle (Serge Le Péron) – Total western (Éric Rochant) – 2001  Ce qui compte pour Mathilde (Stéphanie Murat , CM) – 2002  Psykorama (Laurent Platiau, CM) – 2004   Le courage d’ aimer (Claude Lelouch, rôle coupé au montage) – Victoire (Stéphanie Murat) – 2005  Le temps des porte-plumes (Daniel Duval) – 2007  Musée haut, musée bas (Jean-Michel Ribes). Scénariste : 1976  L’Hippopotamours (Christian Fuin) – 1979  Rien ne va plus (Jean-Michel Ribes).

Télévision : (notamment) 1971  Théorèmes et travaux pratiques (James James) – 1978  Caméra une première : Nous ne l’avons pas assez aimée (Patrick Antoine) – 1981 Le gros oiseau (Jean-Michel Ribes) – Humour libre (Jean-Michel Ribes) – Merci Bernard (Jean-Michel Ribes) – 1982  Humour FR3 (Jean-Michel Ribes) – Télévision de chambre : Casting (Arthur Joffé, MM) – Le petit théâtre d’Antenne 2 : Personne ne me regarde dans la rue (Jean-Michel Ribes) – 1983  L’appartement (Dominique Giuiani) – 1984  Le jardin d’Eponine (Michel Boisrond) – Batailles (Jean-Michel Ribes, captation) – 1985  Le véto (Daniel Moosmann) – Un mariage de prix (Michel Treguer) – 1986   Série noire : Mort aux ténors  (Serge Moati) – Série rose : “À la feille de rose”, maison turque (Michel Boisrond) – Carnet de vie (Bruno Gantillon) – 1988  Sueurs froides : Dernier week-end (Hervé Palud) – M’as-tu-vu ? (Éric Le Hung, 6 épisodes) – La belle anglaise : Un drôle de client (Jacques Besnard) – Palace (Jean-Michel Ribes) – Le banquet (Marco Ferreri) – 1989  Des cadavres à la pelle (Éric Le Hung) – David Lansky : Le gang des limousines (Hervé Palud) – Fantôme sous l’oreiller (Pierre Mondy) – 1990  Eurocops : Secret défense (Franck Apprederis) – Sésame, ouvre-toi ! (Serge Le Péron) – Bébé express (François Dupont-Midy) – 1991  Une famille formidable (Joël Santoni, saison 1, trois épisodes) – 1992 Papa veut pas que je t’épouse (Patrick Volson) – Vacances au purgatoire (Marc Simenon) –  Une famille formidable (Joël Santoni, saison 2, 3 épisodes) – 1994  Le misanthrope (Mathias Ledoux, captation en direct) – Des enfants dans les arbres (Pierre Boutron) – Une famille formidable (Joël Santoni, saison 3, 3 épisodes) – L’hôtel du libre-échange (Michel Fabre, captation) – 1996  Une femme explosive (Jacques Deray) – 1997  Mira la magnifique (Agnès Delarive) – 1999  H : Une histoire de héros (Édouard Molinaro) – Une famille formidable (Joël Santoni, saison 4, 3 épisodes) – 2001  L’aîné des Ferchaux (Bernard Stora) – Navarro : Graine de Macadam (José Pinheiro) – 2002  Maigret et le fou de Sainte Clotilde (Claudio Tonetti) – Une famille formidable (Joël Santoni, saison 5, 3 épisodes) – Soeur Thérèse.com (pilote) (Christian Faure) – 2003  Le voyage de la grande duchesse (Joyce Buñuel) – Soeur Thérèse.com : Changement de régime (Christian Faure) – Les Bronzés, le père Noël, Papy  et les autres (Stéphane Kopecki) – 2004  Une famille formidable (Joël Santoni, saison 6, 3 épisodes) – 2005  Soeur Thérèse.com : Au nom du père (Olivier Barma) – 2006  Soeur Thérèse.com : Meutre en sous-sol (Christophe Douchand) – Une famille formidable (Joël Santoni, saison 7, 3 épisodes) – 2007 SoeurThérèse.com : L’assassin est parmi nous (Joyce Buñuel) – Soeur Thérèse.com : Thérèse et le voyant (Vincent Marano).

Théâtre : 1966  L’ALCHIMISTE de Ben Jonhson,

Mise en scène :        Jean-Michel Ribes – 1967         HERMAN EST DE RETOUR          de F. Martial,  Mise en scène : Jean-Michel Ribes  – LE RADEAU DE LA MEDUSEde Jérôme Savary;       Mise en scène :           Jérôme Savary – 1969  LE LAI DE BARRABAS            de Fernando Arrabal, Mise en scène : Jean-Michel Ribes – 

1970    LES FRAISES MUSCLEES      de Jean-Michel Ribes, 

Mise en scène :           Jean-Michel Ribes – 1974 L’ODYSSEE POUR UNE TASSE DE THE de Jean-Michel Ribes,  Mise en scène :           Jean-Michel Ribes – 1978            LE GROS OISEAU       de Jean-Michel Ribes,  Mise en scène :           Jean-Michel Ribes – 1979 YERMA            deFederico Garcia Lorca, Mise en scène :       Eric Nonn – 1980          LE MARIAGE DE FIGARO        de Beaumarchais,  Mise en scène :          Françoise Petit (Compagnie Jacques Weber) – 1981    LES 30 MILLIONS DE GLADIATOR     d’Eugène Labiche,  Mise en scène :    Françoise Petit (Théâtre du 8ème à Lyon  – A la Maison de la Culture à Nanterre) – 1982 LE GARCON D’APPARTEMENT      de Gérard Lauzier,  Mise en scène :    Daniel Auteuil (Théâtre Marigny) – 1983 BATAILLES   de Jean-Michel Ribes et Roland Topor,           Mise en scène :           Jean-Michel Ribes ( héâtre du Petit Athénée – Théâtre Fontaine) – 1983 LE MONDE EST PETIT, LES PYGMEES AUSSI    de Philippe Bruneau,  Mise en scène :       Philippe Bruneau (Le Splendid Saint-Martin) –  1984 LEOCADIA         de Jean Anouilh, Mise en scène :           Pierre Boutron (Comédie des Champs Elysées) – Saison 85/86/87 LA CUISSE DU STEWARD  de Jean-Michel Ribes, Mise en scène :     Bernard Murat  (Théâtre de la Renaissance – Avec Jacqueline Maillan, Roland Blanche) – 1986/1987  L’AMUSE-GUEULE, Mise en scène :     PierreMondy    (Théâtre du Palais Royal) – 1987/1988 LE PONT DES SOUPIRS   de Jacques Offenbach,  Mise en scène :         Jean-Michel Ribes       (Théâtre de Paris) – 1988/1989 d’Eugène Labiche,  Mise en scène :   Jean-Michel Ribes       () – 1989 PIECES DETACHEES    d’Alan Ayckbourn,  Mise en scène :    Bernard Murat (Théâtre de la Michodière) – 1992 RUMEUR A WALL STREET           de Bernard Chatellier,  Mise en scène : Bérangère Bonvoisin (Théâtre des Amandiers-Nanterre) – DE DERRIERE LES COLLINES     de Jean-Louis Bourdon, Mise en scène :        Jean-Louis Bourdon    (Festival d’Avignon) – 1993  LA MEGERE APPRIVOISEEde William Shakespeare,  M       ise en scène : Jérôme Savary      (Théâtre National de Chaillot) -1993/1994 TAILLEUR POUR DAMES de Georges Feydeau, Mise en scène : Bernard Murat  (Théâtre de Paris) – 1994 LE MISANTHROPE          de Molière, Mise en scène :     Jacques Weber (Canal +) – 1994/1995 L’HOTEL DU LIBRE ECHANGE        de Georges Feydeau,  Mise en scène :            Franck Lapersonne (Théâtre de la Michodière) – 1996 LE PORTEFEUILLE          de Pierre Sauvil et Eric Assous,  Mise en scène :       Jean-Luc Moreau (Théâtre Saint-Georges) – 1996/1997 BAGATELLE(S)       de Noël Coward, Mise en scène :        Pierre Mondy (Théâtre de Paris) – 1997/1998 CYRANO DE BERGERAC         d’Edmond Rostand,  Mise en scène :  Jérôme Savary (Théâtre National de Chaillot) – 1998/2000 FREDERIK OU LE BOULEVARD DU CRIME d’Eric Emmanuel-Schmitt, Mise en scène :     Bernard Murat (Théâtre Marigny et en tournée) – 2002 THEATRE SANS ANIMAUX  de Jean-Michel Ribes,  Mise en scène :  Jean-Michel Ribes (Théâtre Tristan Bernard) – 2003/2005 L’INVITE  de David Pharao, Mise en scène :       Jean-Luc Moreau (Théâtre Edouard VII – Théâtre des Mathurins et en tournée – Nomination aux Molières 2004) –           2006/2007 2006/2007FAMILLE DE STARS de Rémi Rosello,Mise enscène :Rémi Rosello (Entournée). Mise en scène : 1971 OH ! CALCUTTA (À l’Élisée Montmartre).La Comédie FrançaiseLA CAGNOTTE

Remerciements à Aurélie Grasso de l’Agence Artistique Nicole Cann               

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Heath Ledger

 Annonce de la mort de Heath Ledger, ce 22 janvier, à l’âge de 28 ans, liée selon la police à une prise de stupéfiants, dans une résidence de Manhattan (source AP). Après Brad Renfro – “Un élève doué”, “Bully” -, mort à l’âge de 25 ans et à l’instar d’un River Phoenix, le sort s’acharne sur le destin des jeunes acteurs hollywoodien. Né à Perth, le 4 avril 1979, son père est ingénieur et sa mère professeur de français, lui donne le prénom du personnage d’Emily Brontë dans “Les hauts du hurlevent”. Australien, d’origine irlandaise et écossaise, il se découvre des affinités dans le mode artistique et celui du sport à la “Guildford Grammar School”, en Australie. Il devient très vite populaire dans des films de divertissement comme le curieux “Chevalier” (2001), film médiéval à la sauce glam-rock. Il est aussi le digne fils de Mel Gibson, dont il partage le charisme, dans le pachydermique “The Patriot”. On le retrouve aussi en fils suicidé de Bill Bob Thorton dans l’excellent “À l’ombre de la haine”. Son côté sportif et son physique avenant, le prédisposent à être champion de surf dans “Les seigneurs de Downtown”. Il connaît une consécration – saluée par une nomination aux oscars – en cow-boy frustre tombant amoureux de Jake Gyllenhaal dans le flamboyant “Le secret de Brokeback Mountain”, il ne manque pas ainsi l’occasion de d’écorner une image un peu lisse. Il rencontre sur le tournage l’actrice Michelle Williams, avec laquelle il eut une fille. Terry Gilliam l’engage pour camper l’un des frères Grimm dans le film éponyme, mais le film déçoit un peu. Il participe au film expérimental “I’m not there”, où formant un couple avec Charlotte Gainsbourg, il personnifie l’attitude de Bob Dylan face au vedettariat, désabusé face aux vanités de la société du spectacle, prestation qui a une résonance particulière désormais. Pour la petite histoire, il fit sensation en arrivant à  la présentation du film à la dernière Mostra de Venise 2007, en short et en chaussettes rouges. On le retrouvera l’été prochain dans le rôle du Joker, face à Christian Bale en Batman, succédant à Jack Nicholson – lourde tâche -, mais les premiers extraits du film, semblent montrer une belle performance. Il avait débuté le tournage du prochain film de Terry Gilliam “The imaginarium of Doctor Parnacius”, cinéaste malheureusement coutumier des coups du sort. Ne doutons pas que quelques distributeurs avisés profiteront de sa mort, pour sortir les inédits “Casanova” de Lasse Hallström, où il interprète le rôle titre et “Candy”, dans lequel il joue un junkie. Ce comédien très prometteur et couvert de prix – 13 récompenses selon IMDb -, avait ces dernières années des choix très intéressants et une exigence certaine. Annonce également de la mort de Jean-François Rémi, excellent comédien français cantonné dans les rôles de notables – le copain goguenard golfeur de Claude Brasseur dans “Signes extérieurs de richesse” -, à lire l’excellent hommage d’Yvan Foucart à son sujet pour “Les gens du cinéma”, Carlos qui a promené sa bonhomie dans quelques films et dans la série sur TF1 “Le J.A.P.”, Maila Murmi dite “Vampira”, cultissime vedette du “Plan 9 from outer space” d’Ed Wood, et de Suzanne Pleshette, dont on peut lire un excellent portrait dans l’excellent “dictionnaire Hitchcock”, paru récemment sous la direction de Laurent Bourdon aux éditions Larousse, mais le temps me manque pour les évoquer.

Avec Charlotte Gainsbourg dans “I’m not here”

Filmographie : 1992  Clowning Around (George Whaley) – 1997  Paws ( Karl Zwicky) – Blackrock (Steven Vidler) – 1998  Two Hands (Gregor Jordan) –  1999  10 Things I Hate About You (10 bonnes raisons de te larguer) (Gil Junger) – 2000  The Patriot (The Patriot : Le chemin de la liberté) (Roland Emmerich) – 2001  A Knight’s Tale (Chevalier) (Brian Helgeland) – Monster’s Ball (À l’ombre de la haine) (Mark Forster) – The Four Feathers (Frères du désert) (Shekhar Kapur) – 2003  The Order (Le purificateur) (Brian Helgeland) – Ned Kelly (Gregor Jordan) – 2005  Candy (Neil Armfeld) – Lords of Dogtown (Les seigneurs de Dogtown) (Catherine Hardwicke) – The Brothers Grimm (Les frères Grimm) (Terry Gilliam) – Brokeback Mountain (Le secret de Brokeback Mountain) (Ang Lee) – Casanova (Lasse Hallström) – 2007  I’m not there (Id) (Todd Haynes) – The Dark Night (Christopher Nolan) – The imaginarium of Doctor Parnacius (Terry Gilliam). Télévision (notamment) : 1996  Sweat 1997/2000  Roar (Roar, la légende de Conor) (13 épisodes).

 

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Fragments d’un dictionnaire amoureux : Alain Payet

  Annonce de la mort d’Alain Payet, le 13 décembre dernier à l’âge de 60 ans, réalisateur hors normes s’il en est. Mais qui pouvait mieux en parler que Christophe Bier dans l’émission de samedi dernier de “Mauvais Genre” écoutable ici , avec son érudition habituelle et son enthousiasme. On le connait pour être une des signatures les plus originales du cinéma porno, souvent sous le nom de John Love, même si les amateurs déploraient un manque d’audace dans ses dernières productions en vidéo et à la télévision. Il a travaillé avec les plus grandes actrices du genre de Karen Lacaume à Catherine Ringer, mais il a travaillé aussi avec des personnalités sortant des sentiers battus comme le phénoménal Désiré Bastareaud – connu également pour le sitcom “Le miel et les abeilles”, à des années lumières de ses prestations dans le porno hard crad -, ou Groseille. Payet, qui déclarait avec humour à la question quel autre métier qu’il aurait voulu exercer ?” : “Bourreau” (cité dans “Le cinéma X”, aux éditions de la Musardine, 2002″, sous la direction de Jacques Zimmer), avait débuté dans l’érotisme avec le célèbre Lucien Hustaix. D’une filmographie difficile à établir, on peut retenir l’ahurissante parodie des “Visiteurs” -” les visiteuses” (1994), avec Roberto Malone, Tabata Cash et Alain L’Yle, ce dernier étant connu pour avoir des faux airs de Robin Williams. Mais il a oeuvré également dans le nanar désolant, “L’émir préfère les blondes” avec Roger Carel et Paul Préboist, en 1983, salué ainsi dans “La saison cinématographique 1983” : “… le film repose sur ses interprètes, qui font leur numéro habituel sans se soucier du reste. Ils ont d’ailleurs bien raison, puisque cela leur permet de gagner leur vie, mais on n’est pas pour autant obligé de penser que le film mérite qu’on s’y arrête plus longuement”, et dans les films cultes des productions Eurociné. Sur ces films fauchés, productions de Marius Lesoeur,  il convient de lire l’excellent ouvrage de Christophe Bier – toujours lui -, “Cinéma culte européen : Eurociné” (1999), riches en anecdotes sur “Train spécial pour Hitler”, “La louve de Stilberg” ou “Les amazones du temple d’or” – avec des scènes additionnelles tournées dans le Bois de Vincennes !-. On y retrouve un entretien avec le metteur en scène qui leur rend hommage : “…La force d’Eurociné, c’est qu’ils ne se sont jamais faits passer pour ce qu’ils n’étaient pas”. A lire le blog de Nanarland. Annonce également de la mort du cinéaste polonais Jerzy Kawalerowicz, j’y reviendrai. Pour le reste, je vous souhaite d’excellentes fêtes de fin d’années (quand même), donc euh… à l’année prochaine.

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Fragments d’un dictionnaire amoureux : Philippe Clay

Annonce de la mort de Philippe Clay, le 13 décembre dernier, à l’âge de 80 ans. Pierre Mathevé, né le 7 mars 1927, à Paris. En 1945, il entre au conservatoire national d’art dramatique et débute au théâtre au T.N.P. Il est très représentatif des artistes de Saint-Germain-des-Près, il devient un interprète de chansons très prisés. Un parcours dû au hasard, ses amis l’inscrivant sans lui dire, en raison de sa belle voix, dans un concours pour amateurs au café “La colonne de la Bastille”. On le compare facilement à Serge Gainsbourg, on se souvient d’une interprétation mémorable de “Accordéon”, avec lui, déguisés en clochards pour la télévision. Il apparaît souvent comme chanteur dans “C’est arrivé à 36 chandelles” – disponible chez René Chateau vidéo – et “Adorable voisine”. Il rencontre des polémiques en 1971, avec sa chanson “Mes universités”, très contre l’esprit de Mai 1968, voir les paroles dans le site paroles.net, ce qui lui vaut une réputation d’anar de droite, voire réactionnaire. Une réputation pas si ursurpée que ça, comme on veut bien le dire, il semblerait. Sans vouloir polémiquer, comme chantait Brassens, “Les morts sont tous des braves types”, mais j’ai le souvenir d’une interview de lui assez édifiante entendue par hasard, en parcourant la radio, il y a quelques années, en m’apercevant finalement que c’était Radio-Courtoisie, radio controversée d’extrême-droite. Au cinéma, la silhouette élastique et dégingandée – 1m90 – et ses traits émaciés le prédisposaient aux rôles d’affreux. Henri Jeanson dont on ne présente plus la rosserie, l’appelait “Le squelette d’Yves Montand”. Le comédien, souvent exceptionnel, était formidable. On le remarque à ses débuts dans “Rome-Express” en contrôleur de train zélé, collègue de Jean Debucourt, crédité au générique sous le nom de Phil Clay. On le retrouve virevoltant dans “French cancan” (1954), où son dynamisme fait merveille et on le retrouve dans la “Cour des Miracles”, en impressionnant Clopin Trouillefou, chef de tire-laine dans “Notre-dame-de-Paris” (1956). Il en impose également dans le solide polar, “Des femmes disparaissent” (Édouard Molinaro, 1958), en tueur psychopate et sadique, martyrisant à l’envi le personnage joué par Robert Hossein, avec une délectation assez redoutable. Reste que la comédie est son domaine de prédilection. Il apporte un côté goguenard, une malice aux pires des nanars qu’il interprète, notamment dans les années 70, comme dans “Les joyeux lurons” (1972), où il campe un truand d’opérette, déguisé en prêtre. Il peut faire preuve aussi d’humanité, comme dans le téléfilm d’Agnès Delarive, “Maaarcelll !” (1997), où il est l’ami de Michel Galabru, dont il partage les habitudes de piliers de comptoir. Il supporte son caractère de cochon, et le console de son veuvage. Comme il était l’amant de sa femme, il trouve de curieuses affinités avec elle, revenue sur la terre réincarnée en petite chatte ! Derrière la loufoquerie du sujet, il donne une grande tendresse à son personnage. Il est étonnant en père aveugle de Denis Lavant dans le méconnu “Tuvalu” (1998), où l’utilisation comique de son corps fait merveille. C’est au théâtre qu’il a connu des rôles plus intéressants, notamment dans les mises en scène de Jean-Luc Tardieu. Remplaçant au pied levé John Berry, à la mort de ce dernier, il interprète un octogénaire atteint de la maladie de Parkinson renversé par un jeune cadre, dans “Visites à Mister Green”. Il sera nommé aux Molières en 2002, pour ce rôle. Sa complainte des apaches chantée au générique des “Brigades du tigre”, restera dans toutes les mémoires, et on peut le retrouver actuellement dans la série “La commune” chez Canal+. Il avait publié deux livres “Mes universités” (Éditions Robert Laffont, 1992), où il évoquait son entrée dans la Résistance, dans un maquis du Lot-et-Garonne et son engagement ensuite auprès du Maréchal de Lattre, et “Mérotte” (Éditions Anne Carrère, 1999). On peut déplorer cependant une meilleure utilisation de son talent et de sa vis comica au cinéma, comme souvent pour certaines individualités fracassantes.

Philippe Clay dans “Nathalie”

Filmographie : 1947  Le destin exécrable de Guillemette Babin (Guillaume Radot) – 1949  Rome-Express (Christian Stengel) – 1951 Le crime du Bouif (André Cerf) – 1954 French Cancan (Jean Renoir) – 1955 33 tours et puis s’en vont (Henri Champetier, CM) – 1956 La vie est belle (Roger Pierre & Jean-Marc Thibault) – Notre-Dame de Paris (Jean Delannoy) – 1957 C’est arrivé à 36 chandelles (Henri-Diamant-Berger) – Nathalie (Christian-Jaque) – En bordée (Pierre Chevalier) – 1958 Bell book and candle (Adorable voisine) (Richard Quine) – Drôles de phénomène (Robert Vernay) – Des femmes disparaissant (Édouard Molinaro) – Messieurs les Ronds de Cuir (Henri-Diamant-Berger) – Totò a Parigi (Parisien malgré lui) – 1959 La nuit des traqués (Bernard-Roland) – Les canailles (Maurice Labro) – 1960 Touchez pas aux blondes (Maurice Labro) – Dans l’eau qui fait des bulles / Le garde-champêtre mène l’enquête (Maurice Delbez, voix seulement [Récitant et la voix du mort]) – 1961 I moschettieri del mare (Il était trois flibustiers) (Steno) – 1964 Le gentleman de Cocody (Christian-Jaque) – 1966 Voilà l’ordre (Jacques Baratier, CM) – Sale temps pour les mouches (Guy Lefranc) – 1967 Les têtes brûlées (Willy Rozier) – 1969 Pour un sourire (François Dupont-Midy) – 1971 Armiamoci e partite ! (Deux corniauds au régiment) (Nando Cicero) – 1972 Pas folle la guêpe (Jean Delannoy) – Les joyeux lurons (Michel Gérard) – L’insolent (Jean-Claude Roy) – 1974 Shanks (William Castle) – Une partie de campagne (Raymond Depardon, documentaire) – 1982 Deux heures moins le quart avant Jésus-Christ (Jean Yanne) – Salut la Puce (Richard Balcucci) – 1973 Un bon petit diable (Jean-Claude Brialy) – 1992 Le Put 320 décembre (Marcel Angosto, CM) – Die wildnis / État sauvage (Werner Masten, inédit en France)- 1995 Krim (Ahmed Bouchaala) – 1997 Lautrec (Roger Planchon) – 1998 Les cachetonneurs (Denis Dercourt) – 2000 Tuvalu (Veit Hermer) – 2001  Là-haut un roi au-dessus des nuages (Pierre Schoendoerffer) – 2007  La deuxième vie du sucrier (Didier Canaux, CM). 

 

 

 

Télévision : 1954  La femme du photographe (Janine Guyon) – 1955 Paris Precinct : Cognac et cyanure (Sobey Martin) – 1964 L’assassinat de Franz Léhar (Maurice Château, scopitone) – 1966  L’esprit et la lettre : La grande peur de la montagne (Pierre Cardinal) – Un conte d’hiver (Jean Kerchbron) – Les gueux au paradis (Jean Pignol) – 1970 La brigade des maléfices : Voir Vénus et mourir (Claude Guillemot) – L’homme qui rit (Jean Kerchbron) – La canne (Adrien Papazian) – 1971 Le père Noël est en prison (Pierre Gautherin) – La sainte farce (Jean Kerchbron) – 1977 L’affaire Miller (André Flédérick) – Brigade des mineurs : Play back et tais-toi (André Flédérick) – 1978 La maréchale d’Ancre (Jean Kerchbron) – 1979  Un comédien lit un auteur : Philippe Clay lit Louis Pergaud (Jean-Claude Demey) – La dame aux coquillages (Charles Paolini) – Les amours de la belle époque : Ces dames aux chapeaux verts (André Flédérick) – La ruée vers l’eau (Charles Paolini) – 1980  Ubu cocu ou l’archéoptéryx (Jean-Christophe Averty) – La nuit du général Boulanger (Hervé Bromberger) – 1981  Frère Martin (Jean Delannoy) – Au bon beurre (Édouard Molinaro) – Novgorod (Armand Ridel) – 1982  Cinéma 16 : Le ressac (Charles Paolini) – Marianne, une étoile pour Napoléon (Marion Sarraut) – 1984 Catherine (Marion Sarraut) – L’herbe rouge (Pierre Kast) – 1985  Le chevalier de Pardaillan (Josée Dayan) – 1987 Anges et loups (Boramy Tioulong) – 1988 Le ravissement de Scapin (Michel Folgoas) – Le Gerfaud (Marion Sarraut) – L’homme à tout faire (Gandrey Rety) – La comtesse de Charny (Marion Sarraut) – 1989  Loft story : Kleptomanie – 1990  Le dernier gang : L’homme aux chiens (Josée Dayan) – 1991  Le gourou occidental (Daniel Souissa) – La dérive (Josée Dayan) – 1992  Un flic pourri (Josée Dayan) – Le J.A.P. : Tirez sur le lampiste (Josée Dayan) – 1993  Le J.A.P. : La cible (Henri Helman) – Le J.A.P. : Rupture (Franck Appréderis) – Police secrets : Mort d’un gardien de la paix (Josée Dayan) – 1994  Le J.A.P. : Point de rupture (Franck Appréderis) – La rivière Espérance (Josée Dayan) –  1993  Le J.A.P. : Chacun sa gueule (Franck Appréderis) – 1995  Pasteur, 5 années de rage (Luc Béraud) – Les allumettes suédoises [épisodes “David et Olivier” et “Les sucettes à la menthe”] (Jacques Ertaud) – 1996  La guerre des moutons (Rémy Burkel) – Les anneaux de la gloire (Jean-Luc Miesch) – La parenthèse (Jean-Louis Benoît) – 1997 Le bimillionnaire (Michaël Perrotta) – Les lois de l’hospitalité (Luc Béraud) – Le causse d’Aspignac (Rémy Burkel) – La grande Béké (Alain Maline) – Marceeel !!! (Agnès Delarive) – Le comte de Monte Cristo (Josée Dayan) – 1998 La maison d’Alexina (Mehdi Charef) – 2000 Des croix sur la mer (Luc Béraud) – Amour, embrouille et ballade / Promène-couillon (Bernard Malaterre) – 2004 Père et maire : Retour de flammes (Gilles Béhat) – 2006 Dombais et fils (Laurent Jaoui) – 2007 La commune [épisode 2 et 6] (Philippe Triboit).

Avec Thomas Joussier, dans “Visites à Mister Green” DR 

Théâtrographie : 1945 à 1949 Le marchand de Venise de W. Shakespeare / Tartuffe de Molière / Iphigénie de Racine / De 1950 à 1953 Comédien dans la troupe du Palais de Chaillot. / De 1966 à 1995 Don Quichotte d’Y. Jamiaque / Des idées larges Théâtre de l’Athénée. /  Le comte de Monte-Cristo, m.e.s. M. Jacquemont / Philippe Clay, Théâtre des Nouveautés. / Le Barbier de Séville, Théâtre des Champs Elysées. / Jules Romain, homme de bonne volonté. Rencontres du Palais Royal. / L’aiglon d’E. Rostand, m.e.s. J.-L. Tardieu / Zoo de Vercors, m.e.s. J.-L. Tardieu / Oscar de C. Magnier, m.e.s. J. Bœuf / 1995 La veuve joyeuse de F. Lehar, m.e.s. J.-L. Tardieu / Un ennemi du peuple de H. Ibsen, m.e.s. J.-L. Tardieu / 1996 Des ronds dans l’eau, m.e.s. J.-L. Tardieu / Le voyage de Monsieur Perrichon de E. Labiche, m.e.s. J.-L. Moreau / 1997 Des ronds dans l’eau, m.e.s. J.-L. Tardieu / 1998/1999  Le sexe faible d’E. Bourdet, m.e.s. Jean-Claude Brialy ((Festival d’Anjou + tournée) / 2001/2003 Visite à Mr Green, de Jeff Barron, aaptation de Thomas Joussier et Stéphanie Galland, m.e.s. de Jean-Luc Tardieu (Genève ; reprise à Paris, espace Rachi ; Théâtre de la Bruyère, Théâtre Antoine. Festival de Gordes ; + tournée) / 2005/2006 L’escale de Paul Hengge, adapation de Stephan Meldegg ; Attica Guedj, m.e.s. Stephan Meldegg