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DOROTHÉE BLANCK PAR DOROTHÉE BLANCK

Dorothée Blanck dans “L’or du duc” de Jacques Baratier

Note du 4/02/2016 : Je suis très attristé d’apprendre la disparition de Dorothée Blanck sur la page facebook d’Agnès Varda Officiel : “Je considère que mon seul métier, c’était ni d’être une femme, ni une maîtresse, ni une mère de famille, mais une égérie.”
Dorothée Blanck vient de nous quitter : amoureuse dans “L”opéra-Mouffe” & modèle amie de Cléo dans “Cléo de 5 à 7” chez Varda, qui l’avait repérée en danseuse à la Cigale dans “Lola” de Demy. Sa gentillesse, sa bonne humeur, ses yeux de chat vont nous manquer…” Je garderai en mémoire le souvenir de cette femme lumineuse aux multiples talents. Merci à Frédéric Norbert

En navigant sur le web, en cherchant des informations sur “L’or du duc” de Baratier, je découvrais le blog de la comédienne Dorothée Blanck, Le journal d’une dériveuse, montrant ses qualités d’observations et d’écritures, aussitôt il figurait dans mes favoris. On retrouve aussi ses textes et beaucoup de documents sur son site.  Puis Agnès Varda nous donna de ses nouvelles, en la retrouvant avec Corinne Marchand dans l’un des formidables boni du DVD de “Cléo de 5 à 7”. Malicieusement, la réalisatrice lui fit redescendre la rue qu’elle arpentait dans le film, nommée… “Rue des artistes” à Paris. J’eu la bonne surprise de découvrir un jour un courriel de Dorothée après avoir fait une note sur “Cléo…”, film que j’estime énormément. Grâce à nos échanges qui suivirent, j’eu le temps d’apprécier les qualités humaines de cette personne et son grand talent de plume. Profitant de nos échanges, je lui ai proposé de commenter sa filmographie, remarquable s’il en est. Ce qu’elle fit volontiers avec modestie et faconde, en annonçant sur son blog “C’est plus amusant d’écrire sur commande, et cela règle les problèmes d’identité: Lira…Lira pas…”. S’il elle n’avait fait que “Cléo de 5 à 7” et les films de Jacques Demy, ça lui suffirait pour rester dans le coeur des cinéphiles. Mais le parcours de celle qui fut le modèle de Josef Von Sternberg pour une leçon de cinéma pour un documentaire d’Harry Kümel, est encore plus riche, et ainsi elle vous propose une réponse au court-métrage que lui a consacré Haydée Caillot “Qui êtes-vous Dorothée Blanck ?”, en 1987. Elle n’a pas finit de nous surprendre…

Longs-métrages :

1953 Les Enfants de l’amour, (Léonide Moguy)

De ce mélo avec une ravissante Etckika Choureau larmoyante, je ne me souviens que des seins de Nadine Tallier. J’étais danseuse aux Capucines où elle menait la revue avec son charme canaille de titi parisien. Nos lits étaient côte à côte dans un grand dortoir. Nous avions toutes la même blouse grise de l’orphelinat, il faisait très chaud sur le plateau, elle s’éventait, je pouvais donc voir sa gorge parfaite. En dehors de ça, Léonide Moguy avait un charme slave auquel je n’étais pas insensible.

1954 La Reine Margot, (Jean Dreville).

Quelques danseuses du Mogador avait auditionné pour danser une Pavane. J’adore ces danses anciennes où l’on ne fait que des grâces, des révérences.

1955 French Cancan, (Jean Renoir) (1)

“… J’avais 15 ans et je donnais tous les soir à Mogador quand Renoir est venu nous auditionner pour son film “French-Cancan”. Après avoir vu toutes les danseuses de Paris, il en a retenu 24, je faisais partie du lot… Sur les 24, il y en avait 4 qui jouaient un petit rôle. Je faisais aussi partie des 4, mais j’ignorais tout de mon rôle. Je l’ai apris par le régisseur qui m’a annoncé que je devais tourner une scène nue dans un tub, j’étais mortifiée, mais de peur d’être renvoyée je n’ai pas osé dire non. (…) Il n’y a pas eu de scène du tub. Le jour du “costume”, c’est-à-dire, le jour de la scène, j’ai vu Renoir et je lui ai avoué que cela me gênait beaucoup car j’étais une vraie “Jeune fille”, et je me gardais pour l’homme que j’aimerais ! Il a dit : “O.k., je comprends, tu danserais dans le balais” (…) L’atmosphère était joyeuse et bon enfant. Comme nous avions toutes le même costume, Renoir craignait d’avoir oublié de nous dire “bonjour”. Alros, toute la journée, il nous retournait en disant : “Toi, je t’ai dit bonjour !” et il nous embrassait de nouveau, ce qui d’ailleurs nous ravissait car nous étions bien entendue amoureuse de lui (…) Il était d’une politesse exquise, et dès qu’une femme entrait dans le studio ou à la cantine, il se levait pour la saluer. Mais sa courtoisie ne s’adressait pas qu’aux femmes. Pour saluer un machiniste, il traversait le plateau s’il le fallait…

1956 Elena et les hommes , (Jean Renoir) (1)

“Je me souviens que les figurants étaient presque au nombre de mille. Il était impossible aux principaux acteurs d”étre dans le champ de la caméra et l’opérateur, son fils Claude le lui a signalé. Alors Renoir a pris un porte-voix et s’est adressé à la foule des figurants qui encombrait le champ car tout le monde rêve d’être du film. “Vous êtes tous des artistes”, leur a-t-il dit, “Alors, faites les choses comme vous le sentez, bougez, embrassez-vous, courrez, sautez”. Et le miracle s’est produit. Tous les figurants étaient tellement émus, qu’ils n’on plus encombré le devant du plateau sauf dans les limites qu’il fallait, et Renoir a pu filmer ses acteurs…

1959 Enigme aux Folies Bergère, (Jean Mitry).

J’ai rencontre Jean Mitry qui était alors critique de cinéma dans un cinéma d’art et essai que Jacques Loew fréquentait. Il en avait lui même été un certain temps le directeur. Nous avons tourné cette scène d’une loge de danseuses en train de se préparer au spectacle Aux Bouffes Parisiens, joli théâtre à l’italienne.

1960 Une femme est une femme, (Jean-Luc Godard)

Jean-Luc Godard avait vu Opéra Mouffe de Varda, il a imaginé me faire faire un pastiche de Belmondo dans à bout de souffle en streaptiseuse avec l’imper et le chapeau melon de celui-ci, en dessus j’avais un collant entier vert. Mais le temps a manqué pour cette improvisation, Godard tournait avec Anna Karina de jour dans une petite boite de nuit de Pigalle. Alors, il a demandé à Agnès de lui donner un plan de son film avec moi nue. C’est ainsi que je figure de dos dans la scopitone que regardent Jean paul Belmondo et Jacques  Brialy.

1961 Lola, (Jacques Demy)

Jacques Demy accompagnait Agnès Varda dans la rue, elle m’a présentée à lui et proposé de danser dans le film de celui-ci qui serait tourné à Nantes. J’ai tout de suite dit oui! Comme le costume que l’on me montrait au studio lors d’essai n’était pas particulièrement sexy, je me suis acheté une guépière et je l’ai agrémentée de bas résilles noirs et d’une rose sur une jarretière, mon cachet y passait mais c’était pour la gloire, nous étions une demi-douzaine de danseuses je voulais me démarquer. Quand arrivées à l’hôtel on nous a demandé de mettre nos costumes pour nous présenter à Demy, j’ai plaqué mes mains sur les hanches et bombé la poitrine. Agnès toute petite se trouvait là. J’ai demandé à la costumière ce qu’elle faisait là: “Comment, tu ne sais pas, C’est la femme de Jacques!” Génée, j’ai rengorgé mes avantages. Avec le charleston en musique de fond, cela a été un plaisir de tourner durant huit jours. Anouk Aimée fait partie de mon phantéon d’actrice et Corinne Marchand en simple collant noir et chapeau claque faisait rêver. Ce film est un bijou… 

1961 Cléo de cinq à sept, (Agnès Varda)

Agnès Varda, pendant que son mari tournait, elle écrivait Cléo. J’ai dû apprendre à conduire, je m’y suis reprise à deux fois avant d’avoir le permis, sinon je ne pouvait tourner ce rôle de modèle, métier que je pratiquais à l’époque. Les étrangères, sans carte de travail avait cette ressource pour vivre, dans les ateliers le massier passait avec un chapeau à la fin des poses pour rétribuer le modèle. Retrouver la superbe Corinne qui grande, généreuse, et très directe me traitait comme une petite soeur était aussi un plaisir. Mes scènes préférées sont celles où elle répète avec ses musiciens Serge Korber et Michel Legrand. Je revois le film il n’a pas pris une ride.

1962 Il segno del vendicatore, (Roberto Mauri)

Roberto Mauri, quand les cancans allaient bon train :”Voilà les concierges de la culotte! Il faut dire que nous étions à Gubbio, une petite ville moyennageuse tenue par les curés. Le moindre écart de conduite, la permission de tourner dans les lieux était otée. Pour ma part, j’étais sage comme une image car amoureuse d’un amant resté à Paris. Et puis l’équipe sicilienne n’otait pas son chapeau lors des repas et faisaitmine d’ignorer la gente féminine. La production ne donnait que des bouts de pellicules, si bien que ne sachant jamais le métrage qu’il y avait dans le magasin, il fallait retourner la scène sans savoir si l’on arriverait au bout; J’étais assignée à résidence avec mon passeport polonais, je devais me présenter chaque semaine au consulat à Rome; Quand quelqu’un est venu me proposer de jouer Maris-Madeleine, j’ai voulu d’abord retrouver Paris.

1962 Le Vice et la vertu, (Roger Vadim)

Roger Vadim Vadim lui aussi avait vu le court- métrage de Varda, il m’a convoquée ainsi que plusieurs vestales, filles enlevées par des allemands pour leur plaisir dans un chateau fort. A la cantine du studio Robert Hossein usait de son charme slave. Il m’a regardé: “Toi, je ne te fais pas la cour tu ne me croirais pas!” Vadim est un seigneur, il nous mettait sur le planning même s’il n’était pas sûr de nous faire tourner, c’est la seule fois où j’ai gagné de l’argent, manque de pot, je n’avais pas le temps de déposer mon cachet à la banque, à l’époque on recevait des enveloppes en liquides, un photographe indélicat hébergé par mon partenaire s’est chargé de me délester.

1963 Les Parapluies de Cherbourg, (Jacques Demy)

Jacques Demy à toujoujours fait référence dans tous ses films aux personnages des précédents, c’est ainsi qu’il m’a permit de remettre ma guépière dans une boite de nuit à Cherbourg.

1963 Le Journal d’un fou, (Roger Coggio)

J’avais vu Roger Coggio dans sa prestation au théâtre, génial. Je l’avais rencontré dans les couloirs du Trocadéro lorsqu’il jouait pour Vilar, moi, j’étais élève au Cours Dullin. Pour le film, il a voulu visualisr les personnages avec lesquels il dialoguait dans sa folie, nous étions donc des comparses muets. Sa mégalomanie a fait qu’il n’a mit personne au générique, les techniciens lui en ont voulu et le film a quitté l’affiche jusqu’à ce qu’il fasse un générique. Un an a passé, le film n’a plus été distribué en France, ma mère l’a vu au Canada

1964 Ces dames s’en mêlent, (Raoul André)

C’est Serge Valin, connu lors de French Cancan,le plus réputé des premiers assistants qui m’encourageait face à Eddy Constantine,  ” Soit plus chatte! Encore plus chatte!” J’en ai tellement fait que je n’ai jamais osé aller voir le film de Raoul André.

1965 L’Or du duc, (Jacques Baratier)

Je n’avais pas de rôle dans l’Or du Duc, Baratier filmait des gags au fur et à mesure qu’il les trouvait au bistrot le soir, cela se rajoutait sur le plateau, le producteur fâché lorsqu’il m’y  voyait: Vous avez encore passé la soirée avec Baratier, vous allez  finir par  me couter cher! Une fille qui se douche dans un immeuble en construction et qui reçoit le jet des laveurs de vitres; Une malle offerte par Jacques Dufilho vient des Indes pour le maharaja joué par Pierre Brasseur, une  femme nue est dedans; Puis je fais la danse du ventre déguisée en  indienne toujours pour Pierre Brasseur lequel meurt du coeur; Une soirée parisienne très snob avec Dutilho j’ai une perruque et un costume 1920; Une jeune fille à vélo double un autobus dans lequel se trouve Claude Rich, Monique Tarbès et leur famille dans le film, ainsi qu’une belle  passagère Elsa Martinelli. Jacques Baratier voulait un petit personnage multiple à la Helsapoppin qui n’a rien à faire dans le scénario mais apparait et disparait.

1965 La Métamorphose des cloportes, (Pierre Granier-Defferre)

Je ne sais plus comment j’ai atterri sur ce plateau, je crois que le journaliste avec qui je vivais alors, Gilles Durieux, connaissait le metteur en scène. Lorsque celui-ci à demandé à Lino Ventura sur qui il fallait rester à la fin du plan,celui-ci a répondu: “Sur la petite bien sûr!” Ma soeur qui n’a fait aucune remarque sur ma courte prestation était jalouse que j’ai pù approcher Lino Ventura…

1965 Pleins feux sur Stanislas, (Jean-Charles Dudrumet)

Je me souviens que j’ai complètement occulté ce film car Jacques Sternberg y jouait son propre rôle d’auteur dramatique. Dans la loge il y avait une petite blonde très sexy dans ses cuissardes sur des jambes grêles et une grosse bouche. J’ai tout de suite su que je serais cocue. Sternberg a disparu puis est venu me trouver: “laissez-moi encore une quinzaine, voir si j’en ai toujours envie!” Je n’ai jamais disputé le bout de gras, j’ai pris mes cliques et mes claques et suis partie travailler en Suisse.

1965 Lady L, (Peter Ustinov)

C’est Margot Cappelier qui faisait les beaux jours du casting des petits rôles pour les films américains tournés en France à l’époque.Toujours une floppée de starlettes pour un boxon célèbre Le One….. Catherine Allégret était si belle à seize ans, un vrai Renoir, j’en étais jalouse. et Peter Ustinov :  “De toi, je ne connais que le dos!”  Ces dames se disputaient les créneaux devant la caméra en plan américain, je n’avais pas envie de me battre. Je me disais qu’un comédien doit être bon de dos.

1967 J’ai tué Raspoutine, (Robert Hossein)

Robert Hossein rencontré sur le plateau “Du Vice et de la Vertu” m’a fait l’honneur d’interprêter le Tsarine qui acceuille Gagliostro. Au cinéma, je n’ai pas vu passer la scène, peut-être y a t-il eu des coups de ciseaux au montage!

1967 Les Demoiselles de Rochefort, (Jacques Demy)

Toujours par réminiscence, Demy m’a fait descendre à Rochefort pour dire une seule phrase à Gene Kelly:” Vous avez de la chance”! Celui ci n’a pas voulu me faire cadeau du plan, il se retournait comme un danseur et j’étais de trois-quart dos. Alors Demy me dit :” Tu t’en va lentement en arrière, en le regardant! Comme ça je t’aurais dans le champ! En bon professionnel,  Kelly me dit: “Chérie, tu n’es pas gentille!” Alors, j’ai lâché, je suis partie droit devant moi, tel un soldat. Il m’a remercié par un baise main:”tu dines avec moi, ce soir? -Non! Je reprends le train!” Quand je pense qu’en le voyant à l’écran je le trouvais si sexy… Lors d’une projection privée, François Chalais qui était devant moi s’est retourné ” Excusez-moi Dorothée, j’ai éternué, je ne vous ai pas vu passer!”

1969 A Quelques jours près, (Yves Ciampi)

Je me souviens avoir fait des essais, Corinne Marchand qui avait refusé cette épreuve à eu le rôle. Le lendemain l’assistant m’a téléphoné, que je ne l’apprenne pas par les journaux, j’ai ri, “Au moins, avec votre franchise on pourra se dire bonjour lorsqu’on se rencontrera dans la
rue!” (c’était Yves Boisset) Je ne me souviens de rien d’autre.

1969 Une Femme douce, (Robert Bresson)

Je suis une infirmière qui soigne Dominique Sanda dans le fond du décor derrière un paravent. Bresson m’a mise au générique, comme nous n’étions que trois en tout, tout le monde a pensé que j’avais eu un grand rôle et qu’il avait été coupé.

1970 Peau d’âne, (Jacques Demy)

Je vais finir par croire que j’étais sa mascotte, ce qu’il avait dit
lorsqu’il m’a fait venir pour Les Demoiselles.

1971 Hellé, (Roger Vadim).

( Je ne sais plus quoi!)

1993 La lumière des toiles mortes, (Charles Matton).

Le titre est si triste, j’ai eu peur pour son impact commercial. Toujours le plan
unique, j’ai été la femme d’un seul plan dans les grands films, et j’avais
le rôle titre dans les courts-métrages…

2001 Tanguy (Étienne Chatiliez)

Ils ont demandé à des habitués de la “Brasserie Lipp” de figurer, nous avons été payés comme figurants, j’ai vu le film, je ne suis pas dans le champ.

Les herbes folles (Alain Resnais, 2008)

Rôle d’une passagère

Jours de France (Jérôme Reybaud, 2015)

Court-métrages :

L’Opéra-mouffe, (Agnès Varda 1957)

Agnès Varda cherchait” un nu froid” Le contraire d’une” streepteaseuse”, elle est allé voir du côté des peintres. Je posais dans l’atelier de Roederer à la grande Chaumière, il m’a présentée; je venais de voir le film d’Ingmar Bergman “Elle n’a dansé qu’un seul été” J’avais été très émue par la les deux amoureux dans l’herbe.” Est-ce que ce sera aussi pur? – Ce ne sera pas pareil mais aussi pur que ça! m’a répondu Agnès Varda.”  Pour les scènes de lit avec José Varela, Agnès nous a demandé: “Vous êtes des dauphins, retournez-vous l’un sur l’autre en jouant comme eux!”

Fabliau, (Annie Tresgot 1957)

Une bleuette tournée au bois de Boulogne avec deux amoureux. Annie, beaucoup plus tard a fait un très beau documentaire sur l’école de Strasber- Kasan. C’est une leçon extraordinaire de voir ces vedettes Hollywoodiennes se ressourcer au milieu de débutants.

La leçon de beauté, (Fernand Aubry 1961)

Un documentaire sur le maquillage et les masques. à force de m’épiler, j’ai perdu mon côté sauvageonne et pris dix ans d’âge. Aubry voulait une image à la Hollywood. Heureusement, Agnès a mit le “holla!” pour le rôle de modèle de peintre dans ” Cléo de cinq à sept”. Le plaisir que j’ai eu a été de présenter les masques en improvisant des attitudes pour les photographes italiens dans les arenes. On se sent protégé derrière un masque,on ose tout.

Concerto pour violoncelle, (Monique Lepeuve 1962)

J’étais une jeune fille qui passe par tous les trous des instruments de musique, façon de présenter ceux-ci; le film a été à Locarneau, je n’ai rien vu, ce que c’est que de jouer les passe-muraille.

Coup de feu à 18h, (Daniel Costelle 1962)

Oui, c’est ce polar que j’ai joué avec l’acteur américian parisien Jess Hann, scénarisé par Philippe Labro.

L’Annonciation, (Philippe Durand 1963)

Philippe revenait de la guerre d’algérie, il était légèrement subversif et dénonçait “les barres, cités dortoirs” Il m’avait enduite de glaise, ne permettant plus qu’un cri. On s’est fai huer au festival de Tours.  Jean-Claude Averty avait aussi fait les frais de cette vindicte avec “Les petits vieux de Nanterre.” Nos retraités étaient filmés lors d’une sortie du samedi, revenant à la maison de retraite passablement éméchés, tentant encore de bousculer leurs camarades féminines dans le fossé avec le litron sous le bras. Cela a été un tollé.

Plus qu’on ne peut donner, (François Chevassu – Claude Aveline 1963)

Une jeune fille aime un jeune homme joué par Gilles Durieux mon partenaire à la ville comme à l’écran à ce moment là. Le jeune homme porte un masque qu’il refuse d’enlever avant le mariage, demandant une pleine confiance à sa fiancée. Celle-ci craque, le garçon se suicide, elle enlève le masque pour voir le pur visage de son futur, intact de tout tare.

Le producteur, Bromberger voulait faire tourner sa femme, le réalisateur a résisté, le film à été gelé.

Le Maître, (Paul Carotti, 1963)

C’est le scénario d’un écrivain Jacques Cousseau qui joue son propre rôle. Il avait écrit chez Gallimard, “le chien gris”

La Folie avec Jacques Dufilho (Éric Duvivner, film d’entreprise) 1964

Nous avons tourné cette histoire de stop sur les routes du Midi, une femme prend plusieurs fois Dufilho dans sa voiture, à chaque fois, celui-ci joue une autre forme de folie, c’était une démonstration pour des médecins. J’ai été surprise et charmée par le raffinement de cet acteur. Mais lors des prises, comme tout comique, tant qu’il n’avait pas fait rire sa partenaire, il se jugeait mauvais, et quand je riais, je ne pouvait pas être à l’écran… Visible sur Canal-U

Entends-tu la mer ?, (Jacques Rouland 1966)

Je ne sais pourquoi, Rouland qui est un grand marchand d’art a refusé de me donner la fiche technique, il préfère oublier cet épisode. A Etretat, sur le haut de la falaise, je devais simuler une femme prête à se suicider, l’assistant, couché au sol, me retenait par les chevilles afin
que je ne m’envole pas par le vent, la caméra placée en contre bas  sur le sable.

Faire quelque chose, (César Polognio 1966)

Je venais de quitter le domicile conjugal, ce jeune portugais m’a hébergée dans sa mansarde, sous prétexte de calins du matin, il fouinait sous mon oreiller et finissait par: tu n’aurais pas un ticket de métro?

L’Espace vital, (Patrice Leconte 1969)

Bruno Nuytten qui avait tourné pour Jacques Ledoux (cinémathèque belge) le reportage sur le tournage de von Sternberg m’a présenté à Patrice Leconte. je n’ai jamais vu le film, le réalisateur n’en à guère de copie, à cette époque, il n’y avait pas de cassettes, les tirages coutant chers, seul le producteur détenait la pellicule et partait avec en cas de faillite, c’est pour ça qu’il n’y a pas de témoignages des courts tournés dans ce temps là. J’en ai tournés 26, et les trois-quart, je ne les ai jamais vus.

Pour que Jeanne et Pierre, (René Gilson 1984)

Je ne sais même pas si Gilson a fait tirer ce film au labo.

Qui êtes-vous Dorothée Blanck ?, (Haydée Caillot 1987)

Nous avions fait notre stage de montage au studio Eclair, ensemble avec Haidée. Nous courions avec les bobines dans les couloirs pour satisfaire l’étalonneur vedette Pierre…qui riait des facéties d’Haidée laquelle en bonne marseillaise avait une tchatche redoutable. Quant on a tourné ensemble, on a moins rit, Sternberg me disait: “Elle veut que vous soyez née d’elle!” C’est toujours un rapport de force entre le créateur et sa créature, et je ne me suis jamais laissée faire même par mes amants aimés, alors avec les femmes…
( Documentaire de fiction, 27mn)

L’Anniversaire de Paula, (Haydée Caillot 1993)

C’est Eric Rhomer qui a produit le film d’Haidée, il avait été interessé par le premier. J’ai adoré tourner dans le froid, le vent, c’est salvateur.

François vous aime, (Frédéric Tachou 1993)

Frédéric Cousseau était copain de Tachou. C’est le grand-père âgé de 80 ans de l’autre Frédéric qui à acceuilli toute l’équipe du petit-déjeuner au souper, nous faisant la tambouille, j’étais sous le charme, je l’aidais pour la vaisselle.

Commerce, (Philippe-Emmanuel Sorlin 1998)

Personnage troublant et pervers que ce Sorlin, impossible de communiquer, sauf s’il a besoin de vous charmer, comme beaucoup de metteurs en scène qui ne s’embarrassent pas de vos désiratas.

Problèmes de hanche, (Frédéric Tachou 2003)

Tachou s’est inspiré de la vie de deux comédiennes, l’une ancienne bourge et l’autre toujours bohémienne, nous avons joué nos rôles sur l’écran comme dans la vie.

Première prise, kino de Christian Laurence, Festival Off-Court Trouville 2004 avec Christian Cardon

2 femmes, kino de Jean Antoine Charest, Festival Off-Courts Trouville 2005), avec Lucie Muratet

Cléo de 5 à 7 : Souvenirs et anecdotes (Agnès Varda, bonus DVD, 2005)

Les petits sablés (Cloé Micout) (Kino off-courts Trouville, 2006), avec Diane Dassigny et Dorothée.

La mort vous aime aussi, (Simon Laganière & Carol Courchesne-Marco Andréoni – Documenteur Trouville 2007) visible sur MySpace

Une fois de plus (Sandra Coppola, 2009) visible sur MySpace

Voyageuse (Sergueï Vladimirov, 2010) visible sur MySpace

Naufragée (Juliette Chenais, 2010)

7 kinos, cuvée 2011, à Off-Courts -Trouville :

Quelques premières fois (Kristina Wagerbauer, 2011)

Contaminés (Dorothée de Silguy, 2011)

La méthode du docteur Blousemental (Anne Revel, 2011)

À tous mes Jules (Émilie Rosas, 2011)

Tiamoti kino (Alexis Delamaye, 2011)

Sois belle et tais-toi (Sido Nie, 2011)

Excuse(s)-moi (Stephen Morel-Mogan, 2011)

Red Tales : Mad Tales (Hugues Fléchard, 2012)

La fin de la pellicule (Laetitia Lambert, 2014)

Fantômes (Ariane Boukerche, 2015)

Télévision :

Le Mariage de Figaro (Marcel Bluwal, 1961)

Télé mon droit et Décor pour un auteur (1966)

Leçon d’éclairage, Joseph von Stenberg (RTF) 1968 (repris dans l’émission “Cinéma, Cinéma” de Michel Boujut, en 1985)

Les dossiers de Jérôme Rendax : Pola, (Jean-Paul Carrère 1966)

Anna, (Pierre Koralnik, 1967) (Comédie musicale de Serge Gainsbourg)

(1) Sur Jean Renoir : extraits d’un article de “Ouest-France”, propos confiés à Dominique Wallard.

MORT D’YVONNE DE CARLO

Annonce de la mort, lundi dernier d’Yvonne de Carlo, à Los Angeles à l’âge de 84 ans. Son rôle le plus célèbre reste celui de “L’esclave libre” (Raoul Walsh, 1957), une femme métisse, vendue comme esclave à Clark Gable, qui l’affranchit. Une grande sensualité du cinéma américain, fidèle à un certain “cinéma de quartier”. Jean-pierre Coursodon et Bertrand Tavernier n’était pas très tendre avec elle dans “30 ans de cinéma américain ” : “… Une beauté réelle, bien qu’un peu vulgaire, une volonté évidente, un certain talent de chanteuse et finalement une carrière assez médiocre. Peu de metteurs en scène surent exploiter ses possibilités érotiques et sensuelles… “. Cette canadienne née le 1 septembre 1922, à Vancouver, Colombie-britannique, Canada, arriva à Hollywood, en 1941, après avoir obtenu un prix de beauté à Venice Beach. Elle y fait essentiellement des silhouettes, après la signature d’un contrat avec Paramount. C’est avec Universal qu’elle devient une vedette en incarnant “Salomé”. A l’aise des les films historiques elle fut Séphora, la femme de Moïse joué par Charlton Heston, dans “Les dix commandements” (Cecil B. De Mille, 1956). Elle connut un regain de popularité en interprétant à la télévision Lily Munster, la mère vampire, dans “The Munters” / “La famille Addams”, de 1964 à 1966, aux côtés de Fred Gwynne. Pour la petite histoire, elle avait accepté ce rôle pour payer les frais médicaux de son mari, le cascadeur Bob Morgan, qui fut grièvement blessé sur le plateau de “La conquête de l’Ouest” (1963). Elle termina sa carrière dans quelques séries B horrifique, son couple de fermier diabolique avec Rod Steiger dans “American’s horror” qui semble jouir d’une certaine réputation. Elle avait obtenu pour ce film selon IMDB, le seul prix de sa carrière, dans le festival de film fantastique de Rome, “Fantastival”, en 1988. On retiendra son apparition dans le curieux remake de John Landis en 1991, de la pièce de Claude Magnier pour “Oscar”, où elle incarnait la tante de Sylvester Stallone. Elle avait signé avec Doug Warner, son autobiographie “Yvonne” en 1987). New York: St. Martin’s Press, 1987. C’était en définitive une bonne actrice de l’âge d’or du cinéma américain. Il serait vain de réduire statut à sa seule beauté exotique et à son glamour. A voir les photos de Briansriveintheather, et à lire également le l’excellent blog à son sujet: Les légences du cinéma.  Annonce également de la mort du producteur Carlo Ponti.

Bibliographie : “Stars N°22” (Printemps 1995)

Filmographie : 1941  I look at you (CM) – Harvard, here I come! (Lew Landers) – 1942 King of the campus (Del Lord, CM) – This gun for hire (Le tueur à gages) (Frank Tuttle) – The lamp of Memory (CM) – Youth on parade (Albert S. Rogell) – Road to Morocco (En route vers le Maroc) (David Butler) – Lucky Jordan  (Jordan le révolté) (Frank Tuttle) – 1943 The crystal ball (La boule de cristal) (Elliott Nugent) –  Rhythm parade (Howard Bretherton) – Salut for three (Ralph Murphy) – True to life (George Marshall) So proudly we hail !  (Les anges de miséricorde) (Mark Sandrich) – For whom the bell tolls (Pour qui sonne le glas) ( Sam Wood) – Let’s face it (Sidney Lanfield) – The deerslayer (Lew Landers) – 1944  Standing room only (L’amour cherche un toit) (Sidney Lanfield) – The story of Dr. Wassell (L’odyssée du docteur Wassell) (Cecil B. DeMille) – Kismet (Id) (William Dieterle) – Rainbow island (Lona la sauvageonne) (Ralph Murphy) – Here come the waves (La marine en jupons) (Mark Sandrich) – Practically yours (Mitchell Leisen) – 1945  Bring on the girls (L’or et les femmes) (Sidney Lanfield) – Salome, where she danced (Salomé) (Charles Lamont) – Frontier gal (La taverne du cheval rouge) (Charles Lamont) – 1947  Song of  Scheherazade (Shéhérazade) (Walter Reisch) – Brute force (Les démons de la liberté) (Jules Dassin) – Slave girl (La belle esclave) (Charles Lamont) – 1948  Black Bart (Bandits de grands chemins) (George Sherman) – Casbah (John Berry) – River lady (Le barrage de Burlington) (George Sherman) – 1949  Criss cross (Pour toi, j’ai tué) (Rohert Siodmak) – Calamity Jane and Sam Bass (La fille des prairies) (George Sherman) – The gal who tock the West (La belle aventurière) (Frederick De Cordova ) – 1950  Buccaneer’s girl (La fille des boucaniers) (Frederick De Cordova) – The desert hawk (L’aigle du désert) (Frederick De Cordova) – Tomahawk  (La révolte des Sioux) (George Sherman) – 1951  Hotel Sahara (Hôtel Sahara) (Ken Annakin) – Silver City (La ville d’argent) (Byron Haskin) – 1952  The San Francisco story (La madonne du désir) (Robert Parrish) – Scarlet angel (Une fille à bagarres) (Sidney Salkow) – Sea devils (La belle espionne) (Raoul Walsh) Hurricane Smith (Maître après le diable) (Jerry Hooper) – Sombrero (Id) (Norman Foster) – 1953  The captain’s Paradise (Capitaine Paradis) (Anthony Kimmins) –  Fort Algiers (Fort Alger) (Lesley Selander) – Border iver (Les rebelles) (Vincent Sherman) – 1954  Happy ever after (Héritage et vieux fantômes)  (Mario Zampi) – Passion (Tornade) (Alan Dwan) – La contessa di Castiglione (La Castiglione) (Georges Combret) – 1955  Shotgun (Son dernier combat) (Lesley Selander) – Magic fire (Feu magique) (William Dieterle) – Flame of the islands (La femme du hasard) (Edward Ludwig) – 1956  Death of a scoundrel (Les amours d’une canaille) (Charles Martin) –  The ten commandments (Les dix commandements) (Cecil B. DeMille) – Raw edge (La proie des hommes) (John Sherwood) – 1957  Band of angels (L’esclave libre) (Raoul Walsh) – 1958  La spada e la croce / Mary Magdalene (L’épée et la croix) (Carlo Ludovico Bragaglia) – 1959 Timbuktu (Tombouctou) (Jacques Tourneur) – 1963  McLintock ! (Le grand McLintock) (Andrew V. McLaglen) – Law of the lawless (Condamné à être pendu (William F. Claxton) – 1964  A global affair (Jack Arnold) – Tentazioni proibiti (Voluptés diaboliques) (Osvaldo Civirani) – 1966  Munster, go home (En Belgique : “Frankenstein et les faux-monnayeurs”) (Earl Bellamy) – 1967  Hostile guns (R.G. Springsteen) – The power (La guerre des cerveaux) (Byron Haskin) – 1968  Arizona bushwhackers (Les rebelles de l’Arizona) (Lesley Selander) – 1970  The delta factor (Opération traquenard)  (Tay Garnett) – 1971  The seven minutes (Russ Meyer) – 1974  Fuego negro  (Raúl Fernández) – 1975  Blazing stewardesses / Cathouse callgirls (Al Adamson) – Won Ton Ton the dog who saved Hollywood (Michael Winner) – 1976  La casa de las sombras / House of shadows (Ricardo Wullicher) – It seemed like a good idea at the time ( John Trent) –  1977  Satan’s cheerleaders (Greydon Clark) – 1978  Granddaughter of Dracula (Nocturna) (Harry Hurwitz) – Silent scream (Le silence qui tue) (Denny Harris) – 1979  Guyana : Crime of the century (La secte de l’enfer)  (René Cardona Jr.) – The man with Bogart’s face  (Détective comme Bogart) (Robert Day) – 1981  Liar’s moon (Le challenger) (David Fisher) – 1982  Class reunion / National lampoon’s class reunion (Michael Miller) – Play dead / Satan’s dog (Peter Wittman) – 1983  Vultures in paradise / Flesh and bullets (Paul Leder) – 1984   Flesh and bullets (Efraim Tobalina) – 1987   American gothic (John Hough) – 1988  Cellar dweller (John Carl Buechler) – 1989  Mirror, mirror (Marina Sargenti) – 1991 Oscar (L’embrouille est dans le sac) (John Landis) – 1992  The naked truth (Nico Mastorakis) – Desert kickboxer (Isaac Florentine) – 1993  Seasons of the heart (T.C. Christensen).

MON MEILLEUR AMI

Est-ce un effet post blues d’avoir traversé les inévitables fêtes de fin d’années sans trop d’ambages, mais “Mon meilleur ami” dernier avatar de Patrice Leconte est une excellente surprise. Cette comédie teintée d’amertume évite la mièvrerie. Je dois confesser avoir un peu décroché de ses derniers films – depuis “Ridicule” en fait. Le cinéaste inventif du “Mari de la coiffeuse”  me semblait s’être un peu dévoyé, pour avoir signé trop de pubs sans doute, dans un glacis général. Les bronzés 3 finissait par nous décourager à son propos, d’autant plus que la polémique à son sujet à propos des critiques semblait l’avoir affecté. L’histoire sans être très originale, on finit par traîner les pieds après avoir vu la bande-annonce, surtout que Daniel Auteuil semblait sérieusement faire avoir mon d’exigences ces derniers temps – jetons un voile pudique sur “Son Napoléon et moi” pantalonnade assez sinistre – . Mais on retrouve une écriture assez ciselée, grâce à Jérôme Tonnerre on peut le supposer. François Coste – Daniel Auteuil, probant -, un marchand d’art qui ne laisse que peu de place à ses émotions, après un enterrement, discute avec son associée, Catherine – lumineuse Julie Gayet, dont on apprécie toujours la subtilité de son jeu – et des amis, sur le nombre de présents à ses propres funérailles. L’homme étant assez antipathique, il fait le pari stupide avec elle de trouver en 10 jours son meilleur ami. Un vase grec de grand prix, que convoite un producteur de TV déterminé – Henri Garcin, épatant – est l’enjeu de son pari. Il délaisse comme à l’accoutumée sa maîtresse discrète – Elizabeth Bourgine que l’on a plaisir à revoir – et sa fille, qui refuse de soigner son asthme – Julie Durand, la révélation du film “Du poil sous les roses” -.

Daniel Auteuil & Julie Gayet

Malgré son tempérament affairiste est ombrageux, il finit par se lier avec un chauffeur de taxi loquace et un peu cuistre féru de culture – Dany Boon, qui impressionne par son jeu, entre drôlerie et émotion, définitivement un grand comédien -. On se laisse très vite prendre par l’histoire, inversant la célèbre phrase de Jean Cocteau “Il n’y a pas d’amour, il n’y a que des preuves d’amour”. Patrice Leconte garde le cap, il est même admirable de voir comment il fait naître une tension, avec l’utilisation casse-gueule d’une célèbre personnalité de TF1, dans une partie du film – la polémique sur le fait que TF1 soit co-producteur du film me semble assez vaine – Il y a un soin particulier aux  – seconds rôles, habitués ou non de l’œuvre  du cinéaste, ce qui se perd un peu dans les comédies actuelles de Jacques Mathou et Marie Pillet touchants en  parents attentifs de Bruno , Jacques Spiesser en marchand d’art cinglant, Anne Le Ny et Pierre Aussedat en sélectionneurs perplexes, Marie Mergey en veuve blessée, Andrée Damant en passagère bretonne et alerte, Philippe du Janerand irrésistible “ami d’enfance” marié à Fabienne Chaudat, Etienne Draber en orateur, le désormais incontournable Eric Naggar – présent de plus en plus sur les écrans, en bigleux timide, soit un grand nombre de nom à rajouter à la fiche d’IMDB du film. Pour faire allusion aux sinistres “Bronzés 3” , félicitons-nous de voir que Patrice Leconte ait retrouvé sa petite flamme.

Natalie Perey, muse rollienne

Armel de Lorme nous propose son troisième hommage après ceux de Nicole Régnault et  Marie-France : Nathalie Perrey, que les amateurs de Jean Rollin connaissent bien, avec son érudition habituelle. Son indispensable ouvrage “http://www.aide-memoire.org/” coucourt au prix du Syndicat du Livre de Cinéma. C’est aussi lui qui nous apprend sa mort dans une grande discrétion le 25 mars 2012. A lire son entretien chez Medusa.

NATALIE PERREY PAR ARMEL DE LORME.

Depuis bientôt quarante ans et presque autant de films, le parcours professionnel de Natalie Perrey se confond pour l’essentiel avec celui de Jean Rollin, dont elle est la complice de prédilection plus encore que l’égérie. Tantôt première assistante, tantôt script-girl, tantôt monteuse, tantôt costumière, et parfois les quatre à la fois (1), parfaite incarnation au final du concept d’éminence grise mais préférant de très loin l’expression – moins connotée – de « travailleuse de l’ombre », elle reste paradoxalement, devançant d’une courte tête Brigitte Lahaie, la comédienne que le « cinéaste bis » par excellence a le plus fréquemment utilisée face à la caméra. Les apparitions se suivent et ne se ressemblent pas, qui vont du plan quasi subliminal (Fascination, 1979) aux grands seconds (Les Deux Orphelines vampires, 1995) et troisièmes (La Nuit des Traquées, 1979) rôles, de la silhouette furtive (La Rose de fer, 1972) à la composition de tout premier plan (Lèvres de sang, dont elle est, bien plus que la « tête d’affiche » Annie Brilland, future Annie Belle, la véritable vedette, 1974). Lorsque pour les besoins du scénario, le port de la voilette ou de la cornette dissimule son visage, on peut toujours la reconnaître au seul son de sa voix, à la fois douce et légèrement voilée, évoquant par instants celle de Suzanne Flon. La pureté de ses traits, la grande sérénité qui émanent d’elle la vouent d’emblée aux personnages rassurants, tour à tour gardienne du temple (La Vampire nue, 1969) et religieuse dévouée (Les Deux Orphelines vampires). De temps à autre, en bonne actrice de composition qu’elle est, elle met les mêmes caractéristiques physiques et vocales au service de créatures nettement plus redoutables, interprétées avec la même économie de moyens. Le calme se fait alors trompeur, la voix, chant des Sirènes, le malaise peut s’installer : dès sa première apparition dans Lèvres de sang, on devine les zones d’ombre derrière l’apparente gentillesse qu’elle ne cesse pourtant de manifester tout au long du film. Enfin, jusqu’au moment où, après avoir fait interner (pour son bien) le grand fils adoré qu’elle a élevé toute seule (forcément), elle se met à exhumer les cadavres des cimetières, qu’elle fait ensuite brûler sur de grands bûchers. Sans se départir un instant de son doux sourire. De tels dons pour la composition peuvent sembler inattendus de la part d’une actrice dont l’activité s’est à ce jour quasiment limitée à la série B et qu’en définitive, la profession connaît et reconnaît davantage comme technicienne que comme comédienne. C’est oublier (mais peu le savent) qu’après s’être initialement destinée à la danse, elle a fait ses classes, il y a près d’un demi-siècle, chez Raymond Girard, et que seule la limite d’âge l’a empêchée – de même que son exact contemporain Guy Delorme – de suivre ses petits camarades de cours (Belmondo, Marielle, Rochefort, Michel Beaune, Pierre Vernier, Françoise Fabian et Annie Girardot) sur les bancs du Conservatoire. Faute d’avoir pu suivre la voie royale, elle n’a cessé, depuis, de travailler au coup de cœur, une rencontre en amenant une autre et l’amitié faisant le reste. C’est R.J. Chauffard, ex-créateur de Huis clos (dans le rôle du garçon d’étage) et anar authentique, qui lui a présenté Mocky, Rollin et Lapoujade – l’auteur et metteur en scène de ce Sourire vertical aujourd’hui invisible qui reste, de son propre aveu, son plus beau titre de gloire cinématographique (« J’ai adoré, j’adore toujours tourner avec Jean, je suis ravie de récupérer au débotté le personnage de la Nuit des Horloges initialement prévu pour Bernadette Lafont (2), mais si je ne devais garder qu’un rôle parmi les quelques-uns qu’il m’ait été donné d’interpréter, ce serait celui de Mère Jeanne des Anges du Sourire… et pas un autre »). C’est par Rollin, pourtant, qu’elle fait la connaissance, plus tard, de Michel Patient (« il a fait débuter ma fille à l’écran ») (3) et de Pierre Unia… L’amitié toujours, qu’elle pratique avec autant d’intensité que d’autres font l’amour. Des moments privilégiés sans cesse renouvelés (« après le Lapoujade, il y a eu ce film avec Jean-Louis Jorge, Mélodrame, une parodie seventies de l’âge d’or hollywoodien, Maud Molyneux qui ne voulait que moi pour lui épiler les sourcils, la fête de fin de tournage dans l’atelier de mon compagnon d’alors, Jean-Noël Delamarre, et les « filles » du film, transgenre dans la plupart des cas et ravies d’être traitées en femmes à part entière… pour une fois – je te parle de ce qui était encore la France de Giscard… »). Prise en flagrant délit de passéisme, Natalie Perrey ? Voire… Dès que l’on creuse un peu, le film le plus important est toujours celui en cours (« Nous reprenons le Rollin fin novembre, le plan de travail est réduit de moitié, mais au moins, ça va se faire »), le projet le plus excitant encore à venir (« l’Afrique du Nord en décembre/janvier, une coproduction franco-marocaine sur la mort de Pasolini vécue du point de vue d’un de ses amants maghrébins qui a passé des années à attendre son retour, l’histoire est superbe »).  Si l’on se prend à regretter in fine que Doillon ne l’ait employée que le temps d’un court métrage (On ne se dit pas tout entre époux, 1970), que Mocky ne l’ait jamais utilisée autrement que comme script, que Lapoujade, après lui avoir confié son rôle de cinéma le plus important à ce jour, ait disparu avant d’avoir pu la refaire travailler, si on se plaît volontiers à imaginer le parti qu’auraient pu tirer de sa sensibilité, de son sens aigu de la nuance, de sa voix de fumeuse –plus troublante encore que celle de Jeanne Moreau – et de l’imperceptible poésie émanant de toute sa personne un Biette, un Guy Gilles, un Demy, il y a toujours un moment où l’on réalise qu’il n’est rien de plus vain que les regrets de cinéphiles. De regrets, Natalie Perrey n’en a pas : comme les sages du temps jadis, il a bien longtemps qu’elle a compris que seuls comptent l’instant présent et le futur proche. La fille de militaire de carrière qui transportait, à treize ans, des messages de la Résistance dans les anglaises de sa poupée… et dans les siennes (« c’était formidable, j’en paraissais dix, je pouvais faire passer tout et n’importe quoi au nez à la barbe des Allemands »), l’adolescente de province qui faisait la « quatrième au bridge » lors des visites hebdomadaires du général de Gaulle à ses parents, la passionaria des mythiques (et antigaullistes s’il en fût) États Généraux du Cinéma de 1968, la monteuse fidèle et acharnée qui travaillait de nuit à la mise en forme des premiers essais cinématographiques de F.J. Ossang (« Mon seul vrai bon élève durant l’année où j’ai enseigné le montage à l’IDHEC. Il faut absolument que quelqu’un se décide à ressortir des placards l’Affaire des Divisions Morituri et le Trésor des îles Chiennes, tu sais, c’est tellement rare, la véritable subversion au cinéma… ») ont fait place à une jeune vieille dame de 77 ans, aussi à l’aise dans ses cheveux gris que dans ses rides (« On s’en fout des marques de l’âge, moi, ma crème, ce sont mes familles de cœur et de travail, mes cinq enfants et mes neuf petits-enfants, les virées nocturnes dans Paris, à pied de préférence, les coups de rouge entre copains et les brunes sans filtre »). N’en déplaise aux bien-pensants de tout poil, c’est peut-être derrière ce credo a priori très politiquement incorrect (« aimer, boire, fumer… et, surtout, bosser tant qu’on est en état de pouvoir le faire ») que réside, in fine, le secret de son éternelle jeunesse… ADL

1.        Elle est alors souvent créditée sous le nom de Nathalie Perrey.

2.        Commencé en août/septembre 2004, La Nuit des Horloges se veut le testament cinématographique (rien n’empêchant de fait l’ajout de codicilles tardifs) de Jean Rollin , l’affiche mêlant habilement comédiens fétiches du cinéaste (Natalie Perrey, Jean-Loup Philippe), « revenants » (le cinéaste expérimental Maurice Lemaître, absent des écrans depuis La Vampire nue en 1969) et nouvelles venues (Ovidie, marilynmansonienne)… ou presque (Sabine Lenoël, beauté diaphane déjà repérée dans La Fiancée de Dracula et actrice impérativement à suivre).

3.        Natalie Perrey est la mère de la comédienne de théâtre (et de caractère) Cyrille Gaudin, révélée à la toute fin des années 80 lors de reprises sur les planches de deux pièces de Jean Cocteau respectivement mises en scène par Jean Marais (Bacchus, Théâtre des Bouffes-Parisiens) et Nicolas Briançon (Les Chevaliers de la Table Ronde, en tournée). Ayant depuis poursuivi ses activités scéniques sous la direction de Claude Régy (Le Criminel, Chutes) et Jean-Paul Lucet (Le Pain dur, Le Roi Pêcheur), elle s’est est en outre illustrée dans une poignée de longs métrages (Jeans Tonic, Michel Patient, 1983 ; La Fracture du myocarde, Jacques Fansten, 1990), avant d’interpréter, sous le nom de Cyrille Isté, le rôle-titre de La Fiancée de Dracula (Jean Rollin, 1999).

Photo © Jean-François Caudière

FILMOGRAPHIE (COMÉDIENNE SEULEMENT) : 1969 : La Débauche ou les Amours buissonnières (Jean-François Davy). La Vampire nue (Jean Rollin). 1970 : On ne se dit pas tout entre époux (Jacques Doillon, CM). 1971 : Le Seuil du vide (Jean-François Davy). Le Sourire vertical (Robert Lapoujade). 1972 : La Rose de fer (Jean Rollin). 1974 : Lèvres de sang (Jean Rollin). 1976 : Le Fou de mai (Philippe Defrance). 1979 : Fascination (Jean Rollin). La Nuit des Traquées (Jean Rollin). Le Piège à cons (Jean-Pierre Mocky). 1980 : Les Échappées/Fugues mineures/Les Paumées du petit matin (Jean Rollin). 1981 : Agathe et Martha (Reine Pirau/Pierre Unia). 1983 : Baby Cat (Pierre Unia). Jeans Tonic (Michel Patient). 1989 : Perdues dans New York/Lost in New York (Jean Rollin). 1995 : Les Deux Orphelines vampires (Jean Rollin). 1999 : La Fiancée de Dracula (Jean Rollin). 2003  : Retrouvailles (Reza Serkanian, CM). 2004 : Quelque Chose de mal (Namir Abdel Messeeh, CM). 2006 : La Nuit des Horloges (Jean Rollin).

DIVERS :  1970: Le Frisson du vampire (Jean Rollin, assistante de production). 1971: Requiem pour un vampire/Vierges et Vampires (Jean Rollin, scripte). Le Seuil du vide (Jean-François Davy, script et costumes). 1973: Q (Le Gros Lot) (Jean-François Davy, supervision du script). 1974 : Bacchanales sexuelles/Tout le monde il en a deux (Michael Gentle/Jean Rollin, scénariste). 1975: Candice Candy (Renaud Pieri/pierre Unia, script). 1976: Jouissances (Frédérid Lansac/Claude Mulot, supervision du script). Le Roi des bricoleurs (Jean-Pierre Mocky, assistante réal., script, montage). 1979: Le Piège à cons (Jean-Pierre Mocky, script). 1980: Les Echappées/Fugues mineures/Les Paumées du petit matin (Jean Rollin, script). 1981 : Agathe et Martha (Reine Pirau/ Pierre Unia, supervision du script). 1983: Baby Cat (Pierre Unia, script). 1985 : L’Affaire des Divisions Morituri (François- Jacques Ossang, supervision du montage). 1989 : Le Trésor des îles Chiennes (François-Jacques Ossang, montage). 1991: Hammam (Florence Miailhe, montage). La Plage des enfants perdus (Jillali Ferhati, montage). 1992: Coyote (Richard Ciupka, montage). Jonathan (François-Xavier Lecauchois, montage). 1995: Schéhérazade (Florence Miailhe, CM d’animation, montage). 1998: Adieu forain/Bye-bye Souirty (Daoud Aoulad-Syad, montage). 1999: Banco (Patrick Bossard, CM). La Fiancée de Dracula (Jean Rollin, script et costumes). 2000: Au premier dimanche d’août (Florence Miailhe, CM d’animation, montage). Ma sexualité de A à X (Brigitte Lahaie, supervision du script). 2001: Le Miroir du fou (Narjiss Najjar, montage et supervision du script). Le Septième Ciel (Narjiss Najjar, CM, montage et supervision du script). 2003: Julie Meyer (Anne Huet, CM, supervision du script). 2006: La Nuit des Horloges (Jean Rollin, script, costumes + supervision du tournage).

LE GRAND APPARTEMENT

Que 2007 soit pour vous une source de multiples réussites professionnelles et privées ! C’est le moment où jamais de souhaiter que  cette nouvelle année comble et apporte tout ce qu’un cœur vaillant peut souhaiter –  si on survit bien sûr aux prochaines élections présidentielles… -. Foin de platitudes et d’usages usés pour saluer l’excellent Pascal Thomas venu présenter le 19 décembre dernier son avant-dernier film en avant-première – il vient de terminer “L’heure zéro”, nouvelle adaptation de l’œuvre d’Agathe Christie, après “Mon petit doigt m’a dit”, avec Danielle Darrieux et François Morel -. Venu avec des amis, dont la comédienne Evelyne Bouix, il nous a communiqué sa bonne humeur habituelle – c’est la troisième fois que je le vois -. “Le grand appartement” était un projet qu’il avait dû abandonner suite à la désaffection de dernière minute de TF1, qui n’avait pas apprécié les changements dans le scénario initial. Il a enchaîné avec “Mon petit doigt…”, avant de le reprendre, en ayant l’idée de féminiser le rôle principal – il devait être tenu par Vincent Lindon, puis Jean Dujardin -. Le ton du film est assez désinvolte, de même la forme moins maîtrisée que d’habitude – on peut s’amuser à compter le nombre de passage des perches de la prise de son -, mais l’enthousiasme du réalisateur est toujours présent, grâce à son inimitable style libertin-libertaire. Un couple bohème, Francesca et Martin Cigalone – se trouvèrent fort dépourvus, quand la bise fut venue ? -, bénéficie de la fameuse loi de 1948, loi sociable, due à la crise du logement suite à la seconde guerre mondiale, “obligeant les autorités à prendre des mesures contre la flambée des loyers en les fixant par décret .. .” (source “Le site immobilier”). Le couple bénéficie donc d’un immense appartement à un prix dérisoire. Mais la propriétaire vacharde – Noémie Lvovsky qui retrouve un personnage outré comme dans “L’école pour tous”, flanquée de son gérant – Maurice Risch, irrésistible dans son retour du “grogneau” dans “Mercredi, folle journée !”, veulent récupérer ce lieu loué depuis des décennies à la grand-mère de Francesca qui en prime n’y habite plus – La toujours alerte Gisèle Casadesus -.

Mathieu Amalric, Laetitia Casta à Pierre Arditi

Dans ce vaste appartement – où a véritablement vécu le cinéaste et qui a été divisé en trois en réalité -, vit toute une communauté d’amis de la famille, dont Adrien cinéaste “rozien” volage. Ce dernier est joué par Pierre Arditi, un peu en roue libre mais ce n’est pas désagréable, son réalisateur a insisté sur sa rencontre avec ce comédien enthousiaste.  8 clefs différentes valsent dans ce lui hors du temps dans un climat proche du Renoir du “Crime de M. Lange”. Francesca – Laetita Casta dont le charme au naturel fait des merveilles – est l’âme du lieu, elle doit batailler avec tous les problèmes entre l’inaction revendiquée de son mari Mathieu – Mathieu Amalric, ludion cinéphile qui se laisse vivre -, et les facéties familiales de la grand-mère sénile. Si les coutures sont parfois un peu lâches, le brio des dialogues fait mouche dans ce côté “Joyeux bordel” cher à Pierre Bourdieu. Le cocasse est toujours présent de l’érotisme rêvé chez les commerçantes du quartier, une nostalgie d’une innocence perdue face aux rudesses de ce monde – idée de la “bancarisation” pas si bête, évoquée par Francesca face à  l’excellent Jean-François Balmer en banquier perplexe -. Les professionnels et non professionnels sont toujours comme dans l’œuvre de Pascal Thomas, mis sur le pied d’égalité. Il a toujours le chic pour confirmer de nouveaux talents comme Paul Minthe en acteur cabotin inemployé, Stéphanie Pasterkamp en brunette piquante et Valérie Decobert en sœur neurasthénique, des incongruités d’emplois – Pierre Lescure en bistrot auvergnat mutique, et quelques amis de passages – Cheik Doukouré en ami de la famille, Bernard Verley en avocat visqueux, François Morel en automobiliste outragé. Cet éloge à la liberté, aux groupes composites et solidaires, cette utopie rêvée de réinventer son monde a un charme fou. Même si ce film ne participe pas aux grandes réussites de son metteur en scène, on a toujours un grand plaisir à le retrouver dans ce vaudeville dynamité.