Le coin du cinéphage
  • Accueil
  • À propos
Gardez le contact

L’INTERPRETE

juin13
2005
Leave a Comment Written by

En voyant ce dernier Sydney Pollack, nous sommes un peu sur un terrain acquis d’avance, solidité des interprètes, métier d’un grand cinéaste humaniste, un traitement connu de la passion « à froid », une longueur hollywoodienne mais supportable.

D’où vient donc ce petit sentiment de recul sur ce film ? Des invraisemblances – un des personnages clés donnant son itinéraire dans un journal – ?,  de Sean Penn, toujours un peu dans le même registre – ici en policier largué par la mort de sa femme volage, dévoué à son job -, ou de l’opacité des traits de Nicole Kidman – pourtant le grand atout du film, il faut souligner combien c’est une formidable actrice – ou de voir Sydney Pollack, lui-même jouant un rôle, histoire dit-il d’économiser un cachet ?, reconnaître un Yvan Attal pas très à l’aise, ou des clichés d’une rencontre de deux solitudes ?.

Reste l’efficacité et la maîtrise de Sydney Pollack, faisant toujours exister les personnages et la situation – une interprète surdouée et sud-africaine témoin d’une sombre machination -,  ou une interprète, voir Catherine Keener, exceptionnelle en collègue amoureuse transie de Sean Penn, et rigoureuse dans son travail, une présence étonnante. Il est à l’aise dans un traitement romantique. Il y a de très belles scènes, dans l’organisation interne de l’ONU, filmés sur les lieux mêmes – Alfred Hitchock n’avait pas eu cette autorisation pour « La mort aux trousses » -, la rencontre du bus ou la première scène dans un stade de football. A voir donc, même si ce n’est pas le meilleur film de son auteur, et reste sans surprises.

ARTICLE – LE FIGARO

 Sydney pollack : «Je ne fais pas un cinéma aussi politiquement intense que je le souhaiterais parfois.» (Photo Lilo/Sipa.)

Sydney Pollack : «Je dois divertir»  – Propos recueillis par Marie-Noëlle Tranchant
[08 juin 2005]

LE FIGARO. – Vous revenez de temps à autre au thriller politique. Qu’est-ce qui vous plaît dans ce genre ?

SYDNEY POLLACK. – C’est une très bonne discipline pour moi, tout comme la comédie. Dans un drame, j’ai tendance à me laisser envahir par une humeur trop mélancolique. Quand je fais une comédie comme Tootsie ou des thrillers comme Les Trois Jours du condor, Absence de malice ou La Firme, cela demande une précision, une rigueur dans les détails, qui empêche les excès de lyrisme. Il faut résoudre des problèmes très concrets de logique et de rythme. Dans un thriller, vous devez semer la confusion un moment, pour que le spectateur se demande ce qui va arriver, mais ensuite, il faut donner les clefs. Et j’aime bien ce travail.

Cela correspond-t-il à un engagement politique de votre part ?

Il y a des thèmes politiques qui m’intéressent, mais je ne parlerai pas d’engagement, parce que j’appartiens au système hollywoodien, et que je dois être prudent : je fais des films qui coûtent cher, avec des stars, et je suis tenu de divertir. Il faut tenir à la fois le drame avec de grandes scènes entre des personnages romantiques et le thriller avec des implications politiques. Mais je ne pourrais pas tourner un film comme Z, de Costa-Gavras. Je ne fais pas un cinéma aussi intense politiquement que je le souhaiterais parfois.

Vous êtes-vous inspiré de personnages ou de situations réels ?

Je parle d’un Etat africain imaginaire, et le langage lui-même est inventé, mais le personnage du dictateur est presque un archétype. Presque tous les dictateurs ont commencé par être des idéalistes convaincus d’oeuvrer à la libération de leur pays. Et quand ils sont arrivés au sommet, ils n’ont plus que l’obsession de garder le pouvoir, ils sont totalement corrompus par lui. J’ai souvent rêvé à leurs face-à-face avec eux-mêmes. Ce n’est pas possible qu’ils ne mesurent pas à quel point ils sont loin de leur jeunesse. Je revois Castro acclamé à New York à ses débuts. Dans le fond de son coeur, ne sait-il pas à quel point il est corrompu, ne voit-il pas tout ce qu’il a trahi ?

Vous êtes le premier à avoir tourné dans les bâtiments de l’ONU. Comment avez-vous obtenu l’autorisation ?

En fait, je croyais que la production avait l’autorisation. Mais quand je suis allé visiter les lieux, pendant l’écriture du scénario, on m’a dit : vous ne pourrez jamais tourner là. Il n’était pas question d’arrêter le film, alors j’ai fait des recherches à Toronto pour traiter le décor en images de synthèse, mais j’étais déprimé. L’ONU était l’élément organique du film.

Les décors comptent beaucoup, pour vous…

Oui, les décors sont des éléments de mise en scène très importants, autant pour ce qu’ils contiennent d’histoire réelle que pour ce qu’ils disent de l’histoire fictive que je raconte. Dans L’Interprète, l’ONU est un véritable personnage. C’est un lieu sobre et puissant, un peu ténébreux, étouffé, comme s’il y avait du brouillage dans les ondes, et qui contraste avec l’énergie désordonnée des rues de New York. Je ne voyais pas comment renoncer à ce haut lieu de la vie politique internationale.

Qu’avez-vous fait alors ?

J’ai essayé de rencontrer Kofi Annan. En même temps, j’ai contacté plusieurs ambassadeurs à l’ONU pour obtenir leur soutien et faire du lobbying. Si j’ai eu gain de cause, ce n’est pas que je me sois montré particulièrement brillant et convaincant ! Kofi Annan a dit : «Pollack a gagné parce qu’il a refusé de prendre «non» pour une réponse.» Il m’a dit : «Vous êtes passionné, obstiné. De quoi avez-vous besoin ?» J’ai répondu : «Je prendrai tout ce que vous m’accorderez, si peu que ce soit.» En fait, il connaissait assez mes films pour savoir qu’il n’y aurait pas de surprise embarrassante. C’est un homme plein de courtoisie et de sagesse, et je pense que c’est un homme bon, ce qui ne l’empêche pas d’être un rude interlocuteur. En tout cas, il met beaucoup d’énergie à donner tout son poids à l’ONU. Et le film va dans ce sens : c’est le triomphe de la diplomatie, donc du dialogue, sur la violence armée.

Posted in FILMS - Tagged Film, L'interprète
SHARE THIS Twitter Facebook Delicious StumbleUpon E-mail
« LES 19EME JOUTES CINEMATOGRAPHIQUES
» UN HOMME À ABATTRE

No Comments Yet

Laisser un commentaire Annuler la réponse.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

Blog d’humeurs et d’informations sur le cinéma et la télévision : bios, filmos, articles, base de liens, hommages, commentaires, bref c’est du foutraque… Les citations sont en italiques, si un article de presse, ou d’un livre vous paraît être publié ici de manière abusive, de même pour les photographies ou les captures d’écrans, merci de me le signaler.

Contenu sous licence

Le contenu du site « Le coin du cinéphage » est la propriété de son auteur. 2005-2012 Tous droits réservés Christian Léciagueçahar.
Ce contenu est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons « Paternité – Pas d’Utilisation Commerciale – Pas de Modification 2.0 France. »

Catégories

  • Abécédaire des comédiens français
  • Base de liens
  • Divers
  • FILMS
  • Fragments d'un dictionnaire amoureux
  • Index général
  • Intervenants extérieurs
  • Le coin des livres
  • Non classé
  • R.I.P.
  • Télévision

Blogs cinémas

  • 1001 films
  • Alexandre Mathis
  • Artcancre
  • Bijouterie du spectacle
  • Blancan… journal d'un comédien
  • Blog sur le doublage
  • Bogart (La comtesse)
  • Box office story
  • Cinécure
  • Cinématique
  • Comédie italienne
  • Dans l'ombre des studios
  • Dasola
  • DVD Blog (Bertrand Tavernier)
  • Films du Québec
  • Focale
  • Fritz Langueur
  • Inisfree
  • La chasse aux erreurs
  • Le blog de M. Bier
  • Le blog de Serge Toubiana
  • Le journal cinéma du docteur Orloff
  • Le vieux monde qui n'en finit pas
  • Les films libèrent la tête
  • Matière focale
  • Mister Arkadin
  • Nightswimming
  • Parallax view (Jean-Baptiste Thoret)
  • Série Bis
  • Sinezfil
  • Télé 70
  • Zines

Blogs divers

  • BD-René
  • Casaploum
  • Cyril Lazaro
  • Kzerphii Toomk
  • L'ange du bizarre (Jean-Pierre Dionnet)
  • La cave du docteur Orloff
  • Le blogue de Tilly
  • Le journal d'une dériveuse
  • Marche à Londres
  • Patrick Dion
  • Schleuder

Sites de cinéma

  • Base de Données de Films Français
  • Bifi
  • Calindex
  • Ciné-club de Caen
  • Cinéclap
  • Cinéfiches
  • DVD Classik
  • Encyclo-Ciné
  • Forum sur le doublage
  • French soundtracks
  • INA
  • L'@ide-Mémoire
  • L'encinémathèque
  • Les gens du cinéma
  • Nanarland
  • Retour à Yuma
  • Revues de cinéma
  • VHSDB

Wordpress

  • Documentation
  • Plugins
  • Suggest Ideas
  • Support Forum
  • Themes
  • WordPress Blog
  • WordPress Planet

Commentaires récents

  • guillaume dans Fragments d’un dictionnaire amoureux : Mike Marshall
  • LE PAGNE Brigitte dans Fragments d’un dictionnaire amoureux : Henri-Jacques Huet
  • Jean-Pierre Bouyxou dans Hommage à Roger Darton par Christophe Bier
  • Camion dans Fragments d’un dictionnaire amoureux : Jean-Claude Rémoleux
  • vicente dans Fragments d’un dictionnaire amoureux : Guy Delorme

Archives

  • avril 2013
  • novembre 2012
  • octobre 2012
  • mai 2012
  • novembre 2011
  • août 2011
  • avril 2011
  • mars 2011
  • février 2011
  • janvier 2011
  • juillet 2010
  • juin 2010
  • mai 2010
  • avril 2010
  • mars 2010
  • février 2010
  • janvier 2010
  • décembre 2009
  • novembre 2009
  • octobre 2009
  • septembre 2009
  • août 2009
  • juillet 2009
  • juin 2009
  • mai 2009
  • avril 2009
  • mars 2009
  • février 2009
  • janvier 2009
  • novembre 2008
  • octobre 2008
  • septembre 2008
  • août 2008
  • juillet 2008
  • juin 2008
  • mai 2008
  • avril 2008
  • mars 2008
  • février 2008
  • janvier 2008
  • décembre 2007
  • novembre 2007
  • octobre 2007
  • septembre 2007
  • août 2007
  • juillet 2007
  • juin 2007
  • mai 2007
  • avril 2007
  • mars 2007
  • février 2007
  • janvier 2007
  • décembre 2006
  • novembre 2006
  • octobre 2006
  • septembre 2006
  • août 2006
  • juillet 2006
  • juin 2006
  • mai 2006
  • avril 2006
  • mars 2006
  • février 2006
  • janvier 2006
  • décembre 2005
  • novembre 2005
  • octobre 2005
  • septembre 2005
  • août 2005
  • juillet 2005
  • juin 2005
  • mai 2005
  • avril 2005
  • mars 2005

Mots-clefs

4 3 2 1 Objectif lune 5 X 2 13 Tzameti ABC du cinéma français A dirty shame A history of violence A l'intérieur Avant-première A vot'bon coeur Base de liens Bug ! Christophe Bier Cinéma Jean Vigo Cinérotica Clair Claude Chabrol Connu mais pas reconnu contrefaçon Dans le collimateur Dictionnaire des comédiens disparus Dominique Zardi Edy Film Fragments d'un dictionnaire amoureux François Berléand Georges Wilson IMDB Jacques Seiler Joutes du cinéma L'aide-mémoire d'Armel de Lorme L'ivresse du pouvoir La ferme Le coin des dictionnaires Le coin du nanar Le dictionnaire des comédiens disparus Le dictionnaire des comédiens français disparus Les films qui rendent scrogneugneu Les rois maudits (Dayan) Pages caviardées Paul Vecchiali Pierre Vaneck plagiat R.I.P. Télévision Yvan Foucart

Pages

  • À propos

Méta

  • Connexion
  • Flux RSS des articles
  • RSS des commentaires
  • Site de WordPress-FR
Copy Protected by Chetans WP-Copyprotect.

EvoLve theme by Blogatize  •  Powered by WordPress Le coin du cinéphage