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Fragments d’un dictionnaire amoureux : Raymond Devos

 Annonce de la mort de Raymond Devos, on le savait très malade, et on pouvait déplorer une attitude absolument indigne d’une certaine personne face à cette issue fatale. Son œuvre est immense, on pouvait apprécier son art dans un coffret de CD paru il y a quelques années sous forme de bandonéon. Ce Belge, jouait avec le langage, de manière magistrale, son univers était unique à la fois cérébral et ludique, constituant un bel hommage aux saltimbanques. Côté cinéma, on ne l’a que très peu vu, il se contentait parfois que de brèves apparitions, comme dans “Les têtes interverties” (Alejandro Jodorowsky, 1957, CM), “Le Sicilien” (Pierre Chevalier, 1958), “Vous n’avez rien à déclarer” (Clément Duhour, 1959), “Le travail c’est la liberté” (Louis Grospierre, 1959), “Tartarin de Tarascon” (Francis Blanche, 1962), “Un comique né” (Michel Polac, 1977, TV), il est par contre souvent crédité à tort dans un des épisodes des “Cinq dernières minutes” version Raymond Souplex. Mais on se souvient de lui dans “Pierrot le fou” (1965) de Jean-Luc Godard, où il reprenait son sketch de « la mer démontée », habilement repris dans un port, face à Jean-Paul Belmondo, et il était irrésistible en abbé chef d’un petit groupe de scouts, saucissonné contre un arbre par des enfants turbulents dans “Ce joli monde” (Carlo Rim, 1957) où il avait pour partenaires Darry Cowl et Yves Deniaud. Une tentative d’adaptation de ses spectacles, avait donnait un film curieux et assez raté, réalisé par François Reichenbach “La raison du plus fou” (1972), son univers suscitait trop l’imagination, pour que l’on ne soit pas déçu par une retranscription assez vaine, malgré la pléthore de vedettes invitées. Un immense auteur-interprète qui a donné ses lettres de noblesse à l’humour français.

Affiche belge de “La raison du plus fou”, source : Les gens du cinéma

ARTICLE – AP

Décès de Raymond Devos: les réactions

AP | 15.06.06 | 12:48

 

PARIS (AP) — Voici quelques réactions après le décès jeudi de l’humoriste Raymond Devos:

– le journaliste-animateur Bernard Pivot: “C’est triste d’apprendre que ce virtuose des mots, ce type extraordinaire” est mort, a-t-il confié sur LCI. “Il faisait dire aux mots ce que les mots ne voulaient pas dire, ne pouvaient pas dire, ne savaient pas dire”.
“Raymond Devos jouait avec les mots. Tous ces mots, ils étaient heureux de se retrouver changés, détournés, grimés et disant des folies et des drôleries”. Pour Bernard Pivot, “le sujet de Devos cela a été l’absurde, le non-sens. Il se servait des mots pour prouver l’absurdité du monde pour prouver la loufoquerie du monde dans lequel nous vivons”.

– l’humoriste Michel Leeb: “C’était un humoriste au-dessus de tous les autres, il était complètement à part dans notre univers (…) C’était un poète illuminé qui touchait presque à la métaphysique des choses”, a-t-il dit sur LCI.
“C’est dans l’utilisation des mots, dans le travail des mots, dans la sculpture des mots, quelque chose d’original, magique, de clownesque, gigantesque, gargantuesque”, a-t-il poursuivi en évoquant “cette façon légère d’aborder l’univers, le monde les mots”.

– l’animateur radio José Arthur: “Sa seule limite, c’était la langue française, il était pour les francophones incontournable”, a-t-il dit sur France Info. “C’était un remarquable comédien, il avait des dons de musicien”. Devos “travaillait comme cela n’est pas permis; il a appris la musique comme les clowns le font (…) Sa prinicpale qualité, c’était cette sorte de chaleur humaine qui se dégageait de lui. C’était un des très rares comiques qui ne disait jamais de méchancetés”.

– le journaliste et ancien animateur du “Grand Echiquier” Jacques Chancel: “On a tellement partagé, fait tellement de choses ensemble, il y a toute une litanie de souvenirs: je ne veux retenir que le manieur d’absurde, l’homme des mots”, a-t-il expliqué sur RTL.
“On n’aura plus jamais un personnage comme celui-là qui savait jouer avec la sémantique, avec la drôlerie, qui cultivait l’absurde dans la meilleure des manières”, a souligné Jacques Chancel. “J’aimais bien son côté saltimbanque avec sa petite roulotte au fond du jardin, son goût pour les instruments de musique”.
“Je ne vois pas un homme, un artiste qui puisse lui être comparé”.

– l’humoriste Guy Bedos: “C’était un grand humoriste, ni un comique, ni un fantaisiste”. “C’est un pan de ma vie qui s’en va avec lui; c’était un peu mon parrain quand j’ai débuté”, a-t-il rappelé sur RTL. “Il s’est inventé un univers, un personnage qui lui conviennent. C’est un jongleur de mots (qui) va rejoindre le cortège de tous les gens que j’aimais”.

GAMMA/WILLIAM STEVENS – Raymond Devos à l’Olympia, à Paris, le 9 juin 1994.

LE MONDE :

 L’humoriste Raymond Devos a tiré sa révérence par Olivier Schmitt

LE MONDE | 15.06.06 | 14h32   

C’est un homme d’esprit, un homme de cœur, un homme aimable qui disparaît aujourd’hui. Un homme rare. Raymond Devos est mort à son domicile de Saint-Rémy-les-Chevreuse (Yvelines), jeudi 15 juin, des suites d’une attaque cérébrale il y a plusieurs mois. Il était âgé de 83 ans.

Aujourd’hui, chacun est triste. Il y a quelques années – il me semble que c’était hier –, il m’avait reçu dans son bureau du 16e arrondissement de Paris. Il s’est avancé vers moi comme s’il entrait en scène, en représentation évidemment, mais une représentation placée sous le sceau du partage, de la générosité, la sienne, énorme, sans pareille. Il était alors tel qu’en lui-même toujours, pantalon bleu, pull bleu, chemise bleue, le regard bleu de France derrière des lunettes solidement arrimées sous sa chevelure en bataille. C’était en 1999 et Raymond Devos s’apprêtait, pour la première fois depuis vingt-cinq ans, à se présenter devant le public parisien, sur la scène de l’Olympia, une nouvelle fois trop petite pour lui.

Hors de Paris, il recevait dans le grenier de sa grande maison de la vallée de Chevreuse, entre un buste de Molière et une montagne de dictionnaires, une mappemonde d’écolier et des instruments de musique qui, tous, étaient ses amis et dont il jouait volontiers, en scène et hors d’elle. Là, l'”artiste comique”, comme il se définissait, racontait sa vie d’homme et sa vie d’amuseur. Au commencement est un garçonnet joyeux, né à Mouscron, en Belgique, le 9 novembre 1922, un parmi sept enfants scolarisés en France, qui déjà harangue ses camarades sur le perron de l’école primaire de Tourcoing ; plus tard, devenu brillant collégien, il est brutalement retiré de son établissement scolaire après la faillite de son père ; celui-ci installe la famille à Paris avant de s’enfuir on ne sait où… A 9 ans, Raymond Devos découvre la banlieue nord de Paris, Le Bourget et le bruit, insupportable, des avions. “Ça a été la misère pendant des années, expliquait-il, on partageait le peu qu’on avait. Je ne me souviens pas de m’être plaint.”

A 13 ans, on le retrouve aux Halles, affublé d’un tablier qui ne lui va pas du tout, portant des charges. Un beau jour, on lui demande de mirer des œufs. “J’arrivais à mirer six œufs en même temps, ce qui m’a beaucoup aidé pour la jonglerie”, disait-il. La rumeur, les bruits, les conversations, les personnages du quartier aujourd’hui tristement disparu seront pour lui une école. La guerre survient. Raymond Devos part pour l’Allemagne, dans le cadre du Service du travail obligatoire (STO). “J’y ai crevé de faim”, dira plus tard le plus rond, le plus gourmand de tous nos comiques.

Revenu en France, il s’inscrit au cours de Tania Balachova et d’Henri Rollan, au Théâtre du Vieux-Colombier, et “continue de crever de faim “… Il vit au cœur de Saint-Germain-des-Prés, alors à son apogée, occupe une toute petite chambre sous les combles d’un hôtel sans attrait et dort sous le lavabo. “C’est bon de l’avoir fait, mais ce n’est pas bon de le faire, confiait-il. Ça abîme, ça rend lâche. Il y a des choses auxquelles il ne faudrait pas goûter. Bien sûr, je m’en suis toujours sorti, mais ça laisse des traces. Si on m’avait aidé… ” Son compagnonnage avec les comédiens de la Compagnie Jacques-Fabbri l’aidera.

Disert, depuis l’enfance, au point que le cinéaste Jacques Tati lui dira un jour qu’il était “bien trop bavard pour faire de la piste ” et donc devenir clown, il décide, au milieu des années 1950, d’écrire ses propres textes et de les porter à la scène. Le succès est presque immédiat. C’en est fini de l’homme solitaire sans le sou. Pourtant, après ces années de formation, Raymond Devos reste un homme seul, en marge du show-business et de l’agitation mondaine, lecteur impénitent de Gaston Bachelard, auquel il ne cessera jamais de revenir – “il met mon esprit en mouvement ” –, de Marcel Aymé – “le plus grand auteur comique ” – et de Michel Serres. Après avoir lu les textes classiques à ses débuts, il dévore les ouvrages consacrés à la mécanique du rire. “Si je ne l’avais pas fait, j’aurais peut-être fait mon métier de la même façon mais je l’aurais moins bien compris.”

Dès ses premiers textes, ses premiers sketches (Caen, La Mer démontée, Le Pied… ) on sait qu’il a “compris “. Raymond Devos installe un style, sans devancier ni descendant, nourri de son expérience comme de ses lectures, et surtout d’un imaginaire que certains décriront comme absurde, lui préférant le qualifier de “délirant”. “L’imaginaire, c’est mon pied-à-terre. Un exemple. Avant, j’étais dans un hôtel, borgne d’ailleurs, ça coûtait les yeux de la tête. Dans cet hôtel, le propriétaire me donnait chaque fois le 37. Et il n’y avait que 36 chambres. Je passais mes nuits à chercher mon 37. Jusqu’au jour où je me suis aperçu que le 37, c’étaient les couloirs.”

La seule certitude de toute sa vie aura été que le rire est une nécessité vitale, “au même titre que le rêve”. “Le rire, indiquait-il, ça peut être mille choses. On peut rire de joie mais ce n’est pas le rire que nous pratiquons. Nous, nous pratiquons le rire très particulier du comique. Il n’y a pas une grande différence entre le tragique et le comique, c’est seulement une différence de dose. Les racines du comique plongent à peine dans le drame, quand celles du drame plongent dans l’irréparable. Le comique dégrade les valeurs quand le tragique détruit les valeurs. Le comique, c’est toute notre histoire observée avec honnêteté : les moments exceptionnels, les grandes idées, les moments de gloire, et les moments de chute. Il y a des thèmes auxquels il ne faut pas toucher, tout ce qui est au dessous de la ceinture, tout ce qui est dégradant pour l’homme. Plus généralement, rions de nous, mais pas des autres. Protégeons le rire !”

Raymond Devos l’a fait, avec obstination, la peur au ventre, peur d’entrer en scène, peur de déclencher des rires au mauvais moment ou pour de mauvaises raisons. Jamais il n’a eu peur de mourir, non plus que de vieillir. “Sur scène, j’ai dit que j’avais arrêté de vieillir pendant un certain temps. Ça a été dur. C’est comme quand on dit qu’on arrête de fumer. Quand personne ne m’observe, j’ai envie de prendre un petit coup de vieux, mais je me retiens. Peut-être que le temps que l’on passe sur scène n’est pas compté. On est dans l’imaginaire, pas dans le réel. Le temps n’a sans doute pas prise sur l’imaginaire.” Non plus que sur l’œuvre que nous lègue le plus drôle, le plus bouleversant de tous les philosophes.

Chronique

L’homme qui marchait sur les mains, par Francis Marmande

LE MONDE | 14.06.06 | 13h25

Ce que remarque Jean-Claude Gallotta, chorégraphe dont on peut voir Docteur Labus au Théâtre des Abbesses, ce sont les mains de Jean-Luc Godard, “ses belles mains”. Méfiez-vous des hommes à belles mains, ils ne sauront jamais étrangler. “Voyages en utopies”, exposition de Jean-Luc “Cinéma” Godard à Beaubourg, est installée jusqu’au 14 août. Expo bâclée – Godard n’a mis qu’une cinquantaine d’années à la faire -, expo bizarre, irrésistible : puissant accélérateur d’intelligence, de contestation, de vie.

D’ailleurs, entre 1957 et 1968, tous les films de Godard étaient toujours projetés dans le même méchant chahut. Des mécontents aigris quittaient le noir de l’écran blanc en pestant, non sans balancer quelques petits-suisses sur les fans. A Beaubourg, Godard garde intacte son incertaine fraîcheur. Il respire comme il vit : musique, poésie, médias, lac, nature, cinéma, voix, masculin-féminin, toujours les mêmes questions. Un buisson de questions.

Depuis 1929, passage au “parlant”, la vérité du cinéma, c’est le son. Avant 1929, les visages parlaient tout autant, mais la vérité du cinéma, c’était le cinéma. Godard restera dans l’Histoire par la splendeur du son : par ses films opéras, ses tragédies musicales, par ses oratorios pour portières claquées, sept mesures de Mozart, le générique du Mépris, Antoine Duhamel, Martial Solal, Raymond Devos en fou chantant vers la fin de Pierrot le fou.

Nul hasard à ce que le label le plus inventif en matière de musique contemporaine et de sons, le label ECM, fondé par Manfred Eicher, édite actuellement Anne-Marie Miéville et Godard : Four Short Films (ECM Cinéma). Autant que Dieu, le hasard n’existe pas. Vers la fin de Pierrot le fou (1965), Belmondo fonce devant un mur graffité où se lit, à moitié effacé, ce slogan : “Vive Dieu !” Au bout du quai, un petit bateau file vers l’île avec la fille (Anna Karina), il reste un égaré : c’est Raymond Devos. Devos, première manière, qui fredonne un peu faux : “Est-ce que vous m’aimez…”

Devos première manière, c’est ce corps étrange qu’on n’applaudit pas encore au quart de calembour, qu’on ne célèbre pas en linguiste ; Devos, “l’homme du port”, non-sens, fleur de peau, ahuri, voix flottante. Devos tel qu’on l’aime, à deux doigts du clown Grock, de Beckett ou de Raymond Barre.

Depuis cinquante ans, à chaque sortie d’un film de Godard, le réel sonne comme Godard. Godard-le-cinéma, Godard-la-peinture, on sait : dissertation d’écolier. Mais Godard, metteur en sons, Godard compositeur, Godard à deux doigts de Berio et Ligeti, tout commence. J’ai la chance – le hasard n’existe pas, la chance, oui – d’avoir vu le vernissage de l’expo Godard d’une drôle de façon : pluie grise, chantier, gribouillis, clous à planter, fils qui traînent comme des spaghettis géants en pleine sieste, rien à voir, personne ou presque. Les invités sont affairés à regarder un film dans une salle attenante. Je suis verni.

Au mur de l’expo, cette anecdote usagée : en 1900, Claude Monet exhibe fièrement son téléphone flambant neuf devant Degas. Degas, de haut : “En somme, on vous sonne, et vous y allez.” Juste devant le mur de l’anecdote, un ouvrier qui semble vrai téléphone : “Gérard, envoie la sauce, y a des gens qui déboulent.” Je suis des gens. Gérard envoie la sauce. Les écrans explosent d’un coup : manège enchanté, cacophonie sensationnelle.

Un mardi de 1963, Godard veut convaincre Brigitte Bardot de tourner Le Mépris. Bien conseillée, elle, jolie comme un sosie de B.B., tergiverse. Lui : “Si vous voulez, je peux faire un truc pour vous convaincre.” Elle : “Chiche.” Jean-Luc “Cinéma” Godard marche alors sur les mains. Il se dresse sur les mains en tendant le derrière. Il fait le tour du salon de B.B. en marchant sur les mains. Elle signe. Rue Beaubourg, une fille à vélo. Sur le porte-bagages, son classeur rouge en drapeau. Godard for ever.

 

LIBÉRATION :

 

Devos
On a démonté Raymond Devos par Jean-Baptiste Harang
Jongleur de mots, maître du calembour, clown à clarinette, mime… L’humoriste infatigable est mort hier matin, à l’âge de 83 ans.
vendredi 16 juin 2006
Il a dit : «Tout artiste normalement constitué rêve de pousser son dernier soupir dans le fauteuil de Molière, sur la chaussée du Pont-Neuf. Mais je soupçonne, hélas, le comédien cabot de revenir saluer après son trépas et, ainsi, de tout ficher par terre.» Il l’a dit, mais il ne le fera pas. Il y avait pourtant mis du sien, présent sur scène jusqu’à des 80 ans, jonglant avec des boules de cinq kilos jusqu’à 72 (jusqu’à ce qu’il en prenne une sur la tête, un soir, au Havre) et encore septuagénaire à faire le poirier sur le piano de son fidèle Hervé Guido. Non, la mort l’a pris ailleurs, hier, victime d’un accident cérébral après plusieurs mois d’hospitalisation. Raymond Devos ne reviendra pas saluer. Il ne gâchera rien.
Tout le monde n’a pas la chance de naître un 9 novembre. Lui si : c’était en 1922, à Mouscron, en Belgique, ce qui ne fit pas de lui un Belge ­ ses parents étaient français ­, ni tout à fait un Français puisqu’ils oublièrent de le déclarer au consulat. Son père était expert-comptable mais préférait le piano et les lettres aux savants. Sa mère la mandoline. L’expert fit faillite dans le commerce de la laine et dut revenir en France quand le petit Raymond n’avait pas 3 ans, et ses six frères et soeurs guère plus. Roubaix, Tourcoing, Paris. Il quitta l’école à 13 ans et le regretta toute sa vie. Des petits boulots en attendant la guerre : il est coursier en triporteur, crémier aux halles, où il apprend à jongler avec les oeufs, libraire sur les grands boulevards, et rêve de théâtre. La guerre le prend à 17 ans, le STO à 20. Ça ne l’a jamais fait rire, il nous a dit : «ça vous tombe dessus à 17 ans, c’est terrible, la déportation, 20 ans, le service du travail obligatoire, on n’a pas de fierté, on ne s’est pas battu, jeunes, humiliés, on n’est plus personne, ils vous mettent contre un mur et ils vous tuent, comme ça, par cruauté ou par erreur. Bien sûr, on a fait les clowns, avec André Gilles, on a fait les clowns, ce n’est qu’après, à la fin, qu’on sait que ça dure deux ans, mais pendant, c’est comme la mort.»
Sens interdits. En dehors de son texte appris, Raymond Devos était un homme sérieux, appliqué, et, de peur de décevoir à ne pas faire rire, il cherchait sans arrêt à aiguiller la conversation vers un bout de sketch, une réplique répétée, un gimmick d’interviewé. On pense qu’il rit pour oublier, non, il n’oublie pas : «J’ai écrit un sketch sur les camps, c’est le seul sketch écrit sur ma douleur, il s’appelle le Plaisir des Sens, les sens interdits.» Et, au cas où on n’aurait pas bien compris, devant vous, Devos prenait un crayon, lui qui n’écrivait qu’à l’encre violette, et vous dessinait un rond-point, quatre rues en étoile, chacune fermée d’un panneau de sens interdit afin qu’on n’en sorte pas : «Le camp, c’est comme ça, on arrive la gueule enfarinée, penaud, sans résistance et vlan ! La porte se ferme derrière notre dos, on tourne en rond, sans arrêt, avec en point de mire le corbillard. Quand je disais ce sketch, je pensais au camp, chaque fois. Les gens riaient.»
Mais ça, c’était après, quand Devos eut compris que son affaire était d’être Devos, ce clown qui jongle avec les mots, ce sumo contorsionniste, léger comme un éléphant de porcelaine dans un monde d’édredons. Avant, il avait fallu qu’il apprenne, le théâtre avec Tania Balachova, le mime avec Etienne Decroux, les tournées dans la troupe de Jacques Fabbri. Gagner sa vie jusqu’à 33 ans à jouer comme un fou le délire des autres jusqu’à ce qu’un mastroquet de hasard vous mette l’océan en pièce. Devos a raconté si souvent l’anecdote qu’elle finit par être vraie, d’ailleurs, elle est vraie. C’était à Biarritz en 1956, avec la bande à Fabbri, gros temps sur l’horizon, le garçon lui dit : «”Vous voulez quoi ?”, alors j’lui dis : “Je voudrais voir la mer”, i’m’dit : “La mer… elle est démontée.” J’lui dis : “Vous la remontez quand ?”, i’m’dit : “C’est une question de temps.”»
C’était parti pour cinquante ans, un demi-siècle de mots pris au pied de la lettre, d’emballement de la logique du fou, la force de conviction de l’absurde, et cette immense présence à bretelles capable sur scène de vous emmener en bateau loin au large de la raison et vous ramener l’air de rien, les pieds sur terre parce que «Simone, Simone ! j’ai un bouton qui fout le camp». La femme de Raymond Devos s’appelait Simone. Ils vivaient à Saint-Rémy-lès-Chevreuse (Yvelines). Dans son grenier, qu’il avait équipé d’un ascenseur, il jouait du Steinway comme un débutant et du train électrique en virtuose, il archivait tout en commençant par ses pensées, grain à moudre de son petit commerce génial. Veuf, il eut Françoise pour compagne. Plus tard, lorsqu’il tomba malade, une autre se fit passer pour son épouse, un assez mauvais sketch (lire page suivante).
Chansons courtes. Devos aimait Bachelard et Marcel Aymé, il admirait Brassens et adorait apprendre. Le piano, la jongle, la flûte, la harpe et le concertina, dont il possédait quelques beaux spécimens et sur lesquels il transformait toute chanson en tango. Il acceptait volontiers les honneurs en compensation des diplômes qu’il n’avait pas eus. Il écrivit et interpréta un film réalisé par François Reichenbach, qui ne rayonne pas de l’émotion offerte en public (la Raison du plus fou, 1972), mais tourna pour Jean-Luc Godard une scène inoubliable dans Pierrot le fou, où, cheveux au vent, caressant un invisible gant, il se demande «est-ce que voooous m’aimeeeez ? Non». Il troussa d’indépassables chansons courtes : Se coucher tard nuit. D’autres à peine plus longues, le Jardinier espagnol ou les Vacances au bord de la mer, et un chef-d’oeuvre mal connu, Une chanson pour Pierrot, mis en musique par Félix Leclerc, et dont il était à juste titre très fier.
Quand, sans le décider, il ne remonta plus sur scène, il écrivit quelques romans, un livre pour enfants illustré par Yves Saint-Laurent, comme la continuation de son monde onirique et surréel, auxquels il manque sa «présence réelle», comme on dit en religion. Raymond Devos ne croyait pas vraiment en Dieu, s’intéressait de près à la question, il avait des doutes, en faisait un personnage récurrent de ses sketches, comme son chien ou son percepteur. Il s’efforçait de ne pas vieillir, disait : «A force de ne pas vieillir, on se rend compte un jour qu’on n’a pas eu de vieillesse. On m’a volé ma vieillesse.» A l’enterrement d’Achille Zavatta, Raymond Devos avait chanté la chanson de Giani Esposito : S’accompagnant d’un doigt sur son violon le clown se meurt, il la chantait parfois à la fin de ses spectacles, comme pour se prémunir. Raymond Devos était un malin. En flamand, un «devos» est un renard.

 

LIBÉRATION :

Les bons mots de Raymond Devos
Devos, on connaît tous ses sorties • Le florilège de «Libération.fr» •

jeudi 15 juin 2006 (Liberation.fr – 12:16)

«Quand on s’est connu, ma femme et moi, on était tellement timides tous les deux qu’on n’osait pas se regarder. Maintenant, on ne peut plus se voir!».

«Se coucher tard… nuit!».

«Le rire est une chose sérieuse avec laquelle il ne faut pas plaisanter».

«Je suis adroit de la main gauche et je suis gauche de la main droite».

«Je préfère glisser ma peau sous des draps pour le plaisir des sens que de la risquer sous les drapeaux pour le prix de l’essence».

«J’ai un copain, il est pilote d’essai… enfin, il ne l’est pas encore; pour l’instant, il essaie d’être pilote!».

«Je n’aime pas être chez moi. A tel point que lorsque je vais chez quelqu’un et qu’il me dit: «Vous êtes ici chez vous», je rentre chez moi!».

«Si Dieu n’est pas marié, pourquoi parle-t-on de sa grande Clémence?».

«J’ai le pied gauche qui est jaloux du pied droit. Quand j’avance le pied droit, le pied gauche, qui ne veut pas rester en arrière… passe devant… le pied droit en fait autant… et moi… comme un imbécile… je marche».

«Rien, ce n’est pas rien! La preuve, c’est que l’on peut le soustraire. Exemple: rien moins rien = moins que rien!»

«Il m’est arrivé de prêter l’oreille à un sourd. Il n’entendait pas mieux».

«Tous les écologistes sont daltoniens, ils voient vert partout!».

«Il buvait toutes mes paroles, et comme je parlais beaucoup, à un moment, je le vois qui titubait…».

«Avez-vous remarqué qu’à table les mets que l’on vous sert vous mettent les mots à la bouche?».

«En France, on n’a pas de pétrole, mais on a des idées! Alors, j’ai troqué ma deux chevaux contre une deux boeufs!».

«Vous savez, les idées elles sont dans l’air. Il suffit que quelqu’un vous en parle de trop près, pour que vous les attrapiez!».

«Quand on demande aux gens d’observer le silence… au lieu de l’observer, comme on observe une éclipse de lune, ils l’écoutent!».

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Claude Piéplu

 
Claude Piéplu dans “Les français parlent aux Shadoks”
 
Mort d’un très grand, Claude Piéplu, à l’âge de 83 ans. On connaissait son parcours atypique, il était employé de banque sous l’occupation, avant de prendre des cours auprès de Maurice Escande. Il devait ensuite rejoindre au théâtre la compagnie Renaud-Barraud. Il aimait à rappeler sa première apparition au cinéma dans “D’hommes à hommes” (Christian-Jaque, 1948), où il se faisait une joie de se retrouver sur un écran, avant de découvrir son rôle, un grand blessé méconnaissable car recouvert de bandelettes. Au cinéma, il avait fait preuve d’une grande exigence, préférant faire des créations pour le théâtre contemporain, plutôt que d’être utilisé dans le tout venant du cinéma comique franchouillard. Il a toujours construit avec ue grande habilité et un humour grinçant. On se souvient de sa célèbre collection de pots de chambre ! – ses personnages, avec un grand sens de l’observation : “Sans m’en rendre compte, j’accumulais les observations et déposais dans mon subconscient la provision de modèles qui me serviraient plus tard à colorer des personnages”. (1) Luis Buñuel a utilisé avec inventivité, son physique moyen est idéal pour jouer des ganaches ou des notables. Impossible de ne pas songer à son rôle de colonel, qui fait des essais militaires surprises, faisant une intrusion brutale dans un dîner bourgeois, avant de vanter les vertus de la majiruana dans “Le charme discret de la bourgeoisie” (1972), ou du policier se réjouissant que le couple joué par Jean Rochefort et Monica Vitti amène sur place leur petite fille qu’ils déclarent pourtant disparue. Il faut entendre Piéplu déclarant “Vous avez bien fait de l’amener, ça va aider pour les recherches”, dans “Le fantôme de la liberté” (1974). On le retrouve souvent en notaire, celui fêtard de “La belle américaine” (Robert Dhéry, 1961), celui escroqué par Robert Lamoureux dans “L’apprenti-salaud” (Michel Deville, 1976), ancien combattant et combattu, éternel râleur, dans “Le diable par la queue” (Philippe de Broca), militaire misogyne dans “Calmos” (Bertrand Blier, 1975), le voisin râleur et déplaisant de Roman Polanski, dans “Le locataire” (Polanski, 75), juge collaborateur dans “Section Spéciale” (Costa-Gavras, 1974), promoteur escroc dans “Ils sont grands ces petits” (Joël Séria, 1978) – il y forme un duo formidable avec Jean-François Balmer -, beaucoup de figures odieuses et  antipathiques, qu’il finit par rendre sympathique par son grand talent. Mais il peut être plus humain, comme en résistant anglais, rendant parfaitement le flegme britannique sous l’occupation dans “Gross Paris” (Gilles Grangier, 1973), en barde breton auto-stoppeur et déjanté dans “Les galettes de Pont-Aven” (Joël Séria, 1975), en époux de Micheline Presle, restant auprès d’elle quand elle devient folle dans une guerre civile dans “Casque bleu” (Gérard Jugnot, 1993), professeur goguenard dans “Le paltoquet” (Michel Deville, 1986), commissaire sentencieux flanqué de Clovis Cornillac dans “Suivez cet avion” (Patrice Ambard, 1989) ou le druide Panoramix dans “Astérix et Obélix contre César” (Claude Zidi, 1998). A la télévision, Jean-Michel Ribes – avec Roland Topor – lui a donné de grandes occasions de nous régaler de son humour décalé, dans la série “Merci Bernard” (1982) ou dans “Palace” (1988), où il était l’inoubliable homme aux clefs d’or. A la télévision il a marqué durablement la série des « Shadocks », œuvre singulière de Jacques Rouxel, par sa voix caractéristique. Claude Chabrol lui a donné un de ses meilleurs rôles en homme politique corrompu, et trompé par sa femme Stéphane Audran dans “Les noces rouges” (1972), et on se souvient avec émotion de son couple avec Micheline Presle, à nouveau dans “Beau temps mais orageux en fin de journée”” (Gérard Frot-Coutaz, 1985), où il ne cessait de se chamailler avec elle, pour n’importe quel prétexte comme celui de l’achat d’un poulet. Claude Miller lui a donné deux rôles probants dans “Dites-lui que je l’aime” (1977), et surtout l’inoubliable directeur de colonies de vacances dans “La meilleure façon de marcher” (1975). On lui devait deux ouvrages “Il faut croire aux éléphants blancs” (Éditions Archimbaud) et “Qu’en est-il du comique ?” (Éditions Mallard), parus tous deux en 1999. Le cinéma ne l’a pas honoré comme il aurait mérité, mais il a marqué durablement ses rôles. Son humour corrosif va beaucoup nous manquer, de même le citoyen qui menait une réflexion salvatrice sur les dangers du nucléaire. Bibliographie : (1) Jacques Mazeau & Didier Thouart « Les grands seconds rôles du cinéma français » (Pac, 1984) – Jacques Valot & Gilles Grandmaire « Stars deuxièmes » (Édilig, 1989). 
 
 
 
 
Filmographie :  1948  D’homme à hommes (Christian-Jaque) – 1956  Adorables démons (Maurice Cloche) – 1958  Suivez-moi jeune homme (Guy Lefranc) – Du rififi chez les femmes (Alex Joffé ) –  1960  La Française et l’amour [épisode “L’adultère”] (Henri Verneuil) – L’affaire d’une nuit (Henri Verneuil) –  Le caïd (Bernard Borderie) – 1961  Un nommé La Rocca (Jean Becker) – La belle américaine (Robert Dhéry & Pierre Tchernia) – La chambre ardente (Julien Duvivier) – 1962  Le diable et les dix commandements  [épisode « Luxurieux point ne seras » (Julien Duvivier) – Comment réussir en amour (Michel Boisrond) – Le temps des copains (Robert Guez) – 1963  Cherchez l’idole (Michel Boisrond) – Faites sauter la banque ! (Jean Girault) – 1964  Un drôle de caïd / Une souris chez les hommes (Jacques Poitrenaud) – Les pieds dans le plâtre (Jacques Fabbri) – Les copains (Yves Robert) – Le gendarme de Saint-Tropez (Jean Girault) –  1965  La bourse et la vie (Jean-Pierre Mocky) – 1966  L’homme à la Buick (Gilles Grangier) – Si j’étais un espion (Bertrand Blier) – 1967  L’écume des jours (Charles Belmont) – Diaboliquement vôtre (Julien Duvivier) – La prisonnière (Henri-Georges Clouzot) – 1968  Le diable par la queue (Philippe de Broca) – La coqueluche (Christian-Paul Arrighi) – 1969  Hibernatus (Édouard Molinaro) – Clérambard (Yves Robert) – Le pistonné (Claude Berri) – Et qu’ça saute ! (Guy Lefranc) – 1971  Le drapeau noir flotte sur la marmite (Michel Audiard) – 1972  Sex shop (Claude Berri) – Le charme discret de la bourgeoisie (Luis Buñuel) – Elle court, elle court, la banlieue (Gérard Pirès) – Jean Vilar, une belle vie (Jacques Rutman, documentaire) –  Les noces rouges (Claude Chabrol) – 1973  Défense de savoir (Nadine Trintignant) – Les aventures de Rabbi Jacob (Gérard Oury) – Prêtres interdits (Denys de La Patellière) –  Gross Paris (Gilles Grangier) –  Par le sang des autres (Marc Simenon) – La gueule de l’emploi (Jacques Rouland) – Un nuage entre les dents (Marco Pico) – 1974  Le fantôme de la liberté (Luis Buñuel) – La moutarde me monte au nez (Claude Zidi) –  Section spéciale (Costa-Gavras) –  1975  C’est dur pour tout le monde (Christian Gion) – Les galettes de Pont-Aven (Joël Séria) – La meilleure façon de marcher (Claude Miller) – Calmos (Bertrand Blier) – Le locataire (Roman Polanski) – L’ordinateur des pompes funèbres (Gérard Pirès) – 1976  L’apprenti salaud (Michel Deville) – 1977  Dites-lui que je l’aime (Claude Miller) – Le mille-pattes fait des claquettes (Jean Girault) – Et vive la liberté ! (Serge Korber) – 1978  Chaussette surprise (Jean-François Davy) –  Vas-y maman ! (Nicole de Buron) – Le sucre (Jacques Rouffio) –  Le pion (Christian Gion) – Ils sont grands, ces petits (Joël Santoni) – 1984  Marie la nuit (Jean-Claude Tourneur) – 1985  La galette du roi (Jean-Michel Ribes) –  Beau temps mais orageux en fin de journée (Gérard Frot-Coutaz) – 1986  Le paltoquet (Michel Deville) – 1989  Après après-demain (Gérard Frot-Coutaz) – Suivez cet avion (Patrice Ambard) – 1993  Casque bleu (Gérard Jugnot) – D 14 (Frédéric Blasco, CM) – 1994  Les faussaires (Frédéric Blum) – 1995  Fallait pas ! (Gérard Jugnot) – 1996  Les paradoxes de Buñuel (Jorge Amat, documentaire) –  1997  Chapeau bas (Hervé Lozac’h, CM) –  1998  Astérix et Obélix contre César (Claude Zidi). Nota : il n’apparaît pas dans “Los pianos mecánicos / Les pianos mécaniques” (Juan Antonio Bardem, 1964) et “La maison” (Gérard Brach, 1970).Voxographie succincte : 1963  Égypte, un présent du fleuve (Jacques Brissot, documentaire, voix du récitant) – 1964  Pas question le samedi (Alex Joffé, voix de M. Cohen) – 1968/2000 Les shadoks (Jacques Rouxel, TV) – 1979  Le roi et l’oiseau (Paul Grimault, dessin animé, voix) – 1982  Le sang (Jacques Rouxel, CM, voix du récitant) – 1995  Un siècle d’écrivains : Henri Michaux (Alain Jaubert, voix du récitant, TV) –  1999  Chicken run (Id) (Peter Lord et Nick Park, dessin animé, voix française). 
 
 
Claude Piéplu dans « Maigret : Cécile est morte »
 
 Télévision (notamment) : 1953  Le mal de Marie (Albert Riéra) – 1958  Misère et noblesse (Marcel Bluwal) – 1959  Le bon numéro (Marcel Cravenne) – 1960  Théâtre de la jeunesse : Le prince et le pauvre (Marcel Cravenne) – Les mystères de Paris (Marcel Cravenne) – 1961  Théâtre de la jeunesse : Don Quichotte (Marcel Cravenne) – 1962  Théâtre de la jeunesse : Gargantua (Pierre Badel) – 1963  Une lettre perdue (Jean Prat) – Siegfried (Marcel Cravenne) – Théâtre de la jeunesse : L’enfance de Thomas Edison (Jean-Christophe Averty) – Théâtre de la jeunesse : Jean Valjean (Alain Boutet) – 1964  Théâtre de la jeunesse : Les aventures de David Balfour (Alain Boudet) – Théâtre de la jeunesse : Le matelot de nulle part (Marcel Cravenne) – Théâtre de la jeunesse : La sœur de Gribouille (Yves-André Hubert) – 1965  Bastos le hardi (Michel Ayats) – Les Boulingrins (François Gir, CM) – En votre âme et conscience : La canne à épée / L’affaire Caumartain-Sirey (Marcel Cravenne) –  1966  En votre âme et conscience : La mort de Sidonie Martens (Jean-Jacques Cornu) – La surprise de l’amour (Robert Crible) – 1967  La guerre de Troie n’aura pas lieu (Marcel Cravenne) – 1968  Théâtre de la jeunesse : Ambroise Paré : Les défaites (Éric Le Hung) –  Candide (Claude Santelli) – Les fiancés de loches (Pierre Badel) – 1969  Agence intérim : Quiproco (Marcel Moussy) – Que ferait donc Faber ? (Dolorès Grassian, série TV) – 1970  Au théâtre ce soir : Les joyeuses commères de Windsor (Pierre Sabbagh) – Le Noël de madame Berrichon (François Chatel, divertissement) – 1971  Au théâtre ce soir : Misère et noblesse (Pierre Sabbagh) – 1972  La fin et les moyens (Paul Paviot) – 1973  Témoignages : L’homme assis (Jean-Marie Périer) – 1974  Soirée Courteline : Les Boulingrin (Jeannette Hubert) – 1976  Le rabat joie (Jean Larriaga) – 1979  Chère Olga (Philippe Condroyé ) – 1980 Histoire contemporaine (Michel Boisrond) – Chouette, chat, show (Jacques Sanym, variétés) – 1981  L’oiseau bleu (Gabriel Axel) – La guerre de Troie n’aura pas lieu (Raymond Rouleau) – Le petit théâtre d’Antenne 2 : La bataille navale (Jean-Michel Ribes) – 1982  Merci Bernard (Jean-Michel Ribes) – Emmenez-moi au théâtre : Un habit pour l’hiver (Pierre Badel, captation) – 1983  Parlons français (Eugène Ionesco) – Allô Béatrice : Charmand week-end (Jacques Besnard) – 1984  Le petit théâtre d’Antenne 2 : Parlons français (Jeannette Hubert) – 1988  Un coupable (Roger Hanin) – Palace (Jean-Michel Ribes) – 1990  Un film sur Georges Pérec : Te souviens-tu de Gaspard Winckler ? – Vous souvenez-vous de Gaspard Winckler ? (Catherine Binet, récitant présent à l’image) –  Années de plumes, années de plomb (Nicoles Ribowski) – 1994  Le silence du cœur (Pierre Aknine) – Maigret : Cécile est morte (Philippe de la Patellière) – Le groom (Marc Simenon) – 1995 Le voyage de Pénélope (Patrick Volson) – Un amour impossible (Patrick Volson) – 1996  Entre terre et mer (Hervé Baslé ) – Les sciences naturelles impertinentes (Jean-Louis Fournier). Remerciements à Armel de Lorme.     

Nicole Régnault par Armel de Lorme

Création d’une nouvelle rubrique, l’@ide-mémoire, avec un hôte de marque Armel de Lorme, dont la passion communicative n’égale que son érudition. C’est avec grand plaisir que l’on retrouve ci-joint le texte réactualisé de son portrait de Nicole Régnault paru dans son livre homonyme à son site, un parcours étonnant, il y a donc au moins un point commun entre le “Mon oncle” de Jacques Tati et “Brice de Nice” !

NICOLE REGNAULT : ENTRE CHARME ET ACIDITE

Par Armel de Lorme


S’efforcer de coller au plus près à l’actu télé, entre câble, satellite et chaînes hertziennes, offre parfois le prétexte idéal à un retour sur le parcours de comédiens sous-représentés dans la plupart des dictionnaires usuels. Comment voir ou revoir un Guy Lefranc (même mauvais) sans avoir envie de tirer illico le portrait à Florence Blot ou Dominique Marcas, un Lautner (même daté ) sans se repencher sur la filmo de Jean Luisi, un Mocky, toutes époques confondues, sans vouloir pondre aussitôt quelques lignes sur Henri Attal, Antoine Mayor ou Jean-Claude Rémoleux ? Ainsi en est-il des diffusions multiples de l’inutile Brice de Nice sur Canal. Que retenir d’un tel mastodonte ? La finesse du scénario, le soin extrême apporté à la réalisation, la qualité non moins exceptionnelle du montage, la pertinence souveraine des dialogues ou l’incommensurable sentiment de légèreté procuré par la somme d’autant de talents conjugués ? Ben… euh… si, quand même… au moins quelques acteurs : Clovis Cornillac, fidèle à lui-même (donc bien), Alexandra Lamy, trop peu présente au final mais n’en faisant pas moins un sort à chacune de ses (maigres) répliques, et puis, bizarrement omise au générique (il y a des chargés de postproduction qu’on a fusillés pour moins que ça), la délicieuse Nicole Régnault, 80 printemps au moment du tournage et déjà une sacrée brochette de films au compteur. La rencontre improbable-mais-jubilatoire de Nicole Régnault et de Brice de Nice, c’est l’histoire d’une comédienne ayant jadis tourné sous la direction de Bresson, Ophuls, Carné, Tati et Minnelli, mais que les hasards de l’existence ont prématurément conduite à quitter la région parisienne pour la Côte-d’Azur. Un jour, elle répondit à l’annonce d’une société de production à la recherche de figurants. Un rôle restait à pourvoir, celui de la vieille domestique attachée au service d’un escroc richissime et de son grand benêt de fils. La comédienne plut aux casting directors, passa des essais, enleva le morceau et, à la veille du premier tour de manivelle, se vit parer des fonctions de gouvernante auprès de Jean Dujardin et de François Chattot. D’un rôle assez long au départ restent trois scènes, montrant une Nicole tour à tour revêche, attendrissante et malicieuse, ainsi qu’une quatrième séquence particulièrement émouvante, présente sur les seuls boni DVD. James Huth – qui eût été encore plus inspiré encore en supervisant aussi le générique de fin, mais bon… – en a du reste profité pour rendre un hommage discret mais sincère à son interprète… ce qui constitue peut-être au final la seule véritable bonne idée de tout Brice de Nice. Rappel des faits :


Née dans le 20ème arrondissement de Paris le 19 mai 1924, c’est à l’âge de huit ans que la petite Nicole Emma Sasserath effectue ses premiers pas sur les planches en interprétant… une sorcière lors d’un spectacle scolaire : pour décrocher le rôle (elle n’en convoitait pas d’autre), elle va jusqu’à supplier son institutrice. Sa famille comprenant rapidement qu’il serait inutile de chercher à contrôler sa vocation, elle s’inscrit à la fin de l’Occupation aux cours alors très prisés de la célèbre (en ce temps) Andrée Bauer-Thérond et de Maurice Escande, y côtoie quelques débutants en devenir, dont Michel Piccoli, adopte rapidement le pseudonyme de Régnault (parce que Sasserath, ça sonne « Ça se rate »… pas terrible pour une comédienne » et aussi en hommage à la grande tragédienne Julia Bartet, dont Régnault était le véritable patronyme), effectuant dans la foulée ses premiers pas à l’écran via une apparition furtive dans l’une des séquences finales des Dames du bois de Boulogne (Robert Bresson, 1944). Oscillant dès lors entre silhouettes et petits rôles de composition, par ailleurs comédienne mascotte du cinéaste Jean Loubignac, sous la direction duquel elle tourne six films entre 1950 et 1955 (dont quatre, tous de la série des Piédalu, aux côtés du comique vite démodé Ded Rysel), elle est notamment la cliente « coiffée à la cracra » par Fernandel dans Coiffeur pour dames (Jean Boyer, 1952), la mère de famille nombreuse plaquée par son mari dans Crainquebille (Ralph Habib, 1953), la sèche geôlière des Compagnes de la Nuit (Ralph Habib, id.), la Parisienne-au-long-nez provoquant les commentaires ironiques de Maurice Chevalier – retour au bois de Boulogne de ses débuts cinématographiques – dans la séquence d’ouverture de Gigi (Vincente Minnelli, 1957) et, surtout, l’automobiliste binoclarde et revêche croisée au début de Mon Oncle (Jacques Tati, 1956). Des raisons familiales l’obligeant à prendre un emploi plus stable, elle quitte la profession, à la fin des années 50, s’installe dans la région cannoise, et, la proximité de la Victorine aidant, effectue un premier come-back cinématographique en 1979, via l’ineffable Drôles de gendarmes, comédie mi-merguez, mi-aïoli, réjouissante et bâclée, portant l’estampille de Bernard Launois et dont le générique, tous en stars deuxièmes, rassemble quelques glorieux transfuges des Jeux de Vingt Heures, d’Alors, raconte ! et du Petit Rapporteur. Qu’on en juge : le brigadier, c’est Sim, les trois dégourdis de la Maréchaussée, Daniel Prévost, Jacques Balutin et Robert Castel, le curé, Henri Génès, l’épicière, Jeannette Batti (logique !), la postière, Florence Blot… tandis que Nicole Régnault y silhouette une fureteuse Tatie Danielle d’avant la lettre, collectionnant avec malice les cochonnets de pétanquistes comme d’autres les bouchons de champagne, les timbres-poste ou les amants. Puis, c’est silence radio durant plus de vingt ans : la Victorine met de moins en moins de films en chantier, et oublie peu à peu Nicole. Début 2001, elle se voit cependant proposer la tête d’affiche d’un court métrage de fin d’études, Chambres d’hôte, qui, en dépit d’une diffusion confidentielle, lui offre ce qui  probablement à ce jour le rôle de sa vie. Dans cette variation sur le thème bien connu de L’Auberge rouge, elle campe avec brio une hôtelière sanglante dégommant un à un ses pensionnaires, ce évidemment dans l’impunité la plus totale (ce serait sinon beaucoup moins drôle). Trois ans plus tard, à peine sortie du tournage de Brice de Nice, les Films de Mon Oncle lui proposent, en même temps qu’à Nicolas Bataille et Betty Schneider-Raffaelli (seuls survivants avec Nicole – si l’on excepte Pierre Étaix – de l’équipe artistique de Mon Oncle) d’évoquer face à la caméra de Thomas Rio ses souvenirs liés au chef-d’œuvre tatiesque. Des trois comédiens ainsi interviewés, elle est peut-être la plus touchante, dont le réalisateur parvient à saisir l’émotion alors même qu’elle se découvre à l’écran, pour la première fois, dans la version anglaise de Mon Oncle, alors invisible et qu’elle ne connaissait pas. Quelques mois plus tard, Pierre Étaix lui rend à son tour hommage lors d’une interview partiellement publiée dans le premier volume de l’@ide-Mémoire, encyclopédie des comédiens (reprise in www.aide-memoire.org): Elle a parfaitement compris dès le départ ce que Tati attendait d’elle, et lui a donné avec intelligence et précision exactement ce qu’il voulait. Par conséquent, il y a eu très peu de prises du plan dans lequel elle figurait, ce qui s’est avéré assez exceptionnel tout au long cours du tournage de Mon Oncle. J’ai également été frappé par la poésie qui émanait de sa personne, et par l’humour avec lequel elle a abordé son rôle, humour qui lui a permis de transcender sans difficulté ni effort apparents un personnage à la fois ingrat et caricatural sur le papier. C’est probablement l’une des comédiennes les plus étonnamment justes qu’il m’ait jamais été donné de rencontrer. Ces qualités mises en avant par l’unique représentant (avec feu Darry Cowl) du burlesque à la française se retrouvent intactes dans le dernier rôle en date que Nicole Régnault ait interprété à ce jour, religieuse cocasse et malicieuse d’un spot publicitaire pour la marque Citroën tourné au printemps 2005 et multidiffusé sur les chaînes hertziennes en septembre de la même année : cornette nonnale au vent, regard perçant et lèvres pincées, sa vis comica y fonctionne, une fois de plus, à merveille. Depuis, toujours aussi classe et rigolote à un peu plus de 82 ans, Nicole Régnault appelle de tous ses vœux le prochain rôle qui, de toute évidence, .ne saurait tarder. Cet article pour rappeler que la région PACA a trouvé sa Renée Le Calm depuis belle lurette, qu’elle se prénomme Nicole, qu’elle n’est absolument pas rivée, loin s’en faut, aux studios de la Victorine et que quelques journées de tournage à Paris ou ailleurs ne seraient pas forcément pour lui déplaire. À bon entendeur…

Armel de Lorme

FILMOGRAPHIE :
 

  

1944 : Les Dames du bois de Boulogne (Robert Bresson). 1945 : Le Père Serge (Lucien Gasnier-Raymond). 1948 : Bonheur en location (Jean Wall). 1949 : L’Homme aux mains d’argile (Léon Mathot). Le Gang des Tractions Arrière (Jean Loubignac). 1950 : Piédalu voyage (Jean Loubignac, CM). Le Roi des camelots (André Berthomieu). La Ronde (Max Ophuls). La Vie chantée – sk. Les Départs (Noël-Noël). 1951 : Le Crime du Bouif (André Cerf). La Maison dans la dune (Georges Lampin). Les Neiges du Kilimandjaro/The Snows of Kilimanjaro (Henry King). Piédalu à Paris (Jean Loubignac). Le Plaisir (Max Ophuls). Les Sept Péchés capitaux (Georges Lacombe). 1952 : L’amour n’est pas un péché (Claude Cariven). Coiffeur pour dames (Jean Boyer). Les Détectives du dimanche (Claude Orval). Elle & Moi (Guy Lefranc). L’Île aux Femmes nues (Henry Lepage). Nous sommes tous des assassins (André Cayatte). Piédalu fait des miracles (Jean Loubignac). Week-end à Paris/ Innocents in Paris (Gordon Parry). 1953 : Les Compagnes de la Nuit (Ralph Habib). Crainquebille (Ralph Habib). Piédalu député (Jean Loubignac). La rafle est pour ce soir (Maurice Dekobra). 1954 : L’Air de paris (Marcel Carné ). Fantaisie d’un jour (Pierre Cardinal). 1955 : Coup dur chez les mous (Jean Loubignac). Les Hommes en blanc (Ralph Habib). 1956 : Mon Oncle (Jacques Tati). My Uncle (Jacques Tati). 1957 : Gigi/idem (Vincente Minnelli). Mission diabolique/Der Fuchs von Paris (Paul May). Vive les vacances ! (Jean-Marc Thibault et Jean Laviron). 1958 : Les Motards (Jean Laviron). 1979 : Drôles de gendarmes/Sacrés Gendarmes (Bernard Launois). 2001 : Chambres d’hôte (Marc Garetto, CM). Trio (CM). 2004 : Brice de Nice (James Huth).

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Mony Dalmès

DR

Annonce de la mort du discret Gérard Brach, qui disait écrire des histoires compliquées avec des idées simples. C’est l’un des créateurs les plus singuliers du cinéma français, son univers Annonce de la mort de la comédienne Mony Dalmès à l’âge de 91 ans, dont on se souvient surtout dans des captations télévisées de pièces de théâtre à l’instar de “Huit femmes” de Robert Thomas, vu en 1972 dans la série “Au théâtre ce soir” et disponible dans le DVD éponyme du film de François Ozon, son rôle étant repris par Catherine Deneuve. Elle débute au conservatoire dans la classe de Denis d’Inès, avant de jouter des pièces variées “Le soulier de satin”, “La reine morte”, “Antigone” et on lui doit la musique de “Molly Brown” sur les planches également selon “L’ABC du cinéma”. Au cinéma, elle n’a fait que très peu de films, mais Claude Chabrol l’a utilisé en vieille dame excentrique dans “Rien ne va plus” (1997). Elle poursuit avec assiduité, flanquée d’un horripilant petit chien,  Michel Serrault qui va déployer des trésors d’inventivité pour arriver à l’éviter. On l’a retrouve en baronne dans le remake des “Yeux sans visage” signé Jésus Franco dans “Les prédateurs de la nuit”. Retrouvez des précisions sur ses doublages dans le forum de la Gazette du doublage.

Armel de Lorme, initiateur et auteur principal de l’@ide-mémoire – Encyclopédie des Comédiens (www.aide-memoire.org), a tenu à nous apporter lesprécisions suivantes: 

Curieusement, c’est deux jours à peine avant la disparition de Mony Dalmès que Ginette Garcin a repris sur la scène des Bouffes-Parisiens “le Clan des Veuves”, énorme succès boulevardier qu’elle a signée (sous le nom de Ginette Garcin-Beauvais) et créée à l’aube des années 90 entourée à l’époque de Jackie Sardou et de Mony Dalmès. Rappelons aussi que le bref passage de cette dernière au Français a coïncidé à peu près avec ses débuts de vedette de l’écran. Un temps distribuée dans les jeunes premières de convention, de “l’Inévitable Monsieur Dubois” à “La Figure de proue” en passant par “L’Homme de Londres” – où elle s’avère du reste quelque peu falote et pâlote (a l’image du film d’ailleurs), elle est beaucoup plus réjouissante dans les bourgeoises, petites ou grandes, racées, charmeuses et arrogantes qu’elle se voit proposer par intermittence aux approches de la cinquantaine. Maquerelle bon teint des “Bonnes Causes” tirant à petites bouffées sur un fume-cigarettes pour le moins téléscopique, baronne Vetsera chaperonnant entre deux révérences à la Hofburg ses grandes filles, Catherine Deneuve et Lyne Chardonnet (“Mayerling”, Terence Young, 1967), elle tire encore son épingle du jeu, entre la fin des années 80 et celle des années 90, chez des metteurs en scène aussi disparates qu’Eric Le Hung et Jess Franco, Claude Chabrol et Med Hondo. Pour l’anecdote, on notera que l’un des rôles les plus hauts en couleur qu’elle ait interprété dans le cadre de “Au théâtre ce soir”, celui de la mère un rien monstrueuse des “Huit femmes” de Robert Thomas, a été repris avec non moins de bonheur quelques 25 années plus tard par Catherine Deneuve – sa fille aînée dans “Mayerling” – sous la direction de François Ozon.   

Filmographie : 1936  Les demi-vierges (Pierre Caron) – 1942  L’inévitable Monsieur Dubois (Pierre Billon) – 1943  L’homme de Londres (Henri Decoin) – 1945  Dernier métro (Maurice de Canonge) – Secrets de jeunesse (Jacques Charon, CM) – 1947  La visiteuse (Albert Guyot) – La figure de proue (Christian Stengel) – 1950  L’enfant des neiges (Albert Guyot, CM) – 1962  Les bonnes causes (Christian-Jacque) – Love is a ball (Le grand-duc et l’héritière) ( David Swift) -1967  Mayerling (Terence Young) – 1987  Les prédateurs de la nuit (Jésus Franco) – 1988  À deux minutes près (Éric Le Hung) – 1996  Rien ne va plus (Claude Chabrol) – 1996/97  Watani, un monde sans mal (Med Hondo). Télévision (notamment) : 1964  Les joyeuses commères de Windsor (Roger [Lazare] Iglèsis) – 1965  La misère et la gloire (Henri Spade) – La main leste (René Lucot) – Seule à Paris (Robert Guez) – 1967  Allô police : Visites intéressées (Robert Guez) – Les aventures de Michel Vaillant (Charles Bretoneiche & Nicole Riche) – Jean de la Tour Miracle (Jean-Paul Carrère) – 1968  Lélio ou la vie de George Sand (Henri Spade) – Puce (Jacques Audoir) – 1969  Au théâtre ce soir : Le congrès de Clermont-Ferrand (Pierre Sabbagh) – 1970  Un crime de bon ton (Henri Spade) – Die Marquise von B. (Franz Peter Wirth) – 1972  Au théâtre ce soir : Huit et demi (Pierre Sabbagh) – Au théâtre ce soir : Je viendrai comme un voleur (Pierre Sabbagh) – Les enquêtes du commissaire Maigret : Maigret en meublé (Claude Boissol) – 1973  Au théâtre ce soir : Une fois par semaine (Georges Folgoas) – Les Mohicans de Paris (Gilles Grangier) – Au théâtre ce soir : Le bonheur des autres (Georges Folgoas) – 1974  À dossiers ouverts :  La malédiction de l’ogre (Claude Boissol) – Malaventure : Monsieur seul (Joseph Drimal) – 1976  Nick Verlaine ou comment voler la Tour Eiffel : Dans l’eau de la piscine (Claude Boissol) – 1977  Ne le dites pas avec des roses (Gilles Grangier) – 1978  Il y a encore des noisetiers (Jean-Paul Sassy) – Au théâtre ce soir : Le nouveau testament (Pierre Sabbagh) – Au théâtre ce soir : Le bon débarras (Pierre Sabbagh) – Joséphine ou la comédie des ambitions (Robert Mazoyer) – 1980  Mon père avait raison (Paul-Robin Benhaïoun, captation) –

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Alida Valli

Annonce de la mort d’Alida Valli. Cette fille, née en 1921 du baron autrichien Gino Von Altenburger, ancien professeur de philosophie à l’université de Varsovie. Inscrite au centre expérimental de la Cinématographie crée par Mussolini. Elle passe un contrat en 1936 avec Italciné, pour quelques films à la mode des “téléfoni bianchi”, mélodrames à la mode en Italie, notamment avec “le roi du mélo” Raffaello Matzrazzo. Cette fille du baron autrichien Gino Von Altenburger, ancien professeur de philosophie à l’université de Varsovie. Elle épouse en 1944, le compositeur Oscar de Mejo, avec lequel elle eut un fils,  Carlos, comédien également.  Elle s’éloigne de l’idéologie fasciste, en participant au film “We the living” composé en deux parties “”Noi vivi” et “Addio Kira” en 1944. Elle finit par céder aux propositions de David O. Selznik, en participant au dernier film d’Alfred Hitchcock sous le contrat de ce magnat exigent. Le grand réalisateur enfin libéré de ce joug étouffant, arrive à imposer sa marque avec le “Procès Paradine” (1947), où Alida Valli compose une suspecte de meurtre à la fois sensuelle et énigmatique. Elle est éblouissante alors que son partenaire Gregory Peck est assez improbable il faut bien le dire, en avocat anglais grisonnant, qui tombe amoureux de la belle, et finit par perdre sa clairvoyance. Son autre partenaire Charles Laughton, qui livrait une superbe composition de juge cynique, ” la désignait comme un “stradivarius dans un bas nylon”, comme le rappelait “Ciné-Revue”. Sa participation au mythique “Troisième homme”, grand classique de Carol Reed, parachève de lui donner une opportunité d’une carrière internationale guidée par un grand éclectisme. Elle trouve sans doute son plus beau rôle dans le sublime “Senso” de Luchino Visconti, face à Farley Granger en 1954, dans le rôle de la comtesse Livia Serpieri, en femme jalouse et mortifiée par un amour trop intense. Elle est aussi la maîtresse d’un homme assassiné par un fasciste dans “La stratégie de l’araignée” chez Bernardo Bertolucci, en 1969, rediffusé il y a peu au “Cinéma de minuit” sur France 3 – elle devait le retrouver dans “La luna” et “1900” , une femme abandonnée dans “Le cri” (Michelangelo Antonioni, 1957), la mère soupçonnée par son fils d’avoir tué son père dans le méconnu “Ophélia” (Claude Chabrol, 1961), elle est Mérope dans “Œdipe roi” chez Pasolini en 1967. On se souvient aussi de sa composition sensible dans “Une aussi longue absence” (Henri Colpi, 1960), où elle retrouvait avec grand émotion Georges Wilson, son ancien amour perdu devenu amnésique. Autre prestation mémorable en France dans le chef d’œuvre de Georges Franju, “Les yeux sans visage”, elle était l’étonnante assistante du docteur Genessier, campé par un magistral Pierre Brasseur. Elle devait d’ailleurs souvent participer à des films d’horreurs ou fantastique jusqu’à “La semena santa”, film assez laborieux, sorti en 2002 en France, où elle était parfaite en vieille dame indigne, elle conservait une forte présence, mais dans ce rôle furtif. Il est vrai que même dans des films mineurs comme dans cette comédie d’humour noir “À notre regrettable époux” face à Jacques Dufilho et Jacqueline Maillan, elle arrivait toujours à tirer son épingle du jeu. On se souvient aussi de sa composition de professeur de danse revêche, claquant des talons et terrifiant les élèves danseurs dans “Suspiria”, l’un des meilleurs films du réalisateur Italien Dario Argento. Elle avait également eu une grande carrière au théâtre à son actif.  Elle est morte le matin du 22 avril 2006, et gardera toujours une place particulière dans le cœur des cinéphiles, par son subtil mélange de grâce et d’autorité, tout en gardant une grande fidélité à un cinéma contestataire. Elle avait reçu en 1997, un Lion d’or d’honneur au festival de Venise, pour l’ensemble de sa carrière. A son sujet on peut retrouver un excellent site alidavalli.net, dont des pages sont disponibles en français.

Bibliographie “Dizionario del cinema italiano – Le attrici” par Enrico Lancia et Roberto Poppi, (Gremese Editore)

Filmographie :

1934  Il cappello a tre punte (Le tricorne) (Mario Camerini) – 1936  I due sergenti (Les deux sergents) (Enrico Guazzoni) – L’utima nemica (Umberto Barbaro) – Sono stato io ! (Raffaello Matarazzo) – 1937  Il feroce saladino (Le féroce Saladin) (Mario Bonnard)  – 1938  Mille lire al mese (Mille lires par mois) (Max Neufeld) – Ma l’amore mio non muore (Giuseppe Amato) – L’ha fatto una signora (Mario Mattoli) – 1939  La casa del peccato (La maison du péché) (Max Neufeld) – Ballo al castello (Bal au château) (Max Neufeld) – Assenza ingiustificata (Absence injustifiée) (Max Neufeld) – Taverna rossa (Max Neufeld) – La prima donna che passa (Max Neufeld) – La prima donna che passa (Max Neufeld) – 1940  Oltre l’amore (Plus fort que l’amour) (Carmine Gallone) – Manon Lescaut (Carmine Gallone) – Luce nelle tenebre (Lumière dans les ténèbres) (Mario Mattoli) – Piccolo mondo antico (Le mariage de minuit) (Mario Soldati) – 1941  L’amante segreta / Troppo bella (L’amant secret) (Carmine Gallone) – Catene invisibili (Chaînes invisibles) (Mario Mattoli) – Ore 9 lezione di chimica (Leçon de chimie à neuf heures / Scandale au pensionnat) (Mario Mattoli) – 1942  Noi vivi / Addio Kira ! (We the living) (Goffredo Alessandrini) – Strasera niente di  nuova (Ce soir, rien de nouveau) (Mario Mattoli) – Le due orfanelle (Les deux orphelines) (Carmine Gallone) – 1943  Pagliacci / Bajazzo / I pagliacci (Tragique destin) (Giuseppe Fatigati) – Apparizione (Apparition) (Jean de Limur) – Circo equestre za-bum [épisode « Il postino »] (Mario Mattoli) – 1944  T’amerò sempre (Je t’aimerai toujours) (Mario Camerini) – La vita ricomincia (La vie recommence) (Mario Soldati) – 1945  Il canto della vita (Le chant de la vie) (Carmine Gallone) – 1946  Eugenia Grandet (Eugènie Grandet) (Mario Soldati) – 1947  The Paradine case (Le procès Paradine) (Alfred Hitchcock) – 1948  The miracle of the bells (Le miracle des cloches) (Irving Pichel) – 1949  The third man (Le troisième homme) (Carol Reed) – Walk softly, stranger (L’étranger dans la cité ) (Robert Stevenson) – 1950  The white tower (La tour blanche) (Ted Tetzlaff) – Les miracles n’ont lieu qu’une fois (Yves Allégret) – 1951  L’ultimo incontro (Dernier rendez-vous (Gianni Franciolini) – El  tirano de Toledo / Gli amanti di Toledo/ Lovers of Toledo (Les amants de Tolède) (Henri Decoin & Fernando Palacios) – 1952  La mano dello straniero (Rapt à Venise) (Mario Soldati) – Il mondo le condanna (Les anges déchus) (Gianni Franciolini) – 1953  C’era una volta Angelo Mosco (Giorgio Walter Chili) – Siamo donne (Nous  les  femmes) [épisode « Alida Valli »] (Gianni Franciolini) – 1954  Senso (Luchino Visconti) – 1955  Il grido (Le cri (Michelangelo Antonioni) – 1956 Barrage contre le Pacifique (René Clément) – L’amore più bello / L’uomo dai calzoni corti / Tal vez mañana (Glauco Pellegrini) – 1957  Les bijoutiers du clair de lune (Roger Vadim) – La grande strada azzura / Die große blaue straße (Un dénommé Squarcio) (Gillo Pontecorvo) – 1959  Les yeux sans visage (Georges Franju) – Signé Arsène Lupin (Yves Robert) – Le dialogue des carmélites (Raymond Leopold Bruckberger & Philippe Agostini) – Il peccato degli anni verdi / L’assegno (Leopoldo Trieste) – 1960  Le gigolo (Jacques Deray) – Une aussi longue absence (Henri Colpi) – Treno di natale (Raffaello Matarazzo) – 1961  La fille du torrent (Hans Herwig) – The happy thieves (Les joyeux voleurs) (Georges Marshall) – Ophélia (Claude Chabrol) – 1962  Il disordine (Le désordre) (Franco Brusati) –  The Castillan /  El  valle  de  las  espadas / Valley  of the swords) (Le Castillan / La vallée des épées) (Javier Setó ) – Homenaje al la hora de la siesta (Quatre femmes pour un héros) (Leopoldo Torre Nilsson) – Al otro lado de la ciudad (Alfonso Balcázar) – 1963  El hombre de papel (Ismael Rodríguez) – L’autre femme (François Villiers) – 1964  Umorismo in nero (Humour noir) [épisode « “La cornacchia” / “La corneille”] (Giancarlo Zagni) – The getaway face ( Barry Marshall) – 1967  Edipo re (Œdipe roi) (Pier Paolo Pasolini) – 1968  Amore in tutte le sue espressioni (réalisation seulement, documentaire) – 1969  La strategia del ragno (La stratégie de l’araignée) (Bernardo Bertolucci) – Concerto per pistola solista (Michele Lupo) – 1969  Le champignon (Marc Simenon) – 1971  L’occhio nelle labirinto (Mario Caiano) – La prima notte di quiete (Le professeur) (Valerio Zurlini) – La  casa dell’esorcismo / The  devil  and  the dead / The devil in the house of exorcism / El diavolo se lleva a los  muestros / Il diavolo e i morti (La maison de l’exorcisme / Lisa et le diable) (Mario Bava) – Diaro di un italiano (Sergio Capogna) 1973  No es nada, mamá, sólo un juego (Vidéo : Le pervers) (José Maria Forqué ) – 1974  La chair de l’orchidée (Patrice Chéreau) – L’antecristo (L’Antéchrist / Le baiser  de  Satan) (Alberto de Martino) – La grande trouille / Tendre dracuma (Pierre Grunstein) – Ce cher Victor (Robin Davis) – 1974/75 Novecento (1900) (Bernardo Bertolucci) – 1975  Bertolucci secondo il cinema (Gianni Amelio, documentaire) – Il caso Raoul ( Maurizio Ponzi) – 1976  Le jeu du solitaire (Jean-François Adam) – The Cassandra crossing (Le pont de Cassandra) (George Pan Cosmatos) –   Suspiria (Id) (Dario Argento) – 1977  Un cuore semplice (Giorgio Ferrara) – Porco mondo (Sergio Bergonzelli) – Berlinguer, ti voglio bene de Giuseppe Bertolucci) – Zoo zéro (Alain Fleischer) – 1978  Suor omicidi (Giulio Berruti) – Indagine su un delitto perfetto / The perfect crime (Giuseppe Rosati) – 1979  La luna (Id) (Bernardo Bertolucci) – Aquella casa en las afueras (Eugenio Martín) – Inferno (Id) (Dario Argento) – 1980  Oggetti smarriti (Giuseppe Bertolucci) –  Une saison de paix à Paris  / Sezona mira u Pariju) (Petrag Golubovic) – 1981  La caduta degli angeli ribelli (Marco Tullio Giordana) – Aspern (Eduardo de Gregorio) – 1982 Sogni  mostruosamente proibiti (Neri Parenti) – 1984  Segreti, segreti (Giuseppe Bertolucci) – 1985  Hitchcock : Il  brivido del genio / The thrilll of  genius ( Francesco  Bortolini  & Claudio Masenda) – 1986  Le jupon rouge (Geneviève Lefebvre) – 1987  À notre regrettable époux (Serge Korber) – 1990  Zitti e Mosca (Alessandro Benvenuti) – 1991  La bocca (Luca Verdone & Mara Bronzoni) – 1992  Il lungo silenzio (Margarethe von Troffa) – Bugie rosso (Pierfrancesco Campanella) – 1993 Fatal frames / Fotogrammi mortali (Al Festa) – A mounth by the lake (Romance sur le lac) (John Irving) – 1998  Il dolce rumore della vita (Giuseppe Bertolucci) – L’amore probabilmente (L’amour probablement) (Giuseppe Bertolucci) – 2001  Semana Santa (Id) (Pepe Danquart).

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Philippe Castelli

Philippe Castelli dans “Chut !”

Annonce de la mort de Philippe Castelli, sa grande silhouette dégingandée, sa prononciation hésitante, l’incursion d’un corps comique lent, faisant souvent une pose dans un film au rythme trépidant, a fait de lui le second rôle idéal des comédies françaises, voire franchouillardes. Il avait pourtant débuté avec Claude Chabrol. On retient évidemment ses contributions radios et télévisées dans “Les grosses têtes” présentées par Philippe Bouvard, éternel souffre-douleur de l’”odieux” Olivier de Kersauzon. Le cinéma l’utilisait souvent sur ce mode, tel l’inspecteur en retard, qui subit une engueulade d’anthologie de la part de Louis de Funès, dans “Fantômas se déchaîne” (1965). Mais le décalage était toujours au rendez-vous, il fallait l’entendre chanter au générique de “Ça va pas être triste” (Pierre Sisser, 1982), “Merde, merde, merde, y a que des emmerdes…, brouilles, brouilles, y a que des embrouilles”. Il avait souvent poussé la chansonnette, l’excellent Philippe Meyer le rappelait parfois en diffusant ses débuts au petit conservatoire de Mireille, sur France Inter et à la télévision dans “Le petit conservatoire de la chanson” des années 60 à 70. Il participe à 4 reprises, au bestiaire Mocky. Il fallait le voir en maître fromager vantant les différents goûts de fromages, avec beaucoup de condescendance face à l’improbable tandem Heinz Ruhmann – Fernandel ignares des subtilités gastronomiques (“La bourse et la vie”, 1965). Il jouait dans “Chut !” (1971) le double rôle d’un ministre, complotant et donnant rendez-vous à Michael Lonsdale, dans une gare, tout en se faisant passer pour un aveugle, avec des lunettes noires dont un des carreaux est cassé, et de son sosie un quidam mi-guindé, mi auvergnat. L’heure étant grave dans le film, suite à une escroquerie à l’épargne, il donne des ordres à son subordonné, en complotant tout en chantant et en jouant de l’accordéon ! C’est  un grand moment loufoque, nous faisant regretter une meilleure utilisation de sa folie à l’écran. On le retrouve essentiellement des années 60 à 80, dans de multiples emplois, décalé en garde en noir du Cardinal dans “Les quatre Charlots mousquetaire”, et souvent en maîtres d’hôtel ou majordomes, dont le sérieux – ou l’ennui – est parfois malmené. Citons son rôle de concierge de l’hôtel Danieli, victime des guignolades belmondiennes dans “Le guignolo” (Lautner, 1978), ce dernier rentrant dans l’hôtel… en bateau. Il a été d’ailleurs l’un des acteurs fétiches de Georges Lautner, il fut le portier turc dans “Les barbouzes”, le quidam trouillard, n’étant pas d’une grande aide à Mireille Darc dans un parking, dans “Les seins de glace” (1974), le buraliste ronchon dans “Mort d’un pourri” (1977).. On le retrouve stoïque face à Belmondo toujours dans “Flic ou voyou” (1978). Il est un examinateur au permis de conduire, ignorant qu’il couvre, malgré lui, sa fuite. Il le recale d’ailleurs, les cascades n’étant pas très réglementaires… De silhouettes à de simples apparitions, il savait souvent tirer son épingle du jeu. Ce type de comédiens nous manque beaucoup de nos jours.

Filmographie : établie avec Armel de Lorme : 1959  Les bonnes femmes (Claude Chabrol) – 1960  Les Godelureaux (Claude Chabrol) – 1961  À fleur de peau (Claude Bernard-Aubert) – Le caporal épinglé (Jean Renoir) –  Cartouche (Philippe de Broca) – 1962  Les bricoleurs (Jean Girault) – Landru (Claude Chabrol) – 1963  Carambolages (Marcel Bluwal) – La porteuse de pain (Maurice Cloche) – Les tontons flingueurs (Georges Lautner) – Une ravissante idiote (Édouard Molinaro) – Des pissenlits par la racine (Georges Lautner) – Les durs à cuire ou comment supprimer son prochain sans perdre l’appétit (Jack Pinoteau) – 1964  Aimez-vous les femmes (Jean Léon) – Une souris chez les hommes / Un drôle de caïd (Jacques Poitrenaud) – La grande frousse ou la cité de l’indicible peur (Jean-Pierre Mocky) – Fantômas (André Hunebelle) – Les barbouzes (Georges Lautner) – Patate (Robert Thomas) – Un monsieur de compagnie (Philippe de Broca) – Yoyo (Pierre Étaix) – 1965  Les bons vivants / Un grand seigneur [épisode “Les bons vivants”] (Georges Lautner) – Les enquiquineurs (Roland Quignon) – Quand passent les faisans (Édouard Molinaro) – Fantômas se déchaîne (André Hunebelle) – Galia (Georges Lautner) – La communale (Jean L’Hôte) – Pas de caviar pour tante Olga (Jean Becker) – Monnaie de singe (Yves Robert) – Ne nous fâchons pas (Georges Lautner) – Tant qu’on a la santé (Pierre Étaix) – La sentinelle endormie (Jean Dréville) – La bourse et la vie (Jean-Pierre Mocky) – 1966  The night of the generals (La nuit des généraux) (Anatole Litvak) – 1968  La grande lessive ! (Jean-Pierre Mocky) – 1969  La promesse de l’aube / Promise at dawn (Jules Dassin) – Borsalino (Jacques Deray) – 1970  Laisse aller… c’est une valse (Georges Lautner) – Doucement les basses (Jacques Deray) – 1971  Le drapeau noir flotte sur la marmite (Michel Audiard) – Le viager (Pierre Tchernia) – Chut ! / Pavane pour un crétin défunt (Jean-Pierre Mocky) – 1972  Quelques messieurs trop tranquilles (Georges Lautner) – Les volets clos (Jean-Claude Brialy) – La guerre des espions (Henri Boyer & Jean-Louis Van Belle) – 1973  Quatre Charlots mousquetaires (André Hunebelle) – Un amour de pluie (Jean-Claude Brialy) – 1974  Le bordel, 1ère époque (1900) (Jose Benazeraf) – Deux grandes filles dans un pyjama (Jean Girault) – Sexuellement vôtre (Max Pécas) – Les bidasses s’en vont-en guerre (Claude Zidi) – Borsalino and Co (Jacques Deray) – Les seins de glace (Georges Lautner) – Ce cher Victor (Robin Davis) -Soldat Duroc, ça va être te fête (Michel Gérard) – 1975  Black out (Philippe Mordacq, inédit) – C’est dur pour tout le monde (Christian Gion) – Bons baisers de Hong-Kong (Yvan Chiffre) – Couche-moi dans le sable et fais jaillir ton pétrole (Norbert Terry) – 1976  L’intrus (Patrick Schulmann, CM) – 1977  Dialogue sous la lampe (Christian Riberzani, CM) – Mort d’un pourri (Georges Lautner) – On peut le dire sans se fâcher / La belle emmerdeuse (Roger Coggio) – 1978  One, two, two : 122 rue de Provence (Christian Gion) – Ils sont fous sorciers (Georges Lautner) – Brigade mondaine (Jacques Scandelari) – Judith Therpauve (Patrice Chéreau) – Le cavaleur (Philippe de Broca) – Le temps des vacances (Claude Vital) – Flic ou voyou (Georges Lautner) – 1979  Brigade des mœurs : La secte de Marrakech (Eddy Matalon) – Le guignolo (Georges Lautner) – Les aventures de Guidon Fûté (Jean-Marie Durand) – 1980  Une merveilleuse journée (Claude Vital) – Est-ce bien raisonnable ? (Georges Lautner) – Signé Furax (Marc Simenon) – 1981  Le jour se lève et les conneries commencent (Claude Mulot) – Prends ta rolls et va pointer (Richard Balducci) – Pour la peau d’un flic (Alain Delon) – Le secret des Sélénites (Jean Image, animation, voix) – 1982  On s’en fout… nous on s’aime (Michel Gérard) – Plus beau que moi tu m’aimes (Philippe Clair) – Rebelote (Jacques Richard) – Le battant (Alain Delon) – Ca va pas être triste (Pierre Sisser) – 1983  Retenez-moi… où je fais un malheur (Michel Gérard) – Aldo et Junior (Patrick Schulmann) – 1984  Par où t’es rentré… on t’as pas vu sortir (Philippe Clair) – Ave Maria (Jacques Richard) – Liberté, égalité, choucroute (Jean Yanne) – 1985  Banana’s boulevard (Richard Balucci) – 1988  À deux minutes près (Éric Le Hung).  Nota : Il n’apparaît pas dans  “À nous quatre, Cardinal !” (André Hunebelle, 1973), bien que crédité au générique, et il n’apparaît pas dans la version VHS du “Temps des vacances” (1978).

 Photo source : GAF

Télévision: (notamment) : 1961  En votre âme et conscience : L’affaire Courtois (Jean-Pierre Marchand) – 1962  Le peintre exigeant (Jean Vernier) – 1964  Le théâtre de la jeunesse : La soeur de Gribouille (Yves-André Hubert) – La mégère apprivoisée (Pierre Badel) – Thierry la fronde : la chanson d’Isabelle (Robert Guez) – 1965  Les facéties du sapeur Camenber (Pierre Boursaus, série TV) – 1966  Vive la vie (Joseph Drimal, série TV) – L’écharpe (Abder Isker) – Comment ne pas épouser un milliardaire (Lazare Iglésis, série TV) – Sacrés fantômes (Stellio Lorenzi) – 1967  L’amateur / S.O.S. Fernand (Jean-Piere Decourt) – Max le débonnaire : Un bon petit Jules (Gilles Grangier) – 1968  Les dossiers de l’agence O : Le vieillard au porte-mine (Jean Salvy) – 1970  Tête d’horloge (Jean-Paul Sassy) – Les caprices de Marianne (Georges Vitaly) – Le fauteuil hanté (Pierre Bureau) – Rendez-vous à Badenberg (Jean-Michel Meurice, série TV) – La fille qui disait non (Yannick Andréi) – 1971  Quentin Durward (Gilles Grangier, série TV) –  Madame êtes-vous libre ? (Jean-Paul Le Chanois) – Bon an mal an ou chérie je me sens vieillir (Rémy Grumbach) – Les nouvelles aventures de Vidocq : Les banquiers du crime (Marcel Bluwal) – Au théâtre ce soir : Cherchez le corps M. Blake (Pierre Sabbagh) – La belle aventure (Jean Vernier) – 1972  La demoiselle d’Avignon (Michel Wyn, série TV) – Avec le coeur (Rémy Grumbach) – La bonne nouvelle (Guy Lessertisseur) – Kitsch-Kitsch (Janine Guyon) – Le voleur de riens (Janine Guyon) – 1973  Le bleu d’outre-tombe (Edouard Logereau) – Au théâtre ce soir : Le million (Georges Folgoas) – Poker d’as (Hubert Cornfield) – Poker d’as (Hubert Cornfield, série TV) – Gil Blas de Santillane (Hubert Cornfield) – Un curé de choc : Pension pour dames seules (Philippe Arnal) – 1974  Monsieur Badin (Jean Bertho) – Le droit aux étrennes (Jean Bertho) – Le commissaire est bon enfant (Jean Bertho) – Les balances (Jean Bertho) – 1975  La pluie sur la dune (Serge Piollet) – 1977  Emmenez-moi au Ritz (Pierre Grimblat) – 1980  Les incorrigibles (Abder Isker) – 1981  Au théâtre ce soir : Alain, sa mère et sa maîtresse (Pierre Sabbagh) – Anthelme Collet ou le brigand gentilhomme (Jean-Paul Carrère) – 1982  Les scénaristes ou les aventures extraordinaires de Robert Michon (Nino Monti) – Les enquêtes du commissaire Maigret : Maigret et l’homme tout seul (Jean-Paul Sasst) – 1986  Grand hôtel (Jean Kerchbron) – 1992  Aldo tous risques : Mascarade (Claude Vital) – C’est quoi ce petit boulot (Michel Berny & Gian Luigi Polidoro) – Tout ou presque (Claude Vital) – Prêcheur en eau trouble (Georges Lautner) – 1996  Jamais deux sans toi : Le gendre idéal.

Mise à jour du 16/09/2011

Mort également du cinéaste ivoirien Henri Duparc, lire à son sujet l’article de Afrik.com.

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Jacques Legras

  

Photo : www.bernard-luc.comAnnonce de la mort de Jacques Legras, ce 15 mars de comédien né à Nantes en 1924. On se souviendra toujours de lui dans les riches heures de la télévision, avec la célèbre caméra cachée, dans “La caméra invisible” depuis 1964, invention de son compère Jacques Rouland, pour lequel il était animateur de “Gardez le sourire” sur Europe 1. Cette émission diffusée sur la seconde chaîne à partir de 1964, était l’occasion de piéger des quidam, et Jacques Legras avec sa fine moustache et son sérieux imperturbable imposait par son assurance les situations les plus déstabilisantes et les plus improbables. Les meilleurs sketches portés à l’écran par Jacques Rouland dans “La gueule de l’emploi” (1973), le mettait en vedette avec Jean-Claude Massoulier. C’est après le conservatoire de la rue Blanche, qu’il rejoint la troupe des Branquignol. Il restera fidèle à l’univers de Robert Dhéry également au cinéma dès “Branquignol” son premier film en 1949. On se souvient dans cet univers, du monsieur Loyal dans “Ah ! les belles bacchantes” (1954), et du curé roux du “Petit baigneur” (Dhéry, 1967). On le retrouvait souvent dans des rôles distingués facilement malmenés, client suisse qui arrive dans un bordel le jour de la fermeture suite à la décision de Marthe Richard dans “Les bons vivants : La fermeture” (Gilles Grangier, 1965), de l’examinateur de permis de conduire véhément suite aux maladresses de Louis Velle dans “Le permis de conduire” (Jean Girault, 1973), notable tenté par un voyage libertin avec sa femme dans “Sex-Shop” (Claude Berri, 1972), où le préposé au mariage de Jean-Paul Belmondo tétanisé devant sa fuite dans “Les mariés de l’an II” (Jean-Paul Rappeneau, 1970). Souvent goguenard, il est un ancêtre d’Alexandre Dumas, écrivain public prenant des notes en rencontrant les valets des trois mousquetaires “Les quatre Charlots mousquetaires” (André Hunebelle). Très apprécié du réalisateur Michel Boisrond, on lui doit la composition singulière d’un traître japonais – avec fausses dents et sans moustache – dans le croquignolet “Atout cœur à Tokyo pour OSS 117” (1966), un grand moment délirant hautement cornichon. Jean-Pierre Mocky l’avait utilisé pour 6 films dont l’étalon (1969) où il campe Pointard joueur de pétanque ayant les traces de ses boules sur son bronzage à force de les porter autour de son coup, “Robin des mers” (1997) où il est un marin et dans “Vidange” (1997) son dernier rôle en procureur. S’il n’a pas toujours eu les rôles à la mesure de sa folie, il marquait toujours ses passages avec une distinction qui cachait une réelle subversion.

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Filmographie : 1949  Branquignol (Robert Dhéry) – La patronne (Robert Dhéry) – 1950  Bertrand, cœur de lion (Robert Dhéry) – 1951  La demoiselle et son revenant (Marc Allégret) – 1952  L’amour n’est pas un péché (Claude Cariven) – 1953  Les trois mousquetaires (André Hunebelle) – Les hommes ne pensent qu’à ça… (Yves Robert) – 1954  Escalier de service (Carlo Rim) – Ah ! les belles bacchantes (Jean Loubignac) – 1955  L’impossible Monsieur Pipelet (André Hunebelle) – 1961  La belle américaine (Robert Dhéry) – 1964  Allez France ! (Robert Dhéry) – Les gros bras (Francis Rigaud) – Une souris chez les hommes / Un drôle de caïd (Jacques Poitrenaud) – Lady L (Id) (Peter Ustinov) – 1965  Les bons vivants [épisode : “La fermeture”] (Gilles Grangier) – La communale (Jean L’hôte) – La tête du client (Jacques Poitrenaud) – La bourse et la vie (Jean-Pierre Mocky) – 1966  Le grand restaurant (Jacques Besnard) – Atout cœur à Tokyo pour OSS 117 (Michel Boisrond) – Trois enfants dans le désordre (Léo Joannon) – Sette volte donna / Woman times seven (Sept fois femmes) (Vittorio de Sica)- 1967  Le petit baigneur (Robert Dhéry) – 1968  Faites donc plaisir aux amis (Francis Rigaud) – L’Auvergnat et l’autobus (Guy Lefranc) – Un été sauvage (Marcel Camus) – 1969  Hibernatus (Édouard Molinaro) – L’ardoise (Claude Bernard-Aubert) – Poussez pas grand-père dans les cactus (Jean-Claude Dague) – The lady in the car with glasses and a gun (La dame dans l’auto avec des lunettes et un fusil) (Anatol Litvak) – L’étalon (Jean-Pierre Mocky) – 1970  Les assassins de l’ordre (Marcel Carné ) – Les mariés de l’An II (Jean-Paul Rappeneau) – Daisy Town (René Goscinny & Morris, voix) – On est toujours trop bon avec les femmes (Michel Boisrond) – 1972  Sex shop (Claude Berri) – Les Charlots font l’Espagne (Jean Girault) – Elle court, elle court la banlieue (Gérard Pirès) – 1973  Le permis de conduire (Jean Girault)- L’événement le plus important depuis que l’homme a marché sur la lune (Jacques Demy) – Les gaspards (Pierre Tchernia) – La gueule de l’emploi (Jacques Rouland) – Les 4 Charlots mousquetaires (André Hunebelle) – 1974  Vos gueules les mouettes ! (Robert Dhéry) – 1975  Catherine et cie (Michel Boisrond) – L’intrépide (Jean Girault) – 1976  Le trouble fesses (Raoul Foulon) – Drôles de zèbres (Guy Lux) – Le roi des bricoleurs (Jean-Pierre Mocky) – 1977  La ballade des Dalton (René Goscinny, Morris, Henri Gruel & Pierre Watrin, voix) – La vie parisienne (Christian-Jaque) – 1978  Les héros n’ont pas froid aux oreilles (Charles Némès) – Le beaujolais nouveau est arrivé (Jean-Luc Voulfow) – 1979  La gueule de l’autre (Pierre Tchernia) – L’associé (René Gainville) – La gueule de l’autre (Pierre Tchernia) – Mais qu’est-ce que j’ai fait au Bon Dieu pour avoir une femme qui boit dans les cafés avec les hommes ? (Jan Saint-Hamon) – 1980  Les malheurs d’Octavie (Roland Urban) – 1981  Le jour se lève et les conneries commencent (Claude Mulot) – Les bidasses aux grandes manœuvres (Raphaël Delpard) – 1982  N’oublie pas ton père au vestiaire (Richard Balducci) – 1983  Vous habitez chez vos parents ? (Michel Fermaud) – Mon curé chez les Thaïlandaises (Robert Thomas) – Retenez-moi… ou je fais un malheur ! (Michel Gérard) – 1984  Vive le fric (Raphaël Delpard) – 1985  La gitane (Philippe de Broca) – 1988  Corps z’à corps (André Halimi) –   Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer  (Jacques W. Benoît) – 1997  Robin des Mers (Jean-Pierre Mocky) – Vidange (Jean-Pierre Mocky) – 1999 36 (Mathieu Mathelin, CM). Télévision (notamment) : 1965  Le journal de Jules Renard (Pierre Tchernia, CM) – 1968  Le bourgeois gentilhomme (Pierre Badel) – 1972  Aujourd’hui à Paris (Pierre Tchernia) – 1976  Les brigades du Tigre : Don de Scotland Yard (Victor Vicas) – 1977   Confessions d’un enfant de choeur (Jean L’Hôte) – Au théâtre ce soir : Le séquoïa (Pierre Sabbagh) – Emmenez-moi au Ritz (Pierre Grimblat) – Les folies Offenbach : Le train des cabots (Michel Boisrond) – Appelez-moi docteur ou le médecin invisible (Jacques Rouland) – 1978  Les palmiers du métropolitain (Youri) – Messieurs les ronds de cuir (Daniel Ceccaldi) – 1979  Au théâtre ce soir : Mon crime (Pierre Sabbagh) – Le petit théâtre d’Antenne 2 : Pétin, Mouillabourg et consorts (Pierre Cavassilas) – 1980  Opération trafics : La bataille de l’or (Christian-Jaque) – Jean-Sans-Terre (Gilles Grangier) – Le vol d’Icare (Daniel Ceccaldi) – 1981  Le roman du samedi : L’agent secret (Marcel Camus) – Société Amoureuse à Responsabilité Limitée (Christian-Jaque) – Le mythomane : Les jonquilles de la grande duchesse (Michel Wyn) – Les amours des années folles : Un mort tout neuf (Dominique Giuliani) – Histoire contemporaine (Michel Boisrond) – 1983  L’étrange château du docteur Lerne (Jean-Daniel Verhaeghe) – 1984  L’appartement (Dominique Giuliani) – Billet doux (Michel Berny) – 1985  Le canon paisible (Stéphane Bertin). Divers : La caméra invisible – Vivement lundi, etc…

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Maureen Stapleton

 Annonce de la mort le 13 mars de Maureen Stapleton, des suites de complications pulmonaires. Grand parcours théâtral, depuis ses débuts à Broadway en 1946. Son grand succès est “The rose tatoo” en 1951, elle était d’ailleurs l’une des interprètes privilégiée de Tenesse Williams. Au cinéma, elle marquait ses rôles par son dynamisme. Nommée trois fois à l’Oscar du meilleur second rôle, pour “Lonely-hearts” / “Coeurs à la dérive” (Vincent Donahue), “Airport” (George Seaton, 1969), le “bergmanien” : “Interiors / Intérieurs” (Woody Allen, 1978), avant de l’obtenir pour sa composition dans “Reds” (Warren Beatty, 1980). Connue pour son franc parler, elle avait déclaré au sujet de George W. Bush, information trouvée sur le web : ““I’m not saying that I’d vote for him. I’m just saying that I’d fuck him.” . Ephraim Katz rappelait dans son “Film encyclopedia” qu’on la surnomait “the American Anna Magnani”.

ARTICLE : AP – The Associated Press.

L’actrice Maureen Stapleton, qui avait remporté l’Oscar du meilleur second rôle féminin pour «Reds», est décédée lundi à l’âge de 80 ans, a annoncé son fils, Daniel Allentuck. Maureen Stapleton, dont l’apparence insignifiante et imposante avait occulté la personnalité et le talent, avait remporté un Oscar en 1981 pour le rôle d’Emma Goldman dans le film de Warren Beatty, «Reds», sur un journaliste américain qui se rend en Russie pendant la révolution bolchevique. Pour préparer le rôle, l’actrice expliquait qu’elle avait tenté de lire l’autobiographie de Goldman, avant de la jeter par ennui. «Il y a de nombreuses voies pour être un bon acteur», disait-elle dans son autobiographie publiée en 1995. «On m’a demandé de nombreuses fois quelle était la clef de la comédie et, en ce qui me concerne, la principale est de garder les spectateurs éveillés». Maureen Stapleton avait été nommée à plusieurs reprises pour l’Oscar du meilleur second rôle féminin, dont «Lonelyhearts» (1958), «Airport» (1970) et «Intérieurs» (1978), de Woody Allen. Elle avait également tourné dans «Cocoon» (1985) de Ron Howard et »Addicted to Love» (1997). A la télévision, elle avait remporté un Emmy pour «Among the Paths to Eden» en 1967. Elle avait également joué au théâtre, donnant notamment la réplique à Laurence Olivier dans «La chatte sur un toit brûlant» de Tennessee Williams. Pour «La Rose tatouée», autre pièce du dramaturge américain, elle avait remporté un Tony Award à l’âge de 24 ans. L’auteur et l’actrice étaient amis.

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Dennis Weaver

  

Dennis Weaver

Annonce de la mort de Dennis Weaver, des suites d’un cancer à l’âge de 81 ans. Deux souvenirs viennent immédiatement à l’esprit des cinéphiles, le gardien de l’hôtel inquiétant à la silhouette longiligne, et épiant la belle Janet Leigh dans “La soif du mal” (Orson Welles, 1958), préfiguration du personnage de Norman Bates dans “Psychose”, et l’automobiliste pris en chasse par un camionneur fou dans “Duel” (Steven Spielberg, 1971), brillant téléfilm diffusé en salles avec le succès que l’on sait. En contrat avec Universal, on le retrouve souvent dans des petits rôles avant de se faire reconnaître essentiellement à la télévision dans “Gunsmoke”. Il était un écologiste revendicatif avisé ces dernières années avec sa femme Gerry Stowell. Il avait un site officiel : Dennis Weaver website. Bibliographie : “Quinlan’s films stars” par David Quinland (B.T. Batsford limited London, 2000)

Filmographie : 1952  The raiders / Riders of vengeance (L’heure de la vengeance) (Lesley Selander) – Horizons West (Le traître du Texas) (Budd Boetticher) – The lawless breed (Victime du destin) (Raoul Walsh) – 1953  The redhead from Wyoming (La belle rousse du Wyoming) (Lee Sholem) – The Mississippi gambler (Le gentilhomme de la Louisiane) (Rudolph Maté) – Law and order (Quand la poudre parle) (Nathan Juran) –  Column South (L’héroïque lieutenant) (Frederick De Cordova) – It happens every Thursday (Joseph Pevney) – The man from the Alamo (Le déserteur de Fort Alamo) (Budd Boetticher) – The golden blade (La légende de l’épée magique) (Nathan Juran) – The Nebraskan (L’homme du Nebraska) (Fred F. Sears) – 1954  War arrow (À l’assaut de Fort Clark) (George Sherman) – 1954  Dangerous mission (Mission périlleuse) (Louis King) – Dragnet (La police est sur les dents) (Jack Webb) – 1955  Ten wanted men (Dix hommes à abattre) (Bruce Humberstone) – The bridges at Toko-Ri (Les ponts de Toko-Ri) (Mark Robson) – Seven angry men / God’s angry man (Charles Marquis Warren) – Chief Crazy Horse / Valley of fury (Le grand chef) (George Sherman) – Storm fear (Cornel Wilde) – 1956  Navy wife / Mother, Sir ! (Edward Berns) – 1958  Touch of evil (La soif du mal) (Orson Welles) – 1960  The gallant hours (Robert Montgomery) – 1966  Duel at Diablo (La bataille de la vallée du diable) (Ralph Nelson) – Way… way… out (Tiens bon la rampe Jerry !) (Gordon Douglas) – 1967  Gentle giant (Le grand ours et l’enfant) (James Neilson) – 1968  Mission Batangas (Dans l’enfer de Corregidor) (Keith Larsen) – 1970  A man called Sledge / Sledge (Un nommé Sledge) (Vic Morrow & Giorgio Gentili) – 1971  What’s the matter with Helen ? (Curtis Harrington) – 1972  Duel (Id) (Steven Spielberg, téléfilm distribué en salles) – 1977  Cry for justice (Bob Kelljan) – 1995  Two bits & Pepper (Corey Michael Eubanks) – 1997 Telluride : Time crosses over (Michael Eugene Carr) – 1998  Escape from wildcat canyon (Titre TV : Sauvetage à Wildcat Canyon) (Marc F. Voizard) – 2000  Submerged (Crash dans l’océan) (Fred Olen Ray) – Voxographie succincte : 1992  Earth and the American Dream (Bill Couturié, documentaire, récitant) – 2003  Home on the range (La ferme se rebelle) (Will Finn, animation).

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Guy Delorme

  Dans “L’âme damnée du cinéma français”

André Siscot s’interrogeait sur la probabilité de la disparition du comédien Guy Delorme, hélas il avait raison comme le confirme cette information trouvée sur le site Éditions Delcourt. Il serait mort fin 2005, dans la plus totale discrétion. On l’avait revu il y a  peu dans un documentaire de 5 minutes, issu du bonus du “Bossu” d’André Hunebelle, et intitulé “L’âme damnée du cinéma français”. Il y faisait preuve de beaucoup d’humour et en le voyant on songe au formidable “Don Quichotte” qu’il aurait pu camper. On se souvient de lui, souvent face à Jean Marais, dans des films de capes et épées. Éternel traître, et sournois d’anthologie, il avait toujours une petite lueur de folie dans le regard. Dans le rôle de Rochefort, homme de main de Mylène Demongeot en Milady de Winter, dans “Les trois mousquetaires” (Hunebelle 1961), ou en mafioso furibard dans “Fantômas contre Scotland-Yard” (Hunebelle, 1966), il composait toujours des méchants mémorables, gravés à jamais dans le souvenir des amateurs du “Cinéma de quartier”. Déplorons, encore une fois dans le lamento habituel, l’attitude du cinéma français pour ces grands excentriques. Si vous avez de plus amples informations, elles sont bienvenues.

img227/78/delorme2ex0.jpg Guy Delorme dans “Le majordome”

Filmographie  : 1950  Sous le ciel de Paris (Julien Duvivier) – 1956    Pardonnez nos offenses (Robert Hossein) – 1957  Love in the afternoon (Ariane) (Billy Wilder) – Feng zheng (Le cerf-volant du bout du monde) (Roger Pigaut) – 1959  Le bossu (André Hunebelle) – Austerlitz (Abel Gance) – 1960  Le capitan (André Hunebelle) – Fortunat (Alex Joffé) – Vive Henri IV, vive l’amour (Claude Autant-Lara) – Le capitaine Fracasse (Pierre Gaspard-Huit) – Le miracle des loups (André Hunebelle) – 1961  Les trois mousquetaires (en deux parties “Les ferrets de la reine” & “La vengeance de Milady” (Bernard Borderie) – Lemmy pour les dames (Bernard Borderie) – 1962  Les mystères de Paris (Bernard Borderie) – Le chevalier de Pardaillan (Bernard Borderie) – Rocambole (BernardBorderie) – 1963  Hardi ! Pardaillan (Bernard Borderie) – À toi de faire, mignonne ! (Bernard Borderie) – 1964  Coplan, agent secret FX 18 (Maurice Cloche) – Lucky Jo (Michel Deville) – Les gorilles (Jean Girault) – Le majordome (Jean Delannoy) – Le corniaud (Gérard Oury) – 1965  Furia à Bahia pour OSS 117  (André Hunebellle) – La sentinelle endormie (Jean Dréville) – Hotel Paradiso (Paradiso, hôtel du libre échange) (Peter Glenville) – (1966  Carré de dames pour un as (Jacques Poitrenaud) – Sept hommes et une garce (Bernard Borderie) – Fantômas contre Scotland Yard (André Hunebelle) – Les avanturiers (Robert Enrico) – 1967  J’ai tué Raspoutine (Robert Hossein) – Deux billes pour Mexico (Christian-Jaque) – Le fou du labo 4 (Jacques Besnard) – Les grandes vacances (Jean Girault) – 1968  Adieu l’ami (Jean Herman) – Sous le signe de Monte-Cristo (André Hunebelle) – The southern star (L’étoile du Sud) (Sidney Hayers) – Le cerveau (Gérard Oury) – Catherine, il suffit d’un amour (Bernard Borderie) – 1969  Mon oncle Benjamin (Édouard Molinaro) – L’ardoise (Claude Bernard-Aubert) – 1970  Le mur de l’atlantique (Marcel Camus) – Laisse aller… c’est une valse (Georges Lautner) – 1973  Les possédées du diable / Lorna l’exorciste (Jesus Franco) – 1974  L’important c’est d’aimer (Andrzej Zulawski) – 1975  L’intrépide (Jean Girault) – 1977  Das frauenhaus (Blue Rita/Le cabaret des filles perverses) (Jesus Franco) – 1978  Les filles du régiment (ClaudeBernard-Aubert) –Perceval le Gallois (Éric Rohmer) – 1979  Tegeran 43 (Téhéran 43 nid d’espions / Téhéran 43) (Alexandre Alov & Vladimir Naoumov) – 1980  The hostage tower (La tour Eiffel en otage) (Claudio Guzman, téléfilm diffusé en salles en France) – 1982  Les misérables (Roger Hossein) – 1983 On l’appelle catastrophe (Richard Balducci) – Le fou du roi (Yvan Chiffre) – 1984  Liste noire (Alain Bonnot) – 1986  La rumba (Roger Hanin).

Télévision (notamment) : 1963  Thierry La Fronde : Les compagnons à Paris (Pierre Goutas) – 1964   Beaucoup de bruit pour rien (Pierre Badel) – Bayard (Claude Pierson) – Thierry La Fronde : Le château mystérieux (Pierre Goutas) – 1965  Vergalade (François Chatel) – Gaspard des montagnes (Jean-Pierre Decourt) – Thierry La Fronde : Moi, le roi ! (Pierre Goutas) – 1966  D’Artagnan, chevalier du roi (Henri Carrier) – Corsaires et flibustiers / Les corsaires (Claude Barma, série TV) – 1970  Lancelot du lac (Claude Santelli) – 1971  Quentin Durward (Gilles Grangier, série TV) – Le voyageur des siècles (Jean Dréville) – À vous de jouer (Claude Cobast, série TV) – 1972  Les évasions célèbres : L’esclave gaulois (Jean-Pierre Decourt) – 1973  Joseph Balsamo (André Hunebelle, épisode 1) – La porteuse de pain (Marcel Camus, épisode 13) – Karatekas and Co : Mozart passe la mesure (Edmond Tyborowski) – 1974  Fracasse (Raoul Sangla, captation) – Schulmeister, l’espion de l’Empereur [épisodes “Un village sans importance”; “La dame de Vienne” & “Après les cent jours”] (Jean-Pierre Decourt) – La juive du château-trompette (Yannick Andréi) – 1976  Ces beaux messieurs de Bois-Doré (Bernard Borderie) – 1977  Richelieu (Jean-Pierre Decourt) – 1978  Sam et Sally : Lili (Nicolas Ribowski) – 1979  Le roi qui vient du sud (Marcel Camus & Heinz Schirk) – Au théâtre ce soir : La magouille (Pierre Sabbagh) – 1981  Vendredi ou la vie sauvage (Gérard Vergez) – 1982  Marcheloup (Roger Pigaut).

Mise à jour du 21/07/2009