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Fragments d’un dictionnaire amoureux : Philippe Volter

Triste nouvelle trouvée sur Les gens du cinéma, – où on peut lire le portrait par Yvan Foucart – du suicide du comédien Philippe Volter. C’était un comédien, on se souvient de son personnage balloté par l’étrange dans “Simple mortel”, le marionnetiste de “La double vie de Véronique”, le prisonnier permissionnaire dans “Abracadabra”. Un acteur rare… L’homme semblait sensible, en témoigne un documentaire qui lui était consacré, diffusé sur TPS où il faisait part d’une inquiétude légitime sur une perte d’audition. Nos pensées vont à sa mère, Jacqueline Bir

Filmographie établie avec Yvan Foucart : 1984  De leeuw van Vlaanderen  / Le lion des Flandres (Hugo Claus) – 1986  Les roses de Matmata (José Pinheiro) – 1987  Le maître de musique (Gérard Corbiau) – Issue de secours (Thierry Michel, film expérimental) – Macbeth (Claude D’Anna) – 1988  Les bois noirs (Jacques Deray) – 5150 (Yannick Saillet, CM) – 1989  Cyrano de Bergerac (Jean-Paul Rappeneau) – Trois années (Fabrice Cazeneuve) – 1990  Sirènes (Harry Cleven, CM) – La double vie de Véronique (Krzysztof Kieslowski) – La passion Van Gogh (Samy Pavel) – Simple mortel (Pierre Jolivet) – 1991  Abracadabra (Harry Cleven) – 1992  Trois couleurs : Bleu (Krzysztof Kieslowski) – Basse tension (Yves Buclet, CM) – Aline (Carole Laganiere) – 1993  Le concert (Samy Brunett, CM) – L’affaire (Sergio Gobbi) – Dernier stade (Christian Zerbib) – 1996  The fives senses / Les cinq sens (Jeremy Podeswa) – 1997  La nuit du destin (Abdelkrim Bahloul) – 2002  Y gospod sleze da ni vidi / Posseteni ot gospod (Même Dieu est venu nous voir) (Peter Popzlatev) – 2003  Resistance (Todd Komarnicki) – 2004  Les gens honnêtes vivent en France (Bob Decout).

 

Pour info  : “LA LIBRE BELGIQUE”

Philippe Volter meurt à 45 ans

 

 

L’acteur belge s’est suicidé hier soir à Paris. Il était le fils du metteur en scène Claude Volter.À la fois sensible et énergique, il avait notamment été remarqué dans le mystérieux “La Double Vie de Véronique” de Krzysztof Kieslowski. Le comédien belge Philippe Volter, 45 ans, a mis fin à ses jours mercredi à Paris. Fils du metteur en scène Claude Volter et de la comédienne Jacqueline Bir, il avait notamment été remarqué dans “La Double vie de Véronique” de Krzysztof Kieslowski et “Le Maître de musique” de Gérard Corbiau. Né en 1959 en Belgique, Philippe Volter fait ses premiers pas sur les planches à l’âge de 4 ans. Après plusieurs grands rôles sur les scènes belges, il débute sa carrière cinématographique en 1985 dans une fresque de Hugo Claus, “De Leeuw van Vlanderen”. Il est ensuite remarqué dans “Le Maître de musique” (1988) de Gérard Corbiau où il interprète un jeune voyou qui apprend le chant auprès du baryton José Van Dam. Le comédien au physique de jeune premier mystérieux interprète ensuite en 1989 un rôle de mari violent aux côtés de Béatrice Dalle dans “Les Bois Noirs” de Jacques Deray, prestation qui lui vaudra une nomination pour le César du Meilleur espoir en 1990. Il décroche deux rôles importants dans “La Double vie de Véronique” (1991) et “Trois couleurs: Bleu” (1993) de Krzysztof Kieslowski. En 1991, il est également le héros de “Simple Mortel”, audacieuse incursion de Pierre Jolivet dans la Sience-fiction. Si sa carrière se partage essentiellement entre la France et la Belgique, Philippe Volter tourne aussi sous la direction du Bulgare Petar Popzlatev dans “Même Dieu est venu nous voir” (2001) et du cinéaste d’origine algérienne Abdelkrim Bahloul dans “La Nuit du destin” (1997). A partir des années 90, Philippe Volter remonte régulièrement sur les planches. On le retrouve également souvent à la télévision, notamment dans “L’Affaire Dreyfus” (1995) et “Le Pantalon” (1997) d’Yves Boisset, ou “Madame Sans-Gêne” (2002) de Philippe de Broca. Son dernier rôle au cinéma, il l’interprète dans “Les Gens honnêtes vivent en France” de Bob Decout, sorti en France en mars dernier. Après le décès de son père en 2002, il avait pris la direction artistique de la comédie Claude Volter à Bruxelles aux côtés de l’actuel directeur, Michel de Warzée. Il avait démissioné de ce poste en juin 2004.

Philippe Volter, comme un météore par Philip Tirard

Mis en ligne le 15/04/2005
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Le comédien et metteur en scène belge a choisi de prendre congé de la vie à l’âge de 45 ans. Il se faisait une très haute idée de son métier d’artiste.

C’était le lundi 23 septembre 2002 au Théâtre du Parc, pour un hommage à Jacqueline Bir et à ses cinquante ans de carrière. Philippe Volter monta sur scène pour évoquer, avec humour et tendresse, cette mère hors norme. Son père, Claude Volter, était dans la salle, bien incapable de prendre la parole en public: il s’éteignit à peine huit semaines plus tard, à 69 ans.

Difficile de mieux répondre à la définition d’un enfant de la balle que Philippe Volter. «Je dormais dans le théâtre de mes parents, confiait-il dans une interview à «L’Humanité» en juillet 2003. S’ils avaient été bouchers, j’aurais dormi dans la boucherie…» A quatre ans, il descendait un grand escalier sur scène en tenant la main de sa mère. Bientôt son père lui confierait le rôle de Britannicus. Autant dire qu’il avait peu à apprendre au Conservatoire de Bruxelles dont il n’acheva pas le cycle complet. Un surdoué «Je me souviens de l’arrivée de Philippe Volter sur nos scènes comme de celle d’un météore», dit Jacques De Decker. Dans L’Ange couteau de Jean Sigrid, il était fabuleux face à Claude Etienne. Plus tard, nous avons travaillé ensemble. Il avait tout: le panache, l’élégance, la beauté, le lyrisme, l’agilité physique. Toutes qualités qui en firent aussi un remarquable d’Artagnan dans «Les Trois Mousquetaires», puis un mémorable Hamlet – qui lui vaudra l’Eve du meilleur comédien en 1985, NdlR -, dont il donnait le monologue Être ou ne pas être juché sur une galerie métallique au sommet de la Rotonde du Botanique. Il y eut encore son Treplev dans La Mouette de Tchekhov…» Ces trois spectacles étaient mis en scène par Daniel Scahaise, qui le dirigea aussi dans «La Nuit juste avant les forêts», le premier texte de Bernard-Marie Koltès monté en Belgique. «C’était un surdoué, confie un Scahaise inconsolable. Il s’investissait complètement dans ses rôles, au point d’en devenir parfois difficile à vivre. Il nourrissait la plus haute exigence à l’endroit de son art, pour lui-même comme pour les autres.» Prise de risques Promis à une confortable carrière d’acteur en Belgique, Philippe Volter est aussi lucide qu’ambitieux. Il comprend, à 25 ans, qu’il a déjà fait le tour de la question: il a joué au National, au Parc, au Rideau, aux Galeries, au Varia, à l’Ancre, etc. En 1985, il part pour Paris, pousse la porte du Conservatoire pour en repartir aussi sec, vit une vraie «galère» et finit par jouer dans le «Mariage de Figaro» de Beaumarchais mis en scène par Jean-Pierre Vincent. Cela lui vaut de décrocher le personnage de Jean Nilson face à José Van Dam dans «Le Maître de musique», le film de Gérard Corbiau qui va changer la face du cinéma belge. Il enchaîne les films: «Les Bois noirs» de Jacques Deray, avec Béatrice Dalle et Stéphane Freiss, puis «La Double Vie de Véronique» de Krzysztof Kieslowski avec Irène Jacob. Ses qualités de bretteur font merveille face à (la doublure de) Gérard Depardieu dans le «Cyrano de Bergerac» de Rappeneau. Au début des années 90, il paraît lancé dans une carrière cinématographique à succès. Mais les véhicules suivants ne s’avèrent pas à la mesure de ses espérances. Et puis, cet homme qui ignore le sens du mot compromis n’aime rien tant que prendre des risques… Il revient vers le théâtre, mettant en scène Jacqueline Bir dans «Master Class» de Terence McNally: le monde du chant et de l’opéra, encore et toujours. La dépression Au fil de la décennie, son physique se marque; mélomane, il souffre de troubles de l’ouïe. En 2003, après la mort de son père, il fait un fracassant retour au pays, prenant la direction de la Comédie Claude Volter aux côtés de Michel de Warzée. Un an plus tard, il démissionne, non sans avoir mis en scène un excellent «Misanthrope» de Molière. «Depuis plusieurs mois, il traversait une terrible dépression, confie son ami le comédien Yves Claessens. C’était un être exceptionnel, mais son extrême lucidité pouvait le mener à un auto-aveuglement. Il était extraordinairement chaleureux et fidèle en amitié. Sur un plateau, c’était un pur-sang, fragilité et d’excès compris.» Philippe Volter aura choisi sa fin, comme le loup solitaire qu’il était aussi. Victime de la dépression? Il n’a pas su trouver, en tout cas, la sortie du labyrinthe; sa part d’ombre a mangé toute sa lumière. Nos pensées vont à Jacqueline Bir qui vient de bouleverser la Belgique francophone pendant plusieurs mois avec son interprétation du petit garçon condamné par la leucémie dans «Oscar et la dame rose» d’Eric-Emmanuel Schmitt. Elle reprend en ce moment même «Le Récit de la servante Zerline» d’Hermann Broch, selon Jacques Franck, «le monologue le plus dur et le plus difficile de sa carrière». Terrible métier…© La Libre Belgique 2005 Source : La libre Belgique

 

 

Mis en ligne le 14/04/2005

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Blanchette Brunoy

Blanchette Brunoy dans “Les cadets de Gascogne”, source Bernard-Luc.com 

C’est une triste nouvelle que celle de la mort de Blanchette Brunoy. C’était une comédienne rare, d’une grande discrétion et touchante, souvent dans des rôles d’ingénues ou d’épouses aimantes. Elle avait beaucoup de très bons films à son actif – “La bête humaine”, “Goupi mains rouges” – et elle faisait tourner les têtes de Daniel Gélin et Jean Carmet dans “Roulez jeunesse” (1992).

Dans l’excellent livre “Le cinéma des années quarante par ceux qui l’on fait” de Christian Gilles (L’Harmattan, 2000), elle déclarait : “J’ai eu la grande chance de connaître les joies de ce métier sans en avoir les inconvénients, c’est-à dire que j’ai évité la trop grosse notoriété qui fait tourner les têtes”…

Filmographie : 1936  La peau d’un autre (René Pujol) – Un mauvais garçon (Jean Boyer) – Le voleur de femmes (Abel Gance) – Vous n’avez rien à déclarer ? (Léo Joannon) – 1937  La chaste Suzanne (André Berthomieu) – Claudine à l’école (Serge de Poligny) – 1938  Altitude 3200 (Jean-Benoît Lévy & Marie Epstein) – La bête humaine (Jean Renoir) – Jeannette Bourgogne (Jean Gourguet) – 1939  Cavalcade d’amour (Raymond Bernard) – La famille Duraton (Christian Stengel) – Quartier Latin (Pierre Colombier, Christian Chamborant & Alexandre Esway) – L’empreinte du dieu (Léonide Moguy) – 1940  Elles étaient douze femmes (Georges Lacombe) – 24 heures de perm’ (Maurice Cloche) – 1941  Le briseur de chaînes / Mamouret (Jacques Daniel-Norman) – Dernière aventure (Robert Péguy) – Vie privée (Walter Kapps) – 1942  Les cadets de l’océan (Jean Dréville) – Le camion blanc (Léo Joannon) – Le grand combat (Bernard-Roland) – Goupi Mains-Rouges (Jacques Becker) – 1943  Ceux du rivage (Jacques Séverac) – Le voyageur sans bagages (Jean Anouilh) – Au bonheur des dames (André Cayatte) – 1945  Rabiolot (Jacques Daroy) – L’invité de la onzième heure (Maurice Cloche) – Solita de Cordoue (Willy Rozier) – 1946  Le café du cadran (Jean Gehret) – La taverne du poisson couronné (René Chanas) – L’ogresse (film inachevé) – L’Altra (ymphonie humaine) (Carlo Ludovico Bragaglia) – 1947  Le mannequin assassiné (Pierre de Hérain) – 1948  Les drames du Bois de Boulogne (Jacques Loew, CM) – Les souvenirs ne sont pas à vendre (Robert Hennion) – La maternelle (Henri Diamant-Berger) – 1949  Vedettes en liberté (Jacques Guillon, CM) – L’homme aux mains d’argile (Léon Mathot) – La Marie du port (Marcel Carné) – Vient de paraître (Jacques Houssin) – 1950  Traité de bave et d’éternité (Isidore Isou) – Désordre (Jacques Baratier, CM) – 1951  Le passage de Vénus (Maurice Gleize) – Une enfant dans la tourmente (Jean Gourguet) – Si ça vous chante (Jacques Loew) – 1952  Coiffeur pour dames (Jean Boyer) – Le secret d’une mère (Jean Gourguet) – 1953  Le petit Jacques (Robert Bibal) – Tourments (Jacques Daniel-Norman) – La rafle est pour ce soir [sketch “Le papa de Simon”] (Maurice Dekobra) – 1954  Opération Tonnerre (Gérard Sandoz) – 1956  Omloop van middernacht (Le circuit de minuit) (Yvan Govar) – 1959  La mère et l’enfant (Jacques Demy, CM, voix de la récitante) – Le baron de l’écluse (Jean Delannoy) – 1960  Il suffit d’aimer (Robert Darène) – 1962  Les veinards [sketch : “Le gros lot”] (Jack Pinoteau) – 1963  La vie conjugale (André Cayatte) – Bébert et l’omnibus (Yves Robert) – La bonne soupe (Robert Thomas) – 1964  L’enfer (Henri-Georges Clouzot, inachevé) – 1984  L’amour en douce (Édouard Molinaro) – 1992  Roulez jeunesse ! (Jacques Fansten) – 1994  Les cent et une nuit (Agnès Varda, scènes coupées au montage) – 1997 …Comme elle respire (Pierre Salvadori). Télévision (notamment) :  1961  La farce du château (François Gir) – 1978  Les Eygletière (René Lucot, série) – 1979  Les filles d’Adam (Éric Le Hung) – 1980  La vie des autres : Le bec de l’aigle (Pierre Nicolas) – Les amours des années folles : Les solitaires de Myols (Stéphane Bertin) – 1981  Marceloup (Roger Pigaut, série) – 1982  Toutes griffes dehors (Michel Boisrond, série) – 1984  Les amours des années cinquante : Ton pays sera le mien (Stéphane Bertin) – 1986  Le petit docteur : Une femme a crié (Éruc Le Hung) – 1987  La voglia di vincere (Vittorio Sindoni, série) – 1989  Tantie (Patrick Gandrey-Réty, série) – Un comédien dans un jeu de quilles (Hervé Baslé) – 1990  Scoop :  Le stagiaire (Jacques Rouffio) – 1991  Julie Lescaut : Pilote (Caroline Huppert) – 1992  Julie Lescaut : Police des viols (Caroline Huppert) – Julie Lescaut : Harcèlements (Caroline Huppert) – Julie Lescaut : Trafics (Josée Dayan) – Julie Lescaut : Ville haute, ville basse (Caroline Huppert) – La corruptrice (Bernard Stora).

©   Le coin du cinéphage (reproduction strictement interdite, textes déposés)

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Michel Grisolia

 

Michel Grisolia, romancier et scénariste est mort ce 29 mars 2005. Il tenait d’excellentes chroniques sur le magazine “Première” dans les années 80.

Articles :

Carnet : L’écrivain et scénariste
Michel Grisolia est mort

Auteur d’une trentaine d’ouvrages dont beaucoup de romans policiers souvent adaptés au cinéma, ancien collaborateur de l’Obs, il est décédé mardi à 56 ans.

L’écrivain et scénariste Michel Grisolia, connu notamment pour ses romans policiers et leur adaptation au cinéma (dont “Flic et voyou”  est décédé mardi à l’âge de 56 ans des suites d’un accident vasculaire cérébral, a annoncé mercredi 30 mars son entourage professionnel.
Michel Grisolia est l’auteur d’une trentaine d’ouvrages dont beaucoup de romans policiers.
Sa culture cinématographique lui a valu de collaborer au Nouvel Observateur et à L’Événement du Jeudi pour assurer la chronique des films.
Son premier livre publié en 1977, “L’inspecteur de la mer”, avait donné naissance à un classique du cinéma populaire avec son adaptation par Georges Lautner sous le titre “Flic ou voyou” en 1979.
Michel Grisolia avait de même participé à l’adaptation cinématographique de son roman “Le choix des armes”, publié en 1981 et porté à l’écran la même année par Alain Corneau.
Il avait créé des personnages, comme la détective Hélène Franck, à la tête de sa société SOS disparus, qu’il avait fait vivre dans une série de livres à partir de “L’homme aux yeux tristes” (1986).

Maigret : Michel Grisolia avait d’ailleurs participé en 1988 à l’adaptation de cette série à la télévision (“SOS disparus” . Il a également écrit ou co-écrit pour la télévision plusieurs “Maigret”, de 2000 à 2003.
Ses romans “Les soeurs du Nord” (Grand prix du roman d’aventures) et “650 calories pour mourir” avaient également été adaptés pour des téléfilms signés respectivement Joël Santoni (1987) et Marc Lobet (1988).
Au cinéma, Michel Grisolia a participé au dialogue ou au scenario de nombreux films, dont “Sang Neuf” de Regis Wargnier (2000), “J’embrasse pas” (1990) co-écrit avec André Téchiné et Jacques Nolot, “L’Etoile du Nord” de Pierre Granier-Deferre (1982) ou “Je vous aime” de Claude Berri (1980). Il a noué également une longue collaboration avec le réalisateur Francis Girod (“Passage à l’acte” en 1995, “Délit mineur” en 1993, “Le grand frère” en 1982).
Michel Grisolia a également été coparolier pour Marie-Paule Belle, Régine et Demis Roussos. Il était enfin critique littéraire à L’Express.

  

Source : http://permanent.nouvelobs.com/culture/20050330.OBS2581.html

Michel Grisolia

LE MONDE | 31.03.05 | 14h46  •  Mis à jour le 31.03.05 | 14h51 par Jean-Luc Douin

L’écrivain et scénariste Michel Grisolia est mort, mardi 29 mars, à Paris, des suites d’un accident vasculaire cérébral. Il était âgé de 56 ans.

  

Jean-Luc Douin

Article paru dans l’édition du 01.04.05

Source : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3382,36-633847,0.html

CV joint trouvé sur www.artmedia.fr/

Michel Grisolia

Scénariste / Auteur Cinéma :

 

Long métrage
2000 LA SOUTANE TURQUOISE de Jean-Pierre MOCKY (non tourné )
2000 SANG NEUF de Régis WARGNIER (non tourné )

1999 LA FAUTE À DEGUN (non tourné )
Idée originale François THOMAZEAU
1996 VIDANGE de Jean-Pierre MOCKY
1996 A TRAVERS LA NUIT de Gaël MOREL (non tourné )
Idée originale de Gaël MOREL
1995 PASSAGE À L’ACTE de Francis GIROD
Co-écrit avec Gérard MILLER
1993 DÉLIT MINEUR de Francis GIROD
1990 J’EMBRASSE PAS de André TECHINE
Co-écrit avec André TECHINE et Jacques NOLOT
1982 L’ÉTOILE DU NORD de Pierre GRANIER-DEFERRE
Co-écrit avec Jean AURENCHE
1982 LE GRAND FRÈRE de Francis GIROD
1981 LE CHOIX DES ARMES
Co-écrit avec Alain CORNEAU
1980 JE VOUS AIME de Claude BERRI
1979 FLIC OU VOYOU de Georges LAUTNER
D’après son roman “Inspecteur de la mer”                                                                        

Affiche du film de J.P. Mocky ” Vidange” en 1996

Auteur Télévision :                                                                                                                      

Série Télévisée
2003 MAIGRET (Episode) “LES SCUPULES DE MAIGRET” FRANCE 2
Co-écrit avec Pierre GRANIER-DEFERRE
2002 MAIGRET (Episode) “MAIGRET EN MEUBLE” de Laurent HEYNEMANN FRANCE 2
2001 MAIGRET (Episode) “MAIGRET À L’ÉCOLE”
2001 MAIGRET (Episode) “MAIGRET ET LES VIEILLARDS”
2000 MAIGRET (Episode) “MAIGRET ET LA FENÊTRE OUVERTE de Pierre GRANIER-DEFERRE
2000 “MAIGRET ET LE FOU DE ST MARGUERITE”
1988 SOS DISPARUS de Michel FAVART, Pierre BOUTRON
Maurice FRYDLAND, Daniel LOSSET
D’après les personnages et les romans de Michel GRISOLIA
6X50 Minutes
1988 IMOGÈNE (Episode) “IMOGÈNE, VOUS ÊTES IMPOSSIBLE” de François LETERRIER
Co-écrit avec Martin LAMOTTE
D’après le roman de Charles EXBRAYAT

Téléfilms
2003 POUR LE MEILLEUR ET POUR LE PIRE
1999 PREMIÈRES NEIGES
Tétra Média Films
1993 LA RÈGLE DU SILENCE de Marc RIVIERE
1988 650 CALORIES POUR MOURIR de Marc LOBET
D’après le roman de Michel GRISOLIA
1988 HISTOIRES D’OMBRES de Denys GRANIER-DEFERRE
Co-écrit avec Yves STRAVIDES
D’après le roman de Hervé JAOUEN
1987 LES SOEURS DU NORD de Joël SANTONI
D’après le roman de Michel GRISOLIA

Auteur Littérature
2000 L’HEURE D’HIVER Edit. Albin Michel
Roman noir
1999 LES JARDINS DU TIGRE Edit. Albin Michel
1999 JULIETTE GRÉCO
1997 L’APÔTRE DES INDES Edit. Bayard
1997 L’ÉTÉ ROUGE Edit. Hachette
Roman pour la jeunesse
1995 L’EXCELSIOR Edit. Flammarion
1995 LA PETITE AMIE DU CRIME Edit. du Masque Nouvelles
1994 DÉLIT MINEUR Edit. Jean-Claude LATTES
1994 LA MAISON MÈRE Edit. Editions du Masque
1994 LA PETITE AFRIQUE Edit. Balland (Réédition)
1993 LA JUSTICE DE L’ABBÉ MOISAN Edit. Jean-Claude Lattès
1992 LES SECONDS RÔLES Edit. Flammarion Nouvelles
1991 LE MYSTÈRE DE L’ABBÉ MOISAN Edit. Jean-Claude Lattès
1990 L’AMOUR NOIR Edit. Flammarion
1988 NOCTURNES EN MINEUR Edit. du Masque
1988 COUP DE FEU DANS LA NUIT Edit. Bayard Presse
Roman pour enfants
1987 LA PROMENADE DES ANGLAISES Edit. du Masque
1987 650 CALORIES POUR MOURIR Edit. du Masque
1987 QUESTION DE BRUIT OU DE MORT Edit. du Masque
1986 LA CHAISE BLANCHE Edit. Jean-Claude Lattès
Prix Roland Dorgelès
1986 LES SOEURS DU NORD Edit. du Masque
Grand Prix du roman d’Aventure
1986 LA MADONE NOIRE Edit. du Masque
1986 L’HOMME AUX YEUX TRISTES Edit. du Masque
1984 L’HOMME DEVANT LE SQUARE Edit. Jean-Claude Lattès
Prix littéraire Nouvelles
1983 LES GUETTEURS Edit. Jean-Claude Lattès
1983 LA PETITE AFRIQUE Edit. L’instant romanesque
1981 LE CHOIX DES ARMES Edit. Hachette
1980 HAUTE MER Edit. Jean-Claude Lattès
1978 BARBARIE COAST Edit. Jean-Claude Lattès
1977 INSPECTEUR DE LA MER Edit. Jean-Claude Lattès

Comme acteur : “Vivement dimanche !” (François Truffaut, 1982) & “Le bon plaisir” (Francis Girod, 1983)

Né le 12 août 1948 à Nice, Michel Grisolia avait été critique de cinéma au Nouvel Observateur de 1975 à 1979, puis à L’Express depuis 1994. Il avait signé des articles pour la revue de la Fédération des ciné-clubs cinéma, La Nouvelle Revue française, Positif, Le Nouveau Cinémonde, Les Lettres françaises, Mystère Magazine et L’Evénement du jeudi.

Parolier de la chanteuse Marie-Paule Belle (à laquelle il avait consacré un livre chez Seghers, en collaboration avec Françoise Mallet-Joris), mais également de Régine, Fabienne Thibault et Demis Roussos, il avait adapté plusieurs “Maigret” pour la télévision, et cosigné les scénarios et dialogues de films de Claude Berri (Je vous aime), Pierre Granier-Deferre (L’Etoile du Nord, d’après Simenon, dont il était grand connaisseur), André Téchiné (J’embrasse pas), Régis Wargnier (Sang neuf), Fran-cis Girod (Le Grand Frère, Délit mineur, Passage à l’acte).

Romancier, Michel Grisolia avait lui-même adapté certains de ses titres : Le Choix des armes pour Alain Corneau, Les Soeurs du Nord pour Joël Santoni, ainsi que L’Homme aux yeux tristes, dont le personnage principal, la détective Hélène Franck, était devenue l’héroïne d’une série télévisée, SOS disparus. Son premier roman, L’Inspecteur de la mer (1977), était devenu Flic ou voyou devant la caméra de Georges Lautner, avec Jean-Paul Belmondo.

 FILMS D’AUTEUR ET NANARS

Styliste mordant et doté d’un humour narquois, ami fidèle et doté d’une vaste culture, féru de films d’auteur comme de nanars dont il savourait le second degré, Michel Grisolia, dit Grigri, avait publié une trentaine d’ouvrages, essentiellement policiers. Dès L’Inspecteur de la mer, situé dans sa ville natale, aux relents glauques, bientôt suivi par Barbarie Coast et par Haute Mer, ce représentant de la littérature populaire la plus noble imposait sa science de l’intrigue venimeuse, ses dons d’observation caustique, son goût pour les cadavres exquis.

“Pas loin d’Eugène Sue, tout près de Gustave Lerouge”, écrivait Pierre Ajame en 1977, Michel Grisolia arrachait les fleurs d’un mal nommé fric, corruption. Les noms de James Hadley Chase ou de John Updike étaient cités dans les comptes rendus de ses divertissements voués au crime et au mystère. Georges Conchon honora en son temps le talent de ce malicieux misanthrope qui savait être à la fois “un raconteur pervers d’histoires” et un “écrivain”.