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FRAGMENTS D’UN DICTIONNAIRE AMOUREUX : YVES VERHOEVEN

Photo source Agence Christine Parat

Reprise de la rubrique “Fragments d’un dictionnaire amoureux”, avec une petite nouveauté avec le tag dans “Le collimateur”, les fonctionnalités de canalblog me permettant de mettre à jour un portrait très facilement. Il est l’acteur fétiche des films de Claude Miller, de Claude Chabrol et de Guillaume Nicloux. Chabrol l’utilise dès ses débuts, on le remarque ainsi en greffier d’Isabelle Huppert, trop poli pour être complètement honnête dans “L’ivresse du pouvoir” », ou l’homosexuel mondain de “Bellamy” (1998). Claude Miller utilise son talent avec beaucoup de subtilité. Il l’a remarqué dans son rôle de prostitué dans “Regarde les hommes tomber” (Jacques Audiard, 1993), et le choisit pour être le moniteur de colonies de vacances touchant et sympathique dans “Classe de Neige” (1997), le préférant à Mathieu Amalric. Il l’emploie également dans “La chambre des magiciennes” (1999), et “Betty Fischer et autres histoires” (2000). On le retrouve en oncle jovial de “Un secret” (2006), le père adoptif de Vincent Rottiers, dépressif et dépassé. Pour la petite histoire (1), il devait faire partie de la formidable distribution du film choral “La petite Lili” (2003), dans un rôle existant dans Tchekhov (“La mouette”) d’amoureux transi de Jeanne-Marie interprétée superbement par Julie Depardieu, mais cette idée est abandonnée au stade du scénario., Guillaume Nicloux, lui, exploite un versant plus noir et plus désinhibé, tel le marginal dans “Le poulpe”, où il nous livre une scène d’anthologie de danse très “hard rock”, le comparse hirsute de Thierry Lhermitte dans “La clef” et le policier énervé adepte de la gifle dans “Holiday”. Yves Verhoeven est un comédien sans doute trop discret, et assez caméléon pour ne pas jouir d’une popularité qui correspondrait à son grand talent. Il est à l’aise dans l’ambigüité comme le soldat suspicieux de “Un héros très discret”, son personnage de “La reine des connes”, l’amoureux transi de Maruschka Detmers cédant à l’aigreur dans “Les frileux” (diffusé sur France 3 en 2010). Un comédien donc à suivre de très près. Il y avait eu un portrait de lui dans feu “seconds.couteaux.com”, si quelqu’un l’avait archivé, merci de me le transmettre. (1) anecdote recueillie grâce à la disponibilité du chaleureux et remarquable Claude Miller, lors d’une avant-première à Bordeaux.

 

Photo source Agence Christine Parat

Filmographie : 1987  Morphée (Bruno Chiche, CM) – 1988  L’homme imaginé (Patricia Bardon) – 1989  Brasero (Bruno Chiche) – 1990  Madame Bovary (Claude Chabrol) – 25 décembre 58, 10h36 (Diane Bertrand, CM) – 1991  Betty (Claude Chabrol) – 1993  La vengeance d’une blonde (Jeannot Szwarc) – L’enfer (Claude Chabrol) – Regarde les hommes tomber (Jacques Audiard) – 1995  La cérémonie (Claude Chabrol) – Un héros très discret (Jacques Audiard) – 1996  Méfie-toi de l’eau qui dort (Jacques Deschamps) – Le mur (David Oelhoffen, CM) – Rien ne va plus (Claude Chabrol) – 1997  L’acrobate (Cécile Maistre, CM) – Disparus (Gilles Bourdos) – La femme de chambre du Titanic (Bigas Luna) – Le poulpe (Guillaume Nicloux) – Big bang (David Oelhoffen, CM) – La classe de neige (Claude Miller) – 1998  C’est quoi la vie ? (François Dupeyron) – La tentation de l’innocence (Fabienne Goddet, MM) –  La chambre des magiciennes (Claude Miller) – Scénarios sur la drogue : La faute au vent (Emmanuelle Bercot, + diffusion TV) – Scénarios sur la drogue : Lucie (Guillaume Nicloux, + diffusion TV) – Les aventures de Tioui : La fontaine magique (CM, + réalisation, scénario) – Les aventures de Tioui : Mon meilleur ami (CM, + réalisation, scénario) – La voleuse de Saint-Lubin (Claire Devers) – 2000  La tartine (Nathan Miller, CM) – Betty Fischer et autres histoires (Claude Miller) – La fille de son père (Jacques Deschamps) – J’ai tué Clémence Acera (Jean-Luc Gaget) – 2001  Clément (Emmanuelle Bercot) – Une affaire privée (Guillaume Nicloux) – En mon absence (David Oelhoffen) – 2003  Comme une image (Agnès Jaoui) – Dégustation (Éric Vallette, CM) – À boire (Marion Vernoux) – 2004  Sous le bleu (David Oelhoffen, CM) – Edy (Stéphan Guérin-Tillié) – 2005  L’ivresse du pouvoir (Claude Chabrol) – 2006  Ma place au soleil (Éric de Montgolfier) – Nos retrouvailles (David Oelhoffen) – Pas douce (Jeanne Waltz) – Un secret (Claude Miller) – La clef (Guillaume Nicloux) – 2007  Emprise (Martin Bourboulon, CM) – Nés en 68 (Olivier Ducastel & Jacques Martineau, + version TV) – 2008  Tous les enfants s’appellent Dominique (Nicolas Silhol, CM) – Je suis heureux que ma mère soit vivante (Claude Miller & Nathan Miller) – Bellamy (Claude Chabrol) – 2010 Holiday (Guillaume Nicloux) – La proie (Éric Valette) – La cerise sur le gâteau (Laura Morante) .   

Télévision : 1993  Le chasseur de la nuit (Jacques Renard) – 1996  Les Cordier, juge et flic : Une voix dans la nuit (Alain Warmus) – 1997  Julie Lescaut : Abus de pouvoir (Alain Wermus) – 1999  Crimes en série : Double spirale (Patrick Dewolf) – 2000  Sandra et les siens (Paul Planchon) – 2001  Les redoutables : Échange standard (Guillaume Nicloux, CM) – L’interpellation (Marco Paully) – Sous bonne garde (Luc Béraud) – Marilyn et ses enfants (Charli Béleteau) – 2002  Les pygmées de Carlo (Radu Mihaileanu) – Volpone (Frédéric Auburtin) – 2003  Ambre a disparu (Denys Granier-Deferre) – Procès de famille (Alain Tasma) – 2004  Louis Page : Des bleus à l’âme (Jean-Louis Bertuccelli) – Vivement le Quichotte (Jacques Deschamps) – 2005  P.J. : Stress (Gérard Vergez) – 2006  Sable noir : Corps étranger (Éric Valette) – 2007  L’affaire Christian Ranucci : Le combat d’une mère (Denys Granier-Deferre) – Avocats & associés : Consentement mutuel (Bad Mokrani) – Les frileux (Jacques Fansten) – 2008  Paris enquêtes criminelles : Blessure secrète (Gérard Marx) – Les Bougon : Pétard et artifices (Sam Karmann) – La reine et le cardinal (Marc Rivière) – Les tricheurs : Les témoins (Benoît d’Aubert) – Vengeance : Comme un jeu d’enfants (Daniel Janneau) – 2009  Panique ! (Benoît d’Aubert) – Les Bougon : Diplôme pudding (Christian Merret-Palmair) – Les Bougon : Pompes funèbres (Michel Hassan) – Sur le fil (Frédéric Berthe) – Au siècle de Maupassant : Contes et nouvelles du XIXème siècle : Crainquebille (Philippe Monnier) – 2010  Enquêtes résérvées (Bruno Garcia) – Famille d’accueil : Alerte enlèvement 1 & 2 (Bertrand Arthuys) – Caïn : Justices (Bertand Arthuys).

Mise à jour le 23/01/2011

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Lionel Jeffries

 

Annonce de la mort du commédien britannique Lionel Jeffries, à l’âge de 83 ans, dans une maison de retraite dans le Dorset, des suites d’une “longue maladie”, ce 19 février. Cet excentrique anglais aisément reconnaissable à sa calvitie – due à sa participation à la seconde guerre mondiale en Birmanie – et à sa grande moustache, fut aussi à l’aise dans la comédie que dans les films de genre. Son rôle le plus connu reste celui du père de Dyke Van Dyke dans “Chitty Chitty Bang Bang”, alors qu’il était plus jeune de 6 mois que ce dernier. Il réalisa aussi plusieurs films, tel “The amazing Mr. Blunden”, film pour enfants qui semble jouir d’une bonne réputation, et qui fut présenté au festival fantastique de Paris en 1974. “The railway children” fut choisi par le prestigieux “British film institute”, en 1999, comme l’un des 100 meilleurs films britanniques. Bibliographie : “Quinlan’s character stars” par David Quinlan (Reynolds & Hearn Ltd, 2004).

Lionel Jeffries dans “Chitty Chitty Bang Bang” (Photo source “Mail on line”) 

Filmographie : 1948  Miranda (Ken Annakin, figuration) – 1949  Stage Fright (Le grand alibi) (Alfred Hitchcock) – 1953  Will Any Gentleman…? (Le scandaleux Mister Sterling) (Michael Anderson) –  1954  The Colditz story (Les indomptables de Colditz) (Guy Hamilton) – The black rider (Wolf Rilla) – 1955  Windfall / Dangerous money (Henry Cass) –  No smoking (Henry Cass) – The Quatermass Xperiment (Le monstre) (Val Guest) – All for Mary (Wendy Toye) – 1956  Jumping for Joy (John Paddy Carstairs) – Eyewitness (Muriel Box) – Bhowani Junction (La croisée des destins) (George Cukor) – Lust for life (La vie passionnée de Vincent Van Gogh) (Vincente Minnelli) – The baby and the battleship (Le bébé et le cuirassé) (Jay Lewis) – Up in the world (Grain de sel) (John Paddy Carstairs) – The high terrace (Henry Cass) – The man in the sky (Flammes dans le ciel) (Charles Crichton) – 1957  The vicious circle (Gerald Thomas) – Hour of decision (C.M. Pennington-Richards) – Doctor at large (Toubib en liberté) (Ralph Thomas) – Barnacle Bill (Il était un petit navire) (Charles Frend) – Blue murder at St. Trinian’s (Fric-fracs à gogo) (Frank Launder) – 1958  Law and disorder (L’habit fait le moine) (Charles Crichton ) – Dunkirk (Dunkerque) (Leslie Norman) – Orders to kill (Ordre de tuer) (Anthony Asquith) – Up the creek (Val Guest) – The revenge of Frankenstein (La revanche de Frankenstein) (Terence Fischer) – Girls at sea (Gilbert Gunn) – The nun’s story (Au risque de se perdre) (Fred Zinnemann) – Behind the mask (Brian Desmond Hurst) – Nowhere to go (Le criminel aux abois) (Seth Holt & Basil Dearden) – Life is a circus (Val Guest) – Further up the creek (Croisière en torpilleur) (Val Guest) – 1959  Idle on parade (Le tire-au-flanc flanc du régiment) (John Gilling) – Please turn over (Pages indiscrètes) (Gerald Thomas) – Bobbikins (Robert Day) – 1960  Two way stretch (Le paradis des monte-en-l’air) (Robert Day) – The trials of Oscar Wilde (Le procès d’Oscar Wilde) (Ken Hugues) – Jazzboat (Keh Hugues) – Let’s get married (Peter Graham Scott) – Tarzan the magnificent (Tarzan le magnifique) (Robert Day) – 1961  The hellions (Les diables du sud) (Irwing Allen & Ken Annakin) – Fanny (Id) (Joshua Logan) – 1962  Operation Snatch (Robert Day) – Mrs. Gibbon’s boys (Max Varnel) – Kill of cure (George Pollock) – The notorious landlady (L’inquiétante dame en noir) (Richard Quine) – 1963  The wrong arm of the law (Jules de Londres) (Cliff Owen) – 1963  Call me bwana (Appelez-moi chef) (Gordon Douglas) – The scarlet blade (L’épée écarlate) (John Gilling) –  The long ships (Les drakkars) (Jack Cardiff) –  1964  First men in the moon (Les premiers hommes dans la lune) (Nathan Juran) – The truth about spring (L’aventure est au large) (Richard Thorpe) – Murder Ahoy (Passage à tabac) (George Pollock) – 1965  You must be joking ! (Michael Winner) – The secret of my success (Veuves à gogo) (Andrew L. Stone) – 1966  Drop dead darling (Arrivederci, baby !) (Ken Hugues) – Oh dad, poor dad, mamma’s hung you in the closet and I’m feelin’ so sad (Richard Quine) – The spy with a cold nose (L’espion au nez froid) (Daniel Petrie) – 1967  Jules Verne’s rocket to the moon (Le grand départ) – Camelot (Camelot ou le chevalier de la reine) (Joshua Logan) – 1968  Chitty Chitty Bang Bang (Id) (Ken Hughes, + lyrics) – 1969  Twinky (L’ange et le démon) (Richard Donner) – 12 + 1 (Id) (Nicolas Gessner) – 1970  Eyewitness (Les inconnus de Malte) (Alan Gibson) – 1971  Whoever slew Auntie Roo? (Qui a tué tante Roo ?) (Curtis Harrington) – 1974  Royal Flash (Le froussard héroïque) (Richard Lester) – What changed Charley Farthing? (Vidéo : Cet emmerdeur de Charly) (Sidney Hayers) – 1978 The prisoner of Zenda (Le prisonnier de Zenda) (Richard Quine) – 1982  Better late than never (Ménage à trois) (Bryan Forbes) – 1988  A chorus of disapproval (Michael Winner) –  1989  Roald Dahl’s Danny the champion of the world (Danny, le champion du monde) (Gavin Millar, téléfilm distribué en salles en France). Comme réalisateur : 1970  The railway children (+ scénario) – 1972  The amazing Mr. Blunden – Baxter ! – 1977  Wombling free (+ voix) – 1978  The Water Babies / Slip Slide Adventures : (animation, + voix). Voxographie succincte : 1988  Abel’s island (Michael Sporn, CM d’animation). Télévision (notamment) : 1980  Crime in my coffee (Gavin Millar) – 1989  Ending up (Peter Sasdy) – First and last (Alan Dossor) – 1992  Look at it this way (Gavin Millar) – 1993  Woof ! (David Cobham, 10 episodes). 

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Esther Gorintin

Esther Gorintin dans “Depuis qu’Otar est parti…”, source Zeitgeistfilm

Annonce de la mort d’Esther Gorintin, à l’âge de 96 ans. Elle avait débuté au cinéma grâce à Emmanuel Finkiel dans “Voyages”, à l’âge de 85 ans. Elle était inoubliable dans ce film, avec le rôle de Véra, une vieille dame perdue de devoir vivre en Israël après toute une vie vécue en Russie. Son charme et sa belle présence sont alors utilisés par plusieurs cinéastes, elle est une  voisine souffrante dans “Imago”, une kleptomane dans “Carnages”, sa présence rayonne durant tout le film, même après sa disparition, dans “Les mots bleus”, et on la retrouve en dame courbée qui a des difficultés à jeter une bouteille dans un container dans “L’enfer” dans un personnage très kieslowskien. A l’instar de Bruno de “La petite maison jaune” ceux qui avaient assisté à l’avant-première à l’UGC-cité-ciné de “Otar est parti” en 2003 se souviendront comme moi  avec émotion de sa présence avec Julie Bertuccelli  Avec Nino Khomasuridze et Dinara Droukarova, la réalisatrice avait fait un beau portrait de femmes géorgiennes de générations différentes. Esther Gorintin y joue avec humanité l’aïeule, guettant la moindre nouvelle de son fils Otar, parti en France. Elle retrouvait Bordeaux, la ville de sa jeunesse après des années, elle avait fui durant l’occupation. C’était un choc pour elle de voir la transformation du quartier Meriadeck, par exemple. Elle avait évoqué avec pudeur sa vie dans une série d’entretiens dans “À voix nue” cette même année sur France Culture. Ses personnages nous touchaient énormément par sa seule présence. A lire le bel hommage d’Antoine Perraud pour Médiapart.

Dans “Depuis qu’Otar est parti…”

 

Filmographie : 1999  Voyages (Emmanuel Finkiel) – 2000  Imago (Jours de folies) (Marie Vermillard) – Le stade de Wimbledon (Mathieu Amalric) – 2001  L’ombre des fleurs (Christèle Frémont, CM) – Carnages (Delphine Gleize) – 2002  Varsovie-Paris (Idit Cébula, CM)  – Depuis qu’Otar est parti… (Julie Bertuccelli) – 2003  Le grand rôle (Steve Suissa) – 2004  Les mots bleus (Alain Corneau) – L’enfer (Denis Tanovic) – Call me Agostino (Christine Laurent) – Bednye rodstvenniki (Famille à vendre) (Pavel Lounguine) – 2005  Le malotru (Olivier Roger, CM) – 2006  L’homme qui rêvait d’un enfant (Delphine Gleize) – Résistance aux tremblements (Olivier Hems, CM). Télévision : 2008  Drôle de Noël ! (Nicolas Picard).

©   Le coin du cinéphage (reproduction strictement interdite, textes déposés)

Dans “Résistance aux tremblements”, photo copyright Valérie Teppe, source Longcours.fr

ARTICLE

LE MONDE du 20/03/2005

Inconnus dans l’histoire : La comédienne de Sokolka, par Marion Van Renterghem

Esther Gorintin donne ses rendez-vous à La Brioche dorée, rue de Rivoli. Un petit snack parisien où elle a ses habitudes, au fond à gauche, sur la banquette. Elle n’a pas un mot à dire, on lui apporte spontanément son café-crème et sa baguette, jour après jour, avec tout le respect qu’on doit aux grandes dames. “Mme Gorintin est souvent en retard”, prévient la serveuse avec une fierté teintée de mystère. C’est qu’à La Brioche dorée on protège ses célébrités.

Depuis qu’elle a 85 ans, Esther Gorintin est actrice de cinéma. C’est arrivé tout d’un coup. Pour son film Voyages, en 1999, le jeune réalisateur Emmanuel Finkiel cherchait : 1. une vieille dame, 2. parlant russe et français, 3. avec “un vrai accent yiddish”. Esther s’est dit : “Pourquoi pas moi ?” Dès les premiers essais, elle a illuminé l’écran avec son ingénuité coquine et cet œil divergent qui lui donne l’air perdu.

Esther a maintenant 91 ans et elle ne cesse d’enchaîner les films. Son charme et sa chance invraisemblable lui ont permis de toujours passer entre les gouttes. Miraculée de la destruction des juifs d’Europe : du shtetl au Festival de Cannes.

Elle est très occupée. Si l’on n’est pas producteur à la Gaumont, mieux vaut s’armer de patience pour obtenir un rendez-vous. Elle diffère chaque fois par un soupir poli, se plaint d’être fatiguée, très pressée, et d’avoir “tant de choses à faire”. Son fils Armand, 54 ans, moniteur d’auto-école et militant anarchiste, connaît bien la chanson. “Un être humain, dit-il, on reconnaît qu’il est vivant à ses battements de cœur. Une mère juive, c’est à ses soupirs.”

Esther Gorintin s’appelait Esther Gorinsztejn. Sous l’Occupation, elle était Carmen-Juliette Guérin, née Gaillard, citoyenne suisse. Le dimanche, elle allait au cinéma et tentait d’y oublier sa vie, dans l’angoisse d’un contrôle d’identité. Cette peur-là ne l’a jamais quittée. “Nous vivons toujours sous l’Occupation, ironise son fils, qui partage son appartement, rue de Rivoli. J’habite la partie sud, en zone libre. Ma mère est en zone occupée, au nord. La cuisine est à l’extrême nord, en zone interdite, et le téléphone sur la ligne de démarcation. Quant à la Gestapo, méfiez-vous, elle est toujours au bout de la rue.”

A La Brioche dorée, Esther Gorintin surgit enfin, la silhouette toute courbée, un sac en plastique “Ed” à la main, les cheveux blancs mi-longs coquettement fixés par des barrettes en strass. Ses chaussures aussi sont en paillettes de strass et ses ongles presque assortis. Plus rien d’une dame aux soupirs. De son air malicieux, elle se met à bavarder. Soucieuse des mots exacts, les voyelles frappées avec application : du yiddish très vieille France.

Elle est née biélorusse en 1913, dans un shtetl (bourgade juive) de la Russie tsariste, et devient polonaise en 1920, à la suite des traités de paix : Sokolka, la petite ville de son enfance, fait partie de ces zones à nationalité variable, soumises aux caprices des frontières. La génération des parents d’Esther parle russe et biélorusse, les enfants le polonais. Entre juifs, on se parle en yiddish. “Un yiddish littéraire, très pur, souligne Esther avec fierté. C’est pour ça qu’Emmanuel Finkiel a apprécié mon accent.”

Esther Gorintin est bavarde de naissance : dans son shtetl bâti tout en longueur, où la rue principale mène d’un côté à Grodno et de l’autre à Bialystok, les potins sont une spécialité locale. D’où le dicton : “Quand quelqu’un tousse du côté de Bialystok, on dit “à votre santé” du côté de Grodno.”

Son père est tanneur, autre spécialité locale. La famille habite le centre-ville alors que les paysans, tous non juifs, vivent dans les faubourgs. A Sokolka, il y a une église, une synagogue, un théâtre et… un cinéma. Esther va à la synagogue une fois par an et mange des côtes de porc en cachette avec les paysans. “C’était très mal vu.”

La maison d’Esther est située à proximité du faubourg. Pour aller à l’église, les paysans y font étape, déposent leurs sabots boueux et enfilent des souliers en peau. “On vivait en bon voisinage, commente-t-elle. Le racisme, c’était plutôt dans les villes.” Elle ajoute : “D’après ce qu’on m’a dit, presque tous les habitants de Sokolka, même les non-juifs, ont été déportés à Treblinka et exterminés.”

A 4 ans, Esther rêve d’être ballerine. ” Mon père m’en a empêchée car les danseuses avaient mauvaise réputation. Ça m’a sauvé la vie. Si j’étais allée à Varsovie étudier la danse, j’aurais fini dans le ghetto.” Le choix est fait : Esther sera chirurgienne-dentiste. Le numerus clausus complique l’accès des juifs à l’université en Pologne. Au shtetl de Sokolka, on rêve du pays de la liberté : la France.

1932. Dans le Varsovie-Paris, Esther traverse l’Allemagne, la Belgique.”Des fenêtres du train, je voyais des croix gammées sur les murs. C’était le commencement.” Elle est attendue à Bordeaux, où se trouve déjà l’un de ses frères, pour y faire l’école dentaire.

L’un de ses condisciples s’appelle David Gorinsztejn et vient aussi de Pologne. Elle est sympathisante communiste, il est fils d’un militant du Bund (parti social-démocrate juif). En 1938, ils se marient. Un an plus tard, la guerre les sépare : David Gorinsztejn, engagé dans la Légion étrangère, est fait prisonnier. Esther reste dans Bordeaux occupée.

Docilement, elle va se déclarer à la préfecture. La première ordonnance allemande du 27 septembre 1940 exige que toute “personne juive” vienne se faire inscrire sur un registre spécial. Quelques jours plus tard, le 3 octobre, le gouvernement de Vichy promulgue le premier “statut des juifs”: ceux-ci sont exclus, en principe, de la fonction publique, des professions libérales, du journalisme, du théâtre, de la radio… et du cinéma.

“Je n’avais pas peur, dit-elle. On ne connaissait pas les camps ni rien de tout ça. Je ne me méfiais pas. D’autant moins que j’étais femme de prisonnier de guerre. Théoriquement, je devais en tirer un statut particulier.” 5 177 juifs sont recensés à Bordeaux. Dont Esther Gorinsztejn.

Esther boit une gorgée de café-crème, regarde au plafond. “Je ne me rappelle plus très bien comment ça a commencé. Je travaillais chez un photographe et j’habitais 15, rue Maucoudinat, une pièce meublée chez une veuve de guerre. Et puis je me suis retrouvée au camp de Mérignac.”

La chronologie n’est pas le fort d’Esther Gorintin. Dans l’appartement commun, son fils Armand fait parfois des intrusions clandestines en “zone occupée” pour y rechercher des documents, dans un désordre indescriptible. “Entre deux pains au chocolat fossilisés”, comme il dit, il a retrouvé des indices : le fil d’Ariane de la vie d’Esther sous l’Occupation. Elle-même, désormais, a la tête ailleurs. “Vous savez, je suis tellement prise par le cinéma !”

Le 13 mars 1942, Esther est arrêtée. “C’était facile, j’étais déclarée à la préfecture.” Elle est conduite au commissariat. “J’étais très abattue. Je pleurais terriblement. Un policier me regardait, un petit vieux adorable qui n’était pas du tout dans l’affaire. Il m’a dit : “Ne pleurez pas, regardez plutôt dans votre sac”, et il m’a montré le poêle à gaz.” Esther fouille alors dans son sac. Elle en sort une vieille demande de visa pour l’Union soviétique, l’ennemi communiste. Elle la jette dans le poêle.

Elle est conduite au camp de Mérignac, d’où partent les convois de juifs vers Drancy et les camps de la mort. Elle y fait “un séjour de six semaines”, dit-elle avec une préciosité de circonstance. “Ma logeuse, Gisèle Soulat, est venue s’indigner qu’on arrête sa locataire. Je crois que c’est elle qui m’a sortie de là.” Les documents d’Esther indiquent qu’une association fait jouer son statut de “femme de prisonnier de guerre”. Le 24 avril, elle est libérée.

“Là, j’aurais dû comprendre, dit Esther. J’aurais dû partir. Au lieu de ça, j’ai repris tranquillement mon travail. J’ai eu tort.” Arrivé en juin, le nouveau secrétaire général de la préfecture de la Gironde, responsable du service des questions juives, est Maurice Papon. Le 15 juillet 1942, Esther rentre chez elle, son étoile jaune sur la poitrine. Il est 20 heures. Deux gendarmes et deux policiers l’attendent dans la cage d’escalier.

“Ils m’ont dit : “Venez avec nous.” Le ton n’était pas aimable. Je n’ai pas discuté.” Esther est incarcérée au fort du Hâ, en plein Bordeaux. A la suite d’un malaise, elle est admise à l’hôpital Saint-André. Le policier qui l’accompagne l’informe qu’il reviendra la chercher le lendemain, à 6 heures. “J’ai compris à son regard : il m’invitait à m’enfuir. J’ai profité d’un séjour aux toilettes et je me suis sauvée.” Le 16 juillet, 172 juifs bordelais sont déportés vers les camps de la mort. Pas Esther.

Son frère Boris, qui a des liens avec la Résistance, la confie à un passeur. Destination Lyon, en zone libre. “A l’époque, c’était une drôle d’expédition, raconte Esther, l’air naïf. On est passés par un petit patelin juste avant la zone libre, La Réole. La voiture s’est arrêtée. Le passeur m’a dit : “Vas-y, cours !” J’ai couru, j’ai entendu tirer. Je ne me rappelle pas exactement. J’ai pris un train.”

11 novembre 1942 : Esther est à peine arrivée à Lyon que la zone libre est occupée à son tour. “Lyon, c’est une longue histoire,soupire-t-elle, agacée par ses souvenirs. Je passais mon temps à fuir. Je changeais de domicile. Je nageais dans l’eau trouble, toujours dans la méfiance. Je parlais le moins possible. Cette peur, je n’ai jamais pu m’en défaire. Le dimanche, j’allais au cinéma. C’était un grand danger, à cause des contrôles de papiers.”

A La Brioche dorée, Esther Gorintin s’impatiente. Elle doit partir, elle a beaucoup à faire. Défilent alors en vitesse : le curé qui lui fournit ses faux papiers ; les amis qui possèdent une charcuterie “connue pour ses saucisses, ce qui était très appréciable” ; l’atelier de photographie où elle travaille, orné de photos du maréchal Pétain ; l’officier allemand qui la drague dans un tramway ; la rafle à laquelle elle échappe grâce à l’aide d’un policier ; une passagère du tram qui insulte les “sales youpins” ; les immeubles sur les pentes de la Croix-Rousse, avec des issues à différents niveaux, qui lui permettent de s’enfuir ; la concierge qui l’héberge, une délatrice retrouvée poignardée par la Résistance.

La guerre est finie. 76 000 juifs ont été déportés de France vers les camps d’extermination. Les parents d’Esther ont été assassinés à Treblinka. Son frère Boris, raflé à Bordeaux, déporté à Auschwitz, a miraculeusement survécu. Son mari est revenu de son camp de prisonniers. “Vous voyez, j’ai eu une vie très normale”, conclut Esther.

Après la Libération, Esther et David Gurinsztejn francisent leur nom en Gorintin et installent leur cabinet dans l’actuel appartement de la rue de Rivoli. David est dentiste, Esther reçoit les clients et nettoie les instruments. L’immeuble abrite un petit cinéma, le Rivoli-Beaubourg. La cabine de projection donne dans la cour. Quand le projectionniste ouvre les portes, Esther est presque au cinéma. En 1985, un attentat antisémite frappe la salle lors d’un festival du film juif et fait une vingtaine de blessés. Avec sa chance habituelle, Esther ne s’y trouve pas ce soir-là.

Lorsque son mari meurt, elle a 73 ans. Elle fait de la peinture “très innocemment”, puis tente son premier casting, une dizaine d’années plus tard. Emmanuel Finkiel lui confie le rôle d’une grand-mère juive perdue dans la modernité de Tel Aviv, où plus personne ne comprend le yiddish.

C’est un succès. Esther est invitée à Cannes. La critique salue cette nouvelle actrice de 85 ans promise à un avenir brillant. Les propositions se succèdent. Elle tourne dans une dizaine de films, dont Le Stade de Wimbledon, de Mathieu Amalric, ou Depuis qu’Otar est parti, de Julie Bertucelli. Elle tourne avec Alain Corneau, a passé deux mois en Géorgie pour Otar et revient de plusieurs semaines en Ukraine pour un film du cinéaste russe Pavel Lounguine. “Je joue toujours des rôles de vieille dame”, s’étonne-t-elle.

La silhouette courbée quitte La Brioche dorée à petits pas. “Excusez-moi, je suis très pressée. Pavel Lounguine doit me rappeler, il y a peut-être des scènes à tourner, je ne sais pas, c’est compliqué. Vous savez, je suis entre leurs mains. C’est ça, le cinéma.”

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Paul Naschy

Photo de Paul Naschy en 2007  par Oscal L. Tejeda Source : http://www.oscarltejeda.com/

Annonce de la mort de Paul Naschy des suites d’un cancer, à l’âge de 75 ans, ce 1 décembre. Il était bien connu des amateurs de fantastique, comme étant le Lon Chaney espagnol. Trapu, ce sportif de haut niveau – il était notamment haltérophile -, fait de la figuration dans les superproductions produites par Samuel Bronston et tournées en Espagne. Après des débuts hésitants, on apprend par Jean-Marie Lardenois dans “Stars N°34/35”, qu’il a choisi son pseudonyme de Paul Naschy en hommage au Pape Paul VI ! En 1968, il interprète le personnage qui le popularisera, celui de Waldemar Daninsky, un loup-garou au grand coeur selon la formule de Jean-Marie Sabatier. S’il reste encore assez méconnu en France, il a été pourtant très vite considéré chez nous, recevant en 1973 le prix du meilleur acteur à la deuxième convention française du cinéma fantastique de Paris pour son jeu dans “Le bossu de la morgue”.  Sabatier, toujours, le salue dans “La saison cinématographique 1973” : “…L’interprétation de Paul Naschy illustre bien cette tendance du cinéma espagnol à revenir au cinéma fantastique américain des années vingt et trente, en ignorant délibérément tout apport des réalisateurs britanniques. Malgré des références un peu trop évidentes à Lon Chaney père et à “The Hunch-Back of Notre-Dame” (1922), Naschy parvient à donner à son personnage d’amoureux torturé une réelle dimension tragique, prenant en cela le contrepied d’un Christopher Lee par exemple, qui tendrait plutôt à ramener les personnages à des dimensions humaines”. Ses films contournent souvent la censure franquiste, en transposant les histoires à l’étranger. Il se consacrera au fantastique en incarnant toute une série de monstres tels Jekyll et Hyde, Dracula, la créature de Frankenstein, la momie, et même le docteur Petiot et Gilles de Rais. En 1976, il se lance dans la réalisation, Laurent Aknin évoque son “El caminante”  (1979), comme “une curieuse ballade picaresque, dans laquelle  Naschy joue le Diable en personne” (1). Si ces films demeurent rares en DVD, on pourra le découvrir en truand au visage bandé dans l’ahurissant “L’homme à la tête coupé”, dont Christophe Bier parlait dans son excellent volume de “Cinéma Culte Européen” : “…Ce polar à la lisière du fantastique est une surprise de taille, pourtant peu appréciée à sa valeur par les spécialistes du cinéma bis”. On aimerait mieux connaître ses films, ce personnage méritant notre considération. La Cinémathèque Française lui avait consacré une soirée en novembre 2003. A voir un site très complet qui lui est consacré www.naschy.com ainsi que l’excellent Club des monstres qui lui consacre une page. Bibliographie : “Las estrellas de nuestro ciné” par Carlos Aguilar & Jaime Genover (Alianza editorial, 1996), + filmo – Stars N°34/35 (2ème trimestre 1999) –  (1) “Cinéma Bis – 50 ans de cinéma de quartier” par Laurent Aknin (Nouveau monde éditons, 2007).

Paul Naschy dans “Les vampires du Dr. Dracula”

Filmographie : 1960  El príncipe encadenado (Luis Lucia, figuration) – 1961  King of Kings (Le roi des rois) (Nicholas Ray, figuration) – 1963  55 Days at Peking (Les 55 jours de Pékin) (Nicholas Ray, figuration) – L’ultimo gladiatore (Hercule contre les mercenaires) (Umberto Lenzi, figuration) – 1966  Operación Plus Ultra (Pedro Lazaga, figuration) – 1967  Plan Jack cero tres (Cecilia Bartolomé, CM) – Dove si spara di più  (Un doigt sur la gâchette) (Gianni Puccini) – 1968  Agonizando en el crimen (Enrique L. Eguiluz) – La marca del hombre-lobo (Vidéo : Les vampires du Dr. Dracula / Manwolf le seigneur de la nuit) (Enrique L. Eguiluz) – La esclava del paraíso (José Maria Elorrieta) – 1969  Los monstruos del terror (Dracula contre Frankenstein) (Hugo Fregonese & Tullio Demicheli) –  1970  El Vértigo del crimen (Pascal Cervera) – La furia del hombre-lobo (José María Zabalza) – La noche de Walpurgis (La furie des vampires) (León Klimovsky) – 1971  Jack el destripador de Londres (José Luis Madrid, + co-scénario) – Doctor Jekyll y el hombre-lobo (León Klimovsky, + co-scénario) – 1972  El gran amor del Conde Drácula (Javier Aguirre, + scénario) – El jorobado de la morgue (Le bossu de la morgue) (Javier Aguirre, + scénario) – La rebelión de las muertas (La vengeance des zombies) (León Klimovsky, + co-scénario) – Los crímenes de Petiot (José Luis Madrid, + co-scénario) – Disco rojo (Rafael Romero Marchent) – La orgía de los muertos / L’orgia dei morti (Orgies macabres) (José Luis Merino) – El espanto surge de la tumba (Carlos Aured, + scénario) – Los ojos azules de la muñeca rota (Carlos Aured, + co-scénario) – 1973  La venganza de la momia (Carlos Aured, + co-scénario) – El retorno de Walpurgis (L’empreinte de Dracula) (Carlos Aured) – Las ratas no duermen de noche (Version Eurociné : L’homme à la tête coupée / Version X : Le viol et l’enfer des X) (Juan Fortuny) – Una libélula para cada muerto (León Kimovsky, + co-scénario) – El asesino está entre los trece (Javier Aguirre, + co-scénario) – Tarzán en las minas del rey Salomón (José Luis Merino) – 1974  Todos los gritos del silencio (Ramón Barco, + co-scénario) – La diosa salvaje (M.I. Bonns [Miguel Iglesias]) – Exorcismo (Juan Bosch) – El mariscal del infierno (León Klimovsky, + co-scénario) – 1975  Los pasajeros (José Antonio Barrero) – Muerte de un quinqui (León Klimovsky, + co-scénario) – La maldición de la bestia (Dans les griffes du loup-garou) (M.I. Bonns [Miguel Iglesias], + scénario) – Último deseo (León Klimovsky) – Docteur Justice (Christian-Jaque) – 1976  Secuestro (León Klimovsky) – Muerte de un presidente / Commando Txiquia (José Luis Madrid) – Inquisición (+ scénario et réalisation sous son vrai nom, Jacinto Molina) – 1977  El francotirador (Carlos Puerto, + scénario) – Pecado mortal (Miguel Ángel Díaz) – El transexual (José Jara) – El huerto del francés’ (+ scénario et réalisation sous son vrai nom, Jacinto Molina) – 1978  Madrid al desnudo (+ scénario et réalisation sous son vrai nom, Jacinto Molina) – 1979  El caminante (+ scénario et réalisation sous son vrai nom,Jacinto Molina) – 1980  Los cántabros (+ scénario et réalisation sous son vrai nom, Jacinto Molina) – El carnaval de las bestias (+ scénario et réalisation sous son vrai nom, Jacinto Molina) – El retorno del hombre lobo (+ scénario et réalisation sous son vrai nom, Jacinto Molina) – 1981  Misterio en la isla de los monstruos (Le mystère de l’île aux monstres) (Juan Piquer Simón) – La batalla del porro (Joan Minguell) – 1982  Buenas noches señor monstruo (Antonio Mercero) – 1983  Latidos de pánico (+ réalisation sous son vrai nom, Jacinto Molina) – La bestia y la espada mágica (Jacinto Molina) – 1984  Mi amigo el vagabundo (+ scénario et réalisation sous son vrai nom, Jacinto Molina) – Operación Mantis (+ scénario et réalisation sous son vrai nom, Jacinto Molina) – El último kamikaze (+ scénario et réalisation sous son vrai nom, Jacinto Molina) – 1985  Pez (Luis Guridi, CM) – 1986  Mordiendo la vida (Martín Garrido) – Shh (Luis Guridi, CM) – Trampa (Maurizo Ladrón) – 1987  El aullido del diablo (+ scénario et réalisation sous son vrai nom, Jacinto Molina) – 1988  El último guateque 2 (José Luis Porto) – 1989  Aquí huele a muerto… / ¡pues yo no he sido! (Álvaro Sáenz de Heredia) – La hija de Fu-Manchu (Escuadlilla Amalilla, CM) – 1990  La noche del ejecutor (+ scénario et  réalisation sous son vrai nom, Jacinto Molina) – 1992  State of mind (Reginald Adamson) – 1996  Licántropo: el asesino de la luna llena (Francisco Rodríguez Gordillo) – Científicamente perfectos (Francisco Javier Capell) – 1998  Cuando el mundo se acabe te seguiré amando (Pilar Sueiro) – El ojo de la Médusa (José Cabanach) – 2000  Érase otra vez (Juan Pinzás) – La gran vida (Une vie de rêve) (Antonio Cuadri) – 2001  School Killer (Carlos Gil) – 2002  El lado oscuro (Luciano Berriatúa) – Octavia (Basilio Martín Patino) – Mucha sangre (Pepe de las Heras) – 2003  Aldea Muriel (Israel Calzado, CM) – 2004  Tomb of The Werewolf (Fred Olen Ray) – Countess Dracula’s Orgy of Blood (Donald F. Glut, vidéo) – Rojo sangre (Christian Molina) – Rottweiler (Brian Yuzna) – 2005  Um lobisomem na Amazônia (Ivan Cardoso) – 2006  The Edgar Allan Poe Collection: Vol. 1 : Annabel Lee & Other Tales of Mystery and Imagination [sketch : “El corazón delator” (Alfonso S. Suárez) – 2007  La duodécima hora (Rodrigo Plaza & Juanma Ruiz, CM) – Lagrimas de papel (Angel Gomez, CM) – 2009  Coffin of light (Nacho Cerdà, documentaire) – La herencia Valdemar (José Luis Alemán) – La sonrisa del lobo (Javier Perea). Voxographie : 2008  O Apóstolo / El apóstol (Fernando Cortizo).

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Fragments d’un dictionnaire amoureux : Jocelyn Quivrin

Jocelyn Quivrin dans “Incognito”

Annonce de la mort du comédien Jocelyn Quivrin, hier à l’âge de 30 ans, le 15 novembre dernier d’un accident au volant de son “Ariel Atom”. Il était l’un des comédiens les plus prometteurs de sa génération, son panache nous manquera beaucoup. Il débute comme comédien enfant, il est retenu dans un casting dans le Marais, venant accompagner son voisin. Il se retrouve pendant deux mois et demi dans la série TV “Les compagnons de l’aventure”, rôle pour lequel il sera remarqué par Roger Planchon (1).  On le retrouve au cinéma en jeune Duc d’Anjou dans “Louis, enfant roi”, ou apprenti cuistot impertinent et bousculé par Michel Aumont dans “Au petit Marguery” avec déjà un petit côté frondeur. De petits rôles en petits rôles, on le remarque dans « Rastignac ou les ambitieux », intéressante transposition moderne de l’univers de Balzac. Christian Bosséno rappelait pourtant, dans “Télévision française – la saison 2001” que la presse se partageait lors de à sa première diffusion : « Des inrockuptibles à Libération, c’est une surenchère de sarcasmes : Rastignasse, titre par exemple (non sans humour) Libé, par allusion à la chevelure en pétard de Jocelyn Quivrin, en présentant le premier épisode, ou Rastignac ou le cousin bête (dernier épisode). » Il trouve également à la télévision un beau rôle, celui du fils de Nathalie Baye dans « L’enfant des lumières », qui préfère lutiner plutôt que de venger sa mère. Il saura retenir le conseil de sa prestigieuse partenaire « On ne fait pas sa carrière avec des oui, mais on fait carrière avec des noms ».  Il excelle en jeune étudiant sportif, venant d’un milieu aisé dans “Grande École”, adapté d’une pièce de Jean-Marie Besset. Face à Alice Taglioni et Grégori Baquet, il y est l’objet d’un pari sexuel entre ses deux partenaires. Il fait jeu égal avec Jean Reno dans le médiocre « L’empire des loups », adaptation de l’univers de Jean-Christophe Grangé, il y campe un jeune policier fougueux chargé d’enquêter sur le meurtre de jeunes clandestines turques. Il est le grand méchant comte de Nansac dans « Jacquou le croquant », il fait preuve de maturité et de cruauté dans un film pourtant mal reçu lors de sa sortie. Il reste dans la noblesse en incarnant un Louis XIV plein de morgue dans “Jean de La Fontaine”. Il compose ensuite plusieurs personnages souvent désinvoltes tel le copain fumiste de Jean Dujardin dans “99 francs”, s’aidant de son sens de la répartie pour tirer partie de la superficialité du monde de la pub. Il aimera aussi participer à un certain cinéma d’auteur, comme en tenant un petit rôle chez Éric Rohmer dans “Les amours d’Astrée et de Céladon” ou les grandes amours contrariées chez les bergers. Il devait toujours défendre ce cinéma en tournant aussi avec le radical Jean-Claude Brisseau.  Il est à l’aise dans la comédie, il est un policier décontracté et amant de Sophie Marceau dans “Lol…”, et l’ami faussement désinvolte de Bénabar dans “Incognito”, coupé des réalités et de retour d’un voyage en Inde. Il trouve l’un de ses meilleurs rôles dans « Notre univers impitoyable », en avocat carriériste mis en compétition avec sa femme – Alice Taglioni -. Dans “La famille Wolberg”, il est “l’homme blond”, rival de François Damiens qui représente tout ce qu’il déteste. Il préparait la réalisation de son premier long-métrage comme réalisateur « Maestro », il avait déjà réalisé un court-métrage très prometteur “Acteur”. Pour l’anecdote, l’ayant vu lors d’avant-premières à Bordeaux, notamment celle de « Notre univers impitoyable », où il était venu avec sa compagne Alice Taglioni et la réalisatrice Léa Fazer, on ne pouvait qu’être admiratif de sa passion du cinéma. Il défendait aussi bien l’univers d’un Jan Kounen que celui d’Éric Rohmer avec la même ferveur. Il était très disponible et enthousiaste. Nos pensées vont à sa famille.

(1) Source Vincennes : Portrait de Jocelyn Quivrin

Dans “Au petit Marguery”

Filmographie : 1991  Louis, enfant roi (Roger Planchon) – 1993  Crash record (Dominique Champetier, CM) – 1994  Au petit Marguery (Laurent Bénégui) – Option cinéma (Patrick Volson, MM) – Fiesta (Pierre Boutron) 1996  Au bout de la nuit (Étienne Faure, CM) – Country Boy (Rafaël Schneider & Sébastien Lafarge, CM) – 1997  La leçon de Monsieur Paillasson (Michel Fessler, CM) – Lautrec (Roger Planchon) – 1998  Peut-être (Cédric Klapisch) – Noël en famille (Aruna Villiers & Fabienne Berthaud, CM) – Il fait trop chaud ici – J’ai froid – J’ai chaud – Vous ne vous souvenez pas ? (Patricia Bardon, CM) – Elizabeth (Id) (Shekhar Kapur) – Befschnargel (Pierre Mégemont, inédit) – Le prof (Alexandre Jardin) – Sans plomb (Muriel Teodori) – 2000  En solitaire (Stéphane Kazandjian, CM) – Féroce (Gilles de Maistre) – Clément (Emmanuelle Bercot, téléfilm diffusé en salles) – 2001  Qui veut devenir une star ? (Patrice Pooyard, inédit en salles) – 2002  Sem Ela (Sans elle) (Anna de Palma) – 2003  Zoltex (David Ingaro, CM) – Grande école (Robert Salis) – L’outremangeur (Thierry Binisti) – 2004  Le premier jour (Luc de Saint-Sernin, CM) – L’empire des loups (Chris Nahon) – Syriana (Id) (Stephen Gaghan) – Quoi ? l’éternité (Étienne Faure) – 2005  Jacquou le croquant (Laurent Boutonnat) – L’ultimatum (Rafaël Schneider, & Sébastien Lafarge, CM) – 2006  Jean de la Fontaine, le défi (Daniel Vigne) – Les amours d’Astrée et de Céladon (Éric Rohmer) – 99 francs (Jan Kounen) – 2007  Ca$h (Éric Besnard) – Notre univers impitoyable (Léa Fazer) – Deux vies plus une (Idit Cebula) – À l’aventure (Jean-Claude Brisseau) – 2008  Comité exécutif (Gilbert Carsoux, CM) – LOL (laughing out loud) ® (Lisa Azuelos) – Incognito (Éric Lavaine) – 5 à 7 (Audrey Dana, CM) – 2009  La famille Wolberg (Axelle Ropert) – Ensemble c’est trop (Léa Fazer). Comme acteur-auteur-réalisateur : 2006  Acteur (CM).

  

Télévision : 1990  Les compagnons de l’aventure (Christophe Andrei) – Port Breac’h (Pierre Goutas) – 1991  Oeil pour oeil : Besoin de personne (Nicolas Lublin) – 1994  L’instit : Vanessa et la petite dormeuse (Philippe Triboit) – 1995  Clara et son juge (Joël Santoni) – Mylène (Claire Devers) – 1996  Histoires d’hommes (Olivier Langlois) – Les Boeuf-carottes : Émotions fortes (Pierre Lary) – 1997  Le juge est une femme : Drôle de jeu (Daniel Vigne) – Dossiers : disparus : Madeleine (Frédéric Demont) – 1998  Embarquement immédiat (Aline Issermann) – Anne Le Guen : Un poids lourd sur la conscience (Alain Wermus) – La banquise (Pierre Lary) – La façon de le dire (Sébastien Grall) – Voyage à travers le XXème siècle (Hélène Guétary) – 1999  L’ombre d’un doute (Gilles Béhat) – Julie Lescaut : Destins croisés (Alain Wermus) – Maigret : Maigret chez les riches (Denys Granier-Deferre) –  P.J. : Garde à vue (Gérard Vergez) – Chère Marianne : La sous-préfète (Pierre Joassin) – 2000  Rastignac ou les ambitieux (Alain Tasma) – Nana (Édouard Molinaro) – 2001  L’enfant des lumières (Daniel Vigne) – 2002  Navarro : Meutre en famille (Gilles Béhat) – 2008  Antonio Palizzi : CDD conneries (Jean Dujardin) – Équipe médicale d’urgence : L’enfant diamant (Étienne Dhaene) – Revivre (Haïm Bouzaglo). Publicités : 1997  Lutte anti tabac (Marion Vernoux) – 1998  Loto (Cédric Klapisch) – 1999  Freeyop (Bertrand Blier).   

Mise à jour le 28/11/2009

©   Le coin du cinéphage (reproduction strictement interdite, textes déposés)

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Pierre Doris

 

Dans “La maison des bois”  

Annonce de la mort du comédien Pierre Doris, grand chantre de l’humour noir, alors qu’il allait atteindre son 90ème anniversaire. Il ne semble pas avoir pris le cinéma au sérieux. Il joue le satyre dans bien des films depuis la série des “Saintes chéries”. Le regard salace, l’air libidineux, il se régale dans l’égrillard. Il est même en vedette avec France Anglade dans le navrant mais néanmoins désopilant “Clémentine Chérie”, adapté d’une B.D. de Jean Bellus. Il y joue Gaston Bellus, un archétype du Français moyen, inventeur du tissu élastique. La plupart du temps, il se contente de faire-valoir tel le moine fourbe face à Fernandel dans “Le bon roi Dagobert”. Il trouve le rôle de sa vie à la télévision, en tragi-comique garde-champêtre, grâce à Maurice Pialat qui lui donne l’occasion de donner le meilleur de lui-même dans le feuilleton « La maison des bois », à l’instar d’un Hubert Deschamps dans “La gueule ouverte”. Samuel Douhaire en parle parfaitement dans “Le dictionnaire Pialat”, (Éditons Léo Scheer, 2008). : “…Grâce à Pialat, un grand acteur comique vient de révéler un don pour la tragédie que les circonstances ne lui avaient pas permis d’exprimer. Et ne lui permettront plus d’exprimer : pour Pierre Doris, « La maison des bois » sera resté une parenthèse éblouissante entre le boulevard télévisé d’Au théâtre ce soir et Les planqués du régiment”. Selon Pascal Mérigeau, dans son livre “Pialat” (Bernard Grasset, 2002 », il ne semble pas avoir pris son rôle très au sérieux : « …Sans doute Pierre Doris se considérera-t-il parfois, lui aussi, comme de passage, un cacheton de plus à toucher, chaque soir il repart pour Paris au volant de sa Mercedes pour faire le zouave dans un cabaret ou dans un autre ».  Hormis Pialat, il n’aura eu que rarement d’occasions de sortir du registre « franchouille », comme chez Jean Marboeuf “La ville des silences”, où il est un commissaire corrompu et chez Nicole Garcia dans « Outremer », en oncle patriarche vivant dans l’Algérie coloniale. Malgré une parfaite tendance au n’importe quoi – il fallait l’entendre parodier l’ineffable Jordy dans “C’est dur d’être un pépé”, il aura gardé une truculence rabelaisienne dans bien des nanars. Dans « Les rois du gag », il est même cantonné dans le rôle d’un gagman de Michel Serrault, qui faisant équipe avec Maurice Baquet forme un duo totalement ringard. On se régalera à le voir en spectateur bavard dans le “Kulte” “Si vous n’aimez pas ça n’en dégoutez pas les autres” , ou en truand d’opérette dans “L’émir préfère les blondes”. Il sera un Bérurier adipeux dans “San Antonio ne pense qu’à ça”, dans hélas, le moins intéressant des films de Joël Séria. Mais il restera comme un comique novateur, jouant avec les tabous comme la mort “Nuance : quand l’homme est mort, on l’enterre, quand l’arbre est mort, on le déterre !”, et ouvrant des perspectives à d’autres, comme Laurent Ruquier, qui ne manquait jamais de s’en référer. Son fils Michel Tugot-Doris est également comédien.   

Dans “L’émir préfère les blondes”

Filmographie : 1956  Comme un cheveu sur la soupe (Maurice Régamey) – 1957  Paris Music-Hall (Stany Cordier) – L’amour est en jeu / Ma femme, mon gosse et moi (Marc Allégret) – Le triporteur (Jack Pinoteau) – Mimi Pinson (Robert Darène) – 1958  En légitime défense (André Berthomieu) – Cigarettes, whisky et p’tites pépées (Maurice Régamey) – Messieurs des Ronds de Cuir (Henri Diamant-Berger) – Julie la Rousse (Claude Boissol) – 1959  Business (Maurice Boutel) – 1960  Fortunat (Alex Joffé) – Le Sahara brûle (Michel Gast) – Dans la gueule du loup (Jean-Charles Dudrumet) – Dans l’eau qui fait des bulles / Le garde-champêtre mène l’enquête (Maurice Delbez) – 1962  L’empire de la nuit (Pierre Grimblat) – Les veinards [Sketch : “Une nuit avec la vedette”] (Philippe de Broca) – Clémentine chérie (Pierre Chevalier) – L’assassin viendra ce soir (Jean Maley) – 1963  Cherchez l’idole (Michel Boisrond) – La porteuse de pain (Maurice Cloche) – Le bon roi Dagobert (Pierre Chevalier) – Le motorizzate (Les motorisées) [Sketch : “Roulotte squillo”] (Marino Girolami) – 1964  Le petit monstre (Jean-Paul Sassy, inédit en salles) – Les mordus de Paris (Pierre Armand) – Requiem pour un caïd (Maurice Cloche) – Allez France ! (Robert Dhéry) – Les gorilles (Jean Girault) – Déclic… et des claques (Philippe Clair) – La bonne occase (Philippe Clair) – 1965  Whisky y vodka (Fernando Palacios, inédit en France) – 1966  Trois enfants dans le désordre (Léo Joannon) – 1967  La permission (Melvin Van Peebles) – 1968  Bruno, l’enfant du dimanche (Louis Grospierre) – Slogan (Pierre Grimblat, bien que crédité au générique, il n’apparaît pas dans les copies existantes) – 1969  Aux frais de la princesse (Roland Quignon) – 1972  La guerre des espions / Bastos ou ma soeur préfère le colt 45 (Jean-Louis Van Belle, film belge inédit en France) – 1973  Le Führer en folie (Philippe Clair) – 1974  Mais où sont passées les jeunes filles en fleurs (Jean Desvilles) – 1975  Les petits dessous des grands ensembles (Christian Chevreuse) – 1976  Le jour de gloire (Jacques Besnard) – 1977  Si vous n’aimez pas ça, n’en dégoûtez pas les autres ! (Raymond Lewin) – Ça glisse au pays des merveilles (Christian Chevreuse) – 1978  Freddy (Titre DVD : Jeannot la frime) (Robert Thomas) – 1979  La ville des silences (Jean Marboeuf) – 1980  San Antonio ne pense qu’à ça (Joël Séria) – 1982  Ça va faire mal ! (Jean-François Davy) – On n’est pas sorti de l’auberge (Max Pécas) – On l’appelle catastrophe (Richard Balducci) – 1983  L’Émir préfère les blondes (Alain Payet) – Les planqués du régiment (Michel Caputo) – 1984  Les rois du gag (Claude Zidi) – 1985  Dressage / Titre TV : Éducation perverse (Pierre B. Reinhard) – 1987  Le diable rose (Pierre B. Reinhard, inédit en salles) – 1989  Outremer (Brigitte Roüan). Voxographie : 1978  Tess (Id) (Roman Polanski, doublage version française) – 1983  Heidi’s song (Les malheurs d’Heidi) (Robert Taylor, animation, version française).

Télévision : (notamment) : 1960  La coupe enchantée (François Gir) – 1961  La dame de Monsoreau (Alain Boudet) – 1962  Vincent Scotto (Henri Spade) – 1963  La chasse ou l’amour ravi (Alain Boudet) – Teuf-teuf ou hommage à l’automobile (Georges Folgoas, variétés) – Le contrôleur des wagons lits (Gilbert Pineau) – 1964  Un homme en or (André Leroux) – Les raisins verts (Jean-Christophe Averty, série TV) – Pauline ou l’écume de la mer (François Gir) – Pierrot des alouettes (Henri Spade) – 1965  La misère et la gloire / La misère et la gloire d’Alexandre Dumas (Henri Spade) – Paris paradis (Jacques Pierre, divertissement) – Cherche merveille (Richard Chaumont) – Conflis mineurs : Le bonheur conjugal (Jacqueline Audrey) – La queue du diable (André Leroux) – Les saintes chéries : Ève au volant (Jean Becker) – 1966  Gerfaut (François Gir, série TV) –  Lazare le pâte (Jean-Marie Coldefy) – Rhésus B : Comment épouser son patron (Serge Leroy) – 1967  Les locataires de l’escalier 15 / Les sept de l’escalier quinze B (Georges Régnier, série TV) – Deux romains en Gaule (Pierre Tchernia, série TV) – Rhésus B : Il est prudent de louer (Jean-Charles Lagneau) – Deslouettes père et fils : L’auberge espagnole (Claude Robrini) – Le sourire de la Joconde (Albert Riéra) – Meurtre en sourdine (Gilbert Pineau) – 1968  Les saintes chéries : Quand Éve n’est pas là (Jean Becker) – Les saintes chéries : Ève sur la plage (Jean Becker) – Chansons souvenirs (Robert Valey, divertissement) – Les dossiers de l’agence O : La petite fleuriste de Deauville (Jean Salvy) – La tempête (François Gir) – 1969  Au théâtre ce soir : Le mari ne compte pas (Pierre Sabbagh) – Au théâtre ce soir : Rappelez-moi votre nom (Pierre Sabbagh) – 1970  Les fiancés de Loches (Pierre Badel) – Au théâtre ce soir : Les assassins associés (Pierre Sabbagh) – Les lettres de mon moulin (Pierre Badel) – Une autre vie (Louis Grospierre) – La maison des bois (Maurice Pialat) – Le père Noël est en prison (Pierre Gautherin) – 1972  Au théâtre ce soir : Le fils d’Achille (Pierre Sabbagh) – Au théâtre ce soir : La main passe (Pierre Sabbagh) – 1973  Pierre et Jean (Michel Favart) – Le temps de vivre, le temps d’aimer (Louis Grospierre) – Monsieur Pompadour (André Leroux, captation) – 1974  Un curé de choc : Hold-up campagnard (Philippe Arnal) – L’ange de la rivière morte (Édouard Logereau) – Le droit aux étrennes (Jean Bertho) – 1975  La rôtisserie de la reine Pédauque (Jean-Paul Carrère) – La simple histoire d’un merveilleux poste de télévision (Armand Ridel) – Au théâtre ce soir : Les hannetons (Pierre Sabbagh) – Le docteur noir (Gérard Vergez) – 1976  Robert Macaire (Roger Kahane) – 1978  Les amours sous la Révolution : Les amants de Thermidor (Jean-Paul Carrère) – Les samedis de l’histoire : La banqueroute de Law (Jean-François Delassus) – Le temps des as (Claude Boissol) – 1979  Histoires de voyous : La belle affaire (Pierre Arago) – Le petit théâtre d’Antenne 2 : Tout un dimanche ensemble (Stéphane Bertin) – Les amours de la Belle Époque : Le maître de Forges (Dominique Giuliani) – 1980  Tarendol (Louis Grospierre) – Petit déjeuner compris (Michel Berny) – Les amours des années folles : Les soeurs Hortensia (Dominique Giuliani) – 1981  Le mécréant (Jean L’Hôte) – Les amours des années folles : Un mort tout neuf (Dominique Giuliani) – Sans famille (Jacques Ertaud) – 1982  Bekenntnisse des Hochstaplers Felix Krull (Les confessions du chevalier d’industrie Felix Krull) (Bernhard Sinkel) – En votre aimable réglement (Jean-Claude Charnay) – Ralentir école (Alain Dhouailly) – L’ours en peluche (Édouard Logereau) – 1983  Julien Fontanes, magistrat : L’âge difficile (Serge Friedman) – 1984  Battling le ténébreux (Louis Grospierre) – Les fils des alligators (André Farwagi) – 1985  Les Bargeot [épisode ?] – Maguy : Amorale, morale et demie – 1986  La guerre du cochon (Gérard Chouchan) – Le coeur du voyage (François Leterrier) – 1987  Les idiots (Jean-Daniel Verhaeghe) – 1988/1989  L’homme à tout faire (Patrick Gandrey-Réty, 42 épisodes) – 1990  Les voisins du dessus (Jacques Audoir, captation) – Pépé la gâchette (Jean Pignol) – 1991  Héloïse (Robert Dhéry) – 1992  Mes coquins (Jean-Daniel Verhaeghe) – 2001  Des croix sur la mer (Luc Béraud).

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Sim

Sim dans “La voce della luna”

Annonce de la mort de Sim, à l’âge de 83 ans ce 6 septembre dernier, des suites d’une embolie. Ce fantaisiste très populaire fut assez mal utilisé au cinéma, mais Michel Audiard qui disait de lui “Sim semble être le fruit des amours d’un étourneau et d’une pointe Bic”, lui donnera l’un de ses rôles les plus mémorables dans “Elle boit pas…”, en maître-chanteur retord et artiste de cabaret, il faut le voir en libellule chantante. Il participa à quelques nanars qui sont très souvent des sommets du “film cornichon”. Il tourne ainsi avec Philippe Clair dans “La grande maffia” où il est un petit chef de bureau garde-chiourme et autoritaire, qui oblige ses subordonnés à faire de la gymnastique et dans “La brigade en folie”, en douanier crétin en mission avec Jacques Dufilho, pour pourchasser les fraudeurs et retrouver les capitaux cachés en Suisse – comme qui dirait d’actualité ! -. On peut légitimement vouer un culte à “Drôles de zèbres”, de l’ineffable Guy Lux, où il forme un tandem  machiavélique avec Alice Sapritch, film où il reprend son célèbre personnage de la baronne de la Tronchembiais, ce bijou est disponible en DVD chez L.C.J. éditions. Il y eut un rendez-vous manqué avec Jean-Pierre Mocky pour “Le roi des bricoleurs”, dans un rôle prévu pour Louis de Funès, mais sa vis comica semble mal adaptée à ce film. Selon Mocky lui même dans le livre d’entretien avec Gaston Haustrate (Edilig, 1989), qui déclarait “…Quelqu’un m’a conseillé Sim, mais il a fallu remanier le scénario en fonction de la personnalité de ce fantaisiste. J’ai en quelque sorte, divisé le rôle principal en ceux, Sim et Pierre Bolo se partageant plus ou moins les gags de cette satire du bricolage. Finalement, cela a quelque peu déséquilibré le film. Le talent de Sim n’est pas en cause. En fait , on s’était trompé en confiant le rôle d’un méchant à un gentil…” : Federico Fellini lui donne l’occasion de sortir de ses emplois habituels, dans “La voce della luna”, avec son rôle de joueur de hautbois lunaire. Devenu complètement fou – il pense que son instrument déplace ses meubles et provoque des sortilèges -, il décide de vivre dans un cimetière au grand désarroi de sa femme. Le cinéma l’a dédaigné ces dernières années, sa prestation d’Agecanonix dans deux versions d'”Astérix…”  tenant plus d’une présence à assurer que d’un véritable rôle à tenir…”. Grand ami et partenaire au théâtre de Victor Lanoux – il en témoignait en début d’année dans le documentaire “Victor Lanoux, l’essai de la vie”  -,  on le retrouve à ses côtés dans le rôle de Théo de Montalenvert, un marginal doux dingue naïf et porté sur la boisson dans 4 épisodes de “Louis la brocante”.  

 

Sim dans “Le roi des bricoleurs”

 

Filmographie : 1958  Les gaietés de l’escadrille (Georges Péclet) – 1961  Cartouche (Philippe de Broca, rôle coupé au montage) – 1969  Une veuve en or (Michel Audiard) – Elle boit pas, elle fume pas, elle drague pas… mais elle cause (Michel Audiard) – 1970  Les mariés de l’An II (Jean-Paul Rappeneau) – 1971  La grande maffia (Philippe Clair) – 1972  La brigade en folie (Philippe Clair) – 1973  La grande nouba (Christian Caza) – 1975  Andréa ((Henri Glaeser) (1) – 1976  Le roi des bricoleurs / Mocky s’moque N°2 (Jean-Pierre Mocky) – Drôles de zèbres (Guy Lux) –  1980  Sacrés gendarmes (Bernard Launois) – Touch’ pas à mon biniou (Bernard Launois) – 1984  Pinot simple flic (Gérard Jugnot) – 1989  La voce della luna (Id) (Federico Fellini) – 1998  Astérix et Obélix contre César : de Claude Zidi) – 2006  Astérix aux jeux Olympiques (Thomas Langmann & Frédéric Forestier). Télévision (notamment) : 1970  Le personnage (Jean-Paul Sassy) – 1973  La porteuse de pain (Marcel Camus) – 1974  Au théâtre ce soir : Edmée (Georges Folgoas) – 1981  Les rats de cave (Jean-Claude Morin) – Le roman du samedi : L’agent secret (Marcel Camus) – 1984  Le brin de muguet (Jean-Claude Morin) –  2003  Louis la brocante : Louis, Mathilde et les autres (Pierre Sisser) – 2004  Louis la brocante : Louis et le mystère du viager (Pierre Sisser) – 2006  Louis la brocante : Louis et les répondants (Michel Favart) – 2008  Louis la brocante : Louis voit double (Pierre Sisser) – Victor Lanoux, l’essai de la vie (Véronique Langlois, documentaire).

 

(1) On apprend sa présence dans ce film dans “Le dictionnaire des longs métrages français érotiques et pornographiques”, il y joue sous le pseudonyme de Sim O’Connor.

 

Bibliographie : Dictionnaire cinématographique de Bretagne de Gérard-Louis Gauthier (Télégram édition, 1995).

 

 

 

©   Le coin du cinéphage (reproduction strictement interdite, textes déposés)

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Albert Médina

Albert Médina dans l’épisode “L’ère de la calomnie” de la série “Les brigades du Tigre”

 

 

Annonce de la mort d’Albert Médina – ou Albert de Médina à ses débuts – dans le site Les gens du cinéma, le 5 août dernier à l’âge de 89 ans. Il reste fortement associé au monde du doublage – voir le brillant hommage, comme à l’accoutumée du Blog sur le doublage -, sa voix nous est très familière notamment dans des personnages hispaniques ou du Sud. Au cinéma, comme acteur son rôle le plus connu reste celui d’un programmateur d’une émission politique à la radio qui demande des comptes à Roger Pierre sur le motif réel de sa suppression – la raison est en fait de satisfaire la demande d’un ministre -. Prêt à en découdre avec son supérieur, il se voit manipulé et retourné par lui suite à de vagues promesses. On le retrouve souvent à la télévision, dans des rôles truculents, en ermite vindicatif dans “L’ermite”, un épisode de “Thibaud ou les croisades” ou en rédacteur chef d’un journal peu scrupuleux et avide de scandale dans “L’ère de la calomnie”, un épisode des “Brigades du Tigre”. On retrouvera des révélations stupéfiantes faites à son sujet sur le site “idee-jour” dans l’article Albert de Médina, le comédien que François Mitterrand, Marguerite Duras et Edgar Morin ont voulu assassiner.  Une petite pensée également pour la disparition du cinéaste John Hugues qui nous reste cher au coeur des années 80.

Albert Médina dans “Mon oncle d’Amérique”

Filmographie : 1948  D’homme à hommes (Christian-Jaque) – 1953  Si Versailles m’était conté… (Sacha Guitry) – 1955  Si Paris nous était conté (Sacha Guitry) – Les Duraton (André Berthomieu) –  Les carottes sont cuites (Robert Vernay) – 1956  Alerte au deuxième bureau (Jean Stelli) –  Fernand cow-boy (Guy Lefranc) – Quelle sacrée soirée (Robert Vernay) –  Les lumières du soir (Robert Vernay) – Mon curé chez les pauvres (Henri Diamant-Berger) –  1957  La garçonne (Jacqueline Audry) – Charmants garçons (Henri Decoin) –  Le septième ciel (Raymond Bernard) – Pot-Bouille (Julien Duvivier) – Maigret tend un piège (Jean Delannoy) – Échec au porteur (Gilles Grangier) –  1958  En légitime défense (André Berthomieu) –  Pourquoi viens-tu si tard ? (Henri Decoin) –  Faibles femmes (Michel Boisrond) –  1959  La chatte sort ses griffes (Henri Decoin) –  Nathalie, agent secret (Henri Decoin) –  1960  Au cœur de la ville (Pierre Gautherin) – Ça va être ta fête (Pierre Montazel) – 1964  Requiem pour un caïd (Maurice Cloche) – 1968  Jeff (Jean Herman) – 1974  Impossible… pas français (Robert Lamoureux) – 1975  Opération Lady Marlène (Robert Lamoureux) – 1976  Le coeur froid (Henry Helman) – 1977  Nazis dans le métro (Michel de Vidas, inédit) – 1979  Mon oncle d’Amérique (Alain Resnais). Voxographie succincte : 1957  Monsieur et madame Untel (Jean Kerchron, TV) – 1961  Tintin et le mystère de la toison d’or (Jean-Jacques Vierne, doublage) – 1971  Red sun (Soleil rouge) (Terence Young, doublage version française) – 1975  La flûte à six schtroumpfs (Pierre Culliford, Yvan Delporte & Peyo) – 1979  Le roi et l’oiseau (Paul Grimault, animation). Télévision (notamment) : 1950  Au bon coin (Jean Kerchron) – 1956  Inspecteur Grey (Jean Kerchron) – En votre âme et conscience : L’affaire Landru (Jean Prat) – 1958  Monsieur de Pourceaugnac (Jean Kerchron) – La fille de la pluie (Jean Prat) – 1959  En votre âme et conscience : L’affaire Steinhel (Jean Prat) – Le nouveau journal des voyages : Savorgnan de Brazza (Jean Kerchbron) – En votre âme et conscience : L’affaire Danval (Claude Barma) – Le mouchoir rouge (Jean Prat) – 1960  En votre âme et conscience : La chambre 32 (Claude Barma) – La servante du passeur (Jean Kerchbron) – 1961  Flore et Blancheflore (Jean Prat) – 1962  Les cinq dernières minutes : La tzigane et la dactylo (Pierre Nivollet) – La mort à la une (Pierre Nivollet) – 1963  Le troisième concerto (Marcel Cravenne) – 1964  La cruche cassée (Jean Kerchbron) – 1965  L’apollon de Bellac (Gilbert Pineau) – Mon royaume pour un lapin (Jacques Villa) – Frédéric le guardian (Jacques Villa) – 1968  Koenigsmark (Jean Kerchbron) – 1969  Thibaud ou les croisaes : L’ermite (Henri Colpi) – 1970  Tango (Jean Kerchbron) – 1971  La visite de la vieille dame (Alberto Cavalcanti) – 1972  Les chemins de pierre (Joseph Drimal) – 1974  La mouche bleue (Jean-Paul Sassy) – La cloche tibétaine (Michel Wyn & Serge Friedman) – 1975  Les malfaisants (Jean Kerchbron) – L’homme d’Amsterdam : Enquête sur une idole (Victor Vicas & John Van de Rest) – Messieurs les jurés : L’affaire Lambert (André Michel) – 1976  Bonjour Paris (Joseph Drimal) – 1977  Les brigades du Tigre : L’ère de la calomnie (Victor Vicas) – Bonsoir chef (Pierre Goutas) – Les folies d’Offenbach (Michel Boisrond) – 1979  L’étrange Monsieur Duvallier : Casse-Cash (Victor Vicas) – Histoires de voyous : Des immortelles pour Mademoiselle (Paul Siegrist) – Pour tout l’or du Transvaal (Claude Boissol) – Opération trafics : Procédure exceptionnelle & La bataille d’or (Christian-Jaque) – 1980  Au théâtre ce soir : Ne quittez pas ! (Pierre Sabbagh) – Les incorrigibles (Abder Isker) – Le taciturne (Jacques Floran) – 1981  Commissaire Moulin : La bavure (Claude Grinberg) – 1982  Au théâtre ce soir : La foire aux sentiments (Pierre Sabbagh) – 1984  Le château (Jean Kerchbron).   

Fragments d’un dictionnaire amoureux : André Falcon

DR

Annonce de la mort d’André Falcon, le 22 juillet dernier à l’âge de 84 ans. Il débute au théâtre auprès de Gaston Baty, avant de connaître le succès dans “Le cid” de Corneille en 1959. Il devint à 25 ans le plus jeune sociétaire de la Comédie Française. Le cinéma s’intéresse à lui dans les années 60, alors qu’il quitte “La Maison de Molière” en 1966. On le remarque ainsi dans  “Paris brûle-t’il ?” – tourné en 1965 -, il est l’homme qui fait cesser les querelles internes de résistants en brisant une armoire vitrée. François Truffaut lui donne un de ses rôles les plus mémorables avec le directeur de l’agence de détectives qui engage Jean-Pierre Léaud dans “Baisers volés” (1968). Il devient le notable type ou le grand bourgeois des années Pompidou puis Giscard, dans les années 70 et 80. Claude Lelouch l’emploie souvent et s’amuse même avec son image, tel l’homme kidnappé et humilié, forcé de jouer à la roulette russe par la bande des “Pieds Nickelés” dans “L’aventure c’est l’aventure”. La scène est d’une grande drôlerie en raison de la grande couardise de son personnage. On le retrouvera en bijoutier dupé dans “La bonne année” – il reprendra ce rôle dans “Le courage d’aimer” – et en avocat défendant André Dussollier dans “Toute une vie”. A noter qu’il tournera à 4 reprises dans des films espagnols, il est ainsi un directeur de banque braqué dans “Vivre vite”, il est doublé dans la version originale. La télévision le sort aussi de ses emplois habituels, citons son rôle de propriétaire d’un magasin de prêt à porter victime d’une rumeur – inspirée de la rumeur d’Orléans – dans l’épisode “Joseph” de la série “François Gaillard ou la vie des autres” – à découvrir absolument en DVD aux éditions Koba films -. Face à Pierre Santini, en rescapé des camps de concentration, victime de l’antisémitisme, il tente de maîtriser vainement cette situation diffamatoire et incontrôlable, étant accusé de faire disparaître des vendeuses.  Il est excellent aussi dans “Les rois maudits”, où il compose un bouillant Enguerrand de Marigny, qui paiera de sa vie ses attitudes réformistes et son opposition à Charles de Vallois. Dans “Julien Fontanes, magistrat”, il est le supérieur hiérarchique de Jacques Morel. Jacques Baudou & Jean-Jacques Schleret le décrivent à la perfection dans l’excellent  “Meutres en séries” (Huitième art, 1990) en “directeur des affaires criminelles et des grâces à la Chancellerie : fonctionnaire aux bottes du garde des Sceaux, il est toujours prêt à ouvrir le parapluie et à désavouer Fontanes, bien que celui-ci lui ait à plusieurs reprises sauvé la mise : lors d’une affaire de drogue dans laquelle sa fille, Martine Le Cardonnois est impliquée « La 10ème plaie d’Égypte » ou lorsqu’il est pris en otage par des terroristes « Les nerfs en pelotes », ou encore lorsqu’il lui sert d’alibi durant sa liaison avec une jeunesse, qui a l’âge de sa fille. Le Cardonnois apporte souvent une note comique qui atténue la noirceur des récits”. Toujours sociétaire à la Comédie Française, il délaisse le cinéma ces dernières années, mais on retiendra sa composition de colonel ganache, qui tente de lire laborieusement un discours dans “Capitaine Conan”. Il eut également une importante activité dans le doublage, lire à cet effet Le blog sur le doublage.  Il aura réussi à tirer son épingle du jeu, malgré les rôles stéréotypés dans lesquels il était parfois cantonné. Yvan Foucart rend hommage à Claude May, suite à sa disparition, sur le site des “Gens du cinéma”.

André Falcon dans l’épisode “Joseph” de la série “François Gaillard ou la vie des autres”

Filmographie : 1954  Le vicomte de Bragelonne (Fernando Cerchio) – 1965  Le due orfanelle (Les deux orphelines) (Riccardo Fredda) – Paris brûle-t-il ? (René Clément) – 1967  Le grand dadais (Pierre Granier-Deferre) – 1968  Baisers volés (François Truffaut) – 1969  Tout peut arriver (Philippe Labro) – L’aveu (Costa-Gavras) – L’homme de désir (Dominique Delouche) – 1971  Sans mobile apparent (Philippe Labro) – Un peu de soleil dans l’eau froide (Jacques Deray) – L’aventure c’est l’aventure (Claude Lelouch) – 1972  État de siège (Costa-Gavras) – Le silencieux (Claude Pinoteau) – Une journée bien remplie (Jean-Louis Trintignant) – Ras le bol (Michel Huisman) – Il n’y a pas de fumée sans feu (André Cayatte) – Le serpent (Henri Verneuil) – 1973  La bonne année (Claude Lelouch) – L’événement le plus important depuis que l’homme a marché sur la lune (Jacques Demy) – Les aventures de Rabbi Jacob (Gérard Oury) – Un tueur, un flic, ainsi soit-il… (diffusé avec des inserts hard sous le titre : La balançoire à minouches) (Jean-Louis Van Belle) – Ce que savait Morgan (Luc Béraud, CM) – Nada (Claude Chabrol) – Toute une vie (Claude Lelouch) – 1974  Les seins de glace (Georges Lautner) – Borsalino and Co (Jacques Deray) – Die Antwort kennt nur der Wind (Seul le vent connaît la réponse) (Alfred Vohrer) – 1975  Le faux cul (Roger Hanin) – Docteur Françoise Gailland (Jean-Louis Bertuccelli) – Le bon et les méchants (Claude Lelouch) – La marge (Walerian Borowczyk) – 1976  Mado (Claude Sautet) – Le gang (Jacques Deray) – Madame Claude (Just Jaeckin) – Un neveu silencieux (Robert Enrico, téléfilm diffusé en salles) – 1977  L’homme pressé (Édouard Molinaro) – Sorcerer / Wage of fears (Le convoi de la peur) (William Friedkin) – Ne pleure pas (Jacques Ertaud, téléfilm diffusé en salles) – 1978  Los ojos vendados (Les yeux bandés) (Carlos Saura) – L’ange gardien (Jacques Fournier) – 1980  Pile ou face (Robert Enrico) – Trois hommes à abattre (Jacques Deray) – Deprisa, deprisa (Vivre vite) (Carlos Saura) – 1981  Mille milliards de dollars (Henri Verneuil) – 1984  Gare de la douleur (Henri Jouf, CM) – 1986  Veintisiete hores (27 heures) (Montxo Armandáriz) – 1994  Historias del Kronen (Les histoires du Kronen) (Montxo Armandáriz) – 1995  Capitaine Conan (Bertrand Tavernier) – 1996  Le gardien du phare (Nicolas Tempier, CM) – Familia  (Fernando León de Aranoa) – 2003  Le genre humain – 1ère partie : Les Parisiens (Claude Leouch) –Le courage d’aimer (Claude Lelouch). Nota : 1975  Maître Pygmalion ou comment devenir un bon vendeur (Jacques Nahum & Hélène Durand) est un film d’entreprise, désitné à la formation à la technique des ventes en 10 épisodes. Voxographie succincte (doublage) : 1959  La scimittarra del saraceno (La vengeance du sarrazin) (Piero Pierroti) – 1962  Le masque de fer (Henri Decoin) – 1972  Il Decamerone proibito (Décaméron interdit) (Carlo Infascelli) – 1974  Les innocents aux mains pleines (Claude Chabrol) – 1978  Les sœurs Brontë (André Téchiné).

Télévision (notamment) : 1955  L’annonce faite à Marie (François Chatel) – 1960  Comdie Française : Tartuffe ou l’imposteur (Claude Dagues) – 1961  Comédie Française : Polyeucte (Alain Boudet) – 1966  Comédie-Française : Le cardinale d’Espagne (Jean Vernier) – 1966  Comédie Française : Les temps difficiles (Jean Pignol) – Manon : Le miroir à trois faces (Aimée Mortimer) – 1967  Tribunal de l’impossible : La bête de Gévaudan (Yves-André Hubert) – 1968  En votre âme et conscience : Les innocents d’Egalgson (Claude Barma) – Au théâtre ce soir : La part du feu (Pierre Sabbagh) – 1969  Allô police : Au diable la malice (Ado Kyrou) – 1970  La mort de Danton (Claude Barma) – 1972  François Gaillard ou la vie des autres : Joseph (Jacques Ertaud) – Les mal-aimés (Pierre Viallet) – L’inconnue du vol 141 (Louis Grospierre) – Les rois maudits (Claude Barma) – 1973  Témoignages : Peter (Édouard Luntz) – L’amour du métier (Yves Laumet) – 1974  Les cinq dernières minutes : Les griffes de la colombe (Claude Loursais) – 1974  Un bon patriote (Gérard Vergez) – 1975  Les grands détectives : Monsieur Lecoq (Jean Herman) – Messieurs les jurés : L’affaire Lambert (André Michel) – Les enquêtes du commissaire Maigret : Maigret hésite (Claude Boissol) – 1976  Les Monte en l’air (François Martin) – La pêche miraculeuse (Pierre Matteuzi) – 1977  La foire (Roland Vincent) – Rendez-vous en noir (Claude Grinberg) – Les femmes du monde (Georges Farrel) – Richelieu (Jean-Pierre Decourrt) – 1978  Les brigades du tigre : Cordialement vôtre (Victor Vicas) – Les bonnes âmes (Georges Farrel) – Les pieds poussent en Novembre (Pierre Viallet) – 1979  Histoires de voyous : Les marloupins (Michel Berny) – Il était un musicien : Monsieur Albeniz (Claude Lallemand) – Les yeux bleus (François Dupont-Midy) – Le journal (Philippe Lefebvre) – Ne rien savoir (Georges Farrel) – 1980  Petit déjeuner compris (Michel Berny) – Le mandarin (Patrick Jamain) – Julien Fontanes, magistrat : Par la bande (François Dupont-Midy) – Julien Fontanes, magistrat : Les mauvais chiens (Guy-André Lefranc) – Le carton rouge (Alain Quercy) – Les enquêtes du commissaire Maigret (Maigret et l’ambassadeur) (Stéphane Bertin) – À une voix près… ou la naissance d’une République (Alexandre Astruc) – 1981  Julien Fontanes, magistrat : Le soulier d’or (François Dupont-Midy) – Julien Fontanes, magistrat : Un si joli petit nuage (Jean Pignol) – Julien Fontanes, magistrat : La dernière haie (François Dupont-Midy) – Julien Fontanes, magistrat : La 10ème plaie d’Égypte (Patrick Jamain) – Les cinq dernières minutes : Le retour des coulons (Éric Le Hung) – Le bouffon (Guy Jorré) – Arcole ou la terre promise (Marcel Moussy) – Dickie-roi (Guy-André Lefranc) – Aide-toi… (Jean Cosmos) – 1982  Les invités (Roger Pigaut) – Le secret des Andrônes (Sam Itzkovitch) – Mozart (Marcel Bluwal) – Jupiter 81 (Maurice Frydland) – Julien Fontanes, magistrat : Cousin Michel (Guy-André Lefranc) – La marseillaise (Michel Berny) – Les poneys sauvages (Robert Mazoyer) – Le crime de Pierre Lacaze (Jean Delannoy) – Credo (Jacques Deray) – 1983  Tante Blandine (Guy Jorré) – Julien Fontanes, magistrat : Week-end au paradis (Guy-André Lefranc) – La veuve rouge (Édouard Molinaro) – Julien Fontanes, magistrat : Perpète (Jean-Pierre Decourt) – Le général a disparu (Yves-André Hubert) – Julien Fontanes, magistrat : Un coup de bluff (Daniel Moosman) – Thérèse Humbert (Marcel Bluwal) –1984  Julien Fontanes, magistrat : La pêche au vif (Guy-André Lefranc) – Les amours des années 50 : Les cinq doigts de la main (Catherine Roche) – 1985  Julien Fontanes, magistrat : Rien que la vérité (André Farwagi) – La politique est un métier (Maurice Frydman) – Stradivarius (Jacques Kirsner, diffusion en 1991) – 1986  Julien Fontanes, magistrat : Les nerfs en pelote (Jean-Pierre Decourt) – Julien Fontanes, magistrat : Jamais rien à Coudoeuvre (Roger Kahane) – Julien Fontanes, magistrat : Un dossier facile (Patty Villiers) – Julien Fontanes, magistrat : Retour de bâton (Guy-André Lefranc) – Le rire de Caïn (Marcel Moussy) – 1988  Le loufiat : Intrigue sur canapé (Maurice Fasquel) – 1989  Julien Fontanes, magistrat : Les portes s’ouvrent (Guy-André Lefranc) –  L’agence : La croisière (Jean Sagols) – 1990  Drôles d’histoires / Intrigues : L’annonce (Stéphane Bertin, CM) – Drôles d’histoires / Intrigues : Les imposteurs (Christiane Spiero) – 1992  Mes coquins (Jean-Daniel Verhaeghe) – 1993  L’affaire Seznec (Yves Boisset) – Puissance 4 : Chiens écrasés (Gérard Poitou) – L’interdiction (Jean-Daniel Verhaeghe) – 1994  Assedicquement vôtre (Maurice Frydland) – 1995  Quatre pour un loyer (un épisode) – L’affaire Dreyfus (Yves Boisset) – 1999  Cordier juge et flic : L’honneur d’un homme (Paul Planchon) – 2001  Casas (Yves Boisset) – 2002  Nestor Burma : Mignonne, allons voir si la rose (Laurent Carcélès) – 2005  Jaurès, naissance d’un géant (Jean-Daniel Verhaeghe) – La femme coquelicot (Jérôme Foulon) – 2006  Le clan Pasquier (Jean-Daniel Verhaeghe) – 2007  Chez Maupassant : Ce cochon de Morin (Laurent Heynemann). Nota : IMDB crédite ce comédien à la télévision dans “Britannicus” (Jean Meyer, 1977) et “Henri IV” (Sacha Pitoëff, 1967), absents du très fiable “Les fictions française à la télévision” de Jean-Marc Doniak (Dixit-SACD, 1998).

Fragments d’un dictionnaire amoureux : Henri-Jacques Huet

Dans “Chambre 12, hôtel de Suède”

A l’autre extrémité de la démesure autour de la mort de Michael Jackson, il y a celle très discrète d’Henri-Jacques Huet, mort le 4 juin dernier à l’âge de 79 ans. Nous avons cette information grâce à la vigilance de l’équipe des “Gens du cinéma”. Pascal Aubier dans ses “Mémoires de Gascogne” (éditions “Yellow Now”, 1996) avait fait un portrait très juste à son sujet : “…Acteur français vu dans « Le petit soldat », si ce n’est pas lui qui dit que Raoul Coutard est le meilleur opérateur français, c’est en tous les cas lui qui appelle Michel Subor « Mon petit prince ». Par la suite, j’ai souvent donné du « petit prince » à mes amis, et c’est pour ça que Marco appelle ainsi Harvey (1). C’était un ami de ma mère, et je l’ai connu quand il était au TNP. Il avait une Simca et nous a emmenés un jour à l’aube d’Avignon nous baigner en Camargue. Je me souviens, à la même époque de l’avoir vu embrasser à bouche que veux-tu la blonde qui jouait le rôle de la femme de Roland Lesaffre dans « Les tricheurs », c’était devant le Champo et ça m’avait fort impressionné”. On retiendra son côté dandy et désinvolte qu’il donnait à bien de ses personnages. Il suit des cours de comédie auprès de Marguerite Long avant d’entrer au Conservatoire. Il a débuté au cinéma dans la veulerie dans “Le cas du docteur Laurent” , film faisant l’apologie de l’accouchement sans douleurs. Son personnage dominé par sa mère – Orane Demazis –, lâche de manière éhontée Nicole Courcel enceinte de lui puis abandonnée. Il se prend de remords quand sa conduite indigne lui est signifiée, mais rejeté avec véhémence, il se console très vite en partant à la pêche. Le ton est donné pour son parcours étonnant, et dès ses débuts il fait “le grand écart” passant de l’univers de Maurice Cloche à celui de Jean-Luc Godard. Ce dernier lui confie d’ailleurs son rôle le plus célèbre, celui d’Antonio Berrutti, copain de Michel Poicard dans “À bout de souffle”. On le retrouve ému dans le documentaire de Claude Ventura “Chambre 12, hôtel de Suède” de 1993 – disponible dans le DVD du film édité par Studio Canal et diffusé sur “Arte” -, il témoigne de la dernière journée de tournage de la scène culte tournée rue Campagne première à Paris, scène où il aide pour la dernière fois Jean-Paul Belmondo. On le retrouve dans “Le petit soldat” en militant d’extrême-droite maître-chanteur, qui pousse Michel Subor à commettre un meurtre. Odieux et manipulateur, il souhaiterait mourir comme le “Thomas l’imposteur” de Jean Cocteau. Souvent cynique, dragueur invétéré, il est souvent narquois comme dans le rôle d’un membre des F.F.I. qui n’est pas dupe à la Libération, devant un collaborateur joué par Yves Robert. On le retrouve souvent dans des rôles de hâbleurs à l’instar de son apparition dans “Extérieur nuit”, où en commanditaire de musique de film, il demande un peu de légèreté à son compositeur campé par Gérard Lanvin. On apprend dans l’excellent “Blog sur le doublage” qu’il a fait beaucoup de doublage, il prêta sa voix au personnage du Comte Yoster dans la série franco-allemande, le “Comte Yoster a bien l’honneur”. Déplorons une fois de plus – refrain connu et archi-rebattu ici – peu d’intérêt des médias sur la mort de ce serviteur du cinéma français.

 

(1) personnages de son film “Le fils de Gascogne”.

Avec Gérard Lanvin dans “Extérieur nuit”

Filmographie : 1954  French Cancan (Jean Renoir) – 1956  Le cas du docteur Laurent (Jean-Paul Le Chanois) – 1957  Marchands de filles (Maurice Cloche) – Filles de nuit (Maurice Cloche) – En cas de malheur (Claude Autant-Lara) – 1958  Prisons de femmes (Maurice Cloche) – Le fric (Maurice Cloche) – Le mal des autres (CM) – 1959  Quand le bâtiment va… (Pierre Simon, voix du Récitant, CM) – À bout de souffle (Jean-Luc Godard) – Austerlitz (Abel Gance) – Un soir sur la plage (Michel Boisrond) – Le petit soldat (Jean-Luc Godard) – À fleur de peau (Claude Bernard-Aubert) – 1961  Conduite à gauche (Guy Lefranc) – Jusqu’à plus soir (Maurice Labro) – 1962  Et Satan conduit le bal (Grisha-M. Dabat) – 1963  O.S.S. 117 se déchaîne (André Hunebelle) – Le commissaire mène l’ enquête [sketch « Fermez la porte »] Fabien Collin & Jacques Delille) – 1966  Le grand restaurant (Jacques Besnard) – 1967 Ciné-girl (ressorti dans un nouveau montage en 1973 sous le titre : Piège à pucelles) (Francis Leroi) – 1968  Le corps de Diane (Jean-Louis Richard) – Slogan (Pierre Grimblat) – 1970  Max et les ferrailleurs (Claude Sautet) – 1971  Le viager (Pierre Tchernia) – 1972  César et Rosalie (Claude Sautet) – Pas folle la guêpe (Jean Delannoy) – 1973  Salut l’artiste (Yves Robert) – 1974  Peur sur la ville (Henri Verneuil) – 1977  Violette Nozière (Claude Chabrol) – 1978  L’amour en question (André Cayatte) – New Generation (Jean-Pierre Lowf-Legoff) – 1979  Je vais craquer (François Leterrier) – Extérieur nuit (Jacques Bral) – 1980  Les malheurs d’Octavie (Roland Urban) – Beau-père (Bertrand Blier) – 1981  Madame Claude 2 (François Mimet) – 1982  Le prix du danger (Yves Boisset) – 1983  Charlots connection (Jean Couturier) – 1984  Tranches de vies (François Leterrier) – 1985  Dressage (Titre TV : Éducation perverse) (Pierre B. Reinhard) – 1986  Avec plaisir (Claire Lise Panzer & Pierre Sisser) – Le débutant (Daniel Janneau) – Le solitaire (Jacques Deray) – 1994  Les misérables (Claude Lelouch). Nota : il ne figure pas dans les copies existantes de “Le grand restaurant” (Jacques Besnard, 1966), il est cité cependant dans “Histoire du cinéma français, encyclopédie des films 1966-1970”-  

 

Télévision (notamment) : 1950  Agence Nostradamus (Claude Barma) – 1956  Beau sang (Maurice Cazeneuve) – 1958  Les cinq dernières minutes : Réactions en chaîne (Claude Loursais) – Misère et noblesse (Marcel Bluwal) – 1959  Le mouchoir rouge (Jean Prat) – Une nuit orageuse (Claude Barma) – 1960  Grabuge à Chioggia (Marcel Bluwal) – On roule à deux (Marcel Bluwal) – 1961  Un mariage sous Louis XV (Guy Lessertisseur) – 1963  L’inspecteur mène l’enquête : Preuve à l’appui (Pierre Badel) – 1965  Le bouquet (Jean-Pierre Marchand) – 22 avenue de la Victoire (Marcel Moussy) – Poly au Portugal (Claude Boissol) – 1966  Sacrés fantômes (Stellio Lorenzi) – 1967  Allô police : Mélo (Paul Siegrist) – L’amateur / S.O.S. Fernand (Maurice Delbez) – 1968  Les cinq dernières minutes : Les enfants du Faubourg (Claude Loursais) – 1969  Agence intérim : Henri III (Marcel Moussy) – Les trois portes (Abder Isker) – 1970  Au théâtre ce soir : La mariée est trop belle (Pierre Sabbagh) – Sébastien et la Mary-Morgane (Cécile Aubry) – Zamore (Jean-Marie Coldefy) – 1971  Des amis très chers (Abder Isker) – Diabolissimo (Pierre Bureau) – 1972  Les cinq dernières minutes : Meurtre par la bande (Claude Loursais) – Figaro-ci, Figaro-là (Hervé Bromberger) – Sang froid (Abder Isker) – Paix à ses cendres (Guy Lessertisseur) – Joseph Basalmo (André Hunebelle) – Un monsieur bien rangé (Agnès Delarive) – 1973  Un tyran sous la pluie (Philippe Arnal) –  Témoignages : Le vent rouge (Roger Buckhardt) – 1974  Gil Blas de Santillane (Jean-Roger Cadet) – Les cinq dernières minutes : Fausses notes (Claude Loursais) – 1975  Au théâtre ce soir : Dix minutes d’alibi (Pierre Sabbagh) – La mort d’un touriste (Abder Isker) – 1976  Au théâtre ce soir : Sacrés fantômes (Pierre Sabbagh) – 1977  Emmenez-moi au Ritz (Pierre Grimblat) – Commissaire Moulin : Marée basse (Jacques Trébouta) – Recherche dans l’intérêt des familles : La marmotte ((Philippe Arnal) – Esprit de suite (Jean Hennin) – C’est arrivé à Paris (François Villers) – 1978  Claudine à l’école (Édouard Molinaro) – Les hommes de Rose (Maurice Cloche) – Désiré Lafarge : Seize millimètres couleur (Jean Pignol) – 1979  L’inspecteur mène l’enquête : Le dernier éditorial (Jean-Paul Roux) – 1980  Les incorrigibles (Adber Isker) – 1981  Les gaités de la correctionnelle : Les ploucs (Joannick Desclers) – Les avocats du diable (André Cayatte) – La guerre des chaussettes (Maurice Cloche) – Le pilon (James Thor) – 1982  Les brigades du Tigre : Le réseau Brutus (Victor Vicas) – Les scénaristes ou les aventures extraordinaires de Robert Michon (Nino Monti) – Marion : Qui trop efface (Jean-Pignol) – Le truqueur (Abder Isker) – 1983  Les enquêtes du commissaire Maigret : La tête d’un homme (Louis Grospierre) – Cinéma 16 : Le refus (Patrick Jamain) –  1984  Aéroport : Le ciel et le feu “Zarka” (Roger Buckhardt) – Battling le ténébreux (Louis Grospierre) – 1993  Chambre 12, Hôtel de Suède (Claude Ventura & Xavier Villetard, documentaire). Non daté : Les Bargeot (un épisode). Divers : 1960  Touchez pas au blondes (Maurice Cloche, adaptation et dialogues).